Bonjour !
Tout d'abord un grand merci à ceux qui me lisent, c'est grâce à vous que je continue cette traduction !
Juste quelques précisions sur le chapitre précédent :
-Les prénoms de Daryl et Carol, riment mais en prononciation anglaise, alors qu'en français ce n'est pas le cas, désolée si cela vous a laissés perplexes...
- La ligne Mason/Dixon était la ligne de démarcation entre les états qui voulaient abolir l'esclavage et ceux qui voulaient le maintenir en place pendant la guerre de Sécession
- Enfin une Dodge Charger de 68 est une voiture de collection. Pour ceux et celles qui ont vu fast and furious, c'est la voiture que Toretto utilise (et crashe) dans la course finale (un modèle de 70 dans le film).
Voilà le chapitre 3, bonne lecture à tous, n'hésitez pas si vous avez des commentaires ou des suggestions
Bon week end ;-)
Chapitre 3
Carol était toujours en train de glousser quand elle entra dans le petit café.
Elle était en retard mais elle ne pensait pas que Milton lui en tiendrait rigueur.
Ils étaient devenus bons amis depuis qu'elle avait déposé une demande de divorce. Il était le seul avocat de la ville disponible et dans un premier temps, elle avait été inquiète. Surtout après leur première rencontre : il était tellement timide qu'elle ne savait pas comment il s'était retrouvé à faire carrière dans ce domaine.
Mais il était compétent et c'était tout ce qui comptait.
"Désolée de vous avoir fait attendre, Milton. Vous êtes ici depuis longtemps?" lui demanda-t-elle en s'asseyant en face de lui.
Il leva les yeux vers elle sous ses lunettes et sourit. "Non, pas longtemps. J'ai eu votre message ce matin et j'ai pensé qu'il valait mieux qu'on se voie au plus tôt. Je n'ai pas perturbé votre emploi du temps j'espère?"
Elle secoua la tête. "Non, non, pas du tout."
"Je suis désolé pour votre chien."
"Moi aussi. "soupira-t-elle.
Il la regarda pendant quelques secondes, puis fronça les sourcils.
"Vous vous sentez bien ? Vous avez l'air plutôt troublée. Ca va?"
Cela la fit sourire une fois de plus et elle hocha la tête." Je vais bien. Je viens d'avoir un petit accrochage, c'est tout. Juste un peu de tôle froissée".
"Quelqu'un vous est rentré dedans? " lui demanda-t-il avec inquiétude.
Elle hocha la tête." Oui. Un garçon dans un pick-up, mais tout est arrangé".
"Qui est-ce? "Il a demandé, la curiosité peinte sur son visage.
Carol contempla ses mains, et répondit sans le regarder." Daryl Dixon. "
Milton laissa tomber les papiers qu'il était en train d'examiner et la dévisagea avec des yeux écarquillés.
"Oh, Carol. Je sais que vous n'avez jamais vraiment eu l'occasion de beaucoup sortir et de rencontrer de nouvelles personnes, vous ne pouviez pas savoir ..."
"Savoir quoi? " demanda-t-elle, sa voix sonnait sur la défensive et elle ne savait pas même pas pourquoi.
Il ramassa les papiers et recommença à les passer en revue.
"Les Dixon sont connus pour être un peu ... brutaux. Combats, alcool, drogue ce genre de choses. La plupart des gens les évitent comme la peste."
Carol fronça les sourcils, se repassant sa rencontre avec le jeune homme en esprit.
Il avait l'air timide et un peu méfiant, mais certainement pas dangereux. Il n'était pas ivre et il n'avait pas l'air drogué non plus. En fait, il avait les yeux bleus les plus clairs qu'elle ait jamais vus.
"Peut-être que les gens d'ici ne leur ont tout simplement pas donné leur chance." offrit-elle comme elle se leva pour commander son café.
Quand elle se rassit Milton évitait son regard.
Elle prit quelques gorgées et attendit. Quand il leva enfin les yeux, il avait l'air un peu nerveux.
"Je ne sais pas pour le plus jeune, mais je sais tout ce qu'il y a à
savoir sur son frère. Il est dangereux. Il est dangereux à un tout autre niveau que Ed. Alors faites attention à vous, d'accord?"
Elle se repassa à nouveau en mémoire son visage magnifique, avant d'arrêter en se rendant compte que c'était bien la dernière chose à faire pour le moment.
Elle renversa une partie de son café dans la soucoupe en reposant la tasse trop brutalement.
C'était la dernière chose à laquelle elle avait besoin de penser. Qui se souciait si le garçon était beau? Pas elle en tout cas.
"Je suis toujours prudente, Milton." le rassura-t-elle.
" Eh bien, je suis désolé de changer de sujet mais nous avons un petit problème".
"Quoi donc? "lui demanda-t-elle en se doutant déjà de la réponse
"Il va essayer de retarder le divorce et de vous compliquer la vie par tous les moyens. Cela risque de durer un bon moment."
Elle hocha la tête, essayant de garder l'air stoïque. Intérieurement, elle avait envie de fondre en larmes.
Elle savait que rien n'était jamais facile quand il était question d'Ed mais elle avait nourri une petite lueur d'espoir. Qui avait suffi pour faire de cette nouvelle une vraie déception.
Elle prit une profonde inspiration et l'écouta lui exposer tous les détails. Elle arrivait à peine à lui prêter attention. Elle laissa son esprit vagabonder sans but pendant qu'il dissertait sur la meilleure façon de s'y prendre pour tout régler.
Parfois, comme maintenant, elle pouvait à peine supporter de penser à tout ça.
Parfois, elle avait l'impression qu'il aurait été plus facile pour elle de rester avec lui. Mais elle rejeta cette pensée. Elle se fabriquait une vie meilleure. Une vraie vie. Elle se faisait des amis et elle était prête à affronter le monde seule.
Même si c'était un concept effrayant.
Milton accepta de revenir la semaine suivante afin qu'ils puissent discuter de l'affaire plus en détail. Elle le remercia. Il semblait hésiter à mettre fin à leur entretien Carol comprit bientôt pourquoi.
"J'ai entendu parler de ce qui s'est passé hier." dit-il avec un regard bienveillant dans ses yeux.
"Oh?" Elle murmura-t-elle.
"Avec le travail. Vous savez, il y a sûrement d'autre endroits qui embauchent des serveuses. J'ai une amie qui est serveuse au Donavans. Elle à l'air de dire que c'est correct et que les pourboires sont vraiment bons. Je sais que vous ne devez pas avoir envie de travailler dans un endroit comme ça, mais ça serait toujours ça en attendant de trouver une meilleure place. Et nous allons nous arranger pour le paiement de mes honoraires, vous n'avez pas à vous en faire pour ça."
Elle sourit et soupira bruyamment.
" Serveuse de bar. " Elle secoua la tête." Je n'aurais jamais pensé que je finirais comme ça."
"Vous allez réussir à vous en sortir, c'est tout ce qui compte."
dit Milton en jetant un œil à sa montre. Il prit une dernière gorgée de son café, puis se leva d'un air pressé." Mon amie, son nom est Andrea, elle devrait être là bas à cette heure ci. Si vous allez lui parler, elle pourra peut être voir avec son patron pour que vous puissiez commencer au plus vite."
"Merci, Milton."
Il insista pour regarder les dommages causés à sa voiture avant de partir, même si elle doutait vraiment qu'il s'y connaisse plus qu'elle en voitures.
Elle avait été terrifiée par cette voiture quand elle avait réalisé qu'elle était à elle. Cela avait été celle de son grand-père et elle valait probablement une fortune, d'autant plus qu'il l'avait gardée dans un état impeccable depuis le jour où il l'avait achetée à la concession automobile en 1968.
Elle avait un moment pensé à la vendre, mais elle n'avait pas pu s'y résoudre.
Ca avait été le bébé de son grand père. Elle était vraiment triste que la carrosserie ait été abîmée aujourd'hui. Le pauvre homme devait sûrement se retourner dans sa tombe.
Elle se gara devant le bar et resta assise là sans rien faire pendant quelques longues secondes. Elle n'était pas trop heureuse de la situation mais elle n'avait pas vraiment le choix.
Elle se débrouillerait. Après tout, serveuse de bar ou de restaurent, ce n'était pas si différent. Ca ne devait pas être bien difficile de servir à boire à des ivrognes.
Elle resserra sa queue de cheval et sortit de la voiture.
Dès qu'elle tourna au coin du bâtiment et se précipita à l'ombre de l'auvent elle remarqua deux hommes qui se tenaient à côté de l'entrée.
L'un était un petit homme avec des yeux fuyants. Son teint était blême et quand il sourit elle vit qu'il avait sérieusement besoin d'une visite chez le dentiste.
L'autre homme était beaucoup plus grand, large d'épaules et musclé, plutôt agréable à regarder. Tout vêtu de noir. Il y avait quelque chose d'étrangement familier dans son visage, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Elle entra dans le bar faiblement éclairé dut plisser les yeux pour arriver à voir à travers l'atmosphère enfumée. Elle n'avait pas beaucoup d'expérience avec les bars.
Elle y avait été une ou deux fois, après ses vingt et un ans, mais c'était tout. Ed lui avait interdit de se rendre ou que ce soit, et surtout dans des endroits comme ça.
Lui, en revanche, avait l'habitude de passer beaucoup de temps ici à une époque. Elle ne savait pas s'il venait toujours, mais elle n'était pas trop inquiète.
Il n'allait pas tenter quelque chose contre elle dans un lieu public : il avait peur de retourner en prison, ne serait-ce que pour une nuit, alors même s'il la voyait ici, il la laisserait tranquille.
Elle s'approcha du bar, un homme plus âgé à l'air fatigué, se tenait derrière, remplissant des chopes de bière.
"Excusez-moi, monsieur. Est-ce qu' Andrea est là, par hasard?" demanda-t-elle à l'homme.
Il lui adressa un sourire aimable et puis hocha la tête vers la table la plus proche.
Là, debout, occupée à prendre les commandes de quelques hommes se trouvait une jolie blonde en mini-jupe et débardeur.
Jetant un coup d'œil autour d'elle, Carol remarqua que les autres serveuses portaient presque la même chose. Elle se figea.
Elle ne pouvait pas porter une jupe aussi courte! Déjà, elle ne pourrait jamais se résoudre à le faire, elle ne savait pas comment faisaient les autres femmes, mais elle se sentait bien plus à l'aise en jean et t-shirt qu'en jupe.
Mais en plus de ça, avec une jupe aussi courte tout le monde pourrait voir ces fichues cicatrices.
Elle sentit son cœur se serrer mais elle s'approcha de la femme et lui tapa légèrement sur l'épaule.
Après tout, ça ne coutait rien de demander. Peut-être qu'elle serait autorisée à porter quelque chose d'un peu long.
La femme se tourna vers elle et lui sourit. "Je m'occupe de vous tout de suite, ma belle. Pourquoi ne pas vous asseoir à cette table là-bas."
Elle fit un geste vers la table dans le coin de la pièce.
Elle se dirigeait vers sa table quand un des joueurs de billard recula brusquement, lui rentrant dedans et manquant de la faire s'étaler par terre devant tout le monde.
Elle sentit une paire de mains fortes la saisir par la taille et en un clin d'œil elle était à nouveau sur ses pieds.
Elle se retourna pour regarder la personne qui lui avait évité de se ridiculiser en public. C'était le même homme que dehors, le grand.
"Doucement ma jolie, ça serait dommage que tu te fasses mal."
Il sourit et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il passa devant elle et lui assena une grande claque sur les fesses. Il regarda par-dessus son épaule et lui fit un clin d'œil.
Carol rejoint sa table, en faisant particulièrement attention, cette fois.
Ses joues étaient en feu. Cet homme lui avait vraiment mis la main aux f...? Bon sang! Pas étonnant qu'Ed lui ait interdit de venir dans un tel endroit.
Au moins, c'était le beau mec et pas son ami aux yeux fuyants. Non pas qu'elle aime se faire toucher les fesses par n'importe qui mais tant qu'à faire autant que ce soit par un beau garçon.
Le visage de Daryl Dixon lui revint en mémoire une fois de plus et elle gémit à haute voix. Non mais qu'est ce qu'elle avait aujourd'hui?
Pourquoi est-ce que se faire mettre la main aux fesses lui remettait instantanément en tête le visage ridiculement beau de ce garçon alors qu'elle ne le connaissait même pas.
"Ok, désolée pour l'attente." Andrea sourit, stylo en main, prête à prendre sa commande. "Qu'est ce que je vous sers?"
"Vous êtes Andrea? " demanda Carol hésitante.
"C'est moi. " Elle regarda Carol pendant une seconde
" On se connait?"
Carol secoua la tête." Non Je suis une amie de Milton. Milton Mamet. En fait, il a dit que vous pourriez peut être m'aider à obtenir un travail ici?"
"Milton est vraiment sympa. Mais vous êtes sûre que vous voulez travailler ici? "demanda Andrea en regardant autour d'elle.
"Oui. Je viens d'être licenciée et il faut vraiment que je retrouve un travail le plus vite possible."
"Je vais en parler à mon oncle. Nous avons vraiment besoin d'aide. Enfin, il a vraiment besoin d'aide. Je viens juste ici de temps en temps pour lui donner un coup de main."
"Oh. Je croyais que vous travailliez ici à plein temps." déclara Carol, se sentant un peu confuse que Milton ne lui ait pas expliqué la situation.
"Je suis un procureur en droits civiques. "Elle sourit." Je viens juste quand mon oncle a besoin de moi."
"Il n'a pas mentionné cette partie."
"Eh bien, permettez-moi d'aller remplacer mon oncle derrière le bar pour que vous puissiez lui parler tranquillement. "
Elle sourit et conduisit Carol à travers la foule.
Elle passa à côté de l'homme qui lui avait mis la main aux fesses mais il ne regardait pas dans sa direction.
"Qui est-ce?" murmura Carol une fois qu'elles furent loin de lui.
Andrea secoua la tête." Ca, ce sont des ennuis en perspective. "murmura-t-elle. " Merle"
"Oh. Je vois."
Andrea secoua la tête." Je ne crois pas, non. C'est Merle Dixon."Elle prononça le nom comme lui laissait un goût amer dans la bouche.
A nouveau. Quelle désapprobation autour de ces hommes. Pourtant aucun des deux ne lui semblait mauvais. Enfin, pour le peu qu'elle savait d'eux.
Merle avait été relativement gentil avec elle et Daryl, et bien, il semblait très timide mais à part ça, il avait gentil aussi, en quelque sorte.
Enfin, Merle avait été un peu déplacé en lui touchant les fesses, mais après tout il lui avait évité une belle chute .
Elle s'arrêta net dans ses pensées quand elle réalisa ce qu'elle était en train de faire. Elle essayait de trouver des excuses à ces hommes, alors qu'il était plus qu'évident que les gens de cette ville les connaissaient bien mieux qu'elle.
C'était la deuxième fois en une heure qu'elle entendait cette réprobation dans la voix de quelqu'un alors qu'ils parlaient de ces frères.
Elle suivit Andréa, la tête haute, alors que certains des hommes du bar commençaient à la suivre des yeux.
Elle les connaissait.
Elle ne les avait pas remarqués avant mais elle avait vu ces hommes à plusieurs reprises alors qu'elle était mariée à Ed. Enfin, techniquement, elle était toujours mariée avec lui, même si dans sa tête elle se considérait comme célibataire. Elle en avait fini avec lui, mais, apparemment ses amis, eux, n'en avaient pas fini avec elle.
Elle n'avait pas le choix. Elle devait tout faire pour garder sa maison, payer ses factures et remplir son frigo.
Elle ne pouvait pas renoncer maintenant.
Lui céder et revenir auprès de lui n'était pas une option, peu importe l'enfer qu'il lui faisait vivre depuis son départ.
Ce n'était rien à côté de ce qu'il lui ferait subir si elle revenait.
Elle était même prête à dormir sur la banquette arrière de sa voiture s'il le fallait. Qu'Ed et ses imbéciles de copains aillent se faire voir.
Elle fut présentée à l'homme qu'elle avait vu derrière le bar quand elle était arrivée.
Son nom était Dale et il semblait vraiment être gentil. Andrea prit sa place derrière le bar et il la fit entrer dans un petit bureau sur le côté de la cuisine.
«Alors, vous êtes l'ex-femme d'Ed?" lui demanda-t-il en s'asseyant sur une chaise derrière son vieux bureau.
" Comment savez-vous cela? "demanda-t-elle sans réfléchir.
Il sourit. "Dans les petites villes comme ça, miss, il n'y a pas beaucoup de secrets."
"Génial, c'est vraiment génial. " murmura Carol en s'asseyant sur la chaise qu'il lui désigna de la main.
Cela prit à peine dix minutes, le temps de signer son contrat et les formulaires pour les impôts.
"Vous pouvez commencer ce soir?" lui demanda-t-il plein d'espoir.
Elle sourit et hocha la tête. C'était fantastique. Elle ne gagnerait pas beaucoup ici, mais c'était un déjà un début et elle allait continuer à chercher pour trouver un deuxième emploi. Elle n'allait pas perdre sa maison.
"Nous avons des uniformes là bas derrière. Je vais vous envoyer Andrea pour qu'elle vous aide à en trouver un à votre taille." dit-il en quittant la pièce.
Elle voulait lui poser la question, pour la jupe, mais elle n'osait pas. Elle verrait bien si Andrea allait pouvoir l'aider, mais elle n'allait certainement pas lui expliquer pourquoi. Elle avait le droit de garder certaines choses pour elle-même, même si les ragots allaient bon train dans une petite ville comme ça.
Andrea revint en souriant. "Bienvenue dans les rangs mon amie ! J'espère que tu vas te plaire ici. Maintenant que tu es là je vais peut être pouvoir ficher le camp de cet enfer!"
"Et bien, tu en parles comme d'un travail très agréable ! " déclara Carol avec un sourire.
Andrea roula des yeux et la conduisit à une autre petite pièce où il y avait plusieurs boîtes de ces "uniformes" toujours dans leurs sachets plastiques.
"Voyons voir." marmonna Andrea en fouillant dans la boîte qui contenait les mini jupes noires.
"Euh, Andrea?" La voix de Carol était si basse qu'elle n'était pas certaine que l'autre femme l'ait entendue.
"Oui?" Elle leva les yeux et le sourire s'effaça de son visage quand elle vit le regard inquiet de Carol.
"Je me demandais. Tu n'aurais pas quelque chose d'un peu plus long? J'ai vraiment besoin de porter une jupe si courte? "demanda-t-elle.
Andrea sembla étudier la question pendant un certain temps puis hocha la tête.
"Je dois te dire par contre que plus la jupe est courte, plus élevés sont les pourboires. "elle lui fit un clin d'œil.
Carol lui sourit sans répondre. "Je dois les essayer ici ou juste les ramener chez moi en espérant que tout m'aille?"
Andrea haussa les épaules. "En général, je suis assez douée pour deviner les tailles. Vas-y emmène les chez toi. Peut-être que je te verrai ce soir si je suis encore là."
"Ce serait bien. "répondit Carol en suivant Andrea à travers le bar.
Elles se dirent au revoir et Carol se dirigea vers la porte. Quand elle sortit sous l'auvent elle dut protéger ses yeux du soleil de fin d'après-midi.
Quelque chose n'allait pas avec sa voiture. Quand elle passa du côté conducteur, son cœur se serra. Ses pneus étaient à plat. Non seulement ça, mais ils étaient lacérés.
Ses bras retombèrent sur ses côtés, ses mains serrant encore l'uniforme ridicule. Elle était fatiguée de tout ça.
Quand est-ce que ce fils de pute psychotique allait enfin se décider à la laisser tranquille?
Elle avait envie de maudire la petite voix dans sa tête qui lui disait qu'il n'allait jamais s'arrêter.
Il allait bien se calmer un jour, il fallait qu'elle y croie.
Des larmes de colère lui montèrent aux yeux et elle se surprit elle-même en frappant dans son pneu pour évacuer sa frustration. Elle lui en voulait d'avoir fait ça et elle s'en voulait à elle aussi de le laisser la faire pleurer. Elle le haïssait. Et encore, haïr n'était pas un mot assez fort.
Elle se sentait mal rien qu'à l'idée de détester quelqu'un à ce point, mais c'était pourtant le cas.
Et ,coup de malchance, juste au moment où elle se retournait pour s'appuyer contre la portière conducteur, elle vit arriver un vieux pick up familier.
Il se gara quelques places plus loin et descendit de voiture.
Il ne semblait pas encore l'avoir remarquée.
Elle essuya précipitamment les larmes de son visage juste au cas où il s'arrêterait pour lui parler.
Il s'arrêta sur le trottoir quand il a la remarqua. Il la regarda juste une fraction de seconde avant de tourner les yeux. Puis il remarqua les pneus et il eut l'air presque aussi consterné qu'elle.
"Bon Dieu, qu'est ce qui s'est passé ?" grommela-t-il en l'ignorant complètement. Il se mit à genoux et parcourut presque amoureusement le pneu de la main.
Soudain, ses yeux étaient focalisés sur cette main , oubliant jusqu'à l'existence des pneus.
Sa main était grande, avec des doigts longs et gracieux et sales. Quand son doigt du milieu se glissa dans la fente elle sursauta, laissant tomber ses paquets par terre.
Petit Jésus! Elle était une sorte de perverse dégoûtante!
Elle pouvait sentir ses joues s'enflammer.
Puis il loucha vers elle. "Qui voudrait faire un massacre comme ça? Tu sais que ça pourrait bousiller ton bas de caisse, pas vrai? Plier tes jantes? Bon sang, ce sont celles d'origine en plus ...
"Encore et encore, il continuait sans avoir la moindre idée qu'elle se tenait à moins de deux mètres de lui en plein milieu d'une crise de panique.
"Hey! "Il dit un peu plus fort." Est-ce que t'écoutes ce que je suis en train de te dire? Tu dois t'occuper de ça, et vite. Tu peux pas laisser une voiture comme ça dans cet état, tu sais?"
Soudain, c'était comme si il avait réalisé à quel point il parlait. Il ferma la bouche et se leva rapidement.
Elle baissa les yeux et vit qu'elle n'avait pas encore ramassé l'uniforme, elle se pencha pour l'attraper. Comme par hasard, il était sur le point de le ramasser pour elle et leurs fronts rentrèrent en collision.
"Aïe." cria-t-elle en portant sa main à l'endroit douloureux. Elle leva les yeux en grimaçant. Lui semblait ne rien sentir du tout.
"Merde", il murmura-t-il "Je parie que ça fait mal. Mon père m'a toujours dit que j'avais la tête aussi dure qu'une pierre. Tu vas bien?"
"Je vais bien. J'ai juste besoin de rentrer à la maison et de mettre de la glace dessus. Ce n'est pas bien grave. "Elle grimaça.
Il lui tendit les paquets et fit un pas loin d'elle." Et la voiture?
Elle soupira et s'appuya contre la voiture. Elle se dit qu'elle allait devoir rentrer à pied maintenant, ce qui allait lui prendre une bonne trentaine de minutes. En plus, elle n'avait pas assez d'argent pour la faire remorquer jusqu'à sa maison. Elle n'avait pas vraiment de réponse à sa question.
"Je la laisse là, je suppose. Je ne peux rien faire d'autre pour l'instant."
Il la regarda comme si elle était stupide." Comment tu vas rentrer chez toi?"
Elle haussa les épaules." Pas vraiment le choix, je vais marcher."
"Tu sais qui est-ce qui a bousillé ta voiture ? " Lui demanda-t-il et en soutenant son regard pendant beaucoup plus longtemps que lors de leur précédente rencontre.
Elle hocha la tête.
"Quelqu'un que tu connais?"
"Mon ex-mari. "marmonna-t-elle avant de baisser les yeux sur les paquets dans sa main.
"Et c'est qui ? " lui demanda-t-il
"Ed Peletier"
"Oh, alors c'est toi. "marmonna-t-il.
"Qu'est ce qu'une fille comme toi peut bien faire avec un vieux con comme lui? Il était en classe avec mon frère."
Elle plissa les yeux." Je ne fais rien avec lui. "dit-elle sèchement." Enfin à part faire tout ce que je peux pour l'éviter."
"Ouais, ben on dirait que ça ne marche pas super bien. "
Il baissa les yeux vers le pneu et secoua tristement la tête.« Tu as quelqu'un que tu peux appeler, ou tu veux que je te dépose?"
"Je peux marcher." dit-elle obstinément. Finalement elle commençait à penser qu'elle l'aimait mieux quand il n'était pas aussi bavard.
"Et qu'est-ce que tu crois qu'il va faire quand il va te voir en train de rentrer à pied ? T'as pensé à ça ? Tout le monde par ici sait comment il te traitait, il..."
«Je vais marcher." dit-elle sèchement en passant devant lui.
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux à nouveau.
Bien sûr, tout le monde savait le genre de choses qu'Ed lui avait faites. C'était tout à fait son genre de se vanter.
Elle sentit une main ferme sur son poignet et se figea sur place. Il la lâcha dès qu'elle tourna la tête pour le regarder.
"Ecoute, puisque j'ai embouti ta voiture ce matin et que tu as laissé filer" Il haussa les épaules " Le moins que je puisse faire c'est de te déposer chez toi."
Il baissa les yeux, comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui dise d'aller au diable.
Elle repensa à ce que Milton et Andrea lui avaient dit.
Des ennuis. Ces hommes sentaient les ennuis. Mieux valait rester loin d'eux.
Elle pensa à ce qu'elle se répétait à elle-même tous les jours : n'aie confiance en personne, ne compte que sur toi-même, c'est la clé de la survie.
Mais elle sentait soudain très seule.
Elle étudia brièvement son visage, il n'y avait aucune trace de méchanceté. Elle voyait juste un garçon timide et qui ne semblait vraiment pas sûr de lui.
"Ca serait gentil, oui." s'est elle entendue dire.
Il releva brusquement la tête, comme s'il ne savait pas trop s'il avait bien entendu.
Elle vit que ses yeux étaient méfiants à nouveau, ne laissant rien paraître de ses pensées. "Tu as entendu les rumeurs sur moi et mon frère, Carol?" demanda-t-il.
En l'entendant prononcer son nom elle ressentit comme des paillons dans l'estomac.
Elle hocha la tête. "J'ai entendu, oui."
Il la regarda à nouveau pendant un long moment, puis se dirigea vers son pick up.
Elle le suivit, s'efforçant d'ignorer l'étrange sentiment d'anticipation qu'elle ressentait.
Elle n'allait pas à s'inquiéter à ce sujet pour le moment. Elle allait simplement rejeter le blâme sur sa blessure à la tête. Peut-être qu'elle avait une commotion cérébrale.
Sinon, pourquoi est-ce qu'elle serait sur le point de monter dans un pick up avec un avec un type potentiellement dangereux? Surtout un qui la faisait réagir de manière aussi inhabituelle.
