Titre : L'anneau
Prompts de 31_jours du 10 et 11 avril 2014 (« Perte de contrôle » et « Rentrer dans le rang »)
Personnages: Hilda, Kanon, Albérich
Rating : T
Disclaimer: Masami Kurumada
Nombres de mots : 1301
Résumé: Destins croisés autour d'un anneau.
Saga, tu n'es qu'un sombre crétin, un abruti fini. Si tu savais comme j'ai honte d'être ton frère. Te faire battre par des gamins, bronzes de surcroit ! Tu es vraiment pathétique. Deux fois que tu rates ton coup avec Athéna. Et je fais quoi moi maintenant ? Poséidon va se réveiller pour la combattre, et là c'est fini pour moi. Il va se rendre compte que je ne suis pas le Dragon des Mers.
Putain, Saga tu ne me facilites pas la vie, tu sais. Heureusement que ton petit frère chéri n'a pas oublié d'être stupide, hein.
Je vais me servir de cette gourde d'Asgard. Ses sept guerriers divins sont réputés pour être invincibles. Ils viendront bien à bout de ces petits merdeux, eux.
Et alors, fini Athéna… Poséidon ne se réveillera pas, au moins pas avant deux cents ans, le temps qu'elle se réincarne, et moi je deviendrai le chef du Sanctuaire et du Monde sous marin.
Commandant de la Terre et des Océans. Ca t'en bouche un coin, n'est-ce pas ?!
Bon, où est-ce que j'ai fourré cette bague…
Bien loin des jeux politiques du monde actuel, le peuple d'Asgard vivait reclus, enserré dans ses traditions ancestrales, assumant cependant le rôle qu'il devait assumer pour le Bien de tous les Hommes. Depuis des siècles, par choix et non par crainte, ce peuple courageux s'était soumis à l'autorité du Sanctuaire, voyant dans cette noble institution un allié de choix dans leurs combats pour l'Humanité : assurer la pérennité des calottes glacières et éviter l'immersion de nombreuses terres habitées tout autour du globe.
Hilda, leur digne représentante, priait Odin de tout son cosmos aux reflets de glace pour qu'il accorde ses bienfaits à la Terre. Comme à son habitude, elle se tenait hiératique face aux flots impétueux de l'Océan Arctique, ignorant la morsure du vent vif et piquant Pourtant ce jour-là tout bascula. Une voix venue du fond de l'Océan l'interpella, lui ordonnant de servir un autre maître qu'Odin. Malgré la menace de mille tourments, elle faisait face, inflexible. Sa douceur coutumière ne l'empêchait pas d'avoir une détermination sans faille. Peu importe ce qui arrivait, elle ne trahirait pas son dieu.
Adossé à la muraille de la ville, le regard haineux d'Albérich se posa sur sa souveraine, postée face à l'Océan.
Cette petite pimbêche… Toujours à faire son intéressante sur son oratoire.
Si seulement je pouvais l'amener à faire revenir les armures divines. Il me faut absolument les sept saphirs qu'elles contiennent pour obtenir l'épée de Balmung. Et je pourrai enfin prendre le contrôle de ce bout de caillou, et partir à la conquête du monde avec les plus puissants guerriers de la région.
Mais elle… elle se contente de cette vie misérable, dans le froid et la neige. Et nous ? Nous n'avons pas le droit à notre part de cette Terre ? Et bien moi, je vais prendre ce droit, que tu le veuilles ou non, Hilda de Polaris. Je trouverai le moyen…
Et j'écraserai ce prétentieux de Siegfried par la même occasion.
Mais qu'est ce qu'il se passe ? Les flots se déchainent face à Hilda. Cette voix…Impossible. Je dois aller l'aider…
Non, si elle disparait dans les flots, j'en serais débarrassé. Une bonne fois pour toutes. Les autres devront bien se trouver un nouveau chef. Et vu mes grandes qualités de stratège, ils me choisiront moi. Je n'aurai plus qu'à éliminer ce rebut de Siegfried. Avec ses airs de paon hypocrite, je le déteste.
Ne t'inquiète pas, chère Hilda, ton chevalier servant te rejoindra très vite dans la tombe…
La lame de fond qui avait englouti Hilda quelques instants auparavant, la ramena inconsciente mais vivante sur le rebord de l'oratoire marin. Elle reprit lentement ses esprits, ses yeux papillonnants sous l'effet du choc subi. Mais le sentiment affolant de n'être plus tout à fait la même étreignit son cœur dans un étau de glace. Les instincts les plus bas de son humanité remontaient à la surface de son âme, et même si elle en était consciente et effrayée, une partie d'elle-même s'en réjouissait.
C'est alors qu'elle vit l'anneau à son doigt, magnifique cercle doré méticuleusement ouvragé, et sut que c'était mal de le garder. Pourtant, son esprit avait beau se rebeller contre l'idée, elle ne put s'empêcher de le trouver attirant. Elle n'avait pas envie de l'enlever.
Il était bien à son doigt finalement.
Quelques semaines plus tard...
Ce n'est pas vrai, mais quelle bande d'empotés ! Il ne reste qu'un seul Guerrier Divin et mal en point en plus. Bref, ils ne valent pas mieux que ces idiots du Sanctuaire finalement. Je vais devoir changer de stratégie pour arriver à me débarrasser d'Athéna et de ses chevaliers.
Je vais envoyer ce fouineur de Sorrento, au moins s'il se fait tuer ce ne sera pas une grande perte. Et s'il revient sans avoir vaincu Seiya et ses compagnons, c'est moi qui le tue. Pour l'exemple. Mais qui sait, il arrivera peut être à quelque chose, il vaut quand même mieux que tous ces guignols. Même si je ne l'aime pas, je dois au moins lui accorder cela. Il faut que j'arrive à éliminer Athéna avant que Poséidon ne s'en mêle.
« Sorrento ? Tu as deux minutes? »
Le dernier rempart de la grande prêtresse venait de céder. Siegfried, son plus fervent défenseur, était mort, emportant avec lui l'émissaire de ce nouveau dieu qui souhaitait dominer Asgard domination qui avait pour unique but d'assouvir ses noirs desseins sur le Sanctuaire d'Athéna.
Hilda était maintenant seule devant son bourreau, revêtu des attributs de son dieu tutélaire. Seiya brandissait l'épée de Balmung, arme sacrée du grand Odin en personne. Le dieu nordique avait même permis à ce simple humain de revêtir son armure divine pour amplifier encore un peu plus la puissance de l'arme.
Hilda la sanguinaire était seule, et terrorisée. Cependant, si la part d'elle encore lucide tremblait aussi, c'était surtout de honte devant les méfaits qu'elle avait accomplis. Elle ne redoutait pas la mort comme ultime châtiment, elle l'appelait de toutes ses forces même. Elle acceptait la sentence. Le dieu, empruntant les traits de ce jeune chevalier, mettrait un terme à cette trahison due à la propre faiblesse de sa prêtresse. Un coup, un seul et tout serait fini.
Quelques heures auparavant, dans la forêt sombre...
Impossible…Après toutes mes victoires, je ne peux pas perdre maintenant. Mon plan était parfait. Je n'arrive pas à croire que cet imbécile de Siegfried est encore en vie, lui, alors que moi je meure stupidement. Je ne verrai pas non plus la défaite d'Hilda même si je n'ai aucun doute qu'elle me rejoindra bientôt dans les brumes de Helheim.
Mais pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur le seul chevalier qui connaisse les techniques de ma famille ? Chevaliers d'Athéna, je vous maudis.
Expirant son dernier souffle, Albérich s'écroula, vaincu par le Dragon.
Le coup était tombé, sentence implacable d'un dieu vengeur. L'anneau tranché tomba du doigt d'Hilda, libérant ainsi sa malheureuse porteuse de la sinistre malédiction. Le soulagement se marqua sur son visage adouci par la bonté qu'elle portait naturellement en elle. Néanmoins, la honte de n'avoir pas été en mesure de contrôler ses actes ne la quittait pas. Elle n'avait pas voulu commettre ces actes sanglants, dictés par une force bien supérieure, mais elle s'en sentait coupable. Aussi mit-elle un genou à terre devant la réincarnation d'Athéna qui n'avait pas hésité à prendre sa place, souffrant mille peines pour le Bien de son peuple et de l'Humanité en général.
« Athéna, depuis des siècles, nous sommes alliés au Sanctuaire. Le peuple d'Asgard souhaite renouveler ici le serment d'allégeance fait par mon père il y a vingt ans, lors de sa visite officielle au Sanctuaire.
Et quant à moi, je reprends la place que je n'aurais jamais dû quitter. »
