Chapitre 3 - Septembre 1896
« Hmmm... Ce n'est pas facile... »
« Pas facile ? Ne soyez pas ridicule. Les Gryffondors sont connus pour leur âme chevaleresque, ce que je ne possède pas. Serpentard ne croit qu'en l'obstination et l'ingéniosité, qualités que je n'ai pas non plus. Patience et vertu sont le credo des Poufsouffles, et, soyons honnêtes, je n'ai ni l'un ni l'autre. Ce qui nous amène à la conclusion évidente : je suis un Serdaigle ».
« ...SERDAIGLE ».
ARCHIBALD TWITTER AU CHOIXPEAU MAGIQUE
Cérémonie de répartition - Septembre 1892
oOo oOo oOo
- Pile à l'heure ! constata Ross en jetant un coup d'œil à sa montre à gousset.
Tante Cornelia lui lança un regard furibond : elle avait moyennement apprécié d'être réveillée si tôt pour accompagner son neveu à la gare. Archibald ravala son sourire quand elle le surprit et préféra étudier avec attention la façade de King's Cross, admirant la belle verrière qui captait les rayons du soleil.
- Un sou, m'sieur, pour emmener vos bagages !
Il baissa les yeux et dévisagea un jeune garçon qui ne devait pas avoir plus de huit ans et dont il manquait quelques dents. Il avait un regard rieur malgré ses guenilles, ses pieds étaient chaussés de cuir troué et son visage sale était caché par un béret. Archibald se sentit honteux : son costume était flambant neuf et il sentait le savon.
- Allez ouste chenapan ! s'exclama Ross en faisant de grands gestes pour le chasser.
Loin de s'en offusquer, le gamin des rues éclata de rire et détala pour aller proposer ses services ailleurs. Archibald regretta de ne pas lui avoir donné une petite pièce.
- Pas la peine d'être si présomptueux ! persifla sa tante tout en remettant son minuscule chapeau en place.
Ross descendit lui-même la malle de la diligence avant de rétorquer à voix basse :
- Et comment aurions-nous expliqué à ce gamin que nous nous rendions sur le quai 9 ¾ ?
- Il dit vrai, ma tante, dit Archibald, ignorant son regard outré.
Ross eut un sourire triomphant, se saisit de la malle et avança à l'intérieur de la gare. Archibald et Cornelia le précédèrent. Bastet, exaspérée d'être secouée dans tous les sens, miaula à n'en plus finir, attirant vers eux les regards curieux des passants.
- Chaque année, c'est la même chose, bougonna Cornelia sans baisser le ton de sa voix. La gare est pleine de moldus !
- Moins fort ma tante...
Ils arrivèrent devant les piliers délimitant les quais numéro neuf et dix. Une sorcière faisait passer les familles par petits groupes, s'assurant qu'aucun moldu ne regardait dans leur direction.
L'instant d'après, Archibald entra dans le monde de la sorcellerie.
La première chose qu'il vit fut la locomotive rutilante qui cracha une épaisse fumée blanche, l'enveloppant tout entier. Il se fit refouler par un sorcier et son fils, tous deux vêtus de capes, de robes et de chapeaux pointus, et se fit marcher sur les pieds par une vieille grand-mère qui le houspilla. Mais il s'en moquait éperdument : ici, il n'était pas l'héritier de Lord John Twitter, mais simplement Archibald. Il se délecta de la vue du Poudlard Express, se fit volontiers bousculer par des inconnus, écouta la cacophonie des animaux de compagnie qui croassaient, hululaient ou miaulaient, repoussa la main d'un vendeur de journaux qui proposait l'édition du matin de la Gazette du Sorcierpour seulement trois noises, zigzagua entre les valises posées au milieu du quai. Les conversations surtout semblaient irréelles à ses oreilles : des jeunes sorciers ne s'accordaient pas sur les résultats d'un match de Quidditch qui s'était tenu la veille, deux employés du ministère bavardaient sur la nouvelle loi obligeant désormais un double fond aux chaudrons et une jeune sorcière racontait à ses amies le dernier roman à la mode – une histoire de loup-garou tombant amoureux d'une cracmolle.
Archibald se tourna vers sa tante et lui adressa un sourire ravi.
Ross alla à la rencontre du chef du train pour lui confier la malle, qui fut aussitôt lévitée dans le wagon prévu à cet effet, avant de revenir vers Archibald.
- Il va être l'heure, Monsieur, annonça-t-il, le nez dans sa montre.
Archibald hocha la tête, serrant contre lui le panier de Bastet. Sa tante devina ses pensées : comme chaque année, il regrettait que son père ne l'accompagne pas. Elle eut pour lui un sourire et lui tapota affectueusement la joue :
- Allez mon garçon ! Il est temps de faire sauter quelques chaudrons à Poudlard !
Il éclata de rire et embrassa avec affection sa tante.
- À bientôt, lui chuchota-t-elle à l'oreille. Si tu as un problème, envoie-moi un hibou, je rappliquerai dans l'heure.
Il serra ensuite la main de Ross, lui souhaitant un bon retour au manoir.
- N'oubliez pas de m'avertir de votre arrivée ! s'exclama Ross, lui aussi un peu ému.
- J'y penserai.
Archibald prit d'une main sa sacoche, tout en portant la cage de Bastet contre son flanc, et monta à bord du Poudlard Express. Il chercha aussitôt un visage connu et tomba sur Hamilton au milieu de la rame. Hamilton Piccadilly était un jeune garçon de quinze ans aux cheveux bruns toujours décoiffés et à l'air toujours sérieux. Il remonta nerveusement sa paire de lunettes rondes qui avait glissé au bout de son nez et sourit en voyant Archibald.
- Oyez, oyez ! Notre bon Lord Twitter foule le sol des mortels ! se moqua-t-il.
- Tu ne vas pas faire comme Brutus, j'espère ! Un ça va, deux, je ne survivrai pas.
Il délivra Bastet de sa cage - qui siffla de mécontentement et qui se réfugia aussitôt dans le porte-bagages au-dessus de lui – avant de se laisser tomber sur la banquette avec un soupir de satisfaction.
- As-tu croisé Malefoy ? s'enquit Hamilton.
- Non. Ne te fais pas de souci : il arrivera en bon dernier, comme à son habitude. Il aime se faire désirer. Alors, tes vacances ?
- Contrairement à certains qui ont combattu un Epouvantard, les miennes étaient ennuyantes à mourir.
Archibald leva les yeux au ciel sous les rires d'Hamilton.
- J'imagine que tu as reçu un Rappel de Restriction ?
- Correction :mon pèrea reçu la lettre. Je m'en suis pris plein les oreilles... Vivement la majorité pour que l'on puisse éternuer sans que le Ministère n'envoie une Beuglante !
Hamilton lui raconta ses vacances en Cornouailles, chez une tante qui tenait à la fois une boutique d'apothicaire et qui lisait les lignes de la main pour les moldus.
Par la fenêtre, Archibald aperçut Brutus Malefoy. Il se leva aussitôt, abaissa la vitre du compartiment et le héla. Brutus le vit et grimaça, ayant horreur de se donner en spectacle. Archibald le vit lui tourner ostensiblement le dos et poursuivre sa discussion avec ses parents.
- Tu crois qu'il nous a vus ? demanda Archibald, faussement inquiet.
- Je l'ignore... répondit Hamilton sur le même ton. Appelons-le.
Ils crièrent le nom de Brutus, tapèrent contre la vitre, sifflèrent. Brutus les fusilla du regard, Archibald et Hamilton lui tirèrent la langue.
- Il va nous massacrer !
- J'en doute, le contredit Hamilton. Il a bien trop besoin de notre amitié.
Le chef de gare siffla le départ imminent du Poudlard Express et Brutus ne tarda pas à les rejoindre, traînant sa mauvaise jambe et d'une humeur massacrante. Il s'installa lourdement sur la banquette, fusillant au passage ceux qu'il daignait appeler ses « amis », tapant avec impatience le sol de sa canne.
- On a bien cru que tu allais rater le train, dit Hamilton, en guise de salut.
- Cela nous aurait brisé le cœur, certifia Archibald.
- Silence vous deux. Vous avez vraiment l'art de m'embarrasser devant mes parents !
Il y eut un deuxième sifflet strident puis une secousse : le Poudlard Express quittait le quai. Aucun des trois ne regarda par la fenêtre, n'ayant personne à saluer. Le train prit de la vitesse, passant à toute allure dans les rues de Londres.
On toqua à la porte du compartiment et Archibald alla ouvrir : un garçon et une fillette terrorisés demandèrent en bégayant s'ils pouvaient s'asseoir ici. Archibald ouvrit la bouche, mais Brutus fut plus rapide :
- Non ! Il n'y a pas de place ici. Fichez le camp.
Le garçon et la fille ne se le firent pas dire deux fois et rebroussèrent chemin. Archibald ferma la porte et lança un regard perçant à Malefoy :
- Ce n'était pas très gentil.
- Je m'en moque éperdument, ronchonna Brutus. Ma jambe me fait un mal de chien depuis ce matin. J'ai besoin d'espace.
- Toujours en train de se plaindre celui-là, soupira Hamilton, avant de se redresser vivement, catastrophé. Attends, c'est toi qui as été choisi ?
Il montra du doigt le badge des préfets que Brutus avait accroché à sa poitrine. Il se rengorgea aussitôt et Hamilton poussa un gémissement.
- Mon année est fichue !
- Je t'ai à l'œil, Piccadilly. Respire de travers une fois et je te retire une quantité astronomique de points.
- Tu n'as pas le droit !
- Je vais me gêner tiens !
- À votre avis, coupa Archibald, sentant que le ton allait monter, qui sont les heureux élus dans les autres maisons ?
Brutus se tapota le bout du nez et prit un air songeur :
- Voyons : qui Têtenjoy a bien pu nommer chez les Gryffondors ? Mmh, je donne ma langue au Niffleur...
Archibald se rembrunit : qui d'autre que Mr Parfait pour être le préfet des lions ?
Albus Dumbledore était le petit génie de leur promotion et l'élève favori des professeurs de Poudlard. Archibald le détestait, lui et son petit air supérieur. Un génie de la métamorphose, un virtuose en sortilège, un duelliste accompli, un brillant potionniste... Les flatteries ne cessaient de pleuvoir sur sa personne.
- Je commence à regretter d'avoir accepté le titre de préfet ! s'exclama Brutus. Qui est l'heureux élu à Serdaigle ?
Hamilton avoua ne pas savoir et Archibald finit par dire que c'était lui.
- Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? s'écria Hamilton, outré de ne pas avoir été mis dans la confidence.
- Parce que je l'ai refusé.
Brutus le dévisagea, choqué.
- Ai-je bien entendu ? Ma parole, Twitter, tu débloques complètement ! Pourquoi ?
- Parce que je ne tiens pas à perdre mon temps. Crapahuter dans tout Poudlard une bonne partie de la nuit, prendre des directives, donner des ordres, participer à des réunions sans fin, être le Cerbère du règlement ? Très peu pour moi, merci.
- Justement, c'est toute la beauté de la chose ! s'exclama Brutus.
Archibald le foudroya du regard, agacé. Ils ne comprenaient pas. Tout ce qu'Archibald souhaitait, c'était avoir la paix et ne pas être dérangé à tout moment pour des questions futiles.
Le silence tomba dans le compartiment. Au bout d'un moment, Archibald fouilla dans son sac pour tirer un grimoire traitant de la magie égyptienne, tandis qu'Hamilton rêvassait, le regard perdu dans les paysages qui défilaient à toute allure. Seul Brutus troublait la sérénité du moment, tapant régulièrement le sol de sa canne, signe d'une profonde contrariété.
- Je ne te ferai pas changer d'avis, n'est-ce pas ? finit-il par dire.
Archibald leva les yeux de sa lecture et secoua la tête. Brutus se leva alors, arrangeant sa tenue.
- Où vas-tu ? s'étonna Hamilton.
- En tant que préfet, je dois assister à la réunion de début d'année. Ne m'attendez pas. Oh, et Twitter : rappelle-moi de retirer un point à Serdaigle pour « débilité passagère » quand on arrivera à Poudlard.
Une fois le calme revenu dans le compartiment, Hamilton se leva à son tour pour récupérer un livre dans son propre sac.
- Il a raison, tu sais : tu vas regretter de ne pas avoir accepté le poste.
Archibald haussa les épaules et ne répondit pas, s'enfermant dans un silence boudeur.
oOo oOo oOo
La pluie tomba peu dans l'après-midi. Brutus ne revint pas dans le compartiment et Archibald se demanda s'il ne boudait pas pour de bon ou s'il avait raison au sujet des réunions sans fin.
La porte s'ouvrit et la sorcière au chariot rempli de confiseries passa sa tête pour demander s'ils ne voulaient pas quelque chose. Hamilton sauta sur ses pieds et fouilla au fond de ses poches pour y dénicher quelques noises mises de côté.
- Vous avez des souris glacées ? Je vais prendre une boîte. Archibald, quelque chose ?
Il se laissa tenter par une baguette magique à la réglisse ainsi que des dragées surprises et prit pour Brutus un paquet de gnomes au poivre en guise de cadeau de réconciliation.
Ils dévorèrent leurs bonbons, pariant sur le goût des dragées en riant, dans une atmosphère détendue. La porte s'ouvrit alors une nouvelle fois et une jeune fille à l'air maussade entra :
- Est-ce que je peux m'installer ici ? Les garçons de mon compartiment ont commencé une bataille explosive et je n'arrive pas à lire.
Hamilton lui fit signe de venir et elle referma la porte avant de s'asseoir. Curieux, Archibald tenta de déchiffrer le titre de son livre : Wiccapedia, le livre des sorcières des temps modernes. Elle ne prononça plus un mot, confortablement installée et Archibald l'oublia.
Brutus revint au milieu de l'après-midi, encore de plus mauvaise humeur.
- Twitter ! Débrouille-toi comme tu veux, mais reprends ton badge de préfet ! déclara-t-il en se laissant tomber sur la banquette. Nos délicieux préfets-en-chef ont décidé des binômes et je dois faire équipe avec cette timbrée de Louisa Mercury, de Gryffondor. Par Merlin, qu'est-ce que tu fiches ici, Winthrope ?
La fille sursauta et lorgna Brutus d'un œil détestable.
- Ce ne sont pas tes oignons, Malefoy, rétorqua-t-elle d'un air pincé.
- Si, depuis que tu occupes mon compartiment. Qui t'a donné l'autorisation de venir ici ?
- Dis, tu peux arrêter de sauter à la gorge de tout le monde ? soupira Archibald, exaspéré par son comportement. Et dis-nous plutôt qui d'autre est préfet.
Brutus donna le nom des jumeaux McBee pour les Poufsouffles, qu'Archibald ne connaissait pas. Daisy Weasley de Serdaigle et Olympia Lestrange de Serpentard avaient aussi été nommées.
- Et bien sûr, notre cher Albus, grimaça Malefoy. Vous l'auriez vu durant la réunion ! Avec son balai coincé dans le derrière et sa manie de hocher la tête comme s'il se prenait pour le Ministre... Quelle plaie.
Archibald compatit et lui tendit les gnomes au poivre.
- Tu essayes de m'acheter, Lord Twitter ?
- Va en enfer ! grogna Archibald.
- À ton avis, d'où crois-tu que je vienne ? répliqua Brutus en acceptant néanmoins de bonne grâce les sucreries.
La nuit était tombée depuis longtemps quand le Poudlard Express arriva à la gare de Pré-au-Lard. Une vive agitation s'empara des compartiments : tout le monde se bousculait pour revêtir en hâte leurs robes de sorcier. La fille s'éclipsa sans bruit à un moment donné, laissant les trois garçons seuls. Archibald et Hamilton nouaient leurs écharpes aux couleurs de Serdaigle quand ils entendirent la grosse voix de la gardienne des clés et des lieux de Poudlard rugir dans la nuit.
- Les premières années, par ici !
- Toujours là celle-là ? marmotta Archibald.
Au cours des années passées, il avait eu affaire à la terrible Grace Perkins, autrefois une guerrière au service du ministère. Ses batailles contre les mages noirs lui avaient coûté une jambe et un œil, mais pas son regard de faucon. Depuis dix ans elle occupait le poste de gardienne de Poudlard et connaissait le château et la forêt dans ses moindres recoins : combien de fois Archibald s'était-il fait pincer à cause de son flair redoutable, alors qu'il traînait dans les couloirs après le couvre-feu ?
- J'ai l'œil sur toi mon garçon ! l'avait-elle plusieurs fois menacé.
- Lequel ? avait-il osé rétorquer. Il vous en manque un sur deux...
Archibald regarda les premières années craintives se presser autour de Mrs Perkins, se demandant dans quel chaudron ils allaient être cuits.
Il suivit Hamilton et Brutus jusqu'aux calèches qu'ils eurent la malchance de partager avec Dumbledore et son loyal Botruc, Elphias Dodge. Dumbledore, affable comme toujours, les salua. Brutus l'ignora superbement, Archibald grogna, seul Hamilton lui répondit en retour.
Albus Dumbledore avait encore grandi durant les vacances – ce qui irrita Archibald. Ses cheveux roux étaient en désordre et évoquaient un feu incandescent, et il avait des yeux bleus, à la fois perçants et rieurs. Par son caractère naturellement gentil et jovial, sa compagnie était recherchée par la quasi-totalité des élèves.
Archibald était le seul à avoir deviné le véritable fond de Dumbledore : ce n'était qu'un sale prétentieux à l'ambition démesurée, qui aimait être aimé et ne souhaitait qu'être reconnu et admiré. Hamilton disait volontiers que ce n'était que de la jalousie et qu'Albus avait un bon fond, mais Brutus était entièrement d'accord avec Archibald :
- Un serpent dans la peau d'un lion, avait-il persiflé. Quel formidable Serpentard il aurait fait !
Dans un grincement de roues, la calèche s'immobilisa devant la grande porte en chêne de l'école et Archibald sauta hors du véhicule tiré par les Sombrals, levant les yeux vers l'imposant édifice.
Comme beaucoup avant lui – et sans doute après lui -, Archibald était heureux de retourner à Poudlard. Il gravit les marches et entra dans le hall, où l'odeur si particulière de la poussière froide des vieilles pierres lui assaillit les narines.
Les élèves se dirigèrent vers la Grande Salle, dans un joyeux chahut. Archibald et Hamilton se dirigèrent vers la table des Serdaigles, Brutus les quitta pour celle des Serpentards. Le ciel du faux plafond était dégagé, révélant une belle nuit étoilée, les plats en or étaient désespérément vides et il n'y avait aucun absent à la table professorale.
- Dommage, soupira Hamilton en prenant place. Je pensais que Ashbrow avait donné sa démission...
- Non, elle sera là jusqu'à la fin de notre scolarité pour nous torturer. Après seulement elle démissionnera.
- Merci d'être aussi optimiste ! Attends, il y a un petit nouveau ! Non, deux !
Archibald leva les yeux en direction des professeurs : en effet, un nouveau venu discutait avec animation à leur professeur d'Histoire, Arnold Wannamaker.
Quant à l'autre présence...
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent brusquement et le flot de premières années passa entre les tables, conduit par la sous-directrice de Poudlard, le professeur Galatea Têtenjoy. Ils se groupèrent tous près de l'estrade, faisant face à Monsieur le Directeur, Phineas Black, l'air toujours aussi sévère et grognon. Le silence se fit sans effort, et le Choixpeau Magique, placé sur son tabouret à la vue de tous, ouvrit la déchirure qui lui servait de bouche et chanta :
Chaque année, c'est la même chose,
Je vous conte l'histoire des fondateurs,
Cette fois-ci je change ma prose
Ouvrez grand vos oreilles, voici venue l'heure
Il y a longtemps, très longtemps,
Poudlard était un marécage boueux
Gardé par un dragon malfaisant
Qui dévorait les voyageurs curieux.
Et c'est pourtant ici
Brique par brique, tour par tour,
Que Poudlard fut construit,
Avec rien d'autre aux alentours.
Au nord un profond lac noir
Et ses eaux remplies de mystères
Au sud, une Forêt nimbée de brouillard
Gardien d'arbres centenaires.
Il ne fallait pas moins qu'un château
Un temple de l'érudition
Pour accueillir les jeunes cerveaux
De sorciers en perdition.
Un dédale de mystères, un labyrinthe de magie,
À chaque croisement, un voile secret.
Prends garde, sorcier, de ne pas être pris,
Dans les toiles trompeuses de cet étrange palais.
Car rien de bon n'arrive par la convoitise,
Au bout, tu peux trouver la mort.
N'oublie jamais cette devise :
« On ne chatouille pas le dragon qui dort ».
Vous vous attendiez à une jolie chanson,
Remplie de bons sentiments ?
Voici maintenant les quatre maisons
Mais très rapidement, je n'ai plus le temps.
Rejoindrez-vous Gryffondor,
Au cœur hardi et vaillant ?
Ou plutôt Serdaigle
Maison des esprits intelligents ?
À moins que ce ne soit Poufsouffle,
Qui accueille chacun sans distinction ?
Ou alors les Serpentards,
Chez qui règne l'ambition.
Petits sorciers
Venez m'essayer
Je vais vous guider
Vers votre destinée.
Les applaudissements manquèrent d'enthousiasme et Archibald échangea un regard interrogateur avec Hamilton.
- S'il voulait terroriser les premières années, c'est réussi !
Hamilton lui répondit d'un haussement d'épaules avant de suivre avec attention le déroulement de la cérémonie de répartition. Archibald regarda sans grand intérêt les élèves se faire répartir dans les quatre maisons. Il savait qu'il aurait dû être plus attentif. Après tout, il avait été un jour à leur place…
Lorsque le dernier fut envoyé à Poufsouffle, le directeur Black se leva et le silence se fit aussitôt.
C'était un vieux sorcier à l'allure sévère et au regard dépourvu de chaleur : il n'était recommandé à personne de se retrouver dans son bureau. Derrière son dos, il était surnommé l'Impitoyable.
- Silence, dit-il alors qu'aucun bruit ne se faisait entendre. Avant de commencer, quelques mots : Poudlard organise cette année la soixante et onzième édition du championnat inter-maison de potions. Les quatre élèves qui porteront les couleurs de leur maison seront sélectionnés en octobre et j'attends de ces personnes honneur et distinction.
La nouvelle enchanta une faible partie de la population estudiantine, l'autre moitié – c'est à dire ceux qui ne parvenaient pas à décrocher au moins un Acceptable en cours de potion – poussa un soupir d'ennui.
- Silence ! gronda de nouveau le directeur, justifié cette fois. Je vous prierais maintenant d'accueillir notre nouveau bibliothécaire, Mr Cyrus McArthy.
Les élèves applaudirent poliment : l'arrivée d'un nouveau bibliothécaire ne bouleversait pas leurs habitudes.
En revanche, quand le directeur présenta la sorcière, Archibald ne put s'empêcher de grimacer.
- Poudlard reçoit également entre ses murs la Princesse Olga Nicolaïevna Romanova. Elle restera avec nous quelques semaines. Elle est notre invitée de marque. Veuillez lui faire part de votre respect et de votre déférence.
N'ayant plus rien à ajouter, il se rassit. L'instant d'après, les plats apparurent sur les tables et Archibald put enfin apaiser la faim qui lui tiraillait l'estomac.
- Ça va beaucoup mieux, soupira d'aise Hamilton après avoir avalé deux cuillères de porridge.
Les conversations allaient bon train dans la Grande Salle. Archibald croisa pendant un moment le regard de Brutus : il lui faisait des signes de la tête en direction de la table professorale. Archibald suivit son regard : la Princesse Olga le dévisageait intensément.
- Tu la connais ? demanda Hamilton, curieux.
- Je l'ai croisée en France. C'était elle qui avait l'Epouvantard dans sa malle. Je me demande ce qu'elle fait là...
- Black a dit qu'il s'agissait d'une Princesse, non ? De Pomania ou je-ne-sais-quoi.
- Romanov, le corrigea Archibald en rompant un petit pain blanc. Elle est russe, de la famille impériale.
- J'avais oublié que tu en connaissais un rayon sur les têtes couronnées ! Mais j'ignorais qu'il y avait des sorciers dans ce genre de famille. En tout cas, elle n'a pas l'air commode.
- Non, elle ne l'est pas... répondit distraitement Archibald.
Que faisait-elle ici, à Poudlard ? Ce n'était sûrement pas pour le beau temps et le soleil d'Écosse qu'elle était venue ici...
Lorsque la dernière part de gâteau à la citrouille disparut des tables, tous les élèves se levèrent et, sous les ordres conjoints des préfets, quittèrent la Grande Salle.
Archibald eut pendant un court instant un peu honte de laisser sa camarade de Serdaigle, Daisy Weasley, seule face à des premières années apeurées.
Brutus, lui, semblait prendre son rôle très à cœur : sa canne tapa le sol pour obtenir le silence et ses yeux gris semblaient lancer des éclairs.
- Suivez-moi, dit-il simplement.
Archibald attendit avec Hamilton que la salle se vide progressivement pour regagner à leur tour leur Salle Commune. Mais, à peine mirent-ils un pied dehors qu'une voix interpella Archibald :
- Twitter ! Un mot.
Il leva les yeux au ciel, agacé : cela ne pouvait-il attendre demain ?
Il se tourna vers le professeur Juniper Ashbrow, qui l'emmena sans rien dire à son bureau, situé au premier étage. Il savait qu'il allait en prendre pour son grade : le front du professeur s'était creusé, signe d'un profond agacement.
Elle ouvrit la porte de son office d'un mouvement de baguette et lui ordonna de s'asseoir d'un ton sec. Sans un mot, elle chercha dans sa pile de parchemins un courrier qu'elle agita sous le nez d'Archibald il reconnut sans peine son écriture.
- Explications, Twitter.
Jamais, au grand jamais il ne fallait contrarier le professeur Ashbrow. Et il ne fallait pas non plus se fier à sa petite taille : elle pouvait être très impressionnante quand elle était en colère.
- Je suis désolé, professeur. Mais je ne souhaite pas devenir préfet. Comme je vous l'ai exposé dans ma lettre.
- Ce n'est pas par lubie que je vous ai choisi, Twitter, dit-elle en s'appuyant sur son bureau, face à lui. Vous êtes un élève brillant et discipliné. Et, contrairement à ce que certains pensent, être préfet ne signifie pas enlever des points et se pavaner dans les couloirs avec un badge étincelant accroché à la poitrine. Il s'agit surtout de veiller au respect du règlement. Et j'ai jugé que vous rempliriez parfaitement ce rôle.
- Eh bien, pas moi ! rétorqua Archibald, irrité.
Ashbrow fronça encore un peu plus ses sourcils et le regarda par-dessus sa paire de lunettes au verre épais.
- J'imagine que rien ne vous fera changer d'avis ? demanda-t-elle froidement, en écho à ce qu'avait dit Brutus dans le train un peu plus tôt dans la journée.
- Non.
- Alors, donnez ceci à Mr Piccadilly, lui au moins n'aura pas la bêtise de refuser ! Vous pouvez y aller.
Archibald prit le badge, qu'il serra dans son poing. L'année commençait bien : il avait réussi à se mettre Ashbrow à dos...
Il n'ajouta rien et sortit du bureau, ignoré par sa directrice de maison.
oOo oOo oOo
Le lendemain, les élèves reçurent leur emploi du temps. Tout en sirotant sa tasse de thé, Archibald étudia le sien : il commençait sa journée par potions.
Le mauvais sort semblait s'acharner sur lui...
- Ne tire pas cette tête, Lord Twitter, ou tu vas faire fuir tous les Niffleurs, se moqua Brutus en enjambant le banc. Allez, montre-moi ça.
Archibald lui donna son emploi du temps qu'il parcourut :
- Dommage, nous n'aurons que les cours de Défense en commun. Et mauvaise nouvelle pour toi, je sais que tes cours de potions auront lieu en même temps que les Gryffondors.
- Je t'en prie, remue le couteau dans la plaie, je ne l'ai pas bien senti... grommela-t-il.
Brutus eut un rire que se changea en grimace à la vue d'Hamilton : celui-ci arborait l'insigne des préfets bien visible sur sa robe.
- Miséricorde, je suis fichu ! Ashbrow aurait dû confier le poste au Calamar Géant, lui au moins aurait plus de bon sens !
Hamilton lui lança un regard mauvais :
- Hé, tu te souviens quand j'ai demandé ton opinion ? Ouais, bah moi non plus ! ronchonna-t-il.
- Oh oh ! J'en connais un qui commence à regretter d'être préfet ! sourit Brutus.
Hamilton l'ignora, beurrant ses petits pains. La cloche annonçant le début des cours retentit au même instant, provoquant un soupir de sa part.
- Quand faut y aller, faut y aller ! dit Archibald en récupérant son sac de sous la table.
Il laissa le temps à Hamilton d'avaler à la hâte une tasse de café qui lui brûla le palais, puis salua Brutus qui se rendait lui en cours de sortilège.
La journée fut longue : il fallut reprendre les anciennes habitudes. Ashbrow fut intraitable : à peine mirent-ils un pied dans sa salle de classe qu'elle exhorta ses élèves de cinquième année à suivre avec assiduité ses cours, en vue de préparer leurs BUSE. Puis, elle leur donna à préparer un philtre de paix, et la classe ne tarda pas à étouffer sous les vapeurs argentées de la potion.
Archibald ne fut pas mécontent de sortir de la salle, le professeur Ashbrow lui en voulant toujours de sa défection.
Il fut nettement plus heureux de se rendre en cours d'Histoire de la Magie, où le professeur Wannamaker l'accueillit avec un franc sourire : ce n'était un secret pour personne qu'Archibald était l'un de ses élèves préférés. Cependant, lui aussi fit quelques allusions aux BUSE, et Archibald comprit qu'aucun professeur ne leur épargnerait ce genre de discours moralisateur sur leurs examens de fin d'année.
La première semaine passa, entre mises en garde et devoirs, et Archibald poussa un soupir de soulagement quand le week-end se profila à l'horizon. Il profita d'un après-midi pluvieux pour trouver refuge à la bibliothèque, l'endroit qu'il préférait le plus à Poudlard.
Ici, les livres avaient une âme et il n'était pas rare d'entendre leurs chuchotis lorsque le silence régnait. Archibald laissa ses doigts courir sur les tranches, respirant avec délectation la bonne odeur d'encre, de papier et de poussière.
Lors de sa première année, il s'était promis de lire tous les livres avant la fin de sa scolarité : hélas, il avait rapidement compris que c'était impossible. La bibliothèque contenait plusieurs dizaines de milliers de livres, sur tous les sujets possibles : dracologie, herbologie, alchimie, juridique, histoire, magico-zoologie, métamorphose...
Et surtout, il y avait la Réserve, symboliquement séparée du reste par un cordon. Archibald devait attendre sa septième année avant de pouvoir y accéder.
- Je peux vous aider ?
Il sursauta, perdu dans ses rêveries. Il n'avait pas entendu le bibliothécaire approcher. Cyrus McArthy suivit son regard, et eut un bref sourire.
- Ah ! Je vois. Êtes-vous tenté de découvrir les secrets sur la Magie Noire ?
- Oh non ! se récria Archibald, les oreilles en feu. C'est juste que ce sont des livres et...
- N'en dites pas plus, mon jeune ami ! Vous êtes un bibliophage !
Archibald ouvrit des yeux tout ronds. Devait-il se sentir insulté ? McArthy éclata de rire.
- Ne vous méprenez pas : ça veut simplement dire que vous êtes un dévoreur de livres. Je vous comprends, je suis pareil ! Ne soyez pas gêné. Hélas, mon jeune ami, je n'ai pas le droit de vous laisser aller dans cette section.
Archibald hocha la tête et tourna les talons pour aller se perdre dans les rayonnages dédiés aux sortilèges. Il choisit au hasard ses prochaines lectures : Anthologie des enchantements au XVIII° siècleet Sorts et Enchantements anciens et oubliés. Il revint au bureau du bibliothécaire pour enregistrer leurs sorties :
- Sacrées lectures ! s'exclama-t-il. J'espère que vous avez une bonne vue, celui-ci est écrit en caractères minuscules, rajouta-t-il en tapotant la couverture de l'Anthologie. À quel nom ?
- Archibald Twitter.
McArthy leva vers lui un regard surpris.
- Twitter ? J'ai connu un Twitter, dit-il d'un air songeur. Il y a très longtemps.
Ce fut au tour d'Archibald de se montrer surpris. Les Twitter étaient moldus, comment pouvait-il les connaître ?
Même s'il en fut troublé, le bibliothécaire ne le montra pas et enregistra consciencieusement les deux ouvrages.
Archibald en profita pour l'observer discrètement : un visage anguleux, des yeux sombres, une épaisse barbe brune, un nez aquilin. Un physique de passe-partout en somme. Il avait la peau tannée de ceux qui passaient le plus clair de leur temps dehors et ses mains étaient parsemées de cales et parcourues de cicatrices.
Archibald eut l'impression que cet homme n'était pas réellement un bibliothécaire.
- Et voilà jeune homme ! En vous souhaitant une bonne lecture.
- Merci.
Il prit les deux livres et les rangea avec précaution dans son sac, avant de lui souhaiter la bonne journée, troublé.
oOo oOo oOo
« Poudlard, le 20 septembre 1896
Cher Père,
Je vous prie de bien vouloir me pardonner le retard de ce hibou : ce début d'année scolaire a débuté à toute allure, et nos professeurs commencent déjà à nous mettre la pression avec les examens de fin d'année.
Je vais bien, même si je suis un peu surchargé de travail. Nous avons commencé à étudier le sortilège de disparition en métamorphose et celui du mutisme en enchantement. Notre professeur d'Histoire va nous faire étudier dès la semaine prochaine les débuts du Code International du Secret Magique... »
Archibald laissa sa plume en suspens : il ne savait pas quoi rajouter. Lors de sa première année, il se souvint d'avoir écrit des pages et des pages de parchemins afin de lui décrire Poudlard, les matières qu'il suivait, les professeurs... Mais il s'était vite rendu compte qu'il perdait son temps. Père ne lui répondait que très rarement. Depuis, Archibald ne se contenait que du strict minimum.
« La météo est très mauvaise en ce moment, mais ce n'est pas pour autant que les sélections de Quidditch sont annulées. Mes camarades espèrent de cette année qu'elle portera Serdaigle à la victoire.
Comment vous portez-vous ?
Mes amitiés à Lady Adélaïde et Charlotte,
Archibald ».
Il signa le parchemin et le plia en quatre pour le glisser dans une enveloppe, sur laquelle il inscrivit l'adresse du manoir. Puis, il s'habilla chaudement pour affronter les bourrasques de vent, et annonça à Hamilton qu'il rejoignait la volière. Hamilton répondit à peine, absorbé par son devoir de runes à rendre pour le lendemain.
Archibald ne croisa personne d'autre que le bibliothécaire dans les couloirs, qui semblait s'être perdu à cause des escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête.
Il gagna enfin la volière, essoufflé par la montée des marches. Mais, alors qu'il ouvrait la porte, une forte odeur de tabac lui picota les narines : il ne fut pas surpris de voir la Princesse Olga, emmitouflée dans une cape de fourrure. Elle regardait d'un air songeur un hibou qui s'envolait au loin.
Archibald se racla la gorge pour annoncer sa présence, et elle se tourna vers lui, tenant sa cigarette du bout de ses doigts. Elle semblait se moquer de savoir que le nuage de fumée importunait les hiboux présents, dont plusieurs fuyaient déjà l'odeur pestilentielle.
- Votre Altesse, salua Archibald.
- Tiens ! Twitterrr. Tu me déçois mon garrrçon, je pensais que tu serrrais venu me prrrésenter tes hommages bien plus tôt.
Il voulut lui répliquer qu'il était avant tout un étudiant et qu'il avait autre chose à faire que de lui « présenter ses hommages ». Il retint cependant sa langue et s'excusa du bout des lèvres.
- Ce n'est rrrien.
Elle n'ajouta rien d'autre. Archibald s'autorisa à accrocher sa lettre à la patte d'un hibou de l'école et le regarda partir par l'une des fenêtres.
- Comment se porte votre Epouvantard ? demanda-t-il poliment.
La vieille princesse éclata de rire.
- Bien, merrrci de me le demander ! Il a rrrejoint les pénates de Galatea : elle s'en serrrvirrra pour ses trrroisièmes années.
Un court instant, Archibald aurait voulu lui demander ce qu'elle faisait exactement à Poudlard, mais jugea que cela aurait été un peu déplacé. Alors, il se contenta de la saluer d'une inclination de la tête et sortit de la volière.
Dehors, la tempête se leva.
Le retour à Poudlard! Il n'y a pas à dire, je déteste faire la chanson du Choixpeau... Mais c'est un passage obligatoire, personne n'y échappera! J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu, il fait un peu office d'introduction: les choses vont commencer à se préciser lors du chapitre 4 (qui sera mise en ligne le 13 avril).
Si vous lisez la fic de AppleCherry Pie, de Neige et d'Aulne, le nom de Louisa Mercury croisé ici vous dit peut être quelque chose... Sans trop vous en dire (pour ne pas gâcher), on va suivre un peu sa scolarité à Poudlard en même temps que celle d'Archibald (contemporain également d'Albus Dumbledore - le pauvre, je ne suis pas tendre avec lui non plus!).
En attendant, merci à tous ceux qui suivent cette fic! Et un double merci à tous mes chers lecteurs qui m'ont postés un petit commentaire: vos encouragements me vont droit au coeur!
Et que ferais-je sans my ApplePie? :)
A très bientôt!
Citrouille
