Qui a dit que l'on avait du temps pendant les vacances ? Wrong wrong wrong.
Désolée du retard, les préparatifs de l'année universitaire prennent du temps et de l'énergie, ainsi que les autres histoires et les déplacements à droite à gauche...
Donc, chapitre de transition, assez court, assez calme. Je crois ne rien avoir à dire de particulier sur celui-ci, à part que j'y ai tenu deux promesses. L'une concernant Bunny (pour ma soeur), l'autre les trottinettes (pour ma bêta).
Et il semblerait que le site désapprouve l'usage des points-virgule, juste en passant.
Merci encore à ma bêta. Et Réponse aux reviews anonymes à la fin ! (Oui, en edit, car je l'avais oublié la première foi, à ma grande honte. Mille excuses.)
Enjoy !
Extrait 3. Le Monde de Camila.
La chute avait été dure. Et inattendue.
- Aïe aïe aïe…
Un vilain bleu en plus, soupira Camila avec un soupçon de sarcasme, et une chemise de nuit de ruinée. Avec milles précautions, elle s'extirpa de l'amalgame de planches et de tôles dans lesquelles elle avait fait une descente accélérée. Mais heureusement, à part les quelques ecchymoses qui se faisaient sentir, elle semblait ne rien avoir. Une chance, la cape couplée au manteau que Bunny lui avait offert avait un peu amorti le choc. Elle regarda autour d'elle; c'était bien son Monde, elle était de retour. L'odeur des usines, les bruits de fond de pétarades des moteurs en tous genres… Une quinte de toux la prit au dépourvu et elle dût s'appuyer contre un mur de brique le temps que ça se calme. Ses poumons ne semblaient pas apprécier le changement d'air.
Un bruit et un juron à demi-étouffé attirèrent son attention derrière elle. Anne se relevait et regardait les alentours, sourcils froncés et nez plissé. Elle ne semblait pas avoir été trop amochée par la chute, si on exceptait une ecchymose qui s'assombrissait rapidement sur le coin de la mâchoire.
- C'est ton Monde ?
- Oui, répondit-elle en ajustant sa cape.
Anne leva les yeux et fixa le ciel gris sans rien dire, puis sortit des gravas. Sous sa cape de voyage, elle fouilla dans sa besace de cuir et sortit un objet soigneusement emballé. Dépliant le tissu, elle sortit un œuf vert peint de multiples symboles. Le chemin de retour vers son Monde, à ce qu'avait compris Camila. Anne laissa échapper un soupir de soulagement en le voyant intact, puis l'enveloppa à nouveau et le rangea à l'abri.
- Ca va Bunny ?…
Pas de réponse. Camila et Anne se tournèrent vers les gravas, inquiètes. Mince, elles ne l'auraient tout de même pas perdu en route ?
- Bunnymund ?…
Pour toute réponse, un juron et une planche ou deux qui glissèrent, ainsi qu'un « Crikey, mais où est-ce qu'on a atterri ? » qui résonna sous les tôles. Les deux jeunes femmes échangèrent un regard, à la fois rassurées et amusées, avant qu'Anne n'enjambe une planche pour aider son ami à sortir de là.
Camila lâcha un hoquet de stupeur.
Bunny émergea des gravas et sauta une tôle, renfrogné. Enfin, Bunny…
En peluche.
Celui-ci les regarda à tour de rôle, puis finit par déclarer :
- Oui, je sais. Je suis petit. Je suis mignon. Je suis pelucheux. Et vous avez envie de me caresser. Mais la première qui me gratouille derrière les oreilles aura de mes nouvelles.
Les yeux de Camila se remplissait d'émerveillement – et de cette étrange lueur prédatrice qui apparaît quand l'on se retrouve face à quelque chose de mignon que l'on veut absolument toucher – alors qu'Anne, remise de sa surprise, se mordait la lèvre inférieure pour s'empêcher de sourire un peu trop largement, et finit par tousser pour réprimer le fou-rire qui lui montait irrésistiblement à la gorge. Le Pooka la foudroya du regard avant de sauter à terre, initiative qu'il regretta immédiatement. Il avait atterri dans une des nombreuses flaques de boue mélangée à de l'huile de moteur qui parsemaient la ruelle non-pavée. Bunny jura entre ses dents serrées en agitant ses pattes tour à tour, espérant se débarrasser de cette mixture qui lui engluait la fourrure, mais à peine fit-il quelques bonds en avant qu'Anne l'attrapa doucement par la peau du cou pour le soulever et le poser sur une tôle, en hauteur. Ils échangèrent un regard, auquel Bunny grinça :
- Aucun commentaire, mate.
Elle sortit un mouchoir d'une poche de son manteau et le lui tendit. Il s'essuya consciencieusement les pattes puis hocha la tête et, sans attendre, Anne le jucha sur son épaule et rejoignit Camila qui avait calmé ses envies de caresses et de gratouilles.
xxx
Les guider vers son appartement n'avait pas été une mince affaire. Loin de là. Elle manqua de les perdre une bonne demi-douzaine de fois; Anne faillit se faire écraser par une ou deux voitures – ou peut-être quatre, Camila avait perdu le fil – et les regardait filer dans un concert de pétarades et d'injures comme si elles venaient d'une autre planète – ce qui était, à peu de choses près, le cas –; Bunny avait rapidement attiré l'attention des enfants et de la police également – maudite soit cette loi sur les nuisibles. Il finit par s'installer au fond de la capuche de la cape d'Anne pendant que Camila attrapait fermement la main de cette dernière et ne la lâcha plus pour minimiser les pertes. Peut-être, se dit-elle en laissant passer une trottinette à moteur, peut-être que nous arriverons chez moi en un seul morceau.
xxx
Anne n'avait pas dit un mot depuis le dîner. Tout ça à cause d'une assiette cassée. Et Bunny s'était mis à la diète à peine avait-il essayé de boire une gorgée d'eau.
Camila avait installé Anne dans une petite chambre qui ne servait presque jamais – sauf quand Luis lui rendait visite pendant quelques jours – après qu'elle l'eut aidée à faire la vaisselle. Elle jeta un regard aux débris de l'assiette dans la poubelle, puis remarqua Bunny du coin de l'œil qui se faufila dans la chambre d'Anne après avoir ouvert la porte en sautant après la poignée.
Camila posa son torchon et s'approcha en silence, curieuse.
Anne était assise au bord du lit, les coudes appuyés sur les genoux, et elle fixait sa main droite qu'elle ouvrait et refermait doucement. Bunny sauta sur le lit et posa une patte sur l'avant-bras de la jeune femme.
- C'est horrible, Bunny…, souffla-t-elle. Je ne sens rien. Strictement rien… Est-ce que tu t'es déjà retrouvé comme ça ?
- Quelque fois, répondit-il en toute honnêteté. Et en ce moment-même.
- J'ai l'impression d'être si… vulnérable… sans défense… Je suis totalement aveugle…
- Allez, pas la peine de te morfondre ! Tu retrouveras tes pouvoirs dès qu'on reviendra dans notre Monde. Tu te souviens ? Il y a un temps pour tout…
-… et chaque chose en son temps, acheva-t-elle en esquissant un sourire.
Elle tourna son regard vers lui et son sourire s'affirma un peu plus alors qu'il posait sa deuxième patte sur son avant-bras. Il lui rendit son sourire, ce qui faillit arracher un couinement à Camila qui essayait de ne pas respirer pour ne pas se trahir aux oreilles plus que sensibles du lapin.
- Tu me donnes vraiment envie de te caresser, lâcha finalement Anne avec une expression plus taquine.
- N'y pense même pas.
- Même moi ? demanda-t-elle d'une petite voix.
- Surtout toi, mate.
Elle laissa échapper quelques éclats de rire puis le prit dans ses mains en coupe pour le lever à la hauteur de son visage.
- Merci Bunny.
Elle l'embrassa sur le front et le posa sur le lit. Il ne revint à la réalité que quand Anne se racla la gorge, prête à se déshabiller pour enfiler les vêtements de nuit que Camila lui avait prêtés. Ce serait sûrement la dernière nuit décente pour une durée indéterminée, autant la passer dans les règles.
- Je… vais te laisser te changer, décréta Bunny en sautant au sol.
- Ce serait bien, oui.
Au prochain chapitre, ladies and gentlemen !
Réponse aux reviews anonymes :
Lucile Q : Encore une fois désolée de l'oubli. En tout cas, je suis contente que l'histoire te plaise ! En espérant que cet Extrait t'ai plu, et que le reste te plaira tout autant ! :3
