Vous pouvez poster vos avis, qu'ils soient positifs ou négatifs, sans avoir peur de ma réaction. J'accepte les critiques du moment qu'elles sont fondées et ça me ferait même plus plaisir d'en recevoir que rien du tout. Je ne sais pas si ça vous plaît mais que vous ne voulez pas poster une petite review ou si ça ne vous plaît juste pas.

Bob Razowski alias Léa : Je continuerais d'écrire si tant est qu'au moins une personne apprécie mon travail , ce qui semble être ton cas alors tant pis si ma fiction n'est pas super-connue. Merci beaucoup pour tes encouragements et tes compliments, ça fait chaud au cœur. J'essaie de poster le plus possible, sans me précipiter de trop et bâcler mes chapitres :)

Espe29 : Merci de ton commentaire, c'est gentil :)


Ses pas se répercutaient contre les murs de pierres sombres, glaciales ; chaque expiration faisait apparaître une volute de fumée blanche autour de lui. Ses longues mèches frôlaient ses omoplates en un mouvement gracieux et ses traits, pourtant agréables aux yeux de bien des sorcières, n'étaient qu'un inexpressif masque hautain. C'était là son habituelle apparence, celle qui lui avait ouvert tant de portes et fait obtenir une telle réputation. Une renommée qui dépassait celle de son nom, de sa fortune. C'était tout ce qu'enfant, il désirait. C'était tout ce qui, aujourd'hui, faisait encore de lui quelqu'un de respecté. De crains, plus précisément, mais si il avait bien retenu quelque chose de toute cette vie d'obscurité, c'était que la crainte se muait toujours en le plus profond des respect.

Égaré dans l'intensité de ses pensées, l'homme ne portait qu'une attention restreinte aux portes alignées d'où sortaient quelques bras, quelques appels désespérés. C'était chaque fois comme retourner à Azkaban, cette maudite prison dont il avait été ravi de s'évader. L'on aurait pu penser, lui le premier, qu'avec tant d'années au service du Seigneur des Ténèbres il était solide, qu'une telle détention ne serait rien de moins qu'une promenade de santé. Que nenni : ça ne l'avait pas seulement ébranlé, c'était plus profond. Oh, il avait mis un bon bout de temps avant de reconnaître que ça l'avait traumatisé, lui, Lucius Malefoy, d'être entouré d'autant de tarés. Il fallait bien être au moins, à l'instar de formidable sa belle-soeur, complètement fêlée pour copiner avec les Détraqueurs, ou ne pas subir leur influence, ni souffrir de leur constante présence. C'est en compagnie de ces créatures qu'il avait découvert une petite chose: finalement, il était peut-être bien humain, vulnérable et surtout doté de sentiments autre que l'autosatisfaction, la haine ou la crainte. En fait, il avait surtout découvert la tristesse, le manque, la misère à des sommets insoupçonnés jusqu'alors. Un peu d'amour aussi, peut-être, ou du moins un élan d'affection soudain à sa sortie, surtout pour son fils. Le changement avait été minime dans ses actes, son maître ne devant s'en douter pour rien au monde. Quelques uns de ses camarades notèrent bien ce manque d'entrain, ses actes plus mécaniques, machinaux, que cruels, mais la plupart choisirent de le mettre sur le compte de la perte. A son retour d'Azkaban, on lui avait appris que sa femme avait été assassinée. Une sordide histoire après tout, il avait très bien pu en être affligé. Aussi droit et fier qu'il était, c'était une possibilité. Cependant, elle ne pouvait être soulevée que par des ignares qui se glorifiaient de connaître ses secrets sans qu'il n'en soit rien.

Ses enjambées, mues par un instinct propre, le conduisirent jusqu'à l'un des derniers panneaux de fer du fond, similaire aux autres à un détail près. Ils portaient tous, soigneusement gravé, un numéro. Cette cellule-ci était la vingtième, comme indiqué. Ses longs doigts pâles effleurèrent le relief des chiffres, replongeant un instant dans ses songes.

Des émotions, aussi étrange que cela le paraisse, étaient nées en lui lorsque le maître lui avait donné la responsabilité de la captive. L'amie de Potter, une pièce importante, une Sang-de-Bourbe. Il avait d'abord cru à une fierté légitime. S'il avait été désigné, c'était qu'il le méritait. Puis, après leur première entrevue, ce fut autre chose. La flamme d'arrogance qui brûlait dans son regard réveillait en lui quelque chose qu'il ne comprenait pas, ou qu'il ne désirait pas comprendre. L'innocence qui l'entourait était la seconde chose qui l'avait marqué. Elle lui semblait si jeune, si pure. C'était comme observer le total opposé de l'être qu'il avait toujours été, comme contempler les qualités qu'il n'avait jamais possédées et toujours enviées. Et ces deux constations alimentaient le dernier sentiment qu'il était à même d'identifier : la haine. D'ailleurs, elle était réciproque. La seule chose qu'ils avaient en commun, qui les liait d'une certaine façon. C'était surréaliste, mais il trouvait un certain plaisir à ce qu'elle ressente cette animosité et cette aversion en écho aux siennes. Peut-être même la dégoûtait-il autant qu'elle et son sang le répugnaient.

Le souvenir des paroles de Dolohov lui revint en mémoire, lui causant un rictus irrité. « N'as-tu pas remarqué son corps, Lucius ? Cette petite garce a bien grandi depuis le ministère, tu trouves pas ? J'me la ferais bien, moi, histoire de voir si elle garde sa fierté avec les cuisses écartées. » Un rire gras avait ponctué sa phrase, accompagné de celui plus bruyant de Goyle senior. Merlin, qu'ils pouvaient être pénibles ! D'un geste vague de sa baguette, il les avait fait taire. Cependant, la convoitise de son collègue avait réveillé son instinct possessif. La Sang-de-Bourbe était sa prisonnière, la sienne parce que le Seigneur des Ténèbres la lui avait confié. Le Mangemort connaissait les traitements compromettants auxquels ses semblables confrontaient les filles de son rang lorsqu'ils en étaient responsables. Ça n'avait jamais été son cas, les Malefoy ne se souillaient pas de sang impur. Sans compter que celle-ci avait l'âge d'être sa fille et était assurément encore aussi pure et innocente qu'elle en avait l'air. L'on pouvait le traiter de monstre à loisir, mais les vierges sales, apeurées, impures et sans défense ne constituaient pas vraiment un fantasme.

Un souffle las s'échappa de la ligne de ses lèvres. Il ferait sans doute mieux de cesser ses rêveries et d'agir ; sa décision était prise de toute façon. Du bout de son morceau de bois magique, il déverrouilla et ouvrit la lourde porte qui gémit péniblement. Ses pupilles se posèrent sur les corps enlacés, maigrichons, des deux petites filles. L'une, celle qui lui causait tant de réflexion, était adossée au mur et l'autre, pas plus vieille qu'un nourrisson, s'était positionnée entre ses jambes. Le spectacle était pitoyable, un chouia dramatique. Il dut néanmoins concéder que leur peau pâle dans l'obscurité rehaussaient cet aura angélique qui les entourait déjà, formant un tableau presque poignant. Presque. Ornées d'un rictus mauvais, ses lèvres articulèrent une petite formule plus vicieuse que douloureuse. Les deux corps endormis furent parcourus d'un étrange courant électrique qui les propulsa toutes les deux sur leurs jambes faiblardes. Elles ne tinrent toutefois pas bien longtemps avant de s'écrouler à nouveau, os et muscles douloureux, mais parfaitement alertes désormais.

- « Je vous prierais m'épargner cette tendresse répugnante à l'avenir. »

Ses paroles lui valurent un regard assassin, auquel il répondit par un sourire apathique.

- « Je constate que vous vous êtes enfin décidée à la boucler, félicitations. A présent, levez-vous et suivez-moi, voulez-vous ? Oh et, bien sûr, j'apprécierais que votre langue garde cette délectable inactivité. »

Le sorcier leva les yeux au ciel, exaspéré, lorsque la lionne embrassa le sommet du crâne de sa cadette. Elle s'évertua ensuite à se remettre sur pied et vint se planter, en boitillant courageusement, devant lui. La tête haute, les traits durs, les yeux haineux, elle en était impressionnante de solidité, de résolutions. La bousculant sans ménagement, il l'incita à se mettre en marche et elle trébucha dans le couloir. Il n'avait à craindre aucune fuite : elle semblait avoir toutes les peines du monde à faire un pas après l'autre. Refermant la cellule sur la petite terrifiée, il remonta le couloir d'un pas cadencé, pressant la jeune femme qui claudiquait derrière lui.

- « On a pas toute la journée, stupide gamine. »

- « Vous auriez peut-être dû y songer avant de me broyer le genoux, Malefoy. » Cracha-t-elle, les dents serrées pour endiguer l'élancement de sa blessure.

C'était la première fois qu'elle répondait à ses provocations, du moins pour la journée. Un sourire mauvais apparût sur ses lèvres et, de sa baguette, il effectua un grand geste dans sa direction. Une entaille profonde coupa ses lèvres en diagonale, lui extorquant un couinement de douleur. Elle plaça immédiatement ses doigts contre la plaie, histoire de limiter la perte de sang, son regard meurtrier s'emplissant lentement de larmes traîtres.

- « Taisez-vous et obéissez. »

Son ton était implacable. La compassion et le remord n'appartenaient pas à son vocabulaire, ils lui étaient même totalement étrangers en vérité.

Ils parvinrent, après quelques temps de crapahutage difficile, à une pièce dans laquelle Lucius la poussa brutalement. Une table, en pierre pour ne pas dénoter avec la décoration répétitive, des instruments en tout genre ainsi que des sangles complétaient un décor qui ressemblait en tout point à sa cellule. Son analyse fut lente, son cerveau prit quelques longues secondes pour comprendre, mais ses yeux finirent par s'ouvrir grands. Aucun son ne put cependant quitter ses lèvres, l'homme l'avait privée de parole. Qu'allait-elle encore subir ? Qu'avait-elle bien pu faire pour le mériter ?

Alors qu'elle était soulevée puis allongée sur une surface plane, froide, par des mains invisibles, sa bouche s'ouvrit en un hurlement muet. Des sangles vinrent agripper solidement ses poignets et ses chevilles, réduisant à néant ses tentatives de résistance. Calmement, le geôlier releva ses manches sur ses avant-bras, dévoilant le maudit tatouage qui contrastait avec la porcelaine de sa peau. Et, toujours muni de sa baguette, il releva son uniforme d'écolière de quelques centimètres. Même dans cette situation, il ne la toucherait pas. Il effleura ensuite, du bout de la tige de bois, l'intérieur de sa cuisse ferme. L'expression plus impénétrable, plus insensible que jamais, il susurra.

- « Tu seras intouchable désormais. Je serais ton unique maître, tu seras entièrement mienne et même le Seigneur des Ténèbres ne pourra rien y faire. »

Des chiffres s'inscrivirent dans sa peau, indélébiles. Un deux, puis un zéro. Vint le tour d'une lettre, juste à la suite : un L. Un « Sang-de-Bourbe » compléta le tatouage, tracé d'une élégante façon sous le nombre et la lettre. Un halo noir entoura un instant les écrits avant de s'évanouir, les scellant dans sa peau pour l'éternité.

Toute vigueur, toute énergie avait déserté son corps et ce fut telle une poupée de chiffon qu'elle laissa des bras passer sous sa nuque et ses genoux. Elle fut plaquée contre un torse ferme, légèrement ballottée alors que l'inconscience l'attirait à elle. Son esprit l'avait délaissé, son cerveau s'était occupé d'anesthésier chacun de ses membres. Elle ne ressentait plus que les larmes qui glissaient sur ses joues en un long filet ininterrompu. Ses paupières tombèrent et l'obscurité l'envahit avant même qu'ils n'eurent atteint sa geôle où il la déposa pour repartir sans un regard.