Titre : WTF ? Just A Future

Pairing : Yamamoto TYL X Gokudera TYL (8059)

Rating : M

Genres : UA, romance, humour

Disclaimer : Personnages à Akira Amano-Sensei, histoire, mise en scène, tournures et situation d'un goût douteux ou autres... Ça en revanche, c'est de moi. Hélas.

Warning : LOL

Note : Hello,

Bon oui, j'ai dit que j'allais continuer mes autres fictions mais que voulez-vous... J'ai cédé ici. Pfff. Réjouissez-vous quand même, hé !

Comme d'habitude, je remercie les revieweuses d'avoir laissé un mot. Merci à Babiboo-chan, Axeliste, Hentai-chan, Kyoko77 et kitty-rose. Merci les filles, je suis ravie que tout ceci vous plaise. Et à fortiori la saga des WTF. Vos dires me font super plaisir, oh mon dieu. N'hésitez pas à continuer, je ne mords pas... Promis!

Ce chapitre est un peu fluffy mais attention... Un fluffy YamamotoGokuderien. D'ailleurs au prochain chapitre, on retrouvera notre copain le super lemon. je sais que vous l'attendez, lol. J'ai bon ? Et puis on retrouve Hibari aussi, LOL. Ce gars, quoi.

Dîtes-moi tout, PLEASE.

A bientôt, amusez-vous bien !

Bécots,

-x-x-

.-

Le temps malgré tout, trouve la solution malgré toi.

-.

J'ai joué pendant des heures...

Mes doigts quittent, avec regret, les touches noires et blanches et je me lève, chancelant, l'esprit encore ailleurs et la brume musicale couplée à la fatigue m'habitant encore, plus que jamais. Je me laisse tomber au sol et m'allonge sur le parquet froid. J'ai besoin d'une clope. J'en ai pas. C'est la misère. J'aurais du prévoir le coup. J'ai pas pu... Dès que mes yeux se sont posé sur cette merveille toute de noir vêtue, j'ai été incapable de penser à autre chose, incapable de me projeter dans l'avenir, incapable d'anticiper le manque infâme qui allait me tenailler les tripes des heures plus tard. Dès que mes mains se sont éloignés du piano, dès que mon esprit s'est déconnecté de la mélodie, le besoin de nicotine m'a tenaillé les tripes comme la vieille ennemie qu'elle est. Comme l'adversaire qu'elle continue d'être et comme la mort qu'elle finira par devenir, m'emportant avec elle dans les affres de mes poumons calcinés. Ha ha. Je suis en manque. Et accessoirement j'ai joué comme un paralytique. J'étais crispé comme une pucelle devant son béguin, crispé comme un écolier passant son bac, crispé comme un candidat au permis de conduire. Enfin j'en sais rien, j'ai même pas le permis. J'ai jamais songé à le passer... Mais j'imagine qu'on stresse comme un ouf devant un gars qui a trente ans de conduite et qui se fout déjà de ta gueule avant même d'entrer dans la caisse.

Mais bizarrement, tout m'est revenu assez rapidement ; je me suis rendu compte que j'avais pas tout oublié. Je me suis rendu compte que jouer avait fait partie intégrante de moi et continuait de l'être, des années plus tard. Et ça m'a rassuré, en un sens.

Mais présentement, je suis claqué et j'ai une flemme monumentale de sortir pour aller au conbini. Je tourne la tête vers le cadran du décodeur TV. Il est bientôt 6h du matin... Si je tend l'oreille, je peux désormais entendre les premiers oiseaux qui chantent au dehors. J'ai pas vu le temps passer... Le temps. Toujours lui. Depuis que je suis avec Yamamoto, depuis que je goute enfin à un semblant de bonheur, le temps est devenu – d'avantage qu'auparavant s'entend – une peur presque viscérale. Je l'ai déjà dit mais je le répète, le temps est la chose la plus horrible qui m'est été donné de voir. On le contrôle pas. On ne contrôle rien. Il est à la fois relatif mais pourtant absolu. On a pas d'emprise sur lui. Et ce qu'on contrôle pas, on en a peur, n'est-ce pas ? C'est humain. Mon manque de nicotine, je peux le contrôler et l'endiguer. Les secondes, les minutes, les heures qui s'écoulent, non. C'est effrayant mais la peur, cette peur qui vous étreint le corps, il est possible de passer outre. J'y travaille encore.

Je soupire et ferme les yeux un moment. Ma chemise m'emmerde. Elle a tenté de fusionner avec ma peau toute cette fuckin' soirée et j'ai qu'une envie c'est d'enlever mes fringues et de les bruler. J'ai la tête qui tourne. Je suis fatigué. Je veux respirer l'odeur du beau gosse. Il est parti dans sa chambre après que j'ai commencé à jouer. Il voulait rester mais je lui ai intimé de partir... Me remettre à jouer après toutes ces années était un acte trop intime et j'aurais été incapable de poser le moindre doigt sur une touche s'il avait été là. Lui ou quiconque d'ailleurs. Enfin surtout lui... Ouais.. C'était entre la beauté et moi. Et présentement... J'avais envie de switcher et retrouver mon autre beauté alias le japonais le plus sexy de l'univers. Il devait dormir... Et je voulais qu'une chose : aller le rejoindre et me coller à lui pour sombrer lentement dans les bras de Morphée. J'ai déjà en tête qu'au réveil, tout à l'heure, je lui ferai sa fête. Ouais, parfaitement.

Pour en revenir au postulat de base qui est que je suis en manque de nicotine, j'ai zero courage à descendre ni même à croiser le regard du type qui me vendra mes cancers en tube.

Flemme.

Je me relève et commence à enlever mes vêtements. Je vais user des dernières traces de motivation qui m'habitent encore pour passer par la case douche rapide et basta. Je pars en direction de la salle de bain et balance enfin mes fringues sales dans le panier qui déborde ; Manuela va encore passer trois plombes à tout laver, la pauvre. Heureusement qu'elle est là, elle aussi, sérieusement. Elle est devenu l'Oracle de cet appartement. Je vais écrire un morceau pour la femme géniale qu'elle est.

La douche me fait un bien fou, je me savonne rapidement et sort tout aussi rapidement pour venir choper une serviette qui traine sur le lavabo. Il est bientôt 7h du matin, est-ce que je fais bien d'aller me pieuter finalement ? Je peux tout aussi bien aller me faire un café et …

- Hayato, viens dormir...

Le beau gosse se distingue dans l'encadrement de la porte. Il vient de se réveiller visiblement. Je l'ai pas entendu venir... Ses cheveux noirs sont en bataille et il se frotte les yeux, peinant à les garder ouverts. Il est beau et il est à moi. Le frisson qui me parcourt le corps à sa vue, j'arrive pas à l'endiguer lui. C'est toujours la même, à chaque fois que je pose mes yeux sur lui, j'ai cette vague de fierté manifeste qui me prend au coeur à l'idée qu'il m'appartient. Je suis un putain de possessif et il faut que cette constante demeure sinon je deviendrais cinglé. Il faut que Yamamoto Takeshi reste ma bouée de sauvetage sinon je chercherai même plus à batailler pour garder la tête hors de l'eau. J'aurais plus aucune raison de le faire, en réalité.

- Je t'ai réveillé ? Désolé.

Je continue de me sécher sommairement, les gestes lourds et essuyant en même temps la buée qui a élu domicile sur le miroir au dessus de l'évier. Elle a du mal à partir. C'est pas plus mal à dire vrai, je dois avoir une gueule de chiotte. Manque de sommeil, manque de nicotine, cerveau OUT. Fatality.

- Je t'entendais plus jouer...

Sa voix est basse et chargée de sommeil. Il esquisse un bâillement alors qu'une de ses mains vient frotter sa nuque.

- Ah.

- Tu as besoin de dormir.

Il marque un point.

Je frotte une dernière fois mes cheveux encore quelque peu humide et abandonne la serviette pour aller le rejoindre. Un léger sourire satisfait vient fleurir sur ses lèvres et Il m'attire à lui, en des gestes flegmatiques, emprunts de fatigue ; mon corps nu se colle au sien, vêtu en tout et pour tout d'un boxer. Ola. Le deal c'est de dormir, pas que l'excitation me gagne au point d'avoir envie de le plaquer contre le mur le plus proche pour qu'on fasse l'amour comme des damnés. Si mon bas-ventre pouvait éviter de révéler à la terre entière que l'option number two lui convient, ça serait cool. De son côté, Yamamoto fait rien de plus, se contentant de me câliner et d'enfouir son visage dans mon cou, respirant contre ma peau devenue frissonnante.

- Tu sens bon... Mh.

Souvenez-vous, l'art de dire des choses évidentes by Yamamoto Takeshi... Captain Obvious, le retour. J'étire un sourire amusé.

- Dormir, hein ? Que je fais, une voix basse et moqueuse à l'appui.

- Dormir, il répète en esquissant un sourire badin.

Il me relâche et éteint les lumières avant de me pousser vers ma chambre, doucement. Je me rend compte alors en avisant les draps allégrement défait qu'il dormait dans ma chambre donc, et non la sienne. C'est une chose qu'il fait plus que nécessaire ça aussi... Squatter ma piaule. Avant c'était chacun chez soi, maintenant, la tendance penche à ce qu'on dorme et baise souvent dans ma case. En général, il bosse dans sa chambre et ensuite, on se retrouve dans la mienne. A croire que nos deux chambres sont assimilées à deux choses bien distinctes désormais : le boulot et le sérieux pour l'une et la débauche et le stupre pour l'autre. Ça me va, j'ai aucun soucis à ce que ma chambre soit devenu le bordel notoire de l'appartement... Non. Parce que c'est devenu également, la pièce des aveux. Je compte plus le nombre de fois où il m'a répété, sans cesse, après l'amour qu'il était dingue de moi. C'est devenu un nouveau rituel ça... Me dire qu'il m'aime après l'acte. Moi évidemment, j'ai encore du mal mais je sais qu'il sait ce qu'il en retourne vraiment. Il sait que je suis tellement accro à lui que c'en est douloureux. Pour tous les deux. Mais on s'en sort plutôt bien pour l'instant. Je dirais pas que tout est sous contrôle mais on parvient à avoir un semblant de relation plutôt harmonieux et un quotidien qui tient la route et ce malgré tout... Malgré eux, malgré nous et malgré moi.

… Surtout malgré moi.

Yamamoto referme la porte et plonge la pièce dans la pénombre. Il m'attire contre lui et bientôt on se retrouve sous la chaleur des couvertures. Je l'entend pousser un soupir de satisfaction et son torse se colle à moi en corrélation avec son bassin qui se colle contre le bas de mon dos.

- Tu joues toujours aussi bien, tu sais...

Sa voix est un murmure à peine audible contre mon cou. Un chuchotement. Une sorte de secret révélé, là, sous la tiédeur des draps et à l'abri du regard. On ressemble à deux gamins... Son souffle chaud se perd contre mon oreille et il ressert sa prise contre ma taille, me collant d'avantage à lui. Un frisson de plaisir me traverse le corps. Inévitable.

- J'ai joué comme une merde...

- C'était reposant et incroyablement beau... ça m'a bercé et je me suis endormi tout de suite.. Qu'il chuchote alors une nouvelle fois, frottant ses lèvres contre ma peau, ses mains caressant mon torse en de douces caresses.

C'est aérien et ayant visiblement nullement pour but de passer à une vitesse supérieure et purement sexuelle mais merde... Il commence sérieusement à m'exciter.

- Nh... Arrête de me toucher comme ça.

Ma voix se diffuse en un soupir chargé d'envie contre l'oreiller. Putain, qu'il arrête de se frotter contre moi, comme ça.

- Ha ha... Pardon.

- Manuela a raison... On est deux putains d'obsédés incapables de penser à autre chose. J'ai honte de nous, tu sais ?

Son rire léger et fluet me parvient aux oreilles.

- Elle a dit aussi, la fois dernière, je cite – il prend une voix exagérément plus grasse et criarde, à l'image de notre amour de bonne femme, tout en continuant de chuchoter - : « Vos performances physiques incessantes digne d'une production pornographique à gros budget sont la manifestation profonde de votre attirance l'un pour l'autre et, à défaut de parvenir à mettre clairement des mots sur tout ce qui vous habite, vous agissez comme des lapins en rut. Et encore, c'est un euphémisme infâme puisque des lapins en rut ont moins d'aplomb que ce que vous avez dans le pantalon. Bande de détraqués. Vos couilles vont finir par ressembler à des sachets de thé et dans dix ans, vous serez impuissants et deviendrez des pédophiles récidivistes à qui il faudra couper la bite. » … A peu de choses près, j'ai pas tout retenu.

Ah ouais, quand même.

- … J'ai toujours trouvé qu'elle était gore.

Je retiens la violente crise de rire qui menace de sortir. Sacrée Manuela... Vous verrez quand elle débarquera, vous allez rigoler. C'est vraiment une dingue mais qu'est-ce qu'elle est attachante. C'est une des rares personnes dans la courte liste de ceux que je peux blairer a qui je voue une affection sans faille et pourtant ça fait seulement quelques mois qu'on la côtoie. Bref. Elle a pas tout a fait tort. Si ça se trouve, dans quelques années, on sera des monstres eunuques. Autant continuer à profiter maintenant de tout ça. Autant continuer à profiter des prouesses sexuelles de la belle créature collée à moi. A ce propos, la prise contre mon corps s'est relâché et le souffle lent et régulier que je sens contre ma nuque m'informe que le fantasme s'est ré-endormi. Une tombe ce gars. Remarque, il en avait besoin. Être le héros notoire, ça doit vous vider de toute votre énergie. Sourire constamment, être parfait, beau, poli, respectueux, sociable, serrer des mains à n'en plus finir, brosser toute cette bande de cons dans le sens du poil...

… S'accrocher à moi malgré mon caractère et mon comportement de merde. Parvenir à me rendre heureux malgré le point d'honneur mental instauré il y a longtemps et qui, en tout état de cause, m'intimait à ne jamais l'être. Parvenir à transposer mon dégout pour moi-même en un béguin indicible et transcendant pour lui... Ha ha... Réussir, un peu plus chaque jour, à me rendre plus accro que jamais.

Putain, il est pas humain ce gars. Ou alors il est fou. Un peu des deux. Un subtil mélange. Et moi, j'en suis raide dingue. Qui de nous deux est le plus fou, alors ?

- Je t'aime, sale incube.

Personne n'a entendu. Vous n'avez pas entendu. Il n'a pas entendu. Secret défense, OK ? Base 51, Nevada. Si j'apprends qu'il y en qui ont cafté, je m'occupe personnellement de votre cas.

ZzzzZ...

-x-x-

- Non.

Tsuna étire une grimace désabusée mélangé à sa moue boudeuse favorite et dont je connais les moindre secret depuis le temps. Son con de maque, à quelques pas de là, fait claquer sa langue contre son palais en m'envoyant un regard digne d'un congélateur en surrégime. J'ai toujours cette envie insidieuse et oppressante de lui envoyer ma bière dans la gueule mais je me retiens. Je suis censé être devenu un peu plus sage et détendu... Mais bordel ce qu'Hibari Kyoya peut me mettre de travers rien que par sa simple présence. Il mérite un oscar ce type.

- Je t'en prie Hayato ! Je t'ai jamais rien demandé... Boude à nouveau ma caille en m'adressant son regard de chien battu numéro quatre, la mine triste et les grands yeux larmoyants ; toute la panoplie.

- On va le faire, Tsuna.

Peace Boy ancre alors subitement son regard emplit de gratitude vers Yamamoto qui lui sourit en retour. Et si je lui roulais une pelle tout le temps pour empêcher sa jolie bouche de débiter des bêtises ?

- Hey... C'est à moi qu'il a demandé, que je fais en envoyant un regard noir à mon beau gosse qui, visiblement amusé, m'offre un clin d'oeil rieur pour toute réponse.

- Merci Yamamoto-kun !

- Force est de constater que tu es quelqu'un d'intéressant, Takeshi Yamamoto, reprend la congère en m'adressant un sourire de psychopathe fini alors qu'il insiste bien sur l'identité de la personne visée.

Retenez-moi. Je lui adresse un doigt d'honneur pour toutes réponses ; ce a quoi il répond par son célèbre levé d'yeux au plafond intimant comme d'habitude qu'à part Tsuna, personne ou presque ne mérite son intérêt. Tch. Je fini par soupirer en m'affalant dans le canapé puis glisse une nouvelle fois ma bière contre mes lèvres.

Vous voulez savoir ce qui se trame ? Il se passe qu'on est chez Tsuna là, avec Yamamoto. Il nous a invité pour féliciter le beau gosse pour son boulot et de fil en aiguille, il en est venu à demander ça. Me demander ça pour être plus exact. Et entre nous, il y a pas moyen que je me coltine une autre plaie à poils dans mon appartement. Nuts qu'il s'appelle. Et présentement, il ronronne comme un bienheureux sur les genoux de Yamamoto. Évidemment. Comment fait ce gars pour attirer les animaux comme ça ? Il est pas humain, je vous le dis. Donc, cette chose est la propriété de Tsuna et son maque et concrètement, ils doivent passer quelques jours chez ses parents ; ce qui implique, et je ne sais pas trop pourquoi ni comment d'ailleurs - probablement parce que je suis son meilleur pote... J'avais dit que j'aurais du changer de meilleur ami - que l'on fasse la nounou, donc. Je suis pas emballé du tout. Le truc qui vient bouffer chez nous m'intime pas à l'être ; j'ai un mal énorme avec la race féline. Et elle me le rend bien en général, confère Uri qui peut pas me blairer et réciproquement. Le jour où Yamamoto l'a ramené, j'aurais du le quitter. Parfaitement.

- Tsuna, ma Muse, mon inspiration... On a déjà un truc de ce style chez nous, je reprend, la voix empli de dégout en pensant à cette saleté mais pourtant un mince sourire aux lèvres devant l'expression qu'arbore la glacière face à la familiarité que je peux avoir avec mon meilleur ami.

C'est tellement jouissif en même temps. Hibari déteste que j'use de petits noms affectueux envers Tsuna. Ce gars est jaloux comme un poux et il veut éradiquer de cette planète tout ce qui approche de près ou de loin à son boy-friend. Remarquez, je le comprends... Je suis pareil avec l'imbécile heureux qui s'amuse désormais avec le sac à puces présent sur ses genoux, à ma droite. Ah la la... Me découvrir des points communs avec « La reine des neiges » ici présente me donne envie de me tirer une balle.

- C'est l'histoire de quelques jours, Hayato ! S'il te plait. Yamamoto-kun a déjà accepté de toutes manières.

- Et alors ? C'est pas lui le taulier ! Je m'insurge. Mon avis, tout le monde s'en branle, donc ?

- Tout à fait et ça ne tiendrait qu'à moi ta présence dans cet appartement ou sur cette planète serait proscrite mais manque de chance, Tsunayoshi te qualifie de « meilleur ami ». Je ne perd pas espoir à ce qu'il retrouve la raison un jour ou l'autre.

Ça, c'était Hibari. Va te faire foutre, sale con frigide.

- Kyoya! S'offusque Tsuna en lui lançant un regard faussement outré auquel il répond par un sourire de satisfaction pure et dure. Une malade mental ce gars.

J'étouffe un soupir de dégout supplémentaire. Je l'ai toujours dit et je le répète : je veux pas savoir comment ça se passe entre eux sexuellement parlant. Ça me semble trop glauque et malsain et si j'apprends ce que ce psychopathe fini fait à mon meilleur ami, je vais devenir impuissant.

- Tout va bien se passer. On verra comment il se comporte à l'appartement avec Uri et si ça se passe mal, on le ramènera ici. Vous n'avez qu'à nous laisser un double des clés.

Tch. Des fois, j'aimerais que Yamamoto-je-suis-Dieu et sa fabuleuse capacité à apaiser tout le monde se taise. Trop de puissance dans ce canon, ça me sidère.

Finalement, j'ai pas pu jouer au rabat-joie plus que nécessaire et nous rentrons avec la cage renfermant le monstre number two à l'appartement. C'était Tsuna aussi... Tsuna et Yamamoto. Les deux amours « humains » de ma vie. C'était couru d'avance que j'allais pas faire le poids. La porte se referme et Yamamoto pose prudemment le nouveau locataire au sol avant d'ouvrir la petite porte en métal. De mon côté, j'ai eu le temps depuis d'aller m'acheter des cigarettes et j'en allume une avec toute l'urgence que ça implique. Je tire avec satisfaction sur le cylindre de tabac et expire avec autant d'aplomb. Le truc qui ressemble plus à une espèce de lion minuscule plutôt qu'à un chat – c'est quoi comme race, sans déconner ? - sort doucement de sa prison et foule le sol de l'appartement. Je l'observe, un soupir désabusé à l'appui avant de sursauter en sentant le beau gosse se glisser derrière moi et passer ses bras autour de ma taille.

- T'es sexy quand tu boudes...

- Tu fais chier, nh.

Un rire doux et moqueur se glisse contre mon cou et je frissonne, coupable, d'abdiquer aussi facilement et honteusement face à lui. A bien y réfléchir, je suis sur que tout ce flan visant à féliciter Yamamoto pour son boulot était une vaste mascarade pour finalement arriver à ses fins. Si le beau gosse avait pas été là, Tsuna devait savoir que j'allais clairement refuser... Enfin c'était le deal, j'imagine. Ce gars est plus vicieux que je le pensais. Vivre avec Hibari le rend plus fourbe qu'il ne l'est et je me dis encore une fois qu'il faudrait que je lui fasse le topo concernant leur relation et le sauve d'une vie de perdition avec ce con. Manque de bol, je le ferai jamais parce que... Et ça m'arrache la gueule de l'avouer, Tsuna est heureux comme jamais depuis qu'ils sont ensembles. Oui, mon meilleur ami est heureux en amour... C'est définitif, je comprendrais jamais comment on peut associer « bonheur » et « Hibari Kyoya ». Bref.

- Tu as une idée de ce que tu veux manger ?

La voix du beau gosse me sort de mes pensées et j'étire un sourire en me retournant pour venir lui faire face. Je mords ma lèvre inférieure en un geste tout sauf anodin et vient attraper le col de sa chemise laissée lâche contre son corps. Deux boutons sont allègrement ouvert et l'ébauche de ses clavicules se distingue de façon gourmande.

- Ouais. Et j'ai super faim. Une dalle monstre.

Yamamoto reste parfaitement immobile. Il plisse les yeux d'amusement et m'adresse un sourire faussement interrogateur. Ce sourire même qui indique clairement qu'il sait de quoi je parle mais pour le fun, pour le jeu et pour la séduction, il feinte l'ignorance. Mh. Je commence à le connaître, que dis-je ? je le connais par coeur. Je tire une nouvelle fois sur ma cigarette et passe ma main sous sa chemise cette fois-ci, venant coller lentement son corps au mien.

- Ça répond pas à ma question, il susurre en mordillant le lobe de mon oreille, joueur.

Un long et grisant frisson longe ma colonne vertébrale pour élire aussitôt domicile dans mon bas ventre. La trahison par le corps, round 87815588521782. Il y a des moments... Non, souvent plutôt, j'aimerais être un putain de robot à son contact. Je voudrais que mon corps arrête de réagir aussi humainement en sa présence. C'est obsédant. Profondément et totalement extatique. De l'ordre de l'abus, même.

- C'était une vraie question ?

- C'était une vraie question.

Petit malin, va. Le moment est cependant de courte durée puisque mon horrible vice se rappelle à moi en commençant à me brûler le bout des doigts.

- Mmh. Cendrier.

Il avise le tas de cendre à nos pieds et fini par s'éloigner en étirant une moue faussement déçue. Je lève les yeux au ciel d'amusement et file en direction de la cuisine pour écraser mon mégot dans le petit cendrillon en cristal qui trône sur la table. J'en profite pour jeter son contenu par la même occasion et chipe deux bières dans le frigo. Deux coups de décapsuleur plus tard, je reviens dans l'entrée pour finir par me stopper à la porte du salon. Le beau gosse est adossé dans l'encadrement et m'intime, d'un mouvement de tête silencieux, de venir voir ce qu'il se trame dans la pièce. Je le rejoins et lui tend sa bière qu'il accepte volontiers avant d'ancrer mes yeux face à moi et de froncer les sourcils.

- Donc, ce truc a visiblement de bons goûts.

Yamamoto laisse échapper un soupir amusé avant d'amener le goulot de sa bouteille contre ses lèvres. Face à nous, le chat de Tsuna se pavane comme un diable sur le piano, s'agitant comme un bienheureux contre la surface lisse et noire de l'instrument. Ça en serait presque mignon... Presque.

- Je crois qu'il a trouvé sa place.

- Si je trouve une seule trace de griffures, je le donne au restau chinois du coin.

Je grogne. Si jamais cette chose fait un seul bobo à mon nouvel amour, je le tue. Et rien ni personne ne m'en empêchera. Uri, cette saloperie, a déjà dévasté le canapé et avec celui-ci, sans déconner, si je découvre une marque, une seule trace de...

- Calmes-toi... J'ai pas l'impression qu'il ait envie d'y faire ses griffes. Regarde-le...

Nuts se couche doucement et de tout son long sur mon bébé et on l'entend bientôt ronronner de bonheur. C'est sérieux ? Je lève les yeux au ciel et avise le profil de Yamamoto qui est attendri puissance mille et sourit comme un idiot. Encore. Ce gars est tellement une bête de sexe et la virilité incarnée que j'en oublierai presque qu'il est aussi sensible qu'une fille face à tout êtres vivants ayant des poils, des plumes ou que sais-je encore... Oui, Takeshi Yamamoto devient une pâquerette face aux animaux. Ça vous en bouche un coin ? Il m'a dit une fois qu'il aurait aimé avoir un chien. Je lui ai répondu qu'il pouvait aller se gratter. En y réfléchissant bien, c'est probablement pour se venger qu'il a ramené l'autre cas social félin qui vient taper l'incruste quand ça l'arrange. C'est bon, je déteste ce type et toutes ces mièvreries notoires me saoulent. Je vais le quitter, il a qu'à vivre avec soixante-seize chats ou chiens.

- Héé, reviens ici...

Alors que je rebrousse chemin pour repartir dans la cuisine et m'éloigner de cette ambiance malsaine débordant de fleurs et de coca cola tiède, le beau gosse me rattrape et m'attire à nouveau contre lui. Il sourit contre mon oreille et frotte doucement sa joue contre la mienne.

- Arrête de bouder, Hayato...

- Je boude pas, putain-de-merde. Nh.

- Tu es en colère parce que j'ai accordé plus d'attention à un chat qu'à toi l'espace de cinq minutes, ha ha.

Il affirme ça en rigolant, de surcroit. L'idée de lui rouler un patin H24 pour qu'il la boucle fonctionne toujours non ? Grmbl. Saloperie d'incube. J'ai tellement envie de lui clouer le bec avec ma propre audace. Comprendre, avec ma bouche. Depuis que je le connais, ma bouche s'appelle Audace.

- Takeshi Yamamoto, je crois que vous faites preuve d'un égocentrisme exacerbé peu scrupuleux et pardonnez-moi de vous l'apprendre, vous n'êtes pas le nombril du monde.

Nouveau soupir amusé côté belle gueule. Je me force à pas rire parce que ma connerie m'amuse malgré tout.

- Je t'aime.

Nouveau frisson enivrant côté italien. Italien débordant de mauvaise foi, encore. Ça me semble utile de le préciser à nouveau. Inlassablement. Je suis un puits de mauvaise foi. Mais je me soigne. La preuve : je sais que j'en déborde tellement que ça en devient ridicule et de fait, outrageusement risible.

- Nh.

- Toi aussi, tu m'aimes.

Oui. Tout à fait. Et tu le sais. Je sais que tu le sais. Mais comme d'habitude, il est question de me le faire dire, donc. C'est pas un aveux. Non. Puisque tout le monde est au courant. Moi, lui, vous, eux. Le monde entier sait que Takeshi Yamamoto et Hayato Gokudera sont dingues l'un de l'autre. Je suis même sûr qu'un jour, un imbécile heureux ou une imbécile heureuse remarquez, en fera un roman ou un film.

- Va te fai...

- Tu l'as dit ce matin avant de dormir.

Fuck. You.

- J'ai surtout dit que t'étais un sale incube de mphf... !

Bonne idée. Ça m'évitera de déblatérer conneries sur conneries encore et de fait, m'enfoncer dans mon pathétisme notoire. Le beau gosse a tourné mon visage vers le sien et ses lèvres se sont soudés brusquement aux miennes. Un gémissement de surprise puis – très – vite de bien-être m'échappe et il ne faut que quelques malheureuses secondes pour que j'autorise sa langue, avide, à venir rencontrer la mienne. C'est bon. C'est comme filer sa dose d'héroïne à un camé. C'est jouissif. Les baisers du beau gosse sont toujours aussi déroutants. Sa langue qui s'enroule à la mienne avec fougue et dextérité font rapidement grimper la chaleur dans les moindres recoins de mon corps. Il sait y faire. Il a toujours su. Il me retourne la tête. Il me retourne le coeur. Il me retourne le corps... Il fait ce qu'il veut de moi, quand il veut, où il veut.

… Et je dois être un putain de maso parce que j'adore ça.