Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et cette formidable histoire est le fruit de l'imagination de la talentueuse Tira Nog. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au profil de l'auteur ainsi qu'à l'histoire originale en anglais.

Beta : Julielal pour son merveilleux travail de correction, et Alexiel_v pour la relecture !


Chapitre 3 :

Ses appartements privés étaient merveilleusement dépouillés des décorations typiques de saison. Mais c'était uniquement de cela qu'ils étaient dépourvus. Il se souvint des rares visiteurs qu'il avait reçu dans ses appartements. Ils avaient toujours été surpris de voir que les pièces de Snape ne reflétaient pas l'ascétisme que ses vêtements sombres et son comportement suggéraient. Il supposait que la pièce de séjour, bien éclairée et dont les murs étaient remplis de livres, avec son tapis brun luxuriant, son canapé vert Serpentard en velours, ses fauteuils aux accoudoirs larges, son bureau, sa table et ses chevets en bois d'acajou poli ne correspondait pas aux attentes de la plupart des gens, mais l'hospitalité de Voldemort l'avait convaincu à un âge précoce que le minimalisme pouvait parfois être poussé trop loin.

Le livre qu'il avait commencé dans l'après-midi traitant des usages possibles des racines de la mortelle mandragore dans un sérum de vérité l'occupa le reste de sa soirée.

Des heures plus tard, Snape referma enfin le livre. Quel incroyable gâchis ! Six cent pages de théorie, tout ça pour une préparation qui avait tué ses cobayes. Le fait que la potion les ait forcés à révéler la vérité avant leur mort douloureuse avait en quelque sorte réduit l'inutilité du bouquin, mais un sérum de vérité qui tuait ses cobayes était extrêmement peu pratique. On pouvait tout aussi bien soumettre les pauvres types au Doloris jusqu'à ce qu'ils craquent et vous disent tout ce que vous voulez savoir, pensa Snape tout en se promettant d'avoir une autre discussion avec Blott pour qu'il contrôle les livres qu'il vendait avant de les mettre sur les étagères de son magasin.

Il replaça le bouquin à sa place sur l'étagère consacrée aux livres de théorie. En se souvenant de sa promesse envers Granger, il chercha le traité de Chartier et le déposa sur le bout de la table, ainsi il se souviendrait de l'amener avec lui au petit-déjeuner.

Complètement épuisé, Snape se rafraîchit avant d'aller dormir, entra dans sa chambre et revêtit sa chemise de nuit. Le large lit à baldaquin avec ses tentures vert foncé attirait ses muscles endoloris comme le chant d'une sirène.

D'un mouvement de sa baguette, il éteignit les torches accrochées au mur, son geste muet lui rappela la discussion qu'il avait eue ce soir là, ce qui souleva inévitablement les souvenirs de cette fin de soirée pour le moins déplaisante.

La chose la plus ennuyeuse dans tout ça est qu'il ne pouvait même pas être fâché envers Weasley pour sa réaction. Recevoir ce genre de réponse était après tout précisément ce qu'il avait difficilement mis en œuvre durant toute sa vie. Albus l'avait toujours averti de se méfier de ce qu'il désirait. Ah, ainsi allait la vie.

Prudent comme à son habitude, Snape glissa sa baguette en-dessous de son oreiller, à la place qu'elle occupait chaque nuit depuis que Mr. Ollivander la lui avait remise en main propre.

De retour à l'école, c'était sa méfiance innée qui l'avait poussé à la garder si proche de lui. Les autres élèves du dortoir s'étaient moqués de lui. Même Lucius ne gardait pas sa baguette en dessous de son oreiller. Pendant longtemps, Snape avait presque été gêné de cette précaution.

Ce fut seulement après qu'il eut rejoint Voldemort qu'il réalisa combien il avait été avisé dans son jeune âge. Il ne pouvait pas se rappeler du nombre de victimes que lui et les Mangemorts avaient surpris dans leur lit, dépourvues de leur baguette et qui avaient finies tuées comme de simples Moldus. La guerre avait beau être terminée depuis huit années, Snape était déterminé à ce qu'on ne le surprenne jamais avec le pantalon autour des chevilles.

Contrairement à Potter, il n'excellait pas en magie sans baguette. Et même la légende vivante était meilleure baguette en main que sans. Alors qu'il se glissait dans les couvertures fraîches couleur argent, il se demanda brièvement si Potter dormait toujours avec sa baguette sous l'oreiller également.

Mais pourquoi devait-il encore penser à Potter ? Quinze années plus tôt, il avait envié la célébrité du garçon. Les lèvres de Snape esquissèrent une moue sardonique en se rendant compte de combien il avait mûri au fil des ans. Maintenant, il aurait eu tendance à envier Potter pour sa sociabilité. Il supposait que ça voulait dire quelque chose.

Pathétique, voila ce que c'était, vraiment pathétique.

Et là encore, alors qu'il s'installait dans son lit, Snape ne put s'empêcher de se demander ce que ça pouvait faire d'être Harry Potter, d'avoir été élevé dans un environnement aimant qui promouvait l'amitié et la confiance, plutôt que d'avoir dû endurer une enfance où l'humanité était considérée comme une faiblesse qui devait être amputée. Aurait-il été différent s'il avait eu un ami comme Potter ou même Weasley lorsqu'il était plus jeune ? Ou s'il avait eu ne fut-ce qu'un seul ami ?

Par le ciel, décidément il détestait Noël. Cela changeait même les connards sans cœur comme lui en pleurnichards. Cela suffisait. Tout ce dont il avait besoin était d'une bonne nuit de sommeil. Sans aucun doute, c'était simplement la saison durant laquelle l'absence d'Albus se faisait toujours ressentir le plus, le faisait se sentir tellement insatisfait de sa vie. Demain serait un autre jour.

Lorsqu'il se tourna sur le côté, la main de Snape se glissa sous son oreiller. Avec la présence réconfortante de sa baguette agrippée fermement dans son poing, il chassa tout apitoiement de ses pensées et autorisa le sommeil à prendre possession de son corps fatigué.

Il dériva vers le sommeil et ses inquiétudes disparurent.

A l'extérieur, la nuit hivernale était remplie d'un vent froid et mordant. Sa fraîcheur glaciale envahit doucement les cachots souterrains. Pour une fois, il ne remarqua pas cette sensation pénible.

Bien au chaud dans son rêve, Snape courait dans un champ ensoleillé. Il était pieds nus et sentait l'herbe fraîche et sensuelle qui se glissait entre ses orteils. Il ne put s'empêcher de remarquer que ces derniers avaient l'air particulièrement petits.

Et il y avait quelque chose d'autre d'étrange. Il était en train de rire, affichant une joie et jubilation absolue, et était heureux à un point tel qu'il ne pouvait se rappeler l'avoir été dans sa vraie vie, ou dans la plupart de ses rêves, d'ailleurs.

Il y avait une autre particularité. Ses pieds n'étaient pas les seuls à piétiner l'herbe couverte de rosée, et son rire enfantin n'était pas le seul son à résonner dans le champ ensoleillé.

Avec curiosité, il regarda sur sa gauche, et eut la confirmation qu'il était bien en train de rêver. Comme si une joie telle que celle-là aurait pu le laisser avoir quelques doutes.

A ses côtés courait Harry Potter, ou plutôt sa version enfantine. Un sourire affiché sur le visage, sa cicatrice révélée lorsque sa mèche noire se soulevait sous la brise, son corps fluet flottant dans un short brun et un t-shirt bleu qui était au moins cinq tailles trop large. Le garçon qui avait survécu était en effet un garçon. Potter avait l'air encore plus jeune que lorsque Snape l'avait vu pour la première fois. En regardant Potter, Snape décida qu'il devait avoir à peu près six ou sept ans, peut-être un an plus jeune que le Severus de ses rêves, en se basant sur la différence de taille. Snape était plus grand d'une tête et nettement plus large.

Comme s'il avait perçu son regard, Potter se retourna.

A la surprise de Snape, le sourire s'agrandit.

« Je t'avais dit que je pouvais tenir le rythme. Je le rejoindrai avant toi. »

Potter prit ses jambes à son cou. En regardant dans la direction que son compagnon avait prise, quelque chose de douloureux se serra dans sa poitrine.

Là-bas, à l'autre bout du champ, se tenait dans ses bottes à talons hauts marquées d'une étoile argentée et dans sa robe lilas, Albus Dumbledore, souriant comme un fou.

Snape augmenta la cadence.

Normalement, lorsqu'il faisait ce genre de rêves, Albus disparaissait ou tombait en poussière lorsqu'il s'approchait de lui. Mais cette nuit, son ancien ami resta solide.

Des larmes de joie coulant de ses yeux, Snape percuta le sorcier à longue barbe, s'agrippant à Dumbledore et sentant Potter faire de même à côté de lui.

Albus se pencha et les entraîna dans une embrassade. Snape ne pouvait pas se souvenir de quelqu'un qui l'ait un jour tenu comme ça.

« Severus, Harry ! Comme c'est bon de vous revoir ! »

« Professeur… »

« Albus… »

A en juger par sa voix tremblotante et enfantine, Potter semblait tout aussi bouleversé qu'il l'était.

« Ça fait tellement longtemps, monsieur, tellement longtemps », dit Potter d'une voix râpeuse, faisant écho aux pensées de Snape.

« Allons, allons, mes garçons. Les larmes ne sont pas nécessaires », les réconforta Albus en leur tapotant leurs dos alors qu'ils serraient le vieil homme encore plus fort. Snape pouvait sentir la main moite de Potter sous la sienne, posée sur le dos d'Albus alors qu'ils étaient en train d'essayer de se rapprocher au maximum de lui. Leurs flans étaient collés l'un à l'autre dans leur tentative de se rapprocher le plus possible de Dumbledore. C'était un peu comme s'ils se serraient aussi dans les bras, tout comme avec Albus, mais aucun d'entre eux ne semblait s'en soucier. Ils avaient tout les deux aimé le vieil homme comme un père.

« Vous m'avez rendu fier, à vous voir travailler ensemble comme vous l'avez fait. Vous m'avez rendu tellement heureux », dit Albus. « Mais ça me trouble qu'aucun d'entre vous n'ait trouvé la joie que vous méritiez. »

« Je suis heureux maintenant », dit Potter.

« Ah, je suis ravi de l'entendre, Harry, mais tu sais c'est uniquement un rêve », dit Albus.

« C'est sûr. Je n'ai jamais été aussi heureux quand j'étais petit », Potter fit une fois de plus écho aux sentiments de Severus.

« J'aimerais que ça soit la réalité », chuchota Severus, ne reconnaissant pas cette voix haute et douce comme étant la sienne.

Potter et lui-même levèrent leur tête hors de la douce barbe de Dumbledore à une distance suffisante pour être capable de voir son visage.

« Je suppose que vous le voulez tout les deux. Je suis désolé qu'aucun d'entre vous n'ait eu une enfance aisée. J'ai toujours souhaité pouvoir changer ça pour chacun d'entre vous, mais les circonstances ne le permettaient pas. Comprenez-vous ? »

Le pétillement habituel de Dumbledore semblait estompé, et sa culpabilité était presque palpable.

« Vous ne pouvez pas changer de telles choses, monsieur », dit Potter.

« Non, je suppose que non. Nous pouvons seulement nous conforter dans le présent. J'ai toujours espéré qu'en vous faisant travailler ensemble vous deviendriez amis. Est-ce que ça s'est déjà produit ? », demanda Dumbledore.

Un rapide coup d'œil à chacun et puis Potter, l'éternel Gryffondor répondit, « Non. Il ne m'apprécie toujours pas. »

Ces yeux bleus perçant se posèrent sur lui.

« Est-ce vrai Severus ? », demanda Dumbledore sans rancœur, mais Snape pouvait ressentir le mécontentement silencieux.

« Je ne sais pas comment être amical. Vous le savez mieux que personne, Albus », contesta doucement Snape, son visage était rouge de honte.

Même dans ses rêves, il décevait Albus.

« Au contraire, Severus. J'ai trouvé en toi un camarade des plus loyaux et dévoués. Je suis certain que Harry le verrait aussi, si tu le laissais essayer », conseilla Dumbledore.

« Le laisser essayer ? Je ne sais pas comment… je n'ai jamais appris comment », chuchota-t-il, en souhaitant que cet homme n'appelle pas l'honnêteté tout droit de son âme. « Vous ne vous êtes jamais soucié du fait que je ne savais pas être agréable. Tous les autres le font. »

« Ah oui. Je suppose que ça pourrait être un obstacle. Et s'il t'était donné l'opportunité d'apprendre ces choses dont tu penses ne pas avoir pu bénéficier dans ton éducation -- le ferais-tu ? », questionna Albus alors que les rayons du soleil se reflétaient sur sa barbe argentée et sur ses lunettes en demi-lune.

Cloué sur place par ces yeux, Snape acquiesça lentement.

« Si je le pouvais. »

« Et tu l'aiderais, Harry ? », demanda Dumbledore.

Potter croisa le regard de Dumbledore et puis jeta un coup d'œil à Snape avant de prononcer une seule syllabe, « Oui ».

« Parce que Albus te l'a demandé ? », répondit Snape d'un ton mordant, détestant l'idée même d'être pris en pitié. Il préférait rester malheureux que d'avoir Potter qui tentait de devenir son ami par sens du devoir envers Dumbledore.

« Non, parce que j'ai envie d'être ton ami », répondit Potter, son regard et sa voix ferme, même si le ton de cette dernière était plus haut que celui auquel Snape était habitué à entendre.

« Pourquoi ? », demanda Snape avec autant de suspicion que de perplexité.

« Parce que lorsque tu n'es pas trop cruel, tu me fais rire. J'aime ton sens de l'humour, et ton intelligence impitoyable… et combien tu peux être têtu. J'apprécie aussi le fait que tu ne m'aies jamais laissé mourir durant la guerre, même si je le méritais probablement », répondit Potter, ses yeux vert clair fixant directement ceux de Snape.

Ce dernier déglutit difficilement. Il reconnaissait la vérité lorsqu'il l'entendait.

Retrouvant sa voix, il testa la véracité de ces affirmations.

« Si tu interrogeais les autres, tu te rendrais compte que la plupart me jugent dépourvu du moindre sens de l'humour. »

« Seulement ceux qui ne te connaissent pas », répondit Potter. « Même Ron rit lorsque tu deviens sarcastique de ces temps-ci. »

« Ah, c'est tout à fait mon but dans la vie -- être une source d'amusement pour un Weasley », grogna Snape.

« Ce genre de commentaire ne va pas t'aider dans ta quête, Severus », fit remarquer gentiment Albus.

« Et être un bouffon pour des incompétents mentaux, ça l'est ? Je -- je ne sais pas si je veux être quelqu'un que les simples d'esprit qualifieraient de… gentil », avertit Snape.

Son dégoût devait s'être perçu car Potter souriait. Pour une fois, il ne prenait pas mal le fait qu'il ait insulté son ami.

« Je ne pense pas que quelqu'un voudrait te faire faire quelque chose d'aussi radical. »

« Alors qu'est-ce qu'il exigerait ? »

Snape se sentait de nouveau perdu. Clairement, il n'avait aucune idée de la nature du problème, mis à part son manque de bonne volonté.

« Peut-être que tu pourrais retirer quelques-uns de tes panneaux d'entrée interdite et laisser un ou deux d'entre nous se rapprocher de toi ? », suggéra Potter.

« Je… »

Sa ligne de conduite de Je ne sais pas comment faire, était maintenant un peu répétitive, pensa-t-il.

« Bien, Severus, que vas-tu faire ? Me laisseras-tu t'aider ? », demanda Dumbledore.

Snape acquiesça nerveusement. Il avait fait face à la colère de Voldemort avec moins d'appréhension.

« Très bien, alors. Je vais te donner l'occasion d'apprendre, Severus. Fais-en bon usage. Mais pour l'instant, allons à la chasse aux papillons, qu'est-ce que vous en dites ? »

Dumbledore les serra brièvement avant de les relâcher. Il se leva, fit un signe de la main autour d'eux et des filets à papillons apparurent instantanément. Après avoir tendu un filet à chacun des deux jeunes garçons qui affichaient un air surpris, Albus Dumbledore sourit et se mit à la chasse d'un papillon ressemblant à une feuille de choux qui virevoltait à peu près dix mètres plus loin.

Pendant un instant, Potter et Snape se regardèrent l'un l'autre, de leur regard d'adulte, alors que leur directeur courait à la suite de l'insecte qui batifolait. L'absurdité de la scène se reflétait sans aucun doute sur leurs deux visages.

« Je n'ai jamais été à la chasse aux papillons de ma vie », admit avec soin Snape, fixant le filet qu'il tenait dans sa main, n'ayant aucune idée de ce qu'il devait faire avec la chose. « Et toi ? »

« Non, mais ça à l'air amusant », répondit Potter, en donnant un coup expérimental à son propre filet, comme un premier année qui essaye une baguette magique.

« Cela m'a toujours semblé être une chasse sans aucun but lorsque je regardais les autres garçons le faire quand j'étais plus jeune. A moins d'utiliser le papillon dans une potion, en capturer me semblait une perte de temps et d'énergie incroyable », admit Snape.

« Une chose ne doit pas forcément avoir de sens pour que ça soit drôle », dit Potter. « Quelques-unes des choses les plus agréables sont en fait plutôt ridicules. »

« Mais… »

« Il n'y a personne pour nous voir », Potter sembla percevoir la véritable source de son hésitation. « Et je ne le dirai jamais. Je le promets. Je pensais ce que j'ai dit. Je t'aiderai de n'importe quelle façon possible. »

« Et comment chasser des papillons pourra précisément m'aider à apprendre à devenir amical ? », questionna Snape sceptiquement, cette demande montrait simplement son côté cynique.

Quand il vit Albus qui courait toujours dans le champ, il mourait d'envie de le rejoindre, peu importe si sa poursuite semblait idiote.

Snape se raidit lorsque Potter toucha son épaule et la serra légèrement.

« Je n'en n'ai pas la moindre idée. Viens. Essaye et ne te pose pas des questions sans arrêt, d'accord ? »

Et puis Potter se tourna et courut rejoindre Dumbledore.

Snape resta là debout pendant un long moment, se sentant à l'écart. Ce n'était pas lui. Il ne pouvait pas gâcher son temps pour ces bêtises. Il devrait….

« Severus, dépêche-toi ! Tous les papillons intéressants seront partis sinon ! », lui cria Albus.

Ce qu'il devrait faire s'évapora de son esprit. Il avait une chance de passer du temps avec son seul ami. En quoi ce qu'il était en train de faire pouvait importer ? Après huit années, c'était si bon de se retrouver à nouveau simplement avec Albus. Et, aller à la chasse aux papillons était certainement moins dangereux que tout ce qu'il avait pu faire sous les ordres de cet homme.

Sentant sa propre bouche se courber en un sourire hésitant et peu familier, Snape donna à son filet un petit coup et se lança à la poursuite de ses deux compagnons.

La chasse aux papillons pouvait être en effet une poursuite dépourvue de sens, mais alors que Snape et Potter suivaient la piste de leur directeur farfelu à travers le champ parsemé de fleurs sauvages, Snape commença à comprendre que Potter avait raison. Être heureux ne devait pas forcément avoir de sens. Cela devait juste se ressentir. Et il avait ressenti tellement peu de choses dans sa vie.

Souhaitant désespérément avoir plus de temps que l'instant d'un rêve pour apprendre ces choses que son enfance ne lui avait jamais apprise, Snape s'investit corps et âme dans cette chasse aux papillons.

-

à suivre

-