Et voilà le troisième chapitre !

La première fois
On n'y pense même pas
On donne le meilleur de soi-même
Qu'on y laisse sa vie
Ou bien plus que ça
On donne le meilleur de soi-même
Et il ne sait même pas qu'on l'aime

France Gall – Le meilleur de soi-même

Lorsque la jeune femme se réveilla, elle ne se souvenait plus de rien. Malheureusement, un regard dans son miroir suffit pour lui faire retrouver la mémoire. Elle avait les yeux rouges, de grands cernes sous les yeux et le teint si pâle qu'il ressemblait presque à celui de... Elle eut un rire sans joie. Et voilà qu'elle se mettait à ressembler à l'atroce chauve-souris des cachots... Elle arrangea son visage du mieux qu'elle pouvait avec un sort et sortit de ses appartements. Elle mangea sans appétit, écoutant distraitement Harry et Ron parler de Quidditch. À côté d'elle, Ginny discutait avec une Gryffondore de son année à propos des nouvelles teintes de maquillage magique. La jeune femme consulta son emploi du temps. Heureusement, pas de potions aujourd'hui. Elle aurait eu du mal à affronter le regard de son professeur. Son coeur se serra cependant lorsqu'elle se souvint qu'elle avait une retenue avec ce même professeur le soir même.

Il l'avait traitée de gourde. D'idiote. De petite Gryffondrore stupide. C'était donc tout ce qu'elle valait pour lui ? N'était-elle rien de plus ? Les larmes lui vinrent au yeux, mais elle se retint de pleurer. Ne pas lui donner cette joie, surtout. Elle lui avait déjà donné trop de larmes. Elle leva les yeux vers la table des professeur et fut surprise de ne pas l'y trouver. Il n'avait pas pour habitude de manquer le peit djeuner. Elle décida d'aller jeter un coup d'oeil dans les cachots avant son premier cours de la journée. Elle descendit les escaliers qui menaient à la salle de potions, une angoisse grandissante au coeur.

Elle ne le trouva pas dans son bureau, ni dans la salle de classe. Elle allait frapper à la porte de ses appartements, prête à se faire rabrouer, lorsqu'elle aperçut une masse noire à l'autre boût du couloir. Prise d'un pressentiment, elle s'approcha de ladite masse et sursauta lorsqu'elle constata qu'il s'agissait de Snape, mal en point. Son teint était bien plus cireux que d'habitude. Ses yeux étaient fermés et son souffle court, et ses mains, pressées sur son abdomen, semblaient couvertes de sang. Lorsqu'elle tenta de les dégager, il gémit. Elle renonça à le porter jusqu'à l'infirmerie. Trop loin. Elle avisa alors la porte de ses appartements. Il l'avait peut-être laissée ouverte... Le faisant léviter devant elle, elle se rapprocha de la porte et la poussa légèrement. Il avait bien oublié de la fermer. Elle le déposa sur un canapé et, sans perdre son sang-froid, commença à détacher sa chemise. Elle rougit en remarquant qu'il était à nouveau conscient et qu'il la regardait faire, la fixant de son regard noir et profond. La chemise enlevée révéla une large entaille au côté droit d'où s'échappait toujours le sang rouge vif du maître des potions. Hermione agita sa baguette pour faire apparaître de quoi nettoyer la blessure. Délicatement, elle posa l'étoffe imbibée de potion sur la plaie de son professeur. Celui-ci tressaillit mais garda le silence. Le sang commença à se résorber doucement et Severus but sans protester la potion de régénération sanguine que lui tendait la Gryffondore. Lorsque la jeune femme ôta le tissu, l'entaille était réduite de moitié. Rassurée sur le sort de son professeur, elle releva les yeux vers lui. Il la regardait toujours. Une goutte de sueur perlait sur son front. Hermione se surprit à vouloir l'essuyer de la main. Elle se secoua mentalement. Il n'avait pas vraiment besoin de ça. Snape posa sa main sur celle de son élève, accentuant le trouble de celle-ci.

« Merci, murmura-t-il finalement. »

La jeune préfète n'était pas sûre d'avoir bien entendu. Lorsqu'elle réalisa qu'il avait vraiment dit ce qu'elle avait entendu, elle posa instinctivement la main sur son front. Le maître des cachots sourit avec lassitude.

« Je n'ai pas de fièvre, miss Granger. Je vais très bien, mais je n'irais pas bien longtemps si je laisse Albus sans nouvelles... »

La jeune femme sursauta. Elle n'avait pas pensé à alerter le directeur... Elle se rua hors de la pièce, laissant Severus seul avec ses pensées. C'est une Hermione toute essoufflée qui arriva devant le bureau de Dumbledore. Alors qu'elle se disait qu'elle n'avait aucune idée du mot de passe, la gargouille pivota pour laisser place au directeur de Poudlard.

« Professeur Dumbledore, dieu merci, vous êtes là !

Miss Granger ! Que vous arrive-t-il donc de si grave ? Vous avez couru un marathon ?

C'est le professeur Snape, monsieur. Il vous demande. Il... était gravement blessée, monsieur, mais il a demandé à vous voir. »

Le visage de Dumbledore perdit aussitôt son sourire. Il suivit la jeune femme jusqu'aux cachots et, tout en la remerçiant, entra dans les appartements du maître des potions. Hermione tourna les talons pour rejoindre Harry et Ron en cours de métamorphose. Devant l'escalier qui menait au premier étage, cependant, elle hésita. Elle devait savoir ce qui avait mis son Severus dans cet état !

« Ton Severus ? Et ben ma vieille ! Qu'est-ce qui te prend ? Tu le détestais jusqu'à ce matin... Oui, mais c'était avant de le sentir si vulnérable. Avant de sentir sa main sur la mienne. Avant qu'il ne me remercie. Avant qu'il ne me regarde comme si j'étais importante pour lui ! Et ben ma vieille ! Tu serais pas un peu amoureuse sur les bords, toi ? »

Hermione rougit intérieurement. Amoureuse de Severus Snape ? Non. Mais elle devait avouer qu'il en faudrait bien peu pour que cela se fasse... Revenant sur ses pas, donc, la jeune femme stoppa net devant la porte entrouverte des appartements de son professeur.

« … ils étaient tous là, Albus. Il les avait tous convoqués. Lorsque je suis arrivé, j'étais au centre du cercle. Je me suis avancé pour baiser sa robe, et il s'est mis à rire. Je ne l'avais jamais entendu rire. C'était... glaçant ! »

Hermione comprit qu'il parlait de Voldemort.

« J'ai commencé à me douter de quelque chose quand il m'a regardé dans les yeux. Il ne l'avait jamais fait avant, ou pas comme ça. Son regard était plein de haine. Si on avait pu tuer avec un regard, je serais mort dix fois. Et là, il a commencé à parler. Il m'a dit qu'il savait tout. Puis il s'est tourné vers les autres et leur a demandé quel était le sort réservé aux traîtres. Ils ont tous ricannés et m'ont immobilisés. Ça a duré des heures avant que je ne réussisse à distraire leur attention pour m'enfuir et transplaner jusqu'à la grille du château. Il m'a ensuite fallu me traîner jusqu'ici. Si miss Granger ne m'avait pas trouvé, je crois que je serais mort... »

La voix soucieuse d'Albus Dumbledore s'éleva à son tour dans la pièce.

« Si ta couverture a été découverte, tu es un danger mortel, à présent. Je ne veux plus que tu sorte du château, Severus. Si tu venais à être tué...

-Ce n'est pas grave, Albus, je vais pouvoir passer plus de temps à surveiller miss Granger pour vous, dit-il d'un ton ironique...

-Severus, si je ne te connaissais pas si bien, je dirais que tu viens de faire une plaisanterie, répondit Dumbledore... »

Hermione ne suivit pas le reste de la conversation. La surveiller ? Cela signifiait-il qu'il veillait déjà sur elle depuis longtemps ? Pourquoi Dumbledore lui avait-il confié cette mission ? Et pourquoi sans me mettre au courant ? Et pourquoi cela ne la dérangeait-il même pas ?

A suivre...

Petit bouton bleu tout en bas de la feuille. Je t'explique tu cliques dessus et puis... Review !