3. Classes & Quidditch

Harry aimait les Potions. Il ne s'y était pas attendu, particulièrement quand il leur fut dit de ranger leurs baguettes, mais le professeur flattait Malfoy, ce qui était amusant à regarder, et affirma à Nott qu'il aimait fort bien le livre que le « Vieux Aigri » avait écrit. Tous deux s'étaient recroquevillés sous les éloges à leurs familles, et Nott avait réussi un, « J'espère exceller par mes propres mérites, monsieur, » qui lui avait valu une résonnant claque amicale sur l'épaule et l'exhortation qu'il était un bon garçon.

Tom leva la main après l'explication de la préparation des ingrédients basiques et demanda une question meneuse qui permit au Professeur Slughorn de s'étendre sur la question pendant une durée presque lassante. Harry fronça les sourcils à son ami. Quand Tom aperçut le regard il se contenta de sourire avant de retourner toute son attention à la leçon. Harry contrôla son sourire quand il réalisa ce qui se passait. La comédie de flatteur de Tom n'avait jamais tout à fait fonctionné sur Mrs Cole. Elle avait élevé un peu trop d'enfants troublés pour ne pas reconnaître une manipulation évidente quand elle la voyait, du moins la plupart du temps, mais cet endroit semblait empli de choix plus faciles. Il parierait la moitié de leurs fonds restants que Tom aurait ce vieil ennuyeux lui mangeant dans la main d'ici à Noël.

La Transfiguration fut moins amusante. Tom garda la bouche fermée, et Harry suivit sa direction, et ça n'avait aucune importance. Avant que la classe ne commence ils avaient discuté avec Nott et Malfoy, partageant des histoires de transfiguration qui s'étaient horriblement mal passées. Les deux sorciers avaient une flopée d'histoires, probablement des contes de bonnes femmes, à propose de personnes qui avaient accidentellement bu des potions mélangées de poils d'animaux et étaient devenus des hybrides mi-chat ou mi-rat ou des personnes qui étaient restés si longtemps dans une forme d'animagus qu'ils avaient oublié qu'ils étaient humains. Dumbledore se glissa dans la pièce si silencieusement qu'ils ne l'entendirent pas et il s'éclaircit la gorge, et tous les jeunes élèves s'écartèrent les uns des autres comme s'ils s'étaient fait prendre en train de faire quelque chose de mal.

« J'ose espérer que vous ne remplissez pas vos têtes avec le genre d'histoires outrageuses imprimées au dos des pages du Daily Prophet, » dit-il en penchant la tête avec sérieux. « Ce genre de partage de rumeurs salaces mène à la peur et l'intolérance. »

« Qui veut être tolérant envers les loups-garous ? » murmura Malfoy à voix basse à Tom et Harry. « Ce serait comme nous demander d'être tolérants envers les Nés-Moldus. »

Dumbledore fixa son regard ferme sur eux, et ils se turent tous. La classe commença avec une explication raisonnablement convaincante de la transfiguration et de ce qu'ils pouvaient s'attendre à faire durant ce trimestre, mais tout du long Harry pouvait sentir les yeux du professeur sur lui, inquiets et vigilants tour à tour. Tom ne parviendrait pas à charmer celui-ci.

« Qu'est-ce qu'un Né-Moldu ? » demanda t-il plus tard tandis qu'ils serpentaient à travers les couloirs sur le chemin de retour aux donjons et à leur chambre.

« Peut-être toi, » dit Malfoy. Les mots semblaient méchants, et les doigts d'Harry le démangeaient de former un poing. Même sans savoir ce que le terme signifiant, il savait que c'était insultant.

Nott, cependant, secoua la tête. « Avec la façon dont Riddle fait de la magie ? Peu probable. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Tom.

« Un sorcier avec deux parents Moldus, » dit Nott. « Comme avoir un chat qui donnerait naissance à un humain. Ils ne sont pas naturels. »

« Vous êtes probablement des Sang-Mêlés » dit Malfoy. Harry ne pouvait dire si c'était une concession ou du mépris. Il doutait que Malfoy en soit lui-même certain. « Un parent Moldu, une vraie personne comme parent. »

« J'ai l'impression que ça expliquerait pourquoi tu as été laissé dans un quelconque orphelinat sans nom, » dit Nott. Il paraissait si sûr de lui-même, satisfait d'avoir dénoué un problème qui l'avait ennuyé. « Tu as fait de la magie et a effrayé ta mère ou ton père Moldu. Tout le monde sait que les Moldus ne se soucient pas de leurs enfants. Ma gouvernante m'a dit qu'ils avaient même eu l'habitude de manger des bébé, d'utiliser leur sang dans du pain et autres. »

La bouche de Tom se tordit avec mépris à l'idée, et Harry dut se retenir de rire. Ces deux-là n'avaient aucune idée de ce qui se passait hors de leur petit monde. « Ta gouvernante ne savait rien du tout, » dit Tom. « Les Moldus ne mangent pas des bébés comme ça. »

« Les abandonner, cela dit, » dit Malfoy. « Ça reste plutôt horrible. »

L'estomac d'Harry se tordit parce qu'il ne pouvait pas réfuter ça.

« Dumbledore dit-il que vous devriez aimer les Moldus et tout ça ? » demanda Tom. Les mots étaient trop casuels mais ni Nott ni Malfoy ne réalisèrent qu'il cherchait des réponses qui importaient réellement. Harry continua à marcher tandis que Malfoy émettait un méchant rire.

« Ouais », dit-il, « Les Moldus et les loup-garous et même les elfes de maison. Il est toujours à dire que 'tout le monde doit être gentil', mais avant il était ami avec Grindelwald, c'est ce que dit mon père, donc il est carrément hypocrite. »

« Grindelwald ? » demanda Tom.

« Un taré sur le continent, » dit Nott. « Il y a des articles parfois dans le Prophet. »

« Huh, » dit Tom, et ce fut la fin de ça.

Mieux encore que les Potions, cependant, était le vol. Ils s'alignèrent, toutes les premières années à la fois, sur le stade de Quidditch, un élève avec un balai. Tom regardait le balai avec un dédain à peine caché mais il vola dans les mains d'Harry avec l'enthousiasme joyeux d'un chiot et une fois qu'il y fut il semblait y être à sa place. Il s'agrippa au manche de bois, n'écoutant qu'à peine la leçon sur les réflexes de sécurité du professeur au visage sombre et attendit que tout le monde soit capable de contrôler son balai. Attendre d'autres gens l'ennuyait, particulièrement quand le balai dans ses mains s'agitait avec l'impatience d'être libéré.

Se libérer n'était pas quelque chose qui leur était autorisé.

Une fois que même les nigauds eurent réussi à obtenir que leurs balais leur sautent dans les mains, ils ne furent pas autorisés à voler autrement qu'à faible allure, à peine au-dessus du sol, autour et autour du terrain de Quidditch. C'était quand même bien. C'était quand même fantastique. IL ne voulait seulement plus. Une fille cria quand son balai essaya de la faire tomber, et un garçon avec une cravate bleue débattait avec son balai quand il ne voulait pas lui obéir. Il pouvait expliquer tout la théorie du bois volant et des charmes anti-gravité dans les moindres détails mais son balai plongeait vers l'herbe tous les quelques mètres, épuisé par sa charge.

« Un peu ennuyeux, » dit Tom alors qu'ils s'éloignaient à la fin de la leçon. « Et des balais ? Je ne vois pas pourquoi ça devrait être nécessaire. »

Harry haussa les épaules mais il essayait déjà de trouver comment il pourrait mettre les mains sur un de ces balais. Une copie escamotée du Daly Prophet, trouvée sur un banc et donc sûrement abandonnée et par conséquent parfaitement possible à prendre, lui montra les prix des nouveaux balais. Il se souvenait combien d'argent ils avaient eu à prendre pour obtenir des affaires scolaires, la compara aux prix listés, même ceux des modèles de seconde zone, et sentit ses épaules s'affaisser. En acheter était hors de question. Le professeur d'éducation physique avait enfermé les balais une fois que le cours avait été terminé, et il l'avait observée utiliser un verrou magique sur la porte donc il supposait qu'une effraction était aussi inconcevable.

Il fit une boule du journal par frustration alors qu'un groupe d'étudiants plus âgés passaient en se chahutant, leurs balais à la main. « Fais gaffe, le bleu, » dit l'un d'eux en passant. « reste hors du chemin de l'équipe. »

« Tu n'es pas encore dans l'équipe, » dit un autre. « Les essais sont durant la fin de semaine. Un petit asticot pourrait te faire sortir tout droit, ce que tu mériterais, espèce de branleur. Tripoter cette fille Clearwater tout l'été au lieu de travailler ta forme. »

« Je n'étais pas celui qui branlait, » dit-il avec une esquisse de geste vulgaire. « Si une fille te laisse un jour près de sa culotte, tu pourrais découvrir qu'il y a d'autres choses que le Quidditch et ta main. »

Un autre rit, et ils se bousculèrent l'un l'autre tandis qu'il disparaissaient au bout du couloir. « Abrutis de sport », dit Tom avec dérision jusqu'à ce qu'il remarque la façon dont Harry se tenait avec les poings soigneusement desserrés et ses pieds trop immobiles. « Tu veux essayer ? » demanda t-il.

Les yeux d'Harry étaient toujours fixés sur le couloir vide où s'étaient tenus les joueurs de Quidditch. « Pas important que je le veuille, » dit-il. « Pas de balai. Je ne peux pas exactement me mesurer contre des enfoirés comme ça qui volent depuis des années. »

Il fallut trois minutes à Tom pour déverrouiller la cabane de rangement des balais. « Je l'ai regardée faire, » dit-il. « Il suffit juste de le faire à nouveau à l'envers. »

« Tu n'en prends pas un pour toi ? » demanda Harry.

L'expression de Tom était parlante. « Non, » dit-il. « Trop comme une béquille. »

« Comme tu veux. »

Si voler en un cercle lent autour du terrain était bien, voler aussi vite qu'il le pouvait la nuit, bas au sol pour éviter de se faire prendre, était génial. Tom était appuyé contre un mur de pierres, cahier à la main tandis qu'il faisait quelque chose entre les devoirs de Transfiguration et des expérimentations sur une grenouille infortunée. Harry ignorait le travail, la grenouille, et le très vraie possibilité de s'enfoncer de plein front dans un arbre dans le noir parce qu'il était enfin libre.

Voler, décida-t-il, vraiment voler, valait tout au rit de joie, puis une fois encore tandis que l'air arrachait le son de sa bouche et le laissait derrière lui, déjà perdu parce qu'il se déplaçait si vite que personne ne le rattraperait jamais. L'air lui piquait les yeux, et il avait froid, et rien de tout ça n'avait d'importance parce qu'il avait finalement dépassé Mrs Cole et sa détestée mère qui l'avais laissé à Wool. Même Dumbledore avec cette insistance qu'il n'était pas sur sa précieuse liste de Hogwarts ne pouvait pas l'arrêter.

Quand il revint aux côtés de Tom à nouveau, Tom ferma son livre et dit, « Fini ? »

Harry sourit largement. « Jamais », dit-il.

Jamais signifiait qu'il alla aux sélections de Quidditch. Un septième année ennuyé appuyé sur son balai divisait les joueurs aspirants en groupes. La plupart avaient leur propre balais et plusieurs avaient des modèles qu'Harry reconnut immédiatement comme le haut du panier, mais il n'était pas le seul à prendre un balai dans la pile des équipements de l'école. Il souleva celui qu'il avait et parcourut du pouce l'endroit usé où s'était autrefois trouvé la marque. Il était tombé il y a si longtemps que le bois était presque entièrement vieilli par les intempéries, mais la marque de la plaque en métal était toujours présent.

« Personne n'a jamais été pris en utilisant un balai de l'école, » dit un garçon qui attendait près de lui. Harry haussa les épaules et tourna son regard vers un côté du terrain ? Tom était appuyé contre un des poteaux des gradins, livre à la main. « Tu m'as entendu ? » demanda le garçon. Il poussa Harry.

« Je t'ai entendu, » dit Harry. Il tourna le dos avec mépris au garçon qui était probablement trop privilégié pour savoir lire, et attendit son tour.

Quand le capitaine lança un vif d'or d'entraînement en l'air et déclara, « Le premier qui l'attrape est l'attrapeur de remplacement, » il se lança dans les airs.

Le vent était froid, et il put dire tout de suite que le balai sous lui n'était pas aussi rapide ou bon pour les changements de direction en tête d'épingle que les modèles de qualité supérieure. L'argent achetait de fait la qualité. De jeunes hommes fins se précipitaient et tournaient dans l'air, montrant autant leurs talents que leurs équipements. Harry hocha la tête à ses pensées tandis qu'il montait encore et encore. Le vif d'or semblait jouer avec eux. Il fonçait à gauche, puis à droite, puis descendait si bas qu'il frôlait l'herbe. Trois personnes s'écrasèrent au sol en tentant de l'attraper. Deux s'éloignèrent renfrognés du terrain, mais un dû se faire aider pour rentrer au château, boîtant et favorisant une cheville assez visiblement tordue.

Le Vif d'Or fonça vers le haut, fendant presque tout droit l'air. L'or scintillait légèrement dans le soleil couchant, mais la balle était si petite qu'elle était presque invisible. Harry se laissa emporter plus bas vers là où il avait vu le dernier éclat, puis, quand un autre Attrapeur-aspirant se précipita vers lui, feinta sur la gauche avec un violent mouvement de balai. Le garçon suivit son exemple et alla à gauche également, et Harry se précipita à nouveau vers l'endroit où il avait aperçu le vif d'or. Il planait, presque sans bouger avec des ailes si lestes qu'elles paraissaient brouillées, et il tendit la main et l'attrapa. Il essaya de s'enfuir tandis que sa main droite se refermait autour de lui, mais il était trop tard et il l'avait.

Il redescendit voir le capitaine, qui regarda le balai usé et demanda, « Tu abandonnes ? »

Harry ouvrit la main et montra la petit balle dorée. « Qu'est-ce que tu penses ? »

Le capitaine le regarda, commença à sourire, puis tendit sa main. « Baran Flint. Bienvenue dans l'équipe. »

« Il faut qu'on lui trouve un vrai balai, » dit un des autres membres de l'équipe. « Ce truc est merdique. »

« Je viens juste d'attraper votre vif d'or, » dit Harry. Il repoussa une mèche de cheveux qui était tombée sur son visage. Ses cheveux n'avaient jamais vraiment coopéré mais ils étaient toujours encore moins ordonnés après avoir volé.

« Qu'est-ce qui est arrivé à ta tête, » demanda Flint. Il tendit un doigt pour pointer la cicatrice irrégulière sur le front d'Harry.

« Les orphelins ne sont pas chics, » dit Harry, bien qu'en vérité il n'ait aucune idée de la manière dont il avait obtenu la cicatrice en forme d'éclair. Elle avait simplement toujours été là. Il n'y avait même jamais réfléchi. « Ou pour être clair. Vous me trouvez un balai gratuit, je volerai avec. Sinon... » Il laissa la phrase en suspens et tapota son balai.

Le groupe le salua avec des ordres de vérifier le tableau dans la salle commune pour les horaires d'entraînement, et un débat qui commençait à propos de combien de temps s'était écoulé depuis qu'un bleu était entré dans l'équipe, même en tant que remplaçant. Harry se dirigea vers le groupe qui attendait toujours de voler pour d'autres positions et jeta le balai à son ennemi rencontré plus tôt. Le garçon essaya maladroitement de l'attraper et il tomba par terre. « Tu ne peux pas acheter le talent, » dit Harry.

Tom ferma son livre et se leva quand il atteignit le bord des gradins. « tu es pris ? » demanda t-il.

« Il apparaît que je suis le plus jeune en plus d'années qu'ils ne peuvent se souvenir, » dit Harry

Tom donna un coup de pied à la porte à demi ouverte et se glissa dans le château. « Malfoy a besoin d'aide avec ses devoirs de Potions, » dit-il après qu'ils eurent atteint l'entrée de leur dortoir. « J'ai dit que j'y jetterais un coup d'oeil. »

« Il veut seulement copier tes réponses, » dit Harry.

Tom sourit. « Et toi aussi, » dit-il. « Tu crois que tu peux pousser Nott à joindre le groupe d'études ? »

« Il aime le Quidditch, » dit Harry. « Il voudra savoir tout ce qui se passe à ce propos. »

« Parfait, » dit Tom. « Potentia. » Le mur s'ouvrit d'un glissement et ils entrèrent tous deux dans la salle commune, prêts à étudier la façon dont différents ingrédients pouvaient sêtre mélangés pour créer un nouveau composé, plus puissant.