Bonjour !

Voici donc la suite et la fin de cette petite fiction bien dégoulinante de guimauve ! Je vous remercie pour toutes vos reviews qui m'ont fait chaud au coeur, ainsi que pour vos mises en alerte et favoris. Vous êtes supers ! Merci également aux anonymes : JasperEdward21, Caro, Karima, Laurie et Sandry. Je pense avoir répondu à tout le monde et n'avoir oublié personne...

J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année. Et puis traditionnellement, je vous présente tous mes voeux pour cette année 2013. Qu'elle soit riche en belles surprises, petites joies et grands bonheurs.

Je vous laisse à votre lecture et je vous retrouve plus bas.


Chapitre 3

Deux semaines et demie. Cela faisait deux semaines et demi que je voyais Edward. Dix-sept jours plus précisément. Dix-sept jours où j'avais l'impression de vivre dans une réalité alternative. Dix-sept jours sans dormir, à épuiser mon corps toutes les nuits.

En marchant à côté de mon amie Alice pour rejoindre notre prochain cours, j'avais les yeux dans le vague, encore remplis d'étoiles. Fatiguée par ma nuit sans sommeil, je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'au corps d'Edward sur moi, en moi, à ses bras autour de moi, sa bouche sur la mienne, ses mots crus soufflés à mon oreille, d'une voix rauque, alors que les joues empourprées je me consumais de désir…

Depuis deux semaines et demie, je souffrais. Ma vie ne se résumait plus qu'au manque. Au manque de lui, au cours de toutes ces journées sans fin où je ne cessais de penser à lui. Au manque de sommeil, quand la nuit venue, je m'éreintais dans ses bras jusqu'au petit matin.

Edward me tuait mais malgré tout, je me sentais bien. Presque euphorique. En massant ma nuque douloureuse, je me rendis compte dans quelle mesure j'avais oublié ce sentiment. Qu'importe à quel point mes membres me faisaient souffrir, je vivais, croquais la vie, mordais dedans comme s'il n'y avait pas de lendemain. Et j'aimais ça.

— Bella ! Tu m'écoutes ? hurla la petite voix stridente d'Alice à côté de moi.

— Euh…

— Non, tu ne m'écoutes pas ! grogna-t-elle.

— Désolée, j'étais distraite, m'excusai-je.

— Oh ! Ca je sais ! Tu es dans la lune depuis deux semaines ! Depuis que tu voies ce type-là, Edwin.

— Deux semaines et demie, Alice, et il s'appelle Edward ! rectifiai-je.

— Oui, eh bien tu ferais mieux de te concentrer maintenant ! Les partiels sont dans un mois et demi, je te rappelle !

— Je sais, râlai-je en soufflant alors que nous pénétrions dans l'amphi.

Je m'assis sur un banc à côté d'Alice et ouvris mon classeur, bien résolue à écouter les conseils de mon amie. Mais à peine le professeur avait-il ouvert la bouche que mon esprit se mit à vagabonder.

Les souvenirs de mes nuits d'extase avec Edward m'assaillirent sans prévenir, comme à chaque fois. Ses yeux me dévorant, ses lèvres caressant ma peau, son souffle sur ma bouche… Et puis nos moments rien qu'à nous, où nous discutions, nus dans les draps froissés, les doigts emmêlés ou glissant sur nos peaux en sueur. Puis se cramponnant, se crispant sur nos chairs juste avant de se retrouver dans le plaisir en plein milieu de la nuit. Encore et encore…

Le cours se termina alors que la pointe de mon stylo n'avait même pas touché le papier. A ce rythme-là, j'allais rater mon année, purement et simplement.

Alice me lança un regard lourd de reproches et referma son classeur d'un geste sec.

— Pourquoi je ne le connais pas ? demanda-t-elle brutalement.

— Quoi ? fis-je, désarçonnée.

— Ton Edward ! Pourquoi personne ne l'a jamais vu ?

Tout en rangeant mon classeur dans mon sac, je tentai de fuir son regard accusateur.

— Il travaille beaucoup Alice.

— Bella, si tu n'avais pas cet air continuellement béat sur la figure, je penserai que ce type n'existe pas.

— Oh ! Il existe bien, crois-moi ! répliquai-je en souriant alors que nous descendions les escaliers de l'amphithéâtre.

— Ou que tu te drogues…

— Alice !

— Quoi ! C'est vrai Bella ! Tu le connais depuis deux semaines et tu…

— Et demie ! la coupai-je.

— Deux semaines et demie, rectifia-t-elle en levant les yeux au ciel, et tu n'es même pas fichue de me le présenter ! Tu n'as même pas une seule photo de lui !

— Il n'aime pas les photos !

— Ben voyons ! Je suis sûre que tu ne connais même pas son nom de famille.

— Et bien si figures-toi ! répliquai-je avec un sourire victorieux. C'est Masen. Edward Masen. Et puis de toute façon, je n'ai pas besoin d'en savoir plus pour l'instant.

Nous étions arrivées dehors et les cours étaient terminés pour moi, mais malheureusement pas ma journée… Je devais travailler au Hollywood Coffee jusqu'à 20h00.

Alors que nous marchions parmi les allées du Campus, je sentais le regard songeur d'Alice sur moi. Elle me dévisageait, les sourcils froncés.

— Tu l'as dans la peau, hein ?

— On passe de bons moments… éludai-je.

— Fait gaffe quand même Bella.

— Bien sûr, Alice, ne t'en fais pas ! la rassurai-je. Je te vois plus tard, je dois aller bosser ! lui criai-je alors que je m'éloignai d'un bon pas.

Je pris mon service à treize heures après avoir avalé rapidement un sandwich à la dinde. Rosalie était déjà là et elle me parla gaiment, me racontant sa soirée de débauche avec Emmett. Je ris de bon cœur, mais néanmoins j'avais l'impression d'avoir un poids désagréable dans l'estomac. Les paroles d'Alice ne cessaient de me hanter. Pourquoi Edward ne voulait-il pas rencontrer mes amis ? Et pourquoi ne me parlait-il jamais des siens ? Il avait bien nommé un certain Jasper dans une de ses conversations, mais rien de plus. Je ne savais même pas où il habitait vu que nous nous voyions toujours chez moi.

Peut-être était-ce à cause de nos emplois du temps, mais il me semblait qu'Edward ne voulait pas être vu en ma compagnie. Chaque fois qu'on sortait dîner, c'était en dehors de Los Angeles. Jamais nous n'allions nous promener main dans la main au bord de la plage. Et quand Edward marchait à mes côtés, c'était toujours au pas de course, la tête baissée, les yeux rivés sur ses converses et une casquette vissée sur sa tête.

Distraite par mes pensées, je renversai son café sur les genoux d'un pauvre type. Jacob m'enguirlanda devant tous les clients et je dus éponger l'entrejambe du gars avec un morceau d'essuis-tout. Mortellement vexée, je poussai d'un geste rageur les portes battantes de la cuisine, manquant de faire renverser son plateau à Rosalie.

— Bon Dieu ! Bella ! Mais qu'est-ce que tu as aujourd'hui ?

— Rien, tout va bien, ronchonnai-je.

Rose posa son plateau sur le comptoir et mit sa main sur mon épaule.

— Non, ça ne va pas, dit-elle avec une mine sérieuse et préoccupée. Je te connais bien Bella, et je sais que quelque chose te tracasse.

— Rose…

— Je suis ton amie, quoique ce soit, tu peux me le dire.

— Je sais.

— C'est Edward, c'est ça ?

Je hochai lentement la tête avec une petite grimace. Oui, Rosalie me connaissait vraiment bien.

— Qu'est-ce qu'il t'a fait Bella ? s'affola-t-elle.

— Rien ! Rien du tout, ne t'inquiètes pas ! la rassurai-je. C'est juste que je me pose beaucoup de questions à son sujet.

— De quel genre ?

— Non, laisse tomber… soupirai-je en me massant le front. Je me fais sûrement des idées… Je suis fatiguée, voilà tout. Et puis il me manque…

Rosalie me dévisagea un instant sans rien dire. Puis elle consulta sa montre.

— Ecoute Bella, il est seize heure quarante-cinq et tu n'as toujours pas pris ta pause. Pourquoi tu ne vas pas le voir ?

— Aux studios ?

— Eh bien oui !

— Tu es folle !

— Pourquoi ? Surprend-le !

— Tu crois ?

— Absolument.

— Je ne sais pas…

Je me mordillai la lèvre. C'est vrai que l'idée était tentante, mais je ne savais pas comment Edward allait réagir… Et puis il fallait avouer qu'avec les paroles d'Alice m'ouvrant les yeux sur certaines attitudes d'Edward, j'avais mes vieux démons qui revenaient me perturber. Mais après tout, une simple visite surprise, ça ne pouvait pas faire de mal, non ? Et puis j'avais tellement envie de le voir… Et les studios de la Century Fox n'étaient qu'à cinq minutes à pieds. Je pourrais lui rapporter un café. Pour une fois, ce serait lui qui serait servi et non l'inverse. Je souris, heureuse de mon idée.

— Tu as raison Rosalie ! m'exclamai-je avant d'enfiler mes sandales.

— J'ai toujours raison ! fit-elle en levant ses élégants sourcils.

Quand je sortis du Hollywood Coffee, deux gobelets de café brûlant à la main, il faisait un temps radieux. En souriant, je me mis en route vers les studios où travaillait Edward. Cinq minutes plus tard, je pénétrai sur les lieux du tournage d'un film de la Century, désappointée devant la taille de l'endroit.

Un grand gars balèze muni d'une oreillette me barra le passage et je levai la tête, impressionnée par sa carrure gigantesque. Je lui fis mon plus beau sourire en lui disant que je venais voir Edward Masen.

— C'est l'assistant du deuxième assistant opérateur, précisai-je.

Le gorille ouvrit de grands yeux et resta quelques secondes la bouche ouverte sans réagir.

— Je suis sa… euh… je suis Bella, son amie. Je lui apporte un café, bredouillai-je en me faisant toute petite.

Le grand type ne dit rien. Il m'indiqua juste le plateau où Edward travaillait. Je partis donc à grandes enjambées, les mains moites et le cœur battant. Je ne remarquai pas qu'il sortait son portable et pianotait dessus rapidement. J'étais trop heureuse. J'allais surprendre Edward et mon ventre me picotait d'excitation.

En traversant une grande cour envahie de véhicules et de longues caravanes blanches, je le vis sortir de l'une d'entre elles. Mon cœur fit un saut dans ma poitrine. Bien qu'il fût loin, j'essayai de l'appeler, mais il ne dut pas m'entendre, continuant à avancer vers un plateau en me tournant le dos.

Je le suivis, le sourire aux lèvres et le cœur battant la chamade dans ma poitrine. Au loin, je vis quelqu'un lui donner une petite bouteille d'eau, puis l'accompagner jusque dans un décor représentant une maison en ruines.

Je fronçai les sourcils en constatant qu'il était entouré d'au moins quatre personnes qui semblaient toutes être aux petits soins pour lui.

J'accélérai le pas et plus je m'approchai, plus mon sourire s'avachissait. Quand je fus enfin arrivée, il se fana complètement. Edward était effectivement entouré de gens, tous très occupés. Une jeune femme, plus petite que lui, se hissait sur la pointe des pieds et passait un gros pinceau à maquillage sur son visage. Une autre derrière lui redressait quelques mèches de cheveux qui n'étaient pas à son goût.

Puis tout le monde se retira rapidement et il se retrouva seul sur le plateau en face d'une actrice dont le nom m'échappait. Je m'approchai plus près, le sang glacé dans mes veines. Edward but une longue gorgée d'eau et lança sa bouteille à un jeune homme non loin de lui. Quelqu'un cria « action ! » et le visage d'Edward se transforma.

En le regardant réciter son texte devant les caméras, j'eus l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac. Edward m'avait menti. Il n'était pas un simple assistant plus ou moins inutile, il était acteur.

Je reculai lentement, n'arrivant pas à détacher mes yeux d'Edward en plein travail. Il fallait que je parte. Mon cœur me faisait trop mal. Mais avant que j'ai pu faire volte-face, Edward sortit son portable de la poche de son jean et son expression changea quand il le consulta. Il fouilla des yeux les alentours avec un visage décomposé. Ses yeux inquiets se posèrent sur moi et me fixèrent avec douleur.

Je vis ses lèvres articuler mon prénom, mais lentement, je secouai la tête. Une boule dans la gorge m'étouffait. J'aspirai de l'air, essayant de supporter la douleur qui me comprimait le cœur. Alors je me retournai et partis presque en courant. Mes yeux se brouillèrent quand je dépassai la caravane luxueuse d'où Edward était sorti un peu plus tôt. Sur la porte, j'y lu son nom. Il s'appelait Edward Cullen. Pas Masen. Encore un nouveau mensonge.

Je laissai tomber les cafés à terre et courus jusqu'à la grille, bousculant presque le géant de tout à l'heure. La bile me remonta dans la gorge, en même temps qu'une puissante colère.

Je sortis sur le trottoir, déambulant comme une automate au visage figé, et marchai une heure et demi jusqu'au campus, dans un état second, ignorant la sonnerie tonitruante de mon portable qui n'arrêtait pas de sonner. Je ne regardai même pas qui m'avait appelé. Je savais…

Je m'enfermai dans ma chambre et allai m'allonger sur mon lit, recroquevillée, toute habillée. Alors je laissai enfin mes larmes couler sur mes joues. Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi à fixer les lames du plafond.

J'essayai de me persuader que ce sentiment de malaise, cette boule douloureuse qui m'étouffait allait disparaître. Elle n'avait d'ailleurs pas lieu d'exister non ? Edward et moi avions passée en tout et pour tout dix-sept jours ensemble. Et pour être tout à fait exacte, c'était plutôt dix-sept nuits… Ce n'était rien… Et pourtant… Pourquoi est-ce que j'avais si mal ? Pourquoi le fait d'avoir découvert qu'Edward n'était pas celui qu'il prétendait être me faisait souffrir autant ?

Peut-être parce que je me sentais profondément trahie. Edward m'avait menti tout en sachant ce que j'avais vécu et je trouvais ça ignoble. Ou peut-être était-ce à cause de ce que j'avais vu dans ses yeux et qui me paralysait. Ce sentiment qui débordait d'eux quand il posait son regard sur moi et qu'il n'arrivait pas à contenir, même si je savais qu'il essayait très fort, et qui le terrorisait tout autant que moi.

On frappa à ma porte avec vigueur. J'osai un regard vers mon réveil. Une heure trente du matin et je n'avais pas dormi une minute. La voix d'Edward résonna à travers le bois vernis mais je ne me levai pas pour aller ouvrir. Je ne voulais pas le voir. Comme si le simple fait de plonger mes yeux dans les siens risquait d'effacer toute ma rancœur et tout la peine qu'il venait de me faire.

Et puis je ne voulais pas qu'il me voie dans cet état. Avec les cheveux emmêlés, la mine pâle à faire peur, les yeux creux, vides, délavés d'avoir trop pleuré.

— Bella ! criait-il. Ouvre cette porte !

Nouvelle rafale de coups sur le bois.

— Bella ! Bella ! Ouvre ! Bella !

Il avait la voix cassée, éraillée à force de crier mon prénom. Je me mordis la lèvre, essayant de l'ignorer. J'entendis du remue-ménage, des coups dans les murs, des voix ensommeillées qui protestent d'avoir été réveillées en pleine nuit. S'il continuait, j'allais devoir ouvrir.

— Ouvre-moi, Bella ! S'il te plaît… supplia-t-il à mi-voix.

Puis je n'entendis plus rien. Peut-être était-il parti ? Pourtant, loin d'en être soulagée, je sentis un grand froid m'envahir et je frissonnai désagréablement.

Je me levai péniblement et essuyai mes joues chaudes de larmes, avant d'entrouvrir la porte. Il était là. Assis le dos contre le mur. A peine eut-il entendu la clé dans la serrure qu'il avait tourné la tête vers moi, amorçant un mouvement pour se relever.

A travers l'entrebâillement de la porte, je fus frappée par ses yeux mornes et son teint crayeux. Mais je ne dû pas lui faire meilleure impression avec mes paupières gonflées de larmes et mes vêtements froissés.

— Je peux entrer ? demanda-t-il dans un souffle.

— Non.

Je fermai les yeux une seconde, juste pour ne pas voir la déception sur son visage émacié.

— Il faut qu'on parle, insista-t-il.

— Je n'ai pas envie de te parler, Edward. Laisse-moi tranquille.

— Ne dis pas ça Bella…

— Vas-t-en Edward, murmurai-je avant de refermer ma porte et de m'adosser tout contre.

— Non, attends ! Bella ! protesta-t-il contre le bois.

Je fermai les yeux très fort. Ne pas craquer. Surtout pas.

— Merde ! hurla-t-il avant d'asséner un violent coup de pied dans la porte qui fit trembler les murs, ainsi que ma pauvre carcasse.

J'hoquetai, la main sur la bouche et le cœur en charpie. La porte du couloir claqua. Cette fois, il était vraiment parti.

ooOoo

Trois jours. Cela faisait trois jours que je n'avais pas revu Edward. Trois interminables journées à déambuler comme un fantôme dans ma chambre minuscule en m'abrutissant devant la télévision. D'ailleurs je ne la regardais même pas. Le bruit continu m'empêchait juste d'entendre cet épouvantable silence. Epouvantable comme le vide qu'il avait laissé. Béant. A vif.

Depuis que j'avais découvert qu'il me mentait depuis le début je n'avais pas quitté mon lit. Même pas pour aller en cours, ni pour aller travailler. Je restais allongée, le regard fixe, abîmée dans une mer de mouchoirs en papier humides et froissés. Pitoyable.

J'avais appelé Rosalie pour lui dire que j'étais malade. Que ce n'était pas la peine de passer me voir. J'avais dit la même chose à Alice et depuis, je laissais mon téléphone sonner sans répondre.

Je n'étais sortie qu'une seule fois pour me rendre à l'épicerie où j'avais acheté tous les magazines people que j'avais pu trouver, et cela avait achevé de me déprimer totalement.

Car non seulement Edward était acteur, mais c'était un acteur célèbre. Mondialement connu pour être plus précise. Et cela n'avait échappé qu'à moi… Il était loin d'être le jeune homme fauché qui galère et qui rapporte des café aux stars ! Non, c'était lui la star, et il était bourré de fric… Et quand je me souvenais de nos conversations où il me parlait de lui, de sa vie au Texas, de ses parents… je me demandais s'il n'avait pas menti sur cela aussi.

Et puis je me sentais idiote d'avoir été si naïve ! Encore ! J'aurais dû me douter de quelque chose ! Il y avait eu tellement d'indices : les filles hystériques qui lui couraient après, cette belle Chevrolet blanche, le restaurant de homards désert et cette manie qu'il avait de ne me rencontrer que le soir. Comme j'avais été bête ! Aveuglée par cet homme !

Je me mordis la lèvre presque à sang pour m'empêcher de hurler. Quelle idiote !

J'essayai de me rassurer en me disant que je ne pouvais pas m'en douter étant donné qu'il m'avait menti, mais je ne pouvais pas m'empêcher de m'en vouloir. Et pas seulement pour cela. Je m'en voulais aussi parce qu'Edward me manquait et je ne voulais pas ressentir ce manque.

Malheureusement, ces réactions-là ne se contrôlaient pas… Et j'étais en manque d'Edward. Je dormais à peine, et ne me nourrissais que de café. Je me sentais glisser inexorablement bas. Bien bas. Quand je fermais les yeux, trop de souvenirs de nos nuits intenses et merveilleuses m'assiégeaient et ça me retournait le cœur. Ca me dévorait le ventre à tel point que la douleur en était physique. Un instant, je voulais Edward, toucher sa peau si douce, embrasser ses lèvres tendres Et l'instant d'après je me fustigeai d'être si faible. J'étais devenue une épave, un débris. A cause de lui.

Un cliquetis me sortit de mes pensées. Je me redressai sur mon lit et regardai, effarée, ma porte s'ouvrir doucement sur le visage de Rosalie.

Je soufflai, de soulagement, ou de déception peut-être, et laissai retomber ma tête sur l'oreiller.

— Oh mon Dieu Bella ! Ce que je suis contente que tu sois vivante !

— Quoi ? marmonnai-je.

— Trois jours sans nouvelles ! Tu te rends compte ! J'étais folle d'inquiétude ! J'ai même cru que j'allais découvrir ton cadavre en décomposition !

— Eh bien tu arrives trop tôt ! Reviens dans quinze jours, fis-je, cynique.

— Hors de question !

— Comment tu as fait pour rentrer ? demandai-je en me redressant dans mon lit.

— Avec ma carte de crédit !

— Evidemment… soupirai-je en massant mon front douloureux.

Rosalie entra totalement et referma la porte derrière elle.

— Bella, ça sent le fennec ici ! râla-t-elle en plissant le nez. Depuis quand n'as-tu pas pris de douche ?

— Trois jours.

— Mon Dieu !

Puis elle tira les rideaux d'un geste sec avant d'ouvrir la fenêtre en grand. Je clignai des yeux sous la luminosité soudaine et grimaçai en me frottant les yeux.

— Tu vas sortir ta carcasse de ce lit tout de suite et filer dans la salle de bain ! m'ordonna-t-elle.

— Laisse-moi, Rosalie.

— Pas question ! tonna-t-elle. Trois jours ? Bella, tu te rends compte ?

Elle se campa devant mon lit, les poings fermement serrés posés sur ses hanches.

— Depuis quand n'as-tu pas mangé ?

— Je mange.

— Je te parle d'un vrai repas.

J'haussai les épaules et m'assis dans mon lit, genoux contre ma poitrine, les bras autour de mes jambes.

— C'est à cause de ce type que tu es dans cet état-là, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

— Je n'ai pas envie d'en parler Rosalie.

— Mais…

— Je veux bien prendre une douche pour te faire plaisir, mais je n'ai pas envie de parler de lui.

— Il t'a largué c'est ça ?

— Rose… commençai-je en sentant de nouveau les larmes affluer.

— Eh bien si c'est ça, il ne te mérite pas cet abruti ! continua Rosalie en s'affairant à débarrasser les tasses sales de sur le bureau. Quel empafé quand même ! Ca doit être vraiment un péquenaud ce type !

— C'est Edward Cullen, lâchai-je d'un ton morne.

— Hein ?

— Le péquenaud en question, c'est Edward Cullen, répétai-je à une Rosalie hébétée.

La bouche ouverte, une tasse sale de café dans les mains, elle me regardait d'un air ahuri.

— Tu sais, l'acteur du film de vampires. Celui que tu me conseillais de me taper. Eh bien je l'ai fait ! Ouais ! Je me le suis tapé ! Et c'est même un sacré bon coup ! hurlai-je, sentant monter en moi la crise d'hystérie.

— Bella, calme-toi, me supplia Rose en posant la tasse dans l'évier avant de revenir vers moi.

— Voilà, respire, dit-elle en s'asseyant près de moi et en me caressant doucement le dos alors que j'hoquetais. Tu… tu es vraiment sûre que c'était lui ?

— Oh oui ! lui assurai-je. Sauf que je n'avais aucune idée de qui il était !

— Mais, je ne comprends pas…

— Je l'ai découvert quand je suis allée lui ramener ce café aux studios et que je l'ai trouvé en plein tournage de ce putain de film !

Rosalie se mordit la lèvre. Elle devait sûrement s'en vouloir de m'avoir conseillé de le surprendre. Pourtant, si elle n'avait pas été là, je serais encore en train de batifoler avec Edward et lui de s'enfoncer dans ses mensonges. Même si j'appréciais plus que de raison nos ébats torrides, je préférais encore avoir le cœur en miettes et savoir la vérité.

— Il m'a menti Rosalie, reniflai-je.

— Bella, je suis désolée.

— Pff ! J'aurais dû m'en douter ! Il était trop beau pour être vrai…

Mon portable se mit à sonner sur la table de nuit, mais je n'y jetai même pas un œil.

— Tu ne réponds pas ? m'interrogea Rose.

— Non, fis-je d'un air buté.

— C'est lui ?

J'hochai lentement la tête.

— Je ne veux pas lui parler.

— Mais, peut-être a-t-il une explication pour tout ça ? tenta Rosalie. Peut-être… peut-être qu'il veut s'excuser ?

— Qu'il aille au Diable !

— Mais…

— Quoi ? Tu veux lui trouver des excuses, c'est ça ? m'emportai-je soudain.

— Non, pas du tout ! Mais Bella, tu ne devrais pas l'ignorer. Il faut que tu lui parles. Que tu lui demandes des explications.

— Je n'ai pas besoin d'explications Rose, je pense que c'est assez clair comme ça. C'est une star ! Une putain de super star ! Il a trouvé une petite bécasse naïve pour passer du bon temps en lui servant tout son baratin d'acteur. Et ça a marché… Mais ça n'a plus d'importance de toute façon. Il est parti.

J'essuyai vaguement mes yeux rouges avec un mouchoir en papier avant de reprendre.

— C'est marqué là, regarde, fis-je en lui montrant un article d'un magazine people.

Il y était expliqué, photos à l'appui qu'Edward Cullen, la vedette principale du film Breaking Dawn, venait d'en terminer le tournage. Il avait quitté Los Angeles pour prendre des vacances bien méritées aux Bahamas. Il y apparaissait même accompagné de l'actrice que j'avais aperçue aux studios et qui travaillait avec lui.

Rosalie referma le magazine d'un geste sec et je remarquai le léger frémissement de ses lèvres quand elle releva le visage vers moi.

— Eh bien tant pis pour lui ! aboya-t-elle en se levant d'un coup. Super star ou pas, ce type est un con !

Puis elle se mit à arpenter la moquette d'un pas furieux, ramassant les livres qui trainaient au sol, entassant la vaisselle sale dans l'évier sous mes yeux étonnés.

— Rose ? tentai-je.

— Debout Bella ! cria-t-elle en enfilant des gants à vaisselle rose fuchsia. Tu ne vas pas rester ici à te morfondre dans ton lit pour ce connard quand même ?

Je soufflai et me rallongeai.

— Tu tiens à perdre ton boulot, même si je sais que ce n'est pas le pied de travailler dans ce putain de café ? Ou tu veux peut-être foutre en l'air ton année pour un type qui ne te mérite pas ?

Lentement, je secouai la tête en réalisant que Rosalie avait raison.

— Tu ne peux pas rester continuellement enfermée dans cette chambre… insista-t-elle.

— Je sais, soupirai-je.

— Alors lève ton joli cul et vas prendre une douche ! Tu empestes !

Un sourire tordu sur les lèvres, j'obéis alors qu'elle s'affairait devant l'évier. En claquant la porte de la minuscule salle de bain, je croisai mon reflet dans le miroir et eus du mal à me reconnaître. J'étais livide, amaigrie, les cheveux sales et ébouriffés. Tout ça à cause d'Edward et de ses mensonges. Je me mordis la lèvre et lui en voulu encore plus…

— Je te déteste ! murmurai-je dans le vide.

Mais je savais qu'en disant cela, je me mentais à moi-même.

ooOoo

Les jours passaient comme des semaines. Interminables.

Je subissais les heures, tentant de m'immerger dans le travail sans réellement y parvenir. La journée à la fac, le soir au boulot, puis dans mes révisions jusque tard dans la nuit. Lisant et relisant toujours les mêmes phrases avec l'impression que rien ne rentrait plus dans ma tête. Car elle était vide. Comme moi. J'étais vidée. Physiquement à cause du manque de nourriture et de sommeil, et moralement à cause d'Edward.

Mon téléphone avait arrêté de sonner depuis des jours maintenant. Ca faisait trois semaines qu'il était parti en emportant un bout de moi avec lui. J'avais essayé de me faire une raison, de surmonter cette horrible manque qui me dévorait de l'intérieur. Et parfois, j'avais l'impression d'y parvenir, même si ça ne durait que quelques instants. Le reste du temps, je ressentais toujours la douleur. Cuisante, comme un tison sur mon cœur.

Néanmoins, j'essayai de faire bonne figure devant mes proches, même si ça m'arrachait les tripes. Car je savais qu'Edward ne reviendrait pas. Mais il me restait toujours ces souvenirs. Et ça, ça me tuait. Je voulais les oublier, l'oublier lui. Ne plus ressentir ce manque atroce, ni la piqure acide de la honte. Honte de m'être laissée avoir, honte d'être si faible.

Alors oui je vivais, mais sans envie. Je n'avais plus envie de rien. Tout me semblerait fade maintenant comparé à ma brève mais bouleversante relation avec Edward Cullen, la star.

J'avais arrêté d'acheter les magazines people. Je ne supportais plus de le voir en photo — bien qu'il soit remarquablement photogénique, soit-dit en passant — ni de lire les inepties des journalistes qui s'engraissaient sur son dos. On lui prêtait une idylle avec cette actrice et la jalousie me rongeait chaque fois que je croisais son visage de papier glacé placardé dans tous les kiosques.

L'embrassait-elle comme je l'embrassais ? Savait-elle à quel point il aimait être caressé lentement ? Avait-elle recueilli ses gémissements de plaisir ? L'avait-il regardé comme il me regardait moi pendant que nous faisions l'amour ?

Je serrai les dents en poussant la porte du Hollywood Coffee et tentai d'éteindre simplement mon cerveau pour ne plus penser à rien. Je rejoignis Rosalie dans les vestiaires. Nous étions toutes les deux de fermeture.

C'était la folie ce soir et le restaurant était plein. D'ordinaire j'aurais pesté, mais là j'en étais presque heureuse. Travailler m'évitait de penser. Alors je m'épuisais. J'épuisais mon corps en espérant tomber de fatigue quand je rentrerais chez moi. Evidemment, cela ne marchait pas. Le sommeil m'avait fui depuis qu'Edward était parti.

A 23h45, le dernier client franchit la porte et nous poussâmes un soupir de soulagement Rosalie et moi. Il nous restait les dernières tables à redresser et le sol à balayer et nous pourrions rentrer chez nous. J'avais les pieds en compote, des élancements douloureux dans les bras et les mollets quand je plongeai les dernières assiettes dans l'eau savonneuse.

— Laisse ça Bella, je vais le faire, me dit Emmett de sa grosse voix pataude. Tu devrais rentrer chez toi, je ferais la fermeture avec Rosalie…

— Non, c'est bon, Em', j'ai presque fini, répondis-je au moment où Rose rentrait, les bras chargé d'un plateau de sucriers à moitié vides.

— Vas-t-en d'ici nom d'un chien ! Et vas donc te coucher, tu as l'air d'un zombie ! s'écria-t-elle.

— C'est ce que je viens de lui dire ! Mais elle est têtue cette bécasse !

— Hé ! m'insurgeai-je mollement.

— Ne discute pas Bella. Tu rentres chez toi, un point c'est tout, insista Rosalie, les bras fermement croisés sur sa poitrine.

Je leur jetai des regards à tous les deux et ils avaient un air farouchement coriace sur le visage. Ils voulaient que la pauvre petite Bella au cœur brisé se repose. Ils avaient pitié de moi et de ma mine décomposée. Et je détestais ça. La pitié.

Mais peut-être y avait-il une autre raison pour qu'ils veuillent me voir déguerpir aussi vite. Peut-être voulaient-ils être seuls pour s'envoyer en l'air sur les plans de travail en inox ? Après tout, avec Emmett et Rosalie, il fallait s'attendre à tout. Je me résolus donc à les écouter.

— Bon, c'est d'accord, soupirai-je en détachant mon tablier.

— On se voit demain, me lança Rose avec un large sourire.

— Oui, c'est ça. A demain, marmonnai-je.

Je fis un rapide tour dans les vestiaires pour récupérer ma veste et changer de chaussures, puis j'éteignis les lumières de la salle de restaurant. Je m'apprêtai à aller fermer la porte à clé quand j'entendis le tintement de la clochette suspendue au-dessus.

— Désolée, nous sommes fermés, lançai-je dans le noir à la silhouette qui se tenait devant la porte.

— Bella ?

Je me figeai, le cœur battant furieusement sous mes côtes. Cette voix, douce et profonde. Je l'avais reconnue instantanément. C'était lui. Il était là. Edward Cullen.

L'air autour de moi me parut soudain lourd et glacé. Il avait peine à entrer dans mes poumons et le souffle qui sortit de mes lèvres tremblantes me fit mal. Sa voix résonnait toujours dans mes oreilles. Mon prénom, susurré dans d'autres circonstances, de son timbre rauque, essoufflé. Tout me revint d'un coup, et vint me frapper en pleine figure, comme un boomerang.

Je dus m'appuyer sur une table pour ne pas tomber, mes jambes vacillant sous mon poids. Quelque chose se serra fort dans mon ventre alors que je distinguais à peine ses traits dans la pénombre. J'étais au bord de la nausée, mais en même temps, je savais qu'il y avait plus. Comme un élan d'allégresse qui s'étouffait en moi, écrasé par le poids de toutes ces émotions conjuguées.

J'avais d'ailleurs bien du mal à toutes les identifier ces émotions à l'instant même. La joie de le revoir se battait avec le ressentiment pour la peine qu'il m'avait faite. Et puis la honte aussi. Piquante, aigüe, étouffante.

— Je… je… bafouillai-je, sentant ma bouche devenir sèche comme du papier.

— Bella, répéta-t-il d'une voix plus suppliante.

— Vas-t-en Edward, réussis-je à articuler malgré mon vertige.

Il fallait que je respire, que j'arrive à inspirer et expirer correctement, sinon j'allais finir par m'écrouler au sol complètement suffoquée. Mais il me coupait le souffle. Et il avait toujours eu cet effet-là sur moi. Autour de lui flottait toujours cette vibration étrange qui me poussait vers lui, qui m'attirait inexorablement, comme un papillon fasciné par la flamme d'une bougie, quitte à s'en brûler les ailes. Et je savais que s'il ne partait pas tout de suite, j'aurais de plus en plus de mal à demeurer loin de lui.

— Non, je ne partirai pas. J'ai besoin de te parler Bella, de m'expliquer.

Il avança de trois pas, se rapprochant dangereusement de moi. Ses yeux luisaient malgré la pénombre, comme des lacs scintillants sous l'astre solaire.

— Eh bien je n'ai rien à te dire moi ! lui criai-je avec hargne pour tenter de cacher mon malaise.

— Tu vas écouter ce que j'ai à te dire, et après je m'en irais, répliqua-t-il d'une voix forte, mais c'était une expression peinée qui se dessinait sur son visage.

Je m'apprêtai à répondre quand un fracas retentit derrière moi. Je me retournai et avisai Emmett et Rosalie qui avaient débarqué dans la salle obscure. Rosalie actionna l'interrupteur et après quelques crépitements de néons, la salle de restaurant fut de nouveau éclairée.

— Qu'est-ce qui se passe ici ? Bella, est-ce que ça va ? s'enquit Emmett d'une voix inquiète, puis je le vis serrer ses énormes poings quand il reconnut Edward. Toi, tire-toi d'ici ! lui intima-t-il froidement.

Rosalie quant à elle ouvrait de grands yeux. Air niais et bouche ouverte en supplément.

— Oh mon Dieu… baragouina-t-elle. Ce n'est pas… c'est… c'est…

— Edward Cullen, finis-je pour elle.

— Oh mon Dieu ! répéta-t-elle.

Emmett lui lança un regard assassin et elle referma enfin la bouche, sans pour autant cesser de dévisager Edward.

— Tu veux que je foute ce trou du cul dehors ?

Je me mordis la lèvre devant l'air indigné d'Edward. Cependant, il ne pipa pas un mot, sûrement trop impressionné par la musculature démesurée d'Emmett. Néanmoins, il ne partit pas en courant comme je me l'étais imaginé. Non, il n'avait pas peur et à cet instant, je fus certaine qu'il était même prêt à se laisser casser la figure pour pouvoir me parler. Je lâchai une longue expiration tremblante et me résolue à le laisser s'expliquer. Après tout, quitte à frôler la crise cardiaque, autant de ce soit pour quelque chose…

— Non, ça va aller.

— Tu es sûre ?

— Certaine. Allez-y. Je crois qu'Edward et moi avons des choses à nous dire, soupirai-je tandis qu'il opinait du chef.

Emmett pinça les lèvres mais desserra tout de même les poings.

— Bon, comme tu veux, finit-il par dire. Allez viens Rose.

Et il entraîna une Rosalie toujours muette vers le couloir. Quelques minutes plus tard, le bruit de la clé tournant dans la serrure me confirma qu'ils étaient partis.

Edward s'avança alors plus près de moi. Et ça me fit mal de constater qu'il était encore plus beau que dans mes souvenirs.

— Tu m'as menti, Edward, lâchai-je sans préambule.

— Je sais.

— Et c'est tout ?

Il se mordilla les lèvres sans rien dire, se contentant de tendre la main pour effleurer ma joue. Ses doigts glissèrent lentement, enflammant chaque parcelle de peau, incendiant chaque fibre de mon corps. C'était bon. Et effrayant. Cette facilité qu'il avait de me faire craquer. Je résistai difficilement à l'envie de fermer les yeux pour profiter de sa caresse, alors je saisis sa main et l'éloignai de mon visage.

— Pourquoi es-tu revenu Edward ?

— Pour m'excuser. Pour m'expliquer aussi. Bella, tu ne méritais pas ça.

— Alors pourquoi ? m'exclamai-je. Pourquoi m'as-tu menti ?

— Je ne voulais pas te mentir. Mais… Bon Dieu Bella, tu ne sais pas ce qu'est que ma vie !

— Non, c'est vrai, reconnus-je sombrement. Je ne sais pas non plus qui tu es. En tout cas, tu n'es pas celui que je pensais.

— Si justement ! Je suis cet homme-là ! s'écria-t-il avant d'enfouir sa main dans ses cheveux décoiffés. Et tu es une des rares personnes à m'avoir vraiment connu, dit-il plus bas, le regard baissé vers le sol.

— Qu'est-ce que… qu'est-ce que ça veut dire ?

Edward soupira avant de relever ses yeux vers moi. Tristesse, détresse, remord, tout cela se mélangeait dans le vert de ses iris, tourbillonnant et me piquant le cœur comme une lance acérée.

— La célébrité, tout ça, ce n'est pas moi. C'est un rôle. Le rôle de ma vie, fit-il avec lassitude. C'est vrai, je gagne de l'argent, je voyage, je suis invité partout, je suis célèbre et adulé. Mais ce n'est rien à côté du revers de la médaille.

— Vraiment ? fis-je un peu cyniquement malgré la boule douloureuse dans ma gorge.

— Oui, vraiment Bella.

Je ne dis rien, attendant qu'il poursuive. Il se passa une main lasse sur le visage, ses doigts râpant les brins de barbe dorée sur ses joues.

— Ma vie n'est qu'une fuite permanente, reprit-il. Je fuis devant les paparazzis qui me pourchassent partout où je vais. Je fuis mes fans qui me harcèlent jusqu'en bas de chez moi. Ma vie privée est inexistante. Je ne peux pas faire les choses que tout autre type pourrait faire sans me retrouver en photo dans les magazines people. Comme manger une glace sur la plage ou boire une bière dans un bar. Sans cesse, les gens me dictent ma conduite. Tout est calculé pour que ce soit bon pour mon image. Mon sourire, mes paroles. Tout est factice. Je dois jouer, faire semblant. J'ai d'ailleurs l'impression de ne faire que cela et ça me fatigue. Je n'en peux plus. La vérité Bella, c'est que je ne suis pas heureux.

Il fit une pause pour avaler sa salive et se passer de nouveau une main dans ses cheveux devenus indomptables.

— Alors quand je t'ai rencontré et que tu ignorais totalement qui j'étais, ça a été comme une bouffée d'oxygène pour moi. Tu as agi avec moi comme tu aurais agis avec n'importe qui d'autre et tu ne t'es pas mise à pousser des hurlements hystériques de groupies déjantées. Tu me considérais comme un type normal, et je ne voulais pas que cela s'arrête. Je voulais continuer à être Edward Masen.

Ses yeux me fixaient impitoyablement, comme deux faisceaux opalins et intenses braqués sur mon visage, transperçant la barrière de chair et d'os pour se poser sur mon âme. Et elle vibrait mon âme, vraiment très fort. Les sous-entendus d'Edward, habilement cachés sous les mots, pinçaient mon cœur et le gonflaient d'émotion. Avec moi, il était lui-même. Avec moi, il se sentait heureux…

— Je ne savais pas que c'était aussi pénible d'être une star, ironisai-je pour cacher mon trouble.

— Crois-moi, ça l'est !

Je pris une grande inspiration avant de reprendre la parole, tentant de remettre de l'ordre dans le foutoir de mes pensées. Car il fallait avouer que ce qu'il venait juste de m'expliquer bouleversait tout…

— Je te comprends Edward. Et je comprends pourquoi tu as voulu me cacher qui tu étais vraiment. Mais tu aurais dû me le dire…

— Je voulais te le dire. Mais j'avais peur que tu prennes peur et que tu ne veuilles plus jamais me revoir.

— Peut-être que c'est ce que j'aurais fait. Peut-être pas. Mais tu aurais dû me le dire, répétai-je. Tu n'avais pas le droit de décider pour moi.

— Je sais.

— Et tu sais aussi que je préfère la franchise. Avec ce que je t'ai raconté sur mon passé, je pensais que tu l'avais compris.

— Je suis désolé.

Et il avait vraiment l'air de l'être. Un long pli barrait son front et il me semblait même avoir vu ses yeux briller sous la lumière des néons. Cependant, puisque nous étions partis dans les explications, je devais tout savoir.

— Tout ce que tu m'as dit sur ton enfance au Texas, tes études de droit, c'était des mensonges aussi ? le questionnai-je.

— Non, tout était vrai. Je t'ai presque tout dit de moi, d'Edward Masen. Je ne t'ai juste pas dit que j'étais également Edward Cullen. Et j'espère que tu pourras me pardonner.

— Te pardonner ? m'étranglai-je alors qu'Edward glissait lentement une main autour de ma taille.

D'un geste lâche, il me rapprocha de son corps et je sentis son torse ferme contre ma poitrine.

— Oui, je voudrais que tu me pardonnes Bella, souffla-t-il avant de poser son front contre le mien.

Il était si près. Ses lèvres étaient si proches. Je n'avais qu'un seul geste à faire pour qu'elles se retrouvent collées aux miennes. Et j'en crevais d'envie. Mais il fallait que je garde les idées claires, car embrasser Edward n'allait pas rendre les choses plus faciles, bien au contraire. Embrasser Edward Cullen. A cette pensée, la réalité me percuta durement.

— Edward, qu'est-ce que nous faisons ?

— Que veux-tu dire ?

— Tout cela ne rime à rien ! Tu es un acteur célèbre et je ne suis qu'une étudiante insignifiante…

— Ne dis pas ça ! me coupa-t-il d'un ton rude. Tu es tout sauf insignifiante Bella !

— Edward, tu sais que c'est faux.

— Tu n'es pas insignifiante pour moi. Et si tu veux tout savoir, pendant tout ce temps où j'étais loin de toi, je me suis rendu compte d'une chose.

— Ah oui ? articulai-je, perdue dans l'éclat intense de ses yeux.

— J'ai besoin de toi Bella, dit-il dans un souffle en posant sa longue main sur ma joue. Tu m'as tellement manqué.

— Eh bien, ce n'est pas ce que j'avais cru comprendre, lui jetai-je alors que tout me revenait d'un coup en mémoire.

Je m'arrachai de son étreinte et reculai de deux pas en le toisant d'un air furieux.

— Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

— D'après les photos que j'ai pu voir, je n'avais pas l'air de te manquer tant que cela quand tu te pavanais au soleil dans les bras de cette actrice.

— Tu es jalouse ?

— Non ! répliquai-je trop vite.

Et il le fit. Ce demi-sourire qui me rendait pantelante. Celui qui creusait une fossette adorable dans sa joue. Celui qui faisait que je me consumais de désir pour lui.

Il s'approcha de nouveau de moi, mais cette fois, il ne me toucha pas, se contentant de me fixer de ses iris clairs et pénétrants.

— C'était pour la promo du film. Pour qu'on parle de nous. Tu sais, pour notre image… m'expliqua-t-il d'une voix douce.

— Alors tu ne sors pas avec elle ?

— Non, pas du tout ! Rien de tout ceci n'est vrai Bella.

— Comment peux-tu vivre dans un monde pareil ? déplorai-je en secouant doucement la tête, mais tout de même soulagée.

— Avec beaucoup de difficultés, je te l'accorde. Mais tu veux savoir une chose ?

— Vas-y.

— Quand j'étais là-bas, je n'ai pas cessé de penser à toi et à la façon dont j'avais tout fait foirer avec toi.

Je me contentai de me mordiller nerveusement la lèvre tout en le regardant et en m'efforçant de contrôler le tremblement de mes mains.

— Je m'en suis tellement voulu Bella ! Je n'avais qu'une idée en tête quand toute cette comédie serait finie, c'était de revenir à Los Angeles et de te revoir pour m'excuser et pour implorer ton pardon.

— Edward, je…

— J'ai besoin de toi Bella. Tellement que ça me fait mal. Là, fit-il en agrippant ma main et en la posant sur son cœur.

Et il battait fort. Sûrement aussi fort que le mien qui semblait décidé à sortir de ma poitrine.

— J'ai essayé de t'oublier. Je me suis forcé à ne pas penser à toi. Mais j'ai échoué lamentablement, parce que tu étais dans chacune de mes pensées Bella. Toi, ton regard si chaud qui m'enveloppait de douceur, nos discussions dans ton lit minuscule, lovés l'un contre l'autre, à l'abri du reste du monde, ton corps si gracieux, si soyeux sous mes mains. Et ta bouche. Mon Dieu ! Ta bouche Bella ! Toutes les nuits je t'embrassais en rêve. Et puis je contemplais avec satisfaction tes lèvres rougies par mes baisers, je passais mes doigts dessus, comme ça, dit-il en joignant le geste à la parole.

Et dès que sa peau fut en contact avec mes lèvres, je me sentis littéralement haletante. Ses longs cils voilèrent ses yeux alors qu'il suivait ses gestes, puis il releva les paupières, les yeux plein de désir sous la lumière froide des néons.

Entre les doigts d'Edward caressant la rondeur de mes lèvres et les mots qu'il venait de me souffler d'une voix rauque, j'eus un moment d'absence où je me sentis entraînée dans un torrent furieux de sensations, déclenchant de folles palpitations dans tout mon corps.

Je ne repris mes esprits que quand une main audacieuse se faufila sous mon tee-shirt et appliqua sa chaleur sur mes reins. Je me retrouvai de nouveau contre Edward, le dos cambré, son visage penché au-dessus du mien, n'attendant qu'un seul regard de ma part. Un accord tacite. Une invite. N'importe quel signe qui aurait pu suggérer mon accord pour qu'enfin il m'embrasse.

— Edward, ce que tu as dit… tu le penses vraiment ?

— Oui Bella, c'est vraiment ce que je pense.

— Ce n'est pas une de tes répliques toutes faites ? Ou un nouveau numéro d'acteur ?

— Non, rit-il. Pas du tout.

— Parce que tu es un très bon acteur, appuyai-je.

— Merci, ça me flatte ! Mais je ne triche pas Bella. Et si tu me pardonnes, jamais plus je ne te mentirais. Je te le promets.

Je le scrutai. Ses yeux limpides me fixaient sans ciller. Et il y passait tant de sentiments que je ne doutai pas un instant de sa sincérité.

— Je te pardonne, Edward, lui dis-je alors dans un souffle.

Et ce fut ce qu'il lui suffit. Il plongea sur mes lèvres et je l'accueillis en poussant un long soupir tremblant. A la limite du râle. Le cœur retourné, je m'accrochai à lui, à ses épaules larges, soulagée de sentir enfin son corps contre le mien. Puis, sans que je ne m'en rende compte, mes mains avaient retrouvé ses cheveux, étroitement serrées en deux poings dans ses mèches douces et indisciplinées. Les siennes quant à elle s'affairaient à pétrir mon dos de caresses enflammées.

Notre baiser n'était pas doux. Nos gestes n'étaient pas tendres. Cela tenait plutôt du désespoir, du besoin impérieux de se retrouver, de retrouver le corps de l'autre et les sensations qu'il nous faisait ressentir. A bout de souffle, fous de désir.

Puis enfin, je me laissai aller tout contre ses lèvres, alors qu'il m'embrassait avec plus de douceur. Edward se recula et m'observa un instant avec un léger sourire avant de poser sa bouche contre la courbe de mon cou, ma mâchoire, traçant un chemin de baisers jusqu'à mes lèvres qu'il savoura avec une ardeur nouvelle.

J'écoutais ses soupirs, tout en répondant à ses baisers passionnés. Tout avait disparu autour de moi, sous mes yeux clos. Tout sauf nos deux corps moulés l'un contre l'autre au beau milieu de la salle de restaurant déserte.

Edward m'agrippa à bras le corps et de ses bras puissants, me hissa sur une table en se pressant contre moi. De la vaisselle se brisa en tombant, des couverts s'écrasèrent au sol avec un strident petit bruit métallique, mais cela me parut si lointain alors que j'étais enveloppée dans les bras d'Edward, respirant le parfum de sa peau chaude au creux de son cou.

J'y fis courir lentement ma langue, retraçant un chemin imaginaire jusqu'à sa mâchoire râpeuse. Il gémit fort, et si profondément que cela m'ébranla le cœur. Il battait rapidement d'ailleurs, m'étourdissant de pulsations partout, cognant à mes tempes, brûlant mes veines comme du métal en fusion.

Les mains d'Edward se saisirent de mes cuisses nues, ses longs doigts jouant, glissant soyeusement sur ma peau jusqu'à me faire soupirer d'envie, les jambes tremblantes, les lèvres ravagées et frémissantes.

Un regard vert se posa sur moi, brillant malgré tout sous la lumière fade. Un regard profond comme un puits sombre, ténébreux, insondable et fascinant. Un regard foudroyé de désir.

— Bella, je te veux ! grogna Edward en avançant soudain les hanches.

— Alors prends-moi, gémis-je, liquéfiée d'envie.

Un petit cri m'échappa quand ses doigts se refermèrent sur mon sein, taquinant la pointe tendue et sensible sous le tissu. Je rejetai la tête en arrière, les yeux fermés très fort. Et puis soudain, plus rien. Le vide.

Paniquée, je rouvris les paupières. Edward était toujours là. Un peu débraillé, haletant, les joues rouges et les yeux fous.

— Edward ? l'interrogeai-je.

— Viens !

— Quoi ? Mais… Edward, tu n'as pas l'impression que nous étions au milieu de quelque chose là ? râlai-je.

— Bella, s'amusa-t-il, je meurs d'envie de te faire l'amour, crois-moi ! Mais ça n'arrivera certainement pas ici ! Allez viens, dit-il en souriant, la main tendue vers moi.

Quelques heures plus tard, je glissai de sur le corps moite d'Edward pour m'affaler à plat dos sur mon lit, épuisée. Nous venions de faire l'amour pour la troisième fois et mon organisme criait au supplice. Cependant, un grand sourire satisfait étirait toujours mes lèvres.

— Qu'est-ce qui te fait sourire ? me demanda Edward en se tournant sur le côté.

Je l'imitai et nous nous retrouvâmes l'un en face l'autre, nus, entortillés dans les draps fripés.

— Toi, lui soufflai-je.

— Tu ris de moi ? J'étais donc si pathétique que cela ? s'indigna-t-il faussement.

— Totalement pathétique ! m'amusai-je.

Edward fit une moue si offensée que je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.

— Monsieur Cullen, est-ce que vous vous attendiez à ce que je flatte votre égo ?

— Evidemment ! Je suis une star non ?

— Et bien je crois que ton égo n'a définitivement pas besoin d'être flatté ! Sa taille doit atteindre celle de l'Empire State Building ! le taquinai-je.

— Au moins !

Je pouffai encore un peu, mais quand je rivai mes yeux dans les siens, il y brillait cette étincelle que j'avais déjà vue dans son regard avant. Celle qui me faisait peur, mais qui m'incendiait le ventre. Et c'était à cause d'elle, de ce pétillement dans ses prunelles vertes et profondes, à cause de ce tout petit rien que j'avais tant souffert pendant l'absence d'Edward. Un tout petit rien, mais qui voulait tout dire…

— Viens vivre avec moi Bella, lâcha-t-il dans un souffle.

Je le fixai en me mordillant la lèvre, puis passai une main douce et tendre sur sa joue rouge et chaude.

— Edward, je ne sais pas si je saurais faire ça.

— Quoi ? Vivre avec moi ?

— Supporter toute cette pression.

Il ferma les yeux et je lui en fus reconnaissante. Parce ce que je n'aurais pas pu supporter de voir cette étincelle mourir dans son regard. Par ma faute.

— S'il te plaît.

Et il rouvrit les yeux. Des yeux plein d'espoir.

— Je ne te demande pas de m'accompagner sur les promos ou dans les galas, reprit-il avec ardeur. Tu feras comme tu le souhaites. Je voudrais juste qu'on vive ensemble, toi et moi. Je ne veux plus jamais être loin de toi.

Je me redressai vivement, attrapant le drap pour m'enrouler dedans, puis je me levai et allai faire quelques pas dans ma minuscule chambre.

— Moi non plus ! Mais je veux poursuivre mes études, dis-je d'un ton déterminé.

— Et moi je veux que tu fasses ce que tu désires. Bella, tu es libre de choisir ta vie ! Saches simplement que je ne supporterais pas de ne plus en faire partie.

— Il n'est tout simplement pas envisageable que ne tu fasses plus partie de ma vie, le rassurai-je.

Il me sourit tendrement alors que je me rasseyais sur le lit face à lui. A nouveau, je glissai mes doigts sur sa joue mal rasée et j'appréciai ça plus que de raison.

— Je sais que ce ne sera pas facile et je ne te cache pas que les journalistes sont à l'affût du moindre fait et geste. Ta vie risque d'être chamboulée. Mais je ferais tout pour que ça marche, Bella. Il te suffit de dire oui.

Dire oui. Un tout petit mot. Trois ridicules petites lettres, mais qui veulent dire tellement… Je passai ma langue sur mes lèvres sèches et lui fis un petit sourire.

— Edward, est-ce que tu es heureux ? Avec moi, je veux dire.

— Oui. Pour la première fois depuis longtemps je suis heureux, répondit-il.

Même s'il était perturbé par ma question, il s'efforça de ne rien laisser paraître. Je me penchai alors pour lui dérober un baiser.

— Alors laisse-nous du temps, d'accord ? Laisse-nous être Edward Masen et Bella Swan, deux personnes comme les autres qui se fréquentent et qui font plein de cochonneries.

— Ca risque d'être difficile, tu sais… enfin pas pour les cochonneries !

— Je suis bien d'accord ! Mais on a bien réussi jusque-là, non ?

— Oui, c'est juste.

— Je veux que tu sois Edward Cullen, l'acteur célèbre et plein aux as. Parce quoique tu me dises, je sais que tu aimes ça. Que c'est ta vie. Mais je veux que quand les projecteurs s'éteignent, tu redeviennes Edward Masen, l'homme dont je suis tombée amoureuse dès le premier regard, celui qui vient se cacher dans une petite chambre d'étudiante et qui partage des restes avec moi.

— Un pied dans la réalité, c'est ça ?

— Tout à fait !

— Et après ? Qu'est-ce qu'on fera quand quelqu'un découvrira que je me planque chez toi ?

— Alors je sortirai de l'ombre. Mais pour l'instant, on est tranquille. Personne ne sait pour nous.

— A part ta copine Rosalie et son petit-ami, l'incroyable Hulk.

— Il s'appelle Emmett et il est adorable !

— Oh, je n'en doute pas ! Rappelle-moi juste de ne jamais l'énerver…

— Tais-toi donc, et embrasse-moi !

Edward posa ses lèvres sur les miennes tout en baissant le drap qui recouvrait encore ma poitrine. Ses longs doigts chérirent ma peau, s'attardant aux endroits qu'il savait sensibles et je me sentis toute chaude à l'intérieur. Et l'excitation n'était pas que physique. Car je me rendis compte que j'allais bientôt partager ma vie avec l'homme que j'aimais. Un sentiment d'euphorie m'étouffa alors que je me serrais dans les bras d'Edward. Moi aussi j'étais heureuse.

— Oh ! Bella, une dernière chose ! souffla-t-il contre mes lèvres.

— Hum ?

— Il va falloir penser à faire réviser ton radar à acteur…

— Idiot ! pouffai-je alors qu'il me retournait sous lui en riant.

L'instant d'après, plus aucun rire ne résonnait dans la chambre. Rien, à part nos souffles saccadés et nos gémissements de plaisir.


Voilà pour cette petite fic ! J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et j'espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire !
Je travaille sur une autre fiction, mais l'inspiration n'est souvent pas au rendez-vous... Ceci dit, j'ai quelques idées d'OS, donc j'espère quand même vous retrouver bientôt !

D'ici là, portez-vous bien !

Bises,
Sophie