Le kiné

Percy attendait bien assit sur son siège en plastique, remuant sa jambe gauche démontrant clairement un stress assez inhabituel chez lui. Le brun regarda l'heure pour la énième fois en quelques minutes et soupira lorsqu'il remarqua que son médecin avait plus de trente minutes de retard. La porte du cabinet s'ouvrit finalement sur une adolescente souriante, même si son sourire avait surtout l'air de montrer une souffrance physique et psychologique dut à cette séance de torture qu'elle venait de subir. L'homme derrière elle ouvrit la porte en grand, essuyant ses énormes mains, ressemblant plus à des pattes d'ours qu'à des mains humaines soit-dit en passant, et fit un sourire terrifiant à Percy qui se demanda ce qu'il faisait là, et pourquoi il n'avait pas fuit depuis le temps.

« Monsieur Jackson. Ravis de vous voir ! Alors ça va être notre première séance ensemble, je propose qu'on se tutoie ça sera plus agréable, fit l'homme avec un clin d'œil qui tétanisa Percy.

- D'accord…

- Entre donc, déshabille-toi, j'arrive dans quelques minutes. Et garde ton caleçon jeune homme, rigola le kinésithérapeute de sa voix grasse. »

Percy acquiesça bêtement et passa devant lui pour entrer dans la pièce, priant pour qu'elle ait des fenêtres par lesquelles il pourrait s'enfuir. La douleur dans son dos lui rappela que même s'il avait pu, il ne pourrait s'enfuir tant qu'il ne serait pas guéri, et c'est avec angoisse et gêne qu'il s'installa sur le lit d'auscultation du médecin.

« Bien, fit l'homme en fermant la porte, le dossier de Percy en main. Je vois… Un sacré merdier ton accident. Bien, on va commencer doucement t'en pense quoi ?

- Je… C'est vous le pro.

- Tutut. Tutoies-moi enfin ! Alors, sur le ventre, les bras le long du corps, je vais te masser.

- Ah.

- Ah je suis pas aussi canon que les minettes avec qui tu dois t'amuser mais j'ai de l'expérience. »

Percy, encore plus mal à l'aise si c'était possible, ne répondit pas et fit ce qu'on lui avait demandé. Installé bien comme il faut, il attendit et sursauta lorsqu'une huile aux odeurs de lavande coula dans son dos.

« Moi, à ton âge j'étais en plein dans mes études tu sais, et chez les médecins, aïe aïe ! Les filles sont pas du tout complexées ! Ça couche à droite et à gauche, ça baise dans les placards, de quoi nous rendre fou, nous les mecs.

- Ok.

- T'es nageur toi ?

- Ouais.

- Y'en a beaucoup des minettes chez toi ?

- C'est une équipe masculine donc non.

- Ah, et entre gars vous… enfin tu vois ? ricana l'homme.

- Non je vois pas, fit Percy agacé.

- Oh mais si, dans les douches, les vestiaires… »

Le brun ne répondit pas, grimaçant lorsque l'homme appuya trop fort autour de sa colonne vertébrale.

« Bah alors tu réponds plus ?

- Vous me faites mal.

- Ah bah oui, c'est comme ça qu'on guéri. »

À deux doigts de se lever et de prendre ses affaires pour partir, Percy fut sauver par un coup de téléphone que le gros tas derrière lui prit sans même essuyer ses mains grasses d'huile. Profitant de son inattention, le jeune homme se releva en titubant, le dos douloureux et la colère le faisant voir trouble. Sans prendre le temps de s'habiller, il ouvrit la porte et partie pieds nues jusqu'à la salle d'attente où les personnes présentes le regardèrent avec des yeux écarquillés.

« Hey ! Gamin on a pas terminé ! s'écria le kinésithérapeute avec son téléphone en main.

- J'ai un rendez-vous.

- Mais…

- Au revoir, claqua Percy en enfilant son t-shirt. »

Le garçon partie du cabinet sans attendre de réponse et marcha dans New York jusqu'à chez lui, priant pour que ses parents soient absents et surtout pour que Clarisse ne le voit pas. Il salua Argos qui haussa un sourcil curieux de le voir là si tôt et entreprit de monter dans sa chambre sans demander son reste. La porte de ladite chambre s'ouvrit sur ses deux cousins une heure plus tard, Nico avec son téléphone, écran dos à lui, dans sa main tendu vers Percy.

« Quoi ?

- Une nana a publié sur les réseaux sociaux qu'elle était chez son kiné, que tu es sortie de la salle à moitié nu et que tu es partie super énervé. Les médias sont déjà sur le coup, j'espère que tu as une bonne assurance santé parce que Clarisse va t'étriper.

- Il est dégueux, j'y retournerais pas.

- On verra pour en trouver un mieux, soupira Jason en se laissant tomber aux côtés de Percy. Et le réaménagement du Complexe ça avance ?

- Ma mère à trouvé un architecte je crois. Et Will va bosser avec lui.

- C'est une bonne chose.

- J'espère juste qu'il sera sympa, dit Percy. J'ai ma dose de crétins.

- Dis pas ça, Léo est notre ami, répliqua Nico.

- Hein ? fit Percy avant d'éclater de rire. Je parlais pas de lui.

- T'es vraiment un monstre, rigola Jason.

- La faute à qui ?

- Je suis désolé ! se défendit Percy en levant les mains devant lui en signe de rédemption. »

Les trois garçons se moquèrent gentiment des uns et des autres encore un moment jusqu'au claquement de la porte d'entrée qui n'annonçait rien qui vaille.

« JACKSON !

- Clarisse, souffla Jason.

- Oh oh.

- Me laissez pas ! supplia Percy.

- Bye Perce !

- Jason !

- On se revoit en enfer Percy, sourit Nico en suivant Jason.

- Nico ! Revenez !

- JACKSON DESCEND TOUT DE SUITE ! »

Percy ferma les yeux et pria tous les dieux qu'il connaissait puis se leva avec difficultés et descendit les escaliers de sa mère avec une prudence exemplaire. Se retrouvant face à l'aura dévastatrice de sa manageur, le brun tenta un sourire.

« Salut Clarisse. Tu es ravissante aujourd'hui. »

Seul le bruit tonitruant de la baffe qu'il venait de se prendre lui répondit.