Note d'auteur totaly useless :

Une vie naze empêche l'update (petit dicton chinois)
Bref, désolée. J'arrête de promettre des dates maintenant, et just enjoy.

Thanks to melow31 pour la correction 3

Chapitre III - Envol

" Trente-cinq, trente-six, trente-sept... "

La petite voix lui parvenait toujours depuis le premier étage où elle s'était silencieusement glissée. Tant mieux - elle saurait donc quand il monterait pour la chercher et aurait le temps de se cacher.

Sa mère lui avait clairement donné ses instructions ce matin. Trouver les notes du père, celles sur les potions. Les donner à Greyback, qu'elle avait aperçu dissimulé dans une rue adjacente lorsqu'elle était arrivée. Il les lui rendrait plus tard, et elle les remettrait en place avant le retour des parents.

Rien de bien compliqué pour quelqu'un qui avait déjà réussit à se glisser plusieurs fois dans la Réserve de la bibliothèque de Poudlard.

Rien de très dangereux. Du moins pour elle.

Autant aller vite, tenta-t-elle de se persuader. Autant en finir vite.

Sans un bruit, elle ouvrit la première porte du couloir et se retrouva dans la salle de bain, minuscule et dotée d'une unique douche et d'un lavabo. Elle eut un reniflement dédaigneux et referma la porte pour se diriger vers la seconde.

C'était une chambre, celle du gamin visiblement. Son regard parcourut la pièce et elle fut surprise du contraste avec sa propre chambre. Il y avait là tout juste la place pour caser un lit et une armoire. Quelques affaires traînaient à terre; une peluche de dragon miniature tentait de vagabonder dans la chambre mais ne se déplaçait que par des oscillations pathétiques, un balai modèle enfant était posé au pied du lit, et un paquet de cartes de Chocogrenouilles aux bords usées par le temps était effondré à ses pieds. Dans la carte la plus à droite, elle vit Dumbledore lui adresser un sourire.

" Cinquante-six, cinquante-sept... "

La voix la rappela à la réalité. Elle referma doucement la porte, tenta la suivante et afficha un sourire victorieux. C'était sans conteste le bureau du père. Elle se dirigea silencieusement vers la grande table de pin blanc qui occupait le fond de la pièce, parcourut du regard les documents posés sur le meuble avant de s'attaquer aux tiroirs et d'ouvrir plusieurs dossiers qui y étaient rangés. Le troisième fut le bon - bien qu'il ne comportait aucune inscription, les parchemins à l'intérieur étaient sans hésitation des recettes de potions.

Elle coinça le dossier dans la doublure de sa robe et sortit.

Après avoir refermé la porte, elle se rendit compte qu'elle ne l'entendait plus. Il avait sans doute déjà commencé à la chercher. Elle pesta intérieurement et regarda autour d'elle - nulle part où se cacher dans le couloir étroit. Ne souhaitant pas qu'il la trouve dans le bureau - même un gosse de cet âge aurait des doutes - elle se glissa à nouveau dans sa chambre. Avant de se souvenir qu'il n'y avait aucun endroit où se cacher ici.

Elle était sur le point de ressortir lorsqu'elle entendit ses pas légers gravir l'escalier. Elle n'avait pas le choix. Ravalant son humiliation, elle rampa sous le lit.

Il mit un certain temps à la trouver, et elle était sur le point de le maudire pour cela. L'espace sous le lit était étroit, et elle pouvait sentir l'un des coins du dossier lui entrer douloureusement dans la hanche. Les yeux fixés sur l'espace entre le sol et la porte, elle fut soulagée de voir ses pieds finalement s'arrêter devant la porte et l'ouvrir.

" C'est pas drôle, dit-il après un instant de silence. Je vois tes pieds ! "

Soulagée, elle se glissa hors du lit et croisa son regard mi-amusé, mi-ennuyé. Elle se releva, brossant sa robe, et il rit.

" Quoi ?

- Tu as un papier collé au bras. "

Énervée, elle décolla le papier et lui jeta un œil.

" C'est le sachet de la boulangerie non ? Tu l'as gardé ? Pourquoi ?

- Parce que c'était un cadeau de toi ", répondit-il d'une petite voix en rougissant.

Elle le regarda un instant, étonnée, ne sachant que dire. Elle ne comprendrait jamais...

" Ce n'est qu'un stupide sachet ", lui dit-elle, jetant négligemment le paquet sur le lit tandis qu'il rougissait de plus belle. " On fait quoi maintenant ? "

Elle s'assit sur le lit, les bras croisés, attendant sa réponse. Elle était énervée - ce gosse l'énervait, cette maison l'énervait, ce stupide sachet l'énervait, et la raison pour laquelle tout cela l'énervait lui était incompréhensible, ce qui lui tapait sur les nerfs au plus haut point.

" On pourrait sortir ? Je vais prendre mon balai et...

- Tes parents l'ont interdit, tu le sais bien. "

C'était vrai. Conformément aux prévisions de Greyback, la mère apparemment soucieuse l'avait prise à parti lorsqu'elle était arrivée et lui avait formellement interdit de franchir la barrière à quelques pas de l'entrée de la maison. Bellatrix s'était demandé s'ils avaient juste senti un danger ou si ils savaient exactement qui en avait après eux.

D'un autre côté, elle-même devait sortir pour rejoindre Greyback...

" Juste dans le jardin alors ? ", proposa-t-il.

***

Dehors, elle l'observa d'un œil distrait monter sur son balai. Le problème était maintenant de donner le dossier à Greyback sans être vue - ce qui signifiait sortir du jardin sans qu'il ne la voie. Ce qui devrait être facile, pensa-t-elle en le regardant voler à droite et à gauche. Bien qu'il rasait le sol, il était visiblement tout à la joie de voler et semblait avoir totalement oublié sa présence.

Sans un bruit, elle ouvrit la barrière du jardin et se glissa à l'extérieur. Elle lui jeta un regard pour vérifier qu'il ne l'avait pas vue, puis se retourna et dû étouffer un cri de surprise. Greyback était à quelques centimètres d'elle - uniquement caché de la vue du jardin par la haie qui entourait la maison.

Elle ne s'habituerait jamais à le voir, ne s'habituerait jamais aux yeux jaunes qui la fixaient avec une malice sanguinaire. A côté, l'enfant, toujours sur son balai, se mit à chanter, et Greyback sourit, dévoilant une rangée de dents acérées. Elle frissonna. Quelle serait la réaction de l'enfant lorsqu'il se retrouverait face à lui ? Si elle était elle-même effrayée, alors lui...

Et cela ne tenait qu'à elle...

Tu peux lui dire que tu n'as rien trouvé, souffla une voix dans sa tête qui ressemblait étrangement à celle d'Andromeda. Lui dire qu'il n'y a rien. Il ne pourra jamais vérifier par lui-même...

Il était en bons termes avec sa famille après tout. Sans doute, sans doute n'oserait-il pas s'en prendre à elle si elle lui mentait ?

Le loup-garou avait-il lu dans ses pensées ? Son regard se fit plus insistant, et il tendit sa main vers elle, attendant qu'elle lui donne ce qu'il attendait d'elle.

Tu peux lui dire que tu n'as rien trouvé...

S'efforçant de dissimuler le tremblement qui agitait son corps, elle lui tendit le dossier.

***

Après tout, peut-être qu'il ne trouvera rien, pensa-t-elle alors qu'elle tentait de se concentrer sur le livre qu'elle avait apporté avec elle. Il ne trouvera rien, il ne leur fera rien, Andromeda sera contente, je serais débarrassée de tout ça, fin de l'histoire. Elle poussa hors de son esprit la pensée qu'il s'en prendrait probablement à l'enfant, qu'il trouve ou non ce qu'il cherchait. Elle se souvenait l'avoir entendu dire un jour à quel point il adorait les enfants...

Renonçant à lire, elle referma le livre et observa le gosse qui continuait à voler sur toute la longueur du jardin. Il ne s'en lassera donc jamais ?

Même le balai était vieux, remarqua-t-elle. Bien que l'enfant semblait parfaitement habitué à l'utiliser, il semblait vibrer anormalement et virer un peu trop à droite - il faillit heurter la haie plusieurs fois alors qu'il faisait demi-tour. Cela ne semblait pas l'inquiéter outre mesure. Encore moins lorsqu'elle le vit lâcher prudemment le manche et tendre les deux bras comme s'il se prenait pour un oiseau.

" Tu as vu ?, lui cria-t-il. Je fais la mouette !"

"La mouette...", murmura-t-elle, exaspérée. Mais elle n'eut pas le temps de trouver une réplique cinglante - alors qu'il avait atteint le fond du jardin, il n'avait pas été assez rapide à reprendre le balai en main. Le manche se planta dans la haie, et le balai effectua une ruade qui l'expédia par-delà le jardin, et il disparut de sa vue. Elle poussa une exclamation de surprise et courut dans la rue.

Il n'avait pas atterrit bien loin. Elle se précipita vers lui mais s'arrêta net dans sa course. A quelques mètres d'eux, juste à côté de la boulangerie moldue où elle s'était servie sans vergogne la veille, était Greyback. Ses yeux, plus brillants que d'ordinaire, étaient fixés sur l'enfant, et elle le vit passer sa langue sur ses lèvres.

L'espace d'un instant, elle imagina ce que ce serait. Elle vit les mains aux ongles longs et jaunes se refermer sur les poignets de l'enfant, les dents pointues s'enfoncer dans la chair tendre du cou. Il ferait sans doute nuit, peut-être la lune serait-elle pleine. Il ne le tuerait pas, non, cela, elle l'avait bien compris. Il le laisserait là, et l'enfant qui, à ce moment, pleurait sur le pavé en massant ses genoux ensanglantés, deviendrait lui aussi un monstre.

" Rémus ! ", cria-t-elle. Il leva vers elle son visage noyé de larmes.

" Rentre !", ordonna-t-elle. Ses sanglots reprirent de plus belle, mais elle n'y prit pas garde. Alors qu'il passait à côté d'elle, la tête basse, elle lança un regard haineux au loup-garou dont le regard était à présent posé sur elle. Il souriait toujours.

Elle était sur le point de suivre l'enfant dans le jardin lorsqu'une main lui attrapa le poignet. Elle fit volte face et se retrouva à nouveau face à Greyback.

" Tu oublies quelque chose .", lui susurra-t-il en lui tendant le dossier qu'elle prit sans un mot. Elle voulut partir mais il la tenait toujours.

" Tu m'as été d'une grande aide. ", dit-il. Elle se débattit, ce qui sembla l'amuser au plus haut point. Puis il la lâcha et disparut.

Assit sur le fauteuil du salon, l'enfant sanglotait toujours. Elle lui demanda sèchement où était l'armoire à pharmacie et distingua les mots "salle de bain" dans la réponse qu'il bredouilla. Elle monta, remit machinalement le dossier dans le bureau, chercha le nécessaire dans la salle de bain.

" Une mouette !, grogna-t-elle alors qu'elle désinfectait ses genoux écorchés. Je suis sûre que tu n'en as même jamais vu !

- Si !, protesta-t-il. Dans des livres, et tout... Mais j'aimerai bien en voir en vrai. "

Elle soupira.

" Tu m'y emmènera dis ? Quand papa et maman diront qu'on peut sortir, on pourrait aller à la mer ! Tu veux bien, Bella ? "

Elle le regarda avec stupéfaction. La mer ? Tu crois vraiment que ta mère te laissera sortir une seule fois de chez toi après que...

Il avait arrêté de pleurer et la regardait, les yeux brillants d'espoir.

" Si tu veux. "

***

Quand elle revint chez elle ce soir-là, elle ne prit garde ni aux félicitations de sa mère, ni au regard lourd de reproches qu'Andormeda lui lança. Elle s'enferma dans sa chambre, se laissa glisser sur le sol, et pleura.