Bonsoir !
Voilà enfin la suite de Delusions ! C'est avec un peu (beaucoup) de retard mais avec les deux derniers épisodes j'ai eu du pain sur la planche pour essayer de réajuster tout ça pour que ça suive un minimum l'histoire originale (comment ça je me prends la tête ?)
Comme toujours, n'hésitez pas à commenter, j'apprécie toujours autant les reviews :3
Je ne vous retiens pas plus longtemps, voici la suite !
Delusions
Chapitre 3 : La lettre
Levi descendit les escaliers qui menaient au sous-sol de la maison de sa mère pour accéder à sa chambre. Il avait préféré rentrer plutôt que de dormir chez Nico, il avait besoin de temps après ce qu'il s'était passé le matin. Même s'il l'avait « pardonné », des souvenirs douloureux avaient refait surface. Il n'avait pas été capable d'en parler à son amant, il avait tellement souffert et il s'en voulait à un point inimaginable qu'il ne pouvait pas lui annoncer ça maintenant.
Posée sur son bureau, au milieu des livres d'anatomie et de techniques chirurgicales, une lettre lui étant adressée arborait la mention « URGENT » en lettres rouges. Sa mère l'avait probablement déposée là lorsqu'elle avait relevé le courrier la veille. Levi la prit dans sa main, retourna l'enveloppe pour l'ouvrir et vit l'expéditeur du courrier. Son sang se glaça. Il ouvrit en tremblant la lettre et déplia le papier qu'elle contenait.
« Monsieur,
Vous êtes convié au tribunal de Seattle pour témoigner dans l'affaire de Mr Otsar Schmitt en vue d'une éventuelle libération. »
Levi arrêta de lire, lâcha la lettre qui tomba au sol et se précipita dans ses toilettes pour vomir. Sa tête tournait, ses muscles se crispèrent, les hauts de coeur ne cessaient pas, et il resta dans cette position, au dessus de la cuvette pendant de longues minutes.
L'audience était seulement dans quelques jours, et sa mère devait déjà être en contact avec leurs avocats. Pourquoi une éventuelle libération était-elle envisagée ?
Levi voulut se lever ma une forte douleur dans les côtes le fit retomber au sol. Il avait définitivement du faire une chose extrêmement grave dans une vie antérieure pour que tous ces évènements arrivent maintenant le tourmenter.
Arrivé à l'hôpital, Levi alla se changer pour passer sa tenue et sa blouse blanche. Il avait pris soin d'arriver avant les autres internes, non pas pour avoir la meilleure chirurgie de la journée, mais pour se changer sans que personne ne remarque les ecchymoses sur ses membres.
La ronde du matin commença alors, et Levi tenta de se concentrer sur ce que disait Meredith Grey aux patients. Toute la matinée, il essaya de ne pas repenser à cette lettre. De ne pas avoir la nausée.
Quand il dut se rendre aux urgences l'après midi pour aider Owen, il préféra passer aux toilettes pour se passer de l'eau sur le visage avant d'avoir des vies humaines entre ses mains — des mains de ratés, se dit-il. Les paroles de Nico avaient été plus violentes que ses actes finalement.
Levi eut finalement la chance d'aller au bloc ce jour-là, et c'est en compagnie de Nico et de Meredith qu'il s'y rendit.
C'était une opération simple, programmée, et le temps n'était pas compté, ils pouvaient opérer à leur rythme. Le Dr Schmitt put effectuer quelques sutures aux côtés de Meredith, puis se déplaça au niveau du bassin du patient aux côtés de Nico.
— Dr Schmitt, pouvez-vous aspirer au niveau de la fosse iliaque ? Demanda Nico
L'interne s'exécuta, prenant soin d'effectuer un travail propre. Nico sourit et proposa à Levi :
— Vous voulez inciser ?
Tout en prononçant ses mots, Nico dirigea son bras et sa main dans laquelle il tenait le scalpel vers son amant. Mais le geste était trop brusque pour Levi, qui assimila ce mouvement au premier coup que Nico lui avait porté.
Il sursauta, laissa tomber l'aspiration en place, recula et bouscula le chariot de matériel chirurgical qui se trouvait derrière lui, et bon nombre d'instruments tombèrent au sol dans un bruit assourdissant.
— Schmitt ! Réprimanda Meredith. Sors de ce bloc !
Sans discuter cette décision, sans relever la tête, l'interne s'exécuta. Il ne voulait pas se tenir droit, car les yeux regardant le sol, personne ne pouvait voir les larmes qui avaient commencé à couler.
Une fois qu'il eut passé les portes automatiques du bloc, Nico sentit comme un vide et un sentiment de culpabilité grandir en lui.
— Les internes… soupira Meredith
« — Ne le touche pas ! Hurlait de désespoir une femme qui pleurait et qui essayait de retenir son mari
Mais il s'avançait, le poing fermé, le visage menaçant vers le garçon en face de lui. Et du haut de ses 14 ans, Levi se tenait droit, le regard téméraire vers son père qui s'apprêtait à lui faire du mal.
— Sale mioche !
Et le premier coup partit dans le visage enfantin de Levi Schmitt. Il tomba au sol, tenta de se relever mais l'homme était plus rapide et l'avait saisit par le col. Il le jeta contre le carrelage de la cuisine. La douleur dans son dos était insupportable, mais il découvrit très vite qu'elle n'était pas la plus dure à supporter ; son père venait de lui donner des coups de pied, encore et encore dans le coccyx.
Encore et encore, Levi pleurait tous les soirs où la douleur le clouait au sol.
Et à chacun de ses moments, il tendait sa main vers celle de sa mère, qui elle aussi endurait la fureur de son mari, couchée sur le sol, trop lasse pour se battre, laissant seulement ses larmes couler, encore et encore ; sa main se tendre vers celle de son fils.
— Je savais bien que je te trouverais là.
Nico venait d'entrer dans la chambre de garde où Levi s'était réfugié dans la pénombre, sur un lit, le dos collé au mur et les jambes repliées vers son torse. Il essuya d'un revers de la main ses larmes qui coulaient sur son visage et détourna le regard.
Le Dr Kim verrouilla la porte et s'assit à côté de son amant.
— C'est à cause de ce qui s'est passé au bloc ?
Levi hocha la tête et Nico passa un bras dans son dos, l'autre maintint son épaule et fit pivoter l'interne vers lui, pour se retrouver face à face.
— Je suis tellement désolé Levi. Je ne sais pas quoi faire de plus à part m'excuser.
— Ce n'est rien Nico, c'est moi qui ait mal agi.
Nico haussa les sourcils. Schmitt s'excusait parce qu'il s'était fait frapper ?
— Non Levi. Tu n'as pas mal agi. C'est moi qui t'ai fait du mal. C'est moi, et uniquement moi qui suis fautif, d'accord ?
Le plus jeune hocha la tête. Entendre Nico le rassurer ainsi le fit se sentir bien, ses excuses étaient si sincères que le plus jeune se blottit contre son torse et passa ses mains dans son dos timidement. Nico le laissa faire et sourit à ce contact. Ils restèrent de longues minutes ainsi, puis s'allongèrent l'un contre l'autre, face à face dans ce lit de garde très peu confortable. Ils se rapprochèrent, leurs nez se touchèrent et Nico embrassa Levi tendrement. Ce dernier se recula peu de temps après ce contact et ajusta sa position pour ne plus toucher le chirurgien.
— Nico, je suis désolé je dois y aller, je…
— Levi…
Mais l'interne n'écoutait plus et s'était déjà relevé, avait attrapé sa blouse et passé la porte de la chambre de garde, laissant le Dr Kim assis seul sur le lit.
Nico s'allongea et se massa les tempes. Il ne savait plus quoi faire. Il avait blessé Levi, et même s'il lui avait raconté toute son histoire avec Jim et ses liens avec Josh, il sentait que l'interne n'était plus en confiance avec lui.
Nico regarda ses mains, elles étaient blessées et rougies de la veille, elles portaient les marques des atrocités faites à son amant, cet homme qu'il aimait profondément. Ces mains qui avaient sauvé tant de vies, qui avaient vengé un homme innocent, étaient aujourd'hui celles d'un individu qui avaient meurtri l'homme le plus formidable qu'il connaisse. Il se sentait sale, misérable. Il ne méritait pas Levi.
Pour ne plus penser à la situation dans laquelle il se trouvait, Levi n'avait trouvé d'autre moyen que de travailler sans relâche à l'hôpital, et d'éviter de croiser Nico. Dès que ce dernier tentait une approche avec Levi, il prétextait une urgence à la mine ou au bloc, ce qui avait le don d'énerver le plus âgé.
La veille de l'audience d'Otsar Schmitt, Levi ne tenait plus en place. Il fallait qu'il s'occupe l'esprit, mais à cause de ces derniers jours où il n'avait fait que travailler 20h par jour, il n'avait plus les idées claires et ses réflexes étaient amoindris.
Quand il se rendit dans le vestiaire des internes pour prendre une douche après une opération, il ne fit pas attention à ses collègues et enleva son tee-shirt d'uniforme sans aucune gêne.
— Woah Levi qu'est ce qui t'es arrivé ?! S'exclama Helm, surprise.
— Qu'est ce qu'il y a ?! Demanda alors Qadri, surprise par la réaction de Taryn
Levi se rendit compte de son erreur et de ce qu'il exposait à ses co-internes. Il montrait ses bleus, ses blessures, ses lésions faites par son amant. Il devait réfléchir vite, et leur donner une excuse satisfaisante et crédible.
Avant qu'il ne puisse le faire, une voix grave qu'il connaissait bien surgit de la porte d'entrée des vestiaires.
— Schmitt, j'ai besoin que tu viennes faire mes post-op. Maintenant.
Levi passa un nouveau haut et saisit sa blouse, puis se dirigea vers Nico. Une fois seuls à marcher côte à côte dans le couloir vide, le plus jeune entama la discussion.
— Combien de post-op as-tu à faire ? Je dois rentrer tôt ce soir, j'ai…
« J'ai l'audience de mon père demain. Dis-lui Schmitt. »
— Je ne t'ai pas appelé pour mes post-op Levi, je dois te parler.
Et sur cette fin de phrase, Nico les fit entrer dans un placard de stockage. Il se tourna face à Levi et lui prit son visage dans une main, l'autre scella leurs doigts. Il appuya leurs deux fronts et inspira une grande quantité d'air avant de parler à son amant.
— Levi, je ne sais plus quoi faire.
L'interne ferma les yeux.
— Tu me fuis depuis des jours, je n'ai plus aucune nouvelle de toi.
Levi sentit ses jambes trembler. « Dis lui Levi, dis lui ! »
— Je ne pense pas que l'on puisse continuer comme ça.
Le coeur du plus jeune s'accéléra, son coeur se serra, une pierre lui tomba dans l'estomac et son sang se glaça. « Dis lui que tu avais besoin de prendre la distance à cause de l'audience de ton père ! Dis lui, il va comprendre. DIS LUI »
— Je ne peux plus continuer Levi, je suis désolé.
Nico recula son front, enleva ses mains du corps de Levi pour briser tout contact avec ce dernier, et le laissa ouvrir ses yeux. Ce qu'il fit rapidement, et ils étaient remplis de larmes.
— Tu veux arrêter, là, comme ça ?
Levi était désemparé, mais devant le manque de réponse de Nico, sa peine se transforma en colère et enchaina les paroles, sans se rendre compte de leur poids. Il enleva son tee-shirt et le jeta au sol.
— Tu veux arrêter ?! Après tout ce qu'on a traversé ?! Regarde moi Nico, regarde mes bleus, c'est toi qui a fait ça, je ne t'en veux pas, on a réussi à vivre avec ça, pourquoi tu veux tout arrêter ?
— Je suis désolé Levi, je ne peux juste plus. Je n'aurais jamais du te parler de Jim.
— Il fait partie de ta vie Nico, tu as eu raison de m'en parler…
— Il fait partie de ma vie oui.
Nico plongea son regard dans celui de l'interne.
— Mais plus toi Levi.
Et Nico sortit de la pièce. Levi resta choqué par ses paroles.
Il tomba au sol, pleura, hurla. Sa tête allait exploser pour se retrouver à l'état de miettes, tout comme son coeur, qui n'était que cendres. Il avait envie de disparaitre. Il ne sentait plus son corps, n'avait plus aucune sensation si ce n'était la douleur de son coeur. Il resta a pleurer dans le placard pendant des minutes qui lui semblèrent des heures, jusqu'a ce que son bipper sonne.
La mine était, comme toujours, pleine de gens angoissés, bruyants, et surchargée. Nico y était, il tendait sa tablette à Owen et Levi voulut s'enfuir en courant de l'hôpital. Mais le chef Hunt aperçut l'interne et l'héla.
— Schmitt ! Homme, 40 ans, accident de la voie publique, lui et sa femme sont gravement blessés, va lui faire un bilan et bippe moi après, d'accord ?
Levi acquiesça et prit la tablette d'Owen. Il se dirigea vers le box du patient et se présenta comme l'interne, lui expliqua ce qu'il allait faire. L'homme semblait blessé, mais était conscient et cohérent dans ses propos. Levi enleva la chemise de son patient et palpa l'abdomen pour vérifier l'absence d'hémorragie interne.
Et là, en bas de l'abdomen, près de l'os pelvien droit, une cicatrice faite de 3 lettres formait un mot.
JIM
Frapper l'auteur n'aidera pas à publier plus rapidement la suite xD -mais des reviews peuvent aider... ;)
Je suis désolée de vous laisser sur cette fin, et désolée de les faire souffrir autant ces petits... Mais s'il n'y a pas d'épreuves, ce n'est pas drôle n'est-ce pas ?
A très vite pour la suite !
Juliet Drake
