Evolution : A Lamb in Wolf's Clothing
by Denise
Spoilers : In the Line of Duty
Saison : 2
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Un planeur de la mort hurla dans le ciel et Daniel se baissa vivement, se couvrant instinctivement la tête. Dès qu'il disparut, il leva la tête, faisant signe au gens d'avancer. « Okay, venez, venez. Ne paniquez pas, nous allons vous sortir de là d'un instant à l'autre, » pressa-t-il, espérant désespérément qu'il leur disait la vérité.
C'était incroyable, il n'avait jamais rien vu de pareil, et il espérait qu'il ne le reverrait plus. Il ne comprenait toujours pas ce qui se passait. Nasyia était une planète paisible. Les gens étaient accueillants, mais simples, sûrement pas assez avancés techniquement pour éveiller l'intérêt des Goa'uld. Cette attaque n'avait pas de sens.
Remarquez, la violence en avait rarement.
Jack courut vers lui, peinant en portant un jeune garçon dans ses bras. Teal'c apparut aux côtés de Daniel et Jack lui tendit l'enfant. « Je dois retourner chercher Carter, » dit-il, tournant sur ses talons et retournant dans la mêlée. Daniel posa le garçon par terre et lui donna une poussée, l'envoyant à travers le vortex. « Teal'c ? »
« Je dois retourner chercher O'Neill et le Capitaine Carter, » dit Teal'c. « Restez ici. »
Teal'c partit en courant et Daniel resta là pendant un instant, ne voyant pas arriver le tir qui l'envoya s'étaler. Voyant de nouvelles victimes, il se remit tant bien que mal sur ses pieds, et se précipita vers l'homme blessé. « Médecin ! » cria-t-il. Ne recevant aucune réponse et voyant les Jaffa avancer, il saisit l'homme et le traîna vers la Porte des étoiles.
Il monta les marches avec peine et se précipita dans le vortex, trébuchant et tombant de l'autre côté. Presque immédiatement, deux infirmiers furent à ses côtés, les écartant du chemin de la Porte.
« Je veux une quarantaine médicale complète jusqu'à ce que ces gens aient pu être examinés, » ordonna Hammond en criant pour être entendu par-dessus le chaos provoqué par la fuite. « Le Colonel O'Neill et les autres ? »
« Juste derrière moi, et une douzaine de Jaffa juste derrière eux, » informa Daniel, fixant la surface bleue tremblotante. Comme en réponse à ses prières, Jack, Sam et Teal'c la franchirent en trébuchant, poursuivis par un nuage de gaz et de poussière. Sam boitait fortement et il était évident que les deux hommes la soutenaient.
« Fermez l'iris ! » cria Teal'c. Les lames métalliques se refermèrent brusquement et le silence s'installa.
« Est-ce que ça va ? » demanda Hammond au trio.
« Le Capitaine Carter s'est blessée à la jambe, » rapporta Teal'c, l'aidant à descendre la rampe.
« J'ai juste trébuché, » dit-elle, faisant une grimace en voyant le chariot.
« Jack, est-ce vous allez bien ? » demanda Daniel, fronçant les sourcils à la traînée de sang sur son t-shirt.
Il secoua la tête. « Je suis juste tombé sur le type que Carter tentait d'aider, » dit-il d'un geste dédaigneux. « Ce n'est pas mon sang. »
« Je veux que vous alliez tous à l'infirmerie, » ordonna Hammond. « Vous aussi, Docteur Jackson. Nous ferons le débriefing une fois que vous aurez été examinés. »
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Sam était assise sur le chariot, sa jambe gauche soulevée devant elle. Janet ôtait en faisant attention sa botte et sa chaussette. « Je ne sais pas ce qui s'est passé, » dit-elle.
Janet remonta le pantalon et l'examina. « Je ne vois pas de signe de coup, » dit-elle, tendant le cou et manipulant la jambe de Sam. « Est-ce qu'elle t'a causé des problèmes dernièrement ? »
Sam secoua la tête. « Elle me fait juste mal. »
« Comment ça ? »
« Elle me fait... mal, » dit Sam. Janet la regarda fixement, l'incitant silencieusement à élaborer. « Comme quand ça fait mal... beaucoup. Sur la planète, elle a simplement... lâché. »
« Pourquoi n'as-tu rien dit plus tôt ? » demanda Janet.
« J'ai pensé que tous les os une fois cassés faisaient mal, » dit Sam, grimaçant à quel point l'excuse semblait piteuse.
Janet sourit. « C'est le cas. Mais ça ne devrait pas faire mal à ce point-là, pas après quatre mois. » Elle reposa la jambe de Sam. « Je veux faire une IRM de ta jambe. »
« Tu penses qu'il y a un problème ? » demanda Sam. « Je pensais que l'engelure était complètement guérie. »
« Elle l'est. Même si ta jambe sera toujours sensible à la chaleur ou au froid. Je veux juste m'assurer qu'il n'y a rien d'autre. »
« Qu'est-ce que tu penses que c'est ? » demanda Sam, inquiète.
« Si je le savais, je n'aurais pas besoin d'une IRM, » dit Janet avec un sourire rassurant. « Je vais appeler l'Hôpital de l'Académie et prendre un rendez-vous pour cet après-midi. »
« J'ai un débriefing... »
« Et ensuite, je t'excuserai auprès du Général, » continua-t-elle. « Pourquoi ne pas aller te laver, » suggéra-t-elle, regardant la pièce remplie par-dessus son épaule. « La plupart des réfugiés vont être envoyés à l'Hôpital de l'Académie et je vais les suivre. Si tu peux être là dans une demi-heure, je t'emmène. »
« D'accord. » Sam se laissa glisser du chariot, posant délicatement sa jambe par terre. La douleur lancinante qui l'avait assaillie sur la planète était partie, remplacée par la douleur sourde habituelle.
Elle boitilla hors de l'infirmerie, jurant intérieurement pour ne pas en avoir parlé plus tôt. Elle n'avait pas exagéré quand elle disait que sa jambe lui faisait mal depuis des mois. Mais elle avait attribué cette douleur à la combinaison de sa cheville cassée et de la guérison des tissus endommagés par l'engelure. Et il y avait eu aussi plusieurs semaines de rééducation, ce qui la laissait souvent avec des spasmes musculaires et des crampes que seules les mains habiles de Pete semblaient soulager.
Elle avait, enfin, été déclarée apte à retourner en service actif il y avait seulement un mois, juste à temps pour aller avec son équipe dans leur mission clandestine pour empêcher Apophis d'attaquer la Terre. Elle recevait encore des engueulades de Pete pour ça. Il n'est peut-être pas militaire, mais il avait son idée sur le fait de suivre les ordres. Bien sûr, elle pensait qu'une certaine envie avait sa part aussi.
Découvrant le vestiaire vide, elle y entra, tourna le signal sur femme et verrouilla la porte. Ouvrant son casier, elle sortit une tenue propre et ses affaires de toilette, puis se dirigea vers les douches. Il lui fallut vingt minutes pour se doucher et s'habiller, et elle sortit en boitillant dans le couloir, ses cheveux encore mouillés.
Elle devrait être à l'heure pour rejoindre Janet avant son départ pour l'hôpital. Si elle avait de la chance, Sam se dit qu'elle serait chez elle pour le dîner.
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« Charlie, nous allons être en retard, » dit Sara, regardant en arrière à son fils et Cassie alors qu'ils traînaient derrière elle.
Cassie et lui flânaient derrière, bavardant ensemble. Sara soupira et s'arrêta, attendant que la paire la rattrape. Elle jura que si on ne savait pas qu'ils n'étaient pas du même sang, on ne le l'aurait pas dit. Ils étaient devenus vraiment proches au cours des six derniers mois et, en dépit de ses doutes, la jeune fille s'était fait une place dans la famille.
Les choses n'étaient pas parfaites, loin de là. Cassie avait souvent de mauvais cauchemars, réveillant parfois toute la maisonnée. La semaine dernière, les deux enfants avaient été privés de sortie parce qu'ils s'étaient battus. Mais, toutes choses considérées, cela aurait pu être pire.
Sara espérait juste qu'ils seraient capables d'accélérer l'apprentissage de la lecture de Cassie pour qu'elle puisse aller normalement à l'école l'année prochaine. Pour le moment, elle recevait des leçons particulières d'un enseignant de l'académie. C'était pour cela que Cassie les accompagnait au rendez-vous de Charlie chez le docteur.
Sara n'avait aucun doute que Cassie rattraperait le niveau scolaire, mais le côté culturel allait prendre du temps.
« On arrive, » dit Charlie la rattrapant. « Que va faire Cassie pendant que je serai avec le Docteur Rogers ? »
« Elle va devoir attendre, » dit Sara, la frustration faisant surface dans sa voix. Passer d'un enfant à quasiment une paire de jumeaux dans la maison n'avait pas été si facile que cela, bien qu'ils y étaient arrivés.
« J'ai apporté mon livre, » dit Cassie en levant le petit sac.
« C'est bien, » dit Sara. « Et dès que Charlie en aura fini, nous irons déjeuner, » promit-elle en regardant sa montre. Bon sang, Jack, où es-tu, se demanda-t-elle. Il lui avait promis qu'il serait là.
A cause de ses blessures, Charlie avait un rendez-vous tous les trimestres avec son neurologue, rendez-vous que Jack ne ratait jamais.
« Où est papa ? » demanda Charlie.
« Je suis sûre qu'il sera là, » dit Sara. « Il est probablement pris par son travail. »
Elle mena les enfants dans l'hôpital, se dirigeant vers le bureau du Docteur Rogers. Si Jack ne se montrait pas, elle... oh, il passerait plus de temps sur le canapé cette fois, c'est sûr.
« Madame O'Neill. »
« Sam ! »
Sara regarda le Capitaine Carter, surprise de la voir debout à côté de l'ascenseur. « Capitaine, bonjour. » La femme s'agenouilla, permettant à Cassie de l'étreindre.
« Cass, tu vas bien ? » demanda Carter en plissant les yeux.
« Elle va bien. Je dois voir le Docteur, » dit Charlie.
« Le docteur ? » demanda Carter.
« Un rendez-vous de routine, » rassura Sara. « Est-ce que tout va bien pour vous ? »
Carter sourit. « Oui, je viens faire un test, » dit-elle. « Ils ont essayé de le faire hier, mais l'IRM faisait des siennes. »
Sara hocha la tête. « Je suppose que vous n'avez pas vu Jack dernièrement ? »
Carter fronça les sourcils. « Hmm, pas depuis hier soir, désolée. Est-il censé être là ? »
« Oui, » dit Sara. « Peut-être qu'il est à l'étage. » Sara appuya sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Lorsque la cabine arriva, ils y montèrent tous les quatre.
« J'ai apporté mon livre pour le lire pendant que j'attendrai, » dit Cassie.
« C'est bien, » la félicita Carter.
L'ascenseur s'ouvrit et Sara s'apprêta à sortir. « Nous y voilà, » dit-elle.
« Est-ce que je peux attendre avec Sam ? » demanda Cassie.
« Comment ? »
« Je veux attendre avec Sam, » dit-elle, sa voix à la limite du geignement.
Carter parut un peu mal à l'aise lorsqu'elle rencontra le regard de Sara. « Cassie, je suis sûre que Mme O'Neill préférerait que tu restes avec elle, » dit-elle.
« Mais... »
« Et tu vas simplement être assise dans une salle d'attente pendant qu'ils font leurs tests, » dit-elle.
Sara regarda Cassie, remarquant l'expression dépitée. « Tu sais quoi ? Une salle d'attente n'est pas très différente d'une autre, » dit Sara. « Cassandra, si tu veux aller attendre avec le Capitaine Carter, c'est d'accord, » acquiesça-t-elle.
« Etes-vous sûre, madame ? » demanda Carter.
Sara hocha la tête. « Notre rendez-vous devrait prendre à peu près une heure. On pourra se retrouver à la cafétéria. Vous pourrez vous joindre à nous pour le déjeuner, » invita-t-elle impulsivement.
« Oh, non, je ne pourrais pas... »
« Bien sûr que vous pouvez, » dit Sara, ressentant le besoin de se tourner vers la femme. Il y avait une part en elle qui était jalouse du capitaine. Après tout, elle avait l'opportunité de partager une partie de la vie de Jack à laquelle Sara n'aurait jamais accès. Ils avaient vécu des aventures ensemble, alors que Sara discutait avec lui quel papier peint elle voulait utiliser et si oui ou non faire un aménagement paysager du jardin.
Mais elle ressentait aussi le besoin de connaître la femme parce qu'elle savait que, malgré toutes leurs aventures, le Capitaine Carter avait aussi la tâche peu enviable de garder les fesses de Jack. D'après lui, sans les efforts de la jeune femme dans l'Antarctique, le SGC ne les aurait jamais retrouvés. Elle devait au Capitaine la vie de son mari, et un déjeuner ou deux semblait être le moins qu'elle pouvait faire.
« Rejoignez-nous là-bas dans environ une heure ? » demanda Sara.
Carter hocha la tête. « D'accord. Merci, » dit-elle alors que Sara et Charlie sortaient de l'ascenseur.
Une heure et demi plus tard, Sara emmena Charlie à la cafétéria, scrutant la pièce à la recherche de la jeune capitaine. Elle les vit assises dans un coin, les verres à moitié remplis de jus de fruits devant elles. Sara fit un signe de la main et mena Charlie vers elle. « Désolée d'être en retard, » s'excusa-t-elle.
« Ce n'est rien, » dit Carter, son humeur sombre.
« J'ai fini mon livre, » dit Cassie, en levant le livre d'un air triomphant. Elle apprenait vite, ayant déjà atteint le niveau de lecture d'un élève de CM2 ou de sixième.
« C'est super, » s'enthousiasma Sara.
« Maman, est-ce que je peux avoir à boire ? » demanda Charlie.
« Charlie, nous allons déjeuner dans un instant... »
« Mais Cassie en a. »
« Cassie a attendu longtemps. »
« Uniquement parce qu'elle est allée avec Sam, » répondit-il d'un ton chamailleur.
Sara prit une profonde inspiration, prête à se mettre en colère contre son fils. Il connaissait les règles. « Tu vas ruiner ton appétit, » dit-elle d'un ton calme.
« Je suis désolée, je ne savais pas, » s'excusa Carter.
« Ce n'est rien, » dit Sara. « Ca arrive tout le temps. Et si je veux être honnête, Jack est le pire de tous. » Elle baissa la voix, « Il adore manger des cochonneries. Il casse la croûte tout le temps et ensuite prend ses repas complets. Je jure que s'il n'y avait pas son métabolisme, il pèserait une tonne. »
La femme eut un petit sourire, l'expression limitée à ses lèvres uniquement. Impulsivement, Sara sortit deux billets de son portefeuille et les tendit à Cassie. « Cassandra, pourquoi n'irais-tu pas montrer à Charlie où tu as eu ta boisson ? » demanda-t-elle, tentant d'avoir un peu d'intimité avec Carter.
« C'est vrai ? »
« Oui, vas-y. » Sara attendit qu'ils soient hors de portée d'oreille et regarda Carter. « Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle, posant sa main sur le bras de la femme.
« Comment ? » Elle leva les yeux, comme si elle était surprise.
Sara haussa les épaules. « On dirait que, quel que soit le test que vous avez passé, ce n'était pas bon. »
« C'est euh... »
« Ah, tu es là. » Le Colonel O'Neill se pencha au-dessus de l'épaule de sa femme et lui fit une bise sur la joue. « Je suis désolé d'être en retard, » s'excusa-t-il. Alors que Sara observait, Carter baissa les yeux, visiblement changeant d'avis quant au fait de se confier à elle. « Hammond m'a accueilli à la porte ce matin avec une pile de rapports que je DEVAIS absolument faire. »
« Ce n'est rien, » dit Sara doucement, fronçant les sourcils au ton de la voix de son mari. Il semblait n'avoir aucun remords, mais paraissait presque tapageur, comme s'il s'efforçait d'être joyeux. « Le Docteur Rogers n'avait rien de nouveau à dire. »
« Non ? »
« Non. Juste que Charlie progressait comme il s'y attendait et qu'il réagissait bien aux séances de rééducation, » informa Sara. Leur fils allait en rééducation deux fois par semaine maintenant, ce qui était bien moindre que les sessions quotidiennes des semaines qui avaient suivi l'accident. Sara savait qu'il boiterait probablement toujours, mais l'espoir était que Charlie pourrait être aussi normal que possible.
« Je, euh, dois retourner au travail, » dit Carter en se levant de table.
« Vous alliez vous joindre à nous pour le déjeuner, » rappela Sara.
Carter secoua la tête. « Merci, mais j'ai le drôle de sentiment que ces rapports que le Général Hammond veut sont les miens. Mon Colonel, Mme O'Neill. »
Elle s'éloigna rapidement et Sara regarda la femme s'enfuir de la cafétéria. « Alors, où allons-nous pour déjeuner ? » demanda Jack, s'asseyant sur le siège abandonné par la femme.
« Est-ce que ça t'a semblé bizarre aussi ? » demanda Sara.
« Quoi ? »
« Le Capitaine Carter. Comment elle est partie précipitamment d'ici. C'était bizarre. »
Jack secoua la tête. « Elle est née comme ça. »
« Jack, » protesta Sara lorsque les enfants les rejoignirent.
« Papa. Tu es venu. » Charlie s'assit sur le siège à côté de lui. Cassie était derrière lui. Elle marchait vers Jack puis ralentit, le sourire s'effaçant de son visage.
« Cassie ? » La jeune fille se rapprocha doucement d'elle, allant se tenir derrière Sara. Sara se tourna sur sa chaise et tendit ses bras, les enroulant autour de la taille de Cassie. « Ma puce, qu'est-ce qui ne va pas ? » Cassie ne répondit pas, mais elle recula encore derrière Sara, comme si elle tentait de se cacher. « Cassie ? » Sara se tourna vers Jack. « Qu'est-ce qui ne va pas avec elle ? »
Jack haussa les épaules, se mettant debout. « Je ne sais pas. Alors, Charlie, où veux-tu aller déjeuner ? »
Sara fixa Jack emmener Charlie hors de la cafétéria. Elle regarda Cassie derrière elle, fronçant les yeux à la peur et la perplexité sur le visage de la jeune fille. « Chérie, est-ce que ça va ? » Cassie la fixa et hocha lentement la tête. « Est-ce que tu veux aller manger quelque chose ? » Elle secoua la tête. « Ok. Que dirais-tu de laisser les garçons aller dehors et nous, nous prendrons un sandwich pour nous, » suggéra-t-elle. « Qu'en dis-tu ? »
« D'accord, » dit finalement Cassie de sa petite voix hésitante.
« Alors allons-y, » dit Sara en essayant de paraître enthousiaste. Elle tendit la main et prit celle de Cassie. Ensemble, elles sortirent de la cafétéria, apercevant Jack et Charlie qui les attendaient au bout du couloir. « Il nous faudra d'abord nous débarrasser des garçons avant d'aller nous amuser. »
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George Hammond s'adossa à son fauteuil, observant les trois membres de SG-1 le débriefer de leur mission sur Nasyia. Habituellement, quand une équipe rentrait sous le feu ennemi, George préférait débriefer le plus tôt possible. Cependant, le problème médical du Capitaine Carter avait retardé le débriefing, même si avec plus de deux cents réfugiés à s'occuper, il fallait qu'il ait une vue d'ensemble de la situation.
« La planète n'avait pas connu d'ingérence de la part des Goa'uld depuis plus de trois siècles. Les Nasyians sont... sont... étaient un peuple pacifique. Ils étaient enthousiaste à l'idée de former une alliance et de nous aider à installer un poste de recherche, » rapporta Jackson. « Il n'y aucun moyen de prévoir cette attaque. Nous n'avons même pas aperçu le vaisseau mère quand les Planeurs ont assailli le village. »
« Ce n'est pas courant que les Goa'uld arrivent sans prévenir et efface de la surface un peuple pacifique sans raison apparente, n'est-ce pas ? » demanda George.
Jackson acquiesça. « Dans le passé, il y avait toujours une raison quelconque, ils semblent le plus souvent attaquer les civilisations qui arrivent à un point où leurs technologies pourraient être une menace, mais ce n'était pas le cas ici. »
« Peut-être qu'ils ont découvert que nous étions là, » suggéra Carter.
« Comment l'auraient-ils pu ? » demanda Jackson. « Ou plus important, pourquoi ce Goa'uld en particulier s'en soucierait ? »
« Il est possible qu'ils aient un intérêt renouvelé en rapport à notre récente interaction avec Apophis, » dit Teal'c.
Jackson haussa les épaules. « Bah, la vérité est que nous comprenons encore très peu leur société. »
« J'ai vu les Goa'uld anéantir des civilisations entières – sans raison, sinon qu'ils en tiraient du plaisir, » dit Teal'c.
« Alors quoi, Nasyia était la prochaine sur la liste ? Je souhaiterais en partie que ce soit aussi simple, mais je ne veux pas les sous-estimer, » dit Carter.
« Nous ne saurons peut-être jamais pourquoi ils ont attaqué, » dit Hammond. « Quelle est la situation des survivants Nasyians ? »
« Nous avons réussi à secourir 237 personnes. Les grands brûlés et l'excédent que notre infirmerie ne pouvait pas prendre en charge ont été transférés à l'hôpital de l'Académie de l'Air Force. Le reste attend le temps qu'on leur trouve une nouvelle planète, » dit Jackson.
Il se pencha en avant. « Monsieur, je pense qu'il est important de découvrir pourquoi Nasyia est devenue une cible Goa'uld. »
« Je suis d'accord ! Mais le déménagement des réfugiés est la première priorité. Je vous assigne les trois nouvelles équipes SG de 10 à 12 pour vous aider. Je veux qu'on trouve à ces gens une nouvelle planète le plus vite possible. Rompez. » Il se leva et les autres firent de même.
« Mon Général ? » dit Carter. George se tourna pour la regarder. « Puis-je vous dire un mot ? »
Hammond hocha la tête et lui fit signe vers son bureau. Il s'assit et lui indiqua de prendre un siège. « Que puis-je faire pour vous, Capitaine ? »
« Mon Général, je ne pense que pas que je vais être d'une grande aide pour trouver une nouvelle planète. »
« Pourquoi donc ? »
« Je sais que le Docteur Fraiser sera là pour vous le dire, mais elle va me retirer du service actif pour un temps, » dit-elle doucement.
« Capitaine ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda George, tout de suite inquiet.
« Elle a découvert ce qui s'est passé sur la planète. Apparemment, la fracture n'a pas très bien guéri et l'os est infecté. Du moins c'est ce qu'elle pense. Ils vont faire une biopsie demain pour s'en assurer. Ca va prendre du temps pour traiter ça, » dit-elle d'une voix calme. Mais George vit au-delà de la façade et lut la peur dans ses yeux. Il n'était pas docteur en médecine, mais il connaissait une ou deux choses sur les blessures. Et suffisamment pour savoir que les infections des os étaient parmi les pires à avoir. « Je peux continuer à travailler, monsieur. Mais étant donné ce qui s'est passé sur la planète, le Docteur Fraiser pense que ce serait mieux si je ne suis plus en service actif et hors de la rotation des missions off world. »
« Ca me semble raisonnable, » acquiesça George. « En avez-vous déjà parlé avec le Colonel O'Neill ? »
« Non, mon Général. Je n'ai pas encore eu l'occasion. »
George hocha la tête. « Très bien. Informez le Colonel O'Neill et je transférerai un remplaçant quand SG-1 partira à la recherche d'une nouvelle planète pour les Nasyians. »
« Merci, monsieur. » Elle se leva et se tourna pour sortir de la pièce.
« Capitaine ? »
« Mon Général ? » Elle se retourna.
« Prenez soin de vous, » dit-il avec sincérité.
« Je le ferai, monsieur. » Elle sourit et sortit de la pièce. George soupira, pas impatient de trouver un remplaçant pour la femme. Remarquez, cela faisait partie du commandement. Il espérait juste que le remplaçant qu'il trouverait serait temporaire et non pas permanent.
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Sam entra dans son labo, ne se donnant plus la peine de cacher sa claudication une fois qu'elle fut hors du couloir. Elle s'assit sur sa chaise et releva sa jambe gauche, posant sa cheville sur son genou. Elle se massa le mollet, sachant que cela n'allégerait pas la vive douleur, mais ressentait le besoin de faire quelque chose.
Les mots du Docteur Fraiser résonnaient dans sa tête. Ostéomyélite. Biopsie. Antibiotique. Amputation.
Elle avait peur. Plus peur qu'elle ne l'avait été dans aucune des missions. Plus peur qu'à n'importe quel moment de sa relation avec Jonas.
Perdre sa jambe. C'était un terme si fade. La perdre. Ouais, comme si elle allait la laisser posée quelque part et s'en aller. Ou peut-être que ce serait comme une chaussette dans le sèche-linge, elle s'évanouirait simplement. Elle se réveillerait un matin et elle serait partie. Peut-être qu'elle pourrait mettre une annonce dans les objets trouvés.
L'absurdité de ses pensées la frappa et elle s'étrangla légèrement, portant sa main à la bouche. Perdre sa jambe. Elle ne pouvait pas perdre sa jambe. Ils la renverraient de l'armée. Cela était plus que certain. Il n'y a avait pas tellement de place dans l'armée pour les estropiés.
Le téléphone sonna et elle prit une respiration sifflante, tâtonnant pour prendre le récepteur. « Carter, » dit-elle, espérant que sa voix semblerait normale.
« Capitaine Carter, c'est Sara O'Neill. »
« Mme O'Neill, y a-t-il quelque chose ? »
« C'est Cassie... »
« Est-ce qu'elle va bien ? »
« Oui, en fait, non. Capitaine, pourriez-vous venir ici, s'il vous plait ? » demanda-t-elle.
« Madame ? »
« Cassie s'est enfermée dans sa chambre et elle ne veut pas sortir, » dit Mme O'Neill.
« Madame, je n'ai pas vu le Colonel O'Neill de la journée et... »
« Je ne veux pas de Jack, » interrompit-elle. « C'est vous que Cassie demande, et uniquement vous, » dit-elle. Elle pouvait entendre la panique et le désespoir dans la voix de la femme. « Capitaine, je sais que je demande beaucoup, mais je ne sais pas quoi faire d'autre. Elle s'est enfermée dans sa chambre, elle panique totalement et elle ne veut pas sortir et dit que la seule personne en qui elle a confiance, c'est vous. »
« J'arrive tout de suite, » dit Sam, prenant sa décision en un clin d'oeil. Elle raccrocha le téléphone et ouvrit le tiroir de son bureau et prit son sac à main. Ne se donnant pas la peine de se changer, elle se précipita hors de la montagne.
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Sara fit les cents pas, se précipitant sur la fenêtre donnant devant la maison chaque fois qu'une voiture passait. « Il faut à papa au moins une demi-heure pour rentrer à la maison, » dit Charlie de sa place sur le canapé. « Il faudra probablement plus longtemps à Sam. »
Sara lui jeta un regard acéré, puis à l'escalier, espérant pouvoir y voir Cassie. Elle n'avait aucune idée de ce qui arrivait à la jeune fille. Elle avait été bien plus tôt dans la journée après leur départ de l'hôpital. Après avoir mangé, Sara était retournée à la maison pour découvrir que Jack et Charlie étaient déjà là, ayant préféré un hamburger plutôt qu'un repas au restaurant comme Cassie et elle.
Remarquant qu'il lui fallait des provisions, Jack s'était porté volontaire pour garder les enfants à la maison pendant une heure pour que Sara puisse aller faire les courses sans être encombrée par eux. Elle était rentrée à la maison et Jack était parti. Ce n'est que deux heures plus tard qu'elle s'était rendue compte que Cassie était dans sa chambre et plusieurs minutes après, elle avait découvert que la jeune fille s'était barricadée à l'intérieur.
Une portière de voiture claqua et Sara se précipita à la fenêtre, soupirant quand elle reconnut la femme qui remontait en boitillant l'allée. « Elle est là, » dit-elle inutilement à Charlie en passant à côté de lui en direction de la porte d'entrée. Elle l'ouvrit juste au moment où Carter arrivait sur le porche. « Je suis si contente que vous soyez là, » dit-elle.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec elle ? » demanda Carter.
« Elle s'est enfermée dans sa chambre et ne veut pas en sortir, » dit Charlie.
« Il m'a fallu une heure pour arriver à la faire parler. J'étais à deux doigts d'appeler la police, et puis elle a dit qu'elle ne sortirait que pour vous, » dit Sara.
« Pourquoi moi ? » demanda Carter.
« Elle vous aime bien, » dit Charlie, ne se rendant pas compte à quel point ces mots affectaient Sara. Oui, Cassie aimait bien le Capitaine. Même Jack savait qu'elles avaient un lien spécial que ni lui ni Sara ne pourrait jamais briser. C'était l'une des raisons pour lesquelles Sara s'était plutôt méfiée de la femme, jusqu'à ce qu'elle prenne conscience que Carter faisait tout son possible pour ne pas interférer et semblait en fait essayer d'aider Sara et Jack à créer une relation forte avec la jeune fille, en dépit du fait que, Sara le savait maintenant, le Capitaine avait voulu adopter Cassie.
« Elle est là-haut dans sa chambre, » dit Sara. Carter hocha la tête et grimpa l'escalier. « Reste en bas, » ordonna Sara à son fils.
« M'man... »
« Charlie, » avertit-elle.
« Ok, » geignit-il se laissant retomber sur le canapé. Sara monta tout doucement l'escalier, tentant de s'approcher assez près pour entendre tout en gardant ses distances, ne voulant pas effrayer l'enfant.
« Cassie, c'est moi, » entendit-elle Carter dire. « Est-ce que je peux entrer ? » Sara recula de quelques pas, assez près pour entendre mais toujours hors de vue. Carter jeta un coup d'oeil dans sa direction et haussa les épaules. « Cassie ? Est-ce que je peux entrer ? » répéta-t-elle.
Le verrou de la porte cliqua et Sara soupira de soulagement lorsque la porte peinte en blanc s'ouvrit lentement. Carter poussa le reste et se glissa lentement dans la pièce. « Salut. Ta maman dit que tu es un peu contrariée par quelque chose. » Cassie était assise par terre, le dos appuyé dans un coin de la pièce. Sara s'avança pour être vue et la tête de la fille se releva brusquement, mais elle ne répondit pas, son regard passant rapidement au Capitaine Carter. « Que s'est-il passé ? »
« Il va me tuer, » dit Cassie, sa voix pas plus qu'un murmure.
« Qui ? Qui va te tuer ? » demanda Carter, le front fortement plissé.
Cassie jeta un oeil à Sara, le visage empli de peur. « Papa, » murmura-t-elle.
« Oh, non, Cassie. Ton papa ne ferait pas ça, » dit Carter.
« Si, il le fera, » insista-t-elle.
Carter regarda par-dessus son épaule, puis reporta son attention sur Cassie. « Je suis sûre que même s'il a dit quelque chose, il ne le pensait pas. Parfois, les adultes disent des choses qu'ils ne pensent pas. »
« Il le pensait, » dit-elle d'un ton sincère.
« Cassie, ton papa t'aime. Il ne ferait jamais rien qui te ferait du mal, » insista Carter.
« Maintenant, si. »
« Pourquoi ? »
« Il est un Goa'uld. »
« Quoi ? » demanda Sara.
« Cassie, de quoi parles-tu ? » demanda Carter.
« Tu ne me crois pas. »
« Je te crois, » insista Carter. « Dis-moi juste comment tu sais que ton papa est un Goa'uld, » demanda-t-elle.
« Je pouvais sentir quelque chose d'étrange à l'hôpital chaque fois que je m'approchais de lui. Et puis, quand tu étais au supermarché, je l'ai vu. »
« Tu as vu quoi ? » demanda Sara.
« Il savait que je pouvais sentir quelque chose et il est venu à moi et m'a soulevée, puis sa voix est devenue toute drôle et ses yeux ont brillé et il m'a dit que si je le disais à quelqu'un il me tuerait, » dit-elle, les mots sortant en un flot précipité. Alors qu'elle parlait, ses yeux s'étaient emplis de larmes et sa voix s'était mise à trembler.
« Oh, ma puce, ça va aller, » dit Carter, enveloppant la petite fille dans ses bras.
« Capitaine ? » demanda Sara, tentant d'enregistrer le fait que sa fille venait d'accuser son mari d'être un alien.
« Je ne sais pas, » dit-elle, sa main caressant le dos de Cassie alors qu'elle s'accrochait à elle. « Mais je dois appeler le Général Hammond. »
« Il se pourrait que tout ceci soit... » dit Sara, s'interrompant, ne voulant pas accuser Cassie d'être une menteuse devant elle. « Un malentendu, » se corrigea-t-elle.
« Il se pourrait, mais nous ne pouvons pas prendre le risque, » dit Carter. « Si elle a raison, il doit être arrêté. »
ooo
Jolinar de Malkshur marchait dans l'étrange couloir gris, s'efforçant d'avoir un air d'assurance et de calme sur le visage de son hôte. Proche. Elle était proche. Elle pouvait sentir le chaappai juste à quelques étages de là, le naqahdah faisant chanter son sang. Il lui fallut toute sa maîtrise pour ne pas se précipiter dans cette salle de contrôle et quitter cette planète maudite.
Patience, se dit-elle, patience. Elle savait pour avoir puisé dans la mémoire de son hôte qu'il devait partir bientôt en mission. C'était là qu'elle partirait. Ce serait très simple. Tout ce qu'elle devait faire était de réussir à passer les défenses de la Terre et poser les pieds sur une autre planète.
La plupart des planètes, elle le savait, ne gardait pas leur chaappai comme les Tau'ri le faisaient. Il n'y aurait pas besoin de 'hacker' dans un ordinateur ou de risquer la capture ou d'être blessé. Elle et son hôte pourraient partir, sans dommage et sans être remarqués, pour une courte période de temps, du moins. Les autres membres de son équipe remarqueraient probablement son absence. Cependant, cela n'aurait pas d'importance s'ils le remarquaient, l'important était qu'ils ne fassent rien pour l'empêcher de partir jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
Son hôte la combattait et elle ralentit, consacrant davantage d'efforts à le contrôler. Il était fort. Très fort. Il n'avait pas peur d'elle, pas comme un hôte avait habituellement peur d'un symbiote. Il savait ce qu'elle était, même si c'était une connaissance des plus basiques de son espèce. Il l'appelait goa'uld et l'ignorait quand elle essayait de le corriger.
Elle n'était pas un goa'uld, pas un exploiteur. Elle avait essayé de lui expliquer cela, mais il l'avait ignorée, ne démordant pas de sa préconception qu'elle était un salopard de goa'uld. Il était plein de fougue. D'ordinaire, elle aurait admiré son esprit, sa force. Mais, à cet instant, elle trouvait cela ennuyeux. Plus il la combattait, plus elle devait consacrer d'énergie à le contrôler. Elle n'aimait pas contrôler, ce n'était pas sa façon de faire. Cependant, elle n'avait pas le choix. Elle savait, en puisant dans sa mémoire, que si elle était découverte, elle serait emprisonnée. Et cela ne pouvait pas arriver. La connaissance qu'elle portait en elle était trop vitale pour la perdre pendant qu'elle passerait des jours ou des semaines à tenter de s'échapper.
Non. C'était mieux qu'ils ne sachent jamais qu'elle avait été là.
Quelques heures de plus. C'était tout ce dont elle avait besoin. Quelques heures de plus. Puis SG-1 recevrait sa mission et elle pourrait quitter ce monde. Elle pourrait rentrer chez elle, s'assurer que sa connaissance serait transmise à ses frères Tok'ra et la recherche d'un hôte pour remplacer celui-ci pourrait commencer. Présumant, bien sûr, qu'il n'ait pas accepté et fait la paix avec l'idée de leur fusion.
Une partie d'elle espérait cela. Son hôte était un homme honorable, fort et brave. Il ferait un fantastique Tok'ra et elle savait que ses connaissances en matière de tactique les aideraient grandement. Cependant, son sexe serait un problème. Beaucoup d'hôtes Tok'ra acceptaient des relations avec le même sexe, mais pas celui-ci. Elle savait qu'il trouverait l'idée d'être intime avec Lantash et Martouf odieuse. Ce qui signifiait qu'elle le quitterait en toute probabilité, soit en faveur d'un hôte femelle, ou un mâle qui n'avait pas de préjugé sur le sexe de son partenaire.
« Jack ! » Jolinar se retourna, identifiant la personne qui avançait vers elle.
« Daniel, » salua-t-elle, prévoyant de faire tout ce qu'elle pouvait pour que la conversation soit courte. Elle avait déjà frôlé la catastrophe aujourd'hui, découvrant avec étonnement que le naqahdah dans le sang de la jeune fille alien lui avait donné la capacité de sentir la présence d'un symbiote.
Ce n'était pas une chose à laquelle Jolinar s'était attendue. Tous les symbiotes pouvaient sentir la présence d'un autre, pourtant il n'avait jamais été établi ce qui leur conférait cette capacité. A cause de cela, elle n'avait pas ressentit le besoin de rester loin de la jeune fille. Heureusement, elle avait pu faire taire l'enfant, pour le moment, en tout cas. Elle n'avait aucun doute que Cassandra partagerait tôt ou tard sa connaissance. Jolinar espérait juste que quelques heures passeraient avant que son secret ne soit dévoilé.
« Je suis, euh, je suis surpris que vous soyez là, » dit Daniel en le rattrapant.
« Où aurais-je pu être ? Vu que nous allons partir chercher un nouveau monde pour les Nasyians dans deux heures ? » demanda Jolinar, tentant de garder la voix de son hôte décontractée.
« C'est juste que... avec Cassie et tout, je pensais que vous seriez chez vous, » dit Daniel.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec Cassie ? »
« Eh bien, ce que j'ai entendu dire, c'est qu'elle s'était enfermée dans sa chambre. Sam est allée voir si elle peut la faire sortir, » expliqua Daniel.
« Carter n'avait pas à partir. Pas sans me le dire, étant donné que nous partons off world dans peu de temps, » dit Jolinar, puisant dans la soudaine explosion de colère et d'inquiétude de son hôte.
« Je pensais qu'elle vous l'avait dit. »
« Me dire quoi ? »
« Sam ne va pas off world, » dit Daniel. « Elle a un rendez-vous avec le médecin cet après-midi pour une biopsie. »
« Qu'est-ce qu'elle a ? » Jolinar regretta immédiatement d'avoir ignoré la suggestion de son hôte de lire l'information qui les attendait quand ils étaient arrivés à la base ce matin. Jolinar savait que cela faisait partie de la routine d'assimiler de telles informations, mais elle avait pensé que son insistance n'était qu'une façon de la combattre et de la distraire.
« Sa jambe s'est infectée. Elle va avoir un lourd traitement pour voir s'ils peuvent la sauver, » dit Daniel.
« Vraiment ? Quel dommage, » dit Jolinar, faisant prendre à son hôte le visage de l'inquiétude. Bien qu'elle ressentait aussi l'inquiétude de son hôte pour le Capitaine Carter, son attention était détournée par les autres mots de l'homme. Carter était en train de parler à Cassandra. Ce n'était pas bon. S'il y avait une personne à qui la jeune fille se confierait, c'était le Capitaine. Ils seraient au courant.
Réalisant soudain qu'elle n'avait plus le temps, elle tourna sur ses talons, voyant brusquement l'étroit couloir gris non pas comme un refuge, mais comme une prison. Elle n'arriverait jamais à passer le chaappai, pas maintenant. Si les Tau'ri ne savaient pas qu'elle était là, ils le sauraient bientôt.
Sortir. Elle devait sortir. Trouver un endroit où se cacher. Trouver un autre moyen de partir de cette planète et de rentrer chez elle.
« Jack ! » lui cria après Daniel. « Où allez-vous ? Jack ! »
Jolinar l'ignora, sa seule concentration étant à présent de s'enfuir. Elle devait sortir d'ici et trouver un endroit sûr.
ooo
« Que s'est-il passé précisément ici ? » demanda Hammond, étudiant le quatuor rassemblé autour de la table dans la salle de briefing, le Docteur Fraiser s'étant joint aux trois membres de SG-1 qui restaient.
« Nous n'avons pas tous les détails, monsieur, mais je pense qu'il est raisonnable de penser qu'il y avait un goa'uld sur Nasyia, » dit Sam, ressentant le besoin d'exposer l'évidence.
« Vous disiez qu'il n'y en avait pas. »
« Au départ, mon Général, nous n'avions vu aucun signe, » dit-elle. « Habituellement, quand il y a un goa'uld, il y a un palais ou une mine ou quelque chose du genre. Ce que nous avons vu était un village paisible. » Elle haussa les épaules. « Les apparences étaient apparemment trompeuses. »
« Ou peut-être que nous avons simplement vu ce que nous voulions voir, » dit Daniel.
« Daniel ? »
« Eh bien, pensez-y. Kawalsky s'est promené dans cette base pendant des jours et nous n'avions jamais su qu'il avait un goa'uld. Quand nous avons analysé les données du MALP, nous avons juste présumé que s'il y avait la présence d'un goa'uld, ce serait visible. »
« Mais tous ceux à qui nous avons parlé ont dit que cela faisait des générations qu'il n'y avait pas eu de goa'uld sur la planète, » rappela-t-elle.
« Le goa'uld du Major Kowalsky était immature, » dit Janet. « Il était incapable d'exercer un contrôle complet sur son hôte. »
« C'est vrai, » concéda Daniel. « Mais vous avez examiné Jack hier, et jusqu'à ce que le Docteur Warner fasse une IRM sur Kawalsky, nous ne le savions pas. Le goa'uld a visiblement un autre moyen d'entrer dans l'hôte que par la nuque. Un qui ne laisse pas de trace. »
Janet haussa les épaules. « Le but du parasite est de s'attacher au système nerveux. Le tissu mou à l'arrière de la gorge pourrait marcher. Il est possible qu'il puisse pénétrer dans le corps ailleurs, peut-être dans l'abdomen et remonter jusqu'au cou, » théorisa-t-elle.
« Oh, mon Dieu, » murmura Sam. « Sur la planète, je... ma jambe m'a fait mal et j'ai trébuché. Le Colonel est revenu pour moi, mais il est tombé par-dessus ce corps. Il y avait du sang, mais il a dit qu'il s'était mordu la langue et que ce n'était pas un problème. »
« Vous pensez qu'il est possible que c'est à ce moment-là que cela s'est passé ? » demanda Hammond.
Sam haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je... les choses étaient confuses avec l'attaque et tout le reste, mais je pense que c'est la seule fois où nous avons été séparés. Et le Docteur Fraiser a mentionné le sang. »
« Si le Colonel O'Neill s'est réellement mordu la langue suffisamment fort pour qu'elle saigne, j'en aurais vu les signes, » dit Fraiser.
« Ca n'explique toujours pas pourquoi il n'y avait aucun signe de la présence d'un goa'uld sur la planète, » dit Hammond.
« Et si c'est parce que le goa'uld ne voulait pas qu'il y en ait ? » suggéra Daniel.
« Docteur Jackson ? »
« Et si le goa'uld n'était pas là pour conquérir la planète, mais pour se cacher ? »
« C'est possible, » dit Teal'c. « Cependant, le besoin naturel d'un goa'uld de régner et de dominer rendrait une telle tactique peu probable. »
« Pas s'il est en fuite et craint pour sa vie, » insista Daniel. « Pour autant que nous sachions, un goa'uld a une espérance de vie de plusieurs siècles, sinon des millénaires. Se cacher pendant vingt ou trente ans ressemblerait à se cacher pendant un week-end pour nous. »
« Alors, en supposant que Cassandra ait raison et qu'il y a un goa'uld à l'intérieur du Colonel O'Neill, il pourrait simplement s'évanouir dans la nature pendant une vingtaine d'années ? » demanda Hammond.
« Je ne le pense pas, mon Général, » dit Sam.
« Capitaine ? »
« Mon Général, il y a une différence entre la Terre et les autres planètes : c'est l'accessibilité à la Porte des étoiles. Il est possible que le goa'uld ne voulait pas venir ici, il a juste été surpris par l'évacuation. »
« Si c'est vrai, il ne souhaitera pas rester ici, » dit Teal'c.
« Exact. Je veux dire, si j'étais dans la même position, la première chose que je voudrais faire serait de partir de la planète et de rentrer chez moi, » dit Sam.
« Que voulez-vous dire, Capitaine ? »
« Mon Général, le goa'uld a accès aux connaissances et à la mémoire du Colonel O'Neill. Il sait qu'il ne lui sera jamais permis de bâtir un royaume ici. Et il sait aussi que la Porte des étoiles est sa seule voie de sortie de cette planète. Du moins pour le moment, je pense qu'il restera près d'ici, peut-être même tentera-t-il d'accéder à la Porte, » expliqua-t-elle.
« Alors qu'est-ce qu'on fait ? Poster plus de gardes ? » suggéra Daniel.
« Je pense que le contraire serait plus efficace, » dit Teal'c.
« Un piège, » dit Janet.
« En effet. »
Daniel secoua la tête. « Je ne pense pas que Jack tombera dans le panneau. Il saura que c'est ce que nous ferons. »
« Nous ne pouvons pas anticiper nous-mêmes, » dit Hammond. « Je vais ordonner aux équipes de patrouilles extérieures de permettre à O'Neill d'accéder à la base, cependant, il ne lui sera PAS permis de quitter cette planète, même si nous devons utiliser la force. »
« Général, » protesta Janet.
« Docteur, les connaissances du Colonel O'Neill ont trop de valeur pour qu'elles tombent en des mains ennemies, » dit-il.
« Si le Capitaine Carter a raison et que la possession de O'Neill n'était pas dû au hasard, mais un acte délibéré, nous devons considérer la possibilité qu'il dissimule un appareil de destruction sur cette base, » dit Teal'c.
Hammond acquiesça. « S'il y a un eu un quelconque sabotage ici, je veux qu'on le trouve. Teal'c, j'aimerais votre aide. Vous connaissez mieux que personne ce qu'il faut chercher. » Teal'c hocha la tête. « Je pense vraiment que nous devons continuer à chercher le Colonel O'Neill. »
« Mon Général, Pete pourrait peut-être nous aider, » intervint Sam.
« Capitaine ? »
« Nous n'avons aucune juridiction en dehors de la montagne, même pour rechercher l'un des nôtres. Pete pourrait... faciliter les choses avec la police locale. »
« Il se pourrait que cela soit à notre bénéfice, » acquiesça-t-il. « Capitaine, il me faut le moyen de contacter le Détective Shanahan. Teal'c, présumant qu'il accepte, et une fois que vous aurez examiné la base, vous travaillerez avec Shanahan pour appréhender O'Neill. Docteur Jackson, j'aimerais que vous travailliez avec le Docteur Fraiser. Je veux que tous les Nasyians soient examinés pour s'assurer que le Colonel O'Neill soit le seul porteur d'un goa'uld. »
« Mon Général ? » demanda Sam, attendant sa tâche.
« Capitaine, vous avez d'autres problèmes à gérer, » dit-il, bénéficiant d'un regard de remerciement de Fraiser.
« Mon Général, » protesta-t-elle.
« C'est un ordre. J'ai déjà perdu un officier, je n'ai pas l'intention d'en perdre un autre. » Il se leva, signalant la fin du briefing. « Rompez. »
ooo
La porte de la salle VIP s'ouvrit et Sara leva la tête, faisant signe au Capitaine Carter d'entrer. « Comment va-t-elle ? » demanda-t-elle en un murmure. Cassie était endormie sur le lit et Charlie était assis dans un fauteuil dans un coin de la pièce, jouant avec son game-boy avec le son coupé.
« Le Docteur Fraiser dit qu'elle va bien, » dit Sara, ramenant le Capitaine Carter près de la porte. Les deux femmes sortirent dans le couloir pour pouvoir parler sans réveiller Cassie. « Il lui a seulement fait peur. »
« C'est bien, » dit Carter. « Humm, je ne veux pas dire que... je veux dire... »
« Je sais ce que vous voulez dire, » interrompit Sara. « Et merci. »
« Si vous voulez, je peux vous apporter quelques trucs, » offrit Carter.
Sara secoua la tête. « Quels trucs ? »
Carter fronça les sourcils. « Eh bien, est-ce qu'ils n'ont pas besoin de vêtements ou autres choses ? »
« De quoi parlez-vous ? »
Carter parut surprise. « Je pensais que vous resteriez ici pour le moment. »
« Ici ? »
« Au moins jusqu'à ce que nous trouvions le Colonel O'Neill et... »
Sara secoua la tête. « Nous ne restons pas ici. J'ai juste amené Cassandra pour que le Docteur Fraiser puisse s'assurer qu'elle allait bien. Dès qu'elle se réveillera, nous rentrerons chez nous. »
« Etes-vous sûre de vouloir faire ça ? » demanda Carter.
« Capitaine ? »
« Madame, le Colonel O'Neill est toujours dehors quelque part. »
« Je sais. »
« Et il a un goa'uld en lui. »
« Je sais cela aussi, » dit Sara d'un ton calme, tentant de cacher son dégoût à l'idée que son mari soit possédé par une de ces créatures. Elle savait que c'était ce qui avait tué Charlie Kowalsky, l'autorisation qu'elle avait reçue donnant à Jack la possibilité de lui dire cela. Et elle savait à quel point un goa'uld pouvait être cruel, si la façon dont la femme de Daniel avait été traitée était un exemple. Mais elle refusait de croire que même possédé par cet alien son mari pouvait être dangereux. Jack ne lui ferait pas de mal, ni aux enfants. Elle le savait au plus profond d'elle-même.
« Mme O'Neill, avec tout mon respect, votre mari est un homme très dangereux en ce moment. »
Sara secoua la tête. « Jack ne me ferait jamais de mal, ni aux enfants, » insista-t-elle.
« Cassie... »
« Il lui a fait peur, c'est tout. S'il avait voulu lui faire du mal, il l'aurait déjà fait. Nous retournons chez nous. »
« Mme O'Neill, je pense toujours que c'est... »
« Je sais que vos intentions sont bonnes, Capitaine. Et merci pour votre sollicitude, mais je connais mon mari. Il doit savoir que vous le recherchez, il ne sera pas assez stupide pour revenir à la maison. Et même s'il le fait, il ne nous fera pas de mal, » dit Sara, sa voix déterminée et calme. « A moins, bien sûr, que ces gentils officiers ne nous retiennent et nous gardent ici contre notre volonté. »
Carter la fixa un long moment, presque comme si la femme voulait la prendre au mot. « Je parlerai au Général, » dit-elle au bout du compte.
« Merci, » dit Sara, saisissant la poignée de la porte. Elle rentra dans la pièce et ferma la porte, laissant le Capitaine à l'extérieur.
« Maman ? »
Sara sourit, mettant un doigt à ses lèvres pour faire taire Charlie. Elle s'avança jusqu'à lui et s'agenouilla à ses côtés. « Dès que Cassie se sentira mieux, nous rentrerons à la maison, lui dit-elle.
« Mais papa... »
« Ton papa sera à la maison quand il se sentira mieux, » dit-elle. « Est-ce que tu es d'accord ? » Il la regarda pendant quelques secondes, puis hocha la tête. « Bien, pourquoi ne me montrerais-tu pas comment on joue à ce jeu ? » dit-elle, cherchant non seulement à le distraire, mais elle aussi. En dépit de l'assurance qu'elle avait montrée au Capitaine Carter, elle n'était pas tout à fait prête à faire face à ce qui l'attendait. Elle le serait, quand il le faudrait. Mais pas tout de suite. Parce que pour le moment, elle ne pensait pas pouvoir gérer le fait que l'homme dans son lit la nuit dernière n'était pas son mari.
ooo
Daniel suivit Janet alors qu'elle marchait dans les couloirs surpeuplés de l'hôpital de l'académie. Les Nasyians étaient confinés dans une aile gardée par les soldats du SGC, juste au cas où quelqu'un serait trop curieux. Heureusement, les Nasyians étaient trop reconnaissants pour mettre en question leur quasi captivité, chose pour laquelle Daniel ne savait pas s'il devait être reconnaissant ou perturbé.
« Combien de temps pensez-vous que ça prendra pour tester tout le monde ? » demanda-t-il.
Janet secoua la tête en lui jetant un regard. « Des jours, » dit-elle simplement. « Au moins nous savons ce que nous cherchons, mais étant donné que nous devons être sûr que rien ne... se cache, nous devons faire un scan complet du corps, » expliqua-t-elle. « Et ça prend du temps. »
« Au moins, ça nous donnera du temps pour leur trouver une nouvelle planète, » dit-il, cherchant le bon côté de la chose.
« Comment ça se passe ? » demanda-t-elle, le précédant dans l'aile sécurisée.
Il haussa les épaules. « Nous cherchons. Trouver une planète est aisée, trouver une bonne planète est difficile. Nous ne voulons pas les faire déménager plus d'une fois. »
« Je sûre qu'ils apprécieront, » dit-elle d'un ton ironique.
Daniel ne répondit pas, trop conscient que le docteur trouvait les mesures de sécurité abusives. Il savait qu'elle comprenait leur nécessité, mais elle pensait aussi que des hommes armés étaient un peu exagéré pour garder des réfugiés traumatisés et blessés. « Je vais aller parler avec eux, » dit-il.
Janet hocha la tête. « Très bien. Si vous avez besoin de quelque chose, bipez-moi ou laissez un message à mon bureau. »
« Je le ferai, merci, » dit-il. Il se détourna et longea un des couloirs, jetant un oeil à travers les portes ouvertes. Il vit une femme debout à côté d'une fenêtre ouverte et il s'arrêta dans l'embrasure de la porte. Sentant apparemment sa présence, elle se retourna. « Oh, excusez-moi. »
« Votre monde, est un endroit incroyable, » dit-elle, pas ennuyée par son intrusion.
« Il peut l'être. Hum, je suis Daniel, » se présenta-t-il.
« Vous êtes l'un des hommes qui nous ont sauvés. »
« Oui, » confirma-t-il.
« Nous vous devons de grands remerciements, » dit-elle sincèrement.
« Pouvons-nous, euh, pouvons-nous parler un peu ? »
« Bien sûr, » accepta-t-elle.
« Avez-vous remarqué quelque chose d'étrange ? »
« Etrange ? » demanda-t-elle.
« Des gens. Peut-être des amis à vous qui agissaient différemment, » finit-il, tentant d'obtenir des informations sans trop la forcer.
« Je ne m'en souviens pas. » Elle secoua doucement la tête.
« Et... une blessure ? » demanda-t-il.
« Une blessure ? »
« Peut-être une coupure ou une cicatrice sur la nuque de quelqu'un. » Il tourna sa tête, montrant du doigt la base de son crâne. Il traça de son doigt la base du crâne jusqu'en haut du cou. « Ici ? »
« Non... Attendez, » dit-elle doucement. « Oui. Mon mari »
« Votre mari ? »
« Oui. »
« Avez-vous souvent des visiteurs qui passent la Porte des étoiles ? »
« La Porte des étoiles ? »
« Le cercle, le euh, chaappai, » dit-il.
« Parfois, » dit-elle.
« Avez-vous eu un visiteur avant que votre mari ait cette cicatrice ? »
Elle secoua la tête. « Non. Mais il y avait un vaisseau. »
« Un vaisseau ? »
« Oui. Un vaisseau qui s'est écrasé. Mon mari et d'autres hommes du village sont allés pour aider, mais c'était trop tard, » dit-elle.
« Trop tard ? »
« Le pilote était mort. Ils l'ont enterrée et sont revenus. »
« Est-ce qu'ils ont rapporté quelque chose ? Récupéré des choses du vaisseau ? »
Elle hocha la tête. « Un peu, des bouts de métaux, ses provisions. Ce n'était pas comme si elle en aurait l'utilité, » s'excusa-t-elle. « Et nous n'avons pas la capacité de fabriquer le métal. Arlan a fabriqué sept socs de charrue à partir du métal. »
« Non, non, vous avez raison, » dit-il. « Un cadavre n'a pas besoin de possession. »
« A-t-il agi étrangement par la suite ? S'est-il mis en colère, à parler drôlement... est-ce que ses yeux ont brillé ? » Elle le fixa, une expression peureuse traversant son visage. « Je devrais vous laisser vous reposer, » dit-il, se rendant compte qu'il était allé un peu trop loin.
Elle hocha la tête et Daniel sortit de la chambre, fermant la porte derrière lui. Eh bien, maintenant il savait d'où venait le serpent de Jack, malheureusement, cette information ne l'aidait pas beaucoup pour trouver son ami.
L'esprit distrait, Daniel se mit à marcher dans le couloir, s'arrêtant brusquement quand Janet sortit d'une chambre. « Whoa, » dit-il, tendant ses bras pour la stabiliser. « Je suis désolé. Est-ce que vous allez bien ? »
« Quoi ? Oui, » marmonna-t-elle, le fixant un instant. « Je, euh... il, euh... » Elle leva des mains tremblantes au niveau des épaules pour montrer la chambre qu'elle venait de quitter. Il regarda par-dessus son épaule et vit le drap tiré sur le lit, la silhouette reconnaissable d'un corps dessinée par le contre-jour.
« Je suis désolé, » dit Daniel, faisant une pause pour froncer les sourcils. Habituellement, Janet n'était pas à ce point bouleversée en perdant simplement un patient, mais elle avait été très occupée dernièrement, et il savait qu'elle avait eu le temps de faire la connaissance de la plupart des réfugiés.
« Ca arrive, » dit-elle, distraitement. « Vous avez fini ? »
« Oui, » dit-il. « Je pense que je sais d'où vient le goa'uld qui est en Jack. »
« Vraiment ? » demanda-t-elle, soudain intéressée.
Daniel hocha la tête. « Oui. Le mari de Talia. Je pense que quand il a été tué, le goa'uld est entré en Jack. »
« C'est très possible, » dit-elle. « Cependant, je ne comprends pas en quoi savoir d'où vient le goa'uld va nous aider à trouver le Colonel O'Neill. »
« Hmm, eh bien, ça n'aide pas, pas vraiment, » dit-il. « Mais, vous savez, ça veut probablement dire que le goa'uld de Jack était le seul, » dit-il.
« C'est vrai, probablement, » acquiesça-t-elle. « Venez, allons manger quelque chose, » suggéra-t-elle.
« Humm... et pour... » Il fit signe du doigt par-dessus son épaule, en direction de la chambre.
Elle tourna la tête et regarda dans la pièce et haussa les épaules. « Il n'y a rien de plus que je puisse faire pour lui, » dit-elle.
Elle le tira dans le couloir et il se mit à marcher avec elle, la laissant le précéder vers la cafétéria.
Ni l'un ni l'autre ne remarqua la grande silhouette qui se glissa dans la chambre, émergeant juste quelques secondes plus tard.
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Sara jeta un coup d'oeil par la porte d'entrée, fronçant les sourcils à la vue de la berline bleu marine garée un peu plus haut dans la rue. « Les gars, il vous faut un hobby, » soupira-t-elle. Elle ne savait pas encore combien de tout cela elle pourrait supporter. Ils étaient restés là toute la journée et toute la nuit depuis deux semaines.
Peut-être qu'elle avait fait une erreur quand elle avait quitté la montagne, mais elle n'avait pas pu encaisser davantage. Le Général Hammond n'avait pas été très content, préférant ouvertement qu'elle et les enfants restent à Cheyenne Mountain jusqu'à ce que Jack soit trouvé. Mais elle avait réussi à le convaincre. Cassie n'avait pas aimé cela. Elle avait clairement fait savoir qu'elle préférait rester dans la montagne. Et ils y étaient restés une nuit, puis Sara l'avait convaincue de rentrer à la maison, utilisant les hommes qui étaient de surveillance pour la rassurer. Sara savait que pour rien au monde Jack ne ferait du mal à aucun d'entre eux, mais c'était une leçon que Cassie devait encore apprendre.
« Maman ? » Charlie s'arrêta à ses côtés. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Rien, » dit-elle, forçant un sourire sur son visage.
« Ils sont toujours là ? » demanda-t-il.
« Oui, » répondit-elle, maudissant le côté observateur de son fils. « Le Général Hammond est simplement prudent, » dit-elle.
« Ils pensent que papa va venir ici. »
« Oui, » confirma-t-elle.
« Ils sont stupides. »
« Charlie. »
« Maman, c'est vrai, » insista-t-il. « Papa n'est pas assez stupide pour revenir ici. Il doit savoir que c'est le premier endroit qu'ils chercheront, » dit-il, sûr de sa logique d'enfant. « Il ne reviendra pas ici tant qu'il n'ira pas mieux. »
Sara sourit, réconfortée par la confiance inébranlable de son fils en son père. Elle ébouriffa ses cheveux. « Que dirais-tu qu'on emmène Cassie au parc ? » suggéra-t-elle.
« Elle ne voudra pas, » dit-il, la suivant vers l'escalier.
« Je sais, » répondit Sara en montant l'escalier. Elle avança jusqu'à la chambre de Cassie et frappa à la porte, l'ouvrant après un instant. Cassie était assise sur son lit, un livre ouvert sur ses genoux. Elle avait été silencieuse pendant ces deux semaines, passant la plupart de son temps dans sa chambre. « Coucou. » Sara s'avança pour s'asseoir à côté de Cassie sur le lit. « Nous allions sortir et jouer, tu veux venir ? » demanda-t-elle, gardant sa voix enjouée. Cassie secoua la tête. « Ce sera amusant, » insista Sara.
« Je ne veux pas y aller, » dit Cassie.
« Viens, » plaida Charlie.
« Je ne veux pas y aller, » répéta Cassie, haussant la voix.
« Cass... » La sonnette de la porte d'entrée retentit, interrompant Sara.
« J'y vais, » dit Charlie, se portant volontaire, sortant en vitesse de la chambre.
Sara le laissa aller, se fiant aux gardes à l'extérieur pour qu'ils ne laissent personne sonner à la porte si elle représentait un danger. « Cassie, tu ne peux pas rester ici pour toujours, » dit-elle d'une voix douce, caressant la jeune fille. « Jack ne te fera pas de mal, je te promets, » dit-elle.
« Il a dit qu'il le ferait, » murmura-t-elle.
« Il avait tort, » insista Sara.
« Maman, regarde qui est là, » dit Charlie, précédant Frank Cromwell dans la chambre.
« Frank. » Sara serra Cassie d'un air rassurant et se laissa glisser du lit, retouchant maladroitement ses cheveux. « Je ne savais pas que tu venais. »
« Moi non plus, » dit-il en haussant les épaules. « Je passais en voiture et je me suis dit que j'allais dire un petit coucou, » dit-il d'un ton nonchalant.
« Nous allions au parc, » dit Charlie. « Mais Cassie ne veux y aller. »
« Pourquoi ça ? » demanda-t-il, s'approchant du lit de Cassie. Sara recula, sentant que peut-être Frank pourrait donner à sa fille l'assurance qu'elle ne pouvait pas.
Cassie se ratatina légèrement dans le lit, puis leva les yeux sur lui d'un air méfiant. « Je ne veux pas y aller, » dit-elle.
Il haussa les épaules. « D'accord. Est-ce que je t'ai déjà dit comment ton papa et moi on s'est rencontré ? » demanda-t-il, s'asseyant sur le lit. Elle secoua la tête. « C'était il y a presque vingt ans. Nous venions tous les deux de passer lieutenant. Il avait des problèmes avec son combat au corps à corps. Il se faisait chaque fois botter les fesses. Devine qui lui en a appris assez pour passer l'examen ? » demanda-t-il. Elle hésita quelques secondes, puis le montra du doigt. « Ouaip. Et je peux encore lui botter les fesses. Alors, que dirais-tu d'aller au zoo avec nous, et pourquoi pas manger des hot-dogs et de la glace ? » suggéra-t-il, jetant un regard d'excuse à Sara.
« Et si papa vient ? » demanda-t-elle.
« Il ne reviendra pas avant d'aller mieux, » dit Charlie.
Cassie les regarda tous les deux, puis tourna ses yeux sur Sara. « Tout ira bien, » la rassura Sara.
« D'accord, » accepta Cassie. Frank descendit du lit et Cassie le suivit, se baissant pour prendre ses chaussures. « Je veux voir Sam, » dit-elle en mettant ses tennis.
« Le Capitaine Carter, » expliqua Sara, répondant au haussement de sourcils de Frank. « Elle est à l'Hôpital de l'Académie. »
« Ah oui, j'en ai entendu parlé, » dit-il. « Nous pourrons aller la voir si tu penses qu'elle accepte les visites. »
« Je suis sûre que oui, » dit Sara, s'en voulant pour son oubli. Elle aurait dû y penser plus tôt. Cassie adorait le Capitaine et s'il y avait quelqu'un pour qui elle surmonterait sa peur et sortirait de la maison, c'était le Capitaine Carter.
« Ca me semble un bon plan, » dit Frank. « On va au parc s'amuser un peu, manger quelque chose, puis on ira rendre visite à Carter en rentrant. »
Cassie accepta et en quelques minutes, tous les quatre sortaient à l'extérieur, les manteaux à la main. C'était peut-être le printemps dans le Colorado, mais l'air était encore frais. « Merci, » dit Sara en montant à l'avant dans la voiture de Frank. « Ca fera un bien fou de sortir un peu. »
« Je t'ai dit que je serais toujours là, » dit-il doucement, mettant la clé de contact. « Prochain arrêt, le parc, » dit-il, haussant sa voix et regardant par-dessus son épaule. « Ceintures de sécurité mises ? »
Obtenant un oui, il s'engagea sur la route et Sara appuya sa tête contre le siège, fermant les yeux. Tout cela était si normal. Et si elle essayait suffisamment fort, elle pourrait prétendre que la personne assise à côté d'elle était son mari et non son meilleur ami.
ooo
Sam zappait les chaînes, luttant contre l'ennui alors que les talk-show défilaient et illuminaient l'écran. Vous penseriez qu'avec toutes les technologies que l'Air Force possédait, ils auraient pu pourvoir leurs hôpitaux du câble.
Elle changea de position, tentant d'alléger la sensation d'engourdissement dans ses fesses. L'infection dans sa jambe s'était fortement aggravée il y a quelques jours. Elle ne réagissait pas aux antibiotiques conventionnels, aussi le Docteur Fraiser avait pensé que ce serait mieux qu'elle soit transférée à l'hôpital pour essayer des antibiotiques par intraveineuse. En plus de cela, ils avaient opéré sa jambe, tentant d'endiguer l'infection à la source.
Le résultat était qu'il était réellement difficile pour elle de se déplacer, devant utiliser des béquilles ou un fauteuil roulant. C'était ce qu'elle détestait le plus : être impuissante et dépendante des autres. Elle refusait de penser à ce qui arriverait si le traitement échouait.
Renonçant à la télé, elle tendit la main pour prendre son mug d'eau, avalant une grande gorgée. Elle avait incroyablement soif, quelque chose à avoir avec les effets secondaires des antibiotiques, ainsi qu'un des symptômes de sa fièvre. L'infection de sa jambe avait commencé à avoir un effet sur le reste de son corps. Non seulement sa jambe lui faisait mal la plupart du temps, mais elle se sentait malade maintenant, presque comme si elle avait toujours le rhume, sans le nez qui coulait.
La porte de sa chambre s'ouvrit et elle gémit, pas du tout d'humeur à recevoir un autre visiteur. Daniel, et même Teal'c, avaient été gentils et fait l'effort de passer au moins une fois par jour. Au début, elle attendait impatiemment leurs visites, écoutant avec enthousiasme les nouvelles et l'occasion d'alléger l'ennui. Mais, comme les jours passaient, elle commençait à vouloir qu'ils ne viennent pas. C'était trop difficile désormais, trop difficile de faire semblant. Trop difficile de sourire aux nouvelles dont elle s'en fichait. Trop difficile d'ignorer la possibilité qui devenait de plus en plus réelle avec chaque jour qui passait : qu'ils ne guériraient pas l'infection et que le seul moyen de sauver sa vie serait de l'amputer de sa jambe.
« J'espère que nous ne vous dérangeons pas, » dit Sara O'Neill, passant la tête par la porte. Cassie la dépassa en courant, et sauta sur le bord du lit de Sam tandis que Charlie entrait plus lentement en boitillant, suivi du Major Cromwell. « Cassie voulait venir vous voir. »
« Euh, non, c'est bien, merci, » dit Sam, surprise.
« Je t'ai apporté ça, » dit Cassie, tendant à Sam un petit bouquet de fleurs sauvages en piteux état.
« Je l'ai aidée à les cueillir, » dit Charlie.
« Elles sont magnifiques, » dit Sam, regardant autour d'elle quelque chose pour les mettre dedans. Cromwell s'avança et se pencha pour récupérer un des gobelets de café de Daniel dans la poubelle. Il lui prit les fleurs et se dirigea vers le lavabo où il rinça le gobelet et le remplit d'eau, plongeant les fleurs dans le vase de fortune.
« Voilà, Capitaine, » dit-il, redonnant les fleurs à Sam.
« Merci, monsieur. »
« Nous sommes allés au parc, » dit Cassie. « Il y avait des balançoires. »
« C'est vrai ? » demanda Sam.
« Elle aime les balançoires, » dit Charlie. « Mais elle n'a pas voulu jouer sur le manège, » se plaignit-il.
« Ca lui donne le vertige, » expliqua Sara. « Comment vous sentez-vous ? » demanda-t-elle.
« Je vais bien, » dit Sam, ne voulant pas entrer dans les détails.
Sara hocha la tête, jetant un oeil à Cromwell comme si pour avoir la confirmation des mots de Sam. « Est-ce que tu pourras venir avec nous la prochaine fois ? » demanda Cassie, ne semblant pas consciente de la tension dans la pièce.
« Cassie, je ne... »
« Bien sûr que oui, » interrompit Sara. « Nous irons même pique-niquer. Le temps s'améliore. »
« Mme O'Neill... »
Le portable de Sara sonna et elle le sortit. « Maman, tu es censée l'éteindre, » dit Charlie. « Le panneau le disait. »
« Allô ? » répondit-elle, ne faisant pas attention à son fils. « Oui. Vous en êtes sûr ? » Sam la regarda, saisissant le ton de sa voix. « Très bien. On arrive tout de suite. » Elle raccrocha, ouvrit sa bouche, puis se reprit en se rendant compte que les enfants étaient dans la chambre. « Frank, je dois aller faire une course, » dit-elle. « Est-ce que tu peux emmener les enfants à la maison ? »
« Sara ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Rien. Je... c'est juste que je dois faire quelque chose, » dit-elle, le regard avec un air désespéré. « C'est important, Frank. »
« Ok, » céda-t-il. « Pas de problème. Où puis-je te déposer ? » demanda-t-il.
« Merde, » marmonna Sara.
« Mme O'Neill ? » demanda Sam, sachant instinctivement ce qu'était le coup de fil. Il devait avoir un rapport avec le Colonel. C'était la seule chose à laquelle elle pouvait penser qui serait à ce point important, mais que malgré tout Cromwell ne pouvait pas être mis au courant.
« Il faudra qu'on aille à la maison et je prendrai ma voiture, » dit Sara.
« Peut-être pas, » dit Sam, décrochant le téléphone. Ses quatre visiteurs la fixèrent pendant la courte conversation. « Le Docteur Fraiser est encore là, » rapporta Sam, raccrochant le téléphone. « Elle peut vous déposer si vous descendez à son bureau maintenant. »
Sara soupira. « Frank ? »
« Vas-y, » dit-il. « Je ramènerai les enfants à la maison et je t'y attendrai. »
« Merci, » dit-elle, saisissant le bras de Frank. « Et merci, » dit-elle à Sam. Elle sortit précipitamment de la chambre, laissant Sam seule avec Cromwell et les enfants.
« Vous savez ce qu'était ce coup de fil, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.
« Je ne peux pas en parler, monsieur, » dit Sam.
Cromwell soupira. « Pourquoi est-ce que cela ne me surprend pas ? » marmonna-t-il. « Très bien, les enfants. Il est l'heure de rentrer, » déclara-t-il.
« Mais je ne veux pas partir, » protesta Cassie.
« Cassie, » dit Sam. « Tu dois faire ce que le Major Cromwell te dit de faire. »
« Mais, Sam... »
« Cassandra. » Sam la regarda dans les yeux. « S'il te plait. » Elle hocha lentement la tête. « Si ta maman dit que c'est d'accord, peut-être que tu pourras revenir un autre jour. »
Charlie s'avança et saisit la main de sa soeur, la tirant doucement du lit. Il la conduisit hors de la pièce et Sam regarda le trio partir. Avec de la chance, son instinct était bon et ils avaient trouvé le Colonel. Elle espérait juste que le goa'uld en lui était parti et pria qu'il n'ait pas fini comme Kowalsky.
ooo
« Est-ce qu'il va bien ? » demanda Sara marchant à grands pas devant le Docteur Fraiser alors qu'elles entraient toutes les deux dans la montagne. Daniel Jackson les attendait, retenant l'ascenseur.
« Physiquement, oui, » dit-il comme les portes se refermaient. Il appuya le bouton pour le niveau vingt-trois tandis que le docteur appuyait sur le vingt-et-un.
« Je dois faire mon rapport, » expliqua-t-elle.
« Physiquement ? » insista Sara.
« Il ne parle pas vraiment, mais apparemment il a vécu dans la campagne ces deux dernières semaines. Il était sale et... » Il s'interrompit quand les portes s'ouvrir, ne voulant pas lui dépeindre son état.
« On se retrouve en bas, » promit Fraiser. Les portes se fermèrent.
« Heureusement, le symbiote en lui semble le protéger de toute infection ou maladie, donc à part être un peu plus maigre, il est plutôt en bonne santé, » poursuivit Daniel.
« Surtout pour un homme avec un alien qui contrôle son corps, » dit-elle d'une voix tendue.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Daniel sortit, indiquant à Sara de le suivre. Il la conduisit dans la salle d'observation, faisant signe vers les grandes baies vitrées. « Le verre est traité, il ne peut pas vous voir, » dit-il. Elle s'avança, posant ses doigts sur la surface lisse.
Jack était en bas, retenu par des liens sur un chariot. Par ordre du Général Hammond, les soldats à l'extérieur avaient laissé Jack pénétrer le périmètre. Il avait réussi à entrer, et avait presque atteint la salle de contrôle. Daniel avait le sentiment que, dès que ce foutoir serait terminé, le Général Hammond allait revoir toute la sécurité de la base.
Il avait presque fallu utiliser la force pour le neutraliser, ou plus précisément, Teal'c et un zat, ainsi que le Sergent Williamson et son pistolet. « Que lui est-il arrivé ? » demanda-t-elle.
« Teal'c l'a zatté, ça n'a pas marché, donc l'un des soldats... »
« Zatter ? »
« Le Zat. C'est une arme non mortelle que nous avons acquise. Eh bien, elle n'est pas totalement non mortelle, le premier tir étourdit, le deuxième tue et le troisième... »
« J'ai saisi l'image, » interrompit-elle. « Quoi d'autre ? »
Ils avaient ôté les vêtements de Jack et il ne portait que le bas de pyjama de l'infirmerie, lequel ne cachait pas le grand bandage blanc sur sa poitrine. « Apparemment les goa'ulds sont résistants aux zats. L'un des soldats a dû lui tirer dessus pour l'empêcher de passer la Porte. Le bon côté de la chose c'est que le goa'uld semble guérir sa blessure. Elle guérira probablement sans même une cicatrice, » dit-il, introduisant une note d'enthousiasme dans sa voix.
« Oh, je me sens tellement mieux, » dit Sara avec esprit. « Qu'allez-vous faire maintenant ? »
Il secoua la tête. « Que... »
« Comment allez-vous ôter cette chose de lui et me rendre mon mari ? » demanda-t-elle.
« Nous, euh, nous ne le savons pas encore. » Alors qu'ils observaient, un autre officier entra dans la salle, renvoyant les infirmières. « C'est le Colonel Makepeace, » présenta Daniel. « Vous savez, nous devrions peut-être... »
« Il va l'interroger ? » demanda Sara.
« Humm, oui. »
« Je reste, » dit-elle.
« Salut, Jack. Tu as vraiment merdé, tu sais. Je veux dire, vraiment, vraiment merdé, » dit Makepeace.
« Vous êtes faible, » dit Jack, tournant lentement la tête comme le colonel tournait autour de lui.
« Et qui est attaché maintenant ? »
« Votre tactique ne marchera pas sur moi, » dit Jack, sa voix étonnamment sûre. « Mon hôte connaît toutes vos tactiques. Je crois savoir qu'il vous en a même enseigné quelques unes. »
« Ca ne marchera pas, hein ? » demanda Makepeace.
« Vous devez me laisser partir. »
« Après tout le mal que nous avons eu pour attraper ta pauvre carcasse ? » dit Makepeace. « Je ne le pense pas. » Il tira un tabouret et s'assit à côté de Jack. « Que diriez-vous de ça, vous quittez Jack et on jettera vos petites fesses à travers la Porte. »
Jack se contenta de jeter à Makepeace un regard froid et tourna sa tête, fixant droit le mur en face. Sara resta là quelques minutes et se retourna.
« Sara ? » demanda Daniel, craignant avoir pris la mauvaise décision en l'amenant ici dans la salle d'observation.
Elle saisit une chaise et la roula près de la vitre, s'asseyant avec un soupir. « Vous feriez mieux de prendre un siège, Daniel. Ca va prendre du temps.
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Le Colonel Robert Makepeace s'assit sur le tabouret, les bras croisé sur son torse. Il fixa Jack, s'efforçant de se rappeler que la personne allongée attachée sur le lit n'était pas son ami et un rival, mais l'incarnation du mal. Ils restèrent ainsi pendant près d'une heure, chacun ignorant silencieusement l'autre. Et la seule chose que Bob regrettait presque, était sa seconde tasse de café de ce matin.
« Laissez-moi partir, » dit finalement Jack. « Laissez-moi passer la Porte des étoiles. Je trouverai un autre hôte et vous renverrai votre ami, » marchanda-t-il.
« Vous pouvez faire ça ? Quitter un hôte sans le tuer ? » demanda Bob, étrangement intrigué. Toute leur connaissance disait 'une fois un hôte, pour toujours un hôte'. Remarquez, aucune de leur connaissance ne venait de ceux qui 'savaient'.
« Oui. C'est possible, mais pas facile. Je pourrais mourir, mais je promets d'essayer. »
« Le Nasyian est mort quand vous l'avez quitté, » dit Bob, suivant son intuition. C'était un pari. Ils n'avaient qu'un soupçon quant à la provenance du serpent en Jack.
« Le Nasyian est mort en premier, » dit Jack, confirmant leur théorie. « C'est pourquoi je l'ai quitté. Il était au-delà de mes capacités naturelles de le guérir. »
« Que faisiez-vous en lui pour commencer ? » demanda Bob. Le comportement de ce goa'uld n'avait pas de sens. Il n'y avait rien qui valait la peine d'être conquis sur Nasyia. Et, jusque là, le serpent n'avait fait aucune demande.
« L'esprit de O'Neill serait intact. Il vous reviendrait tel que vous le connaissiez avant, » dit Jack, ignorant la question de Bob.
« Vous savez que je ne peux pas vous faire confiance. »
« J'aurais pu vous tuer et bien d'autres à n'importe quel moment. La facilité avec laquelle j'ai accédé à cette base est risible. Mon hôte était très surpris. »
Bob ricana. « Vous ne pensez pas que vous y être entré parce que nous vous avons laissé ? Je vous en prie. Jack, Jack, Jack, Jack, Jack. Le BABa de la tactique : pas besoin de courir après le gibier quand il est assez stupide pour venir à toi. » Bob se pencha en avant, posant ses mains de chaque côté du chariot. « Deux esprits ne valent pas mieux qu'un, Jack. Tu es stupide, ainsi que ton serpent. »
« Je n'ai rien fait pour vous blesser. Pourquoi me gardez-vous ici ? »
« Parce que, bien que tu sois un emmerdeur, Jack, tu en sais bien trop sur nous pour que nous te laissions partir. Alors, quelle cellule préfères-tu, celle du niveau 16 ou du niveau 22 ? »
ooo
« Je vous ai dit que ça n'allait pas marcher, » dit Jack. Il sentit monter la colère de Jolinar. Une chose sur laquelle cette créature n'était pas tolérante était qu'on lui dise qu'elle avait eu tort. Si cette fichue créature l'avait écouté, ils ne seraient pas là maintenant. « Laissez-moi lui parler, » demanda Jack.
« Vous... »
« Vous n'avez pas arrêté de me rabâcher que nous étions une équipe. Eh bien, c'est le moment de le prouver, » dit Jack, perdant sa patience. Pendant ces deux semaines, ils avaient fait les choses à la façon de Jolinar, y compris l'idée farfelue du serpent de traverser la Porte et de retourner chez son peuple. « Laissez-moi lui parler, » demanda Jack.
Il sentit la créature s'effacer, toujours pas habitué à la sensation. Jolinar ne lui avait donné le contrôle qu'une poignée de fois, en grande partie en réponse aux accusations de Jack sur le fait que la créature lui mentait. Jack secoua légèrement la tête et prit une profonde respiration, tentant de retrouver son équilibre. « Je dois parler à Teal'c, » dit-il.
« Vous n'êtes pas en position d'émettre des exigences, » dit Makepeace. « Vous voulez parler à Teal'c, vous devez me laisser parler à Jack. »
« Tu es en train, » dit Jack.
« Aahah. »
« Ecoute, idiot de Marines. Sors ta tête de ton cul et amène Teal'c ici, » exigea Jack, perdant le peu de patience qui lui restait. Il n'avait pas le temps pour ça.
Makepeace fut pris par surprise et tendit son cou, levant les yeux vers la salle d'observation. Qui que ce soit qui était là haut, avait dû lui faire signe d'y aller car il descendit du tabouret et dit, « Ne bouge pas de là, » dit-il.
« Très drôle, » marmonna Jack, ses mains tirant sur ses liens.
« Je ne vois en quoi parler au Jaffa aidera notre situation, » dit Jolinar.
« Il est la seule personne, ici, susceptible de croire votre histoire farfelue, » dit Jack. « J'ai essayé de vous le dire, il ne vont pas simplement nous laisser passer la Porte. Il nous faut gagner leur confiance et Teal'c est celui qui nous mettra sur cette voie. »
« J'espère que vous avez raison. »
« Ouais, comme si. Qu'allez-vous me faire si j'ai tort ? » demanda Jack. « Ne pas me parler ? Oh, ça c'est une idée, peut-être que vous pourriez sortir de ma tête et me laisser tranquille, » fulmina-t-il.
A l'intérieur de sa tête, Jack sentit la créature soupirer, ou d'aussi près que cela pouvait ressembler à un soupir et il ferma les yeux. Avec de la chance, Teal'c allait venir. Maintenant, tout ce qu'il avait à faire était de convaincre le Jaffa qu'il était qui et ce qu'il disait être et que le SGC devait non seulement faire confiance à Jack, mais le croire aussi.
ooo
La porte de la salle d'observation s'ouvrit et Sara se retourna, reconnaissant la silhouette corpulente du Général Hammond. « Général. » Elle se leva, se tournant pour lui faire face.
« Mme O'Neill, Docteur Jackson. Comment va-t-il ? » demanda-t-il, s'avança vers eux.
« Vous ne pensez pas que vous y être entré parce que nous vous avons laissé ? Je vous en prie. Jack, Jack, Jack, Jack, Jack. Le BABa de la tactique : pas besoin de courir après le gibier quand il est assez stupide pour venir à toi.» La voix du Colonel Makepeace résonna à travers les haut-parleurs, le ton moqueur de l'homme clairement audible. « Deux esprits ne valent pas mieux qu'un, Jack. Tu es stupide, ainsi que ton serpent. »
« Pas très bien, » dit Sara d'un ton pince-sans-rire.
« Il a la voix d'un goa'uld, » dit Daniel.
« Comment allez-vous ôter cette chose de lui ? » demanda Sara, retournant son regard vers son mari. Elle grimaça au ton de sa voix. Il paraissait si froid, si dur. Sa voix réverbéra légèrement et parut presque mécanique, avec juste assez de ressemblance avec la riche et douce tonalité de la voix de son mari.
« Nous ne le savons pas encore, » reconnut Hammond. « En vérité, Mme O'Neill, notre expérience avec les goa'uld est assez limitée. »
« Limitée ? Que voulez-vous dire par limitée ? »
« Il n'y a eu qu'un autre membre de cette base qui a été pris comme hôte, » dit le Général.
« Et ? » demanda Sara, sa frustration grandissant.
« Il n'a pas survécu, » dit Daniel.
« Etes-vous en train de me dire que c'est comme si mon mari était mort ? » demanda-t-elle.
« Sara. Un goa'uld possède l'esprit et le corps de l'hôte. Il est très possible que le... ce, euh... »
« Mme O'Neill, » interrompit Hammond. « Il est très possible que le corps de votre mari en bas est tout ce qui reste. Son corps vit peut-être, mais son esprit, tout ce qui fait Jack O'Neill ce qu'il est, est parti, » dit Hammond.
« Ecoute, idiot de Marines. Sors ta tête de ton cul et amène Teal'c ici. » La voix de Jack résonna fortement à travers les haut-parleurs, sans aucune résonance des mots précédents. Sara regarda fixement quelques secondes, puis éclata de rire, lui attirant les regards de Daniel et du Général Hammond.
« Mme O'Neill ? » dit Hammond, inquiet. « Est-ce que tout va bien ? »
« C'est mon mari, » dit-elle.
« Sara... »
« Daniel, vous le connaissez. C'est Jack, » insista-t-elle.
Daniel la regarda et haussa les épaules. « Elle a raison, Général. Ca ressemblait à Jack. »
Sara regarda à travers la vitre, voyant le Colonel Makepeace les regarder, cherchant un conseil. « Laissez-le parler à Teal'c, » demanda-t-elle.
« Mme... »
« Général, s'il vous plait. C'était mon mari qui parlait et il veut parler à Teal'c. S'il vous plait, laissez le faire ça. »
Le Général la fixa quelques secondes, puis soupira, hochant la tête à l'homme au-dessous de lui. Makepeace saisit le signal et quitta la pièce, vraisemblablement pour aller chercher Teal'c.
« Et maintenant ? » demanda Daniel.
« Maintenant, nous voyons ce que le Colonel O'Neill dit à Teal'c, » dit Hammond.
Sara l'ignora, reprenant son siège et regardant à travers la vitre. Ils l'avaient, du moins physiquement. Maintenant, tout ce qu'ils devaient faire, c'était de sortir cette chose de sa tête et elle aurait à nouveau son mari.
ooo
Teal'c entra dans la pièce, s'astreignant à prendre un visage impassible. O'Neill était allongé, attaché sur un lit étroit, ses bras et ses jambes retenus par de solides bandes en cuir. Il savait que O'Neill avait été blessé et le bandage blanc propre sur la poitrine de l'homme était un témoignage muet de ce fait. Son ancien chef était un peu plus mince et quelques contusions coloraient sa peau, contusions dont Teal'c ne savait pas s'elles étaient dues à sa capture ou à la période où il était en fuite.
« Vous avez requis ma présence ? » demanda Teal'c, ignorant à la façon dont son symbiote se tortillait en présence du goa'uld.
« Teal'c, vous devez me laisser partir, » dit O'Neill.
« Ils ne vous laisseront pas partir, » dit Teal'c d'une voix calme.
« Teal'c, les Tau'ri sont devenus forts depuis le temps où les Goa'uld étaient ici. Vous savez que les Grands Maîtres ne permettront pas que ceci demeure ainsi. Je peux vous donner des informations qui pourront vous aider à vous défendre contre une attaque. »
« Les Tau'ri sont plus puissants que vous ne le pensez, » dit Teal'c, parlant au goa'uld. « Une attaque Goa'uld de la Terre a déjà été déjouée. Comme vous le savez d'après les souvenirs de votre hôte. »
« Oui, je sais, Teal'c, j'étais là, » dit O'Neill, ressemblant bien plus à son ami qu'à un goa'uld. « Et d'après le serpent dans ma tête, il y a probablement des attaques de plus grandes envergures qui sont en préparation. »
« C'est probablement pour cette raison que vous souhaitez que les Tau'ri vous croient, » dit Teal'c, ne souhaitant pas être pris pour un idiot comme avec Kawalsky.
« J'ai une info pour vous, Teal'c. Tous les Goa'uld ne sont pas pareils. Il y en a quelques uns qui s'opposent aux Grands Maîtres. Ils se nomment les Tok'ra. »
« Tous les Goa'uld recherchent le pouvoir pour eux-mêmes et trahiraient leur propre frère pour l'obtenir, » dit Teal'c.
« Certains recherchent le pouvoir pour un but plus grand. Tous les Goa'uld ne sont pas les ennemis de la Terre. Les Tok'ra sont réels, peu importe ce qu'Apophis vous a dit, » dit calmement O'Neill. Trop calmement. Il n'y avait pas de déclamation, pas de cris, juste l'affirmation d'un fait.
« Je n'en ai pas encore rencontré, » dit Teal'c, refusant de croire les mots de O'Neill. Cela ne pouvait être vrai. Les Tok'ra n'étaient qu'une légende, des histoires racontées pour effrayer les jeunes Jaffa. Ils représentaient des excuses mythiques que les Jaffa utilisaient pour justifier leurs faiblesses et leurs échecs.
« Maintenant, si, » dit O'Neill. « Le nom du Serpent est Jolinar de Malkshur. »
ooo
Hammond regarda le petit groupe rassemblé dans la salle d'observation. « Que vient-il de se passer ? » demanda-t-il.
« Il y a une vieille légende parmi les Jaffa à propos d'un groupe de Goa'uld qui s'opposeraient aux Grands Maîtres. Ce groupe est appelé la Tok'ra. Ce Goa'uld, Jolinar de Malkshur, clame faire partie de ce groupe, » dit Teal'c.
« Pouvez-vous être sûr qu'il est qui il dit être ? » demanda Daniel.
« Non, » dit Teal'c. « Si les Tok'ra étaient facilement identifiables, les Grands Maîtres les auraient écrasés il y a de cela des siècles. »
« La résistance, » s'écria Daniel.
« Comment ? » demanda Sara.
« Tok'ra – contre Ra. La résistance, » expliqua-t-il.
« La Tok'ra est une petite alliance de Goa'uld qui s'oppose aux Grands Maîtres. C'est mon maître Bra'tac qui m'a le premier parlé d'eux. »
« Qu'est-ce que cela veut dire ? » demanda Sara. « Je pensais que vous disiez que c'était un goa'uld qui était dans la tête de Jack. »
« Ca l'est, probablement, » dit Daniel, ignorant son regard perçant. « Physiquement, en tout cas. Il est possible que ces Tok'ra soient simplement... différents d'un point de vue politique.
« Ceci pourrait être à notre avantage, » dit Teal'c.
« Teal'c ? »
« Général Hammond, si le goa'uld qui est à l'intérieur du Colonel O'Neill est effectivement un Tok'ra, il pourrait posséder de grandes connaissances tactiques. Nous pourrions en bénéficier si nous pouvions le persuader de les partager avec nous, » expliqua-t-il.
« Il est aussi possible que ce goa'uld en lui mente, racontant une histoire plausible pour gagner notre confiance, » dit Hammond.
« Ce serait une sacrée histoire, » dit Daniel.
« Jack saurait cela, » dit Sara. « Il sait que vous ne lui ferez pas confiance. »
« C'est vrai, » dit Hammond.
« Je pense que Jolinar dit la vérité, » dit Teal'c.
« Moi aussi, » dit Daniel.
« Eh bien, pas moi, » dit Hammond. « Pas encore. » Il jeta un coup d'oeil à Sara et soupira. « Je suis désolé, Mme O'Neill. Mais le Colonel O'Neill reste où il est pour le moment. » Il se retourna, prêt à sortir de la pièce.
« Général, » dit Sara. Hammond se retourna. « Pourriez-vous au moins... Jack n'aime pas être attaché. Pourriez-vous au moins lui donner des vêtements et le mettre dans une cellule ? » demanda-t-elle.
Hammond la fixa quelques minutes, puis hocha la tête. « Je verrai ce que je peux faire, » promit-il.
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Jack faisait les cents pas dans l'espace restreint de sa cellule, cherchant sans cesse un moyen de sortir. « Je vois qu'une chose est universellement constante, » dit Jolinar.
« Quoi donc ? » demanda Jack, plus pour tuer le temps que par désir d'apprendre quelque chose. Au cours des semaines passées, Jolinar et lui avaient atteint un compromis, d'une certaine façon. Le serpent restait en dehors de ses souvenirs personnels et Jack essayait de faire de même. Il ne pouvait pas dire qu'il aimait bien la créature. Ce foutu truc était entré dans son corps sans son consentement. Cependant, après leur compromis, Jolinar avait respecté sa parole.
« Les cellules de prison sont incroyablement similaires, peu importe la planète. Certaines sont juste plus... avancées que d'autres. Personnellement, j'ai découvert que plus une cellule est technologiquement avancée, plus il est facile de s'en échapper. »
« Alors, quoi, vous avez un moyen de sortir d'ici ? » demanda Jack.
« Au contraire, plus la race est primitive, plus leurs cellules sont robustes, » dit Jolinar d'un ton pince-sans-rire.
« Personne ne vous y a invité, » répliqua Jack, remettant sur la table une longue dispute non réglée. « En fait, je me rappelle très bien vous demander-dire de partir une douzaine de fois. »
« Dix-huit fois, en tout, » corrigea Jolinar. « Et je vous ai promis que je le ferai. Dès que je pourrais retourner à mon peuple et leur transmettre ce que j'ai appris. »
« Ils ne vous-me laisseront pas partir, » dit Jack, soupirant en se passant les doigts dans les cheveux. Jolinar avait accepté de lui laisser le contrôle physique, ce qui confirmait à Jack à quel point le serpent avait travaillé dur pour réparer la blessure par balle. Le serpent était malade, il ne voulait pas entrer dans les détails, mais Jack savait qu'il lui cachait quelque chose. Pas des informations, quelque chose d'autre. C'était comme Carter quand elle avait emmené Cassie dans le bunker, ne voulant pas lui dire ce qu'elle ressentait réellement.
« Il le faudra. »
« Vous ne comprenez pas, » dit Jack. « Nous n'avons pas uniquement affaire avec le SGC. Très bientôt, le NID sera impliqué. »
« NID ? » Jack ferma les yeux, alimentant le symbiote de ses souvenirs de Maybourne et de ses comparses.
Il sentit l'humeur du serpent changer de la confiance en soi à l'inquiétude. « Pourquoi ? »
« Parce que nous avons peur de ce que nous ne comprenons pas, » dit Jack. « C'est pourquoi c'était une mauvaise idée de revenir ici. »
« Pourquoi ne m'avez-vous pas dit cela plus tôt ? »
« Pourquoi ne me disiez-vous pas pourquoi vous étiez si désespérée sur Nasyia ? » demanda Jack.
« C'était une attaque fortuite. »
« Je vous en prie. Les goa'uld n'avaient pas attaqué Nasyia depuis des années. Pourquoi maintenant ? »
« Ca n'a pas d'importance, » dit Jolinar d'un ton sans réplique, déterminée à garder ses secrets.
La porte s'ouvrit et Jack leva les yeux, regardant le Docteur Fraiser entrer dans la pièce, refermant la porte derrière elle. « D'humeur pour une partie de poker, Doc ? »Un frisson lui traversa la colonne vertébrale et Jack fixa la petite femme avancer à grands pas ver lui, le visage froid et fermé.
« Non. » La peur de Jolinar envahit le cerveau de Jack et son coeur se mit à battre à tout rompre.
« Que se passe-t-il ? »
« Je suis désolée, » s'excusa Jolinar. « J'aurais dû considérer la possibilité qu'il ait survécu. »
Jolinar se précipita pour prendre le contrôle, éloignant Jack des barreaux, sa retraite désespérément réduite. « De quoi diable êtes-vous en train de parler ? » demanda Jack.
Fraiser tendit son bras, et enroula ses doigts sur la porte de la cellule, l'ouvrant à la volée. Ses yeux brillèrent sinistrement et elle leva sa main, un étrange anneau portant trois pierres scintillant faiblement dans sa paume. « Kree Shak, Jolinar. Par décret des Grands Maîtres, tu mourras avec déshonneur par le pouvoir de l'Hara'kash, » dit-elle, sa voix résonnant de façon sinistre.
« Doc ? » tenta de dire Jack, sa bouche ne réagissant pas à sa direction. « Entends ceci. Le temps des Grands Maîtres est compté. Dis-leur que je suis morte avec espoir. Ma mort ne fera qu'alimenter le feu qui brûle avec force en chaque Tok'ra, » s'entendit-il dire.
« Ne luttez pas contre moi, » dit Jolinar, repoussant sans ménagement Jack au fond de son esprit. Incapable de bouger, Jack ne put que regarder un faisceau de lumière émaner de l'anneau, transperçant son crâne. La douleur l'envahit comme un raz-de-marée brûlant, l'envoyant s'écraser violemment contre le mur. Il sentit Jolinar crier et la créature se tortiller de douleur, onduler sous sa peau.
Se sentant désincarné, Jack observa Frasier s'avancer vers lui, sa petite silhouette poussant sans peine son corps contre le mur, l'anneau le clouant là.
Il lutta pour respirer, ayant l'impression d'être la corde dans un jeu de tir à la corde. Jolinar poussa, Frasier poussa à son tour et Jack était pris au milieu, son corps subissant le gros de la bataille. Avec un grondement féroce, Frasier plissa les yeux et la force de l'anneau décupla. Jolinar trébucha en arrière, chancelant sous l'attaque incessante. Sentant le contrôle lui retourner, Jack plongea en avant, levant un bras pour écarter Frasier de lui. La femme cria, tombant en arrière.
Son instinct de survie prenant le dessus, Jack plongea sur elle, arrachant l'anneau de ses doigts. Il le fourra sur sa propre main, ne le sentant même pas arracher la chair de ses doigts. Ignorant la douleur atroce dans sa tête, il se concentra, activant l'appareil. Il tenta de faire attention, essayant d'épargner le docteur, mais il savait qu'il la blessait quand même. Il n'avait pas le choix, il devait la stopper, la libérer.
La femme cria, ses mains s'agrippant aux bras de Jack, luttant pour se libérer. Jack sentit sa force faiblir, s'écoulant lentement de lui. Il devait arrêter, pour se sauver. Mais il continua, déterminé à tuer l'Ashrak, déterminé à libérer le docteur, déterminé à ce qu'elle n'ait pas en face d'elle la perspective qu'un éternel emprisonnement.
L'inconscience tournoya autour de lui, le tirant, le raillant, et l'entraînant avec elle. Il lutta contre l'inexorable force pendant encore quelques précieuses secondes avant qu'elle ne le réclame, le tirant sous la surface, le gardant au fond, et l'emprisonnant dans une noirceur impénétrable.
ooo
Le Docteur Warner vérifia les données inscrites sur la feuille, tirant un stylo de sa poche pour écrire quelques notes. « Docteur ? » Il regarda en direction de la voix, son dos se raidissant à la vue du Général Hammond.
« Monsieur ? »
« Repos, » dit l'homme. « Comment vont-ils ? » demanda-t-il.
« Ils sont tous les deux stables, monsieur, » informa Warner. « Le symbiote du Docteur Frasier est mort : il semblerait que l'anneau soit capable de tuer le symbiote en faisant un minimum de dégâts à l'hôte. Son IRM montre quelques irritations sur le cerveau, cependant ce n'est rien de plus grave qu'un traumatisme crânien classique. »
« Et le Colonel O'Neill ? »
« A peu près pareil, monsieur. Cependant, les dégâts sont un peu plus sévères. Apparemment, quand le Docteur l'a attaqué – je veux dire le goa'uld qui était en elle, » corrigea-t-il. « Il essayait d'endommager aussi bien l'hôte que le symbiote. »
« Et les deux symbiotes sont morts ? »
« Oui, monsieur, » répondit Warner. « Nous avons réfléchi à une tentative pour les enlever, mais étant donné la façon qu'a le symbiote de s'enrouler autour du système cérébral de l'hôte, nous pensons qu'il serait mieux de laisser leurs corps les absorber. »
« Est-ce que cela est dangereux pour eux ? » demanda Hammond.
« Nous ne le pensons pas, monsieur, » répondit Warner. « A dire la vérité, Général, nous suivons le courant. Etant donné le traumatisme dont ils ont souffert, nous pensons que ce serait peut-être mieux si nos traitements étaient aussi peu invasifs que possibles, » dit-il. « S'il devait y avoir le moindre signe d'infection, je connais un excellent neurochirurgien que nous pourrons faire venir. »
Hammond acquiesça. « Très bien. Tenez-moi informé. »
Le Général quitta la pièce et Warner retourna à ses patients, se positionnant pour pouvoir voir ses deux patients de part et d'autre du rideau les séparant. Ses deux patients étaient inconscients, un état dans lequel ils se trouvaient depuis qu'on les avait transportés à l'infirmerie. D'une certaine façon, il souhaitait qu'ils se réveillent pour pouvoir vérifier qu'ils n'avaient aucune autre blessure que celles qu'il avait découvertes. Mais d'un autre côté, il souhaitait honnêtement qu'ils restent endormis pendant quelque temps. Parce qu'il savait que leur blessures physiques étaient probablement le moindre de leur soucis.
ooo
Jack soupira et laissa tomber son game-boy sur ses genoux. Ennui. Il s'ennuyait vraiment, vraiment, vraiment. Des voix passèrent le rideau et il leva les yeux, espérant et, en même temps, craignant la compagnie.
Les visiteurs allègeraient grandement son ennui. Remarquez, les visiteurs n'étaient pas très drôles quand ils restaient juste là, debout, passant leur poids d'un pied à l'autre, presque aussi mal à l'aise qu'un prêtre dans une orgie.
« Faim ? » demanda Daniel, passant la tête par le rideau.
« Affamé, » dit Jack, se redressant dans le lit. Il ne voyait pas pourquoi il était encore à l'infirmerie. Oui, on lui avait tiré dessus. Et, oui, Fraiser avait fait de son mieux pour frire son cerveau, et, oui, il avait été possédé par un goa'uld. Mais c'était la semaine dernière. La blessure par balle n'était rien de plus qu'un point rouge sur son torse. Le mal de tête était à un niveau supportable et le goa'uld... il ne voulait pas y penser. Il était parti. C'est ce qui importait.
« Je ne savais pas si vous seriez réveillé ou pas et j'ai pensé qu'un sandwich froid se conserverait et... »
« C'est très bien, » interrompit Jack, tendant la main pour prendre le sac. « Dites-moi juste que vous m'avez pris des chips. »
« J'ai même pris des cookies, » dit Daniel en prenant un tabouret.
Jack déroula un des sandwiches, mordant d'un air affamé dans le pain frais rempli de viande et de fromage. « C'est parfait, » dit-il, marmonnant la bouche pleine.
« Je me suis dit que vous en auriez marre de la nourriture du mess, » dit Daniel, mangeant son propre sandwich un peu plus lentement. « Comment allez-vous ? » demanda-t-il.
« Je vais bien, » répondit vivement Jack. Daniel haussa ses sourcils et Jack se rendit compte qu'il avait parlé trop vite. « Daniel, non. »
Daniel haussa les épaules. « Ok. Mais vous savez que Hammond ne vous laissera pas retourner au travail tant que vous n'aurez pas parlé à quelqu'un, » prévint-il.
« Comment va Fraisier ? » demanda Jack, changeant délibérément de sujet.
Daniel soupira et posa son sandwich. « Elle, euh, est ok, » dit-il.
« Ok ? »
« Ca va prendre du temps, » dit Daniel. « Ca, euh... Ca l'a vraiment chamboulée, Jack, » dit-il. « Elle ne mange pas, elle ne dort pas. » Il soupira et se recula, abandonnant son sandwich. « Je ne sais pas quoi faire pour elle. »
Jack posa son propre sandwich, son appétit évanoui. Il n'avait pas de réponse facile pour son ami. Jack ne pouvait pas dire que son temps avec Jolinar avait été une partie de plaisir, parce que c'était tout sauf ça. Cependant, il savait que même si Jolinar et lui avaient réussi à atteindre une sorte de compromis, Fraiser n'avait pas eu ce luxe. L'Ashrak l'avait possédée, prenant la direction de son corps et l'utilisant pendant plus d'une semaine sans que personne ne s'en rende compte.
« Elle s'en sortira, » dit-il. « Elle est comme Carter. Toutes les deux sont foutrement plus fortes que vous ne le pensez. » L'expression de Daniel changea et Jack en eut la chair de poule. « Daniel, qu'est-ce qui ne va pas ? Où est Carter au fait ? »
« Jack, Sam est à l'hôpital. »
« Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Juste avant tout ça, ils ont fait quelques tests, pour tenter de comprendre ce qui n'allait pas avec sa jambe. Rien ne semblait contrecarrer l'infection. »
« Rien ? »
« Janet tentait quelque chose de nouveau, mais maintenant qu'elle... » La voix de Daniel s'estompa, et il passa ses doigts dans les cheveux. « Ils vont amputer sa jambe demain, » dit-il, sa voix tremblante.
« Daniel ? Que diable entendez-vous par amputer ? » demanda Jack. « Elle s'est juste tordu sa cheville. »
« Le chirurgien a peur que plus il attend plus Sam perdra d'os. Il espère que s'il... qu'il pourra peut-être sauver son genou. S'il attend trop longtemps, elle pourrait perdre jusqu'à sa hanche. »
Jack s'effondra contre son oreiller, son sandwich devenu de la pierre dans son estomac. Elle allait perdre sa jambe ? Ce n'était pas juste, c'était... elle allait perdre plus que sa jambe : elle perdrait aussi sa carrière. « Ecoutez, on doit pouvoir faire quelque chose, » dit-il. « Sûrement qu'un de ces trucs que nous avons rapportés... »
« Ils les ont essayés, Jack, » interrompit Daniel. « Il n'y a rien d'autre qu'ils puissent faire. »
Rien d'autre qu'ils puissent faire. Sept petits mots qui étaient le glas pour son amie. Rien d'autre qu'ILS puissent faire. « Daniel, qu'a-t-on fait des affaires que j'avais ? »
« Jack ? »
« Quand ils m'ont pris, qu'a-t-on fait des affaires que j'avais avec moi ? » répéta Jack, se redressant sur le lit.
« Je ne sais pas... »
« Trouvez-les, » ordonna-t-il, repoussant les couvertures sur ses jambes.
« Jack, vous n'êtes pas censé... »
« Bon sang, Daniel ! Nous n'avons pas le temps pour ça. Allez voir Hammond, trouvez les affaires que j'avais avec moi et retrouvez-moi dans les vestiaires. » Jack se leva, s'aidant du lit pour se stabiliser lorsque la tête lui tourna légèrement. « Allez ! » ordonna Jack.
« J'espère que vous savez ce que vous faites, » marmonna Daniel, se mettant sur ses pieds et sortant précipitamment de la pièce, faisant ce que Jack avait demandé, avec de la chance.
Jack le regarda partir et prit une profonde respiration. « Moi aussi, » dit-il doucement en prenant son peignoir. « Moi aussi. »
ooo
Sam était couchée dans le lit, fixant le plafond, étrangement fascinée par les reflets dansants au-dessus d'elle. Les lumières étaient éteintes dans la chambre, uniquement illuminée par la lumière venant du couloir et des reflets du parking à l'extérieur trempé par la pluie.
Elle devrait être endormie, du moins elle savait que c'était ce que le médecin avait espéré quand il lui avait donné le sédatif il y a une heure. « Un petit quelque chose pour vous aider à vous détendre, Capitaine, » avait-il dit, injectant calmement le contenu de la seringue, que le Colonel aurait surnommé le cocktail joyeux, dans sa perfusion.
Mais elle ne voulait pas se détendre. Elle ne pouvait pas. Pas quand elle était à quelques heures d'être emmenée dans un fauteuil roulant à travers les couloirs dans la salle d'opération où ils prendraient un scalpel, une scie et commenceraient à la tailler comme la dinde de Thanksgiving.
Des larmes remplirent ses yeux et elle les laissa tomber, coulant sur ses temps et mouillant ses cheveux. Ca allait arriver. Ils étaient à court d'excuses, d'idées, de temps.
D'après le docteur, elle montrait les premiers symptômes de septicémie, un signe certain que son corps perdait la bataille et que l'infection gagnait.
Sa jambe ou sa vie, avait-il dit, ses manières brusques, aussi déchirantes soient-elles, étaient rassurantes. Au moins il était honnête.
Se sentant totalement étourdie par les médicaments et le dîner qu'elle n'avait pas mangé, elle regarda ses pieds, âprement consciente que ce serait l'une des dernières fois qu'elle le ferait.
Tout cela avait été vain. Ces deux dernières années. Son mariage avec Jonas. Le soutien de Pete. Les faveurs du Général Hammond... tout avait été vain.
ooo
Le coup de feu résonna sur les murs blancs et elle ne détacha pas ses yeux de lui alors qu'il tombait, s'effondrant sur le tapis jaune usé. Ses yeux étaient ouverts, fixant sans voir le plafond tâché. Sa chemise devenait petit à petit rouge, le sang la trempant et teintant le fin tissu en coton d'une teinte écarlate.
Il était mort. La prise de conscience la pénétra, la frappant avec toute la force de la balle qu'elle venait d'envoyer dans la poitrine de Jonas. Mort. Il était mort. Et elle l'avait tué. Oh, mon Dieu, elle... elle l'avait tué. Elle avait tué son mari. Ils viendraient pour elle. Jonas avait des amis. Beaucoup d'amis. Ils seraient en colère et ils viendraient pour elle et l'enfermeraient et... Son coeur se mit à cogner sourdement et sa respiration devint haletante. Elle ne pouvait pas... non, jamais ils ne comprendraient. Ils l'enfermeraient et la fourreraient dans un minuscule trou et oublieraient même jusqu'à son existence.
Une pagaille. Elle avait fait une pagaille de tout. Quelque chose ne tournait pas rond. Rien. Rien ne tournait rond. Elle aussi. Elle... elle baissa les yeux sur le pistolet dans sa main, le canon encore chaud. Pas de zones d'ombre. Ils ne pourraient pas l'enfermer si elle n'était... ce serait tellement facile. Simple et net. Pas d'échec. Personne ne pourrait être en colère contre elle, personne ne pourrait être déçu par elle. Ce serait fini. Tout serait fini. Plus d'hurlements, plus de cris, plus de manipulations. Plus d'échecs.
« Hé, est-ce que vous avez fini avec ça ? » Elle se tourna lentement, plissant les yeux à la vue d'un homme qui se tenait dans l'embrasure de la porte, une main tendue, l'autre tenant un pistolet. « Le mien, euh, ne marche pas très bien en ce moment. Ca vous dérange si je vous empreinte le vôtre ? »
« Que... »
« Je m'appelle Pete, et vous ? » demanda-t-il, s'avançant lentement. « Est-ce que c'est lui qui vous a fait ça ? »
Timidement, sa main gauche se leva sur son visage, passant sur la blessure enflée sur sa pommette. Jonas avait été en colère contre elle, contrarié par ce qu'elle lui avait dit. Elle savait qu'il serait en colère, savait qu'il n'avait pas voulu entendre ce qu'elle avait à dire.
Il se tint devant elle et prit doucement l'arme de sa main. Il la fourra dans sa poche et remit son propre pistolet dans son étui. Plaçant ses mains sur ses épaules, il l'assit doucement sur le canapé. « Est-ce que vous voulez que j'appelle quelqu'un ? » demanda-t-il, s'agenouillant devant elle.
Fixant le corps de Jonas, elle secoua simplement la tête.
ooo
Une silhouette fantomatique entra dans la chambre et Sam leva les yeux, les clignant pour éclaircir sa vision. Il bougeait comme un spectre, silencieux, avec grâce. Elle devrait être inquiète. Elle devrait avoir peur. Elle devrait appeler à l'aide.
Au lieu de cela, elle le fixa simplement, l'étudiant s'avancer vers son lit. Il repoussa les couvertures, découvrant sa jambe bandée. Il sortit de sa poche un objet rond. Il le tint au-dessus de sa jambe et elle haleta lorsqu'il le mit en marche brusquement, une chaude lumière jaune en jaillissant pour baigner sa jambe. Son front se plissa et il ferma les yeux alors que son visage était contorsionné par la concentration. Une vive douleur s'élança dans sa jambe et elle grimaça, ses mains s'enfonçant dans le matelas.
Son autre main jaillit et saisit sa jambe sous le genou pour l'empêcher de l'écarter alors que la lumière s'intensifiait. Sa jambe était chaude, presque trop chaude, puis la douleur cessa, remplacée par une sensation presque plaisante de soulagement.
Il parut se tenir là une éternité, tenant l'étrange lumière au-dessus de sa jambe jusqu'à ce qu'il l'éteigne brusquement. Il s'avachit, ses deux mains tendues pour se retenir au lit. Sa vision aveuglée par le soudain retour à la quasi obscurité, elle put à peine voir son contour comme il s'éloignait du lit, sortant doucement de la chambre.
Sam tenta de se relever et d'attraper l'interrupteur, mais ses bras refusèrent de la supporter. Elle retomba sur les oreillers, l'épuisement l'enveloppant comme une force sirupeuse. Elle lutta pour garder les yeux ouverts, mais échoua lorsque les médicaments prirent finalement le dessus et elle s'endormit.
ooo
Daniel regardait par-dessus son épaule, ne sachant pas vraiment pourquoi l'infirmerie était aussi déserte, mais heureux qu'il n'y ait pas de témoin. « Allez remettre ça en place, » ordonna Jack en s'effondrant sur son lit.
« Jack ? » Son ami paraissait vidé, son visage pâle et tiré. Cela rappela à Daniel comment il avait parut ces premières semaines après son retour de l'Antarctique. « Vous ne paraissez pas en grande forme. »
« Ca ira, » dit-il d'un ton négligent. « Vous devez aller remettre ce truc à sa place. » Jack fit un signe de tête vers l'étrange objet circulaire que Daniel avait retiré des objets confisqués à Jack quand on l'avait arrêté.
« Qu'est-ce que c'est exactement ? » demanda Daniel, le soulevant pour l'étudier de plus près. C'était rond, de la taille de sa paume. La base était une pierre ronde d'une couleur rougeâtre enchâssée dans une armature en or avec deux spirales, créant une sorte de poignée.
« C'est ce que vous cherchiez, » dit Jack.
« Ah bon ? »
« Vous l'avez étudié, essayant de déchiffrer l'écriture au dos. »
« Est-ce que j'ai réussi ? » demanda Daniel d'un ton plein de sous-entendu.
« Non, » déclara Jack. « Vous n'avez aucune idée de ce que c'est, ou comment ça marche. » Jack le fixa du regard, défiant Daniel de corriger ses mots. Daniel songea à le corriger, d'insister pour découvrir ce que diable il s'était passé. Y songea, puis écarta l'idée.
« Très bien », acquiesça-t-il. « Est-ce que vous pensez que je découvrirai un jour ce que c'est ? Je veux dire, ça ressemble à une sorte de Danish, mais... »
« Un de ces jours, vous le découvrirez, » dit Jack, ôtant ses chaussures et se glissant sous les couvertures, allant apparemment dormir avec le pull qu'il avait porté à l'extérieur.
« Au moins j'ai quelque chose à chercher, » dit Daniel avec esprit.
ooo
Jack regarda Daniel quitter la pièce, se détendant inconsciemment quand il fut seul. Il s'allongea sur le lit, tenant distraitement sa main au-dessus de sa tête. Il pouvait encore le sentir, le pouvoir coulant dans ses veines. Il comprenait maintenant. Comprenait l'attrait. Il se rappelait ce qu'il avait ressenti, se rappelait avoir le ruban enroulé autour de sa main. Il pouvait sentir le pouvoir, se rappeler tuer d'une pensée.
C'était enivrant, tonifiant.
C'était la raison pour laquelle ils conquéraient, pour laquelle ils régnaient. Cette fabuleuse sensation de pouvoir.
Il pourrait le refaire. Ce serait tellement facile. Cela ne serait pas aussi bon que ça l'était auparavant, le naquahdah dans son sang lui permettait effectivement d'utiliser aussi bien l'arme de poing que l'appareil de guérison, mais sans un symbiote vivant en lui, son pouvoir et son contrôle serait négligeable.
C'était ce qu'ils trouvaient de si intoxiquant, de si attirant. C'était ainsi qu'ils imitaient les dieux. Ce n'était pas avec leurs costumes ou leur arrogance. Ce n'était pas parce que les autochtones étaient stupides ou aveugles. C'était parce que les goa'uld tenaient littéralement le pouvoir de la vie et de la mort dans la paume de leurs mains.
Il s'était senti bien quand il avait guéri Carter. Il s'était senti puissant, magistral, spécial. C'était une sensation aussi agréable que la première fois qu'il avait sauté d'un avion, que lorsqu'il avait appris que Sara était enceinte. Il ne voulait rien de moins que ressentir à nouveau cela. Et il le voulait si fort qu'il avait dû se forcer pour redonner l'appareil à Daniel et qu'il avait dû se retenir de le reprendre et de le garder.
Jack leva sa main, l'étudiant dans la faible lumière de l'infirmerie. Il avait ce pouvoir en lui. Cela faisait partie de lui maintenant. Jolinar lui avait fait cela, mêlant son sang avec celui de Jack. C'était un changement qui ne diminuerait ni ne partirait jamais.
C'était donc un changement que personne d'autre ne pourrait savoir. Jack n'était pas stupide. Il savait exactement ce qui arriverait si le NID découvrait ces changements. Ce serait à nouveau comme avec les Tollan. Ils l'emmèneraient et l'enfermeraient... pour sa propre protection, bien sûr.
Ils étaient au courant de son nouveau groupe sanguin, il n'y avait aucun moyen de cacher cela. C'est juste qu'ils ne devaient pas tout savoir sur le nouveau Jack O'Neill amélioré. Il avait à présent un nouveau secret. Mais c'était ok. S'il y avait une chose que Jack O'Neill savait faire, c'était de garder un secret.
ooo
Pete gara la voiture devant la porte, ouvrant le coffre. Il sortit de la voiture, laissant tourner le moteur. « J'aurais dû louer un 4x4, » se dit-il en haussant les sourcils au petit chariot de fleurs et de ballons. Sam éclata de rire et se redressa du fauteuil roulant, ignorant la main de l'infirmière. « Je pourrais toujours les éclater, m'assurer qu'il y a plein de place, » menaça-t-il.
« Eclate mes ballons, Shanahan, et tu auras besoin de ses soins à elle, » menaça-t-elle en montant sur le siège passager.
Pete chargea les dernières fleurs sur le siège arrière et remonta dans la voiture. Il lui jeta un coup d'oeil. Elle était un peu pâle, un peu maigre, mais elle était en bonne santé, heureuse et en un seul morceau. « Tu sais, je déteste avoir à te le dire, mais je te l'avais dit, » dit-il.
« Quoi ? » demanda-t-elle en plissant les yeux.
« Je t'avais dit que ta jambe irait bien, » dit-il. « Je savais que tu gagnerais. » Elle eut un petit sourire, soulevant sa jambe gauche pour la masser distraitement. Elle eut une expression étrange, les yeux au loin, une expression qui l'effraya. « Sam ? Tu vas bien ? »
« Oui, » dit-elle doucement. « Je vais bien. Très bien ».
Fin
