Bon, voilà le chapitre 3, je viens à peine de finir le cinquième ça craint x)
J'espère ne pas poster en retard...
- Sebastian Verlac.
Jace regarda l'homme en face de lui, perdu. Comment aurait-il pu deviner qu'il s'agissait de son patron ? Il n'avait jamais rencontré le chef de la boîte et le directeur de son service n'était autre que Lydia Branwell.
- Tu m'as vraiment déçu l'autre soir, murmura le garçon en s'approchant dangereusement de lui.
Jace recula de quelques pas mais se retrouva rapidement coincé contre le mur.
- On s'amusait bien, soupira le blond en se penchant légèrement vers lui. Imagine ma déception en me réveillant et en constatant que le lit était vide, continua Sebastian en se rapprochant encore plus.
Jace posa une main sur son torse pour l'empêcher de trop se coller à lui.
- C'était un plan d'un soir, protesta le blond faiblement.
- Vraiment ? Quel dommage, je m'habituerai bien à tes petits gémissements, murmura-t-il contre son oreille.
Jace le repoussa et s'empressa d'appuyer sur le bouton pour remettre l'ascenseur en marche. Le plus grand soupira avant de se retourner.
- N'oublies pas que tu travailles pour moi, lâcha-t-il froidement.
Jace sentit son coeur s'emballer. Allait-il réellement lui faire du chantage ?
- Qu'est-ce que tu insinues ? demanda le blond en le dévisageant.
Le garçon ne répondit pas, il se contenta de le regarder avec une expression totalement neutre. Le trajet semblait interminable. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent enfin, Sebastian sortit sans répondre. Il se retourna vers lui, lui lança un petit sourire et franchit les portes du bâtiment. Le blond resta cinq bonnes minutes sur place avant d'aller badger et de partir. Il rejoua leur conversation dans sa tête en boucle jusqu'à ce qu'il arrive chez lui. Il devait en parler à quelqu'un mais qui ?
Le lendemain matin, le blond sentit la panique l'envahir en apprenant qu'il était convoqué dans le bureau du grand patron de la boîte avec tous les écrits qu'il avait réalisé depuis son arrivée. Clairement ça sentait les emmerdes. Simon lui souhaita bonne chance et Raphaël lui tapota l'épaule avant de partir. Il avait l'impression de se rendre à son exécution. Tremblant, il alla jusqu'aux ascenseurs et appuya sur le bouton pour monter. Les portes ne tardèrent pas à s'ouvrir et le garçon les franchit avec hésitation. Contrairement à la veille le trajet lui parut beaucoup plus rapide et ça ne faisait que le rapprocher de l'instant de souffrance à venir. Il déglutit en s'avançant vers la porte du supérieur de son supérieur et toqua timidement, avant d'entrer lorsqu'il en reçu l'ordre. La pièce était immense mais ne comportait qu'un vaste bureau et quelques armoires. Il s'avança avec méfiance vers le blond qui le jaugeait depuis son bureau.
- Assieds-toi, lui dit-il en faisant un signe vers la chaise face à la sienne.
Jace obéit et dévisagea son interlocuteur. Un silence pesant prit place dans l'ensemble de la pièce, chose qui fit sourire Sebastian et qui rendit Jace encore plus mal à l'aise.
Au bout d'un moment le blond tendit une main et Jace lui passa les photocopies de ses écrits, faisant délibérément attention à éviter que leurs doigts se touchent.
S'ensuit un moment fortement désagréable pour Jace. Il resta silencieux en contemplant le visage angélique de Sebastian qui lisait les pages une à une avec une expression qui ne laissait rien paraître. Finalement, il reposa la dernière feuille et se tourna vers le blond
- Tu étais fortement recommandé par Mr. Garroway, mes attentes étaient plutôt hautes et je dois avouer que tu me déçois, soupira le chef.
Jace baissa les yeux pour se retenir de les lever au ciel. Il ne l'aurait pas deviné.
- En revanche, ton dernier article m'a agréablement surpris.
Le blondinet fronça les sourcils. Il l'avait écrit avec l'aide de Raphaël et c'était le seul que son patron avait apprécié.
- Je ne l'ai pas écrit seul, avoua-t-il.
- Je sais. Je reconnais certaines formulations de Mr. Santiago.
Jace était décontenancé. Que cherchait il à faire ? Il disait clairement que son travail était médiocre.
- Tu sais, commença Sebastian d'une voix suave, l'Enclave est réputée, je ne tolérerais aucune erreur risquant de ternir cette renommée. Cependant tu viens d'arriver et puisque tout le monde à le droit à l'erreur, je vais t'offrir une seconde chance. Désormais tu m'apporteras tes articles avant de les donner aux correcteurs ou même à Lydia. Est-ce clair ?
Le blond acquiesça déboussolé.
- Tu peux y aller, dit-il en lui tendant ses feuilles.
Jace les récupéra et se leva timidement. Il s'approcha de la porte et se retourna vers Sebastian qui le regardait avec attention. Hésitant, il quitta la pièce et retourna à son bureau. Il s'affala sur la chaise dépité et ne répondit même pas à Simon qui lui demandait comment il allait. Raphael s'assit sur son bureau et arqua un sourcil en le regardant, il attendait une réponse à sa question silencieuse.
- Je ne tiendrais pas deux jours de plus ici, soupira le blond en rejetant sa tête en arrière de manière dramatique.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? le questionna l'hispanique.
- Il m'a fait comprendre que mes écrits étaient merdiques et que, si je voulais garder mon boulot, j'allais devoir faire mieux que ça.
- Ne t'inquiète pas, il veut juste te pousser à faire ton maximum, le rassura Raphael.
- En plus je vais devoir lui apporter mes articles un à un avant de les faire suivre à Lydia ou aux correcteurs.
A cette annonce, Raphael soupira, effectivement, ce n'était pas bon signe.
- Il veut peut-être voir comment tu réagis sous la pression, suggéra Simon avec un haussement d'épaules.
Jace se mordit la lèvre, pensif. Il doutait de cette hypothèse.
- Dans tous les cas, ça ne durera pas éternellement. Il te lâchera au bout d'un mois maximum, déclara Raphael.
- Si tu le dis, grogna le blond. Bon, on a quoi sur la liste ?
Son collègue alla chercher des feuilles sur son bureau et les regarda avec mépris.
- Rien de bien intéressant. Y'a une exposition d'art moderne...
- Et ? demanda le blond.
- Si ça ne te dérange pas, je vais me charger de l'autre article puisqu'il s'agit d'une marque de vêtements.
- Sérieusement ? soupira Jace.
- Tu n'y connais rien. Ils vendent majoritairement des costumes et des cravates.
- Comme si je m'y connaissait en art moderne.
- En art tu peux bidouiller, raconte n'importe quoi, ce n'est pas bien grave, les seules personnes qui liront cette articles seront perchées.
- Tu oublies que Sebastian va le lire !
- Sebastian ? demanda le brun aux lunettes.
- Mr. Verlac si tu préfère, répondit Jace en levant les yeux au ciel.
Raphael prit une grande inspiration.
- Écoute, il a beau être blindé de tune, il n'en a pas grand chose à cirer de ce type "d'art", dit-il en mimant les guillemets, il n'y verra que du feu. Tu devras y aller demain, ce sera la journée réservée aux journalistes. En attendant, tu peux avancer dans ton travail ?
- Génial, grommela le garçon.
Comme prévu, le lendemain, Jace passa la moitié de la visite à hausser les sourcils en tentant de comprendre la démarche de l'artiste et l'autre à rigoler en découvrant des oeuvres qu'il trouvait des plus stupides. Sérieusement, un carré blanc sur un mur blanc ? Une bouteille de coca sous verre ? C'était du foutage de gueule. Cependant son petit rictus s'effaça brutalement lorsqu'il se retrouva face à un document World vierge. Comment pondre un article sur ça ?
Le blond tournait sur sa chaise depuis une dizaine de minutes en chantonnant la chanson "Cake by the Ocean" de DNCE mais il s'arrêta brusquement en entendant un petit ricanement derrière lui. Il mit la chanson sur pause à la hâte et se retourna vers la personne qui avait fait irruption dans son bureau. Il faillit tomber dans sa chaise en croisant le regard de Sebastian Verlac. Son patron arqua un sourcil et croisa les bras.
- C'est pour ce travail que je te paie ?
- Ce n'est pas ce que tu crois ! s'exclama le garçon.
Le plus grand s'approcha de son bureau et Jace se retourna vivement vers l'écran de son ordinateur, il n'avait pas écrit une seule ligne depuis tout à l'heure. Il sursauta lorsque deux mains se posèrent sur sa chaise et que le garçon s'avança pour lire par dessus son épaule.
- Qu'est ce que tu fais ?
- Je dois écrire un article sur l'exposition d'art moderne qui vient d'ouvrir au musée Mac Val.
- Où est ton article ? demanda le blond.
- Juste ici.
Ok, s'il ne se faisait pas renvoyer sur le champs il avait de la chance.
- Récapitulons, commença Sebastian dans un soupire. De un, tu écoutes et chantes de la musique sur ton temps de travail, de deux tu le fais au lieu d'écrire l'article que tu dois finir pour demain ?
Jace déglutit.
- Je suis désolé.
- Dis-moi Jace… à quel point tiens-tu à ton boulot ?
Le concerné ouvrit la bouche pour répondre mais ne sachant pas quoi dire, il la referma et regarda son patron avec de gros yeux.
- J'ai toléré ton manque de respect et j'ai accepté de te donner une seconde chance, non pas pour que tu te tournes les pouces au bureau mais pour que tu te mettes à travailler. Maintenant, si cette tâche est beaucoup trop difficile pour toi, tu ferais mieux de partir, histoire que je puisse engager quelqu'un de plus compétant pour ce job.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Lydia en entrant dans la pièce.
Jace implora Sebastian du regard de ne pas le virer maintenant.
- Rien, affirma le chef en relâchant la prise qu'il avait sur la chaise du blond.
Jace fronça les sourcils, étonné.
- Je disais juste à Mr. Herondale que j'aurai besoin de son article plus tôt que prévu pour y jeter un oeil, dit-il nonchalamment en s'approchant de la porte. N'oublie pas de me l'amener avant 18h à mon bureau.
Le blondinet acquiesça et se tourna vers Lydia qui le dévisageait.
- Que faisait-il ici ? demanda-elle sèchement.
- Ce qu'il vient de te dire.
Elle soupira, clairement elle n'y croyait pas, mais s'en alla sans rien ajouter.
Jace avait fini par écrire une page sur cette exposition sans intérêt. Il l'avait lu à Raphael à plusieurs reprises et le garçon l'avait aidé à corriger ce qui lui semblait être mal formulé. Du coup, il s'approcha du bureau de Mr. Verlac plutôt confiant. Il toqua à la porte et entra lorsqu'il en reçu l'autorisation. Le blond reposa son stylo et ferma le cahier sur lequel il écrivait en voyant Jace.
- Assieds-toi, ordonna Sebastian.
Jace s'exécuta et lui tendit son papier. Son patron lut les mots avec une expression neutre, chose stressante pour l'employé face à lui. Finalement, il posa la feuille sur son bureau et attrapa un stylo noir avec lequel il commença à écrire sur le papier. Jace le regarda dépité lorsqu'il commença à barrer des paragraphes entiers. Finalement, après avoir barré plus de la moitié de son contenu et souligné le reste il le tendit au blondinet qui le reprit avec un soupire.
- Il y a deux-trois petites choses à revoir, dit-il avec un grand sourire.
Jace acquiesça et s'en alla les épaules voûtées. Raphael l'attendait dans leur bureau mais il était déjà en tenue de moto.
- Alors ? demanda l'hispanique en le voyant.
- Je dois tout recommencer, annonça le blond en s'affalant sur sa chaise.
Raphael fronça les sourcils. L'article n'était certes pas le meilleur de l'année, mais il était tout à fait correct. Il attrapa la feuille des mains de Jace et la relu avec les annotations de Sebastian. C'était de l'acharnement, rien d'autre.
- Tu veux venir chez moi ? proposa le garçon.
- Je dois finir ça.
- Je peux t'aider, insista Raphael. On peut commander Japonais ou un autre truc à manger puis bosser dessus, ça ne me dérange pas.
Jace haussa les épaules accepta son offre. Après tout, Raphael avait l'habitude de ce patron, il devait mieux connaître ses attentes que lui.
- Faut que je repasse chez moi vite fait, donne-moi ton adresse.
Raphael acquiesça et envoya un message à Jace avec toutes les informations dont il avait besoin.
