Chapitre 3

Que cette sensation était délicieuse. Le corps d'Athos se blottit contre celui, tout chaud, de la pute couchée près de lui. Son membre déjà bien réveillé frottait déjà contre les fesses de sa belle d'un soir. Il faisait encore nuit dehors et, toutes les bougies étant éteintes, seule une bienveillante pénombre recouvrait la chambre étroite où ils dormaient. Les yeux à demi fermés, Athos caressait la jeune femme dans ses bras. Ils étaient allongés sur le côté, lui derrière elle, le dos au mur. Il colla son nez dans le cou de celle-ci, tassant quelques mèches blondes au passage. Qu'elle sentait bon! C'était pour ça qu'il aimait les filles de Madame Maxime, elles ne sentaient pas comme les putes de bas étages qu'on retrouvait partout. Elles avaient un goût de réel, une odeur de vraie femme. Comme cette doucerette collée à lui dont le léger parfum de vanille lui réconfortait l'âme. Il aimait cette odeur.

Doucement, tendrement pour ne pas réveiller sa belle, il glissa les doigts sous sa chemise de nuit. Sa culotte lui collant à la peau, il n'essaya pas d'aller dessous. Ses doigts fins réussirent à se rendre à son entrejambe et se mirent à caresser son sexe. Athos aimait le sexe des femmes. Il aimait le manipuler, le toucher et le gouter autant que le pénétrer. Par-dessus le tissu, il formait des ronds très lentement sur sa vulve et après quelques minutes d'efforts, il la sentit se détendre. Le nez toujours dans son cou, il lui bougea doucement les jambes afin de mieux la positionner. Il pu alors glisser sa main dans sa culotte et toucher directement à l'objet de son attention. Elle était chaude et mouillée, et ses doigts agiles la firent gémir en quelques secondes. De doux sons, tous féminins, lui parvenaient aux oreilles alors que le corps de la pute se réveillait tranquillement.

Athos continua ses attouchements pendant un petit moment, savourant les mouvements d'ondulation que faisait sa partenaire. Toujours un peu endormi, il se disait qu'il avait bien fait de passer la nuit au bordel. Son érection collée aux fesses de la femme, il eu soudain envie d'être peau à peau avec elle. Qu'elle ait remis une chemise de nuit l'ennuyait un peu mais c'était surtout sa culotte qu'il voulait voir partir. Relevant un peu la tête, il passa les doigts sous le vêtement et le fit doucement descendre sur ses hanches. Il y mit un peu de temps, ne voulait pas qu'elle se réveille, mais bientôt, il pu l'enlever complètement. Il repoussa du même coup les couvertures qui les recouvraient tous les deux, défi les cordages de son pantalon et se colla à nouveau au dos de sa partenaire.

Aramis était dans le plus bel état de rêve possible. Ayant trop bu, son esprit flottait entre un état de sommeil et de réveil léger. Les doigts qui la touchaient étaient si agiles qu'ils tiraient d'elle toute une panoplie de sensations. La peau brûlante, elle ne se plaignit pas quand elle sentit qu'on glissait sa culotte sur ses jambes fines et qu'on enlevait les couvertures qui la recouvraient. Le corps musculeux qui se colla ensuite à elle et les mains puissantes qui se mirent à la caresser étaient les bienvenues. Après plusieurs minutes à caresser son sexe, l'homme la fit doucement basculer sur le ventre. Il suivi le mouvement en se couchant sur elle, appuyant une partie de son poids sur ses bras. Le sourire aux lèvres, Aramis sentit qu'une main venait doucement écarter une de ses fesses et, lentement, quelque chose fit pression à l'entrée de son intimité.

Une délicieuse sensation lui parcouru le corps alors que, pour la première fois en plus de six ans, un membre viril la pénétrait. Dur et énorme, et long, long… étaient les seuls mots flottant dans son esprit. Comme elle avait oublié le plaisir d'être emplie! Que c'était bon d'avoir la verge d'un homme entre ses cuisses! Totalement soumise et toujours un peu perdue dans ses brumes, Aramis s'abandonna au plaisir de la chair qu'elle se refusait depuis si longtemps.

De son côté, Athos ne desserrait pas les dents. Son pénis engorgé venait de pénétrer la chatte chaude et humide de sa partenaire et, perdu dans les sensations, le mousquetaire n'avait plus d'idées cohérentes. Doucement, il se logea au fond de cette merveilleuse cavité et s'immobilisa quelques secondes pour reprendre ses esprits. Qu'elle était serrée autour de lui! Et si mouillée! Au dessus d'elle, il ouvrit un peu plus les yeux pour l'observer. Dans les pénombres, il ne distinguait pas son visage tourné vers le mur, mais ses longs cheveux blonds s'étalaient en une magnifique cascade sur l'oreiller. Athos ne choisissait pas de femme blonde d'habitude. Pourquoi ce choix, ce soir? Il ne s'attarda pas longtemps sur la question, l'appel de la chair pressée autour de lui étant trop fort. Il commença à ce mouvoir à l'intérieur d'elle. Un mouvement lent de va-et-vient qui leur envoya à tous les deux de belles sensations. Athos se coucha sur le dos de sa partenaire et enfouit son visage dans ses doux cheveux. Cette odeur de vanille, elle évoquait des émotions familières…

Athos baisait doucement la pute. Elle était bonne, il devait l'admettre. Même endormie, elle lui donnait du plaisir. Une image d'une autre pute lisant un livre au côté d'un Porthos épuisé ronflant à ses côtés lui revient en mémoire. Un petit rire s'échappa de ses lèvres. Tout en continuant sa pénétration, Athos laissait son esprit vagabonder. Les yeux fermés pour mieux apprécier chaque sensation, il revit sa première baise avec la pute de Madame Maxime. Une petite vite bien agréable! Il repensa à Aramis et à son malaise lorsqu'il s'était affalé sur son lit pour lui offrir à boire. Le sourire aux lèvres et la queue bien au chaud, il se força à revenir au présent et ouvrit légèrement les yeux pour mieux apprécier le spectacle. Il se releva sans cesser ses mouvements et, presque à genoux, observa l'action. Il aimait regarder son sexe entrer dans le corps d'une femme et profita de la vue pendant quelques minutes. La jouvencelle, toujours passive, soupirait de plaisir lorsque, pour nuancer le rythme, Athos donnait un coup plus rapide ou plus profond que les autres.

Son regard fut attiré par son chapeau de mousquetaire, au sol. La lumière qui passait légèrement par les rideaux venait éclairer la chambre et les objets qui s'y trouvaient. Tout en continuant à savourer sa baise, Athos portait son regard distrait sur ce qu'il voyait. Dans un coin de son esprit, quelque chose le titillait. Son instinct, bien qu'engourdi par la grande quantité d'alcool absorbée, lui disait qu'un élément clochait. Un peu vexé que ses pensées le détourne de ce qu'il faisait, il repoussa celles-ci et, des deux mains, agrippa les hanches de la pute. Athos fixa son regard devant lui tout en augmentant un peu le rythme de sa pénétration. Il avait envie de la faire mettre à quatre pattes, mais avant, il voulait lu retirer sa chemise. Il prit celle-ci et la fit glisser sur son dos, vers la tête. Toujours couchée sur le lit, la femme du relever un peu le torse et étirer les bras pour se débarrasser du vêtement. Complètement nue, elle se remit dans la même position, couchée sur le ventre, le bras gauche le long de son corps, la main droite au niveau du visage qu'elle gardait tourné vers le mur. Caressant son dos, Athos passa une main sous elle et lui attrapa un sein qu'il se mit à pétrir amoureusement.

Soudain, Athos arrêta tous ses mouvements. Son sexe toujours enfouie entre les fesses de la femme, son poids supporté par un bras et une main sur un sein, il ne bougeait plus. Les yeux écarquillés, il regardait la pile de vêtements empilés sur la chaise, à côté du lit. L'homme eut l'impression que même son cœur s'arrêtait de battre. Lentement, il dirigea son regard sur cette abondante chevelure blonde qu'il avait trouvée si belle. Blonde. La femme qu'il avait payé, la pute de Maxime était brune, presque noire. Il ne prenait jamais de blonde. Jamais.

Toujours immobile, il fit le tour de la pièce des yeux. Là, cette épée? Cette épée n'était pas la sienne. Cette épée, ces vêtements, ce chapeau bleu, il les connaissait très bien. Aramis. C'était ses affaires. Il se trouvait encore dans la chambre d'Aramis! Sa pute à lui était-elle revenue? Elle n'était pourtant pas blonde. Qu'est-ce qui… Mais… Cette cicatrice! Cette cicatrice au bras qu'il effleurait distraitement du pouce. Cette cicatrice qu'il n'avait jamais vue de ses yeux mais qui, sans équivoque, évoquait la prise de Belle-Ile...

Le souffle court, Athos enleva la main du sein de la femme et, doucement, l'approcha du visage de celle-ci. Son cerveau tournant à vive allure, son esprit tentait de comprendre ce que ses yeux voyaient. Repoussant quelques mèches blondes de son front et plissant les yeux dans la pénombre, Athos regarda le profil de la femme qu'il était en train de baiser.

Aramis.

Non. Ce n'était pas possible. Il était en plein rêve. Pourtant, tout son corps était en alerte et sa tête, bien qu'engourdie quelques minutes plus tôt, semblait tout à fait réveillée maintenant. Toujours perché sur elle, Athos observait ce visage qu'il pensait connaitre. Aramis. C'était bien ses traits qu'il voyait. Ces traits si fins, si doux, cette peau imberbe qui lui valait souvent de méchantes remarques. Une femme. Aramis. Son ami. Son compagnon. Ce jeune homme qu'il protégeait comme un petit frère et avec qui il avait vécu tant de chose. Une femme? Non. Ce n'était pas possible. Pourtant, il avait la preuve devant lui. Ses mains ne le trompaient pas. Il n'y avait aucun doute.

Doucement, il se releva et retira son membre. Il fut surpris de constater que celui-ci était toujours aussi dur et prêt à l'action. Sans dire un mot, Athos restait sans bouger, à genoux entre les jambes de cette… cette créature. Au plus profond de lui, un cri de rage montait. Comment avait-il pu le trahir ainsi? Comment cette… cette femme avait-elle pu se jouer de lui pendant toutes ces années? Six ans. Six ans à côtoyer quelqu'un sans vraiment le connaitre! De son passé, une ancienne blessure refaisait surface. Cette horrible douleur qu'il avait fuit, dix ans plus tôt, cette trahison infâme qui l'avait presque détruit remontait en lui. Fixant toujours Aramis des yeux, son visage se durcit. À ce moment, toujours étendu sous lui, la jeune femme eut un petit gémissement déçu. Il ne la touchait plus depuis quelques minutes déjà et, même si elle ne s'était pas encore réveillée, son corps en redemandait.

Aidé par les flots d'alcool et engourdi par la stupéfaction, la colère sourde qui s'était emparée d'Athos lui remplit le cœur et l'esprit. Sans réfléchir, il se pencha vers Aramis et, de ses mains habiles, la fit se retourner sur le dos. Les yeux toujours fermés, elle était maintenant toute offerte à lui. Ses seins magnifiques pointaient, fermes et ronds. Son ventre plat, ses hanches fines mais infiniment féminines le narguaient. Et son sexe. Athos écarta les jambes d'Aramis et s'assit entre elles. Il ne pouvait détacher son regard de cet entrejambe. Le poil blond qui le recouvrait, sa forme élégante, l'humidité qui y perlait. Son membre toujours en érection, Athos agrippa les jambes de la jeune mousquetaire et l'approcha lentement de lui. Il lui releva le bassin afin de bien se positionner et plaça sa verge à son entrée. Il la regarde alors. Son visage angélique, ses cheveux soyeux. Comment avait-il pu penser qu'elle était un homme? Comme il avait été dupe. Comme il avait été idiot! Encore une fois, il avait cru ce que son cœur voulait croire et non ce que sa tête ou ses yeux lui disait. Une expression résolue sur le visage, il la pénétra à nouveau.

Cette fois, pas de douceur dans son mouvement. Sa rage, sa douleur, sa colère se traduisaient dans son membre. Entrer en elle fut facile, elle était si humide. Mais, cette fois, il alla jusqu'au fond et lui donna un coup puissant qui lui fit ouvrir les yeux. Sa bouche format un 'O' de surprise et ses yeux bleus, ses immenses yeux bleus se fixèrent au plafond avant de trouver son visage.

Athos n'attendit pas qu'elle réagisse ou qu'elle le reconnaisse. Il la pénétra encore et encore. Penché sur elle, les deux mains de chaque côté de sa tête, il fixa sur Aramis ses yeux intenses de colère et se mit à la baiser violement. Un va-et-vient rapide et fort qui arracha des cris à la jeune femme, abasourdie. Elle non plus ne pouvait détacher son regard de son compagnon. Il ne savait que lire dans ses yeux à elle, de l'étonnement surtout. Mais elle, ce qu'elle voyait dans ses yeux à lui la terrifiait. Il la détestait! Mon Dieux, Athos!