Salut à tous ! Eh bien, je suis très heureuse de constater que cette histoire semble plaire à bon nombre d'entre vous, cela me réjouit au plus haut point ! :D

Merci encore de me lire et merci pour vos adorables reviews ! Et n'hésitez pas à me faire partager votre point de vue, ou à me dire ce que vous imaginez pour la suite, qui sait, je changerais peut-être d'avis et j'écrirais autre chose en modifiant mes plans ! :p

Pour ce chapitre, je ne suis pas trop satisfaite de ce que j'ai fait, mais je vous le donne quand même parce qu'il me semble nécessaire à votre compréhension. Et puis, tout le monde a droit à sa place dans cet écrit ! ;)

Situation ici : on est à nouveau à l'hôpital avec Castle et ceux qui lui rendent visite, quelques heures après le départ de Kate.

Bonne lecture !


-Papa !

Alexis accourut vers son père, à toute vitesse, comme elle le faisait quand elle était petite. Elle s'était enfin réconciliée avec lui, après toutes ces années, alors elle ne voulait pas le perdre à nouveau. Ses longs cheveux bruns balayèrent furtivement son visage avant qu'elle ne se jette littéralement sur Richard. Martha suivait sa petite fille, soulagée de voir son fils sain et sauf. Même si elle soignait beaucoup son image, elle avait gardé une affection maternelle sans limite pour Rick. Souriante, comme à son habitude, vêtue d'un manteau de fourrure rouge, elle s'approcha, majestueuse, volant au dessus des autres et déposa un baiser sur le front de Castle, qui le reçut en fermant les yeux de plaisir. Elle ne l'avait pas embrassé ainsi depuis bien longtemps dans son … rêve éveillé, comme il allait devoir l'appeler. Il regarda les 2 femmes de sa vie, les deux seules dans ce monde-ci, puisque Kate était partie depuis un petit moment déjà, le travail l'appelant au poste ou la fatigue l'ayant poussée à rentrer. En quittant l'écrivain, elle avait eu un petit quelque chose dans le regard, ce n'était ni un réel regret ni un réel espoir. Un habile équilibre entre les deux. Et Castle avait trouvé ça merveilleux et fascinant. Il aimait cette femme. Il aimait tout d'elle. Son odeur, sa beauté, son toucher, sa manière de le regarder avec ses yeux perçants et mystérieux, son âme qu'il avait aimé creuser et découvrir petit à petit, quand elle le laissait entrer, dans son monde imaginaire. Il avait tellement envie de la tenir dans ses bras, dans ce nouvel univers, il ne pensait qu'à l'embrasser, à la serrer contre lui et à tant d'autres choses qu'il ne pourrait certainement plus faire avec elle … Avant qu'elle ne parte, il lui avait fait promettre qu'elle le rappellerait, juste pour qu'ils puissent se voir au moins une fois de plus. Elle avait eu ce regard scellé, celui qu'elle avait souvent, dans lequel il ne pouvait rien définir, sa joie ou sa peine, où elle était absolument secrète. Mais il aimait ça. Il aimait les histoires et cette femme en était une à elle seule. Elle avait hoché la tête, sans rien dire, c'était un oui intrigué de sa part, il en était sûr, parce qu'elle ne savait certainement pas ce qu'il attendait de ce rendez-vous.

-Tu vas bien ?

Sa fille avait l'air réellement inquiète pour son cas. Il souffrait encore à la poitrine, mais les chirurgiens avaient fait un travail remarquable et la douleur restait largement supportable. Il rassura sa fille avec son sourire chaleureux et une touche d'humour, comme il avait l'habitude de le faire désormais. Les deux femmes se dévisagèrent et, interceptant cet étrange échange muet, il questionna les filles sur la raison du pourquoi du comment.

-Eh bien … Disons que tu agis un peu comme un fou en ce moment, à te plonger la tête dans un bol plein de glaçons, prétendre que tu viens d'un autre monde ou je ne sais quoi … Et puis là, … Tu n'avais pas été comme ça depuis … Depuis au moins 7 ans ! Je veux dire, tu n'es plus aussi drôle qu'avant ces derniers temps; enfin avant tes excès de folie où là, tu étais clairement méconnaissable, alors … C'est surprenant de te voir plaisanter, surtout sur ton accident …

Elle avait cherché ses mots, pour être dans l'exactitude la plus parfaite, mais l'attitude de son fils était plutôt difficile à qualifier et elle devait faire un réel effort pour se remémorer ses vieux et lointains moments de rire.

-C'est vrai, affirma Alexis. Quand Derrick Storm est mort, ton humour de souffrance est mort avec lui. Avant … les péripéties de ces derniers jours, tu te plaignais de douleurs, mais tu ne riais jamais dans ce genre de moments … Et tu ne riais pas souvent non plus d'ailleurs … Ajouta-t-elle à voix basse, plus pour elle-même que pour les autres, avec cette pointe d'ironie qu'elle avait maintenant à peu près constamment dans la voix.

Richard était estomaqué. Les révélations des deux femmes, qui laissaient sous-entendre qu'il n'avait pas été facile à vivre – il fallait avouer que c'était ce qu'il pouvait lire dans leur ton et leur langage – ne lui plaisaient pas du tout. Ce n'était pas lui. Absolument pas. Il était toujours à trouver une petite blague, charmeuse ou tout simplement idiote pour amuser la galerie, à n'importe quel moment.

-J'ai tant changé que ça ? S'étonna-t-il.

Martha et Alexis hochèrent la tête et Castle se retrouva peint d'une mine déconfite. Il avait bien fait d'arriver maintenant pour sauver la situation de ce pauvre Richard-là. Parce qu'il semblait d'un ennui mortel. Et il avait perdu tous les attraits du véritable Castle qu'il était resté, lui.

Il inspira fort et réfléchit à toute vitesse pour broder un semblant de mensonge plausible.

-Écoutez, je crois que la fusillade dont j'ai été victime m'a remis les idées en place et je … je tiens à m'excuser pour mon comportement des dernières journées, je crois que j'ai un peu trop abusé à cette fameuse soirée et j'ai dû mélanger un peu n'importe quoi … Enfin, bref … En tout cas, je peux vous assurer que je vais définitivement me reprendre en main, et surtout écrire autre chose, parce que je viens de trouver de l'inspiration !

Martha rit légèrement et Alexis secoua la tête face à la déclaration de son père.

-On a bien vu que quelque chose avait changé chez toi ces derniers jours, mais si tu décides de mettre fin à ce que tu avais construit avant ça, ce n'est pas nous qui allons t'en empêcher !

Alexis avait cette moue joyeuse qu'elle aimait faire quand son père la taquinait ou racontait un peu n'importe quoi pour l'amuser. Elle sentait réellement que son père était différent et c'était pour le mieux. Parce qu'il lui avait manqué. Parce qu'il était lui. Il était vrai. Il était humain. Il était comme elle l'aimait et comme elle aimait qu'il soit.

-Ça fait du bien de te voir réveillé et de te retrouver, fiston ! Tu nous as manqué pendant si longtemps !

Richard ne comprit pas vraiment ce que sa mère tentait de lui dire, mais les 2 femmes avaient parfaitement intercepté ces changements malgré sa folie passagère, et la résurrection de Rick n'en était que plus grande.

-Oui, nous avons déterminé que la mort de Derrick avait déclenché ta perte. Et je crois que nous n'avions pas vraiment tort … Je me trompe grand-mère ?

-Oh ça, non !

C'était bien ce qu'il pensait, ce qu'il s'était imaginé. Derrick avait été l'élément déclencheur de sa chute catastrophique. Il le savait. Avant que Kate n'apparaisse dans le paysage de son rêve éveillé, qu'elle n'entre dans sa vie imaginaire, il pensait ne plus jamais écrire. Et ce Rick-là avait laissé venir ces peurs. Il les avait vécu. Et, pendant un moment, il eut pitié pour lui et se dit qu'il n'aurait en aucun cas voulut vivre ça. L'absence d'inspiration, les longues heures à tenter, tenter encore et encore pour finir par laisser tomber et abandonner, l'horreur de la page blanche, les insomnies …

Les 2 femmes s'observèrent, complices et heureuses de retrouver l'homme qu'elles aimaient tant. Rick était bien content qu'au moins, entre ces deux, tout était resté comme avant.