A nos coeurs volés
Reconnaissance de dette: J'ai fait une petite collecte aurpès d'âmes charitables pour m'approprier les droits des personnages. La seule chose que j'ai pu récolter, c'est un bon coup sur le crâne.
Note de vacuité totale: Coucou!^^ Vous allez rire: je suis encore en retard! En plus d'une panne d'inspiration intempestive -mais rassurez-vous le chapitre quatre est en route- j'ai eu une crise de manque de motivation qui m'a surprise moi-même. Et elle aurait duré si je ne m'étais pas dit "Oh my Mog! C'est bientôt la rentrée, il faut que je me bouge le train si je veux terminer ça avant de crouler sous le boulot!". Bref, voilà le tableau.
Tout ça pour m''excuser de mon retard, en somme!
Sur ce, bonne lecture! (Attendez, c'est possible, ça? -réfléchit- ...disons que oui mes petits.)
Au fait ce chapitre est un peu plus long que les deux précédents.
Je suis décidemment très bavarde aujourd'hui!^^
Chapitre 3: Je t'aime tant
Je regarde tes yeux et ça me fait pleurer
Ne fait pas cette tête je ne veux pas te blesser
Je taime tant
Je t'aime tant
Aujourd'hui je pars, je reviendrais demain
C'est pas toi et moi, toi et moi ça ne fait qu'un
Je t'aime tant
Je t'aime tant
Il pensait qu'il était plus fort que cela.
Il le savait, pourtant. Cloud avait des hormones, des envies. Cloud avait des sentiments. Il possédait les capacités physiques comme mentales permettant de tomber amoureux, sortait souvent, en plus, ce qui favorisait les rencontres. Le blond lui avait bien dit quel genre de vie nocturne il menait. Et il n'était pas le seul homme sur terre. Il y avait d'autres hommes qui marchaient comme lui dans les rues pleines de la ville grise. Il y avait un homme qui avait su saisir sa chance en plein vol. Et cet homme ce n'était pas lui.
Zack Fair. Le grand Zackary Fair, comme le surnommait son ami Kunsel pour l'embêter. Grand, était-ce vraiment le mot? A présent qu'il dérivait en âme perdue entre deux districts, il ressemblait plus à un bambin qui ne retrouve plus sa mère dans le supermarché. Tout ses points d'appui venaient de céder. Amares rompues, il s'éloignait de la berge de raison où son esprit avait établit le campement depuis plusieurs mois.
Zack se dirigeait comme un zombie vers son refuge, espérant de toutes ses forces au travers de l'immense vague d'abbatement que la fidèle Aéris serait là, resplendissante au centre de son jardin, et qu'elle trouverait les mots pour lui remettre la cervelle à l'endroit. Il eut soudainement envie qu'il pleuve à flot, là, tout de suite, comme si la pluie pouvait laver son chagrin. Car il s'agissait d'un chagrin, n'est-ce pas? Oui, seul les chagrins d'amour possédaient ce pouvoir immuable de colorer votre monde du rose au gris en un instant.
Il trouva un peu de réconfort en poussant les lourdes portes de bois mouillé -sans doute avait il plu dans cette partie de la capitale. Déplacer ce poids requièrait un minimum de force, l'effort demandé chassa temporairement de son esprit la grisaille. Quand la jeune femme apparut dans son champ de vision, il ressentit le besoin de courir vers elle comme un gamin qui vient de se faire gronder par sa mère court se réfugier dans les bras de sa grande soeur. Au lieu de cela, il avança bien droit sur ses jambes. Bien droit sur ses jambes mais tête basse, ce que remarqua sans tarder sa meilleure amie. La fleuriste se leva et attendit qu'il atteigne le parterre avant de lui adresser son plus beau sourire.
"Qu'est-ce qui ne va pas Zack?"
Il devinait malgré son air jovial une inquiétude au ton de sa voix. On ne voyait que rarement le légendaire Soldat le minois sombre. Il observait sans voir le parquet humide et pourri par les champignons, se laissa choir sur un banc, puis lâcha:
"Je suis amoureux."
Aéris haussa un sourcil. Holà, ça sentait le roussi! Depuis quand l'amour provoquait-il la dépression chez Zack? Et depuis quand était-il amoureux, aussi? En tant que meilleure amie officielle, selon les propres termes du brun, elle devait être la première à recevoir la mise à jour des sentiments de Zack.
"Je t'aurais bien répondu que c'est merveilleux et que je suis très heureuse pour toi mais j'ai comme l'impression que je dois plutôt être terriblement inquiète" soupira-t-elle en se grattant la joie, les yeux rivés sur la loque humaine assise dans son domaine. "Qui est-ce? Et pourquoi tu tires cette tête? Ce n'est pas toi qui disais que l'amour est la plus grande assurance au bonheur du monde?"
Sa réplique arracha un maigre sourire à l'épéiste. Trop heureuse de voir cette faible lueur scintiller, elle en profita pour lui tirer la langue, ce qui le fit rire pour de bon et enflamma dans sa poitrine le foyer du réconfort.
Il fallut donc ouvrir la bouche pour tout lui expliquer. L'acte ne requièrait pas un talent immense. En plus, Zack était né grand bavard, alors parler pendant des heures c'était une chose qu'il faisait au naturel. Mais raconter tout...! Comment était-ce possible? Il n'avait cependant pas le choix au vue du regard courroucé fixé sur sa maudite carcasse. Alors il narra tout. L'amitié solide qui était née entre eux deux. L'attirance qui en avait suivie. L'étrange comportement de Cloud, qui l'inquiétait et le tuait à petit feu. Le désir de sortir avec lui. La peur de le perdre pour de bon, en connaissance du caractère solitaire de Cloud et de sa confiance morte-née envers tout être humain. La décision de l'aider, de continuer d'être son meilleur ami quoi qu'il se passe. Ses sentiments qui ne s'effaçaient pas. Cloud qui s'éloignait de plus en plus, naviguant dans les eaux troubles des amours d'un soir et oubliant leurs rendez-vous amicaux. Le sentiment d'abandon. La volonté de surpasser ce qu'il ressentait. Le type de la supérette. La scène. Le truc qui s'était cassé tout à l'intérieur. Le besoin urgent de s'enfuir, d'effacer ce passage de sa mémoire, de rembobiner la cassette.
Aéris avait rarement vu Zack aussi triste et aussi passionné à la fois. Non, on ne pouvait pas dire que la tournure que l'amitié avait prise pour ces deux là la surprenait. Elle ne connnaissait pas Cloud depuis si longtemps, quand on y songeait bien, néanmoins il lui suffisait de regarder Zack. C'était un homme fort, certes, mais un homme simple de nature. Contrairement aux autres garçons de la caserne les apparences ne le concernaient peu. Il voulait quelqu'un qui le comprenne et qui ne se prenne pas trop la tête. Quelqu'un qui savait tout bêtement apprécier la compagnie de l'autre dans l'instant présent. Or, Cloud était ce genre de personne. Quand il se trouvait en compagnie de Zack, il se contentait d'être heureux et ne se souciait pas de savoir si leur amitié pouvait affecter leurs carrières, une question que se posaient beaucoup de Soldats quand ils se liaient d'affection pour quelqu'un de plus haut gradé.
"Longue histoire, en effet. Ca m'étonne que Cloud ait quelqu'un...d'après Tifa...enfin, bref...Tu es assuré à cent pour cent que c'est son petit-ami?"
Face à l'expression bête et sceptique de son ami, elle compléta:
"Est-ce que tu lui as posé la question, avant de t'enfuir comme un voleur? Non, hein? C'est exactement ce que je pensais. C'est malin, tiens." Elle soupia, visiblement très mal à l'aise. "Si il s'agit plus d'un coup d'un soir, tu vas passer pour un idiot. Si c'est le cas et que Cloud ne devine rien sur ce que tu ressents pour lui après cet épisode, c'est qu'il est encore plus idiot que toi!"
"C'est gentil de me consoler, mais qu'est-ce que tu disais à propos de Tifa?" s'enquit curieusement le Soldat qui se doutait à présent qu'on lui cachait quelque chose. "Est-ce qu'elle est au courant de quelque chose de spécial?"
"H-Hein? Heu...non. Enfin, je veux dire, je ne sais pas. Peut-être, c'est sa meilleure amie après tout. Je veux dire...il n'est pas impossible qu'il se soit confié à elle mais elle ne m'a rien dit à ce sujet."
Son mensonge, car s'en était bien un, ne passa pas inaperçu aux oreilles de Zack. Il lui suffisait de voir les orbes vertes s'éloigner de lui pour scruter les pierres beiges du lieu de culte pour savoir qu'elle tentait de son mieux de lui cacher un renseignement.
"Oh! Aéris...."
Brusquement, Zack opta pour une tactique d'approche différente. Il se laissa tomber le menton sur les genoux de la jeune femme, surprenant celle-ci, et leva les yeux vers elle à la manière d'un chiot abandonné essayant de convaincre un passant de le laisser sortir de sa boite installée au milieu de la rue et de l'emporter pour l'adopter. A cela, il ajouta une voix geignante.
"Comment je peux régler mon problème si je ne sais pas ce qui arrive à Cloud en ce moment?" couina-t-il de désespoir. "Si on ne me dit rien, à moi, je ne peux pas tout deviner..."
"Arrête ton char mon grand" céda-t-elle, incapable de résister à un assaut qui la prenait par les sentiments. "Mais dis toi bien que ce que je vais te dire est un secret que m'a confié Tifa et que je ne suis pas censé connaître moi-même. Même si je te raconte ce que je sais, tu ne dois pas le prendre comme une vérité inconditionnelle, d'accord? Tu me le promets?"
Il acquiesça et se redressa, assis en tailleur, tout ouïe. La fleuriste eut la sensation d'être une maman qui expliquait quelque chose de très sérieux à son tout petit garçon. C'était assez amusant, en quelque sorte, mais elle aurait d'autant plus aimé que cela ait eu lieu dans des circonstances moins malheureuses pour le brun.
"Selon Tifa Cloud se jetterait dans les bras du premier venu à cause d'une déception amoureuse. Plus précisemment "ajouta-t-elle précipitamment en voyant qu'il ouvrait la bouche pour la couvrir de questions "parce qu'il est persuadé que la personne dont il s'est épris ne peut pas -ou ne doit pas- tomber amoureuse d'elle. Et elle suppose que c'est un garçon plutôt proche de lui, probablement quelqu'un dans le même barraquement ou dans la même unité d'infanterie."
"Ce n'est pas possible!" s'exclama le Première Classe. "Je l'aurais remarqué! Ou il me l'aurait dit, à moi! Je suis son meilleur ami!"
"Désolée, Zack. Je n'en sais pas plus. Peut-être que tu devrais en parler avec Tifa? Elle pourra sans doute t'en dire plus que moi."
"Tch, c'est bien ma veine!" s'écria-t-il en se coincant la tête entre les paumes de ses mains. "Je tombe amoureux de mon meilleur ami et je dois trouver de qui il est amoureux, lui, pour le rendre plus heureux! Tu trouves pas ça bête, toi, comme situation?"
Elle lui sourit doucement, presque tristement. Oui, c'était une circonstance ridicule. Mais comme le disait le célèbre diction, dieu merci le ridicule ne tuait pas!
Cependant, combien il faisait mal!
Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir métallique de la Shinra. Storm, adolescent peu enclin à adorer ou respecter ce qui représentait un temps soit peu l'autorité, maudit les ingénieurs ayant construit ces corridors en acier, beaucoup trop bruyants à son goût. Certes, sans eux il ne serait pas à l'abri des intempéries et aurait dû se contenter des pitoyables cabanons en bois, comme ses prédécesseurs. Mais Shinra était l'autorité par conséquent ses architectes forcément stupides.
Il fut tiré de sa réflexion lorsque les pas stoppèrent devant la porte de son appartement. Intrigué au début, craignant qu'il ne s'agisse encore d'un Troisième appartenant au groupe qui le cherchait lui et Cloud depuis le début de l'année, il fut rassuré en percevant le cliquelis familier dans la serrure. Son camarade de chambrée rentrait enfin avec de quoi les nourrir. Pas qu'il mourrait de faim sur l'instant mais il craignait de devoir avaler ce reste étrange et d'origine indeterminée logé dans le frigo si jamais le blond ne ramenait pas un semblant de nourriture.
La porte s'ouvrit sur le cadet. Storm allait l'accueillir avec une de ses phrases de bienvenue si propres à lui-même, quelque chose du genre "Qu'est-ce que tu foutais pour prendre autant de temps?", lorsqu'il remarqua le vide. Un vide énorme dans les iris de son comparse. L'automate qui représentait incroyablement bien son colocataire déposa les courses sur la table et, sans un mot, se dirigea vers son lit.
"Cloud?" l'appela Storm sérieusement inquiet de cet état jusqu'alors inconnu chez le blond. "Eh, mec, qu'est-ce qui t'arrives?"
Cloud retira sa veste à gestes lents, jeta maladroitement ses bottes au pied du lit avant de s'effondrer au premier sens du terme sur sa couette. Storm se leva et s'avança pour constater l'étendue des dégâts. Allongé sur le matelas, le corps de Cloud s'était légèrement replié sur les-même dans un mouvement instinctif d'auto-défense. Il fixait sansc sciller de son regard vide le mur, droit devant lui, comme si la présence même de l'autre homme n'atteignait pas son cerveau.
"Qu'est-ce qui va pas?"
"Rien."
La réponse lui était parvenue faiblement. Soit le centre de commande de la voix était très amoché, soit le blond était soudainement devenu aphone. Et comme Storm était loin d'être un imbécile, bien qu'il en donnât souvent l'air, il ne lui fallut pas longtemps avant de comprendre qu'il avait sous les yeux un ado mal dans sa peau atteind d'un fort choc émotionnel. Un mec qui avait eut une journée pourrie jusqu'à la moëlle, quoi!
"Je vois."
Cloud ne sur jamais ce qu'il voyait. Il s'en contrefichait, d'ailleurs. En fixant le béton ébreché, il se crispait progressivement sur son lit, sans sentir la chaleur supplémentaire sur ses épaules quand, dans un geste attentionné, Storm le recouvrit d'une autre couverture. La préoccupation de son aîné, il ne la sentait pas. La radio qui chantonnait, il ne l'entendait pas. Accablé il ferma les yeux, comme si la barrière de ses paupières le couperait suffisamment du monde extérieur pour lui donner l'impression que ceci n'avait jamais existé, que le poids écrasant sur sa poitrine n'était qu'un rêve. Mais au contraire, la fine épaisseur de chair se fit écran géant de ses souvenirs, lui repassant en boucle l'effarement de Zack et sa fuite précipitée.
Storm s'assit sur son lit. Les ressorts grincèrent une protestation sous la masse nouvelle, ce qui ne dérangea pas le propriétaire du meuble, habitué au son désagréable. Droit comme la justice, il posa chaque main sur un genou et attendit.
Il resta immobile dans cette position une bonne partie de la nuit, gardien silencieux d'un coeur malade. Lorsque la respiration de Cloud se fit régulière, il s'allongea et réclama à son tour le droit au sommeil.
"Concentre-toi!"
Un coup à droite, un coup à gauche. Il manqua de ne pas parer le second. La pluie d'attaques reprit de plus belle, et il parvenait de moins en moins à garder un équilibre correct, incapable de suivre assez rapidement la lame pour trouver la feinte et porter offensive à son tour. Il ne saisissait que le reflet du néon, une étincelle d'éclairage éléctrique qui allait et venait tout au long de l'acier tel un éclair au fur et à mesure que son opposant enchainait les combos. Il ignorait combien de temps encore il allait tenir sans mettre un genou à terre, ce qui mettrait immédiatement fin au combat puisque cela signifiait sa mort par l'ennemi.
Il fallait réagir. Vite!
Malheureusement ses neurones refusaient catégoriquement d'enregistrer l'information, trop précoccupés par les récents évènements. L'image de cloud et de l'inconnu résidait dans ses pupilles et se superposait allégrement sur le duel qu'il menait.
Il sauta de justesse par dessus le mur qui lui barrait la route et sprinta pour échapper temporairement à son ennemi dont il venait de se soustraire. Dérapage contrôlé -ou presque- et il s'engoufra dans la première ruelle qu'il rencontra, espérant gagner un peu de temps. Du temps pour quoi, d'ailleurs? Une minute de plus ou de moins ne le rendrait pas plus apte au combat. Les murs de briques brunes, rouges mais devenues noires dans cette cité minière, se succédaient par paquest sous son regard inattentif, formant des maisons. Il fit soudain demi-tour à un croisement et frappa un grand coup de pied dans une poubelle, laquelle se dirigea avec la force d'un missile sur son adversaire. La seconde que l'autre prit pour donner un coup d'épée pour faire dévier l'objet dans un bruit assourdissant de métal lui suffit pour prendre son élan et se jeter sur son poursuivant, la Buster Sword brandit au-dessus de sa tête. Mais l'arme n'eut pas l'occasion de rencontrer le cou gracile que Zack fut violemment percuté par la lame de l'autre homme, la force de l'impact l'envoyant se crasher directement dans le mur d'en face. Toussant, Zack tenta de se relever au milieu du nuage de poussière avant de sentir le contact glacé sous son menton.
"Tu es encore mort."
Il soupira de dépit. Son environnement s'effaça en pixels alors qu'un gros "Echec de la mission" envahissait son champ de vision. Il retira les lunettes qui lui permettait de voir le monde virtuel pour retrouver la salle d'entrainement. Devant lui, dans cette salle, un Angeal fulminant, visiblement au bord de la crise de nerf.
"Tu as encore échoué!' rugit son mentor alors que Zack, honteux, baissait la tête. "C'est la quatrième mission que tu bâcles comme un débutant de Troisième Classe! Tu ne fais aucun effort pour te concentrer!"
Sous l'assaut de repoches, qu'il savait justifiés, Zack ne broncha pas. Angeal, lui, tournait comme un lion en cage. Zack était son meilleur élève mais aujourd'hui il semblait faire délibèrement tout de travers. Et des fautes de base, en plus! Cela aurait pu lui coûter la vie en situation réelle, c'est ce qui mettait hors de lui le mentor. De plus, il ne s'était pas levé du bon pied ce matin, et son élève étrangement silencieux depuis la veille ne faisait qu'accroisser sa nervosité à l'exponentielle.
"C'est fini pour aujourd'hui." annonça-t-il brusquement. "De toute façon, tu es strictement incapable de faire quoique ce soit de bon maintenant, alors va faire ton rapport à Sephiroth, c'est lui qui est de charge cette semaine."
Les mots durs d'Angeal le percutèrent de plein fouet bien qu'il sût que son mentor ne voulait pas l'accabler en disant cela. Seulement, parfois, Angeal ne mâchait pas ses mots et rabaissait son élève sans s'en apercevoir, ignorant que ses propos pouvaient être interprétés d'une autre façon. Sachant cependant qu'Angeal voulait juste dire qu'il était trop distrait pour accomplir correctement un objectif, Zack se leva sans rien dire et quitta la salle. l'aîné lâcha un soupir fatigué en se massant l'arête du nez: quelque chose clochait, et il ne savait pas quoi.
Zack tourna à droite après l'ascenseur et frappa trois coups à la porte en bois massif -un luxe dans ce lieu entièrement bétonné, puis pénétra dans le bureau quand la voix neutre de l'argenté lui en donna l'autorisation.
"Tiens, bonjour Zack." le salua le général qui paraissait de bonne humeur, lui. "Tu viens pour...?"
"Rapport d'entrainement..."
Tout de suite, Sephiroth arqua un sourcil. Quelque chose n'allait pas. Pas de "bonjour!" tonitruant, pas de sourire jovial, pas de blague stupide, ni de gémissements plaintifs exagérés, ni d'insultes hurlés à l'intention de Reno qui avait la sale manie de faire de meilleur scores que lui lors des entrainements d'espionnage. Néanmoins il ne dit rien et s'empara d'un carnet sur le coin gauche de sa table, s'apprétant à noter les nouveaux exploits de Zack.
"Quatre essais, quatre échecs."
Définitivement, quelque chose s'était passé. Sans faire de commentaire il écrivit les résultats. Pour veiller à ce que les Premières Classes maintiennent leur niveau, ils devaient s'entraîner et repporter leurs performances auprès du chef des Premières en charge. Angeal, Génésis ou Sephiroth, selon les semaines et les absences dûes aux missions.
Zack délaissa le port de son poids au mur, son grand ami du moment, tandis que Sephiroth se levait pour préparer du café. Le brun se laissa glisser jusqu'au sol, repliant ses genoux contre sa poitrine douloureuse, le menton coincé entre les deux clavicules. L'argenté revînt avec deux grandes tasses blanches d'où s'échappaient un doux fumé de leur boisson noire favorite. Zack saisit celle que lui tendait son ami en murmurant un vague "merci". Il se sentait atrocement mal et ses échecs terassaient à coups de massue son moral bien amoché.
"Tu ressembles à un chien abandonné sur le bord de la route par son maître" commenta Sephiroth en buvant une gorgée. "Angeal a dû te passer un sacré savon."
"A cause de..."
"Tes quatre échecs, je m'en doute. Tu devais manquer de concentration."
"C'est mon gros problème, de toute façon..."
"Pas à ce point. Des soucis?"
Sephiroth avait une manière bien simple de réconforter, un peu maladroite même s'il ne s'en rendait pas compte. Mais après une enfance aussi désastreuse dans les laboratoires de la Shinra, personne ne pouvait vraiment lui en vouloir. Zack examina le linot bleu avant de lui répondre, pas tout à fait sûr que ce qu'il faisait ne serve à quelque chose étant donné la personne à qui il s'adressait.
"Cloud. Lui et moi, c'est un peu bizarre en ce moment."
"Oh!...Le Soldat Troisième Strife? Celui qui ressemble à un chocobo?" quetionna-t-il d'une voix égale et distraite. J'aurais dû m'en douter. Il t'a fait sa déclaration, finalement. C'est vrai que si tu ne t'en doutais pas, ça a dû te secouer."
"Pa-Pardon?"
Sephiroth en aurait rit à gorge déployée si cette action inhabituelle n'aurait pas fait fuir Zack. Les deux orbes bleu-mako clignèrent rapidement sous le choc de la révélation. Zack ressemblait à un automate dont seules les paupières seraient mécanisées, ce qui amusait grandement le général qui n'avait jamais vu son ami -et oui, il fallait bien avouer qu'il ressentait de l'amitié pour ça- aussi calme.
"Qu'est-ce que tu lui as répondu?" demanda-t-il, intérieurement dévoré par la curiosité.
"Heu...rien du tout...il ...il ne m'a pas posé la question en fait. M'enfin!" s'écria tout à coup le brun en reconnectant tous ses neurones entre eux dans un sursaut. "Pourquoi est-ce que tu dis ça, Seph? Cloud n'est pas amoureux de moi! Faut arrêter le café mon vieux! C'est plutôt l'inverse, d'ailleurs..."
Face au retour de la mine sombre, Sephiroth décida d'analyser plus profondément la situation dans le but d'aider l'homme grommelant à sa droite.
"Donc, que s'est-il passé?"
Zack raconta de nouveau son histoire, sauf que cette fois, il le regretta très vite. Sephiroth n'était pas un homme de compassion, oh non! Il ne fit que se moquer de lui et rire allègrement -ou en tout cas l'équivalent d'allègrement sur l'échelle sephirothienne- tout au long de la narration.
"Va donc faire ta déclaration, ô grand héro Fair!" l'encouragea-t-il avec une tape dans le dos.
"Pour me faire jeter? Non merci! Il y a combien de pourcentage d'échec? 90%?"
"Si tu n'essayes pas, il y aura100%." lui fit judicieusement remarqué son supérieur.
Zack ne trouva rien à redire à cela mais jugea préférable de taire ses sentiments. A la place, il décida d'inventer une excuse bidon pour la veille et de continuer sa vie comme elle était. Il avait juré d'aider cloud quoiqu'il arriverait, non? Alors c'était ce qu'il allait faire.
Un héro doit savoir faire des sacrifices, pas vrai?
Storm n'avait jamais vu un type aussi bizarre de toute sa vie.
Pourtant, il en avait vu, des mecs louches! La preuve ultime: il se regardait dans le miroir tous les matins. Mais là, il avait devant lui un cas à part. Vraiment, c'était l'atteinte d'un niveau mythique de ce qu'il appelait en son fort intérieur la "pas-net-attitude". Son colocataire, quel merveilleux specimen sur l'étude humaine! Bon, d'accord, il était lui aussi un être humain mais on ne pouvait pas s'étudier soi-même. Du moins, pas tout seul.
Son raisonnement et ses notifications mentales furent interrompues par une voix enjouée. Cloud lui demandait avec entrain s'il voulait un peu plus de café. Il l'avait trouvé comme ça à l'aurore, son blond. Pouf! Effacée la journée cauchemardesque, oubliée la nuit en mode mort-vivant! Le blond agissait comme si rien ne s'était produit. Bien qu'en apparence il paraissait avoir reprit le dessus sur ses émotions, Storm savait qu'en dessous il n'était que plus fragile encore et que son sourire, arme fatale dans l'art de l'illusion, avait pour but de cacher sa peine. En bon ami, Storm ne fit aucune référence à ce qui s'était passé. Son camarade devrait régler ce problème par lui-même, sans quoi cela tournerait à la catastrophe.
Cloud avait avalé deux assiettes pleines de pâtes, un véritable festin pour lui qui mangeait si peu habituellement et filait déjà vers la port en sifflotant, comme particulièrement de bonne humeur. Il portait son uniforme d'extérieur, signe qu'il allait effectuer des rondes sous la pluie toute la journée. Storm n'y voyait là rien de bien réjouissant mais pour Cloud, qu'importe le programme, il semblait que tout allait être parfait aujourd'hui. Vraiment, Storm commençait à flipper, quoiqu'il eut plutôt dit qu'il éprouvait une vive appréhension l'incitant à la fuite.
"A ce soir!"
"Que les dieux te viennent en aide..." grommela pour seule réponse son compagnon de chambre en se levant paresseusement pour aller s'habiller.
Cloud ne perçut pas la réponse. Il ferma la porte et se pressa de descendre les escaliers de services, pressé de rejoindre son escadron. Pressé, aussi, de revoir Zack. Car il savait que le brun allait se montrer, comme il avait pris l'habitude de le faire lorsqu'il n'était pas envoyé à l'autre bout du monde par la puissante compagnie. Et cela ne manqua pas. Dix minutes avant la prise des fonctions de l'après-midi, la tête de piques jais apparut dans le hall où se trouvait déjà le plus jeune. Il sourit à Zack quand celui-ci s'approcha, tenant dans une main le fusil de l'infantrie et sous son autre bras le casque.
"Salut Cloudy!"
Mais son ami n'eut que le temps de prendre sa respiration et d'ouvrir la bouche, amorçant une réponse, que le Première Classe enchaîna:
"Je suis vraiment-vraiment-vraiment désolé pour hier!" s'excusa-t-il en placant ses mains jointes devant son visage, une expression contrite clairement affichée. "Je n'ai pas eut le temps de te le dire mais pendant que je regardais les CDs Angeal m'a appelé, un truc urgent, et j'ai dû filé!"
Il avait pris tout la nuit pour concocter une excuse des plus pitoyables. Cloud n'allait marcher. Il ne pouvait pas marcher. Mais Cloud, à sa grande surprise, lui offrit un de ses rares sourires.
"Pas de problème!"
Le visage joyeux de Cloud...il sonnait si faux! Zack ignorait que si Cloud souriait peu souvent, cela ne voulait pas dire qu'il était capable de sourire pour de faux. C'était une faculté visant à rassurer son interlocuteur quand son âme partait en pièces, une tactique habilement mise au point pour sa mère, durant son enfance à Nibelheim.
"Mais je n'aime pas l'idée de t'avoir laissé en plan...que dirais-tu si je t'invitais à dîner, pour me faire pardonner?"
"Pourquoi pas? A quelle heure est-ce que tu finis?"
Non, non, non! Il ne fallait pas le voir! Surtout pas le voir! N'en finirait-il jamais, d'être blessé? Dépenser sans compter les minutes auprès de l'homme qui le chamboulait lui faisait que plus de mal. Cependant, il en redemandait à corps et à cris. Il était quoi, une espèce de masochiste sentimental? Mais rompre tout lien avec Zack serait une entreprise encore plus difficile. Il ne supportait pas l'idée de ne plus revoir ce sourire, ces yeux candides, de ne plus entendre ce rire franc. Ils mirent donc sur pieds leur rendez-vous et Cloud jura qu'il ne l'oublierait pas.
C'est ainsi que, soulagé, Zack se rendit dans le bureau des Premières pour remplir ces immondes papiers inutiles et encombrants -les rapports. Le coeur légé car il avait surmonté l'obstacle du jour. Le repas se passa merveilleusement, les deux hommes riant comme jamais, en toute sincèrité.
L'air était lourd.
Un orage avait détrempé la ville toute la journée, étalant une brume moite sur la cité grise.
Mais ça, la foule qui remplissait "L'Extase" s'en fichait.
Cloud se lâchait. Son corps vibrait au son de la musique, exécutant des mouvements souples d'où se dégageaient une énergie incroyable. Cette nuit, son crâne devait oublier les récents événements, et pour cela, il était prêt à tout. Le jeune homme s'était naturellement réfugié parmi les âmes perdues de la boite de nuit, posant un lapin à Jack. Il ne souhaitait pas vraiment revoir un homme qui, sans le savoir, avait contribué à une chute plus profonde de sa vie amoureuse.
Les basses résonnaient et cognaient durement dans son estomac, le poussant à danser avec encore plus d'effort. Lascivement, il sentait une présence onduler derrière lui. Un torse lui frôla le dos, un bassin effleura ses fesses. Pendant quelques minutes ils dancèrent ensemble. Cloud en profita pour jeter un coup d'oeil furtif vers l'inconnu: le gars était assez mignon.
L'autre se fit plus aventureux. Il laissait ses mains épouser les hanches de son partenaires, les accompagnant sensuellement dans leurs mouvements endiablés. Le blond se retourna d'un coup sec puis, à la surprise de l'autre danceur qui croyait se faire rejetter, passa les bras autour du cou satiné. Cloud ne put s'empêcher de le chauffer un peu, juste pour rire, et lui adressa un clin d'oeil séducteur. Ce petit jeu, il le trouvait ridicule, mais combien il fallait le mener pour qu'un étranger veuille passer la nuit avec vous!
Vingt minutes plus tard, Cloud était coincé entre un homme et le siège arrière d'une voiture.
Je sais que c'est pas bien de quémander mais...reviews?
/Squall/ "Si c'est mal, pourquoi tu le fais?"
/Seifer/: "Tu tortures des mecs ici aussi? Sadique...Faut prendre tes pilules pour te clamer, mémé!"
/Red/:"Eh, vous deux! Retournez dans votre section!"
Note: Correction n°1 effectuée! Normalement tous les mots sont là, quelques fautes de grammaire et d'orthographe ont été effacées et une ou deux répétitions supprimées. Merki à Azertu Au Rapport pour m'avoir signalé l'état (disons le - pitoyable) de ce chapitre!^^
