Je m'excuse pour cette grande absence, malheureusement j'ai perdu quelqu'un de très cher récemment et j'ai volontairement délaissé l'écriture pendant quelques temps.

Je suis de nouveau de retour. J'espère que cette suite vous plaira :)


Interloqués d'entendre cette voix qu'ils connaissaient si bien, William et Julia se retournèrent précipitamment vers l'inspecteur Marcel Guillaume.

Il les regarda tour à tour avec un sourire en coin. Il posa son regard plus longuement sur Julia et William leva les yeux au ciel. Rien n'avait changé.

L'inspecteur Guillaume prit la main de Julia dans la sienne pour y déposer un long baiser.

-C'est un plaisir de vous revoir Docteur Ogden. Je dois dire que vous êtes encore plus ravissante que la dernière fois que nous nous sommes vus !

Les joues de Julia rosirent légèrement tandis que William se retenait de toutes ses forces pour ne pas éloigner les lèvres de l'inspecteur Guillaume de la peau de sa femme.

William se racla la gorge à la place et lança un regard noir vers l'inspecteur.

-Détective Murdoch ! Je vois que vous avez suivi mes conseils en ce qui concerne cette charmante pathologiste. Il était temps mon ami !

William lui fit un sourire qui ressemblait plutôt à une grimace. Il sentit le regard de Julia le sonder. Il ne lui avait jamais dit les mots qu'il avait échangé avec l'inspecteur Guillaume alors qu'elle était encore fiancée à Darcy.

-Quelle chance que vous soyez tous les deux ici ! Vous ne serez pas de trop pour nous aider. Il y a tellement à faire et..

William l'interrompit sachant pertinemment où il voulait en venir.

-Pardonnez-moi de vous interrompre mais comme vous pouvez vous en douter nous sommes à Paris pour passer d'agréables vacances loin des crimes de Toronto. Je suis certain que vous êtes entouré d'hommes très compétents pour résoudre cette enquête.

William mit sa main dans le dos de Julia pour lui signaler qu'ils en avaient terminé mais l'inspecteur Guillaume s'adressa une nouvelle fois à lui.

-Et que faites vous de la coopération entre policiers ? Si les rôles avaient été inversés, je n'aurais pas hésité à vous rendre service. Vous êtes un grand détective William, peut être le meilleur que je connaisse et j'ai vraiment besoin de votre aide sur cette affaire. Sans compter que l'expertise du docteur Ogden dans le domaine médical pourrait nous faire gagner beaucoup de temps.

William se tourna vers Julia pour avoir son avis. Il ne prendrait aucune décision sans en avoir discuté avec elle avant. Chaque décision qu'ils avaient à prendre dans le quotidien, ils les prenaient ensemble, parfois à raison de petites disputes mais ils finissaient toujours par trouver un accord.

Julia avait un air à la fois résigné et déterminé.

-J'espérais tellement pouvoir passer ses vacances loin des enquêtes, juste toi et moi flânant dans les rues de Paris mais une part de moi s'en voudrait de ne pas aider ses pauvres gens.

Julia s'approcha de William pour jouer avec sa cravate.

-Si tu es d'accord alors j'accepte

William la regarda jouer pendant quelques instants avec sa cravate souhaitant plus que tout autre chose être dans leur chambre d'hôtel pour qu'elle puisse la lui retirer et embrasser son cou ainsi que le haut de son torse. William adorait ses moments où Julia était en charge de leurs ébats. Elle se montrait tellement passionné et envoutante qu'il n'avait pas d'autre choix que de s'abandonner complètement à elle.

Il retourna difficilement à la réalité lorsqu'il sentit les doigts de Julia caresser sa joue. Au regard qu'elle lui lançait, elle savait très bien où son esprit avait vagabondé. Elle s'approcha encore un peu plus de lui jusqu'à ce que leurs deux corps entrent en contact. Elle laissa son souffle voyager contre son oreille lui provoquant un frisson dans tout le corps.

-Nous rattraperons le temps perdu je te le promets

William déposa un baiser contre sa tempe pour lui signaler qu'il avait bien entendu.

L'inspecteur Guillaume observa leur échange sensuel avec un sourire en coin. Il avait toujours su que ces deux-là étaient faits pour être ensemble.

Il attendit patiemment que les deux amants se souviennent de sa présence.

-C'est entendu vous pouvez compter sur notre aide


Malgré l'heure avancée de la soirée, le poste de police du 9ème arrondissement de Paris était en efervescence. Les hommes couraient dans tous les sens échangeant des informations. Chacun allait de son hypothèse. Plusieurs suspects avaient déjà été arrêtés attendant d'être interrogés.

-Docteur Ogden acceptez vous d'assister le docteur Clément ? Il doit être débordé. Nous lui avons encore amené quatre corps i peine une heure.

-Bien sûr ! Vous savez où me trouver messieurs

Elle allait s'éloigner mais William la retint doucement mais fermement par le bras. Il l'attira contre lui et l'embrassa pendant de longues secondes sous les yeux des officiers de police qui les regardaient étrangement. Lorsque l'un deux se mit à glousser, William s'écarta, se rappelant soudainement où il se trouvait. Julia ressentait encore l'effet de son baiser dans tout son corps. William n'avait pas l'habitude de l'embrasser de cette façon en public. Tremblante, elle se dirigea vers la sortie après un dernier regard chargé de désir.

William la regarda partir admirant cette partie de son anatomie qu'il aimait tant.

-Vous avez beaucoup changé William ! Je suis content de voir que vous suivez mes conseils à la lettre

William se posta devant lui l'air énigmatique.

-Il est vrai que vous m'aviez conseillé de me montrer plus entreprenant avec Julia cependant il y a un point où nous sommes en désaccord. Je n'essaie pas seulement de faire des enfants avec Julia, je lui fais l'amour passionnément. Quand vous trouvez la femme de votre vie, inspecteur Guillaume, vous ne pouvez pas aimer plus d'une femme à la fois. Julia représente tout pour moi : ma femme, ma meilleure amie, ma confidente, ma partenaire et mon amante. Et croyez moi personne d'autre qu'elle ne pourrait mieux jouer ce rôle.

Marcel Guillaume resta interloqué pendant quelques secondes. Le William Murdoch d'il y a quatre ans n'aurait jamais parlé aussi ouvertement. Son mariage avec le docteur Ogden lui avait fait le plus grand bien.

-Vous êtes un homme chanceux William ne l'oubliez pas ! Tout le monde n'a pas la chance de trouver sa partenaire idéale.

William hocha de la tête pour lui signaler qu'il était d'accord. Un officier de police vint les interrompre.

-Monsieur, il semblerait que l'alibi de monsieur Touvier ne corresponde pas avec ce qu'il nous a raconté

-Bon boulot Gaston je m'en charge ! Inspecteur Murdoch, peut être vaudrait-il que vous assistiez à l'interrogatoire. Vous aurez sûrement des questions auxquelles je ne penserai pas

Les deux hommes s'installèrent en face du suspect potentiel qui les regardait impassible.

-Je suis l'inspecteur Marcel Guillaume et voici le détective William Murdoch de la maréchaussée de Toronto. Nous avons quelques questions à vous poser

-Posez autant de questions que vous voudrez. Je n'ai rien à voir avec les évènements d'aujourd'hui. Je ne vais pas faire votre boulot à votre place en vous disant que cet incendie dans le tunnel du métro n'est peut être seulement qu'un simple accident

William ne s'attarda pas sur la provocation et soutint son regard d'un air ferme.

-En effet, je vous demanderai de nous laisser faire notre travail et de seulement vous contenter de répondre à nos questions

L'homme eut un rictus de colère mais William ne s'en formalisa pas.

-Où étiez-vous dans les environs de 18h30 ?

-En train de gagner ma croûte Monsieur ! Certains doivent travailler plus dur que les autres pour avoir une vie décente

L'inspecteur Guillaume prit le relai au vu des informations qu'il détenait

-Pourtant personne n'est en mesure de nous assurer que vous étiez bien là aujourd'hui

Le suspect s'enfonça un peu plus dans la chaise et croisa les bras sur sa poitrine.

-Je serai moi même incapable de vous dire si untel ou untel était présent aujourd'hui. Je m'occupe de faire mon travail pas de fliquer les autres. Maintenant si vous n'aviez rien d'autre contre moi qu'une supposée absence au travail, je vais rentrer chez moi

-Je vous conseille de ne pas quitter la ville Monsieur Touvier

Lorsque l'homme fut sorti, William demanda plus de précisions au sujet du suspect.

-Qu'est ce qui vous fait croire que c'est lui notre suspect ?

-Cela fait des mois que nous le surveillons pour suspicion d'actes de terrorisme contre différentes personnes de confession catholique. Depuis l'affrontement du 17 mai entre catholiques et socialistes, le nom de Fernand Touvier ressort étrangement à chaque fois. Nous le plaçons sous surveillance discrète depuis quelques temps mais malheureusement cela n'a rien donné. Et pourtant je reste persuadé que cet homme est mêlé de loin ou de près à l'incendie d'aujourd'hui

William prit ses nouvelles informations en considération.

-Je pense qu'il est en effet plus prudent de garder un œil sur lui. Allons voir si Julia et le docteur Clément ont quelques éléments de réponse à nous apporter


-William, inspecteur Guillaume vous tombez bien ! J'allais justement vous faire appeler

-Cette femme est vraiment brillante je dois le dire

Le docteur Clément se tourna vers William le regard plein d'admiration pour la jeune femme qui se trouvait à ses côtés.

-Croyez-moi docteur Clément, j'en suis bien conscient

Julia les interrompit l'air impatient et William sourit intérieurement. Julia était aussi passionnée par son travail que lui ce qui faisait d'elle la partenaire idéale.

-Si je peux me permettre Messieurs j'ai découvert quelque chose qui, je suis sûre, vous intéressera beaucoup. J'ai examiné le corps du chauffeur du métro. Il est bien mort d'asphyxie tout comme les autres personnes qui se trouvent ici, cependant cet homme a été poignardé dans l'abdomen vraisemblablement avec un couteau de chasse. D'après l'examen que j'ai pu faire du corps, l'homme n'a pas succombé à ses blessures tout de suite, le gaz ainsi que l'épaisse fumée qui se sont dégagés dans le tunnel a fini de l'achever

William se mit à réfléchir un instant.

-Donc il s'agit bien d'un attentat, la piste criminelle est maintenant certaine

L'inspecteur Guillaume soupira.

-Les journées vont être longues, je vous conseille de nous arrêter là pour ce soir

Julia se dirigea vers le lavabo pour se laver les mains avec soin et remettre un peu d'ordre à sa chevelure. Elle salua le docteur Clément qui la remercia encore une fois de son aide précieuse.

Ils se trouvaient maintenant tous les trois dans la rue, la nuit était tombée depuis peu.

-Que diriez-vous de déguster un bon vin français ainsi qu'un plateau de nos meilleurs fromages ? Je connais un restaurant pas très loin

-Inspecteur Guillaume c'est très gentil de votre part mais je crois parler au nom de Julia lorsque je vous dis que nous sommes tous les deux exténués par cette journée et que nous souhaiterions rentrer à notre hôtel

-Bien sûr ! C'est tout à fait compréhensible. Laissez moi vous souhaiter une bonne nuit. La journée de demain risque d'être tout aussi longue

Après qu'ils se soient salués, William et Julia se mirent en route vers leur hôtel main dans la main sans dire un mot. Une fois arrivé dans leur chambre, Julia prit soin de prendre l'écriteau où était écrit « ne pas déranger » tandis que William enlevait sa veste et son chapeau.

Puis lorsqu'il se tourna vers elle, Julia se hâta vers lui pour lui enlever sa cravate. Elle déposa de nombreux baisers dans son cou et William dut s'appuyer contre un mur pour ne pas s'écrouler sur le sol. Lorsqu'elle fut satisfaite de son travail, Julia releva la tête pour lui sourire.

-Il est temps de rattraper le temps perdu Monsieur Murdoch

William plaqua le corps de Julia contre lui tout en laissant descendre ses mains de plus en plus bas.

-En effet, Docteur, en effet..