Konbanwa!

Après presque deux ans de disparition je me repointe peinard pour vous proposer la suite de Coeurs Imprenables! *sourire contrit mais souriant* (Ouais c'est contradictoire et ça craint je sais...) Concernant cette longue absence, je tiens à m'excuser. Même si ce sont les aléas de la vie comme on dit, j'avais quand même annoncé un date et le jour prévu ben, je me suis pas pointée. Alors pour ce désistement ben, voila quoi! *essaie de faire passer la pilule comme elle peut*

Alors bon, je suis de retour et mes mains ne sont pas vides! M'enfin, je vais pas m'étaler dessus, vous pourrez lire ça plus en détails en fin de chapitre et sur mon profil! ^^

Important : Pour l'instant, et parce que le temps a passé et que je suis devenue plus méticuleuse, vous pourrez retrouver en fin de chap également la chronologie de ce qui s'est passé depuis Ames Indéchiffrables pour nos héros favoris. Tout ça pour vous aider à mieux situer l'histoire sachant que les dates vont avoir une importance capitale dans les prochains chaps!

N'hésitez pas, comme d'habitude à me signaler les fautes d'orthographe et de cohérence aussi (si tant est qu'il y a des gens assez courageux pour se retaper AI...)! ^^

Merci de votre attention et bonne lecture! ^^


Résumé du chapitre précédent

Naruto réagit mal face à l'annonce de sa collocation avec Sasuke et Hinata. Il s'enfuit, suscitant ainsi la curiosité de la Hyûga qui comprend qu'il a un lien avec Sasuke. Lorsque l'Uzumaki revient à l'appartement, et alors qu'il ressasse les erreurs qu'il a faites, Son ex-amant vient le retrouver et lui confie qu'il lui porte toujours des sentiments amoureux. Malheureusement, il lui fait aussi cruellement comprendre qu'il ne voudra jamais de lui dans sa vie à nouveau. Naruto est désemparé et sombre dans une apathie certaine. On en apprend également plus sur l'enfance d'Hinata ainsi que le fait qu'elle est très proche de Shikamaru…


Chapitre 2

Hinata ferma les yeux et poussa un soupir fatigué. Elle était lasse de tout cela, elle en avait marre. Marre de leur attitude, marre du silence pesant qui régnait dans l'appartement mais surtout marre de ne pas comprendre. S'il y avait bien une chose qu'elle détestait au monde c'était cela. Ne pas savoir. Ne pas pouvoir comprendre une situation.

Durant toute son enfance elle avait été plongée dans un puits sombre d'où elle n'avait pas eu le droit de demander « Pourquoi ? ». Ce puits n'avait cessé de gagner en profondeur à tel point qu'elle avait cru qu'elle n'en sortirait jamais, que toujours elle serait obligée de subir les évènements, d'acquiescer aux décisions de son père et de sa famille sans en comprendre les tenants et les aboutissants. Le pire étant qu'elle était sans cesse dévalorisée parce que justement elle ne savait pas. Elle ne savait pas obtenir les meilleurs résultats, elle était totalement ignorante de la façon dont elle pouvait s'améliorer au Byakugan, elle méconnaissait les lois qui régissaient les relations entre la branche principale et la branche secondaire, elle ne savait rien. Et jamais ne se présentait une occasion où elle aurait pu faire valoir les connaissances qu'elle avait acquises en lisant des livres.

Jusqu'à ce son père ne décède, elle n'avait jamais pleinement pris conscience de la position qu'elle occupait en tant que fille ainée du dirigeant de la fortune Hyûga. A partir de là, elle avait eu accès à un monde nouveau où elle avait pu toucher le savoir. Les choses vraiment importantes. Et une obsession sans pareil pour ces choses – et d'autres – s'était emparée d'elle. La curiosité était alors devenue son deuxième prénom et toujours, elle cherchait à l'assouvir. Jusqu'à ce que n'arrive un nouveau mystère. Un mystère troublant et déconcertant qui portait le nom d'Uchiha Sasuke. Un mystère au goût d'interdit qui pulsait les phéromones et l'attirait d'une façon incontrôlable… Cependant ce mystère, dont l'élucidation lui avait paru possible aux premiers abords était plus coriace qu'il n'en avait l'air et aujourd'hui, Hinata était presque sur le point de rendre les armes.

Hinata ne savait que faire. Elle avait finalement cédé à la tentation, envoyant au diable son intuition, et s'était résolue à harceler Shikamaru pour obtenir des réponses quant aux secrets de ses deux colocataires. Cependant, elle avait eu beau s'échiner à l'ouvrage, elle avait eu beau tenter par tous les moyens de faire parler Shikamaru, celui-ci était resté hermétique et aussi nonchalant que d'habitude. Il s'était même payé le luxe de la gratifier de phrases énigmatiques en ajoutant qu'elle saurait tout en temps voulu.

Il était totalement hors de question d'interroger Sasuke. En effet, alors qu'elle s'apprêtait à tenter une approche, celui-ci lui avait clairement fait sentir, d'un coup d'œil incisif, que ça ne la regardait en rien et qu'il ne répondrait pas à ses questions.

Quant à Naruto… Et bien, depuis son arrivée en France, le blond s'enfonçait progressivement dans une espèce de léthargie d'où il ne parlait que pour dire le strict nécessaire. D'ailleurs, sur ce point-là, lui et Sasuke s'accordaient à merveille... Le blond était étrange et il restait parfois des heures enfermé dans sa chambre ou dans la salle de bain à faire Dieu-sait-quoi. Il ne répondait que vaguement à ses questions et toujours avec cet air tourmenté et déprimé. Il semblait avoir perdu tout l'aplomb et toute l'énergie qui l'avaient caractérisé lors de leur première rencontre. Dans un sens, c'était effrayant qu'il ait pu changer autant et ce, en l'espace de seulement trois semaines.

Trois semaines de torture où Hinata avait de moins en moins eu envie de rentrer chez elle. Elle, qui s'était tant enthousiasmée à l'idée de découvrir ce qui se tramait entre l'Uzumaki et son colocataire, regrettait presque que le blond soit venu s'installer dans l'appartement. Il avait détruit l'atmosphère sereine qui s'était difficilement installée entre Sasuke et elle. Pourtant, elle ne lui en voulait pas. Elle aurait cependant voulu rencontrer Naruto dans un autre contexte que celui d'une colocation avec l'Uchiha. En tant que collègue ou en tant qu'ami d'une de ses connaissances par exemple. Elle aurait vraiment préféré parce que lors de leur première rencontre, elle n'avait pas été insensible au charme du blond. Un charme simple dont l'Uzumaki ne semblait même pas avoir conscience. Tout dans sa façon d'être et dans ses sourires témoignait de son caractère sociable, comme une invitation à se rapprocher de lui. Mais en même temps, il y avait un petit quelque chose qui suggérait que cette facette qu'il présentait aux autres n'était peut-être pas aussi représentative de toute sa personnalité, comme s'il cachait une part importante de lui-même. Dans un certain sens, il était tout aussi mystérieux et captivant que Sasuke. Et à défaut d'avoir l'Uchiha comme elle l'aurait voulu, elle pouvait peut être espérer résoudre l'énigme paradoxale qu'était Naruto et ainsi abattre les barrières que le blond avait subtilement mises en place.

Or désormais, c'était comme si envisager de détruire ces murs était profondément ridicule. Ridicule car infaisable, impossible. Ca la dérangeait. Ca l'agaçait aussi. Mais une petite voix lui soufflait qu'elle ne pourrait rien y faire. Autant à leur rencontre elle avait eu une infime chance de réussir, autant maintenant elle ne voyait pas comment elle avait pu penser qu'elle réussirait. L'ambiance lourde et oppressante instaurée par les non-dits – non-dits dont en passant, elle ne connaissait pas la nature – lui nouait la gorge et l'incitait à fuir. L'envie était grande de céder à la facilité. Elle était tellement à bout qu'elle aurait saisi n'importe quelle occasion pour s'éloigner de tout cela.

Cette occasion fut donnée à Hinata par le biais de son travail. Lorsque son supérieur l'informa que son projet de recherche avait été jugé recevable et que par conséquent, son équipe et elle partiraient au Japon pour le mener à bien, la brune souffla de soulagement. Les cinq jours qui suivirent cette annonce furent un véritable supplice pour l'Hyûga puisque la tension entre Naruto et Sasuke connut une croissance exponentielle. Comme si savoir qu'ils allaient être seuls pendant trois mois faisait remonter le pire de ce qu'ils tenaient à cacher et qu'ils le lui faisaient payer en sapant encore plus, si c'était possible, l'atmosphère définitivement tendue qui semblait avoir élu domicile à leur appartement.

Lorsque Hinata entra dans l'avion à destination du Japon, elle se laissa tomber avec mollesse sur son siège. Elle ferma les yeux et expira fortement. Juste avant de froncer les sourcils d'anxiété. Dans quel état allait-elle retrouver ses colocataires ?

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Naruto entra dans l'appartement en silence, la tête basse. Il était comme vidé de son énergie et savoir qu'il allait devoir rester seul avec Sasuke pendant près de trois mois ne l'aidait pas à se sentir mieux. Il se dirigea comme un automate vers sa chambre où il s'enferma dans un cliquetis assourdi. Comment en était-il arrivé là ? Il n'arrivait à rien et son esprit était totalement blanc, comme réduit au néant. Il n'avait envie de rien et il était vaguement conscient que son dernier vrai repas remontait à deux jours. Date à laquelle Shikamaru lui avait rendu visite.

Devant son état, le Nara avait froncé les sourcils, soupiré un vague « Galère » avant d'empoigner son bras et de le traîner chez lui. Le brun avait posé un bol fumant de ramen devant lui et avait attendu en silence, ses yeux noirs fixés de façon insistante sur lui. Il n'avait pas pu tenir longtemps sous le poids de ce regard et il avait fini son bol, aucun mot n'ayant franchi le seuil de ses lèvres. Shikamaru était alors parti dans sa cuisine, avait sorti un plat de pâtes ainsi que du poulet de son frigo et les avait mis dans le micro-ondes avant de les lui servir. Il s'était aussi senti obligé de manger. C'est seulement lorsqu'il avait terminé que le Nara avait dit :

« Maintenant parlons. Je sais que tu m'en veux de t'avoir confronté si vite à Sasuke, mais je sais aussi que si je ne l'avais pas fait, malgré toutes tes soi-disant bonnes résolutions, tu n'aurais jamais été voir Sasuke. »

« … »

« Je te connais très bien Naruto. Je te connais aussi bien parce que j'ai vu comment tu as réagi face au pire, j'ai vu tout ce que tu as fait pour détruire Sasuke, mais j'ai aussi vu dans quel état tu t'es mis après la belle connerie que t'as faite. Et parce que je sais tout ça de toi, je sais ce que je dois faire pour que tu règles tes problèmes. Ca va te faire mal, t'as pas fini d'en baver mais je suis là pour te soutenir et te guider où tu dois aller. Même si c'est galère… »

Malgré lui, un petit sourire avait fleuri sur ses lèvres alors que Shikamaru continuait.

« T'es tellement con que si j'étais pas là tu te serais déjà vidé de ton sang et tu aurais fait honte à tes parents en te suicidant. Tous ces gens qui sont morts t'en auraient voulu d'avoir gaspillé ta vie. Ce que, pauvre abruti que tu es, tu fais déjà en ce moment même quand tu refuses de t'alimenter correctement. »

« Mais je suis… C'est à cause de ça qu'ils sont-«

« Et alors ? Je t'ai déjà dit cent fois que tu n'étais pas responsable mais toi, toi tu… Quand tu refuses de me croire tu accordes du crédit à cette pétasse et à tout ce qu'elle a dit. »

« Tu crois que je le fais exprès ? J'essaie comme un malade mais ça revient quand même ! Et le silence ! Ce foutu silence ! On se parle pas ! Sasuke me dit rien du tout ! Je suis en train de devenir complètement taré ! »

« Alors bave quelque chose, merde, si ça te dérange autant ! T'as pas ton pareil pour blablater inutilement ! C'est pas une capacité qu'on perd du jour au lendemain ! »

« Et je lui dis quoi, hein ? Lui, la seule chose qu'il veut c'est que je disparaisse ! »

« Depuis quand tu fais ce qu'il te dit ? A t'entendre, tu es soumis au bon vouloir de Monsieur ! Je me rappelle d'une époque où tu faisais ce que tu voulais quand tu voulais, même quand ça lui plaisait pas à ton Uchiha ! Et malgré ça, il a fini par se mettre avec toi ! T'as qu'à faire pareil ! »

« C'est pas la même chose… »

« Putain Naruto tu fais chier ! »

Après cet éclat, Shikamaru avait soupiré puis avait fini par marmonner :

« C'est bon là. J'ai dépassé mon quota de bonne volonté. Maintenant tu te débrouilles. Je t'ai dit ce que j'avais à t'avais à faire, libre à toi de suivre mes conseils ou pas. La seule chose que je te demande c'est de bouffer. T'es pas venu à Paris pour crever en paix. Question romantisme, y'a mieux quoi. Allez bouge-toi, j'te ramène. »

Il avait obéi machinalement et c'est toujours de manière automatique qu'il avait mis sa clé dans la serrure de la porte d'entrée de son appartement. A peine la porte s'était-elle refermée derrière lui qu'il avait pris le chemin de sa chambre où il s'était barricadé. Les paroles de Shikamaru avaient été se ranger dans les confins de sa mémoire et il s'était endormi, épuisé.

Aujourd'hui, alors qu'il trimballait difficilement sa carcasse affaiblie dans la cuisine, il en venait à se dire qu'il aurait mieux fait de rester au Japon. Il était venu en France pour obtenir le pardon de Sasuke – car il était impensable qu'il l'ait bel et bien pardonné comme il le lui avait dit il y a deçà un mois – et maintenant qu'il était là, c'était comme si il était paralysé. Il n'osait pas agir. Il n'osait plus agir, et il savait très bien pourquoi.

La petite discussion qu'il avait eue avec Sasuke au jour de son arrivée sur le sol français l'avait marqué plus qu'il ne l'aurait voulu. Il faut dire que sur ce coup là, le brun avait fait fort ! Non content de lui adresser la parole comme si de rien n'était, avec sur le tas une tentative d'humour foirée, il fallait en plus que l'Uchiha lui balance en pleine figure, et ce toujours sur le ton de la banalité, un « Je t'aime toujours » manquant sérieusement de peps. Comme s'il ne venait de faire une déclaration à celui qui l'avait complètement démoli !

D'un point de vue extérieur, cette situation, digne d'un feuilleton pourri, pouvait paraitre risible. Voire pathétique. S'il n'en avait pas été un des protagonistes principaux, il aurait été le premier à dire que Sasuke souffrait de crétinisme aigu. Malheureusement pour lui, il était le principal responsable de cette réalité dont il ne voulait pas et même si le brun l'aimait toujours, il lui avait bien montré que rien ne serait jamais plus comme avant. Naruto ne pourrait jamais oublier l'horrible sentiment qu'il avait éprouvé quand Sasuke l'avait embrassé. La violence de son baiser et le regard orageux qu'il lui avait lancé s'étaient gravés en lui de sorte qu'il ne puisse jamais les occulter de sa mémoire.

Tout à ce moment-là lui avait montré que le rapport de force qu'il y avait entre lui et Sasuke avait été inversé. Il n'avait plus rien contrôlé et il s'était senti complètement écrasé par Sasuke. Ecrasé par sa volonté de ne plus le laisser entrer dans sa vie, écrabouillé par ses orbes onyx tranchants d'intransigeance, enterré sous le ton définitif du timbre de sa voix. Anéanti. Aucun espoir de reconstruction, rien. Il ne l'avait pas supporté.

Une vague de terreur s'était emparée de lui. Il ne voulait pas d'une telle relation. Il ne voulait pas se sentir aussi oppressé par Sasuke. Il ne voulait pas être dominé par le brun. Il ne voulait pas que le brun ait autant d'ascendance sur lui. Cela signifierait qu'il n'avait rien retenu de son passé, rien retenu des leçons forcées qu'il avait reçues dans la maladie, les cris de terreur, les gémissements de souffrance et le sang. Cela signifierait que Sasuke était pour lui ce qu'Elle avait été pour lui auparavant, voire plus. Et c'était inconcevable.

Il s'était juré de ne plus jamais refaire la même erreur, que plus jamais il ne perdrait le contrôle de ses actes et de sa vie. Il avait soigneusement tout calculé, allant jusqu'à renier sa propre personnalité, afin que jamais plus, il ne revive une telle expérience. La proximité d'une souffrance semblable à celle qu'il avait connue il y a de cela de nombreuses années l'avait paniqué. Alors il s'était éloigné.

La peur du pouvoir que Sasuke possédait à son insu sur lui le tirait vers le bas. Une partie de lui hurlait que la fuite serait son salut, tandis qu'une autre lui soufflait qu'il serait une larve complète s'il ne trouvait pas un moyen de se remettre avec l'Uchiha. Cette part de lui, pourtant beaucoup plus discrète que l'autre, avait pour l'instant plus de poids. Et même si état d'esprit était pollué par tout un tas de pensées négatives, il restait dans cet appartement où il ne croisait que rarement Sasuke.

L'Uchiha passait la majorité de son temps à l'extérieur. Il partait avant que Naruto ne se lève le matin, et bien que rentrant tôt, il se contentait de se faire à manger puis de s'éclipser dans sa chambre. Les seuls instants où ils étaient en présence l'un de l'autre étaient synonymes de silences pesants. Naruto ne disait rien et de la même façon, Sasuke se gardait bien d'ouvrir la bouche. La situation était bloquée.

Naruto passa une main fébrile dans ses cheveux tandis qu'il sortait de l'autre, une cannette de bière du frigo. Il l'entamait à peine qu'un claquement de porte l'interrompit. Ses yeux bleus délavés par la déprime se fixèrent automatiquement et malgré lui sur le bout de couloir par lequel Sasuke allait passer dans les secondes à venir. La silhouette altière du brun apparut devant lui et le brun, comme ayant senti son regard braqué sur lui, leva le sien à son encontre.

Et là, il y eut un choc.

L'élément déclencheur qui fit à Naruto prendre conscience qu'il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il fallait qu'il se bouge vraiment. Parce que ce qu'il voyait actuellement n'était pas à son goût. Mais pas à son goût du tout.

Sasuke ne le regardait plus. Ou plutôt, il ne le voyait plus. Son regard, qu'il modulait autrefois de façon à montrer qu'il se foutait de la gueule de tous sans qu'il n'arrive pour autant à dissimuler son mépris, était aujourd'hui vide de tout. L'Uchiha avait réussi à feindre l'indifférence absolue. Aucune fuite, aucune imperfection. Et c'était d'autant plus impressionnant quand on connaissait les sentiments qu'il nourrissait à son égard.

Naruto était soufflé. Il n'y avait rien. Il aurait tout aussi bien pu ne pas être là. C'était comme si il était transparent. Rien. Ni déception, ni hésitation, ni aversion. Rien. Ces yeux-là qui ne le voyaient pas n'avaient rien à voir avec ceux menaçants mais vivants qu'il avait croisés le jour de son aménagement. C'était insupportable d'en être le destinataire. Il ne pouvait pas laisser les choses ainsi.

Aussi brève que fut la rencontre de leurs regards, elle suffit cependant à faire ce que Shikamaru et des années de culpabilité n'avaient pu faire. Naruto se mordit la lèvre inférieure et serra la cannette qu'il avait en main. Sasuke, loin d'imaginer tout ce qui avait pu se passer dans la tête de l'Uzumaki continua posément son chemin, atteignant sa chambre où il s'enferma silencieusement. Des yeux bleus avaient suivi sa progression. Ils brillaient de mille feux.

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Sasuke étouffa un bâillement alors qu'il se redressait péniblement sur son lit. Il passa une main fatiguée dans ses cheveux tout en clignant maladroitement des yeux. Un petit rictus se dessina sur ses lèvres alors qu'il imaginait la mine scandalisée qu'aurait eue son père face à ce réveil contraire à l'Uchihattitude. Raison de plus pour s'en donner à cœur joie.

Le brun s'étira longuement avant de se décider à se lever. Il se tint sur ses deux pieds et se dirigea vers son armoire où il dégota un boxer, un tee-shirt bleu et un pantalon un peu large qui lui tombait sur les hanches mais qui avait un « facteur confort » très appréciable. Chargé de ses biens et la tête un peu dans les choux, il traversa le couloir qui le séparait de la salle de bain où il s'enferma afin de prendre une bonne douche. Ceci fait, il se sécha vigoureusement et enfila ses vêtements. Il s'échinait à démêler ses cheveux quand un bruit sourd de casseroles qui s'entrechoquaient lui parvint. Sa mine se ferma. Naruto devait certainement être dans la cuisine.

L'Uchiha tenta de ne pas se focaliser sur ce fait mais il ne put s'empêcher de noter que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas vu le blond fréquenter la pièce pour autre chose que s'enfiler des bières. Il haussa des épaules et déposa sa brosse sur l'étagère prévue à cet effet. Ses pas le conduisirent ensuite au salon qu'il traversa pour entrer dans la cuisine. Comme il l'avait escompté, son ex-amant y était et étrangement, alors que ces derniers temps le blond avait paru être apparenté aux morts-vivants, il semblait aujourd'hui être d'assez bonne humeur. Il chantonnait une mélodie qui lui paraissait étrangement familière tout en préparant une énorme omelette au jambon.

Sasuke se mordit la lèvre tout en secouant la tête. Il ne voulait pas savoir ce qui avait rendu le blond aussi énergique, aussi… heureux ? Non il ne voulait pas savoir. C'était beaucoup mieux comme ça. Le brun se prépara un café et des toasts grillés avant de s'asseoir à la table du salon. Il allait tartiner ses toasts avec de la confiture quand une assiette fumante se posa juste devant lui. Il eut à peine le temps de lever les yeux vers la main qui la tenait qu'un flot de paroles se déversa sur lui sans qu'il ne l'ait vu venir :

« Ohayo Sasuke ! J'espère que tu as faim parce que j'en ai fait assez pour nourrir un régiment ! Fiou ! C'est la première fois que j'essaye un truc un peu compliqué, j'espère que c'est pas trop foiré ! Bon j't'avoue que j'ai p'tèt forcé sur le sel… Enfin, pas que trois cuillères soient beaucoup mais bon, on sait jamais ! Y'a des gens qui disent des trucs alors que d'autres ben ils disent le contraire ! Alors que c'est le même sujet ! M'enfin ! Bon après c'est sûr que comparé à ce que tu nous faisais c'est dégueulasse mais c'est l'intention qui compte, hein ? J't'avouerai que j'me risquerais pas à goûter donc tout est pour toi ! Ahlala, je suis juste trop bon moi ! »

« … »

« M'enfin, bref ! J'vais te laisser bouffer tranquille, là je dois aller chercher du boulot ! Shikamaru voudra pas m'entretenir éternellement même si j'aimerais bien lui forcer la main, histoire de lui faire chier jusqu'au bout, vu comment il m'a eu ce con… Donc bon, bon appétit et pis à plus tard ! »

Sur ces mots, le blond lui adressa un sourire étincelant avant de disparaitre de la vue de l'Uchiha. Quelques secondes plus tard, un claquement de porte et un cliquetis résonnèrent et Sasuke se retrouva seul dans l'appartement. Il resta un long moment complètement éberlué à fixer l'endroit où son colocataire s'était trouvé il y a peu avant de jeter un coup d'œil à la masse gluante jaune et blanche qui gisait dans l'assiette en face de lui. Deux questions tournaient en boucle dans sa tête.

Ce truc était-il mangeable ? L'unique neurone de Naruto s'était-il suicidé ?

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Naruto déverrouilla d'un geste fébrile la porte d'entrée. Sa main saisit la poignée de la porte et il prit le temps de respirer profondément. Malgré lui, il poussa un soupir tremblant et s'appuya fébrilement dessus. Il avait beau dire, ça restait difficile pour lui de se confronter aussi directement à Sasuke. Il était pourtant prêt à persévérer jusqu'à ce que le brun se décide à faire quelque chose. N'importe quoi mais quelque chose. C'est avec cette résolution qu'il pénétra dans l'appartement. Et tout de suite, son cœur eut un raté.

Sasuke était appuyé au mur du couloir et pianotait vitesse grand V sur les touches de son portable. Son pull gris lâche laissait entrevoir une clavicule et un début de torse et son pantalon, un peu lâche qui tombait sur ses chevilles lui donnait un air délicieusement débraillé qui assécha la bouche de Naruto. Quand le brun l'entendit entrer, il quitta l'écran des yeux et les braqua sur lui. Les orbes noirs teintés d'un froid mordant transpercèrent Naruto qui se mordilla nerveusement la lèvre inférieure. L'indifférence perceptible dans les prunelles sombres le fit frissonner mais dans un éclair de lucidité, il s'interrogea sur la présence de son colocataire en ce lieu. C'était comme si… Comme s'il était en train… De l'attendre. Pour lui parler ? Pour lui demander pourquoi il agissait comme ça ? L'Uzumaki déglutit nerveusement et c'est difficilement qu'il suivit la ligne de conduite qu'il s'était imposé depuis près de deux semaines maintenant. Un grand sourire vint fleurir sur ses lèvres et il salua d'une voix enjouée mais un peu forcée – il n'avait pas eu assez de temps pour se préparer à l'affrontement – :

« Salut Sasuke ! Comment va ? Perso moi c'est tranquille. J'ai pas encore trouvé de boulot mais j'ai bon espoir d'y arriver dans pas longtemps ! Tu me connais j'obtiens toujours ce que je veux et je- »

L'Uzumaki s'interrompit et ses yeux s'agrandirent. L'espace d'un instant, il aurait juré avoir vu dans les yeux de Sasuke un certain agacement. Il se reprit pourtant assez rapidement et continua :

« Paris est vraiment une ville intéressante. Il y a eu pas mal de changements depuis ma dernière visite. En même temps ça fait quand même…. hmm… quatre ans, donc je suppose que si rien n'avait changé entretemps ça aurait été bizarre. Je trouve ça amusant de chercher les petits détails qui montrent que ça a bougé. Mais malgré tout ça, au fond, Paris reste la même. On aura beau lui faire tout et n'importe quoi, au final, elle restera toujours la même. Parce qu'elle ne peut pas changer son histoire. Un peu comme toi en fait. »

Naruto fit un sourire timide à Sasuke qui se figea comme ayant senti qu'il y avait danger dans l'attitude du blond. Celui-ci se déplaça précautionnément jusqu'à être à environ une vingtaine de centimètres de son colocataire. Il leva une main qui se voulait ferme mais qui malgré tout restait hésitante vers l'Uchiha. Le brun ne bougea pas d'un pouce mais toutes les parcelles de son corps se raidirent. Ses obsidiennes sombres se focalisèrent sur la main impudente qui se rapprochait progressivement de lui. Naruto le prit comme un encouragement et c'est avec tendresse que ses doigts vinrent frôler la joue puis les lèvres de son ex-amant. Ce simple effleurement démolit le peu de lucidité que l'Uzumaki possédait encore. Ce fut comme si toutes les vannes qui contenaient sa passion et son envie de Sasuke avaient cédé.

Le blond se colla franchement à son vis-à-vis, leurs aines s'alignant parfaitement dans un douloureux air de déjà-vu, et sa main droite glissa dans la masse de cheveux soyeux tandis que l'autre venait agripper une hanche. Sasuke ne put retenir un glapissement d'étonnement quand la main dévia jusqu'à empoigner ses fesses et que Naruto plongea sa bouche sur la peau de son cou, butinant avec dévotion la peau pâle qui était à sa portée. Un violent frisson parcourut l'échine du brun qui poussa malgré lui un petit gémissement lascif qui draina le peu de retenue qui restait encore à son vis-à-vis. Celui-ci délaissa la chevelure sombre pour passer ses doigts sous le pull lache, les remontant lentement jusqu'à atteindre un des tétons de vis-à-vis qu'il titilla ardemment. Et puis il y eut comme un coup de semonce. Ce fut comme si on avait renversé une bassine d'eau froide sur Naruto. La main libre du brun venait de se poser tranquillement sur son torse, dans une volonté de rejet qui était d'autant plus marquée par le calme saisissant de cette main. Elle ne tremblait pas, elle n'hésitait pas et à elle seule, elle prouvait à l'Uzumaki la détermination du brun à ne pas l'accepter. A ne plus l'accepter.

Le blond s'arrêta brutalement, coupé dans son élan, mais surtout horriblement meurtri par le fait qu'il n'avait pas du tout été capable d'émouvoir Sasuke, d'une quelconque façon que ce soit. Son visage resta pourtant terré au creux du cou opalin. Il ne voulait pas que le brun voit son affliction. Il inspira profondément et son nez dériva sur une clavicule découverte. Il sentait bon. L'odeur de Sasuke. Il se mordilla furieusement la lèvre inférieure, brûlant de l'envie de ravoir Sasuke. Le manque n'avait jamais été aussi fort. Il avait l'impression qu'il se consumait de ce besoin imposant, possessif et ravageur. Il serra fortement du poing, plus conscient que jamais de la valeur de ce qu'il avait perdu. D'à quel point Sasule lui était vital. Il fallait qu'il fasse quelque chose. Malheureusement, le futur de leur relation ne dépendait pas uniquement de lui. Il fallait que Sasuke leur laisse une chance. Il le fallait. Il était prêt à tout pour ça.

Difficilement, Naruto se détacha totalement de l'Uchiha. Ses yeux bleus ne purent s'empêcher de parcourir une dernière fois l'entièreté de l'être magnifique qui lui faisait face. Ses paupières s'abaissèrent un instant avant qu'il ne les relève et ne dise avec un sourire qui se voulait enthousiaste :

« Je t'attendrai le temps qu'il faudra, jusqu'à ce que tu reviennes vers moi. Mais je n'attendrai pas sans rien faire parce que sinon, on y est encore pour un moment ! Tu as toujours aimé que je vienne te chercher, que je te poursuive, je ne compte donc pas changer ça, puisque c'est ce qui te plait ! »

Et alors qu'il plantait son regard céruléen dans les orbes noirs du brun, il put y entrapercevoir une lueur confuse qui, même si elle ne dura pas bien longtemps, le convainquit que ses paroles avaient interpellé Sasuke. Son sourire se réchauffa. Tant qu'il arriverait à susciter un quelque chose chez Sasuke, il serait à même de le reconquérir…

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OoO

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La première phase du plan de Naruto pour reconquérir Sasuke consistait à titiller sa curiosité quant à la raison de son soudain comportement de pipelette convaincue. Il estimait que ces deux semaines de blablatage intensif avaient plus que porté leurs fruits, considérant que le brun avait quand même attendu son retour dans le vestibule. Pour lui dire quoi ? Ca, il ne lui en avait pas laissé le temps. Et bien que Naruto ne regrettait pas d'en avoir profité pour toucher l'être qui le hantait, il n'en restait pas moins amer de ne pas avoir su ce que Sasuke voulait lui dire.

Il avait donc décidé de passer à l'étape supérieure. Son but était maintenant de s'infiltrer dans l'intimité de Sasuke. Certes, ils vivaient dans la même maison et se croisaient bien plus souvent maintenant que L'Uzumaki avait commencé sa campagne de « démolition du visage indifférent ». Cependant, ce n'était pas suffisant. Il n'avait toujours pas eu un aperçu de la chambre de son colocataire. Pour y remédier, il avait statué que réveiller Sasuke pourrait constituer une raison suffisante pour se taper l'incruste dans la chambre incriminée. C'est donc avec un vif engouement qu'il se dirigea vers m'objet de son attention. Arrivé devant la porte, il prit une courte inspiration avant d'actionner la poignée de la porte avec entrain en disant :

« Bonjo- »

Il fut coupé dans son élan par la vision qui s'offrit à lui. Sasuke était emmitouflé dans une couette épaisse et seul le haut de son crâne s'échappait du duvet épais. Naruto jeta un regard soudain anxieux à l'extérieur. Le ciel bleu et sans nuage témoignait du beau temps et du côté plaisant des températures. Pourtant, emmailloté dans cette couverture tout à fait inadéquate à la saison, l'Uchiha ne bronchait pas. Dans un mouvement lent, il bougea même de façon à s'y enrouler encore plus si c'était possible. Naruto posa un œil intrigué et inquiet sur la forme recroquevillée. Il se mordilla la lèvre d'un mouvement incertain et déglutit péniblement. Juste avant de faire valdinguer toutes ses interrogations d'un brusque mouvement de la tête. Sasuke n'était pas tombé amoureux d'un Naruto représentatif même de l'indécision et de l'hésitation.

Il s'approcha d'un pas ferme et assuré du brun qui occupait toutes ses pensées, posant pourtant de façon douce sa main sur les cheveux soyeux. Ses doigts se baladèrent paresseusement dans les mèches brunes en une caresse tendre et délicate. Malgré lui, sans qu'il ne puisse s'en empêcher, Naruto se pencha vers l'endormi, ses yeux se fermant légèrement alors qu'il humait timidement les effluves caractéristiques même de l'odeur de Sasuke. Comme s'il avait senti sa proximité, l'Uchiha se retourna indolemment, comme cherchant à se rapprocher le plus possible de l'amas de chaleur qu'était Naruto, une de ses jambes se dégageant simultanément des couvertures. Et alors que le blond avait un geste de recul pour s'éloigner de lui, Sasuke entrouvrit ses paupières, offrant à son ex-amant la vision perturbante de son visage apaisé au réveil.

Le cœur de Naruto eut des ratés et il passa une main tremblante dans ses cheveux comme pour essayer de se dérober à cette vue qu'il n'aurait plus jamais pensé revoir. Son autre main cependant s'attarda dans les mèches éparses, bifurquant même jusqu'à la joue du brun qui ne fit aucun mouvement pour se soustraire de son toucher. Et là, à la grande stupéfaction de l'Uzumaki, Sasuke extirpa une main de son cocon de tissu et la posa sur sa nuque pour l'attirer à lui et l'entrainer dans un baiser paresseux et languide. Le choc soudain qu'eut Naruto en sentant les lèvres tant vénérées se poser sur les siennes fut rapidement balayé par un plaisir brûlant et conquérant. Le blond sentit un feu dévastateur se propager en lui et celui-ci le ravagea entièrement quand une langue moite redessina sa lèvre inférieure avant de s'infiltrer insidieusement dans sa bouche. Un gémissement haletant se perdit entre leurs bouches tandis que les doigts fins de son vis-à-vis fourrageaient dans ses mèches blondes.

Naruto n'arrivait plus à penser sainement et dans un mouvement incontrôlé, il bascula dans le lit au-dessus de Sasuke et s'allongea sur lui, seuls ses avant-bras posés de part et d'autre du visage laiteux l'empêchant d'écraser totalement l'Uchiha. Le brun avait déterré son autre main des couvertures et celle-ci se promenait impudiquement dans le dos de Naruto, passant sous le tee-shirt orangé de son vis-à-vis pour caresser licencieusement la peau dorée à sa portée. Un hoquet abasourdi lui échappa quand une des jambes de Sasuke s'amarra à ses reins en les rapprochant, permettant par la même occasion à son érection d'entrer en contact avec – Oh Mon Dieu – celle du brun. A cet instant, Naruto devint fou, et ses hanches entamèrent un violent va-et-vient qui fit leurs lèvres rougies se détacher.

Un long gémissement ainsi que des halètements anarchiques emplirent la pièce tandis que l'Uzumaki intensifiait ses mouvements frénétiques tout en promenant sa langue humide au creux du cou de son vis-à-vis. La plainte licencieuse et dénuée de retenue qui retentit ensuite ainsi que la prise presque douloureuse sur ses fesses acheva le blond qui jouit dans des spasmes chaotiques tout en soufflant le prénom de Sasuke.

La respiration haletante, Naruto se dégagea difficilement de l'étreinte du brun pour se positionner à côté de lui. Ses yeux se fermèrent un moment alors que ses doigts s'attardaient sur l'intérieur de la cuisse de Sasuke. Celui-ci respirait tout aussi laborieusement que lui et pendant quelques secondes, comme s'ils avaient été hors du temps et que jamais ils n'avaient été séparés, une des mains opalines vint se joindre à la sienne, les nouant avec un naturel le bouleversa. Naruto se mordit furieusement la lèvre et vint plonger son nez dans la nuque de Sasuke, profitant de cet instant de bonheur qui, il le savait, n'allait pas durer. Et cela ne manqua pas.

Comme s'il reprenait ses esprits, celui qui quelques temps auparavant montrait une passion langoureuse envers lui, se leva brusquement, droit comme un i, et repoussa sa main avec vivacité. Presque avec dégoût. Ce rejet frappa Naruto en plein cœur qui, l'espace de quelques millisecondes, laissa son visage exprimer tout le mal que cela lui faisait. Cela ne dura pas longtemps et bien vite il reprit un air enjoué, voire même moqueur qui lui valut un regard incendiaire de Sasuke. L'Uchiha demanda d'une voix rauque et suintante d'animosité :

« Qu'est-ce que tu fais là ? Qui t'a autorisé à entrer dans ma chambre ? »

« Calmos, Sasuke ! Je voulais juste te réveiller et tout et tout et puis quand je me suis approché et ben tu m'as… »

La colère vibrante qui dansait dans les orbes noirs arrêta Naruto qui se demande un moment, s'il avait vraiment intérêt à finir sa phrase. Mais en même temps cette rage était si rassurante, si préférable à l'indifférence polie de Sasuke qu'il se décida à le provoquer encore plus. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il continuait sur sa lancée :

« … agressé furieusement ? » suggéra-t-il dans une moue qui, aux premiers abords, se voulait outrée mais dans laquelle transparaissait toute la joie qu'il avait à emmerder l'Uchiha. Celui-ci plissa dangereusement les lèvres, se retenant à grande peine de se jeter sur le blond pour l'étriper. Il voyait bien à quel point l'Uzumaki était satisfait de la situation, satisfait que ce soit lui qui ait ébauché leur étreinte enfiévrée et qu'il ne puisse, à cause de ça, réellement lui reprocher tout ce qui avait pu se passer il y a de cela quelques minutes. Il sentait sa semence collante qui imprégnait le tissu de son sous-vêtement, preuve de leur bécotage intensif, et malgré lui, malgré toute la fureur qui l'agitait, il détourna la tête et humecta nerveusement sa bouche.

Il n'avait pas besoin de regarder Naruto pour savoir que celui-ci avait suivi le mouvement de sa langue. Il n'avait pas besoin de croiser ses pupilles céruléennes pour savoir qu'un feu ardent y brillait. Et il n'avait vraiment pas besoin de confirmer que la chaleur qu'il ressentait était bien due au fait que le blond le bouffait littéralement des yeux, son regard parcourant son corps, allant de son torse paré d'un large tee-shirt bleu à son boxer noir moite de son plaisir, comme s'il lui tardait de pouvoir de nouveau y goûter.

Ce fut cette observation impudente qui raviva la hargne de Sasuke et le brun tourna la tête dans un mouvement qui aurait pu lui donner un torticolis avant expulser malproprement l'Uzumaki qui squattait son lit dudit lit. Un bruit de chute s'ensuivit et Naruto poussa une exclamation mécontente que son colocataire récompensa d'un grognement dédaigneux. Si tant est qu'un grognement puisse être dédaigneux… Sasuke se dégagea de la couette qu'il trouvait désormais trop envahissante et empoigna au hasard quelques vêtements avant de sortir de la pièce, poursuivi, à son plus grand désespoir, par un Naruto brailleur et puant la jubilation.

Il fut bien content de pouvoir lui refermer la porte au nez lorsqu'il s'enferma dans la salle de bain. Il entendit vaguement derrière l'obstacle en bois l'Uzumaki parlant de leur préparer le petit-dej et même s'il ne put empêcher une grimace de déformer sa bouche, ses pensées étaient ailleurs. Il se prit la tête entre les mains, des flashs dans lesquels un certain blond bougeait contre lui et l'embrassait avec passion, ne cessant de le tourmenter…

Lorsque Sasuke arriva dans la cuisine après s'être douché, il trouva Naruto qui, contrairement à l'autre fois, s'était abstenu de démontrer son talent inexistant en matière de fourneaux. Un sachet qu'il devinait rempli de viennoiseries ainsi que la cafetière, cinq toasts, de la confiture, deux tasses et une brique de jus étaient disposés sur la table. C'était relativement peu par rapport à ce à quoi il s'était attendu et il s'en étonna, bien que rien sur son visage ne le montra. Naruto pourtant, comme il avait toujours si bien su le faire, sembla deviner sa surprise puisqu'il dit en souriant :

« J'ai remarqué que tu ne prenais pas grand-chose au petit-déjeuner. Ça m'énerve un peu, parce que je pensais que j'avais réussi à changer ça, mais apparemment, les mauvaises habitudes ont la vie dure… M'enfin bref, pour le moment, dans ma grande mansuétude, je laisse passer ! »

Sasuke se retint de faire un commentaire. Il mourrait pourtant d'envie de rabattre le caquet du blond mais la lueur présente dans les yeux bleus lui confirma que celui-ci n'attendait que ça. Il inspira alors profondément, reprenant son calme, pour finalement se murer dans le silence. Il s'assit sereinement, ignorant totalement Naruto, et remarqua du coin de l'œil l'ersatz de déception qui se peignit sur le visage hâlé. C'est pourtant d'une voix guillerette que son colocataire s'assit à son tour, commençant une conversation, enfin plutôt un monologue, tout en tartinant allègrement ses toasts de confiture.

Sasuke ne daigna prononcer un seul mot et lorsqu'il eut fini de manger et de laver sa tasse, il alla dans sa chambre dans laquelle il se changea pour des vêtements plus habillés, puis il se dirigea vers la porte d'entrée. Naruto l'accosta en chemin et, voyant que le brun avait l'intention de quitter l'appartement sans rien dire, il l'arrêta en lui tenant fermement le poignet. Son regard céruléen se fit plus grave et Sasuke s'attendit à ce qu'il dise quelque chose qui n'allait pas lui plaire. Contre toutes attentes, le blond se contenta de le détailler longuement avant de presser un baiser chaste et peu appuyé sur ses lèvres. Sa bouche se fendit d'un sourire tendre beaucoup moins extravagant que ceux dont il l'avait gratifié auparavant alors qu'il murmurait :

« Bonne journée, Sasuke. A plus tard. »

Et aussi simplement que ça il le lâcha et s'éloigna de lui. Sasuke le considéra avec perplexité et, détournant la tête, il mit ses chaussures et sortit. Naruto, qui était arrivé dans sa chambre lorsque la porte d'entrée claqua, se laissa tomber sur son lit en poussant un soupir. Trop de choses à assimiler. Sasuke qui l'embrassait avec langueur, Sasuke qui l'emprisonnait dans l'étreinte de ses jambes, Sasuke qui gémissait contre sa bouche, Sasuke qui se laissait aller dans ses bras, Sasuke qui jouissait contre lui… Sasuke… Sasuke qui le rejetait, Sasuke qui l'ignorait avec aplomb, Sasuke qui partait loin de lui comme si leur intimité momentanée n'avait pas compté… L'Uzumaki tira la couverture à lui et y enfouit sa tête.

Même s'il donnait l'impression de savoir ce qu'il faisait, même si en apparence c'était lui qui dominait leurs échanges, il n'en était pas moins le plus vulnérable d'entre eux deux. Sasuke avait réussi à faire quelque chose de sa vie sans lui, il n'avait pas besoin de lui, ce qui n'était pas son cas. Naruto savait bien qu'il aurait beau faire tout ce qu'il voulait, il aurait beau faire plier le corps du brun qui semblait toujours aussi réceptif à son toucher, si celui-ci ne décidait pas de lui redonner une chance, de lui refaire confiance, tout ce qu'il faisait ne servirait à rien. Une main se pressa autour de la couverture.

.


.

Naruto ouvrit un œil endormi en entendant le cliquetis d'une clé ouvrant une porte. La somnolence dans laquelle il était plongé le quitta progressivement alors qu'il baillait en s'étirant longuement. Il cligna des yeux comme pour se réveiller totalement et il entendit le pas assuré de Sasuke sur le parquet. Il n'eut pas le temps de le saluer, puisqu'il venait de s'enfermer dans sa chambre, mais ne s'attarda pas là-dessus. Il avait remarqué que Sasuke avait certaines habitudes alimentaires. En plus de ne pas manger grand-chose au petit déjeuner, de ce que Naruto en savait – après tout il avait eu sa période « dépression ++ » où il ne fréquentait plus que la salle de bain, les toilettes et sa chambre –, le brun n'avait jamais sauté un diner. Il était donc certain que celui-ci viendrait plus tard dans la cuisine pour se préparer à manger. Et c'est effectivement ce qui se passa.

Naruto, qui n'était alors plus aussi endormi qu'avant, en profita pour blablater comme il savait si bien le faire, trainant dans les pattes d'un brun qui, même s'il ne laissait rien voir, était assez agacé de la persistance de l'Uzumaki. Le blond finit par s'appuyer sur un pan de mur tout en observant le brun œuvrer à ses couteaux. Il avait toujours aimé observer Sasuke qui s'affairait à ses fourneaux. Aujourd'hui, le voir ainsi lui rappelait l'époque où le brun cuisinait pour eux, l'époque où ils étaient heureux juste avant qu'il ne gâche tout.

Une certaine amertume lui montait à la gorge mais en même temps il se sentait étrangement apaisé. Tout n'avait pas été faux, il n'avait pas joué entièrement la comédie comme il l'avait fait croire à Sasuke le jour où il lui avait révélé toutes les horreurs dont il était à l'origine. Le savoir lui faisait du bien et à cet instant donné, il avait envie de dire au brun qu'il l'aimait. Ce qu'il fit sans réfléchir.

« Je t'aime. »

Sasuke se figea, interdit, avant de reprendre la découpe de sa viande. Sa préhension sur le manche du couteau était cependant plus marquée et l'entrain avec lequel il s'acharna sur le muscle ensanglanté donna un frisson d'anxiété à Naruto qui, malgré son inconscience légendaire, se décida à quitter la pièce, estimant qu'il en avait déjà assez fait. Pour cette fois…

A suivre…


J'espère que ce chapitre, un peu plus long que ce que je fais habituellement vous a plû! Il faut savoir que ça fait quand même un an que je l'ai commencé et je n'ai pas cessé, jusqu'à aujourd'hui et dès que je trouvais un peu de temps de le modifier, ce qui expliquera je pense, certaines cassures de rythme. J'espère quand même ne pas avoir trop perdu la main! ^^


Bon comme je l'ai annoncé plus haut voici une chronologie plus ou moins précise des évènements de AI et CI en espérant que ça vous aide à vous souvenir!).

A 16 ans, et suite aux évènement arrivés dans son village, Naruto décide de se venger du clan Uchiha. Il fomente un plan qui prendra 6 ans avant de péter à la figure de Sasuke, à défaut de Fugaku.

A 17 ans, le don de Sasuke en "déchiffrage des gens" est découvert par son père qui commence alors à l'exploiter sans merci.

A 18 ans, Sasuke entre dans l'entreprise familiale. Peu de temps après, il se met à fréquenter Sakura, qu'Itachi lui a présenté.

A 19 ans, Sasuke se fiance avec Sakura. 8 mois plus tard, sa mère Mikoto est assassinée par le père de Naruto, Minato qui se pendra dans sa cellule peu de temps après son incarcération.
Itachi devient directeur général de la société de son père suite à la mort de Mikoto et après 1 an de pression, il craque et éradique toute sa famille excepté Sasuke et Fugaku.
Au même moment, la mère de Naruto, Kushina, persécutée par les membres du petit village dont Minato était maire, se suicide elle aussi, laissant Naruto seul avec un désir de vengeance grandissant.

A 20 ans, Sasuke est abandonné seul aux main son père Fugaku, puisque après son crime, Itachi disparait dans la nature.

A 22 ans, Sasuke, qui est fiancé depuis trois ans avec Sakura, rencontre Naruto qu'il dénigre ouvertement. Trois jours plus tard et suite à sa déconvenue dans les bras de Sakura, il accepte de sortir avec Naruto, voulait en fait se venger du blond.

2 mois plus tard, Sasuke finit par reconnaitre son attirance pour Naruto et ils font l'amour pour la première fois.
Leur relation se poursuit encore pendant 1 mois avant que Naruto ne soit obligé de s'en aller dans le cadre de son travail, ne donnant aucune assurance quant à son retour à Sasuke.
Celui-ci est au fond du trou et ça ne s'améliore pas quand 1 mois plus tard, Sakura décède, renversée par une voiture.
Deux semaines passent encore avant que Naruto ne revienne.

Les deux amants consolident leur relation durant environ 1 mois et demi jusqu'à ce que Fugaku ne crève, entrainant par la même occasion une grosse dispute entre nos deux zigotos qui se séparent pendant deux semaines

Le coup de fil que reçoit Sasuke le pousse à interrompre leur break et il avoue notamment à Naruto son enfance malheureuse.

Quelques jours plus tard, tout tombe en lambeaux. Naruto révèle son vrai visage et fait couler la compagnie de Sasuke, qui est alors accusé à tort de détournement de fonds. Il prendra 7 mois pour se disculper avant de partir s'installer en France.

Deux ans plus tard, Sasuke revient au Japon où il confie à Naruto qu'il l'aime toujours mais qu'il a fait un trait sur une éventuelle vie à deux. Il s'en va ensuite, abandonnant Naruto à sa culpabilité. Celui-ci reçoit alors un sms de Shikamaru qui l'incite à partir en France.

Ce n'est pourtant qu'un mois plus tard que le blond s'exécute. Et ici commence Coeurs Imprenables! ^^

La relation de Naruto et Sasuke aura donc duré environ 7 mois et au moment de Coeurs Imprenables ils ont 25 ans! J'espère avoir été assez claire et j'avoue que même moi à un moment j'étais perdue... Bref!


Quant à mes projets futurs, et donc à la publication de la suite, le prochain chapitre sera disponible le 25 Mai 2013 prochain et ça c'est plus ou moins sûr!

La semaine d'après, ce sera un one shot un peu bizarre du nom de "Himitsu" qui sera publié avant qu'on reprenne de plus belle lla publication de CI!

J'ai aussi un nouveau projet de fic sur le feu. Une fic où Sasuke se fait gentiment peloter par un Naruto prêt à tout! Pour résumer, quelque chose d'assez lémoneux qui, en ce sens, est un nouveaux challenge pour moi mais qu'il me tarde de publier! ^^


Merci de m'avoir lue, merci d'avoir cliqué, merci de passer jeter un oeil sur cette fic qui j'espère vous plaira toujours! Encore merci et à samedi prochain! =3