Désolée pour ce retard, ce chapitre aurait dut être là mercredi, mais je n'ai pas tapé aussi vite que je l'aurai espéré. Ensuite il y a eu le boulot pour la fac, et depuis vendredi je suis en vac chez ma mère avec ma meilleure amie donc disont que les moments où je peux squatter le pc sans gêner personne sont un peu limités.

Je suis toujours sous le charme de Swato (allez lire ses histoires si ce n'est pas déjà fait). Encore et toujours merci à Lilimoon (aller lire ses histoires si ce n'est pas déjà fait). Et merci à claiiire (très joli prénom au passage !) pour sa review !

Stiles devait se faire pardonner et il avait tant de choses à raconter à sa mère ! Ses écouteurs enfoncés dans ses oreilles il augmenta le son pour se couper définitivement du reste du monde. Prenant soin de bien regarder avant de traverser la route. Il avait fait si souvent ce chemin enfant qu'il pourrait le faire les yeux fermés. La musique qu'il se passait en boucle n'aidait pas à améliorer son humeur. Il avait juste un énorme poids sur le cœur et il se maudissait d'avoir manqué son rendez-vous pour passer la nuit à tenir la main d'un loup-garou égocentrique. Son père lui avait dit un jour qu'il n'avait pas la garde robe d'un gay, il semblait ne plaire ni à la gente féminine, ni à la gente masculine. Pourtant il n'avait aucun doute que les gens, Lydia et Jackson en particulier ne se gêneraient pas de l'étiqueter directement de midinette s'ils savaient qu'il était fan d'All Time Low (nda : regardez bien le poster au dessus de son lit…). Que Derek se moquerait de lui s'il savait que Remembering Sunday était la chanson qu'il écoutait le plus souvent. Mais encore une fois il pensa qu'il emmerdait les autres ce soir.

De son côté Derek était en colère. Autant contre lui que contre Stiles. Pourquoi avait-il fallut qu'il passe la nuit avec lui. Il ne pouvait pas tout simplement rentrer chez lui sans s'entêter une fois encore ? Les alphas leur auraient réglé leur affaire et l'hyperactif n'aurait plus eu à s'inquiéter pour lui. Il lui en voulait encore plus d'être celui qu'il était. Oui il avait toujours su que dans le fond il aimait ce stupide humain. Mais jamais il ne l'aurait avoué bien que sa manie de toujours le vouloir en sécurité en disait plus long que son silence. Même s'il le refusait, il avait très bien sentit ce qu'il s'était passé la nuit dernière.

Ne pouvant et ne voulant pas renier ses bêtas pour ensuite les tuer et rejoindre les alphas, Derek s'était résolu à mourir durant la pleine lune. Au lieu de ça cet imbécile s'était ramené et avait déclenché une tempête aussi bien dans son cœur que dans sa tête. L'alpha ne voulait pas penser au plaisir qu'il avait eu de revoir le fils du shérif. Il ne voulait pas penser au feu qui l'avait embrasé quand la bouche de Stiles c'étaient posées sur son cou et à la commissure de ses lèvres. Il ne voulait pas penser au loup qui s'était réveillé en sursaut suite aux baisers. Ce même loup qui ne voulait plus qu'une chose : faire de l'ado son compagnon. Et Derek ne pensait pas pouvoir le retenir longtemps.

Il avait laissé Stiles avoir beaucoup trop de contrôle sur lui. Et s'il s'écoutait il n'y avait rien à y redire. En définitive s'il y avait une personne à qui il pouvait confier sa vie c'était bien à l'hyperactif. Il savait que le loup n'était pas le seul à vouloir revendiquer le jeune homme. Lui aussi, il le voulait. Et ça lui faisait peur. C'était l'inconnu pour lui. Avec Kate il savait que ses sentiments n'étaient pas réciproques mais il l'aimait. Là il savait que le jeune homme tenait à lui, quand au fait qu'il ne le laissait pas indifférent il le savait depuis que Stiles l'avait forcé à se changer devant un certain Danny. Dieu que Derek avait aimé voir les joues du fils du shérif s'empourprer, son cœur s'accélérer et la soudaine chaleur se dégager de son corps bouillonnant d'hormones.

Mais sa raison se battait contre le loup. Le jeune homme avait des notes parfaites, il était le fils du shérif, il avait perdu sa mère à 6ans. Il était un ami fidèle, un fin observateur. Il avait de l'humour et de la compassion pour la bête qu'il était. Stiles méritait tellement plus que lui. Un garçon insociable et violent. Une personne dirigée par la colère et la haine. Un homme hanté par ses vieux démons. En même temps il le voulait si fort. Il avait tellement besoin de la pureté de l'ado qui contrebalançait avec sa noirceur. Mais la dernière fois où il avait était égoïste cela avait mené à la destruction de sa famille et blesser le jeune homme était bien la dernière chose qu'il voulait. Décidément ce petit idiot a vraiment la manie de mettre la pagaille dans ma vie. Pensa-t-il en souriant. Ne se doutant pas qu'à l'autre bout de la ville, celui qui occupait ses pensées était en train de replonger au plus bas par sa faute.

En effet, alors qu'il voulait raconter à sa mère ce qu'il avait vécu en une année, la seule chose à laquelle pensait Stiles était à quel point il était seul. La nuit dernière n'avait rien changé. Il était toujours le sombre crétin, mouton noir de la bande. Celui à qui on refourguait toutes les taches ingrates et dont on ne se souciait pas. Cela n'était pas le genre de l'adolescent de s'apitoyer sur lui-même mais les choses semblaient vraiment aller de mal en pis. Il avait pensé pouvoir s'accrocher à Derek comme à une bouée comme il en avait l'habitude mais pour une fois le loup n'avait pas attendu qu'il sorte la tête de l'eau avant de le lâcher. Et Stiles n'en pouvait plus de se débattre tout seul…

Il resta sur la tombe de sa mère jusqu'à la tombée de la nuit, ce qui au mois de février arrivait rapidement, et s'y enracina encore quelques heures. Il rentra chez lui sous les coups de 23h, sa jeep garée dans la rue. Il échangea quelques phrases avec son père et monta dans sa chambre. Sur le lit tous les livres et cahiers étaient rangés en pile et les feuilles sur son bureau indiquaient qu'Isaac avait pris le temps de faire ses exercices. L'ado soupira, il les corrigerait le lendemain. Pour l'heure il voulait juste dormir. Pour ça il avait la solution parfaite. Il plongea sa main dans sa poche et en sorti un flacon appartenant à sa mère. Même après sa mort et même si cela leur rappelait les mauvais moments, ni Stiles ni son père n'avait pu se résoudre à vider son tiroir à médicaments. Il y en avait pour tous les goûts. Antidouleurs, décontractants musculaires, anti-vomitifs et somnifères. Un parfait petit mélange pour oublier la douleur. Stiles ne savait pas si les cachets feraient encore effet mais il n'allait pas tarder à le savoir. Il voulait juste dormir. Il retira le bouchon blanc et avala un somnifère. Il s'allongea ensuite sur son lit, attendant que les ténèbres l'engloutissent.

La semaine qui suivit se déroula de la même manière. Stiles n'eut aucune nouvelle de Derek, Isaac restait avec lui au lycée, empêchant Lydia, Jackson, Allison et Scott de l'approcher. En cours il n'essayait plus de suivre. Il ne décrochait que quelques mots à Isaac et à son père, qui mirent ça sur une mauvaise passe, la mauvaise période de l'année. Les effets des médicaments étaient moins forts que ce qu'ils étaient censés être. Et il semblait à l'ado que plus les jours passaient et moins ils étaient fort. A la fin de la semaine le jeune homme avait besoin de deux somnifères et d'un décontractant pour réussir à s'endormir. A deux reprises il avait passé la journée sous antidouleurs pour anesthésier son corps et se plonger dans un état cotonneux. Ce n'est qu'à l'aube de la deuxième semaine qu'Isaac commença à s'inquiéter. Tous les soirs de la semaine Stiles sortait. Quand le louveteau retournait chez Derek après avoir fait ses exercices et qu'il le surprenait les yeux dans le vague et un sourire niais aux bords des lèvres cela l'avait conforté dans sa croyance que les deux compagnons se retrouvaient discrètement tous les soirs. Comme ce n'était pas ses affaires il ne posait pas de question. Mais en voyant l'état du jeune homme empirer, il commença à avoir de sérieux doutes. Sans chercher à alarmer l'alpha il lui demanda juste s'il avait reparlé au fils du shérif depuis la pleine lune. Simple question qui avait terminé en dispute, le plus jeune ne se retenant pas de faire la leçon à l'ainé. Il fallait vraiment qu'il soit un idiot fini pour avoir dit ce qu'il avait dit. Doublé d'un enfoiré affectif pour ne pas avoir recontacté Stiles.

« Mais tu attends quoi là ? Que le mois s'écoule sans que vous ne vous reparliez et que les alphas reviennent pour te tuer ! J'étais prêt à me battre pour qu'ils ne t'enrôlent pas de force dans leur meute. Mais je ne me bâterai pas juste parce que tu n'as pas le cran d'aller lui dire que tu as besoin de lui dans ta vie. »

C'est sur ces phrases qu'il planta son alpha, décidant que l'humain avait plus besoin de lui. C'était tout réfléchi, il resterait avec Stiles même si celui-ci ne le voulait pas. Ainsi une autre semaine s'écoula. L'hyperactif doubla sa consommation de petites pilules. Il se renfermait de plus en plus sur lui-même, ne parlant presque plus. Un soir Isaac entendit des bruits dans la salle de bain où se trouvait l'adolescent, pendant qu'il faisait ses devoirs. La porte était fermée à clés mais il arrangea ca d'un coup de griffes. Stiles était en train de vomir tripes et boyaux dans la cuvette des toilettes. Le loup se précipita vers lui tout en jurant dans ses dents. Il versa de l'eau dans le verre posé sur le lavabo et humidifia un gant de toilette. Quand l'hyperactif se releva sa tête était à faire peur, lavait de tout artifice son visage était aussi pale et saillant que celui d'un mort.

« Bon sang regarde dans quel état tues ! Derek ne pouvait pas simplement venir te dire qu'il t'aimait, non… Stiles, regarde-moi ! Tu dois te reprendre, tu ne peux pas continuer comme ça. »

« Mais qu'est-ce que ca peut te faire à toi ! »lui cracha l'autre.

« Je m'inquiète pour toi, andouille ! »

« Oui c'est ça, t'as juste besoin de moi pour t'héberger le temps de ta petite rébellion contre ton alpha. Sinon le reste du temps je suis invisible, et c'est comme ca avec tout le monde, alors fiche-moi la paix ! »lui claque-t-il avant d'avaler un cachet sans chercher à se cacher cette fois. Avant que le bêta n'ait pu réagir deux autres pilules furent avalées.

« Stiles c'est quoi ces médicaments ? Tu les as eut où ? »

« Ecoutes Isaac, je suis désolé de t'avoir crié dessus alors que tu n'y es pour rien. Je suis encore sous tension, tu vois. Mais je vais me reprendre. Ne t'en fais pas. Laisse-moi juste gérer ca à ma manière tu veux. »

Mais le loup ne l'entendait pas de cette oreille. Il avança à pas de lents vers le jeune homme pour se rapprocher le plus possible avant de se jeter sur lui. Une petite lutte opposa les deux adolescents. Dans leur corps à corps le fils du shérif fit tomber plusieurs objets, criant après son père tel une victime criant aux secours. Il fallait qu'il tienne encore quelques secondes. Et en effet ce ne fut pas long, son père déboula dans sa chambre l'arme au poing. Le temps qu'il se chargeait d'éloigner l'orphelin de lui, Stiles en profita pour cacher le tube de médicaments. Il expliqua ensuite à son père que son camarade avait tenu des propos confus avant de se jeter sur lui. Il devait surement être sous l'emprise de quelque drogue. Isaac tenta d'expliquer la vérité au shérif qui par acquis de conscience demanda à son fils de vider ses poches. Vides. En douce Stiles envoya un sourire narquois à l'autre tandis que son père l'embarqué pour lui faire passer des tests au commissariat.

Quand il fut sur qu'il ne serait plus dérangé l'adolescent fit le mur. Les poches préalablement remplie de tubes orange. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, braillant de la musique, il se dirigea vers le cimetière de la ville. Arrivé dans le lieu de recueillement tout son corps était encore tendu de son altercation avec Isaac. Il avala deux décontractants de deux antidouleurs pour son mal de tête. Tout cela le contrariait. Isaac n'était pas un mauvais bougre, lui avait même était plutôt utile jusque là. Tout le monde lui fichait la paix au lycée et il ne le forçait pas à parler. Mais il aurait dut se mêler de ce qui le regardait, ce n'était certes pas très fair-play d'avoir fait intervenir son père dans l'histoire, mais il n'avait pas eu le choix. Essaya-t-il de se convaincre.

Pour tenter de se changer les idées le jeune homme décida de faire le tour des deux cent tombes avant d'aller voir sa mère. Durant son petit tour il repensa à la nuit qu'il avait passé avec Derek, tout concordait avec ce qu'Isaac luit avait dit. Ce qu'il avait ressenti avait été tellement fort, cette connexion, comme s'ils ne faisaient plus qu'un. La parfaite communion. Et c'est ce qui le rendait le plus malade. Derek savait qu'il était son véritable compagnon et pourtant il ne lui avait pas reparlé. Si le temps ne leur était pas compté Stiles aurait pu comprendre, le loup-garou devait être gêné et voulait prendre son temps pour bien faire les choses. Oui mais voilà les règles étaient-elles qu'ils n'avaient que jusqu'à la prochaine pleine lune pour officialiser les choses d'après les rites lycantes. Soit à peine deux semaines pour faire… et bien vous savez, la communion physique et la morsure. Et ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait décemment faire en quatorze jours au vu de leur passé commun. Stiles devait se faire à l'évidence, l'idée de partager sa vie avec lui écœurait tellement Derek qu'il préférait affronter le courroux de la meute des alphas. Et ça, ça lui donnait envie de vomir, de le frapper pour lui faire le plus de mal possible. Mais par-dessus tout ça lui donnait envie de pleurer, encore et toujours, comme un bébé.

Il avait la sensation de sentir son cœur s'émietter de minutes en minutes et pour ça il n'y avait malheureusement pas de traitement miracle. En attendant il y avait qu'en même deux, trois remèdes pour l'aider à se délester de sa douleur le temps d'un instant. Juste un petit coup de pouce. De nouveau le jeune homme avala des nouvelles pilules, un peu au hasard. Il voulait juste retrouver l'état comateux qu'il avait trouvé à plusieurs reprises déjà. Cependant cet état semblait vouloir le fuir. Il épousseta quelques branchages de sur une stèle, effleura du bout du doigt le nom du mort. Katherine Argent, il aurait voulu faire exprès que cela ne serait pas tombé mieux. Cette fille était certainement la femme la plus folle et la plus psychopathe au monde mais elle au moins avait réussi à la où le jeune homme avait échoué. Non seulement elle avait su s'approprier le corps de Derek mais surtout elle avait réussi à s'imposer dans son cœur et dans sa tête. Imaginer ces deux là ensemble laissait un goût amer dans la bouche de l'adolescent, qui d'agacement ingurgita deux nouveaux cachets.

Il se laissa finalement choir sur la tombe de sa mère les yeux larmoyants. Il se détestait déjà avant, si transparent, si faible, si inintéressant, pale et sans aucune valeur. Mais au moins c'était des émotions qu'il connaissait et il pouvait toujours se venter d'avoir une certaine intelligence doublé d'une force morale. Dernièrement il avait pourtant passé tout son temps à pleurer comme une fillette tout en parlant dans le vide. Maintenant il n'avait plus aucune estime de soi. E t tout cela il le devait à Derek Hale. C'était à cause de lui qu'il s'était rendu compte qu'il était atrocement fade par rapport aux autres. D'abord de manière inconsciente, il avait tout fait pour briller aux yeux du loup-garou. Attirer son attention. Si sa vie ressemblait à des montagnes russes, s'il se retrouvait aussi seul qu'un prisonnier dans le couloir de la mort c'était de la faute de Derek. Là il en avait juste marre. Il avait été persuadé qu'il trouverait de l'aide en allant le voir. A son grand damne le loup avait ravivé sa lueur d'espoir pour ensuite le laisser dévaler les étages de sa vie en chute libre. Et ce fichu mal de tête qui n'en finissait pas !

Il n'arrivait pas à se décrocher de la réalité. Il ressentait avec violence la morsure du froid sur son visage et ses doigts frigorifiés. A tâtons il enleva le couvercle blanc. Il savait que c'était mal, que cela ne faisait pas six heures qu'il avait pris ses derniers médicaments mais il avait tellement besoin de se déconnecter qu'il était prêt à avoir quelques nausées en effets secondaires. Il avala encore un antidouleur et un décontractant musculaire. Il s'installa alors contre la tombe de sa mère et pris le temps de lui raconter sa journée. Son corps et son esprit commençaient à s'engourdir, œuvre de la fatigue et du froid. Son ventre, par contre, commençait sérieusement à le faire souffrir. L'ado prit le tube qui se trouvait dans la poche de sa veste. Un petit anti-vomitif et le tour serait joué. Il remit le tube dans sa poche et s'installa mieux contre la plaque de granit, un sourire aux lèvres.

Il était un peu plus serein. Il se détachait enfin de la réalité, son esprit s'embrumant peu à peu. Il ne se doutait pas que cette fois c'était le trou noir qu'il l'attendait. Il ne savait pas exactement combien de comprimés il avait pris et préférait même se voiler la face en minimisant le tout. Il n'en restait pas moins que le jeune homme avait avalé une vingtaine de cachets en l'espace de quatre heures. Il jouait avec une boîte d'allumettes et sans le vouloir il venait d'allumer un feu de broussaille qu'il ne pourrait pas éteindre seul. Il ferma les yeux et se laissa porter par ses doux songes. Il voyait sa mère, alors il ne pouvait être qu'heureux. Ce qui l'embêtait c'est qu'à un certain moment Derek vint perturber le fil de son rêve.

Il entrait dans une chambre d'hôpital, mais pas n'importe laquelle. Celle de sa mère. Lui à l'âge de 6ans était installé contre le corps de la femme malade. Le bouquet de violettes dans un petit vase jaune indiquait à l'adolescent que c'était le 3 février, le jour où sa mère était morte. Les lèvres de la femme viraient au bleu alors qu'elles étaient sèches. Ses traits étaient tirés et ses yeux fermés. Sa respiration était effroyablement lente. En jetant un coup d'œil à la pendule l'ado se laissa glisser par terre, le corps tremblant de sanglots. D'ici quelques minutes le petit garçon ne serait plus que le seul être vivant dans la pièce. Stiles était gelé jusqu'aux os et la boule dans sa gorge l'empêchait de respirer. En synchronisation avec sa mère sa respiration s'arrêta. Passé plusieurs secondes il eut l'impression que sa tête allait exploser. Lui aussi allait mourir. Quelque chose remontait dans sa gorge. Il regardait impuissant les infirmières venir chercher le petit garçon et éteindre les moniteurs. Et la pièce se vida. On viendrait chercher le corps plus tard, une fois qu'on aurait prévenu son mari et qu'il serait venu lui faire ses adieux. Ce qui ne prendrait pas plus de deux heures. De l'autre côté de la porte, dans le couloir, le petit Stilinsky restait fixement collé à la porte. Refusant de quitter sa mère. L'adolescent n'allait pas tarder à perdre connaissance. Bientôt le cœur ne serait plus assez oxygéné, il arrêterait de battre. Et ça ne prendrait qu'une poignée de secondes pour que son cerveau ne s'éteigne. Ce qui signerait sa mort à lui aussi.

Mais cela était bien trop réel. Il était vraiment en train de mourir. Au loin, comme un écho venant jusqu'à lui, un ordre lui martelait le crâne au même rythme que le sang qui pulsait avec la force d'un torrent se fracassant contre ses rives rocheuses. « Vomi ! Vomi ! Vomi ! » Lui implorait une voix bizarrement triste. Des mains chaudes passèrent sur son visage et dans son dos. L'odeur qui parvint jusqu'à ses narines était celle de sa mère. « Vomi mon petit chéri. Nous ne voulons pas mourir. » Cette demande fut comme un déclic. Comme un barrage qui cède, sa bouche et sa gorge s'ouvrirent amplement pour se libérer de tout ce qui obstruait sa voix respiratoire. Et l'air pu circuler de nouveau. Cela lui brûla les poumons, son torse se déchirait et les nuages qui embrumaient son esprit se dissipaient. Sa mère le prit dans ses bras. Il était redevenu un petit garçon tant il avait l'impression d'être petit par rapport à elle. Son étreinte était étonnement forte. Et les mots s'élevèrent, les mots qu'il lui murmurait de temps en temps alors que ça n'avait aucun sens. « Pourquoi ? Je ne voulais pas t'abandonner. Pourquoi tu as fait ça ? Ne me laisse pas ! » Totalement incohérent, sa mère n'avait pas choisi de tomber malade, ni de mourir, tout comme il ne l'avait pas abandonné. Tous les jours il avait été la voir. Alors il ne comprenait pas pourquoi il lui disait parfois ça. Du moins s'il le lui disait bien. Il n'était plus très sur de rien.

Les mains chaudes passaient et repassaient sur son corps. Ses cheveux, sa nuque, son dos, ses épaules, ses joues. Toutes les mauvaises sensations disparaissaient, chassées par ces mains. Si grandes, si chaudes. Tout semblait s'apaiser. « Pardonne-moi Stiles » fit la voix sanglotante de sa mère. Mais même de ça il n'était pas très sur. Le timbre était bien trop grave, trop sombre, trop emplie de regrets pour que ce soit celui de sa mère. L'adolescent ouvrit les yeux. Il n'était plus à l'hôpital mais dans la chambre de l'alpha.

«Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Aussitôt les mains disparurent et une sensation de vide s'empara de l'adolescent. Et il n'en pouvait plus. Il se retrouvait enfin avec Derek et il comptait bien le arracher des réponses. « Est-ce que c'est vrai Derek ?! Bon sang mais regarde-moi ! »

L'ainé était parti à l'autre bout de la pièce et hésita un instant avant de se retourner vers le plus jeune.

« J'ai senti que quelque chose n'allait pas. Que tu étais en danger. A chaque fois je le sens, mais là c'était bien plus fort, plus grave. Isaac m'a dit que tu te rendais souvent au cimetière, il t'a suivit à plusieurs reprises. Il voulait s'assurer que tu ne risquais rien. Quand je suis arrivé tu avais perdu connaissance. Le temps que je te ramène ici tu avais cessé de respirer. J'ai cru… j'ai cru que tu étais mort ! Je n'arrivais pas à te faire vomir et tu devenais bleu. »

« Derek, est-ce que c'est vrai ? Est-ce que je suis ton compagnon ? » Le loup revint auprès de lui. Il se passa nerveusement la main sur la nuque.

« Stiles, ce n'est pas aussi simple. »

« Oh mais si. Je ne te demande pas un cours sur les compagnons. C'est soit oui soit non. »

« Oui, oui tu es mon compagnon. Tout du moins le loup te reconnait come sien. »

« Bien. Et est-ce que c'est vrai que les alphas vont revenir te voir à la prochaine pleine lune ? »

Voyant la détermination du plus jeune Derek comprit qu'il ne servait à rien de nier alors il opina simplement du chef. Du courage voila ce dont avait besoin le fils du shérif, un de ces fameux coup de pouce. Il chercha frénétiquement ses cachets mais ses poches restaient risiblement vides. L'alpha avait dut lui confisquer ses petits tubes oranges. Et subitement le courage lui était inutile, la colère était largement suffisante pour lui faire exprimer ce qu'il avait à dire.

« Bon alors qu'est-ce que tu attends pour me sauter et tout le reste. Sauve ta peau, jouons la comédie du couple éperdument amoureux devant les alphas. Après tu pourras retourner à tes affaires de loup-garou pendant que moi j'oublierais jusqu'à ton existence ! »

« Je ne te revendiquerai surement pas ! » lui répondit-il avec un air horrifié affiché sur le visage.

« Plutôt mourir, je vois le genre. Je ne sais pas qu'elle heure il est mais je vais rentrer chez moi. »

Le plus jeune rassembla ses esprits et tenta de se remettre sur ses pieds le plus rapidement possible. Derek voyait bien qu'il s'était mal exprimé, que Stiles n'avait pas compris ce qu'il avait voulu dire. Mais dans le fond n'était-ce pas mieux ainsi ? Stiles le détestait au début, puis il l'oublierait. Et le loup pourrait mourir en paix sans avoir eu à se lancer, sans avoir tenté sa chance avec lui. Le loup sourie intérieurement, il avait survécu aux chasseurs, à la culpabilité. Il avait même survécu à la meute des alphas une première fois. Et aujourd'hui c'était l'amour qu'il éprouvait qui allait le détruire. La première fois qu'il avait aimé, il s'était laissé aller, il avait pleinement vécu cet amour et cela avait tué sa famille. Là il aimait, cela aurait été idiot de le nier après sa réaction de ce soir, une deuxième fois. Il refusait de se laisser aller et c'est lui qui serait tué finalement.

Le fils du shérif, qui était arrivé jusqu'à la porte d'entrée, remonta en trombe pour l'affronter. L'alpha était étonné qu'il tienne encore debout vu son état de fatigue et ce qu'il venait de vivre.

« Tu sais quoi Hale, je sais que tu ne m'aimes pas, que tu peux à peine supporter ma présence, mais laisse-moi te donner un conseil en tant que personne bien élevée. Tu as le droit d'être révulsé par l'idée que je sois ton compagnon. Tu as le droit de préférer une mort certaine plutôt que de me toucher, mais saches qu'il y a d'autres façons de le dire, tu n'as pas besoin d'être un tel fumier. Je n'y peux rien si ton côté loup me reconnait comme son compagnon, je n'y peux rien si tu ne m'apprécie pas, je n'y peux rien si mon cœur bât à la chamade dés que je suis avec toi. Et je n'y peux rien si Kate Argent à détruit ta vie. Alors la prochaine fois que tu veux faire du mal à quelqu'un trouve-toi une personne qui est vraiment coupable. »

Et de nouveau il lui tourna le dos.