J'ai l'honneur(?) de vous présenter mon bébé, mon beau chapitre 2 pondu avec amour en un peu plus de deux heures! Il parlera surtout de la famille et l'enfance d'Edward, avec une petite conclusion plus théorique sur l'alchimie. J'espère qu'il vous plaira! Merci en passant à Lizbeth pour son commentaire!
"La Magie est unique, mais divers moyens permettent de l'utiliser. Certains utilisent une baguette de bois, d'autres leur seul regard. Par exemple, les sorciers de terre lient leurs charmes à des amulettes de bois et peuvent les activer grâce à leur sang. Il est prouvé que le bois est un excellent conducteur de Magie. Voilà pourquoi il est déconseillé de préparer ses potions à l'aide d'une cuillère en bois sous peine de déclencher une catastrophe..."
Extrait des "Chroniques de la Magie"
Chapitre 2: Bizarreries d'Edward Elric
Edward passa toute l'heure de pause avec Harry et lui expliqua tout ce qu'il savait sur les homonculus et les néphilims. Ce fut...très dur. Harry, bien que sorcier, ignorait tout de son propre monde. C'était désolant. Or Edward avait un esprit de prof et s'accommodait facilement de l'ignorance de son "élève". C'était une manière pour lui de démontrer qu'il n'était pas un incapable, malgré ce que les autres races pensaient des alchimistes. Il se garda tout de même de mentionner l'homonculus créé par son père Hohenheim quelques siècles auparavant alors qu'il tentait de ramener son premier fils à la vie. Oui, vous avez bien lu.
Hohenheim, Van de son prénom, était un des disciples de Nicolas Flamel qui l'avait jugé digne de connaitre le secret de l'immortalité et d'en faire profiter sa femme et son deuxième fils, celui qui n'était pas réduit à un corps sans âme. Edward avait refusé ce don. D'une part, il voulait rester le plus humain possible, d'autre part, tant qu'à posséder l'immortalité, autant l'obtenir par ses propres moyens. Car après tout, le but des alchimistes n'était-il pas de fabriquer la Pierre philosophale?
Pour se faire, pour profiter d'une bibliothèque bien fournie et de professeurs compétents, il avait décidé de venir dans cette école en ignorant difficilement les commentaires sarcastiques de son demi-frère Envy (l'homonculus. Vous suivez?). Ce dernier était resté à la maison avec Hohenheim et Trisha, sa femme, qui allaient aisément sur leurs quatre-cents ans. Il se sentait un peu à l'écart, mais son honneur l'empêchait de rentrer à la maison la queue entre les jambes pour quémander la recette de la Pierre du sorcier à son père. Envy l'inonderait de quolibets pendant au moins cinq siècles.
Plutôt mourir que périr.
Vivre avec un homonculus pouvait paraitre cool, mais en vérité, c'était surtout très chiant, parce que ledit homonculus pouvait se transformer en n'importe quoi et était prêt à tout pour faire de votre vie un enfer. En se faisant passer pour votre petite amie, par exemple.
Edward rougit brusquement en se souvenant de cela.
La cloche l'invita à abandonner Harry pour aller à son cours de chimie. Le brun fut rejoint par une fille rousse disant s'appeler Alice Dean. Elle dévorait quasiment le sorcier de ses yeux verts pétillants et Edward se demanda s'il ne devait pas rappeler à son ami quels pouvoirs possédaient les ensorceleuses. Histoire d'éviter d'être envoûté bêtement, quoi. Lorsqu'Edward se présenta sommairement à la jeune fille, cette dernière le dévisagea avec le regard dédaigneux habituel qu'avaient les créatures magiques pour les alchimistes. Le blondinet répliqua par une œillade sombre et se détourna d'Harry, le laissant seul avec son...amie.
Il se dirigea lentement vers le laboratoire de sciences et se retrouva seul dans un couloir, les autres premières années désirant profiter un maximum du soleil si rare dans cette région. Une silhouette sombre se cachait dans un recoin, l'observant comme s'il envisageait sérieusement de lui arracher la tête pour en faire un trophée de chasse. L'alchimiste eut un frisson et se hâta de pénétrer dans la salle blanche décorée de posters sur la physique quantique.
Il avait eu le temps de reconnaitre l'homme. C'était Mr Kerr, le concierge. Son père ne lui en avait pas parlé et Edward ne savait presque rien à son sujet, si ce n'était son nom. Il ressemblait à un homme vieilli prématurément, à la peau flasque et pâle encadrant des yeux délavés de couleur indéfinissable. Ses cheveux étaient mi-longs, gris, crasseux et pendaient dans son dos comme des queues de rats. En tout cas, il n'était pas pressé de le voir de nouveau. Il sursauta à l'arrivée de son professeur et de son groupe de chimie. Il prit place et écouta attentivement l'exposé de l'enseignant, une partie de son esprit restant constamment concentrée sur cet affreux bonhomme.
Il avait l'habitude des regards dégoûtés ou méprisants à l'encontre de sa "race". De plus, il était le seul alchimiste de l'école. Et même le seul à des kilomètres. Pourquoi les autres étaient-ils aussi condescendants à leur égard?
Pour expliquer cela il fallait remonter loin en arrière. C'était les alchimistes qui avaient créés les premiers homonculus, considérés à l'époque comme des monstres même parmi les créatures magiques à cause des meurtres perpétrés par ces pauvres êtres désorientés. Il y avait eu de nombreux procès impliquant des alchimistes, surtout au Moyen-âge et pendant le règne de Louis XIV, lors de la scandaleuse Affaire des Poisons. Pour le reste de la communauté magique, les alchimistes n'étaient que des moldus ayant usurpé les connaissances de métamorphose des sorciers. Leurs pouvoirs étaient plus faibles que ces derniers et on les considérait comme des voleurs de Magie. Quand il était plus jeune, son grand frère avait dû de nombreuses fois le protéger face aux autres enfants qui profitaient de son âge pour lui lancer impunément des pierres au visage. Envy s'était fait une drôle de réputation qu'il s'efforçait de détruire en maltraitant Edward.
Seuls les rares créatures magiques qui, comme Harry, n'étaient pas très au fait de leur propre monde les acceptaient comme les leurs. Les autres allaient de l'indifférence à la haine pure. Le concierge était un de ceux-là...
A la fin des expériences de chimie, il rejoignit le groupe d'astronomie et passa une heure à observer les étoiles dans un planétarium sombre tout en dressant une carte du ciel. Son père avait insisté pour qu'il prenne ce cours, bien qu'il ignorât pourquoi.
Harry lui avait gardé une place à la cafétéria, ce dont il lui fut reconnaissant car elle était déjà bondée. Alice faisait face au brun et pinça un peu les lèvres en le voyant approcher. C'était toujours mieux qu'une insulte. Edward mangea en silence, car le pauvre sorcier était contraint de discuter avec l'ensorceleuse babillante. Harry parla un peu de sa famille. Il habitait à Godric's Hollow avec son père James et sa mère Lily. Il leur montra même une photo représentant un homme brun à l'aspect décoiffé et une jolie rousse aux yeux verts, dix fois plus belle qu'Alice, qui s'extasiait bruyamment sur la beauté de Lily.
"Ben tiens" pensa Edward.
-Moi, je vis à Pendle avec ma tante Lizzie depuis la mort de mes parents, expliqua Alice. C'est elle qui m'a appris tout ce que je sais sur la Magie. Elle n'est pas très sympathique, mais elle est bon professeur. Et toi Edward?
Interloqué, ce dernier avala de travers. Alice devait vraiment tenir à Harry pour avoir une politesse pareille à son encontre! Il prit un peu d'eau que lui offrait Harry pour dégager sa gorge. Il sortit la photo de sa famille de son portefeuille.
-La femme brune aux yeux bleus, c'est ma mère, Trisha, une sorcière. Le grand blond c'est mon père Van Hohenheim, un alchimiste disciple de Nicolas Flamel. Le type à face de palmier, c'est le sel de ma vie, Envy. Un homonculus créé par mon père à la mort de mon frère aîné. Ce qui fait de lui mon demi-frère démoniaque. On vit dans un village perdu au milieu de la campagne anglaise, entourés de moutons et de champs...
-Ils ont l'air sympa, commenta Harry avec gentillesse. Ton frère a l'air un peu...
-Maléfique? C'est le cas. Il mettait du piment rouge dans mon biberon.
-Wow! s'exclama Alice. A ce point?
-Hé oui...
-C'est quand-même bien d'avoir un frère...déclara Harry d'un air rêveur.
-Pas toujours.
Le reste de la journée se passa de cours. En effet, la répartition des dortoirs commença dès la fin de la pause de midi. Edward et Harry se mirent ensemble, vu qu'ils ne connaissaient personne d'autre. Alice alla chez une de ses amies, une vampire du nom d'Ivy Tamwood, une belle jeune femme aux longs cheveux noirs et raides. Edward la trouva un peu effrayante.
Ils allèrent chercher leurs bagages au gymnase et emménagèrent dans leur nouvelle chambre. C'était une pièce confortable, peinte en blanc et présentant deux panneaux en liège pour accrocher des photos ou des posters sur les murs. Les lits étaient situés de part et d'autre de la fenêtre qui donnait sur le parc du lycée. Deux petits bureaux semblaient n'attendre qu'eux et leurs devoirs et un lavabo ornait un coin. Les douches étaient dans le couloir et étaient accessibles pour tous les élèves à partir de dix-sept heures jusqu'à vingt et une heures, celle du couvre-feu. Une baignoire était également disponible, mais ne devait pas être utilisée souvent au vu du manque flagrant d'intimité qu'elle offrait. La déco d'Harry cadrait avec le personnage, simple, discrète, mais efficace. Un album de photos de ses parents et de ses amis du collège fut le premier à sortir de son sac et prit place sur la table de nuit et un balai magique -un vrai Eclair de Feu!- s'auto invita dans l'armoire sans demander l'avis de personne. Une statuette de dragon miniature et une balle dorée dotée d'ailes jaillirent du fin fond des affaires du sorcier pour entamer une course-poursuite dans la chambre.
-J'adore la Magie...commenta Edward.
Lui, ses affaires ne bougeaient pas toutes seules... Il sortit son manteau rouge, ses deux uniformes de rechange et ses fringues noires en cuir pour le week-end et les rangea dans l'armoire en évitant les coups de balai qui en résultèrent. Il posa sa montre d'argent sur sa table de nuit et installa ses propres photos sur le mur. Il sortit aussi de son sac les gants alchimiques Spécial Feu offerts par un oncle quelque peu dingue, son masque chinois porte-bonheur et son panda de dix centimètres de haut en peluche, cadeau d'une amie retournée depuis longtemps dans son pays natal. Envy avait dû le glisser dans son sac pour se moquer de lui.
Sale type.
Il termina le grand déballage avec une montagne de livres d'alchimie qu'il lâcha comme une bombe sur son bureau, qui gémit sous leur poids. Harry le regardait bouche bée.
-Ben quoi?
-Non, rien... Elle est cool, ta montre à gousset. C'est du vrai argent?
-Ouais. Tu me montreras comment marche ton balai?
-Promis, ce week-end s'il fait beau.
Un silence gêné s'installa.
-Et si tu m'expliquais un peu l'alchimie? Non, parce que je sais que ça a un rapport avec la Magie, mais je ne sais pas quelle est la différence entre les deux...proposa Harry après un moment. David Eliot du cours de Sortilèges a essayé de m'expliquer, mais il n'était pas sûr de lui, alors ça irait mieux avec un véritable alchimiste...
Edward se leva et attrapa un de ses livres. La couverture était assez abîmée, preuve qu'on s'en était servi souvent, mais la reliure tenait encore. Et tant que ce serait le cas, Ed n'en achèterait pas d'autre. On est radin ou on ne l'est pas.
-L'alchimie repose sur le principe de l'échange équivalent. C'est-à-dire que tu dois sacrifier quelque chose pour obtenir une chose de même valeur. La Magie permet de faire apparaitre n'importe quoi uniquement en sacrifiant de l'énergie alors que l'alchimie utilise la matière en plus de ça. On peut comparer les formules magiques aux cercles de transmutation, qui contiennent en eux les informations quant à la transmutation qu'on souhaite effectuer.
Harry semblait légèrement à côté de la plaque.
-Heu...
-La forme ronde du cercle représente le cycle de toute chose tandis que les symboles sont une formule de construction qui lui procurent une grande puissance.
-Heuuuu...
-...Formule=plan d'architecte. Ca te va, maintenant?
-Ah, d'accord! Mais pour le cercle...
-Le cercle est une forme parfaite, il représente l'équilibre. Il est indispensable pour transmuter quelque chose. Point barre.
-Tu me montres?
Ed soupira et piocha une craie dans sa poche. Il dessina un cercle sur une feuille de papier, puis d'autres figures géométriques à l'intérieur.
-Voilà mon cercle. Comme matière première je vais utiliser cette autre feuille...(Ed posa une page quadrillée sur le dessin) Il ne me reste plus qu'à apporter de l'énergie entre le cercle et moi.
-C'est quoi comme énergie?
-L'énergie mécanique produite par le mouvement des plaques tectoniques. Cela représente une force colossale.
Edward posa ses deux mains à plat sur le dessin. Aussitôt, un flash de lumière bleue tout droit sortie de l'espace entre la feuille et les doigts de l'alchimiste envahit la pièce, aveuglant le sorcier. Lorsqu'il put rouvrir les yeux, il s'aperçut que la deuxième feuille de papier s'était pliée d'elle-même pour former une grue en origami.
-Wouaaaaah! C'est excellent! Tu me l'apprends?
-Désolé, ça ne marche qu'avec les alchimistes. Et puis, les sorciers aussi savent le faire.
-Mais pas sans baguette...ronchonna Harry.
-Hé bien, nous, nous avons besoin d'un cercle. Enfin, je pourrais m'en passer, mais...
-Vraiment?
-Oui, regarde.
Ed claqua dans ses mains et les posa sur la grue. La lumière bleue réapparut pour laisser derrière elle une feuille intacte, comme si on ne l'avait jamais pliée.
-Comment tu as fait ça? Sans cercle je veux dire?
Edward se rembrunit.
-C'est à cause de mon père. Les alchimistes dépendent de ce qu'on appelle la Porte de la Vérité. C'est la porte qui renferme tous les secrets de la vie, de l'univers. Ceux qui voient ce qu'elle contient et pratiquent l'alchimie deviennent eux-mêmes la formule de construction. Ils forment le cercle en claquant dans les mains et peuvent transmuter plus rapidement. On ne voit cette Porte qu'en faisant une transmutation humaine, ce que mon père a fait pour ramener mon frère à la vie. J'imagine que ce don s'est transmis...
-C'est géant!
-Sauf que c'est un peu mal vu, mais bon. Après tout, personne n'est censé ramener quelqu'un à la vie. Une fois qu'on est mort, on le reste.
-Mais alors, ton frère...?
-Ce n'est plus lui. C'est un homonculus, un être sans âme. Il a les souvenirs de mon frère, peut prendre son apparence même s'il l'évite autant que possible, mais ce n'est pas lui. Mon frère est définitivement mort. Même si Envy avait une âme, il ne serait pas lui. Mais je n'ai jamais connu mon vrai frère, alors je n'ai pas l'impression de vivre avec un étranger. Aussi bizarre et méchant qu'il puisse paraitre, c'est mon frère.
-...
-Quoi? Tu as un problème?
-Non, je me demandais juste...qui a bien pu ramener Rosie à la vie!?
To be continued...
Vous remarquerez, chers lecteurs, que ce chapitre est plus long que le précédent!
(Et encore plus riche en clins d'œil)
Les avez-vous tous retrouvés?
Quoiqu'il en soit, j'espère que ce chapitre 2 vous a plu et vous invite à laisser des commentaires.
(Oui oui, Sara, même toi! non, surtout toi, en fait!)
