Hello !

Tout d'abord... merci beaucoup de vos reviews, elles m'ont fait très plaisir et m'ont motivée à finir le chap' :D

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Je sais, je sais, ça fait longtemps, je suis désolée... j'avais vraiment prévu de vous publier ce chapitre plus tôt, mais bon, voilà... désolée...

Mais ce chapitre fait 10 pages word, soit exactement 6 254 mots... Je suis pardonnée ? ;)

Alors, j'aimerai juste préciser que ce chapitre contient des scènes pouvant être considérée comme choquantes.. Elles sont assez violentes en fait... Euuuhh... oui, je préfère le préciser en dépit du Rating, au cas où... Après tout, mieux vaut prévenir que guérir :P

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Je vous souhaite donc une agréable lecture, veuillez attacher vos ceintures et éteindre vos téléphones portables pendant le décollage de l'avion. (Hum... pardon -_-')

Enfin, bref, on se retrouve en bas :)

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Réponses aux reviews :

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loloparis : merci ^^ et t'as vu, finalement, le chapitre est plus long :D j'espère qu'il te plaira. Bisous.

Lalie : merci pour tous tes compliments, c'est vraiment gentil :) j'ai en effet pensé que ça pourrait être intéressant de développer cette idée, totalement fictive (mais c'est l'idée de ce site, non ? :P) Je n'ai pas vraiment de rythme, j'écris quand l'inspiration me vient, mais aussi, et surtout, quand j'ai le temps, désolée de ne pas avoir plus de précisions à te donner :) et voici donc la suite. J'attends ton avis avec impatience. Bisous.

clow : La voici ^^ Bisous.

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Disclaimer : Rien du monde de Twilight ne m'appartient, tout est à Stephenie Meyer et je ne fais que m'amuser avec les personnages. Je ne reçois pas d'argent de qui que ce soit pour la publication de cette fiction.


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Chapitre 2

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Nul ne sait combien douce est la vengeance de celui qui a reçu l'injure.

[Etienne Pasquier]

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Je sentais la colère et l'amertume m'envahir peu à peu : non mais pour qui se prenait ce Cullen pour pouvoir prétendre à essayer de me comprendre ? Personne ne pouvait me comprendre, personne ! Ils m'avaient fourrée dans ce pétrin et ils en étaient les seuls responsables ! Ils n'avaient pas le droit de venir ensuite me voir en me murmurant des excuses et en me jurant qu'ils étaient désolés ! Non, non, non et non, je n'étais pas d'accord : j'étais Rosalie Hale, on ne me traitait pas de cette façon !

Le vent siffla soudain plus fort à mes oreilles, et j'aurais juré l'avoir entendu me souffler de ne plus y penser pour le moment. Hallucination auditive ou non, je décidai de suivre ce bon conseil. Inspirant l'air pur de la forêt, je tentai de me remettre les idées en place. Malheureusement, cette technique de relaxation, qui avait cependant toujours fonctionné sur mon esprit, ne marchait à présent plus. Cela me mit encore plus en colère que je ne l'étais déjà : qui m'avaient-ils donc fait pour changer mon organisme au point qu'il me semblait à ce point étranger ?

Alors, instinctivement, je me mis à courir. À courir aussi vite que je pouvais. Plus vite que je n'avais jamais couru. Plus vite même que lorsque je m'étais échappée de la villa des Cullen. Je me sentais libre. Plus libre que je ne l'avais jamais été. Mes cheveux fouettaient mon visage, le vent sifflait à mes oreilles. Ma super-ouïe me permettait d'entendre outre le vent, et je pouvais distinguer le moindre chuchotement, le moindre frôlement de la forêt. Ma vue aiguisée captait la moindre petite fourmi qui grimpait sur l'écorce rugueuse des sapins. Je ne ressentais ni le froid, ni la fatigue. J'étais euphorique. Tous mes problèmes s'envolaient un par un : plus de Cullen, plus d'inhumanité, plus de questions. Juste moi. Moi et la forêt. Moi et cette odeur.

Cette odeur ? Je stoppai net ma course. L'élan me fit déraper dans la terre humide. Je reniflai l'air : une odeur sucrée s'y diffusait. Le feu de ma gorge, que j'avais oublié, brûla de plus belle. Je suffoquai à la sensation. Mes mains se portèrent à ma gorge en un réflexe purement humain et parfaitement inutile dans mon actuelle situation. L'odeur devint plus forte, comme si la source s'approchait de moi. Tout en fermant les yeux et en tentant de me persuader que ma sensation d'étouffement n'était que fictive, je tendis l'oreille afin d'essayer de distinguer la source de l'odeur parmi les bruits de la forêt.

Je percevais le chuchotement, qui devint bientôt un hurlement, du vent, la symphonie de l'eau qui ricochait et heurtait les rochers de la rivière, la course des fourmis qui se dépêchaient de rentrer avant l'orage, les frôlements de pattes dans l'herbe humide, les battements d'un cœur, le sifflement appétissant du sang qui circulait dans des veines épaisses. L'eau, ou plutôt l'étrange et acide substance que sécrétait mon organisme, me vint à la bouche. Je pouvais voir le rouge du sang de cet animal – car c'était un animal, assurément –, je pouvais sentir son goût si particulier sur ma langue, je pouvais en sentir la texture, à la fois liquide et visqueuse, dans ma bouche. Je n'avais aucune idée d'où me venaient ces sensations, mais, contre toute attente, cela ne me rebutait pas. Bien au contraire.

Dans un réflexe félin, mes genoux se fléchirent, mes lèvres se retroussèrent, mon corps se mit en position d'attaque. Je fis un bond de plusieurs mètres de haut et atterris souplement sur une branche. Patiemment, je guettai sa venue.

Je pus bientôt l'apercevoir. C'était un puma. L'odeur qui s'en dégageait était si sucrée, si délicieuse que je m'en sentais perdre la tête. L'acide substance se fit plus abondante et emplit ma bouche. Au moment où l'animal passait sous mon perchoir, je me laissai tomber sur lui. Il poussa un halètement surpris et chancela sous mon poids. Il essaya de fuir mais je resserrai mes genoux sur ses flans et entourai son cou de mes bras. Puis, affirmant mon étreinte, je me penchai du côté gauche. Il tomba. Nous glissâmes sur plusieurs mètres : j'étais au sol, dos contre terre et tenais fermement ma proie.

Ainsi pressée contre elle, je pouvais nettement percevoir son pouls. Son odeur sucrée me chatouilla les narines et, dans un élan animal, je lui brisai la nuque. Le puma cessa de se débattre et tomba dans mes bras, inerte.

Je poussai sa dépouille de mon corps aussi facilement que si c'était une plume. Il heurta le sol dans un bruit mat. Je me relevai ensuite gracieusement et je regardai ma victime. La première d'une longue liste.

Le vent souffla à nouveau, plus fort qu'auparavant. L'odeur encore fraiche du sang du puma se diffusa dans l'air autour de moi. Je pris une profonde inspiration, me délectant de sa saveur. Mon instinct sauvage reprenant, une fois de plus, le dessus, je me jetai sur le pauvre animal et l'attrapai à la gorge. Puis, feulant comme un chat, je plantai mes dents dans sa jugulaire et laissai couler le liquide chaud et visqueux dans ma bouche. Il me remplissait délicieusement l'estomac. Je savourai chaque goutte de ce précieux breuvage.

Malheureusement, je fus bientôt à la dernière gorgée. Peu rassasiée, je laissai tomber le corps à mes pieds et mes sens s'agitèrent à nouveau. J'entendis aussitôt un autre cœur, aux battements sonores et puissants. Le feulement du sang fit abonder mon étrange salive. Mes jambes prirent le contrôle et, tel un félin en chasse, je me mis à la poursuite du propriétaire du cœur.

Cachée dans les fougères, je l'aperçus enfin. Il broutait près de la rivière. C'était un élan. Son odeur était moins sucrée, plus amère que celle du puma. Cela ne freina aucunement ma soif de son sang. Je m'élançai au moment il passait devant moi. Je lui montai sur le dos et, ma soif à présent attisée, je ne pris pas le temps de savourer cette sensation de liberté si peu souvent éprouvée. J'attrapai directement son cou, et lui rompit. Il trébucha et s'écrasa au sol dans un bruit sourd, m'envoyant ainsi une dizaine de mètres plus loin. J'effectuai une pirouette avant de toucher le sol. Puis en un éclair, je fus à nouveau à califourchon sur lui, les dents plantées dans sa gorge. Les yeux fermés, je laissai sa chaleur m'envahir.

Je me relevai avec une grimace : il était vraiment plus amer que le puma.

J'ouvris grand les yeux : que m'était-il arrivé pour que je parle de sang comme l'on parlerait de chocolat ? Je m'efforçai de chercher en moi une trace, même infime, de dégoût, mais rien. Je ne ressentais aucun dégoût. Je me révulsais. Je n'étais capable d'aucune pitié envers les deux animaux qui j'avais froidement tués. Je sifflai, dégoûtée de moi-même.

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Assise dans la prairie que j'avais précédemment trouvée, je réfléchissais. Je réfléchissais à ce que les Cullen m'avaient fait. Je réfléchissais à ce qui m'était arrivé. Je réfléchissais à ce qui allait m'arriver. Je réfléchissais à ce que j'avais fait. À ce que je n'avais pas fait. À ce que j'allais faire.

Alors que je m'allongeai dans l'herbe fraiche et humide de neige, je pensai à Royce. Royce King, deuxième du nom, fils de Royce King. Mon ex-fiancé. Et, accessoirement, la raclure de fond d'égouts qui avait participé à l'enfer de ma dernière nuit humaine. Lui et quatre autres. Jack Lance, Lesly Jones, Peter Sheldon et John Bennett.

Des images de cette nuit me revinrent, bientôt rejointes par des sensations : la chaleur de leurs corps contrastant avec le froid du sol, la blancheur de leur peau contrastant avec la noirceur d'encre de la nuit, leurs gémissements de plaisir, les miens de douleur, leurs mouvements saccadés, leurs frissons de désir, les miens de peur.

Je les chassai sèchement d'un mouvement de tête. « Les embûches de la vie sont faites pour être surmontées ». C'était la seule chose qu'il me restait de mon père. C'était une sorte de devise pour lui. Et j'avais bien l'intention de l'appliquer. Aussi difficile que ce soit, je surmonterai cette épreuve. Et je me vengerai. Foi de Rosalie Hale.

.oOo.

La journée était passée sans que je ne m'en aperçoive. La nuit était tombée à présent, enveloppant la forêt de son manteau étoilé. Le Soleil s'en était allé aussi rapidement qu'il était venu et la Lune l'avait remplacée. Boule argentée dans l'obscurité. Elle éclairait la prairie d'une lueur fantomatique, presque inexistante. Et pourtant, je voyais aussi bien qu'en plein jour. Il allait me falloir du temps avant que je ne m'habitue à mon nouveau corps, à ma nouvelle vie.

Instinctivement, je sentais que je ne pourrais revoir ma famille. C'était trop dangereux : je n'avais aucunement l'intention de leur accorder le même destin qu'à mes proies du matin. Mais cela me chagrina peu. Du moins, c'est ce dont je m'efforçai de me convaincre. Je ne pourrais sûrement pas revoir Véra non plus. Ni Henri.

Je lâchai un soupir mélancolique : le petit Henri, ses joues roses, ses fossettes et ses boucles brunes me manqueraient beaucoup. D'autant plus que mes espoirs d'une belle famille nombreuse, avec une grande villa blanche où mes enfants galoperaient en riant s'étaient effondrés.

Une bouffée de rage m'emplit : en plus de me voler ma vie, les Cullen m'avaient volé mes rêves, mes espoirs. Quelque chose en moi se brisa. Me causant une douleur infinie. Que je transformai en fureur. Contre les Cullen. Contre Jack Lance. Contre Lesly Jones. Contre Peter Sheldon. Contre John Bennett. Contre Royce. Contre le monde entier.

Ma vengeance serait terrible. J'allais les tuer. Tous. Sans exception. Et j'allais m'y mettre à l'instant. Ce soir, Jack Lance serait mort. Et je regarderais l'étincelle de la vie s'éteindre dans ses yeux.

Un sourire cruel prit possession de mes lèvres. Je sentais l'anticipation poindre, l'adrénaline courir dans mes veines. Une soudaine montée d'énergie me fit sauter sur mes pieds. Mon esprit vif et aiguisé construisait déjà un plan d'attaque : je m'introduirais dans sa propriété, entrerais discrètement... non, à grand fracas, dans son salon et irais le retrouver dans son lit. Ensuite, ... ensuite, rien. Je ne connaissais pas son adresse. Je ne savais pas où il habitait. La ville n'était certes pas grande, mais je ne pouvais la ratisser de long en large en une seule nuit. Je ne pourrais alors pas savourer ma vengeance, faute de temps.

Découragée, je me laissais retomber dans la neige, et en trois mouvements de bras et de jambes, y imprimai l'image d'un ange. Mes cheveux blonds étalés autour de ma tête formaient une sorte d'auréole. Un léger sourire mélancolique aux lèvres, je songeai à ce qu'aurait dit ma mère en me voyant ainsi couchée, à même le sol, nu-pieds, robe imbibée d'eau et cheveux éparpillés dans la neige.

Ma peau était humide de neige fondue et le vent soufflait, soulevant des nuages blancs, mais je ne sentais pas la morsure du froid. Le souffle d'Eole, pourtant puissant, effleurait mon enveloppe charnelle d'une douce caresse.

Je fermai les yeux, songeant que le sommeil ne tarderait pas à venir. Mais Morphée se faisait désirer, et je ne m'endormais pas. Légèrement exaspérée, je pensai au fait que je n'avais, jusqu'à présent, jamais souffert d'insomnies. Je tentai de me souvenir de la façon dont ma mère occupait ses nuits blanches. Cependant, au contraire du dernier souvenir humain qu'il me restait, celui-là était opacifié d'un voile noir. Je voyais vaguement la cheminée du grand salon, un feu allumé. Ma mère était installée dans le fauteuil de velours rouge. Son préféré. Elle brodait. Elle aimait broder et y passait le plus clair de son temps libre. Y compris ses nuits blanches. Surtout ses nuits blanches.

Mais, même si j'avais aimé cette activité et que j'avais su faire, j'étais dans l'incapacité de m'acquitter à cette tâche. En effet, je n'avais sous la main aucune aiguille, ni aucun support.

Soupirant, je ramenai mes bras sous ma tête et regardai les étoiles. J'y reconnu l'étoile polaire et la Grande Ourse. Je n'avais pas très grande connaissance de l'astronomie, et cela ne m'intéressait que peu.

Lâchant un nouveau soupir, je me demandai à quoi je pourrais occuper ma nuit. Une idée me traversa soudainement l'esprit. Mais cela ne marcherai qu'à deux conditions. Enthousiasmée, je me levai et courus aussi vite que je le pus, suivant ma trace olfactive du matin. Ma première condition semblait remplie. Je poursuivis ma course à travers les bois, esquivant habilement les sapins.

Mon odeur devenait plus forte et, à mesure que je m'approchais de la villa, trois autres s'y ajoutèrent. Je souris, victorieuse : mon nouvel odorat était vraiment aiguisé. Mon nouveau plan pourrait bien fonctionner.

Encore fallait-il que les Cullen dorment. Car c'était ma deuxième condition : s'ils dormaient, je pourrais facilement chercher mes vêtements et retrouver les odeurs de mes bourreaux. Les « amis » de Royce. Et Royce lui même. Peut-être ne pourrais-je pas assouvir ma vengeance ce soir, mais je pourrais repérer les lieux, et, ainsi, commencer demain.

J'aperçus bientôt leur propriété. C'était une vaste maison blanche, vaguement néo-baroque. Elle ressemblait en tous points à la maison dont j'avais rêvé. Ce qui m'accorda une raison de plus de les haïr : ils m'avaient tout pris et me narguaient en exposant mes désirs au monde entier.

Je tendis l'oreille, tentant de distinguer autre chose que le vent violent, qui annonçait une prochaine tempête – déjà tombaient de gros flocons. Un léger chuchotement attira mon attention.

- Non... Non... Non... Carlisle... Non...

Mon corps tout entier se raidit : je connaissais cette voix. C'était celle du garçon de la forêt. Celle d'Edward Cullen. Je me cachai derrière l'arbre le plus proche, bien que je me doutai qu'ils pouvaient me sentir : ils étaient comme moi. Ou plutôt non : j'étais comme eux. Et cela me faisait les détester.

Ils ne devaient cependant pas me trouver. J'étais si près du but, je ne pouvais me permettre d'être repérée. Je jetai un coup d'œil rapide à la villa avant d'appuyer mon dos à l'arbre. J'étais à cinq mètres. Cinq mètres seulement me séparaient de mon plus bel espoir de vengeance. Ils ne devaient pas me trouver maintenant. Je ne voulais pas être obligée de les tuer en premier. J'avais un plan. Et je devais m'y tenir.

Première étape : entrer dans cette maison et dérober mes vêtements. J'inspirai profondément – ce qui était physiquement inutile, je le savais bien. Une première fois. Puis une deuxième. Et je me lançai : à la vitesse de la lumière, je sortis de ma cachette et courus à l'intérieur. Je fermai les yeux et me laissai guider par l'odeur de mon sang qui imprégnait encore mes vêtements et par mon instinct. Lorsque je les rouvris, j'étais à plus d'un kilomètre de la villa de l'Enfer, ma robe en lambeaux à la main. Je souris : première étape effectuée.

Seconde étape : retrouver mes bourreaux. Je mis le tissu pâle et tâché de sang son mon nez et inspirai. Mon esprit fit instantanément le tri entre toutes les odeurs qui le recouvraient. Et, bien que je n'avais jamais senti leurs fragrances de cette façon, mon esprit fit le lien avec les odeurs que j'avais perçues lors de ma dernière nuit humaine. Je pus, en seulement quelques secondes, associer un visage à chaque odeur. Je n'aurai aucun mal à retrouver leur domicile. Mon sourire se fit carnassier : seconde étape accomplie.

Troisième étape : choisir ma première victime et m'habiller en conséquence. Mon sourire se fana quelque peu quand je m'aperçus que le jour se levait. Mais il reprit bientôt toute sa splendeur : j'allais les tuer dans la journée, comme ça, ils seraient bien réveillés et me verraient les achever. Et ma victime était toute trouvée : j'allais commencer par Jack Lance. Je courus dans la forêt pour trouver la rivière et y plongeai. Je n'avais jamais su nager mais mon nouveau corps me permettait des prouesses insoupçonnées. Sans aucune pudeur, je me débarrassai de la robe d'Esmé Cullen et la laissai choir dans la neige. Je me lavai prestement et enfilai les lambeaux de ma robe de soie pâle. Elle ne couvrait qu'une minime partie de mon corps. Mon sein droit était à moitié découvert et la bretelle gauche semblait sur le point de céder à tout moment. Elle avait été considérablement raccourcie et ne couvrait plus que mes cuisses. Un lambeau tâché pendait misérablement dans mon dos, laissant apercevoir la blancheur de neige de mon dos. Il me fallait un miroir pour m'occuper de ma coiffure. Par chance, un large morceau de verre, sur lequel j'avais déjà marché, gisait dans la neige. Je m'en emparai et, voyant mon reflet, eus un sursaut d'horreur : mes magnifiques yeux saphirs avaient été remplacés par deux affreux rubis de la même teinte que le sang. À la fois mélancolique et enragée, j'inspectai le moindre détail de mon visage. Voir que j'étais aussi belle, si ce n'est plus, qu'avant me rasséréna. Mes boucles blondes avaient commencé à geler à cause de l'eau dont elles étaient imbibées et je décidai que l'effet était parfait. Je fis un clin d'œil à mon reflet : troisième étape effectuée.

Quatrième et dernière étape : achever toutes mes victimes dans l'ordre que j'avais choisi. Je ramassai la robe de satin rouge dont Esmé Cullen m'avait affublée et décidai de la mettre en lieu sûr : j'en aurais besoin une fois que j'aurais fini, je ne pouvais décemment pas m'habiller de ma robe, que dis-je de ces haillons jusqu'à la fin de ma vie. Tout en cherchant un endroit à la hauteur du simple nom de « cachette », je me décidai sur l'heure et la cause de la mort de mes victimes : elles seraient toutes tuées à dix-huit heures, la nuque fracturée. Leur sang ne serait pas versé, car je savais que l'odeur me serait malheureusement intolérable et que je pourrais y résister. Et je refusais qu'un seul atome d'eux ne me contamine°.

Je passai la matinée à chercher cette cachette pour ma robe. Lorsqu'enfin, à midi, je l'eus trouvée, je partis à la recherche du domicile de mon adoré Jack – ironie quand tu nous tiens.

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Lorsque la cloche de la cathédrale sonna dix-huit heures, je me trouvais devant la villa colorée de Jack Lance. Les murs eux couleurs criardes me donnèrent envie de vomir, sa femme avait sans aucun doute très mauvais goût. Je montais les marches du perron et toquai trois fois à la porte. J'entendis des pas lourds se diriger vers la porte. La poignée s'abaissa. Jack Lance apparut.

- Bonjour, que puis-je... ?

Sa phrase se perdit dans les limbes de l'oubli. Ses yeux marrons s'écarquillèrent et sa bouche, dont la lèvre supérieure était légèrement caché par une épaisse moustache blonde, s'ouvrit de surprise. Il me regarda, comme pétrifié. De stupéfaction plus que de terreur. J'étais heureuse qu'il n'ait pas bu au point d'avoir oublié ce soir-là. Je n'aurais pas aimer lui rafraichir la mémoire.

Sa bouche s'ouvrit, comme s'il voulait parler, mais se referma aussitôt. Son manège continua ainsi pendant de longues minutes. Songeant qu'il me faisait une parfaite imitation d'un poisson, je pris la parole.

- Vous souvenez-vous de moi, mon cher Jack ?

Sa lèvre inférieure trembla, et il passa une main nerveuse dans ses cheveux peignés. Je le fixai intensément, attendant sa réponse. Je la connaissais déjà, mais jouer avec lui me mettait en joie. Je me sentais comme un chat devant une souris.

- Ou... ou... oui, bégaya-t-il.

Je souris, et, rapide somme l'éclair, lui sautai dessus, nous propulsant dans son séjour. J'étais à califourchon sur lui, mes mains délicatement posées sur ses épaules.

- Te souviens-tu de ce que tu m'as fait ? Lui susurrai-je à l'oreille.

Le passage du vouvoiement au tutoiement s'était fait naturellement. Je le sentais trembler sous moi, je le sentais vulnérable. Il était en mon pouvoir.

- Oui... Mais pitié ne me faites pas de mal... J'ai une femme... et des enfants...

Sa voix n'était plus qu'un couinement. Le mienne devint un feulement.

- J'avais un père, une mère et une belle vie toute tracée, et tu m'a tout arraché. Tu ne crois pas que tu mérites une punition ?

Je n'aurais jamais cru que je pourrais dire des choses pareilles. Je n'étais même pas habituée à les penser. Mais, à ce moment, la rage et le désir de vengeance me consumaient, et je devais lutter pour ne pas lui arracher la tête. Je voulais entendre sa réponse et voir la vie s'éteindre lentement dans ses yeux.

- Je comprends tout à fait votre position, mais... tenta-t-il.

- Réponds ! Grondai-je.

Foutus hommes d'affaires, toujours à vouloir tout négocier.

Je commençai inconsciemment à le secouer comme un prunier. Je voulais une réponse. Me rendant compte qu'il était balloté dans tous les sens, je cessai de le secouer, me demandant comment j'en étais arrivé à ne plus pouvoir me contrôler.

- Réponds ! Répétai-je. Ne penses-tu pas mériter une punition à la mesure de tes actes ?

Tout en parlant, j'avais consciemment laissé mes mains glacées glisser jusqu'à son cou. Sa réponse ne fut qu'un chuchotement, que je n'aurais pas entendu si j'avais été humaine.

- Si.

Il ferma les yeux. Je le forçai à les rouvrir et lui ordonnai de répéter.

- Si... je pense que je mérite la punition que vous aller m'infliger.

Sa voix tremblait et il ne semblait pas penser un seul des mots qu'il prononçait, mais c'était tout ce que je voulais entendre.

Je fixai ses yeux et posai mes mains sur son cou. Son rythme cardiaque s'accéléra. Il avait peur. Et sa peur me réjouissait.

- Tu vas mourir, Jack Lance.

Ce disant, je raffermis mon étreinte. J'avais changé d'avis : ils mourraient tous par strangulation.

Progressivement, ma poigne lui coupa la respiration et il se débattit de plus en plus. Dans un dernier sourire empli de sadisme, je serrai plus fort. La vie quitta peu à peu ses yeux exorbités par le manque d'oxygène. Ses membres retombèrent soudain au sol dans un bruit sourd et il resta ainsi inerte, sur son parquet de chêne sombre. Ses yeux vides me fixaient.

Un étrange sentiment m'emplit tandis que je me relevai. Je regardai le cadavre pendant un long moment. Le sentiment prit ses aises et fut bientôt présent dans chaque fibre de mon corps. Comment ça ? Le remords dites-vous ? Non monsieur. La satisfaction. Un bonheur intense. J'étais au Nirvana. C'était jouissif.

.oOo.

Le matin suivant, vêtue de la robe de satin écarlate, j'achetai le journal. En première page, une photographie de Jack Lance, de sa femme et de ses enfants. Le titre disait : « Un employé de la banque de Royce King Senior retrouvé mort ». Je jetai le journal dans la poubelle la plus proche. Mes lèvres rouges s'étirèrent en un sourire carnassier.

.oOo.

Le soir de cette même journée, à dix huit heures, je me tenais, habillée de la même façon que lors de ma visite chez Jack Lance, sur le perron de la sombre villa de Lesly Jones. Je toquai trois fois, comme la première fois. Mais Lesly mit plus de temps à arriver que son ami. J'allais toquer une nouvelle fois lorsque j'entendis enfin des pas : les talons de ses chaussures de ville claquaient sur le parquet de frêne. La poignée s'abaissa vivement.

L'homme qui apparut me regarda à peine.

- Vous êtes pile à l'heure Charlotte. Entrez donc, installez vous dans le séjour, j'arrive dans une petite minute.

Il s'en alla, me laissa la porte ouverte. Mi-énervée, mi-déconcertée, j'entrai. Les murs du couloir de l'entrée étaient si sombres que je ne pouvais en définir la couleur. Je fermai la porte et cherchai le séjour. Je n'eus pas à aller bien loin : ce fut la première porte que j'ouvris.

J'ignorais qui était cette Charlotte, mais, au vu de la pile de papier qui se trouvait sur la table, ce devait être quelqu'un avec qui il travaillait. J'entrai dans la pièce, me mis à l'inspecter. Tout le mobilier était sombre. Cette pièce était effrayante. Même les murs colorés ne suffisaient pas à l'égayer. Il y régnait une atmosphère si glauque que j'en frissonnai.

Une idée me vint soudain et je me plaçai debout, dos à la porte, au milieu de la pièce. Immobile, j'attendis le retour de Lesly. Celui-ci se faisait désirer. Je claquai impatiemment de la langue. J'hésitais à aller le chercher moi même – mauvais pour la mise en scène – quand soudain, il parut.

- Charlotte ? Fit-il en entrant dans la pièce.

Je ne bougeais pas d'un iota. Il sembla enfin remarquer mon étrange tenue.

- Charlotte ? Mais que vous est-il arrivé ?

Je ne répondis toujours pas, le laissai continuer son inspection.

- Charlotte ? Mais enfin, dites quelque chose !

Je l'entendais s'approcher à pas mesurés. Je souris, fermai les yeux et, tout doucement, amorçai mon demi-tour. Lorsque je pus sentir son souffle brûlant sur ma peau de neige, je fis volte-face.

- Charlotte ? Tout va bien ? Me demanda-t-il en voyant mon visage aussi blanc que ses murs, parsemé d'eau gelée.

J'ouvris brusquement les yeux, lui révélant mes prunelles rouge sang. Il eut un hoquet de surprise et se figea, terrorisé.

- Cha... Cha... Charlotte ? Bégaya-t-il.

Je souris, diabolique.

- Je ne suis pas Charlotte... je suis... (je fis une pause, pour le tenir en haleine) Rosalie. Rosalie Hale. Ça te dis quelque chose ?

- Je... je... je... non... je ne me souviens... (il déglutit)... pas.

Je haussai un sourcil sceptique.

- Vraiment ?

Il hocha frénétiquement la tête. S'il croyait s'en pouvoir s'en sortir comme ça...

Lentement, je portai ma main à mon épaule gauche et fis glisser la bretelle encore en état de ma robe. La soie chuta gracieusement, épousant les courbes de mon corps. Je me retrouvai en culotte, seins nus, devant lui. Il me semblait qu'en même temps que mon humanité, j'avais perdu toute pudeur.

- Ça ne te dit vraiment rien, Lesly ?

Il me regardait avec des yeux ronds et déglutit difficilement. Je souris, moqueuse : j'étais consciente de l'effet que je faisais aux hommes en général et leur faiblesse face à une belle femme me faisait toujours rire.

Il fit mine de s'approcher, mais je montrai mes dents : pas question que ce porc ne me touche une seconde fois. Cependant, je décidai de jouer de sa faiblesse. Je me reculai légèrement, puis plantai mes yeux dans les siens.

- Tu veux toucher, Lesly ?

Comme inconscient de ses actes, totalement hypnotisé par mon corps, il hocha frénétiquement la tête.

- Tu es sûr que ça ne te rappelle rien ?

Il regarda brièvement mon visage, puis se replongea dans la contemplation de ma poitrine laiteuse.

- Comment oublier ? Murmura-t-il, si bas que je crus, même avec mon ouïe sur-développée, avoir rêvé.

Cette phrase me mit dans une rage noire, et, sans demander mon reste, je me jetai sur lui, mes mains aux doigts acérés agrippant sa gorge. Nous roulâmes sur le sol jusqu'à buter dans le sombre sofa.

- Ce soir Lesly, espèce d'ordure, tu vas mourir, et rejoindre ton pervers de complice, grognai-je, ma voix emplie d'une haine difficilement contenue.

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, et un éclair de compréhension traversa son visage : il n'y avait aucune issue. Tandis que je resserrai ma prise, je vis deux minces filets humides couler de ses yeux : des larmes. Ma haine ne put, à cette instant, rester enfouie : c'était moi la victime, et lui, le bourreau, qui méritait cent fois plus sa punition que je ne méritai mon statut actuel, se permettait de verser une petite larme. Que dis-je ? Une larme ? Un torrent de larmes plutôt ! Ce... ce... aucun mot n'était assez fort pour le décrire, lui, et mon sentiment.

Je fixai ses prunelles boueuses et, d'un mouvement de poignet habile, lui brisai les vertèbres cervicales. Ses yeux devinrent soudain vitreux, sans que cela ne soulage ma soif de vengeance. J'étais même encore plus en colère contre moi-même : j'avais perdu mon sang froid. Et c'était une chose qui me faisait horreur.

J'entendis soudain des pas dans l'entrée.

- Lesly ? Fit une voix féminine, avec une intonation volontairement suave.

Paniquée à l'idée que Charlotte – car c'était elle – ne me découvre, j'attrapai mes lambeaux de robe et courrai hors de la maison, si vite qu'elle ne me vit pas.

Déjà à une dizaine de kilomètre du lieu ou je me tenais quelques secondes plus tôt, j'entendis un cri strident. Un cri de femme. Il venait de l'habitation de Lesly Jones.

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Rageuse, j'arrachai le quotidien des mains du vendeur. Le vent soufflait fort, comme en réponse à ma colère. Je me détestais toujours autant de ne pas avoir su me contrôler. Même le gros titre qui clamait : « Même heure, même employeur : meurtre en série ou coïncidence ? » ne put me calmer. Il fallait que je m'occupe du troisième.

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Dix-sept heures cinquante cinq. Je me tenais sur le palier de la villa verte de Peter Shelson. Je frappai trois fois à la porte en merisier. Un homme aux cheveux noirs et aux yeux bleus vint m'ouvrir. Il n'était pas peigné et semblait venir d'émerger d'un profond sommeil. Mais ce qu'il vit acheva de le réveiller. Ses yeux parcoururent le chemin tracé par la boue sur mon corps : une large trainée s'enroulait autour de ma jambe gauche puis passait sur l'avant de ma silhouette salissant joliment mes sous-vêtements pour enfin s'achever sur ma joue droite. Je ne portais, par-dessus, qu'un léger manteau de coton beige. J'étais fière de ma mise en scène.

Il finit son inspection par mes prunelles couleur de sang. Une étincelle de peur s'alluma dans ses yeux, et il fit volte face, commençant à courir. Nullement impressionnée par sa dérobade, je me téléportai en plein dans sa trajectoire. Il manqua de me heurter, me regarda avec des yeux effrayés et repartit dans l'autre sens. En vain, car je lui coupai de nouveau la route. Chaque fois qu'il essayait de partir dans une direction, je me trouvai devant lui avant qu'il n'ai pu s'échapper. Il commençait à sérieusement paniquer.

Je me plantai une énième fois devant lui, un rictus amusé aux lèvres.

- On a peur d'une jeune femme sans défense ? Ricanai-je.

Il déglutit bruyamment.

- Vous... vous... sa... savez, bégaya-t-il.

Je haussai un sourcil intéressé, l'encourageant à continuer. Ce qu'il fit.

- Je... je suis vraiment déso... désolé pour ce... qu... qu'il vous est arrivé... dans... dans la ruelle...

J'éclatai d'un rire froid et bref, qui lui glaça le sang. Il me regarda, pétrifié, et, du haut de son mètre quatre-vingt-dix, me parut bien petit. Un rictus sadique pris place sur mes lèvres badigeonnées de boue.

- Vraiment ?

Il me regarda sans comprendre.

- Tu es vraiment désolé ?

Il hocha la tête avec véhémence, semblant croire à ma possible clémence. Tu peux toujours rêver chéri !

- Ne penses-tu pas que tu doives expier ce péché ?

Il me fixa, incrédule. Quoi ? Ne penses-tu pas que chaque péché s'accompagne d'une punition ?

- Je... je... pardon ? Je ne... crois pas, non... balbutia-t-il. Je ne suis pas croyant, ajouta-t-il, pour donner plus de poids à cette assertion.

- Cela ne change rien, fis-je sèchement. C'est une question de morale. À chaque péché, une punition, voilà tout.

Un silence épais nous enveloppa.

- La tienne, repris-je, fixant ses prunelles azur, sera la mort.

Il se figea, pétrifié. Sa terreur était palpable.

Je posai mes mains sur ses pectoraux. Son regard vide suivit mon mouvement. D'une forte poussée, je l'envoyai au sol. Je me propulsai ensuite pour atterrir à califourchon sur lui. Mes doigts trouvèrent refuge dans son cou et je commençai à serrer. Les yeux écarquillés d'horreur, il me fixa, suppliant.

- Je n'épargnerai aucun de vous, sifflai-je en réponse.

Bientôt, les réflexes de survie prirent le dessus, et il essaya de me repousser. Ses ongles, tentant de me griffer, caressaient ma peau comme de velours : ils ne m'atteignaient pas. La vie quitta peu à peu ses yeux. Plus le bleu devenait pâle, et plus je souriais. Quand enfin, ses yeux devinrent vitreux, vides de toute vie, je me levai et, admirant mon œuvre, me mit à ricaner. J'adorai la satisfaction que m'apportait les visages pâles et dénués d'expression de mes bourreaux. Je me sentais puissante.

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Le quotidien, arborant le titre suivant : « Trois victimes en trois jours : le peuple se pose des questions. », fut distribué à tous les passants le lendemain. J'affichai, par souci de discrétion, le même air de crainte mêlé d'horreur que tous ces gens, qui m'étaient étrangers. Pourtant, intérieurement, je jubilai : un de plus. Plus que deux.

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À l'heure habituelle, je me tenais sur le seuil de la maison de John Bennett.

- Entrez, dit-il en ouvrant le porte, avant même que je n'ai sonné. Je vous attendais.

Il s'effaça pour me laisser entrer. Je restai muette de stupeur sur le paillasson extérieur de cette splendide maison. Le vent souleva délicatement les lambeaux de ma robe de soie. J'entrai comme désincarnée. Puis, entendant la voix de Bennett qui me priait de prendre place sur le canapé, je me ressaisis.

Le flairant dans la cuisine, je le rejoins à la vitesse de la lumière, m'arrêtant juste dans son dos. Je lui soufflai délicatement dans la nuque. Il fit un bond de pratiquement un mètre. Je souris. Il se reprit vite, cependant. Trop vite. Il commençait à m'énerver, celui-là.

- Je ne savais pas que vous étiez si rapide. Vous ne le paraissiez pas, la dernière fois que je vous ai vue.

- Je ne suis pas là pour prendre le thé.

Il posa la théière qu'il tenait sur le plan de travail.

- Non, bien sûr. Je le savais. Je vois que vous voulez tout de suite entrer dans le vif du sujet. Aucun problème.

Son calme et sa résignation m'agaçaient sérieusement.

- Dites-moi, avant de me tuer, pourrais-je savoir de quelle manière vous vous en êtes tirée ? J'étais portant sûr que nous vous avions tuée...

Ordure. Comment peut-tu parler de ça si calmement ?

- Vous m'avez laissée pour morte, c'est exact. Mais Cullen est arrivé et m'a offert une chance de me venger – d'ailleurs la seule chose positive qu'il m'ait apporté.

Il eut l'air intrigué. Ce qui m'exaspéra profondément.

- Qu'a-t-il fait ? Demanda-t-il.

- Il a fait de moi...

Je m'approchai à une vitesse hallucinante de lui, et posai mes lèvres sur son cou. J'inspirai profondément sa fragrance, jaugeant sa réaction. Il commença à trembler de frayeur.

- Un vampire...

Ma gorge me brûlait. Son odeur sucrée fit affluer mon acide salive. Il fallait que je me débarrassasse°° de lui avant que mon semblant de self-control ne disparaisse totalement.

La respiration de John s'était arrêtée. Son cœur battait à toute vitesse. Il était vraiment paniqué.

Lentement, afin de l'affoler encore un peu plus, je montai mes mains le long de ses bras, légère comme les ailes d'un papillon. Lorsque j'atteignis ses épaules, je marquai une pause.

- Bennett ?

Il baissa son regard sur moi.

- Comment savais-tu que c'était moi ?

Cette question me brûlait les lèvres depuis qu'il m'avait ouvert la porte.

Il sourit, suffisant. J'eus soudainement envie de le frapper, pour qu'il ravale son rictus insolent.

- Personne n'avait retrouvé votre corps, vos parents ont déclaré votre disparition, mais la police ne vous a pas trouvée. J'en ai déduit que vous étiez toujours vivante. Quand Jack et Lesly sont morts, j'ai deviné que c'était vous. Et j'attendais votre visite.

- N'as-tu donc pas peur de la mort ?

Là encore, il sourit. Je remarquai cependant que ce sourire était plus mélancolique.

- Non. Je l'accueillerai à bras ouverts.

Sa réplique eut pour effet de faire remonter mes mains jusqu'à la chair si tendre de son cou.

- Vous savez, j'ai prévenu Royce. Je lui ai dit que, si je mourrai cette nuit, il devait s'attendre à être le prochain.

Cette fois, ce fut moi qui souris. Tout en fixant ses yeux, je resserrai ma prise. Il se débattit à peine. Puis retomba mollement dans les bras. Ses yeux, vides de vie, me remplirent de plaisir : j'avais pratiquement accomplit ma mission.

Je saisis un couteau dans un des tiroirs de la cuisine. J'inspirai profondément et retins ma respiration – j'avais en effet remarqué que l'oxygène ne m'était pas indispensable. Doucement, je me baissai et tranchai la peau de l'avant-bras gauche de mon quatrième bourreau. La respiration toujours coupée, pour ne pas sentir l'odeur sucrée du sang et être tentée d'en boire ne serait-ce qu'une goutte, je trempai mon doigt dans le sang qui s'écoulait lentement de l'entaille et me dirigeai vers le mur blanc. Je levai mon doigt ensanglanté et inscrivit quelques mots à l'encre rouge.

Il avait raison.

Prépares-toi.

Tu es le prochain.

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...

Verdict ?

Comment trouvez-vous ma Sado-Rose ? ;)

J'espère avoir retranscrit correctement la scène de sa vengeance contre ses bourreaux (qu'elle ne considère pas comme des victimes, vous l'aurez remarqué) et avoir répondu à vos attentes ;D

J'avais également prévu d'inclure la confrontation Rose/Royce, mais finalement, je l'ai pas fait.

Sadique, moi ? Nooon ! C'pas mon genre ;)

Du coup, dans le prochain chapitre, de la Rose (bien évudamment :P), du Royce et du... Edward :D

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Je suis pressée de connaitre votre avis. :)

A plus !

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Plume d'Ivoire