Bonjour,
Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter une très bonne et heureuse année 2012.
Voici le chapitre, qui j'espère vous plaira.
Je voudrais vous demander de ne pas trop en vouloir à ce pauvre William. Il est certe, frustré, vexé et terriblement en colère mais pas du tout dangereux.
Morrijyg : je te réponds par ici puisque les Mp sont bloqués. Oui la description pour ce début est une de Jackson. Je mets les photos sur mon profil facebook.
Je remerci ma Jess pour toute l'aide et surtout le soutien qu'elle m'apporte ainsi qu'à Spuffy qui traque mes fautes.
Je poste sur mon facebook (adresse dans mon profil) les photos de William, du ranch...
Bonne lecture.
Chapitre 3 : Back home
POV Bella
J'étais installée sur mon siège, les yeux fermés depuis que nous étions montés à bord du Boeing qui nous ramenait vers les Etats-Unis. Le vol qu'Emmett nous avait trouvé était direct mais nous en avions pour douze heures. Je sentais le regard de mon ami posé sur moi mais n'ayant aucune envie de discuter, je faisais semblant de dormir. Notre dernière discussion avait été assez houleuse et je lui en voulais toujours pour les reproches qu'il avait formulés. Après le départ de William et de son escorte, j'avais dû affronter mon ami.
« Peux-tu m'expliquer ce qu'il t'est passé par la tête ? » M'apostropha-t-il en se plaçant devant moi.
« Rien. »
« Bells ! Qu'est-ce qui t'a pris de vouloir rester avec ce mec ? »
« J'avais accepté de parler avec lui. »
« QUOI ? Il te l'a demandé ? Et toi, tu acceptes sans même m'en parler ? »
« Je pouvais bien lui accorder ça » m'énervai-je en haussant la voix.
« Tu n'avais rien à lui accorder. Tu es malade ma pauvre fille. »
Je fusillai Emmett du regard. N'avait-il pas lui-même déclaré qu'il ne m'aurait pas trouvé un mari « dangereux » ? William s'était montré très attentionné, gentil et même tendre durant le moment que nous avions passé ensembles. Mais je devais aussi admettre que son attitude lorsqu'Emmett était arrivé et surtout lorsque j'avais refusé de lui obéir en ne prenant pas l'appel sur mon portable, m'avait effrayé. Il était devenu en une fraction de seconde possessif, brutal et pourtant, au fond de moi, je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'un homme aussi doux puisse être aussi violent. Je restais convaincue qu'il avait réagi ainsi car il s'était senti trahi, bafoué, manipulé par moi. Et au lieu de lui en vouloir, je me sentais coupable. Le regard meurtrier de mon ami me ramena à la conversation et ma colère remonta à la surface.
« Quoi qu'il en soit, tout cela ne te regarde pas. »
« Ca ne me regarde pas ? »
« Non. »
« La prochaine fois, je te laisserai te faire agresser ou mieux violer par le premier venu. »
« Rien de tout cela n'allait arriver, Emmett. Il n'allait rien me faire » criai-je aussi fort que lui.
« C'est ça et moi je suis le père Noel. Je sais ce que j'ai vu. »
« Ah oui ? Et qu'as-tu vu ? A part un type qui venait de se faire avoir en beauté et qui râlait » déblatérai-je d'une traite.
Le regard surpris de mon ami me calma instantanément. Venais-je vraiment de reconnaitre devant lui que j'avais abusé de la confiance de William ? Il semblerait que oui. Vite Bella, une excuse plausible.
« Peux-tu développer s'il te plait ? »
« Heu…et bien c'est que…. »
« Arrête de tourner autour du pot et parle » recommença-t-il à s'énerver.
« Lorsque nous avons discuté à la prison, William avait accepté de m'épouser à la condition que je lui accorde un moment….un moment d'intimité. »
Cette fois-ci, Emmett n'était plus surpris mais affichait une mine choquée. Pourtant pour surprendre mon ami, il en fallait beaucoup. Sans lui laisser de temps pour répondre, je poursuivis mes explications.
« Après avoir pesé le pour et le contre, j'ai accepté… »
« Pesé le pour et le contre ? Vraiment ? Laisse-moi en douter. Tu avais déjà acheté l'accord de ce mec avec un chèque rondelet. Pourquoi as-tu ressenti le besoin d'accepter ce….ce chantage ? »
« Je sais pas, Emmett. J'avais vraiment besoin qu'il accepte et là c'était pas gagné. Je n'avais plus que quelques jours avant la date fatidique. Et même si William sait se montrer intimidant et effrayant, je t'assure qu'il n'est pas vraiment ainsi. »
« Oh Mademoiselle Swan est devenue une experte en homme en quelques heures, félicitation. »
« Mais non Em, mais…. »
« Stop, Bella. Je veux plus rien savoir. Je désapprouve ton attitude mais ce qui est fait est fait » répliqua-t-il en me coupant la parole. Je voyais à son air renfrogné qu'il était toujours fâché. Je fis un pas vers lui mais il se détourna et se dirigea vers la porte.
« Je vais te ramener à l'hôtel et essayer de nous trouver un vol le plus rapidement possible pour Phoenix. Monsieur Devereau nous fera porter les documents d'ici deux heures. »
« Emmett, attends…. »
Mes mots se perdirent dans le silence de la pièce qu'il venait de quitter à toute vitesse. Je ramassai mon sac, jetai un coup d'œil sur cette suite qui avait servi de chapelle peu ordinaire pour un mariage qui ne l'était pas moins. Et la situation ne s'était pas améliorée. Il n'avait fallu que douze heures pour boucler notre séjour en Australie. Nous n'avions échangé que quelques mots et j'avais l'impression que cette histoire avait creusé un fossé entre nous. Et je le regrettais amèrement mais mon amour-propre ou ma bêtise, appelez ça comme vous voulez, se refusait à faire le premier pas. Je gardai donc les yeux fermés attendant que le vol se termine.
« Bells ? »
« Hum ! » grognai-je sans même le regarder.
« Bells ? » insista-t-il en accentuant sa demande en posant sa main sur mon avant-bras.
« Quoi ? »
Je me redressai sur le siège et lui fis face. Mon ami n'affichait plus ce regard de reproche, de colère et de déception que j'y lisais depuis hier.
« Je suis désolé, Bells. »
« Non. Tu avais raison d'être en colère. J'ai agi de manière irréfléchie et dangereuse. »
« Oui c'est vrai » reconnut-il en riant. Je lui tapai dans le bras ce qui ne fit qu'augmenter son hilarité.
« Mais je n'aurais pas dû m'énerver autant. Je regrette vraiment. »
« C'est pas grave. »
« Tu es sûre qu'il ne t'a pas fait mal ? »
« Non, il a vraiment été très doux et tendre avec moi jusqu'à votre arrivée. »
« Tu sais qu'à t'entendre, on penserait qu'il te plait. »
« N'importe quoi. De toute façon, cette page est tournée ou presque. Dans six mois, on signe les papiers du divorce et adieu Monsieur Hale. »
« D'accord. Tu ne m'en veux pas trop ? »
« Pas du tout. »
« Je n'aime pas être fâchée avec toi. »
« Moi non plus. »
Emmett passa son bras autour de mes épaules pour me rapprocher de lui. Je sentis ses lèvres sur mes cheveux. J'avais retrouvé mon meilleur ami. C'est le cœur léger que je sombrai dans un sommeil un peu tourmenté par un regard vert furieux.
XxXxXxX
Une fois chez moi, j'avais rapidement vidé mes bagages avant de prendre une douche pour me détendre. L'eau chaude m'avait fait un bien fou comme toujours. C'était comme si le ruissellement ôtait tous mes soucis et ne laissait dans ma tête que calme et sérénité. Emmitouflée dans un peignoir de bain blanc moelleux, je regagnai le salon, mon ordinateur portable sous le bras.
Etendue confortablement dans le salon de notre résidence à Phœnix, j'attendais le retour de Charlie qui était retenu au bureau. A notre descente d'avion, Emmett qui avait laissé son 4X4 au parking de l'aéroport, me mit dans un taxi pour me ramener à la maison. Il voulait rentrer le plus rapidement possible au ranch décrétant qu'il s'était déjà absenté trop longtemps laissant tout le boulot à son père. Je le soupçonnais surtout d'être en manque des terres de son enfance et des bons petits plats mijotés d'Emilie, la seconde femme de Sam. Sa mère, Leah, était décédé en lui donnant le jour et Emmett considérait Emilie comme la seule maman qu'il ait eue. Et celle-ci lui rendait bien.
J'avais posé mon ordinateur sur les genoux et commençai à lire les derniers mails que j'avais reçus. Je commençai par effacer une grande quantité de publicités. Quelques-uns provenaient de mes copines de fac auxquels je répondis d'un message type racontant dans les grandes lignes mon périple autour du monde omettant délibérément mon récent mariage. Elles l'apprendraient assez tôt à mon gout. Je survolai en vitesse les autres lorsque l'intitulé du dernier attira mon attention. Il s'agissait d'un mail officiel provenant d'un service administratif de la ville m'annonçant que mon mariage avait été acté et que j'étais inscrite au registre national comme étant à présent mariée et que je pouvais à présent utiliser le nom de Hale comme étant le mien.
Cette information me ramena à Alice Springs instantanément et aux évènements qui s'y étaient passés. Je saisis mon appareil photo que j'avais sorti de mon sac en arrivant et qui trônait sur la table basse. Je le fis tourner dans ma main plusieurs fois avant d'ouvrir le petit clapet sur le bas renfermant la carte mémoire. La glissant dans le lecteur de carte incorporé de mon pc, je chargeai les photos qu'elle contenait sur mon disque dur. La manœuvre ne prit que quelques secondes avant que la première image n'apparaisse à l'écran. De superbes paysages des lieux visités me rappelèrent de beaux souvenirs. Je les fis défiler rapidement pour arriver à la fin du fichier. Arrivant au dix dernières photos, un couple apparut. Je les regardais comme s'il s'agissait d'inconnus. Ils représentaient un couple à qui tout devait sourire, à qui un bel avenir aurait dû s'ouvrir devant eux, à qui l'amour aurait dû être leur unique préoccupation et à la place de tout cela, la seule chose qui motivait ce mariage était l'obligation et l'attrait de l'argent. Pitoyable.
J'observais les détails de ces photos prises dans la suite devant la cheminée mais celle qui attira particulièrement mon attention fut celle où William me passa la bague au doigt. Son regard posé sur moi était doux et lumineux. Un léger sourire sur les lèvres, nullement arrogant comme il en avait l'habitude mais où seule la tendresse pointait. Sur l'écran, il semblait ne voir que moi, comme si nous étions seuls au monde et pour toute personne étrangère, nous pourrions passer pour le parfait couple amoureux. On remarquait à peine ses longs cheveux ou sa barbe car ce qui frappait sur ce cliché, c'était nos regards rivés l'un à l'autre tandis que ses doigts plaçaient l'anneau à mon index. Les autres photos étaient belles également mais très conventionnelles. J'étais toujours en pleine contemplation lorsque j'entendis la serrure de la porte d'entrée. Mon père arrivait et avec lui, le temps des explications. Je laissai mon PC ouvert sur le fichier des photos de vacances puisqu'elles faisaient parties intégrantes du mensonge que nous avions mis au point avec Emmett. Je me levai du canapé pour aller à sa rencontre. Dès qu'il m'aperçut, un grand sourire se dessina sur ses lèvres.
« Bella, ma chérie. Tu es enfin rentrée » s'exclama-t-il en déposant son attaché-case près de la console à l'entrée avant de s'avancer vers moi. Malgré les raisons qui m'avaient éloignée de lui et obligée à quitter la maison pour un voyage autour du monde, j'étais heureuse de le revoir. Mon père m'avait manqué et j'en prenais pleinement conscience à cet instant. Notre dernière discussion avait alimenté la colère que je ressentais cependant ces longs mois loin de lui et la joie que je lisais dans ses yeux, annihilèrent ma rancœur. C'est avec empressement que je fis les quelques pas qui nous séparaient et que je me blottis dans ses bras. Charlie me serra un instant avant de s'écarter pour mieux m'observer.
« Tu sembles fatiguée et tu as perdu un peu de poids » constata-t-il après son inspection.
« Papa ! Je suis très bien » protestai-je.
« Hum…par contre ce petit bronzage te va très bien. »
« Merci. Veux-tu que je te serve un verre ? »
« Un vin rouge ne serait pas de refus. Tu m'accompagnes ? »
« Oui, installe-toi et je reviens. »
Je me dirigeai vers la cuisine pour servir mon père et me prendre un Chardonnay. Il y avait toujours une bouteille au frais en cas de visite à l'improviste. Mon père insistait auprès de Maggie pour que les placards soient pourvues de tout ce dont il pourrait avoir besoin à n'importe quelle heure du jour comme de nuit et ce même en l'absence de notre gouvernante. Je plaçai les deux verres sur un plateau ainsi que quelques biscuits salés et je rejoignis mon père installé sur le canapé. Il s'était débarrassé de sa veste et de ses chaussures. En l'observant, je remarquai qu'il était fatigué et lui aussi avait perdu du poids. J'espérais que ce n'était pas mon voyage et mon éloignement qui lui avait porté un coup.
« Alors ? Raconte-moi ton voyage ? Tu as visité beaucoup d'endroits d'après les cartes que tu m'as envoyées. »
« C'était génial papa. J'ai vu des lieux magnifiques et j'ai découvert des personnes très intéressantes durant mes différentes haltes. »
« Je suis heureux pour toi que ce voyage t'ait plu. »
« Oh oui, énormément. J'ai ramené pas mal de photos si tu veux les voir. L'Europe a une richesse architecturale à laquelle je ne m'attendais pas. Je pense que j'y retournerais car je n'ai pas eu le temps de voir tout ce que je voulais. »
« Pourtant, ce voyage m'a semblé interminable à moi, tu sais ? »
« Je m'en doute papa. Et …..je regrette que nous nous soyons quittés fâchés. Maintenant, je trouve ça complètement idiot » déclarai-je en posant ma main sur la sienne.
« Moi aussi. »
Mon père se racla la gorge, mal à l'aise. Il était si rare que nous étalions nos sentiments aussi ouvertement. Il but une gorgée de vin puis reposa son regard sur moi. Il hésitait à parler et je n'avais aucun mal à savoir le sujet qu'il voulait aborder. Commençons par prendre du courage en avalant le reste de mon Chardonnay. Je m'enfonçai confortablement dans les coussins du canapé avant de parler de la fin de mon voyage.
«Tu sais qu'Emmett est venu me rejoindre en Australie ? »
« Oui Sam me l'a dit et j'avoue que j'ai été assez surpris. »
« Surpris ? C'est mon meilleur ami. Ca m'a fait vraiment plaisir qu'il accepte de me rejoindre. »
« Te rejoindre ? J'ignorais que tu lui avais demandé ? »
Nous y voilà. Revenons au plan établi. Enfin, celui élaboré et mûrement réfléchi d'Emmett. Reste plus qu'à espérer que Charlie n'y voit que du feu et gobe le tout sans trop poser de questions. Qu'a dit Emmett ? Ah oui. Reste vague. Pas trop de détails précis, sinon, ce ne sera pas facile de ne pas se couper et de tout foutre en l'air.
« Oui, je lui ai demandé de venir à Alice Springs car j'avais envie qu'il soit mon témoin » lâchai-je abruptement manquant de provoquer un étouffement par absorption de vin à mon père. Il se mit à tousser violemment ce qui au lieu de m'alarmer, me fit rire. Je lui tapotai dans le dos pour l'aider à se reprendre.
« Ton…ton témoin ? »
« Oui ! Pour mon mariage évidemment. »
« Ton mariage ? Evidemment ? Tu plaisantes-, je suppose ? »
« Mais pas du tout papa. Tu voulais que je me marie avant le treize septembre qui tombe dans quatre jours, je te le rappelle. »
« Oui…oui, enfin, je voulais que tu te maries mais pas avec n'importe qui….à l'autre bout du monde. »
« Oh ! Mais ce n'est pas n'importe qui et c'était en Australie par facilité. Mais il est américain. »
J'observai mon père qui s'était levé et arpentait le living de long en large. Nous avions des points communs à ce sujet-là. Il marmonnait des mots incompréhensibles mais je préférais attendre qu'il se calme avant de poursuivre. Je devais avoir toute son attention pour les explications et les divers détails. Au dixième tour, il s'immobilisa, me regarda d'un air méfiant, je dirais. Le style de regard qui disait clairement : fais attention ma grande à ce que tu vas me servir comme baratin. Il hocha la tête avant de reprendre sa place.
« Bien. Je t'écoute pour connaitre…cette love story » plaisanta-t-il, me faisant presque perdre mes moyens. J'hésitai un instant avant d'inspirer profondément et de me lancer.
« J'ai rencontré William dans l'avion qui m'emmenait de New Delhi en Australie. Nous avons très rapidement sympathisé et il m'a accompagné les premier temps lors de ma visite du sud de l'ile. Sa présence était très réconfortante car j'avoue que ces longs mois seule commençaient à me peser. Nous nous sommes rapprochés et au bout de trois semaines, nous n'avions plus envie de nous séparer. »
« Et l'idée de vous marier à la va-vite vous est passée par la tête ? »
« Tu voulais que je me marie, c'était une solution pour satisfaire tout le monde. Toi et nous. »
« Oui mais quand même, tu ne connaissais ce type que depuis à peine quelques semaines. »
« Papa. Certaines personnes se côtoient durant des années sans vraiment se connaitre ni faire le bon choix. William est un homme merveilleux. Je suis sûre que tu l'apprécierais beaucoup. Emmett a approuvé mon choix, c'est un signe. »
« C'est vrai qu'Emmett ne veut que ton bonheur et ne te laisserait pas te lier à n'importe qui. »
« Et je t'ai déjà dit que ce n'était pas n'importe qui. Il s'appelle William Hale et….. »
« Hale ? Comme les Hale du Texas ? « Questionna Charlie.
« Oui, il fait bien partie de cette famille. »
« Waw. C'est l'une des plus vieilles et des plus riches familles de Houston. »
« Si tu le dis. William ne parlait pas beaucoup de sa famille. Nous avons prévu un voyage au Texas dès son retour pour qu'il puisse me présenter. »
« Bien ! »
« Comment ça bien ? »
Charlie semblait satisfait. Même plus que ça. J'aurais voulu lui demander ce qui le rendait si conciliant avec l'annonce de mon mariage.
« Oui, c'est une famille puissante. Il sera plus que capable de prendre soin de toi. »
« Papa, vas-tu enfin me dire ce qui te tracasse autant et pourquoi, tu tenais absolument à me voir mariée ?»
« Pas maintenant, Bella. Mais bientôt. »
« Pourquoi ? Si tu me disais tout, je suis certaine que je pourrais t'aider. »
« Bientôt ma chérie. Bientôt, tu sauras tout. Mais en attendant, les Hale, c'est parfait. Mais quand pourrais-je rencontrer mon nouveau gendre ? » demanda-t-il pour changer de sujet.
Sa manière d'éviter de m'avouer ses motivations faisait renaitre la colère en moi. Mais Emmett m'avait bien dit que je devais éviter de me disputer avec mon père. Que si je voulais être capable de l'aider même contre sa volonté, je devais rester proche de lui afin d'obtenir les renseignements nécessaires. Donc, je ravalai mes reproches et ma rancœur pour lui répondre.
« William avait encore des rendez-vous pour sa société en Australie et en Asie avant de pouvoir venir me rejoindre. Il espère être revenu au plus tard pour Thanksgiving. En attendant, nous communiquerons par téléphone et mail. »
« C'est long. Heureusement qu'il existe toutes ces nouvelles techniques » répliqua mon père.
« Oh oui. »
« Je pense que des félicitations s'imposent » déclara-t-il en se levant devant moi. Je fis de même afin qu'il puisse m'enlacer.
« Merci papa. Je regardais justement les photos de la cérémonie. Veux-tu les voir ?»
Mon père hocha la tête. Je pris mon portable sur les genoux et ouvris le fichier contenant les photos que je fis défiler devant ses yeux. Il resta silencieux devant chacune d'elles.
« Hum ! Tu étais très jolie ma chérie mais tu semblais si stressée. »
« Un peu quand même. On ne se marie pas tous les jours » plaisantai-je en gardant mes yeux sur la dernière photo.
« Oui, certainement. Et si nous allions fêter cette grande nouvelle ? Que dirais-tu de sortir avec ton vieux père ? Il y a des lustres que nous n'avons plus été au Hyatt Regency. On m'a dit beaucoup de bien du nouveau chef. D'accord ? »
Je souris à mon père en acquiesçant d'un hochement de tête. Il paraissait détendu et heureux de mon retour. Et si l'annonce de mon mariage l'avait d'abord surpris, il semblait à présent très satisfait. Moi, de mon côté, même si je regrettais de devoir lui mentir ainsi, j'étais soulagée qu'il ait cru si facilement à mon histoire. Demain, je devrai téléphoner à Emmett pour lui raconter la réaction de Charlie.
XxXxXxX
Pas envie d'y aller.
J'avais accepté d'accompagner Charlie à une réception organisée par L'un de ses clients. Monsieur Di Marco travaillait dans la confection avec son épouse et leur nom commençait à avoir du poids dans certaines sphères de la ville. Il dépensait une fortune en publicité principalement dans notre journal et de ce fait, mon père faisait partie de son cercle d'amis. Son épouse avait un goût très particulier et ses soirées à thème attiraient un grand nombre de personnes de la haute société de Phœnix dont malheureusement nous faisions également partie. Je dis bien malheureusement car je n'avais jamais été friande de ces soirées guindées mais mon attrait pour les sorties avait chuté depuis mon retour de voyage. Toutes les excuses possibles avaient été utilisées pour refuser de me rendre à plusieurs réceptions me contentant d'assister à quelques diners ou cocktails, mais ce soir, mon père m'avait un peu forcé la main. Il me reprochait de m'isoler et qu'étant veuf et moi, dorénavant mariée, il était d'usage que je l'accompagne. Evidemment, j'avais joué la carte de l'épouse qui se languissait de son mari et préférait rester chez elle attendant son appel téléphonique journalier mais mon père avait rétorqué que William ne voudrait certainement pas que je me morfonde seule. Qu'il préfèrerait me savoir heureuse et insouciante comme il m'avait connue…et blabla…et blabla. Soit j'avais fini par accepter quand il avait proposé de prendre contact avec William pour lui demander son avis. Que faire d'autre ?
C'est ainsi que je me retrouvai devant ma coiffeuse tentant de coincer une mèche rebelle dans mon chignon. J'avais déjà enfilé une robe de cocktail couleur pêche ainsi que les escarpins assortis. Mon maquillage léger était terminé et sans cette mèche, je serais déjà au salon, prête pour cette soirée de calvaire. Réussissant enfin à la dompter, j'examinai le résultat dans le miroir sur pied placé dans le coin de la chambre près de la porte donnant sur la salle de bain. Le reflet qu'il me renvoya me plut. J'attrapai la pochette assortie et descendis rejoindre mon père qui devait certainement s'impatienter. Je le trouvai devant la baie vitrée, sirotant un verre de ce qui me semblait être un whisky. Dès mon entrée, il pivota et son visage s'illumina d'un franc sourire lorsqu'il posa ses yeux sur moi.
« Tu es splendide ma chérie. »
« Merci Papa. »
« Si tu es prête, nous allons y aller. Je ne tiens pas à arriver dans les derniers. Nous serions obligés de faire le tour de la salle et de saluer tout le monde » expliqua-t-il en déposant son verre sur la table basse et de prendre son manteau qui se trouvait sur le fauteuil. J'enfilai le mien et lui emboitai le pas.
La voiture nous avait déposés devant l'hôtel qui abritait la réception des Di Marco et nous avions directement été happés par la foule des invités. Nous avions salué un grand nombre de personnes malgré le fait que nous étions tôt et Charlie avait tenu à me présenter à plusieurs de ses clients. Il ne cessait de me répéter que puisque je prenais une année sabbatique au niveau de mes études, je devais au moins m'intéresser à ses activités professionnelles qui seraient un jour à moi.
A mon retour, j'avais repris le chemin de la fac mais au bout de trois semaines, je n'arrivais pas à me passionner pour la littérature anglo-saxonne comme avant. Petit à petit, je me mis à faire l'impasse sur les cours et passai plus de temps à me balader qu'à me rendre à l'Université. La meilleure solution était de mettre mes études entre parenthèses durant un an et de repartir sur de bonnes bases dès que toute cette histoire de mariage serait terminée et enterrée. Je voulais aussi mettre à profit ce délai pour enquêter et découvrir ce qui perturbait et effrayait mon père. Le plus gros problème que j'avais rencontré fut avec Charlie. Nous nous étions chamaillés car il voulait que je poursuive mes études. J'avais argumenté et finis par lui dire que l'éloignement avec William me perturbait et que dès son retour nous partirions surement pour le Texas et que c'était donc préférable que je reprenne mes études à Houston l'année prochaine. Charlie n'avait pu qu'approuver mais en l'absence de mon époux, il voulait que je m'investisse un peu plus dans le journal ce que je n'avais pu lui refuser. C'est une des raisons qui m'avait amenée ici, dans cette immense salle de bal à saluer des personnes que je connaissais peu. Mes amis ne fréquentaient qu'exceptionnellement ce genre de manifestations. Charlie discutait avec Monsieur Di Marco et un autre homme qui si j'avais bien retenu, devait être avocat.
Je m'éloignai d'eux, déambulant entre les convives. Un signe de tête par ci, un geste ou un sourire par là. Un serveur passant près de moi me tendit un nouveau verre de champagne. J'arrivai sur la terrasse couverte et repérai un coin tranquille d'où je pouvais observer la ville. Je m'assis dans un des fauteuils en rotin sirotant mon verre tranquillement lorsque des bribes d'une conversation arrivèrent à mes oreilles.
« Si, je t'assure » chuchota la première voix.
« Tu as dû mal comprendre voyons » répliqua la seconde.
Je m'enfonçai dans mon siège afin de ne pas attirer l'attention de ces femmes car je ne voulais pas qu'elles croient que je les espionnais.
« C'est la fille de Mme Harrison, une amie proche de sa mère, qui l'a dit à la mienne. »
« Le fils Hale ? »
« Puisque je te le dis. »
A l'entente de ce nom, je tendis l'oreille. Ce pourrait-il qu'elle parle des Hale du Texas ? De cette famille portant le même nom que l'homme que j'avais épousé quelques semaines plus tôt ?
« J'ai du mal à le croire. Tu sais que mes parents connaissent les siens depuis des années, à l'époque où nous habitions Houston. J'ai déjà eu la chance d'être invitée avec eux dans leur Ranch une fois. Je doute que William fasse une chose aussi insensée. »
« Je tiens ces informations de personnes sures. »
« Vas-y raconte-moi. »
« Tu sais comme il a toujours été différent. »
« Oui mais si sexy et attirant. »
« Je suis bien d'accord »
Je les entendis glousser comme deux dindes avant de reprendre leur sérieux.
« Soit. Tu sais que du jour au lendemain, il avait disparu pour Dieu seul sait où. Sa famille n'avait que très rarement de ses nouvelles depuis plusieurs mois. Il parait qu'il a épousé sur un coup de tête la fille Swan. »
« Non ? C'est impossible. Il était fiancé avec la fille ainée d'un magnat du pétrole mexicain. »
« Oui, toute la haute société Texane est sidérée. Personne ne comprend ce qu'il lui est passé par la tête. »
« Comment un homme aussi distingué, charmant et riche a-t-il pu s'intéresser à une fille aussi insignifiante que cette Swan ? »
J'étais tétanisée sur mon siège à ses mots. Je n'osai bouger et signaler ma présence mais je bouillais de leur dire ma façon de penser. Ces filles ne me connaissaient même pas et elles osaient déblatérer sur ma personne.
« Oui mais il est si heureux qu'il se terre en Australie pour ne pas voir sa charmante épouse » ironisa l'une d'elles les faisant éclater de rire.
Cette dernière parole me fit sortir de mes gongs. D'un mouvement rapide, je sortis de ma cachette surprenant les deux calomnieuses. Elles sursautèrent en me faisant face et à leur regard, je compris qu'elles savaient qui j'étais. Je lissai calmement ma robe, replaçai une mèche de cheveux et plaquant mon plus faux sourire sur les lèvres, je m'approchai d'elles.
« ET oui, mesdames. Ce cher William m'a choisie. C'est bête. Voilà un héritier que vous pouvez supprimer de votre liste de futur époux. Passez une bonne soirée. »
Les laissant, la bouche ouverte, je les dépassai et rejoignis mon père pour prendre nos places à notre table. Les paroles de ces femmes tournèrent des heures dans ma tête. Si l'homme que j'avais rencontré était réellement ce William Hale dont elle parlait, pourquoi avait-il accepté de m'épouser ? Et surtout, que faisait-il en prison ? Je sentis les regards rivés sur moi durant le repas. Je m'efforçai de ne pas me focaliser dessus et de les oublier mais j'eus énormément de mal. Je me sentais épiée. C'est avec soulagement que j'acceptai de rentrer dès la fin du souper lorsque mon père me le proposa.
« Tu es bien silencieuse, Bella ? »
« La soirée a été longue » répondis-je simplement.
« Es-tu certaine qu'il n'y a pas autre chose ? »
Je soupirai en souriant. Mon père me connaissait bien malgré nos divergences d'opinion. Comment lui parler de ce que j'avais entendu ? Je pensais être marié à un cousin éloigné de ce fameux William et j'avais vraiment beaucoup de mal à imaginer un riche héritier dans la peau de cet homme des cavernes que j'avais rencontré récemment. J'aurais aimé pouvoir vérifier mais j'avais un peu peur de ce que j'allais découvrir. Et puis, ce n'était que provisoire. Mais ces commentaires avaient surtout déclenché un nouveau sentiment de culpabilité vis-à-vis de Charlie. Chaque jour, il me demandait des nouvelles de William, si son voyage se terminait, s'il reviendrait bientôt. Et chaque jour, je devais lui mentir et cela devenait de plus en plus pénible pour moi. Je ne pouvais pas lui livrer le fond de ma pensée car je devrais lui avouer avoir manigancé et arrangé ce mariage et surtout que cela faisait plusieurs semaines que je lui mentais. D'un autre côté, je n'avais pas trop eu le choix sinon, je serais de toute façon mariée aujourd'hui mais à qui ? Parfois, je me dis qu'il aurait changé d'avis à mon retour mais cette idée fut vite balayée quand je tentais de savoir les raisons de son insistance à me voir unie à un homme ou sa satisfaction que ce soit fait. Mais cette situation me pesait.
« En fait, William me manque. »
« C'est normal ma chérie. Tu n'as pas beaucoup profité de ton mari et il tarde à rentrer. »
« Et certaines personnes à cette soirée ont eu des réflexions sur notre union qui m'ont un peu attristée. »
« Des réflexions ? »
« Oh rien de grave mais je préfèrerais éviter les réceptions tant qu'il n'est pas revenu. »
Charlie m'observa un instant et je pris ma mine la plus triste possible. Il prit ma main en signe de réconfort.
« Je comprends. Au début, lorsque ta mère nous a quittés, j'avais du mal à sortir sans elle. Quand on aime, on n'est entier qu'à deux. »
Cette remarque me mit très mal à l'aise car l'amour n'avait absolument rien à voir dans mon souci mais je devais lui donner le change. Mon but étant quand même de trouver la raison du changement d'attitude de Charlie et de découvrir ce qui l'effrayait. N'ayant aucune piste ici à Phœnix, je commençais à désespérer de connaitre la vérité. Emmett de son côté, n'avait rien trouvé mais il poursuivait ses recherches.
« Papa ? »
« Oui ma chérie. »
« Je pense que je vais aller passer quelques temps à Oro Valley. J'ai envie de calme et c'est le meilleur endroit pour ça. »
« Hum….Tu as toujours aimé le Ranch. »
« Oui, je m'y sens bien. »
« Et puis tu auras Emmett avec toi. Le temps passera plus vite. »
« Oui. Je vais le prévenir. Je partirai d'ici la fin de la semaine. Ca te convient ? »
« Parfait. Je t'accompagnerai ainsi je pourrais aider Sam au recrutement des nouveaux. »
« Des nouveaux ? »
« Nous envisageons d'augmenter le nombre de juments de reproduction ainsi que d'intensifier le dressage des poulains. Sam pense qu'il serait nécessaire d'engager trois ou quatre mecs en plus pour assister le reste de l'équipe. »
« C'est chouette comme idée. Emmett va adorer la partie dressage. »
« Oui, je sais. C'est pour cela que j'ai accepté. Il est le plus qualifié pour le faire. Mais seul, ce serait difficile. »
« Je vais pouvoir les aider un peu pendant que je serai là. »
« Bella, je ne doute pas de ta volonté d'aider mais …. »
« Mais ? »
« Ne le prend pas mal, ma chérie mais tu n'es pas la plus douée avec les chevaux. »
Je grognai à sa remarque. Je n'étais effectivement pas une pro de l'équitation mais je me débrouillais et j'avais été élevée dans ce ranch. Je m'y sentais plus chez moi qu'au journal. Alors si je devais apprendre à gérer les biens de mon futur héritage, je préférais commencer par les chevaux surtout que je savais que je pouvais compter sur l'aide de mon meilleur ami. Mon père caressa ma main me ramenant à la réalité. Un regard par la fenêtre m'informa que nous étions arrivés devant notre immeuble. Je m'apprêtai à sortir de la voiture quand la main de Charlie m'arrêta.
« Bella. Je suis certain que tu vas très bien te débrouiller. Mais s'il te plait ? Fais attention à toi. »
« Mais oui, Papa. Je ferai attention » répliquai-je avant d'éclater de rire avec lui. Il connaissait ma maladresse légendaire mais j'étais décidée à prouver que j'étais capable de me débrouiller. Cette soirée s'avérait plus positive que prévu. A Oro Valley, je serai plus libre de mes mouvements et Emmett serait là pour me soutenir. Sans mon père sur le dos en permanence, je pourrai mieux investiguer sur les hommes qui avaient rendu visite à mon père en posant des questions discrètes à Sam et Emilie. Ils devaient en savoir plus qu'ils n'en avaient dit à Emmett. Je devais me dépêcher de trouver car Charlie ne croirait plus longtemps mon histoire avec William surtout s'il ne revenait pas d'Australie rapidement.
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Quelle plaisir de se réveiller au chant des oiseaux. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel et la température était encore chaude bien que nous étions à la fin octobre. Je sortis du lit simplement vêtue d'un bas de survêt datant du lycée que j'affectionnais particulièrement et un ti shirt des 100 monkeys noir. J'ouvris les tentures m'offrant une vue sur la plaine entourant le ranch et sortis sur le balcon. La région était assez aride et rocailleuse mais ma mère lors de la construction, avait exigé de semer de la pelouse autour de l'habitation. La touche de verdure égayait le paysage tout comme les massifs de fleurs et d'arbustes qu'Emilie entretenait en souvenir de ma mère. Sur la gauche, on pouvait deviner la terrasse ainsi que la piscine. Sur la droite, on distinguait les enclos des juments prêtes à pouliner que Sam voulait garder auprès de lui. Un peu plus à droite, les bungalows des ouvriers s'étendaient sur deux cents mètres en cercle autour des enclos. Le bâtiment principal où nous logions avait été construit en rondin fournit directement de Douglas coupés dans la propriété. Mes parents avaient eux-mêmes dessiné les plans et avaient supervisé l'intégralité du chantier. La maison possédait trois niveaux sauf en son centre. Le rez-de-chaussée était destiné aux pièces de vie et le salon central était ouvert jusqu'au toit et sur la mezzanine menant aux chambres. Attenant à la bâtisse, une immense salle à manger pour tous les ouvriers prolongeait la cuisine, le domaine d'Emilie. Les bungalows étaient quant à eux, fabriqués en planche et n'avaient vu le jour qu'au fil des ans selon l'augmentation des ouvriers. La grande majorité venait de la ville voisine mais une petite poignée logeait sur place.
Je descendis rapidement après ma douche prendre un petit déjeuner avec Emmett avant qu'il ne parte travailler. L'odeur alléchante des pancakes et du chocolat chaud titilla mes narines ainsi que mon estomac qui gargouilla bruyamment réclamant satisfaction. J'entrai et me dirigeai vers Emilie afin de l'embrasser avant de m'installer à la table près de mon ami.
« Bonjour, Bella. Je te sers des pancakes ? »
« Oui merci Emilie. Tu as du sirop d'érable ? »
« Bien sûr. Toujours quand je sais que tu viens. »
« Merci. »
« Ouais, pour toi, elle oublie pas le sirop d'érable mais moi, mon beurre de cacahuète, c'est pas grave s'il en manque, » râla Emmett.
« Arrête de bougonner, je ne t'oublie jamais » répondit Emilie en se penchant près de lui, déposer un baiser sur sa joue et déposant un nouveau pot devant lui.
Emmett leva un regard empli d'amour vers sa « presque » mère comme il aimait l'appeler au plus grand plaisir d'Emilie. Il l'attrapa par la taille avant qu'elle ne s'éloigne de lui et l'enlaça affectueusement. Je souris à ce spectacle et même si j'enviais un peu cette relation, j'étais très heureuse pour lui. Emilie se dégagea et reprit sa place au fourneau.
« Bien dormi, Bells ? »
« Oui très bien. »
« T'es matinale » ajouta-t-il en engloutissant une énorme part dont le beurre de cacahuètes dégoulina du coin de sa bouche. J'éclatai de rire en tendant le doigt afin de le récupérer avant qu'il ne tombe sur la table. J'essuyai ma main sur ma serviette avant de lui répondre.
« La nature m'appelle ici. J'ai envie de profiter des journées au maximum. »
« Hum….et c'est l'appel de la nature qui t'a fait quitter la vie dorée de Phœnix, ses fêtes, ses boutiques. »
Je me retournai et constatai avec joie qu'Emilie s'était éclipsée de la cuisine. Mon regard erra autour de moi avant de se poser sur mon ami.
« J'avais besoin de m'éloigner de ma vie et aussi de …de Charlie. »
« De Charlie ? Ca va pas avec lui ? »
« Oh si très bien mais je ne supporte plus ce mensonge que je dois lui raconter tous les jours. Lui faire croire que je téléphone régulièrement en Australie. Sais-tu le nombre de fois que j'ai demandé l'horaire des trains là-bas ou les tarifs d'un hôtel, rien que pour qu'il voit sur les factures que je parle avec mon époux ? »
« Oh ! »
« Et tout ça pour quoi ? Pour ne pas me fâcher avec lui. Pour trouver ce qui l'inquiète ? Pour ne pas me laisser dicter ma façon de vivre. Et regarde où cela me mène. Je suis paumée. Je n'ai rien appris et je ne sais plus comment je vais tenir sans lui présenter William ? C'est pour tout cela que je suis ici. Pour m'éloigner un peu de lui et avec toi, tenter de faire avancer nos recherches. »
Emmett posa sa main sur la mienne, compatissant. Je levai les yeux vers lui et lui fis un maigre sourire.
« Ok, c'est pas cool pour le moment. Mais on va profiter quelques jours de la fin de saison ensoleillée et puis nous nous mettrons, tous les deux, en chasse pour trouver ce qui tracasse ton père. D'ac ? »
« D'ac ! »
En quelques mots, mon meilleur ami avait toujours été capable de me remonter le moral, de me soutenir. Une fois de plus, il venait de me donner le courage de poursuivre.
« Que dirais-tu d'aller à la rencontre de nos paternels ? Ils doivent être près des écuries. Ils reçoivent les postulants depuis tôt ce matin. »
« Ouais pourquoi pas ? J'espère qu'ils seront sympa car les derniers étaient de vraies palies. »
« Oh oui ! Surtout ce type. Comment s'appelait-il encore ? »
« Kyle. »
« Oui, c'est ça, Kyle. Je le regretterai pas celui-là. »
Nous continuâmes à discuter tout en sortant de la maison et prenant le chemin menant aux écuries. Tout était toujours si facile avec Emmett que je me sentais plus légère que je ne l'avais été depuis près de six semaines. J'observais les juments accompagnées des poulains de l'année gambader dans les près autour de moi tout en avançant. Au loin, j'aperçus mon père et Sam discuter avec trois types. A leurs pieds, des sacs étaient posés et j'en conclus que ces trois-là avaient été retenus. Ils nous tournaient le dos mais tous semblaient grands. Sam se tourna vers nous en nous souriant.
« Vous tombez bien tous les deux. Venez que nous vous présentions. »
« Salut Charlie, Pa » salua Emmett.
Nous nous rapprochâmes tandis que ces hommes se tournaient vers nous. Sans leur prêter attention, je me dirigeai vers mon père et Sam pour les saluer. Ils me prirent chacun leur tour dans les bras avant que je ne me retourne pour souhaiter la bienvenue à ces hommes. Mon regard balaya les types rapidement, un sourire aux lèvres.
« Soyez les bienvenus »
« Merci » répondirent-ils en chœur.
Je me tournai vers Emmett quand la mine fermée qu'il arborait me figea. Il avait le regard noir et fixait les hommes. Lentement, je pivotai sur moi-même afin d'observer ce qui perturbait mon ami. Mes yeux se posèrent tour à tour sur chacun d'eux pendant que Sam nous les présentait. Le premier, un grand brun, basané à la carrure impressionnante se nommait Jared Black. Il me fit un signe de tête auquel je répondis. Son voisin de droite, Paul Adler, n'avait rien à lui envier au niveau de sa taille. Il était brun également avec un regard brun mais nettement plus souriant que le premier. Mon regard se posa alors sur le dernier ouvrier. Lui aussi était grand, musclé mais moins baraqué que Jared. Des cheveux mi- longs blonds ondulés arrivaient un peu au-dessus de ses épaules. Mais ce qui attira mon attention et me fit m'accrocher à Emmett, fut deux pupilles vertes qui m'obsédaient depuis des semaines.
« Et voici, Jasper Withlock » déclara Sam en le désignant.
Je déglutis difficilement ayant l'impression que j'allais m'évanouir à tout moment. C'est ce qui serait certainement arrivé si Emmett ne me soutenait pas discrètement. Je pensais rêver, que mon imagination me jouait un mauvais, très mauvais tour. Mais tout doute disparut lorsqu'il me parla.
« Bonjour, Mademoiselle. »
« Pas de chichi ici, mon garçon. Voici Isabella, ma fille et Emmett, le fils de Sam » répliqua mon père.
Oh oui, mes doutes disparurent immédiatement à l'instant où les lèvres de Jasper dessinèrent un sourire en coin qui ne pouvait appartenir qu'à William, mon mari. Mon regard s'ancra au sien et ses dernières paroles me revinrent en mémoire.
« On se reverra, Isabella. Sache que j'obtiens toujours ce qui m'est dû. Toujours »
POV William
L'Arizona était fort semblable à mon Texas natal en fait. Aussi chaud et désertique. C'était mon premier voyage dans cet Etat mais je pensais que j'allais m'y plaire. J'avais espéré revenir aux Etats- Unis plus rapidement mais c'était sans compter sur la lenteur juridique et administrative de ces petites villes australienne. Et tout cela pour quoi ? A cause d'un maudit rocher sacré. Six semaines pour se dépêtrer de la plainte de profanation de lieu sacré. Honnêtement, je ne vois pas ce que le fait de camper dans cet endroit pouvait profaner quoi que ce soit à un tas de cailloux. Evidemment, ils en avaient profité pour essayer de me mettre sur le dos une agression qui s'était perpétrée au même moment. Heureusement, j'avais réussi à ce que mes compagnons de voyage ne soient pas inquiétés mais ils m'avaient été d'un grand secours pour m'aider à recouvrir la liberté.
Durant ma captivité, en plus de tenter de prouver ma bonne foi et mon innocence, j'avais aussi, grâce à l'aide d'un de mes meilleurs amis, avocat, entrepris des recherches sur la famille Swan. A l'autre bout du monde, pas simple de trouver la trace de quelqu'un mais j'avais réussi à obtenir son adresse quelques jours avant de quitter Alice Springs. Mon ami m'avait aussi informé que son père cherchait des ouvriers pour son Ranch. Texan jusqu'au bout des ongles, j'avais grandi au sein d'une famille d'éleveur de chevaux et de vaches. J'avais donc un bagage plus que suffisant pour postuler pour l'un des postes. Une spécialité que je pouvais mettre en avant dans mon curriculum vitae était ma capacité à débourrer de jeunes chevaux fougueux ainsi que leur dressage. Restait plus qu'à espérer qu'Isabella ne soit pas à Phoenix mais bien au Ranch de son père.
J'avais été si impulsif lors de notre dernière rencontre que je désirais m'excuser et me montrer sous un meilleur jour. Quand Emmett m'avait parlé de ce marché, je m'étais demandé quel genre de problème son amie pouvait bien avoir pour devoir épouser un inconnu ? J'avais exigé la rencontrer, bien décidé à refuser ensuite. Mais lorsque ce petit bout de femme avait pénétré dans la cellule avec ses airs de femme soi-disant sûre d'elle et du pouvoir de son argent sur les gens moins fortunés, je voulus lui montrer que ce n'était pas elle qui menait la danse et que l'argent n'était pas la clé de tout problème. Ma proposition était risquée mais elle avait accepté. Avec le recul, je me rendais compte que l'interruption dû au téléphone et l'arrivée d'Emmett et des flics, n'avaient pas été prémédité puisqu'elle avait pris ma défense face aux forces de l'ordre et de son ami. Pourtant, je n'avais pu m'empêcher d'exploser quand ils avaient pénétré dans la suite. Je ne m'étais pas reconnu moi-même tant cette attitude ne me correspondait pas. Ordinairement, j'étais plutôt d'un tempérament calme, posé et réfléchi.
Dès que ma libération avait été effective, j'avais repris le premier avion pour les Etats-Unis. Direction l'Arizona. Grace à mon ami, j'avais postulé pour les offres d'emploi de cavalier professionnel spécialisé dans le dressage au Ranch Swan. J'avais rencontré tôt le matin, Charlie Swan, le propriétaire ainsi que le contremaître, Sam Mac Carty. D'après le nom, ce dernier devait être le père d'Emmett. Tous deux semblaient être des hommes bons et aimant leur élevage. La manière dont ils en parlaient démontrait leur passion et donnait envie de travailler avec eux.
Au bout de deux heures, nous n'étions plus que trois. Ils nous expliquèrent le fonctionnement du Ranch, les travaux qui nous seraient attribués en visitant les installations quand des bruits de pas se firent entendre derrière nous. Monsieur Swan pivota et adressa la parole aux arrivants.
« Vous tombez bien tous les deux. Venez que nous vous présentions. »
« Salut Charlie, Pa » salua Emmett.
Je reconnus sans problème la voix forte et enjouée d'Emmett mais je décidai de ne pas trop me montrer directement.
« Soyez les bienvenus » nous salua-t-il.
« Merci »
Charlie nous présenta, chacun notre tour en commençant par Jared. Je vis immédiatement que malgré mon changement de look, Emmett m'avait reconnu mais il ne dit rien. Mon regard le quitta pour se poser sur sa compagne qui saluait les autres avant de poser ses yeux sur moi.
« Et voici, Jasper Withlock » me présenta Sam.
Je vis les yeux d'Isabella s'écarquiller tandis qu'elle vacillait légèrement et s'accrochait à Emmett. Mon premier réflexe fut de m'approcher pour la soutenir mais comme ils ne semblaient pas décider à dire que nous nous connaissions, je restai sur place.
« Bonjour, Mademoiselle » déclarai-je en faisant un sourire que j'espérais avenant.
« Pas de chichi ici, mon garçon. Voici Isabella, ma fille et Emmett, le fils de Sam » répliqua le patron.
Amusé, je n'arrivais pas à décrocher mon regard du sien où mille questions passaient ainsi qu'une infinité d'émotion allant de la surprise, la colère, la tristesse mais aussi de la peur. Et j'étais décidé à éliminer définitivement ce sentiment d'elle. Et lui montrer que je n'étais pas si terrifiant que ça. Pour être honnête, la curiosité me taraudait également. J'avais très envie de connaitre les vraies motivations de cette mascarade de mariage. Pourquoi une jeune femme à qui tout semble sourire, s'oblige-t-elle à épouser un inconnu ?
Un petit POV Jasper pour avoir un peu son ressenti à lui.
N'oubliez pas de me donner votre avis.
Bisous et à bientôt
