Chapter 3 : Belated Birthday
Il fut réveillé par les voix dans le couloir.
« Est-ce que vous avez vu celui-là ? À genoux sur le sol à frotter les dalles ! Ça me rend malade ! »
« Hermione, je crois que tu devrais juste les laisser tranquille. Ce sont des elfes de maison. Ils aiment travailler. C'est comme ça. »
Harry ouvrit les yeux et sourit. C'était comme au bon vieux temps... Hermione se plaignant de l'esclavage des elfes de maison et se disputant avec Ron.
« Mais ils portent des torchons ! » continua Hermione.
«Ils ne sont pas sourds, tu sais. » siffla Ron. « Ils peuvent t'entendre et j'imagine qu'ils se sentent assez insultés. »
« Vous deux alors ! » dit une troisième voix. « Vous vous comportez comme un vieux couple marié. Vous avez probablement réveillé Harry maintenant. »
« C'est très bien alors. » répondit Ron à sa sœur. « De toute façon, il voudrait être réveillé pour nous voir. Je suis sûr qu'il est resté couché assez longtemps.
« Vous pouvez pas arrêter de vous disputer et entrer ? » appela Harry, un sourire toujours collé au visage.
« Harry ! » s'exclama Hermione en courant vers son lit, Ginny et Ron sur ses talons. Elle le regarda comme si elle voulait l'enlacer mais qu'elle ne pouvait pas se décider où poser les mains, son bras étant bandé jusqu'à l'épaule. Elle résolut le problème en l'embrassant sur la joue.
« Tu as l'air d'aller beaucoup mieux ! » s'exclama Ginny, tout en s'installant près d'Hermione. Ron lui lança un regard d'avertissement mais c'était trop tard.
« Mieux ? » demanda Harry. « Mieux que quand ? » D'aussi loin qu'il pouvait se le rappeler, il n'avait pas revu Ginny depuis le Poudlard Express, il y avait plus d'un mois.
Ginny et Ron se placèrent volontairement derrière Hermione et l'encouragèrent du regard.
« Eh bien, Harry » commença-t-elle. « Mieux que sur la photo. Celle de ton accident. »
« Une photo ? » demanda-t-il, sa voix s'élevant désagréablement vers les aigus. « Quelle photo ? Je ne me souviens pas que quiconque ait pris une photo … »
« En fait, tu n'en étais pas vraiment capable. » répondit Hermione. « Tu paraissais souffrir énormément. Et c'était en plein jour, alors il n'y a pas eu de flash pour prendre la photo. »
« Mrs Weasley a mentionné un article dans le Sun. » commença Harry. « Mais elle n'a rien dit à propos d'une photo. » Il les fixa les uns après les autres. Ils se comportaient tous les trois comme s'ils en savaient beaucoup plus qu'ils n'en disaient, et beaucoup plus que lui n'en savait.
« Ca n'aurait pas été si mauvais » dit Hermione. « Si un journaliste local n'était pas arrivé. Les photos sont si … hum … frappantes que le Times a repris l'histoire. »
« Le Times ? Le London Times ? » demanda-t-il, incrédule. Il se souvenait vaguement d'une voiture qui s'était arrêtée, et du claquement d'une portière, un peu après l'accident.
Hermione hocha la tête. Ron et Ginny paraissaient mal à l'aise.
« Qu'est-ce que ça dit ? » demanda-t-il. Les papillons dans son estomac s'en donnaient à cœur joie. « L'article, je veux dire. »
« Juste que la voiture de ton oncle t'a accidentellement heurté et que selon ton oncle et ta tante, tu récupères sur le continent, dans la famille d'un ami. Ça leur donne … les Dursley semblent … » Elle s'arrêta quand Ron et Ginny lui lancèrent des regards noirs. « Ça n'a vraiment pas d'importance. »Elle se pencha et lissa les couvertures de Harry.
Harry secoua la tête d'incrédulité.
« Est-ce que par hasard, ça cite mon nom ? Ou l'endroit où je vis ? »
Hermione serra les lèvres. Elle regarda Ron et Ginny dans l'espoir d'un soutien, mais ils faisaient de leur mieux pour devenir invisibles.
« Alors ? » demanda encore une fois Harry. « Je suppose que c'est un oui ? »
« Ton nom, là où tu vis et le nom de ton oncle et de ta tante » répondit-elle.
« Oh » Ce fut tout ce qu'il put dire. « Est-ce qu'on me reconnait sur la photo ? »
« Eh bien, tu vois, avec ta cicatrice, et tout ça … » répondit Ginny, sans conviction.
Sans réfléchir, Harry leva une main et cacha son front avec sa frange.
« Et qui a la photo ? Je veux dire, vous l'avez prise avec vous ? » Harry était de plus en plus déprimé et Ron fit un pas vers lui en signe d'encouragement.
« C'est très drôle, Harry, vraiment. Tu portes une espèce d'énorme jean noué autour de la taille avec une vieille corde et tes jambes sont dans un angle vraiment bizarre. Et puis il y a aussi cet afghan rose ! »
« Ron ! » siffla Hermione tandis que Ginny levait les yeux au ciel.
« Une des chroniqueuses du Surrey Sun vit dans ton voisinage, Harry. » expliqua Hermione. « Elle est arrivée en voiture juste après que l'accident se soit produit. Elle a fait une sorte d'enquête qui s'est terminée en fait divers pour la rubrique article de fond du lundi. »
« Un fait divers ? » répéta Harry. « L'histoire du garçon magique mutilé par une cicatrice maudite qui s'est fait heurter par la voiture de son oncle ? »
« Oh, Harry, on savait que tu serais bouleversé. Tu ne peux pas savoir ce que ça m'a fait quand j'ai ouvert le Times et que j'ai vu cette photo, et puis l'histoire comme quoi les Dursley t'ont recueilli quand tes parents sont morts et qu'ils t'ont élevé comme leur second fils … »
« Second fils! » Harry se sentit soudainement faible.
"Il y avait aussi une photo de toi et de Dudley quand vous aviez à peu près deux ans … »
Harry ferma les yeux et se força à repousser toutes ces informations horribles dans un coin de son esprit.
« Attendez une minute. » dit-il. « Est-ce-que les sorciers lisent les journaux moldus ? »
« Eh bien, la plupart non. » répondit Ginny d'un ton contrit.
« La plupart ? » questionna Harry.
« Mais quelques-uns les lisent. » continua-t-elle. « Quelquefois papa aussi. »
« Tu devrais juste laisser tomber tout ça, mon vieux » dit Ron en sortant quelque chose de sa poche et en le déposant sur le lit de Harry, juste devant lui. « C'est ça qui a causé toute l'agitation. »
Harry regarda l'exemplaire plié de La Gazette du Sorcier. Il le déplia et le laissa presque tomber sous le choc. Sur la première page, il y avait une photo de lui, étendu sur la route, enroulé dans un afghan d'une couleur rose vif couvert de sang, les lunettes de travers. Une foule de gens se bousculait autour de lui et sa propre tête se renversait en arrière dans un mouvement continu, comme s'il était en train de gémir de douleur. Le titre disait : Où est Harry ? La photo dévoilait clairement sa cicatrice.
« Harry, ne te prends pas la tête. » dit Hermione. « L'Ordre garde tout ça sous contrôle. Enfin, on pense qu'ils le font. Ils ne nous ont vraiment rien révélé. Tout ce que Ron et Ginny savent, ils l'ont appris de Bill et Charlie en surprenant leur conversation au Terrier. »
Ginny s'assit au bord du lit. Harry la regarda avec gratitude. Elle paraissait être deux fois moins effrayée que Ron et Hermione. Il n'arrivait pas à savoir c'était parce qu'elle n'avait pas peur de lui ou bien parce qu'elle n'était pas facilement effrayée en général.
« Je sais que tu es inquiet, Harry. Papa nous a dit, à Ron et à moi, qu'ils avaient doublé la garde autour de ta maison. Ce n'est pas du tout ta faute et tu es en sécurité ici à Poudlard. Ce n'était qu'un stupide accident. »
Harry la regarda, ne se sentant pas vraiment mieux. N'avait-il pas eu son quota d'accidents stupides ?
« Ils ont pratiquement mon adresse maintenant. » dit-il. « Et ça ne leur prendra pas beaucoup de temps pour comprendre, n'est-ce-pas ? »
« Non, non pas vraiment » admit-elle. « Papa dit que la Gazette a déjà rencontré Dumbledore et qu'il a fait un communiqué. Ça devrait être dans le journal de demain. Ils voulaient une autre photo de toi mais Dumbledore a refusé. »
« Personne ne m'a rien demandé, bien sûr. » se plaignit Harry. « C'est quand même mon visage. »
« C'est justement pour ça, non ? » dit Hermione assez sarcastique. « Tu n'étais pas vraiment disponible pour une interview, Harry »
Harry esquissa un sourire bien qu'il n'éclaira pas réellement son visage.
« Hé, je suis désolé, c'est juste un peu trop d'un coup, tu vois ? D'abord, je découvre que j'ai été inconscient pendant trois jours et après que ma photo fait la une de trois journaux et que tout le monde sait maintenant que Harry Potter vit à Little Whigging. Je doute que même si on utilisait de la magie ancienne ou je ne sais quoi, je sois jamais en sécurité chez les Dursley. »
« Harry, il y a quelque chose en plus. » dit Ginny. Son air lui annonça que cette autre chose ne serait certainement pas réjouissante.
Harry ferma les yeux. « Bien … quoi d'autre alors ? »
« La photo dans la Gazette… »
Il ouvrit les yeux et la regarda.
« Quoi ? Tu veux un autographe ? »
« Harry ! C'est sérieux. C'est Bill. On peut le voir sur la photo. »
« Quoi ? » Harry récupéra le journal et examina soigneusement la photo. Les gens autour de lui continuaient à se bousculer. Il pouvait reconnaître certain de ses voisins (il ne les avait pas remarqué avant) et une petite partie de Dudley (il ne tenait pas en entier dans la photo). Et en effet, il y avait un jeune homme, aux longs cheveux roux attachés en queue de cheval, penché près de sa tête. Son visage était flou mais les cheveux roux et la boucle d'oreille étaient facilement reconnaissables. Harry laissa tomber le journal. Un sentiment indescriptible s'emparait de lui, un sentiment d'impuissance et de profonde angoisse qui le rabaissait encore et encore. Il fixa un point sur le mur le plus éloigné, juste entre Hermione et Ron. Il essayait très fort de ne pas pleurer. Si seulement il pouvait rassembler toute la colère qu'il avait ressenti durant toute l'année précédente – elle réussirait peut être à contenir ses larmes. Mais aujourd'hui, il se sentait juste triste. Incroyablement triste. Hermione avait un sorcier de l'Ordre chez elle 24h /24h, les effectifs avaient doublé chez les Dursley et maintenant la participation de Bill à l'Ordre ne mettait pas seulement en danger sa propre vie, mais également celle de toute sa famille. Et Sirius … Sirius était mort et il ne reviendrait jamais.
« Est-ce-que tu vas bien, Harry ? » demanda Ginny. Harry la regarda. Elle était toujours assise sur le lit avec Hermione et Ron près d'elle. Il remarqua, comme s'il était en quelque sorte un étranger à cette scène que Hermione serrait la main de Ron et que tous les trois paraissaient aussi triste et inquiets que lui.
« Non » admit-il. « Je ne vais pas bien. Rien ne va bien. Qu'est-ce qui va se passer avec Bill maintenant? »
« Personne ne nous l'a dit. » répondit Ginny. « Mais écoute, Bill savait exactement ce qu'il risquait en rejoignant l'Ordre. Et ton accident ne l'a pas réellement exposé comme un membre. Ce n'est pas déraisonnable de penser que ça pourrait juste être un ami de la famille, n'est-ce pas ? »
« Je sais à quoi tu penses, Harry. » dit Ron. Harry le regarda. Ce n'était pas comme si Ron était devenu brusquement sérieux. Il tenait encore la main d'Hermione. Ou c'était elle qui lui tenait la main. C'était plutôt difficile à dire.
« D'accord, à quoi est-ce que je pense alors, Ron ? » demanda Harry. Il n'était pas en train de tester son ami, sa voix n'était même pas sarcastique. Il était plus résigné qu'autre chose.
« Tu es en train de penser que tu nous mets tous en danger. » répondit Ron. « Mais c'est faux. Alors arrête simplement de penser comme ça. Ouais. Vo … » Il s'éclaircit la voix. « Vo ... Voldemort veut se débarrasser de toi et tout, mais je ne pense pas qu'il s'arrêtera là. »
« Nous sommes forts grâce à toi, Harry. » dit Ginny. Elle le surprit en se rapprochant de lui et en repoussant sa frange de son front, exposant sa cicatrice. « Nous sommes tous avec toi. » Elle se retourna attendant une confirmation de la part de Ron et d'Hermione. Ils hochèrent tous deux la tête. Elle dût voir leurs mains jointes car, quand elle se retourna vers Harry, elle avait un petit sourire satisfait au visage. Harry sentit son visage s'étirer lui aussi dans un petit sourire. « On est plus forts à plusieurs alors ? » dit Harry en tendant son bras valide vers Ginny.
Ginny prit sa main, et offrit son autre main à son frère. Ron la prit, assez maladroitement, et regarda Hermione. Ils se fixèrent et les oreilles de Ron virèrent au rouge quand il réalisa que leurs mains étaient toujours liées.
« Ensemble, alors. » dit Hermione en agrippant la main d'Harry, finissant ainsi le cercle. « Peu importe ce qui arrivera. »
Ils restèrent encore un moment comme cela, les mains jointes, en silence. « Pour Sirius. » murmura Harry tout en pressant les mains d'Hermione et de Ginny. Ils le serrèrent en retour et chacun murmura « Pour Sirius. »
Un bruit à la porte interrompit ce pur moment de solidarité.
« Je crois que Mr Potter est attendu à une fête. dit le professeur McGonagall en entrant dans la salle, suivie par Hagrid poussant un engin qui ressemblait vaguement à un fauteuil roulant.
« Une fête ? » demanda Harry en lançant un sourire confus à Hagrid. « Pour avoir été heurté par une voiture ? »
« Non » dit Hagrid. « Pour fêter ton rétablissement. Et tes 16 ans. »
« 16 ans ? » il jeta un coup d'œil à ses amis. « On est quel jour ? »
« Le 1er août » répondit Hermione. « Joyeux anniversaire en retard, Harry ! »
Réponse aux commentaires :
Chachou : ah je n'ai rien fait subie à Harry, je ne suis que la traductrice ! Ça ne veut pas dire que je ne jubile pas non plus devant ses aventures … Ne t'inquiètes pas, ça devrait s'éclairer rapidement.
Alaiena : ça c'est très gentil. Je te remercie. Je ne sais pas si je mérite cette louange pourtant, ce n'est pas moi qui ait inventé cette histoire !
Stormtrooper2 : Toi, tu es perspicace ! T'as raison, il n'y a pas que ça. Harry paralysé ? Quelle horreur ! Non, heureusement, il va aller mieux. Merci d'avoir lu !
Selsynn : La version originale est fini oui, il y a même une suite, mais c'est vraiment pas sûr que je la traduise. Celle-là est déjà bien longue ! Du courage, j'en ai peut-être mais c'est surtout l'envie et tout simplement j'aime ça. Merci beaucoup !
Magicus Lilium : Pas de souci, je l'aime aussi beaucoup !
Mackensy : Merci beaucoup ! J'espère que tu continueras à lire …
