Donc nouveau chapitre, et un grand merci à black Salvador pour son gentil message :)

Chapitre 2

Son père….

Qu'est-ce qu'on fait quand le premier contact avec son père se résume à être menacé de mort lors d'un braquage ? Que dit-on dans ce genre de situation ? Existe-t-il un guide ? Des instructions sur ce sujet ?

Elle devait avoir 4 ou 5 ans la première fois qu'elle avait vue une photo de lui.

Pour occuper son après-midi elle était ent rain de fouiller dans les cartons du sous-sol de la maison qu'elle occupait avec sa mère, son beau père et ses demis frères. La fillette avait toujours su que Luíz Martín n'était pas son père, déjà parce qu'ils ne portaient pas le même nom de famille: Il y a quand même une sacrée différence entre 'Martín' et 'De Fonollosa'. Ensuite parce que d'aussi loin qu'elle se souvienne elle l'avait toujours appelé 'monsieur'. Et enfin parce que l'homme ne semblait pas l'apprécier plus que ça. Oh ! Il n'était pas maltraitant, il ne la frappait pas ou quoi que ce soit… mais il l'ignorait la plupart du temps, quoi que ça mère aussi à bien y réfléchir… Mais au moins elle portait son nom : 'Caravella'. Depuis la naissance des jumeaux, Carlos et Antonío, la différence de traitement était flagrante.

Donc pendant que sa mère chouchoutait ses petits frères, Eleonora, elle, s'occupait comme elle pouvait.

Dans le fond d'un vieux carton, parmi des centaines de papiers divers ; administratifs, anciennes factures, magazines, elle trouva une photo qui avait été roulée en boule, elle était sans doute destinée à finir à la poubelle et avait terminé ses jours dans ce vieux carton par accident. En la défroissant doucement la petite fille découvrit alors sa mère dans une longue robe blanche, une robe de marié, en haut des marches en pierre d'une église. Une photo de mariage donc.. Eleonora regarda avec attention le visage de la femme, il était tellement plus jeune, plus souriant, elle avait la même expression que lorsqu'elle s'occupait de Carlos et d'Antonío. De la joie ? Du bonheur ? Quelque chose comme ça non? A ses côtés se trouvait un homme en costume. Un homme que l'enfant n'avait jamais vu. Il était grand, fin, très élégant, bien plus que Mr. Martín, et avait un sourire charmeur aux lèvres. En regardant au dos de la photo, la fille trouva la date de développement : '17/10/99' soit un peu plus d'un an et demi avant sa naissance. Qui était cet homme ? Son père ? ça devait être ça …

Eleonora se souviendra toujours de la gifle monumental qu'elle reçue lorsqu'elle montra la photo à sa mère en lui demandant si l'homme en question était bien son père. Sa mère lui arracha la photo des mains, et tout en la déchirant, elle l'interrogeait sur le lieu ou elle avait trouvé cette photo. La maigre discussion s'arrêta avec sa mère lui disant que oui, il s'agissait bien de son père, un bon à rien, un monstre, une ordure, un salopard et autre adjectifs plus ou moins valorisant, et qu'Eleonora n'avait pas intérêt à lui en reparler un jour sinon elle se prendrait une correction dont elle se souviendrait toute sa vie.

Le soir même, la petite fille alla chercher les morceaux de la photo dans la poubelle et la recolla maladroitement avec du scotch, ne conservant que la partie ou son frère était visible. Cette demi-photo ne la quitta plus jamais.

Berlin avait toujours la main autour de la gorge de la jeune fille en face de lui, Eleonora, et, en la fixant du regard, il fut soudain assaillit par un mauvais pressentiment…. Quelque chose clochait.

La journée avait pourtant si bien commencé…

Toute l'opération se déroulait à merveille. Sans surprise, le plan du Professeur était parfait, l'homme était tellement méticuleux que ça frôlait le ridicule. C'était bien pour ça que Berlin avait accepté de mettre sa vie, ou ce qu'il en restait, entre les mains du Professeur. Ca, et également évité à cet idiot de se faire tuer ou capturer dans le processus. Berlin savait pertinemment que le cerveau de cette affaire était beaucoup trop naif et gentil pour survivre à la prison, ou du moins en sortir indemne. Ce fut Rio qui ramena l'homme à la réalité.

« Qui a choisi ces trucs-là ? » Fit Rio en regardant le masque entre ces mains alors qu'ils étaient en routent pour intercepter le fourgon transportant les rouleaux de papiers à monnaie.

« Quoi? Il te plaise pas ces masques? » Souffla Berlin agacé.

« Ils font pas peur… dans les films les voleurs ont des masques qui font peur ! des zombies des squelettes des têtes de mort, là franchement, c'est … »

Rio fut soudainement coupé dans son élan alors que Berlin le pointait du bout de son arme. L'homme n'en pouvait plus d'entendre les jérémiades de ce gosse… qu'est ce qui avait pris au Professeur d'accepter un ado de 19 ans sur ce casse ? C'était peut-être un génie de l'informatique, potentiellement le meilleur de sa génération, mais ça restait un gamin ! et un gamin n'avait rien à faire dans une telle opération! Berlin avait besoin de professionnels, de personnes avec de l'expérience et du sang froid! Pas de quelqu'un qui risquait de faire foirer le plan à tout instant.

« Avec un flingue à la main, crois moi, même un imbécile fait plus peur qu'un squelette. » Berlin était mortellement sérieux et il pouvait voir la peur dans les yeux de Rio, c'est bien, le gamin n'était pas idiot au moins….

« hey, ça suffit » s'exclama Moscou, Berlin baissa son arme en levant les yeux au ciel, encore un perclus de bon sentiments. Mais au moins, c'était un véritable expert.

« c'est qui le mec avec la moustache ? » aaah… Denver… Encore un gosse qui ne devrait pas être là, mais bon. L'équipe avait terriblement besoin de Moscou, et il ne serait jamais venu sans son fils, et au moins, même s'il ne brillait par son intelligence, il était un peu plus dégourdit que Rio.

« C'est Dali mon fils. C'est un peintre espagnol. Un très grand peintre !»

« Un peintre … »

« Oui »

« Un peintre qui peint ? » Mon dieu… Mais quel idiot, et vu le regard de Rio, Berlin n'était pas le seul à le penser.

« Oui » même Moscou, malgré toute sa bienveillance, semblait un peu désespéré par ce garçon.

« Je vais vous dire ce qui fou la trouille! Les masques de cartoon, ça, ça fou la trouille ! »

Berlin retira son masque en soupirant, comme si le Professeur allait choisir quelque chose d'aussi enfantin. « Les masques de cartoon? » Ne put-il s'empêcher de demander.

« Oui Donald, Pluto, Mickey …. les trucs de gosses »

« Une souris avec des grandes oreilles ça fait peur ? C'est ça que tu dit ? » Rio était tout aussi moqueur qu'incrédule.

« Ouais, c'est ce que je dis le rookie! Tu veux que je t'en colle une ? »

« Hey! » Moscou, encore, essayant de calmer les choses.

« J'ai raison ! Non mais imagine si un mec se pointe avec un flingue et un masque de Mikey mouse sur la tronche, on va le prendre pour un dingue » alors que Denver partait dans une grande tirade, Berlin se frotta les yeux et se pinça le nez , las, ce casse allait être un cauchemar à gérer…. « et se dire 'ça va se finir en carnage' et tu sais pourquoi ? Parce que les armes et les gosses c'est deux choses qui ne vont pas ensemble vrai ou non ? » Denver semblait tellement convaincu.

« Vu comme ça, ça fait plus dangereux, c'est vrai… plus tordu surtout » Moscou… quel bon père de famille pensa Berlin un peu excédé.

« Dans ce cas-là, un masque du Christ, c'est encore mieux, il n'y a pas plus innocent … » Interjecta alors Berlin, il pouvait entendre Nairobi et Tokyo soupirer… ah… au moins un point positif à toute cette histoire.

« Comme on dit : y'a pas pire qu'un Christ avec deux pistolets »

« Si! Un saint avec deux pistolets » Fit Rio.

« C'est quoi la différence ? » Denver était perplexe.

« Un saint, c'est plus innocent que Jésus …. » Commença a expliquer Rio alors que le véhicule s'arrêtait enfin.

Ca y est, ils étaient arrivés à destination ! Tout le monde s'activa pour se mettre en place, bloquer la route et préparer tous le matériel ainsi que s'assurer que toutes les armes, munitions et provisions étaient bien là…. Ils allaient entrer dans cette Fabrique en grande pompe, escorté par la police nationale elle même. Aaaah ce qu'il aimait le côté grandiose de la chose.

Maitriser les chauffeurs et les policiers présent fut presque trop facile, mais sans moyen de communication, et des armes braquées sur eux, ce n'est pas comme s'ils avaient d'autre choix que de coopérer.

Berlin s'occupa du chauffeur du camion. « Tu vas m'ouvrir ton putain de camion ! Allez, magnes-toi, magnes-toi t'entends ! Allez ouvre ! » Fit-il après l'avoir extrait du véhicule, le traînant par le col. L'homme s'exécuta sous le regard satisfait de Berlin.

« On y va remuer vous ! » Cria-t-il au reste de l'équipe et chacun s'attela à sa tâche, charger le camion pour la plus part, tandis que Nairobi s'occupait de leurs premiers otages. Elle avait repéré ceux ayant la carrure la plus proche de celle de ses coéquipiers et le fit se changer dans une combinaison rouge, récupérant leur vêtement avant de les faire monter dans le camion, ligotés et bâillonnés.

Berlin, maintenant habillé en policier marchait le long de la ligne des otages restant. « Vous allez conduire avec un flingue braqué sur les reins. Quand on vous appellera par radio pour savoir si tout est okay, vous leur direz que tout se passe comme sur des roulettes » leur ordonna-t-il.

« Toi, là, tu viens avec moi ! allez avance » Denver jouait au petit dur en attrapant le chauffeur du camion pour le trainer à sa place.

« On est d'accord ? » Insista Berlin, satisfait de la peur qu'il voyait sur le visage des hommes en face de lui, il était temps d'y aller, le chargement était terminé et ils avaient assez perdu de temps comme ça. « Bon aller! En route ! Tu sais ce que tu as à faire » Fit-il au policier qui allait conduire la voiture en tête du cortège. Alors qu'il s'installait dans le siège passager, Nairobi et Tokyo arrivèrent à sa hauteur, au volant d'un très joli coupé rouge.

« Tu perds pas la fille des yeux ! » Ordonna-t-il sèchement à Tokyo. «On a pas le droit à l'erreur, on se comprend? » Assumant un rôle de leadership fort, Tokyo aussi était une enfant, elle avait peut-être 31 ans, mais elle était totalement immature. Berlin comptait vraiment sur le Professeur pour avoir tout pris en compte lors de la création de ce plan.

« Elle a 17 ans. Je devrais pouvoir la gérer. » Lui répondit insolemment Tokyo.

La route vers la Fabrique Nationale de la Monnaie et du timbre ce fit dans un silence de mort, il ne fut interrompu qu'1h30 par la voix grésillant de Tokyo dans son oreillette.

« L'agneau vient juste d'entrer. »

« Parfait…. Berlin, à toi de jouer ! » La voix du Professeur était fébrile. Berlin pouvait presque sentir sa nervosité… s'il en était capable, il se sentirait presque désolé pour lui… Mais soyons honnêtes ? Torturer, très légèrement, psychologiquement était un petit plaisir.

« Maintenant attention, n'oublie pas ce que je t'ai dit » Fit-il au chauffeur, l'arme pointée discrètement sur lui alors qu'ils approchaient de l'entrée de la Fabrique.

« Hey! ça va Javi? Où est Rafita ? » Salua le vigile

« Il a changé d'équipe. »

Le tout se passa sans aucun accro, il félicita son 'chauffeur' sur un ton paternaliste « voilà, c'était très bien… Tranquille, avances… »

« Berlin, première caméra à ta gauche » lui indiqua la voix de Rio, lui donnant le temps de masquer son visage, bon, Berlin le reconnaissait sans peine, il était doué comme gamin.

La suite se passa tout aussi facilement et rapidement… il y avait quelque chose de jouissif a menacer des agents de sécurité, habillé en officier de police. Ils eurent juste quelques soucis avec certains employés de la Fabrique qui cherchèrent à s'échapper, mais qui furent repéré sans peine par Rio à l'aide des caméras de surveillance dont il avait pris le contrôle.

Tous les otages étaient rassemblés dans le hall du bâtiment et Berlin attendit patiemment que Tokyo arrive avec leur petit agneau, leur jocker, qui semblait jouer à un petit jeu de cache-cache avec eux. Un sourire moqueur apparu sur ses lèvres en voyant arriver Alison Parker, complètement échevelée… Il ne fallait pas être devin pour savoir ce que les deux jeunes étaient en train de faire lorsqu'ils ont été interrompus par Tokyo.

Berlin pouvait maintenant passé a sa partie préférée, en bon showman qu'il était, la mise en scène ! Il adorait manipuler les gens, prendre le contrôle de leur esprit, sentir leur peur, sentir qu'il pourrait leur faire faire n'importe quoi, qu'il lui suffisait de dire saute pour que son interlocuteur ne s'exécute.

Tout était calculé, son numéro de charme sur la femme enceinte, les exercices de respiration, c'était tellement facile, tellement naturel pour lui, et cela laissait le temps à Rio et Denver de faire la liste des otages et de récupérer leurs téléphones, il serait trop bête que leur plan échoue pour quelque chose d'aussi dérisoire qu'un portable. Il pouvait entendre Denver faire son numéro de caïd, parfait, ça ne servait qu'a renforcer son image de sauveur et laisser les otages sur leur garde.

Son beau discourt fut malheureusement interrompu par le téléphone de la Fabrique. Tsk, bon, comment s'appelait l'assistante de direction déjà ? Ah oui!

« Mademoiselle Monica Gaztambide s'il vous plaît » énonça-t-il d'une voix claire, impérieuse et vide d'émotions.

« Je voudrais voir Monica Gaztambide, vous voulez bien faire un pas en avant s'il vous plaît ? » La voix, toujours aussi impérieuse était devenue menaçante, il semblerait qu'il n'ait pas encore un contrôle aussi total qu'il le souhaiterait sur l'assemblée.

C'est moi… » Répondit une voix tremblante. Parfait. Il l'amena jusqu'à la réception afin de régler ce léger contre temps.

« Vous répondez au téléphone et vous faites en sorte que le correspondant croit qu'on a fermé pour des problèmes techniques » lui expliqua-t-il calmement, pas la peine de la stresser plus que de raison.

« D'accord »

« Désolé, je suis obligé de vous braqué avec un pistolet, vous le sentez ? » Ajouta-t-il en lui mettant les mains sur l'arme, histoire de lui rappeler de ne pas faire n'importe quoi.

« Oui »

« Bien, allez-y »

« Maison de la Monnaie, bonjour. »

« Pourrais-je parler à Arturo ? »

« Je m'excuse. Je ne peux pas vous passer M. Arturo. Le système est en panne. Je ne peux pas le faire monter. Non, il ne peut pas répondre. Non, ce n'est pas possible. Non… »

« Je ne comprends pas pourquoi. »

« Parce que je ne sais pas. Je ne sais pas où il est. J'ignore s'il est à la fabrique, au musée ou à la cafétéria. Ce n'est pas mon boulot, madame ! » Finit-elle en raccrochant sèchement le téléphone.

« Cette performance mérite un Oscar, Mlle Gaztambide. » Berlin était plus que satisfait, comme un chat qui venait de finir un pot complet de crème… Ou de manger un canari.

Il raccompagna la femme au sein du cercle d'otage et partit à la recherche de ses hommes, il devrait avoir fini tous les préparatifs maintenant. Il trouva les trois jeunes sans trop de difficulté dans la salle des opérations.

« On enfile les gilets et on se prépare à sortir. Dès que vous êtes prêt on déclenche l'alarme. » Leur indiqua-t-il

« Berlin prépare toi à ouvrir les portes » la voix du Professeur résonna alors dans son oreillette, Rio ayant entendu le message du professeur s'empressa de se diriger vers l'entrée du bâtiment, nerveux.

« Otages! Pour votre sécurité, reculer de trois pas en arrière ! » Ordonna-t-il d'une façon presque militaire. « Un peu plus par là… là c'est bien … Vous verrez tout se passera bien » Fit-il, paternaliste. « Approchez encore un peu …. Voilà » qu'il était satisfaisant de les voir aussi obéissants. Il s'avança vers l'entrée pour s'assurer que tout le monde était bien en place, et fit un signe de tête à Rio qui déclencha alors l'alarme et l'ouverture des portes, maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre.

« Deux minutes » Fit le professeur, à l'écoute des fréquences radio de la police

« Deux minutes » Répétât-il pour s'assurer que l'ensemble du groupe avait bien eut l'information, en jetant régulièrement des coup d'œil vers les otages, veillant à ce qu'aucun d'entre eux ne décide de faire quelque chose de stupide.

« Une minute quarante secondes »

« Une minute quaran… » Berlin s'arrêta net, il venait de voir l'un des otages remettre son bandeau. Il allait devoir mater cette rébellion au plus vite, sinon la situation serait intenable lors du siège ! Il s'avança alors vers l'homme en costume, quelqu'un d'important visiblement, le directeur de la Fabrique ?

« Comment tu t'appelles ?»

« Arturo »

« Arturito….. » Fit-il dans un soupir, il allait briser net les velléités de désobéissance de cet homme.

« J'ai rien vu du tout, je vous jure, j'ai rien vu du tout » la voix d'Arturo était complètement paniquée, et un peu geignante, parfait, il fallait qu'il le craigne.

« Regarde moi. »

« Je vous jure, je n'ai rien vu du tout …. »

« Allez Arturo, tu peux me regarder.. »

« Non »

« Regarde moi….. Regarde moi …. hey ça va aller, c'est rien… » Fit-il doucement, paternaliste. Alors qu'il s'apprêtait à définitivement traumatiser l'homme, il y eu un murmure à peine audible, mais qui ne lui échappa pas.

« C'est une mise en scène…. »

Berlin remit le masque sur les yeux d'Arturo et se tourna lentement vers l'origine de la voix, c'était une jeune fille, l'une des lycéennes, elle se tenait juste à côté du directeur, heureusement, sinon Berlin ne l'aurait jamais entendu. La fille ne ressemblait pas à grand chose si vous demandiez son avis à Berlin, grande, fine, des cheveux châtains, un corps plutôt androgyne…. Elle faisait encore juvénile pour une adolescente de 17ans. Berlin lui retira alors son bandeau et se retrouva face à une paire de prunelles noisette derrière de fine lunettes rondes. La jeune fille sembla se figer sur place en découvrant l'homme en face d'elle.

« Tiens, tiens, une petite fouineuse …. » Fit-il en la regardant droit dans les yeux « tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas te mêler de ce qui ne te regarde pas ? » Ce casse allait vraiment être un cauchemar à gérer. Si maintenant des adolescents, autres que Rio, s'en mêlait…. et il n'aimait pas la perspicacité dont faisait preuve cette gamine. Ce n'était pas bon pour eux, il fallait tous les garder dans le flou le plus longtemps possible. La lycéenne, quant à elle, faisait une parfaite imitation d'une statue, raide, immobile, la respiration coupée.

« Comment t'appelles-tu ? » Tant pis, le numéro qu'il avait prévu pour Arturo serait pour cette fille au final. Même s'il n'aimait pas s'en prendre aux enfants, enfant, elle était en terminale, ce n'était presque plus une enfant essaya-t-il de se convaincre?

« Ele…Eleonora » La, terreur était palpable chez elle … non, pas de la terreur… de la panique, mais il y avait quelque chose d'étrange. Quelque chose qui clochait…

« aah… Eleonora, quel joli nom…. » Oui, Berlin avait toujours apprécié ce nom… il retint une grimace en songeant que l'un de ses enfants le portait d'ailleurs, quel age avait cette chose aujourd'hui ? 10ans ? Quelque chose comme ça…. « Dis moi Eleonora, tu sais ce qui arrive aux personnes qui viennent mettre leur nez dans les affaires des autres ? » Continua-t-il en revenant à l'instant présent.

L'adolescente déglutit difficilement, mais resta muette. Berlin l'attrapa doucement par la gorge. « Elles meurent… » Continua-t-il sur le ton de la conversation. « Eleonora, crois moi, toi, tu vas mourir » lui chuchota-t-il le regard froid, son visage à quelques millimètres de celui de l'adolescente en resserrant légèrement sa main pour mettre plus de poids dans sa menace.

Non quelque chose n'allait vraiment pas…. Songea Berlin en continuant à fixer Eleonora, ce n'était pas la terreur qu'il avait l'habitude de voir chez ses otages, quelque chose clochait, comme si la fille l'avait reconnu, non ce vol s'annonçait de plus en plus compliqué.

« Berlin ! Qu'est-ce que tu fou ? » Lui cria Nairobi alors que la voix du Professeur raisonnait dans ses oreilles, « trente secondes » Non, il n'avait pas le temps pour ça ! Après, tout ce n'est pas une gosse qui allait faire foirer le plan, et il en avait déjà bien assez à gérer dans son équipe! Il lui remit son bandeau avant de relayer l'information donnée par le Professeur.

« Trente secondes! »

« Maintenant ! » Cria alors Tokyo en se précipitant vers les escaliers extérieurs

« Tokyo ! Tokyo, Bordel attends ! Tokyo ! » Rio hurla en courant derrière la femme, et se mettant a tirer sur les policiers. Bon sang! C'était pas ça le plan !

C'est à ce moment-là que Rio se prit une balle. « Rio! Rio ! » Cria alors Tokyo avant de devenir folle et de se mettre à littéralement mitrailler les policiers, faites que le Professeur ait prévu un plan B pour redorer leur image !

« Putain de merde ! » S'exclama Denver avant que toute l'équipe ne rejoigne Tokyo et Rio pour les couvrir, le temps que Tokyo puisse traîner le corps du jeune homme à l'intérieur.

« Rio! Rio ! Oh non Rio » Sanglota Tokyo, allongé contre le garçon alors que les porte se refermaient, le mettant dans une situation de relative sécurité, tandis que les hurlement de rage de Denver se faisait entendre. « La première règle! La putain de première règle ! Fait chier bordel ! »

Berlin était bien d'accord… Bande d'amateur. Ils allaient tous les faire tuer.