(Croyez-le ou non, cette fanfic était originellement un jeu vidéo fait par moi (voire une BD aussi.. xD))

Chapitre 2

Il fallut attendre que ses yeux s'habituent à l'obscurité de la pièce avant d'y voir quoi que ce soit. Sa tête lui faisait mal, il avait l'impression d'avoir reçu un violent coup sur le haut du crâne. Que s'était-il passé ? Il se redressa et vit Arthur encore à terre. Le sol était pavé de pierres froides et suintantes d'humidité. Aucune brise ne venait effleurer son visage, aucun bruit ne perturbait le silence. Ils n'étaient pas à l'extérieur. Il ignora l'oppressante sensation d'être observé et se rapprocha de l'Anglais. Où l'avait-il conduit, enfin ? Allongé sur le dos, il semblait avoir été assommé par le choc précédent. Les ténèbres voraces devenaient de plus en plus angoissantes et le silence affreux. Francis le saisit par le col et le secoua légèrement dans l'espoir de le réveiller. Mais le temps passait, et il restait toujours inconscient. Il n'abandonna pas pour autant et continua plus fort, quitte à ce qu'il soit déconcerté à son réveil.

« Me laisse pas seul ! »

Sa voix résonna à travers l'espace. Soudain Arthur ouvrit les yeux et une expression mécontente crispa ses traits.

« Lâche-moi crétin !

— Tu étais conscient ? s'étonna le Français en le lâchant.

— Non, mais pas mort pour autant » s'indigna-t-il.

Il vit à son tour la pénombre qui les entourait. Ses yeux examinèrent chaque recoin, chaque angle, chaque mur.

« On dirait une pièce carrée…

— Moi ce que je souhaiterais surtout savoir, c'est où tu nous as fourrés !

Je nous ai fourrés ? Tu plaisantes ! Qu'est-ce que c'était que cette invocation satanique ?

— Ne reporte pas la faute sur mon dos ! »

Se querellant durant quelques minutes encore, ils finirent par comprendre que se disputer ainsi ne les avancera pas.

« Bien, explique-moi pourquoi tu étais encore chez moi alors que tu m'avais dit que tu partais.

— J'ai été simplement curieux de voir ce que tu tramais toujours tout seul.

— Espèce de voyeur, tu m'espionnais !

— J'ai dit la vérité ! riposta-t-il, à toi de me donner des explications sur ce qui s'est passé. »

Arthur tiqua. Je ne peux pas lui révéler l'un de mes plus grands atouts ! Cherchant désespérément une réponse valable, il gagnait du temps. Comment expliquer une chose pareille ? Il sentit des sueurs froides l'accaparer lorsqu'il vit Francis s'impatienter.

« Je t'écoute.

— À vrai dire… hum… »

Il devait l'admettre : il avait l'air d'un enfant balbutiant sa poésie mal apprise. Un bruit mécanique trancha l'atmosphère, rapidement couvert par un désagréable grincement. Une faible lumière émana du fond d'un couloir illuminant un tant soit peu l'espace restreint où étaient emprisonnés les deux Nations. De forts barreaux sectionnaient leur vision : c'était une prison.

« Alors ? insistait le Français.

— Tais-toi… ! J'entends des pas. »

Effectivement, deux séries de pas se rapprochaient dangereusement. Arthur indiqua à Francis de se reculer et il s'exécuta non sans grogner vis-à-vis de cet ordre. Deux voix accompagnèrent les bruits d'intrusion, plaisantant entre elles, comme celles de deux anciens amis. Un second interrupteur fut enclenché, un soudain éclairage jaillit du plafond. Même à découvert, l'Anglais et le Français continuèrent leur ridicule camouflage. Bientôt, il n'y eut qu'une personne s'approchant, sans raison apparente. Qui était-ce ?

Un jeune homme au teint hâlé et aux cheveux bruns tenant une batte de baseball implantée de clous – rouillés pour certains, tordus pour la majorité – apparut dans leur champ de vision. N'ayant apparemment pas remarqué leur présence, il se tenait de dos. Il portait une épaisse veste de cuir à l'allure familière. Une mèche relevée dépassait de sa chevelure. Arthur écarquilla les yeux. Alors qu'il s'apprêtait à appeler d'une vive voix celui qu'il croyait être Alfred, Francis l'en empêcha en plaquant sa main contre sa bouche. L'appel devint alors un cri étouffé, ce qui ne lui valut pas de ne pas être entendu. Le jeune se retourna vers eux, et sourit lorsqu'il les vit reculés dans un coin de leur cellule. Édenté d'une dent, un sourire énergique et malicieux, l'absence de lunettes et les yeux issus d'un mélange cuivré et rosé : ce n'était définitivement pas Alfred.

« Relâche-moi, enfoiré ! s'écria Arthur en écartant la main du blond.

— Ravi de voir que vous n'êtes pas crevés, dit le pseudo Alfred.

— Qu'est-ce qui se passe ? Où sommes-nous ? Qui êtes-vous ? s'enquit Francis.

— Doucement les questions. D'abord, vous êtes ici parce qu'on vous a retrouvés éclatés sur le sol dehors. Vous aviez l'air louches tous les deux, alors on vous a cloîtré là. On ne veut prendre aucun risque.

— Qu'est-ce que c'est que cette organisation ? s'indigna Arthur. Nous ne sommes pas dangereux ! De quel droit tu nous as enfermés ?

— Bah, c'est comme ça que ça fonctionne par ici. Ça se voit que vous êtes des étrangers, et disons qu'il n'y a jamais de nouvelles têtes dans le coin. Pour ce qui est de mon identité, je m'appelle Allen.

— Amérique ? suggéra Francis.

— Ha, ouais.

— Mais… tu n'es pas Amérique, rétorqua Arthur.

— Ah oui ? s'étonna le prénommé Allen, et qui es-tu pour m'en persuader ?

— Je suis Angleterre. Je le saurais si tu étais qui tu dis être.

— Toi Angleterre ? ria-t-il. C'en est une bonne, celle-là ! Tu ne lui ressembles pas.

— Mais à qui veux-tu que je ressemble ? Je suis Angleterre ! Je suis Arthur !

— Arthur… ? Angleterre s'appelle Oliver, pour ta gouverne.

— C'est quoi , ça ? intervint Francis. C'est Arthur, je peux te l'assurer !

— Pff… vous commencez à me les briser, tous les deux. Matt, ramène-toi, qu'est-ce que tu fiches ? »

Sous la réclamation du dénommé Allen, un deuxième jeune homme apparut. Blond – bien qu'il ait quelques reflets plus sombres –, et vêtu d'une chemise de flanelle rouge, il arborait fièrement une paire de lunettes de soleil inutiles. Ses cheveux étaient attachés par un nœud lâche, et une mèche bouclée venait tomber vers son front.

« Dieu merci, Matthew ! s'écria Francis, sors-nous d'ici, ce type est complètement dingue !

— Y'a erreur, moi c'est Matt. », fit le concerné en relevant ses lunettes d'un doigt en appuyant sur une branche. Deux iris violacés en ressortirent, quelque peu cernés.

« Ces deux gars prétendent être Oliver et… toi, dit Allen en désignant le Français, qui prétends-tu être ?

— J'te parie dix dollars que lui dit vrai, dit le Canadien en pointant Arthur.

— Pari tenu.

— Je ne prétends rien ! Je suis Francis ! France !

— Curieux, commenta Matt. Francis dis-tu ? Ha, après tout, ça ressemble à François.

— Mais y'a jamais d'étrangers nulle part, on vous a jamais vus, de plus, vous prétendez être des personnes que vous n'êtes pas. Réfléchissez, il ne peut pas y avoir deux Angleterre.

— Heureusement, renchérit Francis, manquerait plus que ça.

— Garde tes commentaires ! », grogna le concerné.

Un claquement retentit.

« Vous êtes aussi pathétiques que Lutz…, soupira Allen.

— Fais attention à ce que tu dis, Allen, ou ce petit bijou pourrait rejoindre ton intérieur. »

Tous tournèrent la tête vers la source de cette interruption. Deux silhouettes bien reconnaissables s'avancèrent vers le groupe. Il était presque impensable qu'il ne s'agisse pas de Feliciano et Ludwig. Pourtant, l'apparent Ludwig portait une sévère cicatrice sur sa joue gauche, un manteau soutenu sur ses larges épaules et un fiel cap sombre. Ses yeux améthyste fixèrent Allen. Quant à celui ressemblant à Feliciano, il avait une carnation plus foncée, un uniforme brun et de grands yeux magenta. Sa fameuse boucle remontait vers un petit couvre-chef noir. Il jouait habilement avec un couteau qu'il faisait tourner entre ses doigts. C'était d'ailleurs ce dernier qui avait haussé le ton à l'égard de l'Américain.

« Lutz et Luciano… quelle surprise…, fit Allen en arquant un sourcil.

— Les nouvelles se répandent vite, il paraît que vous détenez deux phénomènes intéressants, dit Luciano. La prison Nord est vide, c'est d'un ennui !

— Ouais, intéressants, c'est toi qui le dis, commenta Matt.

— Qu'est-ce que c'est que ces allures ? s'écria Francis, ils sont totalement fous !

— Surveille ton langage, imposteur, pesta Luciano.

— Hum…, commença Lutz, c'est vrai qu'il ressemble à François.

— Tu rigoles ? Il fait bien trop femmelette, contra l'Italien.

— Espèce de psychopathes ! Vous ne vous êtes pas regardés !

— En moins… déprimé, termina Lutz.

— Quoi qu'il en soit, ils disent être François et Oliver, dit Matt.

— Pour l'un d'accord, ça passerait dans le noir en étant ivre, mais l'autre…

— C'est ridicule…, murmura Arthur.

— Je sais ! J'ai une solution à notre problème ! s'écria Francis.

— Vraiment ? »

Comme ayant soudainement eu l'idée du siècle, il sortit fièrement un carré de cuir duquel il extirpa plusieurs photos.

« Peut-être que c'est vous qui prétendez être eux. Regardez. »

Il montra aux nouveaux visages quelques photos de leurs semblables, si aimables en comparaison.

« Qui est-ce ? Qui sont-ils ? questionna Luciano.

— Ceux dont vous usurpez l'identité. Notre Amérique, Canada, Italie et Allemagne, répondit le Français.

— On peut savoir pourquoi tu as des photos de tout le monde ? s'indigna Arthur.

— Lui c'est… moi ? questionna Matt en examinant un cliché de Matthew souriant timidement.

— Mais on ne peut pas être deux Nations de chaque… C'est complètement con votre truc.

— Dans ce cas, qu'est-ce qu'on fiche ici ? s'écria l'Anglais.

— On pourrait appeler les concernés, non ? suggéra Lutz. Ça commence à m'ennuyer vos histoires. Je dois taxer des clopes à François en plus.

— Bonne idée, répondit Allen. Hé, Matt, tu peux… ? Bah merde, il est passé où ?

— Non ! pleurnicha Francis. Il est parti avec ma photo !

— Tu dramatises.

— Haha, ricana Allen, cette chochotte a un faible pour les mignonneries du genre. J'm'en charge, on va tirer cette histoire au clair.

— Franchement, être enfermé dans une prison ! soupira Francis. Je me sens humilié. Je me demande vraiment pourquoi et à cause de qui nous sommes là…

— Si seulement je pouvais être dans mon salon, s'exaspéra Arthur. Dans notre monde.

— Comment avez-vous atterris ici ? demanda Luciano.

— Par magie, lança du tac au tac Francis. C'est pas une blague.

— Tu y es un peu pour quelque chose !

— Oliver ne fait pas de magie, pas à ma connaissance. Vous êtes vraiment étranges.

— On veut juste rentrer chez nous.

— Au plus vite…, précisa Arthur.

— Il n'y a aucun moyen de retourner là-bas. »

Encore une fois, deux nouvelles silhouettes s'avancèrent jusqu'à eux.


Héhé, j'espère que ça vous plait :3 n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, en attendant, au prochain chapitre !