Disclaimer: L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas. Je ne gagne pas d'argent avec cette histoire. La plupart des personnages, des lieux et des concepts évoqués sont à J.K. Rowling.

Avertissement: le rating T n'est pas là pour faire joli. Au cours de cette fic, certains thèmes seront abordés qui pourraient choquer.

Note: Le troisième chapitre (qui se passe à Poudlard, dans le même laps de temps que le deuxième) a été divisé en deux parce qu'il est trop long.

Edit: version corrigée

Merci à tous ceux qui ont eu la gentillesse de reviewer.

Vous trouverez sur fanfic-sides . livejournal . com (sans les espaces) des contenus "bonus" de cette fic à mesure que les chapitres seront publiés.


Compte-rendu de la Cousinade Weasley du 13 juillet 2011, qui a eu lieu au fond du jardin de Papithur et Mamolly :

(Pris en note par Roxanne Weasley, parce que c'est moi qui aie la plus jolie écriture)

Participants :

-Tonton Charlie, chargé de nous surveiller, mais qui s'est endormi dans le hamac en nous laissant des directives très claires (si Mino, « Ne vous cassez rien et ne faites pas de bruit » c'est très clair!).

Trop vieux pour qu'on écrive son âge.

-Teddy, qui n'est pas un Weasley-mais-presque, président de séance, 13 ans.

-Victoire, qui va entrer à Poudlard dans un mois et demi (je suis trop jalouse!), 11 ans.

-Dominique, que tout le monde appelle Mino, presque toutes ses dents et pas contente que j'écrive pas qu'elle les a toutes, 9 ans.

-Lucy, qui vient d'entamer une grève de la faim contre les choux de Bruxelles (grève qui s'arrêtera au goûter, tout le monde le sais), 8 ans.

-Roxanne, moi, plus prête à écrire qu'à parler, 8 ans.

-Louis, dont l'anniversaire est dans trois jours et qui dit qu'il a le même âge que moi alors que c'est même pas vrai, 7 ans.

-Fred, mon abruti de petit frère qui a mis une sauterelle dans ma salade, même si maman a pas voulu me croire quand je lui ai dit que c'était lui, 7 ans.

-James qui, j'en suis sûre, a aidé Fred ce midi et à qui j'en veux aussi, 7 ans.

-Molly, qui est très fière d'avoir (enfin!) perdu ses deux dents de devant et qui sourit tout le temps pour le montrer, 6 ans.

-Rose, qui a bien voulu arrêter de gribouiller sur mon cahier pour venir avec nous, 5 ans.

-Albus, en pleine découverte du vieil appareil photo de Tonton Percy que Papa lui a donné en lui disant de bien le casser, 5 ans.

-Lily, qui s'est collée à James avec un grand sourire encore plein de gâteau du dessert, 3 ans.

-Hugo, qui suce un caillou (je ne sais pas pourquoi), 3 ans.

Sujet : Le départ à Poudlard de Teddy et Victoire.

Teddy a commencé par rappeler que Victoire et lui partaient bientôt et qu'il fallait donc se préparer en conséquence.

Lucy a demandé pourquoi on en parlait si tôt alors que l'on allait passer toutes nos vacances ensemble et elle a dit qu'elle ne voyait pas à quoi elle devait se préparer.

Dominique a répondu qu'elle, elle devait se préparer à envahir la chambre de Victoire pendant son absence et à être enfin tranquille sans sa bonne-rien de sœur. Elle a dit ça en entortillant une de ses boucles blondes (celles que je rêve d'avoir) autour d'un de ses doigts, l'air toute gentille.

Victoire a répliqué qu'elle n'avait pas intérêt à entrer dans sa chambre, parce que sinon, elle allait tester sur elle tous les sortilèges qu'elle avait appris à Poudlard dès son retour des vacances. Elle, elle n'avait pas l'air toute gentille.

Teddy a ajouté qu'il connaissait un sortilège qui faisait pousser des boutons et qu'il voulait bien l'apprendre à Victoire.

James a demandé s'il pouvait aussi lui apprendre.

Dominique a rappelé que l'on n'a pas le droit d'utiliser la magie en dehors de Poudlard et que sa sœur ne lui faisait pas peur.

Louis a dit qu'il ne voulait pas de sœurs avec des boutons, parce qu'elles étaient déjà méchantes, et qu'il ne voulait pas qu'elles soient moches en plus.

Dominique et Victoire lui ont répondu de la fermer.

Lily a levé le poing et a donné un coup à James avec un grand sourire.

Hugo s'est mis à rire et a failli avaler son caillou. Teddy lui a fait recracher et Hugo s'est mis à chouiner un peu.

Fred a détaché Lily de James parce qu'ils commençaient à se battre. Lily a frappé Fred.

Teddy a demandé le calme. Personne ne l'a écouté. Hugo a pleuré plus fort.

Rose a profité du bruit pour reprendre son dessin. Sur MON cahier.

Dominique et Victoire continuaient à s'hurler dessus. Lucy rigolait. Louis et James sont allés se cacher derrière Teddy. Albus a jeté son appareil photo sur le hamac. Tonton Charlie s'est réveillé et a demandé si ce n'était pas bientôt fini ce bazar.

Vu au bal du Ministère :

La famille Weasley au grand complet. Arthur, directeur du département des accidents et catastrophes magiques, et Molly Weasley, son épouse et présidente de l'association pour une éducation mixte, menaient avec enthousiasme leur clan. Molly Weasley, très raffinée dans une robe bleu sombre au col carré, assortie d'une étole étoilée, nous a confié qu'il faudrait s'attendre à des nouveautés à partir de cet automne. Mr Weasley, dont la robe d'un ton taupe et d'une coupe très simple semblait avoir été coupée pour mettre en valeur celle de son épouse, n'a rien ajouté, mais son sourire laissait entendre que des choses se trament effectivement au sein du clan Weasley.

William Weasley, chef de la section des Briseurs de Sorts d'élite de Gringotts, au bras de sa magnifique épouse, la française Fleur Delacour Weasley, coprésidente de l'association des Amis Lupin, n'a rien voulu nous dire sur d'éventuels projets familiaux, mais nous as parlé longuement des nouvelles taxes mises en place par la banque. Retenez qu'il vaut mieux investir en Europe ou en Océanie, et évitez avec le plus grand soin les États-Unis, le taux de change y étant particulièrement défavorable. Mrs Weasley s'est aussi exprimée sur les projets d'agrandissement de son association. Elle souhaiterait acheter une maison de campagne pour les loups-garous en convalescence. Elle nous a d'ailleurs enchantées en nous racontant la réponse que lui avait fait son agent immobilier : « Euh... des quoi ? ». En plus d'être très drôle, Mrs Delacour Weasley était très élégante dans une longue robe saumon ceinturée d'un long ruban noir de velours, tout comme son mari en redingote de toile beige accessoirisée d'une cravate bleu clair.

Ils étaient accompagnés par Charlie Weasley, ancien Attrapeur vedette de Gryffondor et actuel directeur de la Réserve de Dragons de Moldavie. Toujours célibataire, celui-ci ne nous a envoyé qu'un sourire mystérieux avant d'inviter sa mère à valser. Il était charmant dans une robe cuivrée à revers vert sombre.

Percy Weasley, qui est pressenti pour le rôle de directeur du département de coopération magique internationale, et sa femme Audrey, chef-pâtissière, nous ont éblouis en violet. Mrs Thompson-Weasley portait une robe longue et droite, légèrement évasée en bas, parsemée de cristaux et agrémentée d'un boléro en dentelle plus sombre. Mr Weasley, quand lui, était en robe à manches larges et col droit, d'un violet presque noir. Ce dernier nous a informés qu'il tiendrait une réunion sur la Foire Internationale avec ses homologues européens au mois de septembre.

Venait ensuite George Weasley, propriétaire des boutiques Weasley, Farces pour sorciers facétieux, qui avait revêtu, avec sa flamboyance ordinaire, une robe orange sous un manteau léger turquoise et or. Sa femme, Angelina Johnson-Weasley, assistante d'Ollivander, portait une robe vaporeuse du même bleu avec des créoles et de lourds bracelets dorés. Ils n'ont pas souhaité s'exprimer. Mr Weasley nous a juste glissé que le fabricant de baguette pensait prendre sa retraite.

L'Auror Ronald Weasley et son épouse, Mrs Hermione Granger-Weasley, directrice du Département de Liaison entre Espèces étaient charmants, en vêtements moldus pour elle, sorcier pour lui. Elle portait une robe courte de soie vert sombre, très large au niveau de la taille et serrée juste au-dessus des genoux. Détail intéressant, les côtés de la robe était en fait l'arrière des manches, qui ne couvraient que les épaules. Lui portait une robe classique brune, brodée d'argenté. Ils nous ont bien confirmé qu'Hermione était à la tête d'un nouveau projet, approuvé par le Ministre Shacklebot en personne, mais que c'était confidentiel.

Sont ensuite entrés les Potter. Mrs Ginny Weasley-Potter, ancienne poursuiveuse des Harpies et chroniqueuse à Quidditch Magazine, portait un modèle unique de Mrs Guipure, une robe blanche drapée sur l'épaule, par-dessus une sous-robe ajustée noire et ceinturée par une double lanière noire.

Mr Harry Potter, Capitaine du bureau des Aurors, en robe stricte verte avec un col bordé de doré, a salué la paix actuelle.

Ils étaient accompagnés de leurs enfants : Victoire Weasley, en robe bleue évasée avec collier de perles, aux bras de Teddy Lupin, robe orange et cheveux bleus. Dominique Weasley, en robe courte à bustier noir et jupe crayon floue blanche, que l'on a aperçue en pleine discussion houleuse avec Adam Carter, langue-de-plomb en charge des protections du Poudlard Express. Lucy Weasley, dans une robe à jupe corolle rouge avec bande noire dix centimètres au-dessus de l'ourlet était radieuse en compagnie de Roxanne Weasley, robe de mousseline verte, avec jupe plissée et évasée au mollet, ceinture nouée et haut large avec manches courtes et col bateau, et de Louis Weasley, en robe de soirée grise et noire. Fred Weasley et James Potter sont restés ensemble tout le long de la soirée, Fred en manteau léger beige sur une robe bleu clair, James en robe bordeaux. Molly II Weasley était charmante en robe dos-nu marron avec ceinture couleur paille. Rose Weasley, en robe blanche style empire accessoirisée avec des pampilles dorées et Albus Potter, vêtu de soie bronze, ont échangé quelques points de vue avec des artistes étrangers. Enfin, les deux cadets, Lily Potter et Hugo Weasley, respectivement en tunique longue sans manches mauve d'inspiration grecque et en robe bleu foncé, ont fait danser leurs parents et le reste de leur famille.

Parvati Goldstein, Sorciers Alternatifs, 20 juillet 2019

Molly

Quand elle entra dans le compartiment, Becca et Neal se disputaient, tandis que Hollis courait après Blop. Le crapaud, pensant s'échapper, se rua vers la porte, mais Hollis le plaqua au sol, stoppant enfin la course folle du batracien. Il le remit dans son panier et tenta ensuite de se recoiffer.

Neal s'était assis sur l'autre banquette, les bras croisés, tandis que Becca hurlait encore. Molly ferma la porte.

« ...Et je te jure que la prochaine fois que tu me fais un coup pareil … Neal ? Tu m'écoutes ? »

Sans faire attention aux éclats de voix en fond sonore, Molly se tourna vers le Serpentard à côté d'elle. Hollis avait l'air aussi calme qu'à son habitude, malgré l'épi sur son crâne qui, la rouquine le savait parfaitement, devait l'exaspérer au plus haut point. Hollis détestait paraître négligé.

« Tu as passé de bonnes vacances ? lui demanda-t-il, dans une tentative admirable de socialisation. »

Quel dommage que Becca ait manqué cet événement ! En effet, au bout de trois ans à essayer de lui faire assimiler la politesse la plus élémentaire, voilà qu'enfin elle avait de quoi être fière de son petit ami. En tout cas, Molly l'était pour deux, et elle ne se priva pas de le faire remarquer. Hollis rougit, la fois énervé de la moquerie sous-jacente et heureux d'avoir fait plaisir à son amie.

Becca et Neal se jetèrent sur lui, leur dispute oubliée. Molly les rejoint dans ce qui était devenu un câlin collectif. A eux trois, ils achevèrent de décoiffer le jeune brun.

Roxanne

La jeune fille ouvrit lentement les yeux, les paupières encore lourdes de sommeil. Le poids qui reposait sur son épaule droite s'agita en grommelant. Roxanne posa sa main libre sur la tête blonde, caressant lentement les boucles éparses.

Louis avait toujours eu de beaux cheveux, et, aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle l'avait toujours jalousé. Louis était beau, lui, avec ses cheveux de soleil et sa peau laiteuse. Même ses yeux sombres étaient beaux. Pire encore, Louis était intelligent. Brillant même. Et gentil. Et drôle. Le genre de garçons qu'il est impossible de ne pas aimer. Son cousin.

Il ouvrit les yeux, ses chaudes pupilles marron se fixant sur les siennes. Sur le siège en face, Lucy embrassait passionnément son copain. Sur ses genoux, Aristote, son chat gris, ronronnait doucement. Roxanne n'en avait strictement rien à faire.

Louis était là, et c'était elle qu'il regardait avec cette attention soutenue. C'était tout ce qui comptait.

Elle faillit ne pas entendre les cris en provenance du couloir.

Hugo

Le voyage avait pourtant bien commencé. James et lui avaient mangé assez de bonbons pour provoquer une indigestion à un goinfre professionnel, prouvant encore une fois qu'ils faisaient partie de ces garçons qui mangeaient leur poids en nourriture à chaque repas. Puis ils avaient fait exploser quelques pétards multicolores, la version portable des Feuxfous Fuseboum, un des grands classiques des Sorciers Facétieux. Ils avaient ensuite abandonné Fred et Thomas, qui comataient sur leur banquette, pour aller se promener.

Lily, les yeux brillants, tambourinait contre la banquette, suivant le rythme de la musique de Scorpius. Celui-ci grattait avec douceur sa guitare. Rose, assise dans un coin, crayonnait. James, un peu jaloux, regardait sa sœur. Albus somnolait, le ventre plein. Stoney et Caitlinn jouaient aux cartes. La Serpentarde avait accepté ce partenaire de jeu improvisé sans un mot, comme à son habitude. Les pensées de Caitlinn étaient toujours impénétrables aux profanes, mais même Hugo avait pu voir son hésitation face à l'elfe de maison. Il avait aussi remarqué sa détente progressive au cours de la partie, tandis que Stoney et elle discutaient à bâtons rompus. L'elfe avait toujours été, par pure nécessité, un grand diplomate.

Un des préfets, ouvrant leur porte, les prévint qu'ils étaient à une heure de Poudlard, et qu'il était temps de passer leurs uniformes. Ils sortirent donc du compartiment pour rejoindre leur wagon. Ce fut le début des problèmes.

Stoney

Il ne s'attendait vraiment pas à cette attaque. D'abord parce qu'ils étaient quatre et que Stoney savait que les anti-elfes préféraient de loin tomber à bras-raccourcis sur un elfe seul plutôt qu'insulter trois humains et un elfe. Ensuite parce que c'était presque la fin du trajet. Enfin, il venait de passer des heures très agréables, qui l'avaient rendu moins vigilant.

Ils étaient cinq en face d'eux. Quatre garçons, une fille. Ils devaient avoir l'âge de James, ou un peu moins. Ils n'étaient pas en uniforme, donc Stoney ne pouvait pas connaître leur Maisons, mais ce n'était pas important : leurs intentions étaient visibles à la mine patibulaire des trois plus grands. La fille et un garçon blond se tenaient un peu en retrait, l'air d'attendre de voir ce qui allait se passer. Ils ne les aideraient pas.

La fille était jolie, avec un visage rond et des cheveux châtains, longs et raides. Elle fusillait James du regard.

« Travers, la salua-t-il sans sourire.

-Potter.

-Qu'est-ce que vous faites avec des quatrièmes années, Euston et toi ?

-On a entendu qu'ils voulaient faire une connerie, répondit-elle. On ne pouvait pas manquer ça. »

Elle semblait sérieuse. A côté d'elle, le blond hochait la tête avec conviction. Les trois autres semblaient n'en avoir rien à faire. Stoney se dit, pour la centième fois depuis le début de la journée, que les humains étaient fous. Et ceux-là particulièrement.

Lilith

Elle serra les poings. Potter était là, avec ses cheveux châtains artistiquement décoiffés, ses trois taches de rousseur sur le bout du nez et ses yeux noisette. Il était là, juste en face, et elle n'avait qu'une envie, le cribler de coups, briser chacun de ses os, le réduire en bouillie. Tout ça à la fois. Et lui qui la regardait comme si elle l'avait trahi! Il s'attendait à quoi ? A ce qu'elle lui saute dans les bras ? Il pouvait toujours rêver !

Potter pouvait être fier de lui. C'était le seul être au monde qu'elle haïssait avec autant de force, de toutes les fibres de son âme. Sa première haine... Oh, ça, Lilith, savait haïr ! Farouchement, violemment, entièrement. Avec toute la vigueur de ses treize ans, toute sa fierté, toute sa conviction. Presque avec amour... Elle était possessive avec Potter. Il était à elle. Ce n'est pas comme si les ennemis de cette qualité poussaient sur les arbres...

A côté d'elle, Miles lui posa la main sur le bras, dans un geste apaisant. Sous ses cheveux blonds qui lui tombaient dans les yeux, il semblait un peu inquiet. En effet, le grand échalas qui lui servait de meilleur ami savait parfaitement à quel point Potter pouvait la mettre hors d'elle. Il suffisait qu'il apparaisse pour qu'elle ait envie de tout casser autour d'elle, lui en priorité.

Devant eux, les trois abrutis, alias Griffin Stephen, Flynn Peterson et Derek Goyle, un Gryffondor et deux Serpentards de quatrième année, rappelèrent leur présence à grand renfort d'insultes. Lilith se prépara au spectacle. Potter était à elle, effectivement. Ce n'était pas pour ça qu'elle n'appréciait pas de le voir affronter d'autres qu'elle... Tant qu'il n'oubliait pas qu'elle possédait la primeur de son antagonisme.

James

Il vit la main d'Euston sur le bras de Travers. Elle le regardait, les paupières à moitié fermées, le dos droit, altière. Cette main était une provocation. Tout ce qui concernait Travers était une provocation, et elle se jouait de lui en connaissance de cause. Haïssable, adorable, admirable, insaisissable créature... Comme le Petit Peuple des histoires moldues de Regan. Elle était cruelle avec lui, le blessant de toutes les façons qu'elle pouvait trouver, et James devait avouer une véritable addiction à la haine de cette gamine. Cette fille ne voulait pas voir son masque, elle voulait quelqu'un à combattre, un monstre. Le monstre qu'il se sentait devenir, de temps en temps. Elle lui donnait un but, autre que celui d'incarner James Potter.

Avec elle, il était vivant. Il était réel. Et elle laissait un autre la toucher, alors qu'il n'en avait jamais eu le droit. Elle laissait un autre l'apaiser. Alors que ce devrait être son rôle à lui. Son privilège d'ennemi attitré.

Il se retint de dégainer sa baguette. Il fallait qu'il se reprenne. Il aurait tout le temps de penser à Travers plus tard ! Il se tourna alors vers ce qui aurait pu être une belle alliance entre maisons, mais qui était en réalité un gros tas d'emmerdes.

Les trois garçons avaient beau avoir un an de moins que lui, ils étaient costauds et bien battis. James, lui, avait la musculature d'un Poursuiveur, des muscles tout en longueur, plutôt faits pour la vitesse, et il n'était pas très grand non plus. Quant aux trois petits, il avait beau ne pas douter de leur courage, ils n'étaient pas très doués avec leurs poings et ne connaissait aucun sort autrement que de manière théorique. Il se fit la remarque qu'il devait absolument leur apprendre quelques sorts défensifs le plus vite possible : le Chauve-Furie ou le maléfice du Saucisson, peut-être. Le rapport de force n'était donc pas en leur faveur, et il savait ne pas pouvoir compter sur Travers et Euston. Il n'avait plus qu'à espérer qu'un Préfet passe par là.

Pour une fois qu'il voulait en voir un !

Dominique

Quand elles croisèrent les Mills, Anthea et elle étaient en train de se hurler dessus. Rien d'inhabituel : le record était de 93 disputes en une heure. En effet, dans le cas de ces deux jeunes filles, on pouvait parler d'amitié vache. Courageusement, ni Hunter ni Jeffrey ne tentèrent de les éviter. Ils restèrent donc, debout, en plein milieu du couloir, attendant que les deux jeunes filles se calment. Ce fut assez rapide. En effet, Anthea, en apercevant les Mills, se tut, comme gênée. Elle fit en sorte d'éviter le regard des deux frères et se rua vers le compartiment le plus proche.

Dominique se tourna vers les garçons et haussa un sourcil, surprise du comportement de sa meilleure amie. Elle allait leur poser une question quand ils entendirent des cris et des insultes. Les Mills coururent vers le lieu d'où ils provenaient. Dominique les suivit.

James s'était mis devant Hugo, Stoney et Lily. Il 'avait pas encore sortit sa baguette, mais il serrait instinctivement les poings. Malgré toute sa détermination, et celle des trois petits, Ils faisaient peine à voir face à leurs adversaires. Ceux-ci, hilares, semblaient aussi être de cet avis. Dans un coin, Travers observait la scène, ses yeux scintillant d'un mélange d'inquiétude et de jubilation. Elle ne quittait pas du regard James. A côté d'elle, Euston la regardait avec appréhension. Avec raison, pensa Dominique. Les rencontres entre James et Travers étaient toujours explosives. De celles qui mériteraient d'être filmées. Le résultat obtiendrait sûrement l'oscar du plus gigantesque déni sentimental jamais vu au monde.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda Jeffrey Mills avec sa belle voix grave, exercée par des années de hurlements sur terrain de Quidditch.»

Derrière lui, et pour ne pas être en reste, son frère cadet croisa les bras et redressa le dos, exhibant à la vue de tous ses avant-bras musclés. Le cœur de midinette de Dominique frémit. Ah, les batteurs et leur musculature développée... Un vrai régal pour les yeux !

Enfin, pour ses yeux à elles, car les trois abrutis qui menaçaient ses cousins ne semblèrent pas de cet avis. En effet, s'ils frémirent, ce fut plutôt d'angoisse. Ils jetèrent un coup d'œil à la carrure des deux frères. L'un des trois, Stephen, un Gryffondor, se souvint Dominique, déglutit. Ils marmonnèrent de vagues explications et reculèrent rapidement. Travers et Euston les suivirent.

« Ça va, Potter ? demanda Jeffrey, l'air sincèrement inquiet pour son Poursuiveur vedette.

-Oui, merci. Sans vous, je ne sais pas comment on s'en serait sorti.

-C'était rien, répondit l'autre Mills en lançant un regard curieux à Stoney. Vous rentrez tous les trois à Poudlard ? demanda-t-il au deux petits et à l'elfe.»

Son frère aîné lui mit une tape sur le crane.

« Ils seraient pas dans le train sinon, crétin !

-Je demandais juste, je peux plus poser de questions, maintenant ? »

Les deux frères continuèrent jusqu'à leur compartiment en se disputant. Dominique, en les regardant s'éloigner, se demanda ce que lui cachait Anthea à leur sujet. Ce n'était pas vraiment le genre de garçons qui donnaient lieu à des mystères.

Hugo

En descendant du train, Hugo commença à ressentir une certaine angoisse. Ou alors c'était les quatre kilos de sucreries ingurgités dans le train qui ne passaient pas et pesaient sur son estomac. Difficile de trancher. Hugo ne savait pas trop, et de toute façon, il était plus occupé à observer la gare, les yeux étincelants. Il était déjà venu à Pré-au-Lard, comme beaucoup de jeunes sorciers, mais jamais en tant qu'élève de Poudlard. Lily, à côté de lui, souriait aussi. Quant à Stoney, Hugo ne pensait pas l'avoir déjà vu aussi heureux.

« Lily ! »

En entendant cette voix, Hugo ferma les yeux et soupira un bon coup. Pas elle... Et bien si. Nott arrivait. Cette grande perche blonde se dirigeait vers eux avec un grand sourire. Sourire qui se figea lorsqu'elle croisa le regard d'Hugo. Elle fronça alors le nez avec mépris, accentuant ainsi sa ressemblance avec un lapin psychopathe.

« Weasley, le salua-t-elle avec froideur.

-Nott, répondit-il sur le même ton, mais elle l'ignora pour se tourner vers Stoney.

-Stoney, s'exclama-t-elle joyeusement ! I faut absolument que tu finisses ta critique sur Mythic Itch !

-C'est quoi encore ce machin ? grommela Hugo.»

Les trois autres se tournèrent vers lui, l'air surpris. Même Nott avait oublié de l'ignorer pour le dévisager avec des yeux ronds.

« C'est un groupe qui commence à être connu, commença Lily.

-C'est ce qu'on a écouté en boucle quand Olivia est venue, ajouta Stoney. »

Heureusement pour Hugo, Hagrid appela les premières années avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit. Il se dirigea vers le demi-géant avec soulagement. Hagrid était toujours le bienvenu chez les Weasley, au point que les enfants le considéraient comme faisant partie de la famille. C'est pourquoi, sur le quai de la gare, les têtes rousses, brunes et blondes de tous les enfants Weasley et Potter se pressaient autour de son grand manteau plein de poches. Après quelques minutes de joyeuses salutations, les plus âgés partirent vers les calèches et les premières années purent se mettre en route. Hugo et Lily prirent des nouvelles sur le chemin qui menait aux barques.

Lucy

A côté d'elle, Stan fronçait les sourcils, l'air pensif. Elle lui toucha délicatement le bras pour attirer son attention.

« Qu'est-ce que tu as ?

-Si je te le disais, je devrais te tuer, répondit-il avec un sourire moqueur. »

Elle s'arrêta et le regarda de travers. Il éclata de rire et passa son bras sur ses épaules pour l'attirer vers lui. Elle tenta de garder son sérieux, mais n'y arriva pas longtemps. Il lui expliqua enfin :

« Je réfléchissais à une stratégie pour les matchs de cette année.

-Tu veux me l'expliquer ? lui demanda-t-elle, curieuse.

-Ça va pas, non, répondit-il. Après tu seras prête à me battre. Je veux gagner la coupe cette année.

-Mais je suis toujours prête à te battre, répliqua-t-elle avec un sourire. Et tu rêves, ajouta-t-elle. C'est moi qui vais gagner. »

Stanley la regarda en haussant un sourcil, l'air de se moquer d'elle. Elle le poussa en levant les yeux en l'air et partit en avant. Il la suivit en riant. Elle sourit discrètement, en l'entendant courir derrière elle.

Rose

Elle posa avec délicatesse son carnet sur ses genoux et repoussa ses boucles flamboyantes derrière ses oreilles. La calèche était vide et Rose profita du silence et de la solitude un instant avant de se mettre à crayonner. La porte s'ouvrit et le monde extérieur s'introduit brutalement dans le calme ouaté de la voiture. Elle leva ses yeux bleus et croisa ceux, gris, de l'intrus.

« Rose ! »

Sa voix fit un couac sur ce simple mot. Scorpius repris sa respiration, essayant de calmer son angoisse soudaine et priant pour que sa voix se stabilise enfin. Il en avait assez de toujours se ridiculiser face à la rouquine.

« Je veux dire... Ça ne te gêne pas si on s'installe avec toi ? »

Il croisait les doigts dans sa poche. Derrière lui, Albus et Caitlinn discutaient doucement, mais il ne les écoutait pas. Il était suspendu à la bouche de Rose. Elle hocha juste la tête avant de retourner à son croquis.

Ils montèrent tous les trois dans la calèche. Scorpius murmura un merci en s'asseyant à côté de la jeune fille. Il eut à ce moment un aperçu du dessin de Rose. Elle le cacha presque immédiatement, les joues un peu roses et les yeux baissés.

Le blond se rencogna dans la banquette, un sourire idiot aux lèvres. C'était lui qu'elle dessinait. La calèche se mit en branle.

Stoney

Stoney était figé. De l'autre côté du lac noir, il y avait un château au sommet d'une montagne. Un amas de tours élancées et de lourdes pierres qui se détachait sur la nuit noire. C'était la plus belle chose au monde. Lily saisit sa main. Il se tourna vers la jolie rousse. Elle lui souriait, ses yeux noisette étincelaient. Elle avait l'air particulièrement heureuse et un petit peu idiote. Il devait être dans le même état, se dit l'elfe de maison avec philosophie.

« Pas plus de quatre par barques, dit Hagrid. »

Leur quatuor déjà formé, ils montèrent à bord. Hugo grommelait à l'idée de partager sa barque avec Olivia et la jeune fille le fusillait du regard en s'installant. Le rouquin reprit du poil de la bête en s'autoproclamant capitaine et seul maître à bord et en manquant tomber par-dessus bord à force de gesticuler. Lily éclata de rire face aux pitreries de son cousin et Miss Nott elle-même se fendit d'un sourire qu'elle accompagna d'un sarcasme bien senti.

« En avant ! cria Hagrid, qui avait une barque pour lui tout seul.»

Tous se turent alors, et ce fut dans un silence quasi-religieux que les nouvelles premières années traversèrent le lac.

James

En entrant dans le Hall, il était impossible de louper la plaque commémorative de la Bataille. Comme à chaque fois, Fred passa le doigt sur le nom de leur oncle, sur son nom. Il avait le visage sérieux et, pour une fois James l'était aussi.

« Cela fait toujours aussi bizarre d'être mort, lui glissa Fred.

-Je sais, lui murmura James en réponse. »

Ils entrèrent dans la Grande Salle prêts à jouer leurs rôles.

Albus

Il salua de la tête son frère en s'asseyant. James était déjà à sa table, avec Fred et Thomas Jordan. A la même table Molly s'était assise avec son meilleur ami, Neal Anderson, et Dominique discutait avec des garçons de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Chez les Serdaigles, Rose échangeait avec Roxanne et Louis, et de la table des Poufsouffles, Lucy faisait des signes au capitaine des Serpentards. Deux centaures, un elfe de maison et un gobelin étaient déjà installés à différentes tables, et on murmurait beaucoup autour d'eux.

« Ce ne sont pas des premières années ? demanda Scorpius à son meilleur ami.

-Non, ils ont dû suivre des cours par correspondance, lui répondit Albus. Ils ont été répartis pendant les vacances. Ma tante m'en a parlé cet été. »

Caitlinn ne se joignit pas à la discussion, les yeux fixés sur la centauresse installée chez les Serdaigles. Ses grands yeux verts brillaient d'intérêt. Albus fut soulagé de n'y lire aucune pointe de dégoût.

Olivia

La porte s'était ouverte sur une grande femme altière au teint mat. Elle était vêtue de rouge et avaient de longs cheveux bruns auxquels se mêlaient quelques mèches blanches. Elle dégageait une impression de professionnalisme et de sérieux à toute épreuve.

« Professeur Vector, les premières années, lui annonça Hagrid avec formalisme. »

La femme le remercia d'un sourire, révélant ainsi qu'elle avait dû être d'une très grande beauté dans sa jeunesse. Hugo le remarqua. Il avait l'air surpris. Olivia leva les yeux au ciel avec dépit. Les garçons étaient idiots.

« Suivez-moi, dit le professeur aux premières années. »

Elle les fit entrer dans le Hall. C'était une pièce gigantesque au sol dallé, où trônait un gigantesque escalier de marbre. Mais ce qui attirait le regard était la plaque de bronze accrochée sur le mur de pierre face à l'entrée. Elle était pourtant simple cette plaque. Pas de fioritures, ni de grande scène gravée. A peine quelques mots qui se laissaient deviner de loin. « Morts pour Poudlard le 2 mai 1998 », déchiffra Olivia. Une liste de noms suivait ce titre. Elle tourna la tête et remarqua que Lily et Hugo regarda la plaque avec attention. Même Hugo était sérieux, ce qui était un fait assez rare pour être noté. Pas qu'elle faisait attention à Hugo, bien entendu.

Ils entrèrent dans la petite salle réservée aux premières années. Olivia sentit son estomac se nouer. Aucun des premières années ne savaient comment se passait la Répartition. C'était la tradition, lui avaient dit ses parents. Mrs Weasley, la mère d'Hugo, leur avait expliqué cet été que c'était pour s'assurer que les tests ne risquaient pas d'être faussés d'une façon ou d'une autre. Mr Weasley avait ajouté avec un sourire un peu narquois que c'était aussi une forme de sadisme. En effet, leurs aînés avaient chacun leur version de la Répartition, et elles étaient toutes plus horribles les unes que les autres. Même Daniel, le grand frère d'Olivia, un garçon qui veillait pourtant sur sa petite sœur comme sur une poupée de porcelaine, s'y était mis, lui racontant qu'il fallait trouver son chemin dans un marécage peuplé de monstres de cauchemar.

Toutes les premières années se regardaient, un peu inquiets. Dans leurs esprits s'entrechoquaient des morceaux choisis de ces histoires chuchotées, transmises, déformées. Le professeur Vector se tourna vers eux, un doux sourire sur le visage.

« Bienvenue à Poudlard, dit-elle. Ici vous allez étudier pendant sept ans. Ici vous allez devenir des adultes, découvrir de nouveaux horizons, grandir avec votre magie. Mais avant cela, vous allez être répartis dans une des maisons. Ce sera pour vous l'équivalent de votre famille durant votre scolarité à Poudlard. Vous partagerez dortoirs, cours et salles communes. Mais aussi expériences et entraide. Il y a quatre maisons, qui ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chacune de ces maisons est porteuse de traditions et de valeurs, d'histoire et de noblesse. Elles ont toutes formé des sorciers extraordinaires, dont vous ferez peut-être partie. En attendant ce jour, pendant vos années à Poudlard, chacun de vos bons résultats feront gagner des points à votre maison, tandis que toute infraction au règlement vous fera perdre des points. A la fin de l'année scolaire, la maison ayant obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons. Chaque membre d'une maison doit travailler de son mieux pour que celle-ci obtienne cette récompense, j'espère donc que vous garderez ceci à l'esprit et servirez votre maison avec passion et intelligence. La Cérémonie commencera quand je reviendrais vous chercher. Attendez-moi en silence et soignez votre tenue. »

Elle quitta la salle. Olivia, la gorge sèche, se tourna vers Lily. La rouquine était encore plus pâle que d'habitude. Un peu plus loin, Hugo était avec Stoney et un autre elfe de Maison qui avait l'air bouleversé. Il leur racontait une de ses histoires idiotes pour leur permettre de se détendre. Pour une fois, Olivia se sentit fière du rouquin. Il leva la tête et leur regard se croisa quelques secondes.

« Je suis terrifiée, murmura Lily. »

Olivia décrocha son regard des yeux d'Hugo. En tournant la tête, elle remarqua un garçon qui regardait dans leur direction. Petit et brun, l'air asiatique, il semblait parfaitement calme et se distinguait en cela des autres élèves. Son regard noir était suspendu à la chevelure de Lily. Avant qu'elle puisse le faire remarquer à son amie, le professeur Vector entra.

« Mettez-vous en rang et suivez-moi, dit-elle. La cérémonie va commencer. »

Molly

« J'ai faim, grogna Neal. »

Molly haussa un sourcil, amusée. L'appétit de Neal était quasiment légendaire, alors qu'il était maigre comme un clou. Finn disait toujours que son frère mangeait toujours pour deux, parce qu'il était convaincu de devoir manger pour son jumeau. Finn en parlait toujours avec une mine un peu désespérée, oubliant que son appétit égalait presque celui de son frère. Ils lui manquaient déjà, lui, ses mimiques et ses répliques.

Hagrid s'assit à la table des professeurs. Neal soupira, soulagé. Le silence se fit quand la sous-directrice entra, suivie par la file des premières années. Molly repéra ses deux cousins, visibles de loin avec leurs cheveux flamboyants. Ils avaient l'air effrayés. Vector posa le Choixpeau et son tabouret devant eux.

Que v'là un vieux bout de cuir, qu'vous pensez,

Un chapeau sorti du placard,

Brûlé, déchiré, râpé, sale, rapiécé.

Je ne veux pas être vantard,

Mais sur la tête de Gryffondor,

Moi je brillais comme de l'or.

Alors il me souleva de sa tête-de-lard,

Et à eux quatre, les grands sorciers,

Ils firent de moi, de Poudlard,

Celui dont le choix est estimé.

Gryffondor était hardi et courageux,

Si vous rejoignez son clan,

Vous ferez alors partie de ceux

Qui feraient mieux d'agir avec un plan.

Poufsouffle, douce et juste dame,

Estimait le travail et la loyauté.

Pour être à la mesure de son âme,

Les siens connaissent patience et équité.

Serdaigle, à l'intelligence perçante,

Aux cultivés ouvre toujours ses portes,

Et à ceux dont la sagesse est abondante,

Apprend à se servir de leur tête.

Serpentard, lui était toujours roublard,

Rusés et ambitieux, vous serez chez vous

Dans sa maison tôt ou tard,

Car ils y ont tous du bagou !

Alors pose-moi sur ta tête,

Reste calme, tiens-toi prêt ou prête,

Ici tu trouveras un chez-toi,

Car je fais toujours le bon choix !

Le Choixpeau finit sa chanson rituelle dans les applaudissements fournis de l'assistance. La Répartition commença.

Roxanne

Roxanne applaudit avec les autres lorsque Amers, Zayn, un gamin pas bien grand et à la peau sombre fut réparti à Serdaigle. Elle échangea un sourire avec Louis. C'était toujours un bon présage pour une maison d'avoir le premier réparti. Plus prosaïquement, cela faisait de Rose, de Louis et d'elle les gagnants annuels du pari Weasley-Potter. A eux les Chocogrenouilles!

"Anly, appela le professeur Vector!"

Tous se turent en voyant une elfe de maison s'avancer. Elle ne paraissait pas très assurée, les oreilles basses, le pas chancelant, surtout avec tous les regards des élèves braqués sur elle.

"Serdaigle!"

La table restait silencieuse lorsque l'elfe enleva le Choixpeau. Rose se leva, commençant à applaudir, petite chose rousse que Louis et Roxanne suivirent. Chez les Poufsouffles, Lucy se leva aussi. James sauta sur ses pieds avec Fred et Thomas et se mit à tambouriner sur sa table. Molly et Dominique se levèrent aussi, entraînant leurs amis. Chez les Serpentard, Caitlinn, la meilleure amie d'Albus, ce-dernier et Scorpius se mirent aussi debout. Les deux amis de Molly, Owlcraft et Smarden, commencèrent à frapper dans leurs mains de la table des Serpentards. D'autres Gryffondors se mirent aussi à applaudir. Puis tous les Serdaigles se levèrent, les Poufsouffles, les Gryffondors, les Serpentards,... Lorsqu'Anly atteignit la table des Serdaigles, sa table, tous les élèves étaient debout. Il fallut attendre un peu que tous se calment pour que Beadle, Erin puisse être répartie à Poufsouffle.

Olivia

Elle fut la première de son petit groupe d'amis (car oui, même Hugo méritait ce titre) à s'asseoir sous le Choixpeau. Il sentait le vieux cuir et était trop grand pour son crâne, remarqua-t-elle.

« Dis que je sens mauvais, tant que tu y es !

-Vous avez plus de mille ans. Vous savez ce qu'on dit des vieux...

-Je ne te permet pas, jeune fille ! Je devrais te mettre dans la mauvaise maison par pure vengeance.

-Et risquer votre réputation d'infaillibilité ? On risquerait de vous mettre à la retraite pour sénilité.

-Tu es courageuse, ma petite. Et combative. Mais il faut que tu apprennes quels sont les combats qui valent la peine d'être menés... Tu seras tout-à-fait à ta place à Gryffondor ! »

Olivia bondit du tabouret et reposa dessus le chapeau avec un respect mêlé d'un zeste d'impudence. Elle se dirigea ensuite vers la table des Gryffondors où des élèves applaudissaient son arrivée. A la table des Serdaigles, Daniel hocha la tête vers elle, montrant son approbation. Olivia sourit en s'asseyant à ce qui serait dorénavant sa table.

Les trois autres furent aussi envoyés à Gryffondor. Elle applaudit à chaque fois. Même pour Hugo. Le garçon qui regardait Lily fut l'avant dernier à passer, Wolf, Nero. Elle le montra à la rouquine pendant qu'il était réparti à Serdaigle. Elles le fixèrent avec attention avant de se mettre toutes les deux à pouffer. Il était plutôt mignon.

Fred

James fixait la table des Serdaigles avec attention. Fred dû lui donner un coup de coude pour qu'il se rende compte que la directrice s'était levée. Le professeur McGonnagall portait une robe bordeaux et un petit chapeau de la même teinte surplombait son chignon gris et ses fines lunettes. Elle était l'image même de la décence et de l'efficacité, pensa Fred, en se souvenant de la vielle dame échevelée qui avait dansé un rock endiablé lors de la fête de la Bataille de l'an dernier. Il lui était beaucoup plus difficile de la prendre au sérieux après avoir vu cette scène. Il se retint péniblement de rire et écouta son discours.

« Bienvenue à tous les nouveaux élèves de Poudlard, commença-t-elle, et bon retour aux autres. Que vous soyez centaures, elfes gobelins ou humains, Poudlard aura à cœur de vous proposer une nourriture spirituelle durant cette année, mais pour l'instant il est temps de nourrir nos corps plutôt que nos esprits. Je vous souhaite donc un bon appétit ! »

Sur ces mots, elle se rassit, provoquant un tonnerre d'applaudissements. Fred acclama comme les autres la fin de ce supplice de Tantale qu'était la Répartition. Avant de se jeter sur la nourriture, il eut tout de même le courage de demander à James ce qui l'intéressait tant chez les Serdaigles.

« Ce garçon regarde Lily, lui répondit-il.

-Et alors tu vas nous faire ton numéro de grand frère surprotecteur ? Lily sait se débrouiller toute seule. J'ai encore des bleus sur les fesses pour te le rappeler. Je te montre, si tu veux.

-Tout, mais pas ça, s'exclama son cousin avec une moue horrifiée. Évite-moi cette vision d'horreur, veux-tu ?

-En parlant d'horreur, c'est normal que Travers ne te lâche pas du regard depuis tout à l'heure ? lui demanda Thomas avec un sourire.»

L'expression de James était un mélange intéressant entre bonheur, terreur, colère et gêne. Fred et le jeune Jordan se frappèrent les mains avant de se pencher sur leurs assiettes respectives.

James

Il se saisit de son verre, tentant de se donner une contenance sous le regard brûlant de haine de la jeune fille. Même sans lever les yeux, il savait qu'elle le fixait. Il la connaissait assez pour le savoir, tout comme il savait qu'elle avait remarqué qu'il l'observait lorsqu'elle avait accueilli une autre Travers à sa table. Sûrement une autre de ses cousines, la sœur de la blonde Lucy, car James savait Lilith fille unique. Il savait aussi que, selon leur accord tacite, il ne devait pas s'intéresser à la famille de Travers. Celle qui avait été à moitié détruite par la guerre et ses conséquences. Il se servit sans faire attention à ce qu'il mettait dans son assiette. Thomas soupira.

« Cette année va être encore plus ennuyante que les précédentes, s'expliqua-t-il. James va essayer de draguer l'infirmière et Fred de faire exploser un maximum de bombabouses. On tombe dans la routine, les gars.

-Et tu veux faire quoi d'autre ? lui demanda Fred. Ce n'est pas comme si Poudlard offrait tant de possibilités que ça.

-Alors sortons du château ! répliqua-t-il.

-C'est l'anniversaire de ma cousine, samedi, dit James en se mêlant enfin de la conversation.

-Laquelle, demanda Thomas ?

-Pas une du côté Weasley, en tout cas, ajouta Fred.

-Regan. Ma cousine moldue. Elle fête ses quinze ans. »

Fred eut une grimace de dégoût.

Dominique

Dominique profitait de l'absence d'Anthea pour interroger les deux frères Mills (enfin, plus exactement, les deux frères Mills qui étaient à Gryffondor. En effet, ils avaient un frère cadet, Jason, le cerveau de la famille, en quatrième année à Serpentard) sur sa meilleure amie.

« Et donc, Jeffrey, tu as fait quelque chose de particulier pendant les vacances ? lui demanda-t-elle en battant des cils.»

Le batteur rougit et balbutia une réponse négative. Son frère éclata de rire.

« N'écoute pas mon frère, Dom, c'est un menteur ! Monsieur est allé à un rendez-vous arrangé au mois de juillet. Depuis, il passe son temps à soupirer sans me dire pourquoi. »

Son frère lui donna un grand coup de coude.

« Tais-toi, grogna-t-il. »

Anthea n'avait tout de même pas... McGonnagall se releva et le silence se fit avant qu'elle ne puisse en demander plus à Hunter, qui avait l'air prêt à tout lui raconter.

« Après ce bon repas, commença la directrice, je me dois de vous rappeler quelques-unes des règles les plus importantes : la forêt Interdite, qui borde le parc, est comme son nom l'indique, interdite. Vous n'avez pas le droit d'utiliser de magie dans les couloirs de l'école. Le couvre-feu est à 22 heures. Après cette heure, seuls les préfets ont le droit d'être en dehors de leur salle commune. La liste des objets interdits, à cet instant ses yeux croisèrent ceux de James, est affichée sur la porte de Miss Rummage, notre concierge. Je vous conseille vivement de la consulter le plus tôt possible.

Enfin, avant que nous nous quittions tous pour une bonne nuit de sommeil, je vous propose, comme la tradition le veut, de chanter l'hymne de Poudlard. »

Scorpius

Tandis que les autres élèves autour de lui s'époumonaient chacun sur l'air qu'ils avaient choisi, Scorpius tenta à nouveau de traduire sa musique sans réussir. De la table des Serdaigle, Rose le regardait en chantant. La musique flottait autour d'elle. Ce qu'elle était belle. Ce qu'elle était courageuse. Ce qu'elle était parfaite.

Cet instant de grâce finit trop tôt, avec la dernière note, avec le raclement de centaines de pieds sur le sol, avec les appels des amis, des inconnus, des préfets, des professeurs. Caitlinn posa sa main sur son bras pour le faire avancer. Rose le dépassa pour glisser quelques mots à sa cousine. La musique était encore dans chacun de ses gestes.


Voilà donc la première partie de Sons of the Sun. J'espère que cela vous à plu. Je prévois de publier la deuxième partie le 5 octobre. De plus, je vous propose, vu que je n'aimes pas vraiment mon résumé, de m'aider à en trouver un nouveau. Pour cela, je vous demanderais de laisser vos propositions dans une review. Je publierais celles-ci sur le LJ de Sides, que vous trouverez à cette adresse (sans les espaces): fanfic-sides . livejournal . com

Enfin, je ne vous laisse pas sans un avant-goût de la deuxième partie:

Elle s'était bien amusée à chanter le plus faux possible avec Lily. A présent, elle suivait, avec les autres premières années de Gryffondor, leurs deux préfets, Milo Uberswyn et Ife Garra. Hugo, devant elle, sifflotait, tentant de reproduire l'air qu'elle avait choisi. Il réussissait plutôt bien, dû-t-elle reconnaître.

Le jeune préfet, Uberswyn, un garçon à l'air fragile et aux cheveux blonds lança quelques mots en latin à un tableau. « Audaces fortuna juvat » la fortune sourit aux audacieux. Une phrase qui s'applique bien aux Gryffondors, pensa avec ironie Olivia. Le mot de passe, précisa Garra, qui elle avait plutôt le type indien sous ses lourds cheveux noirs et formait donc un beau contraste avec son homologue masculin. Le tableau pivota et la femme en rose peinte dessus les salua en souriant. Certains des autres premières années la regardaient avec des yeux ronds. Des nés-moldus, supposa Olivia. Elle avait entendu dire que les tableaux ne bougeaient pas, chez les moldus. C'était bizarre, comme idée. Mais elle savait que les moldus étaient bizarres.

[...]

La salle commune des Serpentards était, pour une fois, particulièrement animée, ce qui était surprenant au sein de cette maison d'individualistes forcenés.

« Voilà que l'on a hérité d'un de ces voleurs de gobelins, lança avec rage un septième année!

-A tout prendre, je préfère ça à un elfe. Au moins, les gobelins sont censés être rusés, répliqua Sarah Hammer, une quatrième année brune et effrontée.

-J'aurais aimé que ce soit un centaure, soupira rêveusement Lolly Chaplain en entortillant une de ses longues boucles blonde autour d'un de ses doigts.