3- La trahison de Diana avait lourdement marqué Largo, entachant ainsi ses rapports avec son entourage. Dix semaines depuis la résurrection de Nério et après avoir trouvé confirmation auprès de celle que beaucoup considéraient comme étant sa femme de l'ombre, sa mort.
Il dut se faire une raison. Toujours présente auprès de lui officiellement en tant que garde du corps. De ce point de vue là elle fit ses preuves mais beaucoup pensaient toujours qu'elle n'était pas cela seulement.
Moins marqué, Simon qui avait fait les frais des machinations de Diana veillait de loin sur son ami, l'accompagnant tout le temps dans ses virées impromptues, dans son bunker Kerenski remettait lentement mais sûrement la tour sur pied renforçant la sécurité des lieux afin de rendre la tache encore plus ardue pour les assaillants.
- « DEHORS, JE VOUS AVAIS DIT DE NE PAS ME SUIVRE…VOUS PENSEZ QUE JE N'AVAIS PAS REMARQUE VOTRE PRESENCE.
- « mais Mr Winch, je ne fais que mon travail. »
- « VOTRE BOULOT….VOTRE BOULOT C'ETAIT DE VOUS RENDRE COMPTE QU'IL Y AVAIT UN TRAITRE PARMI NOUS. »
Malgré l'épaisseur des portes du penthouse, on pouvait entendre les hurlements de rage de Largo qui s'acharnait sur le garde du corps qui l'avait suivi durant son escapade nocturne. Inquiétée par les bruits provenant de la pièce Gabriella fit appeler Sullivan qui se trouvait dans son bureau en compagnie de Simon et Joy.
En ouvrant la porte Simon fut saisi par la vision de son ami s'acharnant sur le malheureux. Il semblait que les deux hommes en étaient venus aux mains et que Largo avait pris le dessus.
Simon se précipita vers Largo et tenta de le ceinturer, mal lui en prit tout à sa frénésie destructrice Largo écarta violemment son ami l'envoyant s'écraser sur la table basse que Diana avait offerte à Largo pour son anniversaire. Un grand bruit de fracas de verre se fit entendre, mais Largo ne sembla pas l'entendre.
Sullivan était hébété il n'aurait jamais imaginé que Largo ce grand garçon dégingandé pouvait perdre le contrôle de ses actes à ce point.
Trop pris par sa rage, Largo ne vit pas Joy se glisser derrière lui et s'approcher silencieusement jusqu'à ne plus être qu'à quelques pas de lui, Joy sortit de la poche de son pantalon un pistolet sur lequel elle arma une fléchette anesthésiante et la décocha à Largo.
Sullivan lui portait assistance à Simon, ce dernier saignait abondamment et des éclats de verre s'étaient logés un peu partout dans son corps.
Largo porta la main à l'emplacement de la fléchette et lança dans un souffle à l'intention de Sullivan.
- « traître. »
Puis il sombra dans l'inconscience. Avec l'aide de Sullivan Joy emporta Largo dans sa chambre avant de revenir et d'y traîner Simon à son tour ce dernier ayant sombré dans l'inconscience.
Après s'être assurée de leur installation Joy contacta Kerenski au bunker et lui demanda de la rejoindre au penthouse.
Quelques minutes plus tard.
- « que puis je pour toi Joy ? »
- « t'occuper de Winch et de Simon.»
- « y'a pas marqué baby-sitter. D'ailleurs que fais tu déguisée en scout ? »
- « oh, la routine. Je serais de retour dans quelques heures et tu sauras tout. »
Sur cette dérobade Joy quitta le penthouse en compagnie de Sullivan qui lui transmettait les informations en sa possession.
Kerenski regarda Joy s'éloigner toute de noire vêtue, son Beretta bien visible, elle arborait une tenue de commando.
- « qui vous accompagne ? »
- « des hommes de Valence »
- « évitez tout de même de vous faire reconnaître. »
Joy se contenta d'un sourire et alors que les portes de l'ascenseurs allaient se fermer sur elle, elle porta à son visage un masque de fer où deux fentes pour les yeux existaient seulement.
C'était son caprice quand elle évoluait au sein de la mafia, Connors lui avait demandé si elle se prenait pour le roi Soleil. Elle n'était qu'une rumeur au sein de la mafia, elle apparaissait rarement et peu de personnes pouvaient prétendre l'avoir vue ou approchée.
Plus qu'un caprice, une sécurité supplémentaire. Lorsqu'elle devait rencontrer des personnes étrangères, grâce aux doigts de fées de Kerenski le masque était doté d'un petit gadget qui modifiait sa voix lui ôtant tout ce qui pouvait aider à l'identifier, car en plus de la commission il y avait aussi les diverses agences gouvernementales de lutte contre le crime.
Kerenski se tenait debout près de la porte et regardait Joy s'éloignait, cela faisait plus de deux ans qu'elle partait contrer la commission et sans erreur possible elle était sans doute celle qui avait le plus souffert des ses attaques.
L'ascenseur emmena Joy vers les entrailles de la tour où l'attendaient quatre hommes tout de noir vêtu pourtant, un peu à l'écart on pouvait voir les uniformes des vigiles de la tour.
- « alors voilà la consigne pour la mission du jour : Mendès a enlevé Katerina Helle qui est la fille du PDG du groupe Helleson. Le groupe doit signer dans une semaine un contrat de plusieurs millions de dollars. Vous avez été divisés en quatre équipes deux équipes par famille. Sur la première liste en votre possession de la première équipe se trouve des noms des membres de la famille Valence membres du conseil des entreprises légales de la famille au courant du projet et qui à un moment ou un autre se sont opposés à ce projet et sur la deuxième liste le nom des personnes ayant un lien avec Mendès ou les Helle et qui ont des liens entre eux. Vous avez 24H pour rassembler le maximum d'informations afin de pouvoir délimiter un périmètre d'action.
Katerina a été enlevée il y a de cela 24H déjà et aucune demande de rançon n'a été formulée mais il est demandé à Helle d'abandonner le contrat qui doit être signé entre les Valence Industries et Helleson dans une semaine. »
Joy avait réparti ses hommes en équipe de deux chacune formée de deux groupes. Ils avaient vingt quatre heure pour récolter le maximum d'informations. Elle-même s'était réservée les hommes les plus récalcitrants.
Deux heures passèrent, Kerenski avait déserté le penthouse depuis un moment déjà pour rejoindre ses chers ordinateurs mais avant cela il avait été voir Sullivan afin de savoir de quoi il retournait exactement puis depuis son repère il se mit à faire des recherches de son côté.
Quatre autres heures passèrent les effets du sédatifs commençaient à s'atténuer, Largo commença à remuer légèrement et quelques minutes plus tard il ouvrit les yeux.
La chambre était plongée dans l'obscurité, désorienté Largo ne reconnut pas de suite l'endroit où il se trouvait puis dans le chaos de ses pensées le bruit d'une seconde respiration lui parvint tournant la tête sur le coté il reconnut Simon, son ami de toujours, le visage couvert de petites coupures et la main bandée.
- « que s'est il passé ? »
Il avait été au cimetière voir Nério et sur place il avait rencontré Joy Arden, la nouvelle employée du groupe, elle semblait parler à son père puis elle s'était retirée afin de lui permettre de se recueillir sur la tombe de son énigmatique géniteur, jusqu'à présent il ne savait quelle image lui donner, chaque jour qui passait lui faisait découvrir un autre visage de Nério, tour à tour tendre ou tyrannique, humaniste ou despote qui était il ?
Il avait rejoint la tour en compagnie de Joy, celle-ci l'avait escorté jusqu'à ses appartements avant de s'éclipser mais en rentrant ses démons le rattrapèrent. Aussi vida-t-il son armoire à alcool avant de quitter silencieusement la tour.
On était dimanche, il se saoula dans un bar minable jusqu'à ne plus pouvoir tenir, il fit le tour du cadran ne rejoignant la Tour que le lendemain au bras d'une prostituée.
D'ailleurs où était elle ?
En regagnant son appartement il le croisa, son garde du corps, il l'avait suivi bien qu'il le lui ait interdit, à cet instant précis quelque chose se rompit en lui et il perdit toute mesure. Il se battit avec son garde du corps et agressa même Simon puis plus rien si ce n'était l'image de Sullivan avant de sombrer dans l'inconscience.
Tout en réfléchissant Largo quitta le lit et se dirigea vers la douche et c'est le bruit de la douche qui sortit Simon à son tour de son sommeil.
Le bruit cessa et la porte s'ouvrit laissant entrer la lumière dans la pièce.
- « salut Simon…. désolé. »
En disant cela Largo se tenait debout dans l'embrasure de la porte avec un air embarrassé sur son visage.
- « ça va oublie tout ça. »
En disant cela Simon évitait de regarder Largo dans les yeux.
C'en était trop pour lui, il commençait à se perdre dans les méandres du groupe W et les débordements de Largo.
- « Simon, je t'en prie, réagis frappe moi, fais quelque chose mais ne t'éloigne pas de moi. Je ne tiendrai pas sans toi. Je t'en supplie c'est toi qui m'a aidé à tenir et à ne pas perdre le nord. »
- « et combien de temps dureront ces bonnes paroles Largo ? On est pote depuis tellement d'années que je te connais comme si je t'avais fait. En bas il y a un mec, qui même s'il est revenu parmi nous est blessé. Nos doutes l'ont blessé. Alors que vas tu faire maintenant ? »
- « reconstruire, je vais tenter de reconstruire le chaos qu'est devenue ma vie. Allons rejoindre Kerenski. »
Largo précéda Simon au bunker, ce dernier préférant se changer avant de rejoindre les autres. Arrivé au troisième sous-sol Largo commença à se sentir quelque peu anxieux, en effet depuis le retour du Russe ce dernier s'était toujours arrangé pour maintenir les discussions entre eux à un niveau purement professionnel. La complicité qui avait pu exister un jour entre eux avait bel et bien disparu.
- « salut Kerenski. »
- « … »
- « écoute, Kerenski, je suis désolé. » En disant cela Largo le pensait réellement mais à l'instar de ses deux amis, il ne savait pas demander pardon. Gêné il se tenait debout sur la passerelle du bunker un main sur sa hanche et l'autre passant et repassant nerveusement dans ses cheveux.
- « n'aie crainte, je ne vous en veux plus mais sachez que vous représentez les seuls liens prouvant que j'existe, ce qui reste de mon passé ce ne sont que des ennemis, mes amis sont tous morts, leurs seules fautes ayant été de m'avoir connu.»
Simon rompit la solennité de l'instant en s'affalant sur son siège.
- « dis Kerenski tu ne saurais pas où se trouve sexy Joy. »
- « si jamais elle t'entend tu es mort. Cependant sache que Joy avait du travail hors de la tour donc elle sera absente pour quelques jours. »
- « dommage moi qui voulais l'inviter à manger en ma compagnie.»
Kerenski laissa Simon à ses divagations pendant que lui-même se replongeait dans ses recherches, Largo lui s'installa à son poste et tenta de se concentrer sur un projet d'implantation d'un nouveau complexe de ski en Arctique pas très loin du centre de recherche sur les nouvelles sources d'énergie.
Loin du luxe et de l'opulence de la tour, Joy s'était attaquée à la surveillance du premier homme sur sa liste, Félix Mendès.
- « mais voilà un bien joli casier. 37 ans, quinze ans de prison pour double homicide avec préméditation, une mise en accusation pour séquestration mais relâché pour manque de preuve et condamné pour divers rackets et coups et blessures. Tu m'intéresses toi, je pense que nous allons avoir une petite discussion tous les deux. Mais surtout qu'est ce qu'un solitaire comme toi fait loin de chez lui. »
Rodée par des années de pratique au sein de la CIA et au groupe W, Joy s'installa confortablement et se mit à observer son homme. De taille moyenne mais à la carrure imposante l'homme arborait une impressionnante cicatrice le long de son visage le rendant encore plus terrifiant pour ses adversaires.
L'homme avait élu domicile dans un immeuble pas très loin du siège de Valence Industrie, installée dans sa voiture Joy le surveilla pendant toute la matinée avant que l'homme ne se décida à quitter son appartement, Hector faisait équipe avec Joy comme à chaque que la situation l'imposait bien qu'il se fît vieux il aimait toujours aller sur le terrain. Malheureusement il n'était plus aussi jeune si Joy ne refusait pas qu'il les accompagnât sur le terrain elle veillait tout de même à ce qu'il ne s'exposât pas, il s'en était bien rendu compte. Il descendit de la voiture et s'attacha aux pas de Félix tandis que Joy se dirigeait vers l'appartement de ce dernier.
Dans le hall, Joy trouva rapidement l'étage où résidait son homme. Le dernier étage appartement avec terrasse selon les plans obtenus au cadastre.
Joy prit l'ascenseur et quelques minutes plus tard elle se retrouva face à l'appartement, sans perdre un instant elle força la serrure et s'y engouffra.
L'appartement était impeccablement rangé et tous les rideaux tirés en se plaçant à l'une des fenêtres Joy avait une vue imprenable sur la salle du conseil d'administration et sur une table basse près de la fenêtre se trouvait une mallette, doucement Joy en souleva le couvercle et y découvrit un système d'écoute.
- « tiens, tiens …
Joy ne s'attarda pas trop sur sa découverte elle partit explorer les autres chambres de l'appartement tout en prélevant ici et là des objets lui appartenant dans l'espoir d'obtenir des empreintes. Elle passa l'appartement au crible fin, fouilla les poubelles à la recherche de documents et examina les fichiers informatiques sur le PC, certains étaient codés, elle allait devoir recourir aux services de Kerenski pour les lire, puis un fichier retint son attention. W, ce W elle le connaissait c'était celui de l'empire Winch, quel lien y avait il entre ces affaires.
Elle n'eut pas le temps de s'abîmer plus profondément dans ses réflexions, son portable sonna, Hector lui signalait que l'homme revenait chez lui.
Joy quitta l'appartement aussi silencieusement qu'elle y était entrée, et ce n'est qu'une fois dans la voiture qu'elle quitta les gants qu'elle portait.
Sa voiture quittait la zone de stationnement lorsque Félix escaladait quatre à quatre les marches du perron de l'immeuble en direction des ascenseurs. Joy retrouva Hector un peu plus loin et tous deux partirent en direction du groupe, mais en chemin il s'arrêtèrent chez chaque équipe afin de récupérer les informations collectées durant cette première journée de surveillance.
- « Mlle Arden ? »
- «oui Hector ? »
- « il semblerait qu'il y ait déjà des informations à traiter, or dans l'équipe c'est à vous de le faire….donc….
- « allez y dites moi à quoi vous pensez ? »
- « laissez moi finir les surveillances et occupez vous des analyses. »
- « tout ira bien Mlle, cessez donc de vous inquiéter. »
Joy leva ses yeux d'ambre vers Hector et le regarda longuement avant d'acquiescer et de partir à pied en direction de la tour. Elle avait cru s'être montrée discrète, mais il l'avait percée à jour, Hector avait une famille qui comptait beaucoup pour lui, bien que ces concepts lui soient quelques peu étranger elle voulait qu'il puisse profiter d'eux le plus longtemps possible.
Hector s'arrêta à l'adresse suivante et Joy continua en direction de la tour.
Dans son bunker Kerenski essayait de trouver des réponses aux questions soulevées par les révélations de Sullivan, ces dernières n'étaient ni nombreuses ni suffisantes.
Tout ce que Sullivan avait accepté de dévoiler était que la fille du célèbre homme d'affaire Peter Helle avait été enlevée et que cela avait à voir avec le contrat qu'allait signer Valence Industries et Hellson. Or Peter était le fils d'un vieil ami de Sullivan et ce dernier avait demandé à Joy d'intervenir.
Le cours des réflexions de Kerenski fut interrompu par le bip de la porte du bunker, celle-ci s'ouvrit pour laisser passer Joy toujours de noir vêtue.
- « Kerenski »
- « Joy, aurais tu quelque chose à me dire ? »
- « moi rien du tout »
Sans plus rien ajouter Joy s'installa à la place laissé libre et commença à traiter les informations collectées chez Mendès et les autres, le silence régnait dans le troisième sous-sol brisé seulement par le cliquetis des doigts courant sur le clavier, trois heures passèrent rapidement Joy avait traité une grande partie des informations collectées par ses hommes il ne lui restait qu'a se pencher sur les dossiers qu'elle avait trouvés et copiés chez Mendès.
- « alors Joy tu me mets au parfum ou tu me laisses mourir idiot ? »
- « voilà qui serait tentant. Tu veux la vérité ou que je te mente. » en disant cela un petit sourire courait sur les lèvres de Joy.
- « Joy….
- « ok, laisse moi finir et je t'explique. »
Satisfait, Kerenski laissa Joy se replonger dans ses analyses, vingt minutes plus tard Joy détachait ses yeux de son écran d'ordinateur et le Russe faisait de même.
- « je t'écoute. »
- « que t'a dit Sullivan ? »
- « que la fille de l'un de ses amis un des magnat de la Sillicon Valley s'est faite enlever. »
- « c'est un peu plus compliqué, dans quelques jours, Valence Industries et Hellson signeront un contrat de plusieurs millions de dollars, le contrat va porter sur la livraison de nouveau détecteurs de proximité visant a équiper usines, ascenseurs… et j'en passe depuis des années V I (Valences Industries) travaille dans ce domaine, ce nouveau détecteur leur permettra d'accroître leur domination sur certains marchés dans les pays arabes et asiatiques puisque cette offre détecteur leur permettra de s'aligner sur les plus bas niveau de prix. Malheureusement quelqu'un d'autre veut obtenir ce contrat sur les détecteurs.
Jusqu'à présent rien de bien méchant une histoire de gros sous, et les kidnappeurs ne sont pas des professionnels à 100 donc je pense que d'ici ce soir demain au plus tard nous saurons où se trouve la fille. Malheureusement la présence Félix Mendès vient embrouiller la donne.»
- « Mendès, celui de Miami. »
- « lui-même, mais ce qui m'inquiète c'est qu'il avait sur son ordinateur un fichier nommé groupe W. »
- « fais moi voir ce fichier. »
- « je n'ai pas eu le temps de le recopier.»
- « M….
L'insulte n'eut pas le temps de sortir de la bouche de Kerenski qu'un nouveau bip se fit entendre et la porte s'ouvrit.
- « eh Kerenski tu viens manger avec nous ce soir ? Largo a décidé de commander russe.»
La voix de Simon baissa au fur et à mesure que le regard noir de Kerenski le figeait sur place et que lui apparaissait les mèches châtaines de Joy.
- « Joy qu'est ce que tu fais ici ? »
- « mais je travaille ici. »
- « Kerenski t'a ouvert la porte ? »
- « non, j'ai mon propre pass. »
- « mais…
- « respire, écoute je ne le dirai pas deux fois, lorsque Mr Winch a dissout le département espionnage du groupe, Sullivan a fait établir de nouveaux contrats pour moi par le biais du département sécurité du groupe, mais à partir de la filiale européenne du groupe, en définitive je n'ai jamais quitté totalement le groupe. »
- « Largo, il sait tout ça ? »
Joy ne répondit rien, elle se contenta de mettre de l'ordre dans ses documents avant de se diriger vers la passerelle du bunker.
- « Kerenski, je repars sur le terrain. »
- « préviens moi de tout changement. »
La porte se referma, et Simon se tourna vers le Russe.
- « qu'est ce qui se passe ? »
- « tu sais Simon y a des gens qui travaillent. Alors comme tu vois c'est ce qu'on fait Joy et moi. »
- « je suis le chef de la sécurité, je dois savoir sur quoi vous travaillez. »
A peine eut il de prononcer cette phrase que Simon s'en voulut, il se retrouva projeté des mois en arrière.
- « désolé Kerenski je…
- « sans commentaire. »
Sur cette phrase lapidaire Kerenski déploya sa haute stature et se dirigea vers la plateforme où se trouvait le Suisse.
- « bon on y va. »
- « écoute Kerenski je suis vraiment désolé…
- « c'est bon, laisse tomber. »
Kerenski s'assura de la bonne fermeture de la porte et de l'activation de l'alarme avant de se diriger à grands pas vers l'ascenseur, Simon allongea le pas pour rattraper son collègue.
- « écoute Kerenski, ça n'a pas été facile pour moi de me retrouver parachuter ici parmi vous, Largo a sa légitimité en étant l'héritier du puissant groupe W, toi tu avais ton expérience en tant qu'agent et informaticien. Moi quelle est ma légitimité ? Dis moi ? AU-CU-NE, j'ai bataillé pour tenter de trouver un semblant de place parmi vous et puis il y a eu ce séminaire et toutes ses manipulations. Je ne m'attarderais pas là-dessus, tout ce que je veux te dire c'est que je suis vraiment désolé. »
- « c'est bon, je ne dirai pas que je ne t'en veux plus et on oublie tout, laissez moi le temps. »
- « d'accord, dépêche-toi j'ai une de ces faims. »
Un fugitif sourire éclaira le visage sévère de Kerenski, tandis que Simon courait presque en direction de l'ascenseur.
Mine de rien le Suisse dévoilait fugitivement des aspects de sa personnalité, comme à cet instant lorsqu'il lui avait présenté ses excuses et qu'il avait abandonné son masque de playboy plaisantin.
