Voilà le chapitre 2. Pour l'instant, je tiens parole, tout vas bien. Désolé s'il y a des fautes, j'essaie d'en supprimer le plus possible, mais je n'ai pas de bêta et c'est parfois difficile de se relire soi-même.


Chapitre 2 : Le Chemin de Traverse

BANG !

L'explosion avait, une fois de plus, secoué tout le Magicobus, et Harry s'était à moitié étranglé quand Rémus l'avait attrapé pour l'empêcher de tomber. Agacé, il repoussa sa chaise dans un coin du bus, essayant de se tenir aux parois pour s'empêcher de glisser.

- Pourquoi on n'a pas tout simplement pris la Poudre de Cheminette ? Plutôt que de risquer nos vies dans ce… bus ?

- Oh, allons, Harry… tu parles comme un vieillard ! Détends-toi, profite du voyage !

Harry ne se donna pas la peine de répondre ; il se contenta de lancer à son parrain un regard pénétrant.

- Pour que tu puisses reconnaitre les lieux, admit enfin Sirius, on ne sait jamais, ça peut servir, si tu te perds

Harry leva les yeux au ciel, et chercha quelque chose à répondre, mais le contrôleur choisi ce moment précis pour arriver et leur dire qu'ils allaient arriver à leur destination. Tous trois se levèrent alors, et ils se dirigeaient vers l'escalier pour atteindre le rez-de-chaussée du bus, lorsqu'une nouvelle explosion retentit. Etant tous trois très doués pour réagir très vite en cas de surprise, ils parvinrent in extremis à se raccrocher à la rampe. Ce ne fut pas le cas du contrôleur qui, plus habitué à prévoir les chocs d'après l'attitude du chauffeur, avait été pris complètement au dépourvu, et avait descendu les escaliers d'une manière qu'il devait probablement considérer comme un peu trop brutale.

Cachant mal son sourire en coin, Rémus fit sortir ses deux compagnons, qui manquaient de s'étouffer à force de se retenir de rire. Finalement, ils éclatèrent, et pendant dix minutes les Moldus qui passaient par là firent un détour pour ne pas trop s'approcher, tandis que Rémus avait l'air de vouloir s'enterrer vivant.

Finalement calmés, tous trois se dirigèrent vers le Chaudron Baveur.

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L'ambiance à l'intérieur du pub était enfumée, mais aussi chaleureuse et accueillante. Les trois compagnons traversèrent la salle sans ralentir, les deux adultes adressant au passage un salut de la tête au vieux barman édenté. Harry eut alors la vague impression que ses amis ne tenaient pas à s'arrêter ni a entamer la discussion. Toutefois, il se désintéressa bien vite de cette idée bizarre lorsqu'ils pénétrèrent dans la cour arrière du pub, où ils tombèrent nez-à-nez avec l'homme le plus immense qu'Harry ait jamais vu jusqu'alors.

Grand n'était qu'un euphémisme pour décrire cet homme, qui était carrément gigantesque. Haut comme deux hommes et large comme cinq, l'homme portait des bottes de la taille d'un jeune phoque chacune, et ses mains étaient larges comme des couvercles de poubelle. Son visage presqu'entièrement dissimulé par une barbe broussailleuse lui donnait un air sauvage, et pourtant, Harry sentit instinctivement que cet homme était, fondamentalement et viscéralement, bon.

- Oh, bonjour Hagrid, lança Sirius. Je ne pensais pas vous voir ici. Harry, voici Hagrid. Rubeus Hagrid. Il est Gardien des Clefs et des Lieux à Poudlard. Tu le verras souvent, il s'occupe de tout ce qui est extérieur.

- Vous vous souvenez de Harry, j'imagine, Hagrid ?

- Sur, sur, gronda le géant. J'aurais pas oublié le petit bonhomme, pas vrai ? C'est moi qui t'ai récupéré quand la maison de tes parents s'est effondrée, ajouta-t-il à l'attention de Harry. J'ai emprunté la moto de Sirius pour te confier à Dumbledore pendant que ton parrain alertait vos amis. Content de voir que t'as bien grandi, acheva-t-il en souriant.

- Merci, monsieur Hagrid.

- Pas de problème. Et me donne pas du monsieur, c'est vraiment pas la peine. Oh, mince, vous avez vu l'heure ? Le professeur Dumbledore m'a confié une mission, je ne vais pas le faire attendre !

Se disant, il saisit le parapluie rose qui dépassait d'une de ses poches et s'en servit pour tapoter une brique apparemment anodine. Immédiatement, le passage s'ouvrit, et Harry découvrit le Chemin de Traverse.

- Bienvenue sur le Chemin de Traverse, Harry ! Bonne journée, Sirius, Rémus, dit-il en s'écartant pour les laisser passer.

Tout trois remercièrent le géant et s'éloignèrent en direction de Gringotts pour récupérer un peu d'argent. Ce n'est qu'en sortant de la banque (Harry avait été assez intrigué par l'aspect des gobelins) qu'ils réalisèrent que la mission de Hagrid l'avait conduit à la banque, lui aussi. Apparemment, le géant avait du mal à supporter les wagonnets.

- Vous croyez que ça va aller, pour lui ? demanda un Harry vaguement inquiet.

- Ne t'en fais pas, Hagrid est solide. Il n'a pas l'air très malin, c'est vrai, mais ne te fie pas aux apparences. C'est quelqu'un de très bon et parfaitement digne de confiance, et à mon avis il vaut beaucoup mieux que la plupart des gens qui le regardent de haut.

- Qui essaient, en tout cas, s'esclaffa Sirius. Rémus à raison, Harry. La compagnie de Hagrid est très agréable, il faut juste éviter de trop toucher sa cuisine et ses animaux de compagnie ; il n'a pas vraiment la même notion du danger que le sorcier de la rue, si j'ose dire.

Harry acquiesça, et ils continuèrent leur chemin. Sirius et Rémus le déposèrent chez Mme Guipure, puis partirent voir un magasin qu'ils avaient vu en passant et qui proposait des malles. Estimant, à juste titre, que c'était celui que Harry avait le moins envie de voir, ils profitèrent de ce qu'il devait attendre pour ses essayages pour aller lui en chercher une. Harry n'était pas le seul à attendre la brave couturière. Sur le tabouret à côté de lui se tenait un garçon.

Le garçon en question avait à peu près son âge, avec des cheveux blonds très clairs et un nez en pointe. Il avait également l'air très sur de lui ; et c'est sans hésiter qu'il s'adressa à Harry.

- Salut. Toi aussi, tu vas à Poudlard ?

- Oui.

- Mon père est en train d'acheter mes livres dans le magasin d'à côté et ma mère est allée me chercher une baguette magique à l'autre bout de la rue. Ensuite, je compte les emmener faire un tour du côté des balais de course. Je ne vois pas pourquoi les élèves de première année n'auraient pas le droit d'avoir leur propre balai. J'arriverai bien à convaincre mon père de m'en acheter un et je m'arrangerai pour le faire passer en douce au collège.

A la vérité, Harry se sentait un peu envieux. Lui n'avait jamais eu l'occasion de voler sur un vrai balai. A leur grande honte, Sirius et Rémus volaient très mal, et ils n'avaient jamais pu lui apprendre, non plus qu'ils n'aient été désireux de le laisser tenter sa chance seul. Rémus souffrait de vertige, quant à Sirius, qui n'aurait pas hésité à chevaucher un dragon si quelqu'un avait été assez fou pour le lui proposer, et qui était très fier de sa moto volante, n'arrivait tout simplement pas à se fier à « ces espèces de fagots de brindilles », comme il appelait les balais.

- Et toi, tu as un balai ? poursuivit le garçon.

- Non, grinça Harry.

- Tu joues au Quidditch ?

C'était un des plus grands rêves de Harry.

- Non, répéta-t-il agacé, et pensant à part lui qu'il était un peu idiot de poser cette question à quelqu'un qui n'avait pas de balai.

- Moi, oui. Mon père dit que ce serait un scandale si je n'étais pas sélectionné dans l'équipe. Tu sais dans quelle maison tu seras ?

- Pas vraiment.

- Bon, c'est vrai, on ne peut pas vraiment savoir avant d'être sur place. Mais moi, je suis sûr d'aller à Serpentard, toute ma famille y a toujours été. Tu t'imagines, se retrouver à Poufsouffle ? Je préférerais m'en aller tout de suite.

Harry ne répondit pas. Il se souvenait de ce que son parrain lui avait dit, une fois. A l'en croire, la maison Serpentard avait une effroyable réputation – vérifiée, selon lui. Il affirmait que la plupart des jeunes sorciers étaient corrompus en entrant, et que les autres avaient sept ans pour l'être à leur tour. Ce n'était même pas l'éternelle rivalité Gryffondor/Serpentard qui lui faisait dire ça. Il avait vu lui-même un petit garçon– son petit frère- rentrer innocent et naïf à Serpentard, et en revenir plus endoctriné chaque année.

- Oh, dis donc, regarde ce bonhomme !

Harry leva les yeux, pour constater que Hagrid, qui passait justement devant la boutique, lui faisait un grand signe de la main, auquel lui-même répondit chaleureusement, quoique de manière plus discrète.

- C'est Hagrid, ajouta-t-il à l'attention du garçon. Il travaille à Poudlard.

- Oui, j'en ai entendu parler. Un domestique, c'est ça ?

- Garde-chasse.

- Quelque chose comme ça. On dit que c'est un vrai sauvage, et que quand il s'enivre il met le feu à son lit en voulant faire de la magie.

Harry ne se donna pas la peine de répondre. Cela faisait un moment qu'il s'en doutait, il en avait maintenant la conviction. Le garçon qui se tenait à côté de lui était exactement le genre de personne que son parrain avait toujours refusé de devenir, n'hésitant pas pour cela à fuir sa maison et sa famille. Il chercha quelque chose à répondre, mais le garçon avait déjà recommencé à parler.

- Où ils sont, en fait, tes parents à toi ?

- Ils sont morts. Ce sont leurs amis qui m'élèvent.

- Oh, désolé, répondit le garçon qui avait l'air de s'en moquer complètement. Mais ils étaient de notre monde, pas vrai ?

Harry se contenta d'acquiescer. Le garçon approuva, et se lança dans un discours qui expliquait que les enfants de sorciers devraient être les seuls acceptés à Poudlard et ainsi de suite. Cela aurait pu continuer longtemps si Harry, qui n'écoutait d'ailleurs déjà plus, n'avait pas aperçu Rémus qui revenait. Sautant sur l'occasion, il rejoignit son oncle, qui paya ses vêtements avant qu'ils n'aillent rejoindre Sirius.

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Le reste de la journée passa sans trop d'histoires. Ils achetèrent les ingrédients et le matériel nécessaires aux potions de base, Rémus réprimant à grand peine l'enthousiasme de ses compagnons pour les gadgets superflus. Ils passèrent ensuite chez Fleury et Bott, où Harry, émerveillé par la quantité et la diversité des ouvrages, écouta distraitement la conversation ironique de Rémus et Sirius, qui apparemment portait sur quels traits il avait hérité de chacun de ses parents.

En passant devant le magasin d'accessoires de Quidditch, leur conversation repris de plus belle : Harry leur avait filé entre les doigts pour foncer voir le dernier balais en date. Sirius du fendre la foule qui s'agglutinait devant la vitrine pour le retrouver en train de jouer avec un autre garçon à « qui sait le plus de choses sur le dernier balai sorti », avec un léger avantage pour l'inconnu. Sirius dut littéralement trainer son filleul, jusqu'à ce que celui-ci constate que la prochaine étape était le magasin de baguettes magiques d'Ollivander.

Une sonnette retentit lorsqu'ils pénétrèrent dans le magasin autrement silencieux. Rémus venait de s'asseoir sur l'unique chaise lorsqu'Ollivander apparut au fond de la boutique. Il étant grand, mince et avait de grands yeux pâles.

- Messieurs Lupin, Black… et le jeune monsieur Potter, également. J'attendais votre visite. Voyons… c'était du sorbier, 30,5 centimètres n'est-ce pas, monsieur Lupin ? Et pour vous, monsieur Black, du frêne, 28,7 centimètres, je crois…

Sirius et Rémus se contentèrent d'acquiescer silencieusement. Ollivander se tourna alors vers Harry.

- J'ai l'impression que c'était hier que votre mère était venue acheter sa première baguette. 25,6 centimètres, souple et rapide, bois de saule. Excellente baguette pour les enchantements.

Ollivander s'approcha de Harry.

- Votre père, par contre, a préféré une baguette en acajou, 27,5 centimètres. Flexible. Un peu plus puissante et remarquablement efficace pour les métamorphoses. Enfin, quand je dis préférer… c'est naturellement la baguette qui choisit le sorcier, pas le contraire.

Ollivander écarta quelques mèches de cheveux et contempla la cicatrice de son interlocuteur.

- J'en suis désolé, mais c'est moi qui ai vendu la baguette responsable de cette cicatrice. 33,75 centimètres, poursuivit-il doucement. Bois d'if. Une puissante, très puissante baguette. Si j'avais su… entre des mains maléfiques…
Mais revenons à vous, conclut-il en sortant de sa poche un mètre ruban. De quelle main tenez-vous votre baguette ? Tendez là, s'il vous plait. Voilà.

Le vieil homme prit plusieurs mesures, puis il alla fouiller dans les boites qui encombraient la boutique. Pendant ce temps, le mètre ruban continuait de mesurer Harry, qui ne pouvait s'empêcher de se demander quel intérêt cela pouvait bien avoir pour sa baguette de connaître l'écartement de ses narines.

- Chacune de mes baguettes contient une substance magique très puissante, Mr Potter. Du poil de licorne, des plumes de phénix, des ventricules de cœur de dragon… Et de même que vous ne trouverez jamais deux licornes, deux phénix ou deux dragons exactement semblables, vous ne trouverez jamais deux baguettes de chez Ollivander qui soient identiques. Bien entendu, aucune autre baguette ne vous satisfera autant que les nôtres. Ca ira comme ça, ajouta-t-il à l'intention du mètre ruban qui retomba en petit tas sur le sol. Tenez, Mr Potter, essayez donc celle-ci…

Ce fut long. Harry avait à peine le temps de tenir les baguettes qu'Ollivander lui tendait, que celui-ci les lui arrachait des mains, pour en tendre une autre à la place. Au bout d'une demi-heure d'essais infructueux, le marchand en sortit encore une nouvelle.

- Et celle-ci ! 27,5 centimètre, bois de houx, plume de phénix

Harry, qui commençait à désespérer, sentit immédiatement la différence : une étrange chaleur envahissait ses doigts. Il remua un peu la baguette, et une gerbe d'étincelles rouge et or en sortit, illuminant soudain la pièce. Harry, ravit, comprit que sa première baguette venait de le choisir. Ollivander, lui, avait l'air étrangement partagé ; on aurait dit qu'il était… à la fois ravi, inquiet, et surtout, curieux.

- Harry ? Tu es encore avec nous ?

- Oh, pardon, Sirius… je pensais à ce qu'Ollivander avait dit. Pour ma baguette, et pour l'autre…

- Je vois. T'en fais pas, Harry. Je préfère qu'on soit rentrés à la maison pour te parler de tout ça, donc tu te devras attendre ce soir. Mais sache déjà une chose : si ta baguette t'a choisi, ce n'est pas un hasard : cette baguette est la tienne, peut importe à qui ça sœur peut bien appartenir.

En effet, après avoir marmonné pendant cinq minutes des mots sans suite parmi lesquels revenaient sans cesse le mot « étrange », Ollivander leur avait appris la vérité. Si deux baguettes n'étaient jamais identiques, il arrivait cependant qu'une même créature donne plusieurs éléments. C'était le cas ici. L'autre plume donnée par le phénix en question se trouvait dans la baguette qui avait infligé à Harry sa cicatrice, seul vestige de la nuit où ses parents était morts. «Je crois que vous êtes appelé à un bel avenir, Mr Potter », avait-il ajouté. « Après tout, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a fait de grandes choses. Terribles, certes, mais quelle envergure ! N'oubliez jamais, c'est la baguette qui choisit le sorcier, jamais le contraire ».

Harry ne pouvait pas s'empêcher de se sentir préoccupé. Il ne se dérida que quand Sirius lui annonça qu'il allait recevoir son propre hibou. Alors, oubliant instantanément le mystérieux meurtrier, il se précipita derrière son parrain, pressé d'arriver au Royaume du Hibou. Cette journée était son anniversaire, après tout. Autant s'amuser maintenant. Le passé pourrait encore attendre quelques heures.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je m'attaque sans traîner à la suite. Au passage, je voudrais votre opinion: dans le chapitre précédent, j'ai utilisé des guillement pour les dialogues. Ici, des tirets. Qu'est-ce qui vous semble le plus adéquat?

Sinon, je reste ouvert à toute review et à toute question.