Titre : Dessine moi l'amour
Genre : Yaoi/romance, UA, POV Sasuke
Rating : M – Scène de viol dans ce chapitre ! Âmes sensibles passez votre chemin !
Couples : Principalement NaruSasu (peut être GaaraSasu plus tard. Je me tâte encore)
Disclaimer : Les personnages ne sont toujours pas à moi. (naaaaaan ! je veux un beau blond dans mon lit moi ! )
Note : Je sais qu'un grand nombre de lectrices ici veulent me tuer pour ce retard démesuré. Je pense que des excuses ne serviraient à rien alors à la place je vous offre le chapitre suivant.
Étant donné que les cours de mon second semestre sont encore pire que le premier, je ne posterais un nouveau chapitre que tous les quinze jours pour être sûre d'avoir fini dans les temps chaque chapitre, et ne pas abandonner sous le désespoir.
Encore pardon !
Chapitre III – Ce que j'ai refusé de me rappeler
Cette histoire remonte à l'époque du collège, il y a maintenant presque deux ans, lorsque j'étais en classe de troisième. A l'époque je n'étais qu'un garçon plutôt hautain et désintéressé de tout. J'étais le meilleur, et je le savais parfaitement. Mes camarades de classe étaient des idiots finis et c'est pour ça que je ne voulais pas m'en faire des amis. J'en étais même désagréable avec tout le monde. Pourtant, les filles de mon collège en avaient décidé autrement et malgré mon sale caractère, elles s'obstinaient à me coller. Elles avaient carrément monté un fan club sois disant pour vénérer ma beauté. Oui, ma beauté, voilà la seule chose qui les intéressaient. Bien évidemment, elles ne se focalisaient plus que sur moi, et se détournaient ainsi des autres garçons qui finirent par me détester au plus haut point.
J'étais donc vraiment seul, haï par les garçons, et pourchassé par les filles. Et cela durait depuis mon entrée en sixième. La vie était morose et fatigante. Mais par chance, j'arrivais à vivre sans trop être embêté. Je ne me faisais qu'insulter et menacer par les garçons. Mais tout ça me dépassait. A toutes les pauses, je fuyais les filles et me rendais dans mon petit coin secret que - semble-t-il - seul moi connaissait. Je passais donc mes pauses à dessiner tout ce que je voyais. C'était mon petit moment privilégié, mon secret. Personne, mes parents et mon frère mis à part, ne savait que j'aimais le dessin.
Mais pendant mon année de quatrième, mes parents trouvant que je dessinais trop, décidèrent de m'inscrire au club de course du collège. Ils disaient que le dessin était une activité de filles, et qu'il fallait que je pratique une activité sportive si je ne voulais pas devenir une fille moi aussi. Je commençai donc la course, et je me révélai être un très bon coureur à mon plus grand désespoir. J'étais bien plus rapide que les autres élèves et explosais les records en course chronométrée. Toutes les filles du collèges se mirent rapidement à assister au cours comme spectatrices.
Cette vie insupportable, j'avais appris à la gérer et à vivre avec, sans m'en préoccuper. Tout allait donc à peu près bien. Jusqu'au jour fatidique qui détruisit ma vie. Un jour que je n'oublierais jamais, même si je souhaite le contraire. Le jeudi 13 mars.
C'était une journée ensoleillée et il faisait bon dehors. Ce matin là je me levais sans grande envie,fégnassant un moment au lit avant de finir par me trainer jusqu'à la fenêtre que j'ouvris en grand pour m'y affaler. Le ciel était bleu et dégagé. La lumière du soleil déjà présent de si bon matin m'éblouissait. Elle se reflétait à merveille dans les pétales clairs perlés de la rosée du matin des cerisiers de la maison voisine. Une scène parfaite qui aurait pu être immortalisée sur une toile. Mais un rapide coup d'œil vers mon réveil m'indiqua que je n'en avais pas le temps. Je soupirai en refermant la fenêtre. La nature était bien la seule belle chose de ce monde. Originale, surprenante, colorée, éphémère et éternelle à la fois.
Je refermai la fenêtre et m'habillai rapidement de mon uniforme réglementaire, simple chemise blanche, pantalon droit kaki avec une veste et une cravate assorties. Je ne supportais pas les uniformes. C'était monotone, banal, cela me donnait l'impression d'être identique aux autres élèves, une simple personne parmi tant d'autres, destiné à une vie ennuyeuse. Le Japon et ses normes vestimentaires me dépassaient. Le train-train quotidien de l'élève de classe moyenne promis à un simple poste de salarié dans une entreprise quelconque. Ce que je refusais d'être.
Je voulais simplement vivre de ma passion, voyager et reproduire des paysages impressionnants, aux multitudes de couleurs et de formes. Ces paysages qui vous font verser une larme sous l'effet de leur beauté inimaginable. Mais je ne pouvais qu'en rêver. Mon père était un simple inspecteur de police, ma mère une femme au foyer, et ils devaient déjà payer les études de mon grand frère, qui suivait le chemin de son père dans la police.
Après avoir réajusté mon uniforme, je m'emparai de mon sac de cours et descendis à la cuisine afin de prendre un léger petit déjeuner avant de partir en cours. Je m'installai à table, buvant mon jus d'orange en regardant sans voir la boite de céréales de mon frère Itachi, qui était assis en face de moi. Ma mère faisait tranquillement la vaisselle en chantonnant. A croire que j'étais le seul à être démoralisé ici.
« J'ai toujours été impressionné par ta motivation d'aller en cours mon cher Sasuke. » Me signala mon frère.
« Hm... Comme si j'avais des raisons de vouloir y aller... »
Je finis mon verre d'une traite et me relevai, saluant mon frère et ma mère et sortis de la maison, mon sac sur l'épaule. Le chemin n'était pas long jusqu'à mon collège. Mais chaque matin, je priais pour que le trajet dure plus longtemps. Manque de chance, aujourd'hui encore le trajet m'avait parut court, et j'arrivais déjà aux grilles de mon collège ou étaient attroupés quelques élèves. Je détestais aller en cours. Ou plutôt, j'en avais en quelques sortes un peu peur. La raison à ça...
« Kyaaaah ! Sasuke-kun est arrivé ! »
Je me raidis alors, sur mes gardes. Déjà deux filles se jetèrent sur moi, les autres arrivant non loin. Les première arrivées étaient Sakura Haruno et Ino Yamanaka, deux filles de ma classe, et principales adhérentes de mon « fan club ». J'aurais voulu fuir, mais elles me tenaient fermement chaque bras. C'était le même cinéma chaque matin.
« Sasuke-kun ! Tu as bien dormi ? » Me demanda Sakura dans un cri strident.
« Laisse le Sakura, il ne t'aime pas ! Sasuke-kun, rentrons ensemble ce soir ! » Enchaina Ino.
Je me défis comme je pus de leur étreinte et dus courir comme un abruti pour les fuir. Je ne supportais plus de devoir vivre le même scénario chaque matin. Dans les couloirs, alors que je me rendais simplement à ma salle de classe, de nombreuses filles se retournaient et gloussaient ou rougissaient à mon passage. Les filles étaient vraiment méprisables. Elles ne semblaient s'intéresser qu'au physique, à la beauté. Après tout, les filles aiment les belles choses. J'aurais aimé ne pas naitre avec ce visage qui rendait mon existence invivable.
J'entrai dans la salle de cours et m'installai à ma place. Heureusement le cours n'allait pas tarder à commencer et tout le monde serrait concentré sur le professeur et non moi. Je pourrais enfin respirer et ne plus avoir à subir les regards brûlants des filles et ceux assassins des garçons. Je me sentais vraiment seul. Au final, je n'avais aucun ami pour me soutenir.
Le professeur arriva et la tension se calma enfin. Les élèves se cassaient la tête à résoudre les factorisations que le professeur inscrivait au tableau. Pour ma part, j'avais tout le temps pour gribouiller divers motifs et dessins sur mon cahier. J'avais toujours eu une certaine facilité en cours et étais ainsi le premier de la classe sans ne jamais forcer. Il faut dire qu'il ne fallait pas se creuser la tête pendant des heures pour trouver que 2x²+4x-48=2(x-4)(x+6). Enfin, de mon point de vue. C'était du niveau collège après tout.
Mais les cours avaient tous une fin. Ils étaient eux aussi passés à une vitesse affolante. Alors que tous les élèves bougeaient et commençaient à discuter en sortant leurs boites à bento pour déjeuner, je voulus m'éclipser pour respirer un peu, mais Sakura et Ino m'encerclèrent avant même que je n'ais eu le temps de me lever de ma chaise.
« Sasuke-kun ! » Commença Sakura. « Tu as déjà fait tes inscriptions pour l'an prochain ? Dans quel lycée vas-tu ? »
« Tu as choisi le lycée de secteur n'est ce pas ? » Continua Ino. « J'espère qu'on se retrouvera dans la même classe ! »
Je soupirai et ne préférai pas répondre. J'avais effectivement fait mon choix. J'avais fait une demande dans un lycée privé spécialisé dans l'art et la photographie, qui était situé au Sud du Japon. Celui ci n'était accessible à l'ordinaire qu'aux riches, mais suite à une demande spéciale, j'avais réussi à passer une sorte de test. Si mon niveau était jugé suffisant, j'obtiendrais une bourse assez importante pour payer mes études. J'attendais désormais la réponse, mais ne me faisais pas d'illusions et avais pris mon lycée de secteur en deuxième choix, ainsi que d'autres lycées dans Kyoto assez proches de chez moi. Je n'étais que le fils de prolétaires ayant tout juste les moyens de payer les factures, la nourriture et les études de mon frère. Je ne voulais pas embêter mes parents à me payer une école privée hors de prix. J'avais donc fait la démarche seul, sans mettre qui que ce soit au courant. L'école devait me contacter dans les semaines à venir, juste avant mes examens de fin d'année.
Les deux jeunes filles gloussant encore face à moi, je n'en pouvais plus. Je me levai alors soudainement et attrapai mon sac pour quitter la salle sous les regards intrigués des autres élèves. Je me rendis sur le toit de mon école, seul endroit où je pouvais être seul. Par chance il faisait plutôt bon aujourd'hui et le temps était ensoleillé. Une journée parfaite pour dessiner tranquillement. Je m'assis par terre, contre un mur, sortis mon bloc à dessin et un crayon à papier, puis commençai à dessiner un paysage inventé de toute pièce. Une plaine dont l'herbe se couchait sous le vent, un ruisseau dont l'eau s'écoulant tranquillement reluisait au soleil. Je ne dessinais que des paysages. Je n'avait jamais l'occasion de dessiner des personnes, n'ayant aucun ami, et je ne souhaitais pas révéler ma passion à qui que ce soit dans cette ville. Je restai seul à dessiner jusqu'à la fin de la pause de midi, et rangeai mes affaires lorsque la cloche retentit. C'était l'heure du sport. Trois heures intensives. Je déglutis à cette idée.
Lentement je rentrai à nouveau dans le bâtiment pour le quitter et me diriger d'un pas lent jusqu'au stade du collège. Je n'aimais pas aller en cours de course. Non pas que je détestais la course en elle même, non. La course me permettait de me défouler, et la satisfaction d'être le meilleur était plus que jouissive. Ce que je ne supportais pas, c'était les regards haineux qu'on me lançait de tous les côtés. Après tout, j'avais toute la catégorie masculine du collège à dos.
J'entrai dans le vestiaire par chance encore vide. J'étais le premier. Je me changeai rapidement, m'habillant d'un T-shirt blanc et noir fin, d'un jogging large gris, de chaussures de course blanches, et d'un bracelet éponge noir à mon poignet droit. Je préférai cent fois ces vêtements à mon uniforme. Ils étaient plus confortables et originaux. Je mis mon sac dans le casier et laçai correctement mes chaussures pour sortir des vestiaires et me rendre sur le stade.
Je saluai poliment le professeur de sport qui était déjà présent et qui regardait tranquillement ses listes en attendant les élèves. Puis, je décidai d'entamer un petit tour de terrain afin de m'échauffer un peu. Je me mis à courir, à vitesse raisonnable afin d'échauffer mes muscles, aidé de la douce chaleur du soleil. La journée était vraiment des plus belles. J'achevai mon tour de terrain en voyant les autres élèves s'amasser autour du professeur, et les rejoins.
« Bon, tout le monde est là ? Aujourd'hui je vais vous noter au 300m. Les trois trois élèves qui auront fait les meilleures performances représenteront le collège pour le 300m aux épreuves inter-collège de cette année. Alors j'aimerais que tout le monde se donne à fond. »
Le professeur me lança un sourire qui me rendit mal à l'aise. Et mon mal être s'intensifia lorsque ce fut au tour des autres garçons de me fixer, mais d'un regard noir. Je n'avais aucune envie de participer à ces fichues épreuves inter-collège comme chaque année. D'autant plus que je gagnais à chaque fois. Mais contrairement à chaque équipe ayant un membre victorieux dans chaque épreuve, la mienne se contentait de me mépriser davantage.
Nous allions nous mettre en place pour courir mais des cris retentirent des petits gradins que possédaient le stade. Je regardai pour voir, et failli m'étouffer à cette vue. Mon « fan club », présidé de Sakura et Ino, était dans les gradins, et hurlaient des encouragements en tenant une banderole. Sur cette banderole était écrit « Allez Sasuke, tu es le meilleur ». J'aurais tant aimé aller les tuer de mes mains à cet instant. Mais le professeur me devança. Il leur cria de se taire ou de partir car elles gênaient les coureurs. Par chance elles s'exécutèrent après avoir poussé un dernier cri d'encouragement. Voilà qu'elles me harcelaient même en sport désormais. J'allais finir par me faire déchiqueter par les autres garçons.
Les élèves se mirent en place sur la ligne de départ, tous prêt à s'élancer, dont moi. Le professeur tenait son chronomètre d'une main, et son sifflet de l'autre, juste devant sa bouche. J'étais juste à côté du deuxième meilleur du groupe, Lee Rock. Avant mon entrée dans le club de course, il était réputé pour être l'élève le plus rapide de tous les collèges de la ville. Il me vouait une haine noire depuis le premier jour où je l'avais dépassé. Un coup d'œil dans sa direction me prouva donc qu'il me regardait avec rage.
« Tu ne participeras pas aux épreuves cette année sale Uchiwa. » Me cracha-t-il.
« Hm... On verra... » Déclarai-je d'un ton totalement désintéressé.
Je lui donnais ma place s'il le souhaitait tant. Mais je ne pouvais me résigner à le laisser gagner. Puis comment pourrais-je faire une fleur à ce type et me faire battre par un garçon aux cheveux gras et trop droits, aux sourcils énormes et aux yeux effrayants.
Le coup de sifflet fut donné, et tout le monde s'élança sur la piste. Lee se démarqua rapidement des autres élèves mais je le rattrapai sans trop de difficulté pour finir par le dépasser au bout de 100m. Je l'entendais grogner derrière moi. J'accélérai encore en riant, distançant les premiers d'une bonne vingtaine de mètres
Quelle sensation agréable de courir, cette vitesse enivrante qui vous donne l'impression de voler alors que vous ne sentez plus vos jambe. L'air s'écrasant doucement sur votre visage tel une brise fraiche sous le soleil chaud alors que vos poumons manquent légèrement d'air. Aveuglé par la lumière et la vitesse, tous les autres sens à l'affut. C'était si agréable de courir que j'en oubliais les cris retentissant à nouveau des gradins. L'impression de liberté était magnifique.
Je finis par m'arrêter, presque à regret, lorsque je vis que j'avais dépassé mon professeur. Je revins lentement vers lui, légèrement essoufflé, et me penchai sur le calepin des scores alors que d'autres élèves passèrent la ligne d'arrivée. Je venais d'écraser Lee avec six bonnes secondes d'avance sur lui. J'en souris de satisfaction.
« Bravo Sasuke. » Me lança mon professeur. « Tu as encore battu ton record, tu peux être fier de toi. Essaye de faire encore mieux les prochains tours. »
Tous les élèves ayant passé la ligne d'arrivée, il autorisa une pause de dix minutes avant de reprendre une nouvelle course. Nous courûmes jusqu'à la fin de la séance,et le prof élabora une moyenne des temps pour sélectionner les trois meilleurs, se révélant être Lee, moi même, et Sai, un garçon brun peu bavard et ami de Lee. Épuisés et empestant la sueur, tous les élèves se dirigèrent aux vestiaires. J'y entrai le dernier, me débarrassant enfin des cris des groupies toujours sur les gradins.
Lorsque j'entrai dans les vestiaires, l'ambiance était assez glaciale. Personne ne parlait. Certains se dépêchèrent de se changer pour s'en aller, rendant le silence encore plus pesant. Nous n''étions désormais plus qu'une petite dizaine. Je sortis mon sac de mon casier et retirai mon T-shirt imbibé de sueur pour le poser sur le banc. Je m'apprêtais à fouiller dans mon sac pour enfiler ma chemise, mais Lee se posta devant moi et interrompit mon geste. Il semblait furieux.
« Toi ! » Me cria-t-il en grinçant des dents. « Ça t'amuse de voler les petites amies des autres ? A cause de toi Sakura ne m'accorde plus aucune attention ! Elle ne pense qu'à toi et tes jolies petites fesses ! »
« Eh, tu crois que ça m'amuse d'avoir ces idiotes dans les pattes ? » Répliquai-je. « Tu peux la reprendre, moi j'en veux pas. »
« Oh, arrête un peu de jouer la victime. Tu compte que sur ton visage, si non t'es rien ! »
Je soupirai et me penchai à nouveau sur mon sac pour attraper ma chemise, mais Lee donna un violent coup dedans, le faisant s'écraser au sol,mon calepin à dessin glissant sur le carrelage et s'entrouvrant légèrement. Je n'eus le temps de le ramasser que Lee l'avait déjà dans les mains.
« Oh ! Mais qu'est ce que nous avons là ! Tu dessines Sasuke ? Tu as l'air de bien te débrouiller en plus ! » Lança-t-il sur un ton amusé alors qu'il affichait un sourire en coin assez malsain.
« Rends moi ça. »
Je m'avançai pour reprendre mon bien mais Lee me poussa violemment en arrière, et je me cognai le haut du dos contre le banc. Les autres garçons qui étaient restés se ruèrent sur le calepin pour y jeter un coup d'œil et rirent à l'unisson, menés par Lee lui même.
« Le dessin c'est pour les filles, je savais pas que t'étais une tapette Sasuke ! »
Et devant mes yeux, il déchira sans cérémonie mon calepin, des morceaux de dessins se répandant sur le sol. Je grimaçai de rage et voulus me relever, mais je fus plaqué par Sai et un autre garçon contre le banc alors que Lee s'approchait dangereusement de moi. Je n'arrivais pas à m'extirper de leur poigne. Je sentais le danger arriver et en frissonnai de peur.
« Dis moi Sasuke. T'es une tapette refoulée qui se calme dans les dessins ou tu t'assume complètement comme pédale ? Après tout, on t'a jamais vu sortir avec une seule fille, au contraire tu les repousse. » Déclara-t-il alors qu'il continuait d'avancer, allant jusqu'à saisir mes cheveux pour me tirer la tête en arrière. « T'as un visage bien trop mignon et fin pour être hétéro. Pas vrai les gars ? »
Ceux ci eurent le malheur de répondre positivement, ce qui eut pour effet d'étirer un sourire sur les lèvres de leur chef. Ce dernier me retira alors soudainement mes chaussures et mon jogging, me laissant simplement vêtu de mon boxer. Puis il m'écarta les cuisses. Je rougis violemment sous la honte et la peur.
« Ouah, Sasuke, t'es drôlement souple, et musclé ! Ton secret c'est les parties de jambes en l'air c'est ça ? Tu joue le soumis ? Ça t'aide à faire de plus grandes foulées à la course ? »
« Arrête ça tout de suite et lâche moi ! »
« Quoi, t'es embarrassé ? On a même pas commencé à faire mumuse avec les autres. Faut bien qu'on se venge un peu. »
Je commençai à hurler qu'on me lâche et qu'on me laisse partir mais une chaussette vint s'infiltrer sans délicatesse dans ma bouche pour étouffer mes cris et me faire taire. Je me sentais si inférieur à ce moment là, au milieu de tous ces regards illuminés d'un plaisir sadique.
Rapidement, ce fut au tour de mon boxer de voler, me laissant totalement nu à leur merci. Je repliai les genoux et refermai les cuisses pour cacher ma nudité, mais Lee me les écarta de nouveau, si fort que mes muscles se tirèrent. Je le vis se mettre à genoux entre mes cuisses et défaire la boucle de sa ceinture, devant les rires d'encouragement de ses camarades. Affolé, je gémis alors de toutes mes forces malgré la chaussette dans ma bouche, mais n'y gagnai qu'un violent coup de poing dans le ventre, me tirant une larme et me calmant pour un moment. Le visage crispé, je fermai alors les yeux et détournai le visage. L'inévitable allait se produire, j'allais me faire violer. Je souhaitai de tout mon être que cela passe vite.
Un bruit de fermeture éclair qui s'ouvre, de pantalon qui tombe au sol, des rires sadiques qui résonnent dans le vestiaire. Mon cœur s'affolait. Je ne voulais pas regarder. Je sentis mon bassin se surélever légèrement, et soudain une horrible douleur s'infiltrer dans mon intimité, si bien que mon cri réussit à percer à travers le bâillon de fortune. Il me sembla un instant que la douleur diminua légèrement, qu'elle restait immobile, mais elle reprit de plus belle, se propageant dans tout mon corps. Je le sentais aller et venir en moi, de plus en plus loin et fort. La douleur se multipliait à chaque seconde. Je sentais les larmes ruisseler sans interruption sur ma joue et je hurlais à plein poumons. Ma souffrance était telle que j'avais l'impression de me déchirer de l'intérieur. Je me brisais. Cela me semblait durer une éternité, et même si je perdais peu à peu conscience, que les rires sadiques et moqueurs paraissant plus lointains, la douleur était bien là et me rappelait que j'étais encore en vie. Puis une odeur de sang vint me faire tourner la tête dans le peu de conscience qu'il me restait.
« Putain, Lee arrête toi, il saigne ! » Déclara une voix floue.
« Non, je compte bien terminer ce que j'ai commencé, ça lui servira de leçon ! »
Et il repartit de plus belle, me déchirant toujours plus fort. Il se déchainait sur moi avec une rage que je ne comprenais même plus. Je n'en pouvais plus, je n'avais même plus la force de crier. J'ouvris les yeux pour lancer un regard vide autour de moi. Les autres garçons semblaient bien s'amuser à admirer le spectacle. Puis, un coup d'œil à la porte du vestiaire me fit entrevoir quelque chose qui me pétrifia, me faisant oublier une demi-seconde ma douleur. A la porte d'entrée se tenait notre professeur de sport. Mais il ne semblait pas réagir à la scène. Au contraire, il semblait la regarder avec beaucoup d'attention et... L'apprécier.
Il finit par remarquer mon regard posé sur lui et ses yeux s'écarquillèrent. Je crus le voir reculer mais soudain mon visage fut tiré en face de mon agresseur qui me regardait avec rage et satisfaction. Et je sentis un nouveau poing s'abattre dans mon estomac, me faisant vaciller vers l'avant.
« Eh ! Uchiwa ! On t'entends plus hurler de plaisir ! Tu commence à te lasser ? Attends je vais t'aider. »
Je sentis ses coups de bassins encore plus violents en moi. La douleur me déchira à nouveau et je ne pus retenir plus des cris de souffrance. Au bout de quelques minutes qui m'avaient semblé être des heures, je le sentis jouir en moi et se retirer enfin. Ses complices me lâchèrent pour me laisser m'écrouler sur le sol froid et taché de mon propre sang, sans aucune force.
« T'y es allé un peu fort là Lee... Il n'a même pas bandé une seule fois. »
« Foutaises, de toute façon il l'a bien mérité. Allez, on se casse avant que le prof ne se ramène. »
Je les entendis se rhabiller en riant et bavardant comme si ne rien n'était, et sortir des vestiaires, me laissant seul et pour mort. Au bout d'une dizaine de minutes, je tentai de me relever, m'agrippant au banc, le corps tremblant, recrachant la chaussette qu'ils m'avaient fourré dans la bouche. J'avais encore mal, je le sentais encore en moi. Ça avait été affreux. Je réussis à me hisser sur le banc et m'y asseoir, et je sentis la semence de cet enfoiré couler lentement entre mes cuisses. L'odeur de sperme mêlée à celle du sang me donnait des nausées. Je marchai lentement jusqu'aux toilettes grâce aux dernières forces qui me restaient pour aller vomir mes tripes dans la cuvette, et me saisis de papier toilette pour nettoyer les taches de sang sur le carrelage et sur mon corps.
Je réussis à m'habiller avec bien des difficultés, à récupérer les lambeaux de mon bloc à dessin, et à sortir du vestiaire. En ouvrant la porte, j'y trouvai mon professeur de sport me fixant de ses yeux écarquillés et apeurés. Je me contentai de lui renvoyer un regard haineux et dénué de toute force avant de boitiller hors du stade. La douleur faisait encore rage dans tout mon corps et je réussis à rentrer avec peine chez moi.
Je dus m'agripper à la porte d'entrée pour pouvoir l'ouvrir et trainai des pieds jusqu'aux escaliers. La montée des marches allait être une chose difficile. Je m'apprêtais à monter la première marche lorsque une voix provenant de la cuisine me héla.
« Sasuke, c'est toi ? Tu es rentré ? »
« Oui maman... Je... Je sens la transpiration, je vais aller prendre une douche. »
« Bien, tu viendras mettre la table quand tu auras fait tes devoirs. »
Je ne répondis même pas et montai lentement les marches. Je ne voulais pas que ma mère ou qui que ce soit d'autre n'apprenne ce qui venait de se passer. Je n'allais m'attirer que de nouveaux ennuis et une humiliation totale. Je jetai donc mes affaires en plein milieu de ma chambre et fonçai dans la douche pour me nettoyer, partout où j'avais été touché. J'étais sale, je me sentais si sale... Je venais de perdre ma vertu et mon innocence dans ce vestiaire.
Je m'effondrai en larmes sous l'eau brûlante de la douche. Je ne voulais plus rester dans cette ville un instant de plus. Je voulais quitter cette vie brisée, changer d'horizon, ne plus revoir mon entourage. Ceux qui m'avaient sali, et celles qui avaient causé ma perte. Je n'avais pas ma place dans ce monde, je devais trouver le mien.
Suite à l'incident, je ne voulais plus retourner en cours. Je réussis à sécher plus d'une semaine de cours, prétextant un rhume sérieux. Je dus tout de même retourner au collège pour passer mon brevet, que j'obtins haut la main. Ne manquait plus qu'une lettre d'acceptation de mon école d'art, et je pourrais enfin changer de vie.
Dans le prochain épisode : (j'ai l'impression de présenter une série télé XD)
« J'ai une idée de jeu. » Proposa Neji, attirant l'attention des trois autres.
