Auteur : CatsAreCool
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : T
Genre(s) : Family/Drama
Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à CatsAreCool. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Bêta : Sophia...Merci Sophie!
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre 3 -
Trois jours après sa fuite de Poudlard, Sirius entra dans la salle à manger nouvellement astiquée et redécorée pour le petit-déjeuner et remarqua tout de suite le phœnix perché sur sa chaise. Un hibou brun, beaucoup plus discret, qu'il avait dit à Kreacher d'acheter et qu'il avait nommé Hooter, l'attendait aussi en regardant le phœnix avec autant de suspicion que Sirius. La protection anti-hiboux qu'il avait renforcée détournait tous les hiboux sauf Hedwige et les siens. Il n'avait pas pensé aux oiseaux de feu.
Il avait envoyé des notes enchantées à Harry et Remus la veille, ne leur disant rien d'autre que des variations de 'Je suis en sécurité quelque part d'ensoleillé et je garderai le contact'. Il ne voulait pas que Dumbledore pense qu'il était encore en Grande-Bretagne ni l'alerter de ce qu'il avait prévu.
Parce que Sirius avait un plan.
Il avait tout écrit sur un grand tableau noir dans le bureau et il l'avait décoré avec des dessins de Prongs (1) et Moony. C'était une méthode qu'il avait utilisé pour ses plus grandes farces à l'école ainsi que pour ses missions les plus importantes quand il était Auror. Ça fonctionnait pour lui. Il avait coché la première étape - devenir Patriarche de la Maison des Black, et joyeusement coché aussi 'contacter Harry et Remus' avant d'aller se coucher. Il espérait juste que le reste de son plan ne serait pas interrompu par la présence du familier de Dumbledore.
"Tu ferais mieux de me le donner, Fawkes (2)," lui dit-il, résigné, avant de s'asseoir. Pendant un instant, il savoura la sensation de vêtements propres (de vieux vêtements de Regulus que Kreacher lui avait lavé, pas qu'il s'en plaignait) contre sa peau; la légèreté de ses cheveux récemment coupé aux épaules et de sa barbe taillée. Il ressemblait et se sentait humain.
Fawkes lâcha le parchemin qu'il tenait dans la main de Sirius et poussa un petit cri rassurant qui lui fit penser que l'oiseau essayait de lui dire de ne pas s'inquiéter.
"Sirius,
Merci pour le hibou que tu as envoyé à Harry. Je lui ai dit que je te répondrais en utilisant Fawkes au cas où le Ministère essayerait d'intercepter tes correspondances..."
"Ce..."
Fawkes roucoula à nouveau.
Sirius agita la lettre sous son nez. "Oh, je ne pense pas qu'il soit juste prudent, Fawkes. Qui est-il pour dire à mon filleul qu'il ne peut pas m'écrire?" grommela-t-il. "Il aurait pu suggérer que Harry m'écrive une lettre que tu aurais transporté."
Fawkes pencha la tête avant de l'agiter légèrement de haut en bas, comme s'il admettait qu'il avait raison.
Sirius lut le reste de la note à voix haute. "C'est rassurant de savoir que tu as trouvé un endroit où récupérer du temps que tu as passé à Azkaban. Prends tout le temps dont tu as besoin, mon cher garçon. Je te demande de ne pas prendre de risques au nom de Harry; il serait désespéré si tu te faisais capturer. Sois assuré que je veillerais sur Harry en ton absence." Il fronça les sourcils. "Gros bisous, Albus.(3)"
Il lança un regard noir à Fawkes qui avait roucoulé avec désapprobation.
"Bon d'accord, alors il a pas dit 'gros bisous' mais, Fawkes, cette lettre est pleine de sous-entendus et tu le sais." Il agita la lettre. "Ce qu'il dit c'est: ne t'approche pas de Harry. Nous le savons tous les deux." Il soupira. "Est-ce que tu crois que c'est que veut Harry?" Bien sûr, il n'avait aucune idée de ce que Harry voulait vraiment. Il espérait que l'enthousiasme de Harry à l'idée de vivre avec lui avait été réel.
Fawkes pencha la tête et vola jusqu'à Sirius où il pressa sa tête contre son torse. Une vague de chaleur envahit Sirius, le réconfortant. Harry le voulait dans sa vie. Le souvenir du sourire de Harry lorsque Sirius lui avait fait son offre de vivre avec lui lui remplit la tête.
Sirius expira lentement et caressa Fawkes. "Merci de m'avoir rassuré, Fawkes. J'en avais besoin." Il plissa les yeux à l'attention de l'oiseau. "Tu es d'accord avec moi, non? Harry serait mieux loin des Moldus?"
Fawkes roucoula joyeusement.
"Alors tu ne diras pas à ton vieux sorcier si curieux où je suis?" Sirius commença à sourire lorsque Fawkes hocha la tête. "Merci," lui dit-il. Il se renseignerait tout de même sur les protections contre les phœnix; peut-être une protection qui permettrait à Fawkes d'entrer mais repousserait les sorciers qu'il pourrait transporter.
Le phœnix lui lança un autre regard désapprobateur comme s'il avait lu ses pensées et s'envola. Il disparut dans une flambée de flammes.
Hooter hulula, rappelant à Sirius qu'il attendait. Sirius lui tendit un bout de bacon pour s'excuser et récupéra la lettre. Elle était vide. Sirius sourit et la tapota de sa baguette. "Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises."
"Padfoot,
Je suis content que tu sois en sécurité. Je suis retourné chez moi, près de Oxford, après avoir démissionné de Poudlard. Snape (4) a laissé échapper mon problème de fourrure et, eh bien, nous savons tous les deux ce qui va se passer donc j'ai démissionné avant qu'Albus ne soit forcé de me licencier. Honnêtement, c'est probablement pour le mieux - j'ai été imprudent après tout la nuit de la pleine lune, et j'ai failli blesser les enfants. C'est certainement ma faute si Peter s'est échappé.
Mon seul regret, c'est que je ne pourrais pas passer plus de temps avec Harry mais je réalise que c'est égoïste quand je pense à tout le temps que j'ai déjà passé avec lui et que tu n'as pas eu."
Sirius renifla. Il ne pouvait pas nier qu'il s'était senti jaloux à l'idée que Moony ait passé du temps avec Harry mais il avait aussi été soulagé que Harry ait au moins Moony. Mais ce n'était plus le cas. "Stupide Snivellus (5)," marmonna-t-il dans sa barbe.
"En parlant de Harry, il y a des choses que je dois te dire. Je sais qu'il vaut probablement mieux que tu ne dises à personne où tu es mais...eh bien, tu m'as manqué, mon ami, et je pense que nous devrions nous entretenir en face à face. Contacte-moi quand tu auras décidé que nous pouvons nous rencontrer en toute sécurité.
Prends soin de toi,
Moony."
Sirius se sentit submergé par les émotions et il prit une profonde inspiration. Il avait repris son Occlumencie la nuit précédente afin de regagner un peu de contrôle sur son esprit et sur ses émotions; ses pensées avaient bien trop tendance à le submerger, ses émotions à changer. Il devait reprendre le contrôle de lui-même s'il voulait prendre soin de Harry.
Kreacher apparut à côté de lui. "Vous vouloir autre chose pour le petit-déjeuner, Lord Black?"
"Quoi?" Sirius posa les yeux sur sa nourriture. "Euh, non. Je n'ai pas encore commencé à manger."
Kreacher déposa une potion nutritive à côté de l'assiette avant de disparaître.
Sirius grimaça avec dégoût mais but la potion. Il en avait besoin, tout comme de la nourriture qu'il commença à engloutir. La cuisine avait retrouvé sa condition immaculée et il appréciait la cuisine de Kreacher.
En fait, tout le premier étage avait été rénové depuis l'arrivée de Sirius; le vieux décor avait été jeté et remplacé ou restauré. Des couleurs neutres et chaleureuses, brun, crème et or, recouvraient les murs. Du rouge avait été utilisé pour accentuer les teintes, y compris dans le bureau où les murs avaient été peints d'une couleur chocolat chaleureuse. Les peintures champêtres restaient mais toutes les autres avaient été rangé au grenier, y compris le portrait de Phineas Nigellus Black. En tant qu'ancien Directeur de Poudlard, le portrait aurait pu l'espionner sur les ordres de Dumbledore, et bien que Kreacher lui ait assuré que Phineas n'avait pas visité son portrait du Manoir Black depuis des années, Sirius ne voulait pas prendre le moindre risque. Le portrait endormi de sa mère avait été offert à Kreacher en récompense; la magie de l'elfe de maison décollant le fichu portrait du mur. Il n'avait pas la moindre intention de réveiller son portrait un jour.
Même s'il aurait aimé pouvoir parler de son plan à quelqu'un d'autre que Kreacher.
Ses yeux tombèrent sur la lettre de Remus. Moony. Bien sûr, il pourrait demander à Moony de venir vivre avec lui - de l'aider. C'était parfait. Remus aurait un travail et...et Sirius devrait prendre bien garde à la façon dont il formulerait son offre ou la fierté de Remus l'empêcherait d'accepter.
Il termina son petit-déjeuner et envoya une lettre à Remus avec le second hibou qu'il avait acheté; un oiseau noir et majestueux, facilement reconnaissable pour quand il devait envoyer des courriers de la part de Lord Black. Il l'avait appelé Reg en honneur de feu son frère. La lettre invitait Remus à un entretien d'embauche l'après-midi même, pour devenir le Steward (6) de la Noble et Très Ancienne Maison qu'il avait très récemment clamé. Il y avait inclus les détails du salaire, des tâches et de bénéfices - ainsi que l'adresse. Si Remus était intéressé, la lettre agirait comme un portoloin et l'emmènerait à l'entretien; s'il souhaitait décliner, il n'avait qu'à répondre au courrier.
Sirius espérait que Remus accepterait - il avait des questions à poser à son ami, au sujet de Harry ainsi qu'au sujet de ce qui s'était passé durant toutes ces années que Sirius avait passé à Azkaban. Et il lui manquait aussi.
Les quelques heures suivantes furent une véritable torture. Il dût se distraire en aidant Kreacher à débarrasser la cave de toute magie noire. Sirius n'avait pas besoin d'un laboratoire de potion ou d'une cellule de torture, et ils étaient en train de transformer la pièce en un mélange de gymnase et salle de duel; il devait se remettre en forme. Mais bientôt, ce fut l'heure où Remus était censé arriver et Sirius se dirigea vers la salle de réception. Il était passé d'un espoir optimiste que Remus accepterait son invitation à une certitude pessimiste qu'il refuserait malgré le fait que Reg était revenu sans réponse.
Remus arriva pile à l'heure, atterrissant avec facilité. Un large sourire apparut son visage lorsqu'il vit Sirius et il se jeta à travers la pièce pour le serrer dans ses bras.
"Padfoot. Je pensais bien que ce serait peut-être toi!" Remus se recula et lui fit un large sourire.
"Moony." Sirius n'arrivait pas à arrêter de sourire. Il serra à nouveau Remus dans ses bras et le relâcha ensuite avant de s'humilier en fondant en larmes de soulagement.
"Bon, bien que je sois triste qu'il n'y ait pas de véritable emploi, je suis fou de joie de te revoir," lui dit joyeusement Remus. "Je n'arrive pas à croire que tu es resté en Angleterre!"
"J'ai des plans," lui dit Sirius avec hésitation, "et j'ai bien peur que l'offre d'emploi soit réelle, Moony. Je, euh," il fit un geste vague vers le blason des Black fraîchement peint sur le mur, comme pour le montrer à Remus. "Il se pourrait que j'ai clamé la position de Patriarche de la Maison des Black."
Remus le regarda avec ahurissement.
"Viens avec moi, je vais tout t'expliquer," lui dit Sirius en entraînant Remus vers le bureau.
Sirius se renfonça dans son fauteuil et fit distraitement tourner sa baguette entre ses doigts alors que le regard de Remus voyageait entre le tableau noir et la lettre de Dumbledore posée entre eux. Ça faisait cinq minutes qu'il ne faisait que ça et Sirius ne pouvait pas s'empêcher de penser que c'était mauvais signe.
Remus soupira et but une gorgée de thé pour se redonner des forces. "Bon, je peux comprendre que tu prennes cette voie, Padfoot." Il tapota la tasse en céramique qu'il tenait. "Malgré ma propre dette envers Albus, j'ai passé la plupart de l'année dernière à alterner entre vouloir remercier Albus pour l'opportunité de pouvoir enfin faire connaissance avec Harry et vouloir lui lancer un sort pour m'avoir empêché de l'approcher jusque là."
"Comment est-ce arrivé?" lui demanda Sirius, curieux de savoir ce qui s'était passé.
Son ami grimaça avant de croiser son regard. "Dès que j'ai appris ce qui s'était passé, je suis revenu de Roumanie, juste à temps pour assister aux petites funérailles organisée pour James et Lily à Godric's Hollow." Il intercepta la question de Sirius en levant une main avant de lui répondre, "La Demeure Potter, ainsi que le cimetière familial doivent être immédiatement passé sous un Fidelius de Mort et sa location n'était donc plus connue que par les membres de la Maison des Potter."
Comme Sirius, à qui avait été accordé le Sanctuaire de la Maison des Potter.
"Les Longbottom et moi avons accosté Albus après l'enterrement pour parler de Harry et toi." Il secoua la tête à ce souvenir. "Je voulais vous rendre visite à tous les deux - toi pour pouvoir te réduire en charpie et Harry pour m'assurer qu'il était en sécurité. Albus m'a informé que tu avais déjà été condamné à Azkaban."
Sirius ignora ces informations d'un geste de la main. "Et Harry?"
"Ben, Albus m'a confirmé qu'il avait confié Harry à la sœur de Lily, dans le monde moldu, et qu'elle avait accepté de s'occuper de lui; que c'était une affaire réglée. Alice était furieuse mais Albus lui a répondu que tu étais en prison, qu'ils avaient été dissimulés par le Fidelius et qu'il ne savait pas qui était leur Gardien du Secret. Enfin bref, Frank lui a dit que maintenant qu'ils étaient sortis de leur cachette, ils prendraient la garde de Harry comme l'avaient voulu James et Lily."
"Et ensuite, ils ont été attaqués," murmura Sirius, en essayant d'assembler les différents morceaux d'information qu'il avait rassemblé l'année dernière.
"En fait, ils ont été attaqués deux semaines plus tard," lui dit Remus avec un lourd soupir. "Entre-temps, le Ministère avait demandé des preuves avant de retirer la garde à un membre de la famille. Et les Longbottom n'avaient pas de copie du testament. Les avocats des Potter, Arkam et Arkam, ont annoncé que leur copie du testament avait disparu." Il prit une profonde inspiration. "J'ai fouillé tes affaires à ton vieil appartement puisque j'avais la clé, mais je n'y ai rien trouvé. Gringotts a déclaré qu'ils ne pouvaient pas ouvrir les coffres-fort des Potter sans la présence d'un Potter."
"Ma copie du testament est dans mon coffre-fort," lui dit doucement Sirius.
"Bien sûr qu'il y est," dit Remus. "J'en étais arrivé à cette conclusion." Il s'interrompit. "Frank et moi venions de décider que la seule chose à faire était de négocier avec ton grand-père pour qu'il prenne le contrôle de ton coffre-fort au nom de la Maison des Black et qu'il leur remette le testament s'il y était, mais avant qu'il ne puisse aller le voir, comme tu l'as dit, Alice et lui ont été attaqués."
Sirius secoua la tête, en pensant à comment tout avait conspiré pour se passer horriblement mal pour Harry après la mort de ses parents.
"Enfin bref, avec les Longbottom incapables de s'occuper de lui et Augusta trop occupée à prendre soin d'un bébé traumatisé, toute cette histoire a été abandonnée. Je savais que James et Lily avaient probablement pris des précautions au cas où Alice et toi seriez incapable de vous occuper de Harry et j'ai envisagé de demander à ton grand-père, mais je savais que, contrairement aux Longbottom, je n'avais pas l'influence politique nécessaire pour qu'il me remette le testament et je ne voulais pas lui donner l'idée de, ben..."
"Demander la garde de Harry lui-même?" Sirius hocha lentement la tête. "Bien vu. Il l'aurait fait. Et tu te rappelles que James et moi rigolions du fait que nous étions cousins? La relation est éloignée de quelques degrés mais..."
"Ton grand-père en aurait profité, et vu que tu étais nommé gardien légal dans le testament, ça n'aurait fait que renforcer sa demande." Remus but une autre gorgée. "J'ai renoncé à cette idée et je suis allé demander à Albus de me donner accès à Harry."
"Ce qu'il a refusé," détermina sèchement Sirius.
"Il m'a dit que les protections repoussaient les créatures des ténèbres et que même si ça n'avait pas été le cas, il avait promis que les contacts des Dursley avec le monde sorcier seraient minimaux jusqu'à ce que Harry soit assez vieux pour entrer à Poudlard."
"Et par minimaux, Albus voulait dire non-existants," dit sèchement Sirius, déjà outré que Remus ait été qualifié de créature des ténèbres.
"Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas laisser Harry là-bas sans la moindre surveillance. Il a répliqué que grâce aux protections, il saurait si Harry était attaqué par des Mangemorts. J'ai répondu que ce n'était pas suffisant. Il a fini par concéder que peut-être que ce serait une bonne idée de placer quelqu'un à proximité." Les yeux de Remus s'assombrirent. "Puis il a dit que ça ne pourrait pas être moi parce qu'un jeune homme s'intéressant à un petit garçon serait soupçonné d'être un pédophile."
Sirius grogna.
L'expression de Remus s'éclaircit et il lui fit un sourire reconnaissant. "Je sais, Padfoot. Je n'étais pas content non plus. Mais j'ai bien dû admettre que c'était probable. Mon intérêt pour Harry aurait semblé inhabituel."
"Au moins, tu as obtenu que quelqu'un le surveille. Figg, c'est ça? La vieille folle qui venait aux réunions de l'Ordre en puant les fléreurs? Je l'ai vu là-bas quand j'y suis allé après m'être échappé." Sirius sentit sa colère envers Dumbledore se réveiller à nouveau; sentit sa certitude que Harry n'était pas en sécurité avec les Moldus se raviver.
"Je n'ai jamais su qui c'était." Remus prit une profonde inspiration. "Après ma confrontation avec Albus, j'étais toujours déterminé à trouver le moyen de faire partie de la vie de Harry mais malheureusement, quelques jours à peine plus tard, mon père a fait une crise cardiaque et a dû être hospitalisé. J'ai passé les mois suivants à prendre soin de lui, et de ma mère, qui était dans tous ses états. Il est mort l'année suivante et ma mère l'a suivi quelques semaines plus tard, morte d'un cœur brisé, je pense."
"Je suis désolé, Remus," lui dit doucement Sirius. Il avait aimé les parents de Remus; c'étaient des gens bien.
Remus hocha la tête. "J'étais une loque. J'avais perdu trop de membres de ma Meute d'un seul coup. Le temps que je me remette de ma dépression, Harry avait six ans."
"Mais tu as essayé de le voir," dit fermement Sirius.
"Vous deux, en fait." Remus sourit en voyant la surprise de Sirius. "Le guérisseur mental pensait que ça me serait utile d'affronter les fantômes de mon passé, et j'avais tellement de questions, Padfoot, sur les raisons qui t'avaient poussé à faire ça. Ça n'avait aucun sens pour moi. J'étais très confus."
Sirius soupira à la perte d'une autre opportunité d'avoir vu quelqu'un; d'avoir raconté son histoire plus tôt. "Je suppose que tu n'as pas obtenu la permission."
"Pendant que je m'étais noyé sous ma douleur, il y avait eu un mouvement anti-loups-garous incluant une nouvelle restriction nous interdisant de rendre visite à des prisonniers d'Azkaban." Remus haussa les épaules. "J'ai décidé de te laisser dans le passé et j'en suis désolé."
Sirius ignora ses excuses. "Et Harry?"
"J'avais décidé de demander directement à Petunia et réussi à la traquer dans le monde moldu. Je lui ai envoyé une lettre lui rappelant que j'étais un ami de Lily et lui demandant si je pourrais voir Harry puisqu'il avait l'âge d'entrer à l'école et qu'il se pouvait qu'il soit curieux au sujet de ses parents. Je lui ai offert d'expliquer la magie et le monde sorcier à Harry." Il souffla. "Elle m'a répondu et m'a très poliment dit d'aller me faire voir. Harry était un enfant normal et il allait dans une école normale, et elle répondrait à toutes les questions qu'il aurait sur ses parents."
"Normal?" répéta Sirius. "Harry a coloré mes cheveux en rose à trois mois."
"Je sais." Remus sirota son thé. "J'étais inquiet et j'ai écrit à Albus, sans lui dire que j'avais approché Petunia. Je lui ai demandé des nouvelles de Harry et lui ai rappelé que je voulais le voir. Albus..."
"T'a dit que tout allait bien."
"En gros." Remus lui fit un sourire douloureux. "Il m'a rappelé qu'il avait assuré à Petunia un minimum d'interactions jusqu'à ce que Harry commence Poudlard. Il a suggéré que ce n'était pas sage pour moi de vivre dans le passé et que je devrais me concentrer sur le présent. Il était certain que je serais réuni avec Harry en temps voulu."
Sirius renifla.
"Je sais," approuva Remus. "J'avais commencé à comprendre que Albus n'avait aucune intention de me laisser approcher Harry. Enfin, dans mes mauvais jours, quand je n'arrivais pas à trouver du travail ou que j'étais insulté pour être un loup-garou, c'était moi en particulier et dans les bons jours, c'était tous les Sorciers."
"Tu n'as pas renoncé," lui dit Sirius, un sourire connaisseur aux lèvres.
"Si, pendant un temps," concéda Remus. "J'ai dû partir à l'étranger pour travailler, mais j'ai écrit à Albus le mois de juin précédent le onzième anniversaire de Harry. Je lui ai proposé d'amener sa lettre à Harry, de tout lui expliquer et de l'accompagner faire ses achats au Chemin de Traverse." Il prit une autre gorgée de thé. "Une fois de plus, il a refusé. Seuls les employés de Poudlard pouvaient informer les étudiants. J'ai découvert qui il a envoyé cette année pendant que j'enseignais. Est-ce que tu sais qui a envoyé Albus?
Sirius secoua la tête. Il espérait que ce n'était pas Snape.
"Hagrid."
"Hagrid," répéta stupidement Sirius. Il adorait Hagrid, vraiment, mais si on lui avait demandé qui envoyer pour parler du monde sorcier à un enfant...Hagrid n'aurait pas été sur sa liste - il lui aurait même préféré Snape. Et Harry aurait besoin d'une présentation exhaustive apparemment.
"Comme je te l'ai dit, lancer des maléfices à Albus était sur ma liste de choses à faire cette année." Remus reposa enfin sa tasse. "J'ai à nouveau écrit à Albus lorsque Harry a commencé l'école, lui suggérant que je pourrais peut-être débuter une correspondance avec lui. Une fois de plus, la réponse fut non: Harry s'ajustait à la vie dans le monde sorcier et apprenait à vivre avec son passé si unique. J'ai essayé d'écrire directement à Harry malgré tout mais le hibou m'a été renvoyé comme toujours. Bien sûr, plus de la moitié de notre monde a probablement essayé de lui écrire cette année-là."
Sirius fronça les sourcils, inquiet. Ça avait du sens que Harry ait une protection anti-hiboux mais des exceptions étaient clairement faites puisque le courrier de Sirius lui était parvenu.
"Puis, tout à coup, j'ai reçu une lettre de Hagrid. Il voulait faire un album photo pour Harry." Remus fit un signe de la main. "J'ai cherché des photos de James et Lily dans mes albums ainsi que dans ceux que j'avais récupéré chez toi et je lui les ai envoyé. Je lui ai demandé de dire à Harry que je serais plus que ravi de lui raconter l'histoire derrière les photos. Hagrid m'a envoyé une lettre de remerciement mais rien de plus."
Remus se frotta le front. "Donc, une fois de plus, j'ai attendu que l'école reprenne avant d'envoyer un hibou à Albus, lui demandant poliment de laisser mes lettres être transmises à Harry."
"Tu es certainement persistent, Moony," commenta Sirius. D'autres auraient renoncé.
"Je n'avais rien à perdre," répliqua Remus, "et j'espérai que Albus ait épuisé toutes ses excuses."
"Mais?"
"Albus n'avait pas épuisé toutes ses excuses," lui dit Remus. "Ce fut une autre réponse négative. J'aurais probablement insisté, mais j'ai perdu mon emploi une semaine plus tard, et j'ai dû retourner en France pour travailler."
Sirius se demanda si Albus avait quelque chose à voir avec ça mais il repoussa cette pensée. Même le vieil homme n'aurait pas été aussi loin pour empêcher Remus d'entrer dans la vie de Harry.
Remus sourit, mais pas d'un sourire joyeux, il était plus prédateur qu'autre chose. "Et ensuite, tu t'es échappé d'Azkaban."
"Et Albus a soudainement eu besoin de toi," conclut Sirius. Il avait suspecté pendant sa surveillance de Harry au cours des mois passés que Remus n'avait pas fait partie de sa vie, mais il avait espéré... "Voilà qui explique beaucoup."
"Oh, ça ne s'arrête pas là," continua Remus. "Dès qu'il m'a offert le poste, Albus m'a fait jurer de laisser Harry venir à moi et de ne rien lui dire sur ses parents jusqu'à ce qu'il me le demande; que ça pourrait blesser Harry que j'aborde le sujet."
Sirius sauta sur ses pieds, bien trop enragé pour rester immobile. "Tu ne lui as pas promis, si?"
Remus leva la main. "Je lui ai promis mais je n'avais pas l'intention de tenir parole. Maraudeur un jour..." Il laissa sa voix s'éteindre mais Sirius comprit le message; Remus avait eu l'intention de trouver un moyen de contourner la décision d'Albus. "Mais ensuite j'ai rencontré Harry et je...je n'ai pas pu lui dire."
"Quoi?" demanda Sirius.
"Je me suis figé." Remus rougit d'embarras. "J'avais tellement essayé de voir Harry que j'avais oublié qu'il n'était plus le petit bambin malicieux qui m'appelait Mooey et exigeait des câlins dès que j'arrivais. À la place, il y avait cet adolescent de treize ans, silencieux et intense, qui ne me connaissait absolument pas et...je n'y avais pas réfléchi jusqu'à ce que je le vois; et s'il ne m'aimait pas? Et s'il découvrait mon problème de fourrure et..." Il s'interrompit brusquement.
Sirius arrêta de faire les cent pas et se jeta sur le fauteuil en face de Remus. Il pouvait comprendre la position de Remus. Il était lui aussi désorienté parfois; lorsqu'il essayait de réconcilier le bébé joyeux qu'il avait aimé inconditionnellement avec l'adolescent sur lequel il veillait, à qui il avait parlé si brièvement; un adolescent qu'il ne connaissait pas et qui ne le connaissait pas non plus. "Alors tu as attendu."
Remus hocha la tête à contre-cœur. "J'ai réalisé que j'aurais dû tout lui dire dès que je m'étais présenté et maudit soit mon manque de courage et l'inquiétude bien-intentionnée d'Albus." Il soupira. "Parce que c'est ça le truc, Padfoot: vu comme ça, chacune des actions d'Albus semble venir d'une inquiétude bien-intentionnée et d'un désir de protéger Harry, surtout considérant le rôle de Survivant de Harry." Il s'interrompit à nouveau. "Prises individuellement, aucune des actions d'Albus est malveillante."
"Il a contré le système et ignoré le testament," répliqua Sirius.
"Oui, mais avait-il prit connaissance du testament? Est-ce que tu te rappelles s'il était l'un des témoins?" répondit Remus.
Sirius secoua la tête. Il n'arrivait pas à se rappeler avec clarté des témoins de l'acte notarial.
"Et, sans le testament, le Bureau des Orphelins Sorciers aurait probablement confié Harry à Petunia de toutes façons," continua Remus. "Petunia est le dernier membre de la famille de Harry. Ajouté à ça que Harry était sûrement plus en sécurité dans le monde moldu et je suis sûr que garder Harry éloigné du monde sorcier était pour le protéger." Il haussa les épaules. "Et d'après quelques commentaires qu'Albus a laissé échapper, je pense qu'il espérait que Harry ait une enfance normale puisque notre monde était prit dans la folie du Survivant."
"Et comment ça a commencé ça d'ailleurs?" demanda Sirius. "Personne ne sait vraiment ce qui s'est passé, juste le strict minimum..."
"Probablement une combinaison de Hagrid et de Peter," l'interrompit Remus. "Hagrid n'a jamais été le membre le plus discret de l'Ordre et je suspecte que Peter ou plutôt Wormtail (7) était là cette nuit-là. Je pense qu'il a vu ce qui s'était passé et qu'il a raconté ça à tout le monde dans l'espoir de détourner l'attention de lui et sur Harry."
"Bordel," cracha Sirius. "S'il était là quand j'étais là..."
"Alors il savait que tu te lancerais à sa poursuite." Remus lui fit un sourire triste. "Ça explique comment il a réussi à te piéger."
Sirius repoussa cette pensée et se concentra sur Harry. "Okay," dit-il lentement, "donc on accepte temporairement que Dumbledore a placé Harry avec de bonnes intentions..." Quand il y avait réfléchi tout seul, il était arrivé à la même conclusion mais c'était rassurant de savoir que Remus était d'accord avec lui.
"Mais ça n'explique pas pourquoi il a loupé les signes de maltraitance," l'interrompit Remus.
Sirius se figea. "Tu es sûr de ça?"
"J'ai passé beaucoup de temps à surveiller les retenues des jumeaux Weasley, Fred et George," commença Remus. "Minerva n'arrêtait pas de me les confier, probablement pour se venger de nos années d'école et ..."
"Qu'est-ce que ça a..."
"Tu te rappelles que Ron est le meilleur ami de Harry," l'interrompit Remus. "Les jumeaux sont à Gryffondor et dans l'équipe de Quidditch avec Harry. Ils l'apprécient beaucoup, le considèrent comme un Weasley honoraire."
La confusion de Sirius disparut.
Remus croisa ses mains sur son ventre. "La semaine dernière, au début de leur retenue, j'ai dit que j'étais inquiet pour la situation familiale de l'un de leurs amis et que bien que je ne voulais pas les placer dans la position difficile de devoir trahir sa confiance, j'apprécierais n'importe quelle information qu'ils pourraient me donner." Il soupira. "Ils ont immédiatement su que je parlais de Harry et ils ont longuement hésité avant de parler mais une fois qu'ils ont commencé..."
"Ils ne se sont plus arrêté," finit Sirius.
Les yeux de Remus s'enflammèrent de colère. "L'été après sa première année, ils l'ont trouvé enfermés dans sa chambre et à peine nourri. Ils ont récupéré sa malle dans un placard fermé à clé où ils ont trouvé un vieux dessin disant 'la Chambre de Harry'. Ils m'ont dit qu'ils ne pensaient pas que Harry ait jamais reçu un cadeau de Noël ou d'anniversaire. Ils savent que ses vêtements moldus viennent de son cousin. Le reste, eh bien, ce ne sont que des spéculations."
Sirius agrippa les accoudoirs de son fauteuil si fort que ses phalanges blanchirent.
"Lorsque j'ai démissionné, j'ai essayé de parler à Albus de ce que les jumeaux m'avaient dit et il n'a pas semblé très surpris," dit Remus, d'une voix calme que démentait la fureur brûlant dans ses yeux. "Il a clamé que bien que oui, la famille de Harry ne lui offrait pas la meilleure situation, la maison des Dursley restait l'endroit le plus sûr pour Harry. À mon avis, il refuse de voir non seulement la maltraitance mais aussi les effets qu'un tel traitement peut avoir sur un enfant."
Sirius haussa un sourcil en entendant la fureur évidente dans ses mots. "Peut-être qu'on devrait arrêter de parler de ça. Aucun de nous ne peut se permettre d'essayer d'assassiner les Moldus ou Dumbledore. On va récupérer Harry, je te le jure."
Son ami le regarda pendant un long moment, mais la rage s'était éteinte dans ses yeux. "Je n'aurais jamais cru voir un jour Sirius Black me conseiller d'être prudent."
"Harry," dit fermement Sirius, "est plus important que tout au monde. J'ai bien appris ma leçon."
"Bien dit, Sirius." Remus se pencha en avant et lui tapota fièrement le bras. Il hésita un instant jusqu'à ce que Sirius lui fasse un geste de la main l'invitant à continuer. "Je me demandais juste si tu voulais en apprendre plus sur les deux premières années de Harry à Poudlard?"
"Bien sûr! Je veux tout connaître de Harry!" répondit immédiatement Sirius. Pourquoi Remus était-il si hésitant? Il se figea. "Est-ce...est-ce qu'il s'est passé quelque chose?"
Remus soupira lourdement. "J'ai bien peur que ça ne va pas te plaire."
(1) Prongs: Cornedrue
(2) Fawkes: Fumseck
(3) Outre le fait que ce soit une histoire absolument géniale, et que j'adore les fanons de noblesse et de magie familiale, ces trois mots sont une des première raison pour laquelle j'ai voulu traduire cette fic. Me demandez pas pourquoi, mais je trouve ça absolument hilarant!
(4) Snape: Rogue
(5) Snivellus: Servilus
(6) Steward: Pas vraiment de traduction exacte en Français. Sorte de super-intendant.
(7) Wormtail: Queudver
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Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !
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