Bonjour et joyeuse fête! Pour célébrer les congés, voici un nouveau chapitre. Il prend place avant Noël (dans le livre) donc un peu avant que Luna se fasse enlever par les mangemorts et l'émission de Potterveille devrait être une de celles que Ron a écoutées avec Charlie dans la chaumière aux coquillages.

Ps : je me suis dit que Fred et George animaient toujours avec leurs BFF Lee, mais qu'ils changeaient de noms parce qu'ils n'arrivaient pas à en choisir un qui en « jette » assez (ça pourrait expliquer le pourquoi Fred rouspète sur son nom dans le livre).

Bonne lecture

-Merci cher Royal, Romulus, Roche et Rocking chair. Voilà que nous arrivons à la fin de cette émission de Potterveille. Comme d'habitude, nous ne savons pas quand nous pourrons à nouveau émettre. Continuer à chercher la fréquence, le prochain mot de passe sera Albus. Protégez-vous les uns les autres et gardez confiance. Si nous n'émettons pas d'ici à Noël, je vous souhaite à tous joyeux Noël et pour vous faire plaisir, je vous mets un peu de musique pour vous remonter le moral.

Et Lee mit un grand disque de vinyle. Les premières notes d'une musique douce et enveloppante s'envolèrent.

George vu du coin de l'œil son jumeau ticker : « Tu n'avais rien de mieux qu'une valse à mettre? »

-Hé! C'est le seul vinyle que j'ai trouvé!

-Les Biz siester's aurait été plus approprié…

-Voyons Fred respecte les classiques, j'aime beaucoup cette chanson, intervint Lupin

-Oui moi aussi, approuva Kingsley

Les autres continuaient de débattre sur la pertinence de la chanson, mais George ne les écoutait plus. Son cœur avait raté un battement, il reconnaissait cette musique. Il avait dansé dessus. Pendant un court instant, il eut l'impression de voyager dans le passé et de se retrouver à nouveau au début de l'été dans cette robe de sorcier encombrante, sous le chapiteau au milieu de la piste de danse avec une jolie blonde souriant rêveusement. Il revivait avec une précision infaillible ce moment, l'arche dorée, les serveurs, les cheveux de Luna qui frémissait sous le vent. Il se sentait serein et se surprit à se dire que c'était le bon vieux temps. George fronça les sourcils et secoua la tête, ce n'était pas le temps de penser à « ça ». Il était en guerre et « ça » n'avait pas sa place. Même s'il n'était pas tout à fait sûr lui-même de savoir ce que ce « ça » signifiait. Il préféra penser à autre chose, il se demanda si Harry avait entendu l'émission, s'il l'avait trouvé amusante. Mais ses pensées étaient traitresses et il se mit à se demander si Luna avait entendu l'émission et si elle avait reconnu la chanson. Il se demanda lui-même comment il avait fait pour reconnaitre cette musique. C'était une valse des plus ordinaires comme toute celle qui avait joué au mariage et il doutait qu'il se souvienne d'une autre d'entre elles. Hors cette valse, il se rendait compte qu'il s'en rappelait chaque note. Il revit sa mère, le noël dernier, les yeux en larme comme chaque Noël depuis aussi loin qu'il se souvienne, écouter la voix dégoulinante de Celestina Moldubec qui interprétait un chaudron plein de passion. La chanson de ses parents. Celle sur laquelle, ils dansaient quand ils avaient dix-huit ans. Il se demanda si un jour ce serait lui qui serait devant ses enfants ému par cette vieille valse démodée… Mais il se perdait. Il fronça les sourcils. C'était quoi cette idée stupide qui venait de lui traverser l'esprit? Il tourna la tête vers les autres. Visiblement, il n'était pas le seul à avoir associé la valse au mariage, car le sujet de la conversation avait dévié. Lupin, Fred et Lee décrivaient maintenant en détail le mariage de Bill et Fleur à Kingsley qui n'y avait pas assisté. Il se concentra là-dessus, ajoutant quelques détails ici et là. Fred mentionna les jolies filles et bang, il se revit baisser la tête vers un visage paisible... Il secoua la tête. Lee avait approuvé et racontait que Victor Krum lui avait demandé s'il était le « grand type costaud et jaloux » qui sortait avec Ginny. Attend quoi? Fred riait tellement qu'il se tenait les côtes, lui-même se retenait pour ne pas rire. D'où, Krum avait pu sortir ça? Le Bulgare était vraiment plus désaxé qu'il le croyait. Il fallait être complètement fou pour croire ça.

-C'est ce qui arrive quand on reçoit trop de cognard sur la tête, s'exclama Fred

-Et qu'est-ce que tu lui as répondu? Questionna George

-J'ai dit que c'était moi, bien sûr! Souria Lee

De nouveau, il fut pris d'une crise de rire.

-Il t'a cru? Questionna son jumeau

Lee esquissa. George remarqua que Lupin avait aussi un sourire aux lèvres.

-Il faut vraiment que Krum soit fou pour te trouver costaud, taquina Fred

Lee poussa une exclamation indigner tandis que George renchérissait : « il faut s'être fait bouffer le cerveau par un Joncheruine! »

Un nouveau flash lui vint, il revit la jeune fille qui dansait seule les mains par-dessus la tête, amusante, loufoque, adorable. Fred et Lee avaient éclaté de rire tandis que Lupin et Kingsley leur demandaient ce qu'était un Joncheruine. La conversation continua, mais les accords que George reconnu comme étant les derniers de la valse attira son attention. Comme quand on n'arrête pas d'étirer les minutes pour éviter de se lever, il fut tenté de replonger dans « ça ». Il se permit de s'imaginer, encore une fois, l'innocente jeune fille habitant de l'autre côté de la colline et qui serait chez elle pour Noël.

Neville, Ginny, Luna et tous les autres se trouvant dans la salle sur demande s'étaient amassés autour du radio écoutant Potterveille avec une attention quasi religieuse. Cette émission lui faisait du bien, comme à toutes les personnes présentes. Entendre des voix familières, c'était merveilleux!

Il y avait tout d'abord l'animateur, Lee Jordan. Personne ne doutait que si quelqu'un ayant été à Poudlard ces dernières années avait écouté l'émission, il aurait reconnu la voix du présentateur de Quidditch. Il y avait aussi la voix rassurante de l'ancien professeur de défense contre les forces du mal, Mr Lupin ainsi que la voix grave et tranquille d'un autre monsieur que Luna ne reconnaissait pas, mais que Ginny identifiait à un aurore du nom de Kingsley. Et bien évidemment, il y avait les voix des jumeaux Weasley. Tout le monde riait durant leurs chroniques. Ils étaient faciles à reconnaitre même si à chaque émission, ils changeaient de nom. On aurait dit que les jumeaux n'arrivaient pas à trouver un surnom à leurs gouts et c'était amusant de tenter de prédire sur quel nom, ils allaient être présentés la prochaine fois. C'était une sorte de jeu dans la salle sur demande et tout le monde était très sérieux là-dessus. Parvati utilisait même ses cartes de tarot et la lecture des feuilles de thé. Quoique Ginny lui est confié qu'elle l'a soupçonnait de tenter d'impressionner le professeur Firenze. L'ancien commentateur de Quidditch terminait de remercier ses collaborateurs.

Continuer à chercher la fréquence, le prochain mot de passe sera Albus. Protégez-vous les uns les autres et gardez confiance.

Déjà fini? Luna pencha la tête sur le côté, c'était dommage. Elle pouvait sentir de nouveau la peur et l'épuisement se propager dans la foule. Le radio continuait à crachoter doucement :

Si nous n'émettons pas d'ici à Noël, je vous souhaite à tous joyeux Noël et pour vous faire plaisir, je vous mets un peu de musique pour vous remonter le moral.

Luna pencha encore plus la tête, c'était nouveau. Curieuse, elle avança le torse vers la radio suivant le reste de la foule. Les premières notes de l'air les surprirent. Il y eut quelques reniflements dédaigneux de la part des garçons et plusieurs coups d'œil dérobé chez les filles. Luna sentit ses épaules se secouer. Elle se mit à rire, un rire aigu et fort. Cette chanson ou plutôt le souvenir qu'il évoquait la rendait heureuse, un bonheur pur. Son rire devait être contagieux, car les autres l'avaient rejoint. L'atmosphère s'était allégée et ça ne prit que quelques instants, pour que les garçons ravalent leurs dédains et que des couples se mettent à danser. Adosser contre un coffre, assise par terre en indien, Luna regardait les danseurs. Elle se sentait étonnamment apaisée. Même si sa joue avait un immense bleu et qu'elle avait reçu des coups dans les côtes, elle ne s'était jamais sentie aussi bien. Neville approcha d'elle et l'invita à danser, mais elle déclina de la tête. Cette musique représentait un moment unique et elle ne voulait pas en ternir le souvenir en dansant avec quelqu'un d'autre dessus. Neville haussa les épaules et Ginny passa à côté de lui bougeant les bras comme si elle avait un cavalier imaginaire. Neville sourit et fit de même. Luna attendrie se dit qu'elle avait vraiment des amis extraordinaires. Un sourire éclaira son visage et fermant les yeux, elle tenta de ressentir toutes les émotions qui l'habitaient comme si elle tentait de retrouver au réveil les fragments d'un rêve merveilleux. Cherchant de tout son corps, un souvenir précis. Il lui sembla pendant quelques secondes sentir qu'une chemise effleurait sa joue. Des bras fantômes caressèrent ses côtes et une odeur presque imperceptible de champagne lui chatouilla le nez. Elle tenta de plonger encore plus dans son souvenir restant parfaitement immobile. Comme ça, elle pouvait presque entendre le bruit apaisant d'un cœur qui avait battu, il y a de cela 4 mois sous un chapiteau ou alors, c'était son propre cœur qu'elle entendait? La mélodie continuait de l'envelopper et elle aurait souhaité que se soit de vrais bras qui l'enveloppe pour lui dire avec une voix familière qu'elle n'avait plus à avoir peur et que plus rien de mauvais n'allait arriver. Le sentiment d'apaisement qu'elle avait ressenti et avant celui-là de joie intense s'était mué en un sentiment de sureté. Elle se sentait protéger du monde extérieur. Une main se posant sur son épaule la fit sursauter.

-Luna, il faut que l'on retourne dans nos maisons, dit doucement Neville

Luna cligna des yeux, la pièce était presque vide. Seamus et Collins sortaient du tableau lançant de vagues au revoir tandis que Ginny les attendait sur le pas de la porte. Neville aida Luna à se remettre sur pieds. En traversant la salle, Luna tourna la tête vers le radio qui était fermé. Pourtant, la valse continuait de résonner dans ses oreilles. Ils quittèrent la salle sur demande. Ils devaient faire leurs bagages. Demain, ils allaient rentrer chez eux pour les vacances de Noël. En gambadant dans les couloirs, elle se demanda si elle pourrait voir George à Noël sans savoir qu'ils étaient deux à ce moment à faire ce souhait.