Un nouveau chapitre today !
Je posterai surement toute les deux semaines, vu que je n'ai pas tellement de chapitres d'avance. Peut-être toute les trois semaines finalement. Ça dépendra de mon stock de chapitres.
Sinon pour les fans de Reborn, je poste un petit drabble tout les week-end à peu près. C'est rapide et facile à écrire ! ;)
Noymare ~
Un pied. Une main. Deux mains. Changement de position. Un bras. Il avait froid. Théodore ouvrit paresseusement les yeux, cherchant à tâtons le corps chaud de Blaise à sa gauche. À la place habituelle de son amant, il ne trouva qu'un vide froid, impersonnel. Un soupire las franchit ses lèvres au souvenir de la veille. Ils n'étaient plus ensemble. C'était un fait indéniable. Le jeune homme se recroquevilla, serrant entre ses bras fins l'oreiller si froid tout en inhalant l'odeur si envoutante de son ancien amant, quelques larmes rebelles s'échappèrent de ses orbes bleues glissant le long de ses joues pour finir par disparaître dans le tissu. Il était tout seul.
Depuis la guerre, Théodore avait une sainte horreur de la solitude. Il avait perdu la seule personne qui lui portait un tant soit peu d'intérêt, son père. Et depuis, le jeune Nott avait l'impression de ne plus rien avoir, plus de famille, aucun véritables amis -juste des profiteurs-, rien. Pour enfoncer un peu plus le clou, le ministère avait réquisitionné le peu de richesse que la famille Nott possédait encore, soit, pas grand chose. Du jour au lendemain, Théo s'était retrouvé du statut de « sang-pur craint » à « paria de la société magique ». Pendant longtemps il avait détesté Saint Potter, le grand, le magnifique, le type qui a tué Voldemort, rétabli la justice, sauvé le monde magique et les moldus, celui que tout le monde adulait. Mais Saint Potter avait aussi déchiré des familles, détruit des vies. Détruit SA vie, son petit monde, son futur. Oh certes, il n'était pas vraiment le responsable mais il avait une part de responsabilité dans tout ce qui c'était passé après la guerre. Étrangement -ironie- les serpentards avaient été rejetés, et les fils de mangemort littéralement ignorés. Théo avait terminé avec succès sa dernière année, ne récoltant que des optimal à ses ASPICS. Pourtant, malgré ses performances, il avait eu énormément de mal à se faire une place dans la société magique. Juste parce qu'il s'appelait Nott.
Puis il y avait eu Blaise. Blaise Zabini. Théo avait eu l'impression de renaitre, respirer à nouveau. C'était comme un vent frais qui vous fouettez le visage, qui vous réveillez, amenant une nouvelle vague. Théo n'avait pas su résister et avait plongé tête la première sans prendre son souffle. Et il s'était noyé. Noyé dans ses yeux chocolats, cette peau d'ében si douce, cette odeur masculine, son souffle chaud, ses manières...Puis finalement, on l'avait fait ressortir, la bouffée d'air avait l'amère odeur de la tromperie, elle lui avait arraché le cœur.
Et maintenant, il était là, assis dans son lit, à fixer bêtement le miroir devant lui qui lui renvoyé son image. Un homme, brun, à la peau pale, aux yeux bleus, pas très épais. Théo se trouvait insignifiant, maigrelet, il ressemblait à une fille avec ses cheveux longs. Mais Blaise les aimait bien. Mais Blaise n'était plus là. L'ancien serpentard se leva, prit d'une subite envie d'aller chez le coiffeur. Un petit-déjeuner. Une rapide douche. Et il se retrouvait devant un autre miroir, touchant avec ravissement ses mèches de cheveux raccourcies de quelques bons centimètres. On dit souvent qu'après une rupture, les femmes se coupent les cheveux pour partir sur de nouvelles bases. Théo était une femme finalement.
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« Donc, termina Draco Malefoy, tu n'es plus avec Blaise ? C'est fâcheux. Tu vas bien j'espère ?
- J'ai l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules mais d'avoir perdu un bras.
- Ta main droite peut-être ? »
Parfois Théo se demandait vraiment si Draco avait reçu une éducation égale à la sienne. Il avait tendance à sortit des phrases plus ou moins tordues et explicites. Comme celle qu'il venait de lancer à son camarade, avec un sourire moqueur ne laissant aucune place au doute quant au sens de ses paroles si intelligentes. Draco Malefoy n'était qu'un pervers caché sous un masque d'aristocratie. Théo lui jeta un regard blasé et but une gorgée du café amère qu'Astoria lui avait gentiment servi. Au moins, il y avait quelqu'un de censé dans cette maison de tarés.
« C'est très élégant Malefoy. Devant ton fils en plus. »
Le susnommé sourit affectueusement en jetant un coup d'oeil à sa progéniture occupée à assembler des petits cubes de couleurs. Scorpius Malefoy était le portrait craché de son père. Cheveux blond platine, yeux gris, nez pointu, un vrai Malefoy dans toute sa splendeur. Théo adorait venir leur rendre visite. Contrairement à ce qu'on pensait, son ancien camarade était quelqu'un d'agréable, de sympathique, de cultivé. Sa femme était charmante, accueillante et avait un sens inné de la répartie ce qui rendait les conversations avec elle fort intéressantes. Et Scorpius était tout bonnement tellement mignon que Théo ne pouvait s'empêcher de dire oui à tout. Vraiment tout. Il sourit tout en contemplant la petite famille parfaite. Enfin en apparence. (Parce que Malefoy était tout de même un spécimen hors norme...)
« Et, ne saurais-tu pas, à tout hasard, où est-il ?demanda Théo.
- Blaise ?
- Mmmh.
- Non. »
Il s'inquiétait un peu. Où avait-il passé la nuit ? Chez un de ses nombreux amants ? Chez sa mère ? Peut-être même que Draco lui mentait finalement. Et que Blaise était ici, juste au dessus, tapis dans la chambre d'ami attendant son départ. Parce que Théo était persuadé que plus jamais il n'allait le revoir. Il lui avait tout de même hurlé dessus sans vergogne, faisant fi des sentiments de Blaise. Il trouvait qu'il avait été énormément égoïste. Inhumain. À sa place, il refuserait catégoriquement de revoir le type qui lui avait brisé le coeur ainsi. L'amour rend aveugle, c'est connu. Mais éprouvait-il encore de l'amour vis-à-vis de l'autre homme ? Ou était-ce seulement la peur d'être seul qui le forçait à s'accrocher comme un désespéré ? Était-il prêt à endurer les manigances de Blaise ? Sa mère ? Son narcissisme ? Et surtout, est-ce que Blaise l'aimait ? Aussi loin que ses souvenirs remontaient, Théo n'avait pas conscience d'avoir entendu un seul "je t'aime" venant de la part de son amant. Il s'était persuadé d'une chose dont il n'avait même pas la confirmation comme si les quelques gestes tendres suffisaient à lui confirmer. Mais, maintenant qu'il y repensait, rien n'aurait valu quelques mots...trois petits mots. Même s'ils écorchaient à vif la chair, donnait à l'autre un certain pouvoir, ils étaient rassurant, agréable à entendre et donnaient des frissons. Théo aurait aimé les entendre.
Soufflant tout en passant une main las dans sa chevelure brune fraîchement coupée, Théo lança un sourire crispé à son ami, ami qui lui rendit plein de compassion. Il avait conscience qu'il faisait pitié. Et c'était vraiment horrible. La pitié s'était moche, dégradant, humiliant.
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Déambulant sans trop savoir où aller, Théo regardait avec émerveillement les vitrines décoraient pour les périodes de Noël. C'était lumineux, c'était joli. Ça donnait envie de sourire, c'était agréable. Et le jeune homme souriait niaisement. Oui, malgré tout, malgré sa froideur habituelle, Théodore Nott n'était rien qu'un horrible poufsouffle. Bien sûr, il n'allait pas jusqu'à s'extasier devant un mioche de quelques jours, ou un chiot larmoyant ou bien une petite statuette quelconque mais il aimait bien s'extasier devant certaines choses. Il poussa la porte et une petite cloche retentit dans la boutique, annonçant son entrée. La bonne odeur des livres lui picota le nez, le rendant heureux. Rien de mieux qu'un bel ouvrage pour se remonter le moral ou éviter de penser à un ex-amant. La touffe brune s'enfonça dans les dédales de livres, à la recherche de celui qui le distrairait un peu.
Mais bon, c'était bien connu, lorsqu'on recherchait un tant soit peu de calme, on tombait toujours sur l'inverse. Or, Théo fit une rencontre particulièrement bruyante dans la rangée "botanique". À quelques pas de lui, en train de se chamailler, la belette et son épouse s'hurlaient dessus. Et bien sûr, jamais deux sans trois, Saint Potter faisait parti du lot. Théo avait tenté un repli stratégique mais qui échoua lamentablement. Potter s'avançait droit sur lui, un sourire bienveillant plaqué sur sa face de monsieur-parfait.
« Bonjour Nott ! Ça faisait un moment que je ne t'avais pas vu au ministère. Tu n'y travailles plus ?»
Potter. Saint Potter. Cauchemar de joie ambulant. Théo l'évitait autant que possible, trouvant sa présence assez déstabilisante et écrasante. Il était toujours mal à l'aise avec lui. Parce que le Survivant semblait l'apprécier. Et Théo ne savait pas comment réagir face à tant de gentillesse et de sourire. Il n'était pas habitué et pouvait aisément entrer dans la catégorie "handicapé des sentiments".
« J'y travaille toujours. Tu m'excuseras mais je suis pressé et je n'ai pas spécialement envie d'assister à un massacre de Weasley. Bonne journée Potter.»
C'était limpide. Il ne voulait pas lui parler. Mais c'était sans compter sur l'acharnement gryffondoresque.
« Attends. Tiens. C'est le baptême de notre dernier enfant. Ce serait sympa si tu venais. C'est samedi. Tu peux venir accompagné si tu le souhaites. J'ai invité Malefoy.»
Théo saisit sèchement le petit carton d'invitation. Samedi ? Il n'avait rien de prévu. Peut-être qu'il passerait. Ou peut-être pas. Un baptême de Weasley ça ressemblait à quoi ? Allait-il devoir mettre les pieds dans cette horrible cabane qu'ils osaient appeler maison ? Et surtout, Malefoy y allait ? Rien que pour voir ça, Théo ferait bien un effort.
« J'essaierai de me libérer mais je ne te garantis rien.
- A samedi alors !»
C'est ça, à samedi. Et le jeune Nott repartit dans le sens inverse, évitant les foudres d'une Granger-Weasley enragée.
