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HP/ DM


« Il y a deux choses que les enfants doivent recevoir de leurs parents : des racines et des ailes »

Goether.

chapitre deux

1er septembre 2017, Quartier de Chelsea, Londres 9h30

C'est d'un pas énergique que Harry remonta la rue fleurie de ce quartier, bien trop impersonnelle à son goût. Ici, tout semblait être à sa place, rien ne dépassait. Chaque maison disposait de son petit jardinet parfaitement entretenu. Des haies taillées au millimètre près séparaient chaque propriété, de son voisin. Tout était trop propre, trop net, tout était fait pour rappeler à Harry son ancienne demeure. En effet, ce quartier semblait être la copie conforme de Privet Drive. Et tout comme le lieu de son enfance, le Survivant détestait profondément cet endroit. Cette rue impeccable avait le don de lui rappeler à quel point sa vie était un véritable fiasco.

Contrairement au sorcier moyen, Harry Potter avait accompli des choses extraordinaires. Effectivement, il n'était pas donné à tout le monde d'affronter un troll, un basilic, et d'assister à la résurrection du mage noir le plus puissant du siècle, le tout avant d'avoir atteint l'âge de quinze ans. Sans oublier qu'on lui devait aussi la libération du monde sorcier, du joug de feu Voldemort.

Après une jeunesse aussi mouvementée, tout le monde, était prêt à parier que le jeune homme affronterait le passage à la vie d'adulte sans difficulté.

Et tout avait bien commencé. Marié à tout juste vingt-deux ans à Ginny, son amour de jeunesse, Harry n'avait pas tardé à réaliser son plus vieux rêve : « fonder sa propre famille ».

James avait vu le jour deux ans après son union, en 2004. Mais son désir d'enfant n'avait fait que s'accroître et 24 mois plus tard, Albus venait agrandir la famille.

À cette époque, Ginny avait émis le souhait de se contenter de deux enfants.

Cadette d'une famille nombreuse, elle avait parfois souffert de la situation et ne voulait pas reproduire ce schéma. Mais, deux ans plus tard, la jeune femme avait cédé face aux suppliques de son mari et la petite Lily vint parachever leur famille.

Ginny qui, depuis l'âge de ses 11ans, rêvait de sa vie de Madame Potter, vie qu'elle imaginait palpitante et grandiose, se retrouvait épouse et mère au foyer. Vivre à la campagne et attendre bien sagement le retour de son héros de mari, en changeant les couches sales, avait eu raison de son amour pour le Survivant.

Malgré cela, Ginny adorait ses trois enfants, tout aussi différents qu'ils soient.

James avait été dès son plus jeune âge une véritable petite terreur. Meneur en chef, il dirigeait ses cousins à la baguette, la plupart pourtant plus âgés que lui. Bien qu'intrépide, il était en adoration face à ses cadets et prenait son rôle de grand frère très à cœur. Surtout auprès de celle que tout le monde appelait Lily Jolie.

La petite fille était un véritable ravissement, douce et espiègle, personne ne pouvait résister à ses grands sourires et ses jolis yeux rieurs.

Albus, de son côté, était un enfant beaucoup plus réservé. Moins fonceur que son frère, moins cordial que sa sœur il était plus solitaire et aimait le calme, trop peu fréquent à son goût dans sa famille. Il adorait ses cousins, cousines, oncles et tantes, qui le lui rendaient bien, mais il aimait encore davantage le fait de se retrouver seul. Ce qui le rapprochait fortement de son père, qui, malgré son amour pour sa grande famille avait souvent besoin d'un peu de solitude.

Séquelle de guerre disait Hermione, besoin compréhensible défendait Molly, fuite devant la réalité accusait Ginny. Mais quoi qu'il en soit, Albus, tout comme Harry, avait un besoin vital de solitude et de calme.

Bien que tous différents, chaque enfant Potter Weasley recevait un amour inconditionnel de la part de leurs deux parents. Pendant plusieurs années, Ginny avait pensé que son amour pour ses enfants réussirait à faire tenir son mariage. Mais en 2015, un ras-le-bol profond face à sa vie avait eu raison d'elle. Elle avait demandé et obtenu le divorce, après treize ans de vie commune.

Harry qui, de son côté, se complaisait dans la situation calme et rassurante de sa vie et n'avait rien vu venir. Tout se déroulait merveilleusement bien, il s'épanouissait dans son travail d'Auror, ayant refusé le poste de chef qu'il trouvait prématuré. Chaque soir, il se faisait une joie de rentrer chez lui, auprès de sa femme et de leurs trois merveilleux enfants.

L'annonce de leur séparation l'avait ravagé, mais c'est la perspective d'être loin de ses enfants qui le tuait chaque jour un peu plus. C'était une des raisons qui faisait que le survivant détestait cet endroit, cette rue, qu'il longeait une fois par semaine pour aller chercher ses trésors.

Garde alternée, voilà le mot qu'on lui avait donné. Et, depuis deux ans, Harry ne vivait donc qu'une semaine sur deux. Se morfondant les sept jours qu'il passait loin des trois être les plus importants de sa vie. Il avait l'impression de revivre chaque fois qu'il pouvait enfin les serrer dans ses bras.

De leur côté James et Lily s'étaient rapidement adaptés à la situation. Acceptant même celui qui depuis un an partageait la vie de leur mère. Voir ses enfants heureux était tout ce qui comptait pour Harry, et, bien qu'il se sente parfois remplacé par cet homme, il n'en disait rien. Son aîné et sa cadette avait trouvé un équilibre et c'était tout ce qui comptait.

Mais on ne pouvait pas en dire autant d'Albus, la séparation de ses parents l'ayant totalement anéanti. Il était passé de petit garçon timide à enfant renfermé sur lui-même. S'éloignant de sa mère, qu'il tenait pour responsable, rejetant totalement Alderick, le nouveau compagnon de celle-ci. Ginny avait fait son possible pour rendre le sourire à son fils, mais seule la présence de son père semblait pouvoir remédier à l'état d'apathie d'Albus.

Auprès de Harry, le garçon retrouvait son sourire et sa joie de vivre, au plus grand plaisir du Survivant, et au malheur de Ginny, excédée par le comportement de son fils.

C'était pour ce même fils que Harry se trouvait en cette matinée de septembre, dans cette rue qu'il haïssait tant. Ce jour-là aurait lieu la première rentrée d'Albus à Poudlard. Et, bien que ça ne soit pas son tour de garde, il était hors de question pour Harry de rater ce moment.

C'est donc bien décidé à tenir tête à Ginny qu'il sonna à la porte de la demeure Weasley/Storme.

Quand le battant s'ouvrit, Harry eut tout le loisir de voir l'homme qui avait pris si facilement sa place. Un rien plus petit que lui, mais à la musculature plus prononcée. L'homme chassa rapidement sa moue surprise pour un sourire aimable que Harry fût incapable de lui rendre.

« Harry » dit-il en tendant la main au survivant. « Ginny ne m'avait pas dit que tu devais venir ».

Malgré sa réticence, il serra la main tendue et crispa sa bouche dans une tentative de sourire. Cet homme l'exaspérait. Avec ses dents trop blanches, son attitude aimable, ses muscles parfaits. La jalousie titilla le Survivant. Cette jalousie, il ne la ressentait pas par rapport à Ginny, il avait réussi à faire son deuil. Mais rien que d'imaginer que ce bellâtre passait autant de temps que lui auprès de ses enfants lui retournait l'estomac.

« Alderick » le salua-t-il malgré tout, son éducation, certainement. « Étant donné que c'est la première rentrée de mon fils, je pense qu'il est mon devoir de père d'être présent. Tu n'as pas d'enfant, tu ne peux pas comprendre » dit-il d'une voix morne.

Bon, la bonne éducation n'était pas restée longtemps. La pique était volontairement mesquine, Harry avait appris au détour d'une conversation avec Ron et Hermione qu'Alderick désirait des enfants. Mais Ginny avait refusé, mettant en avant son âge et le fait que trois lui suffisaient amplement.

Harry ne pouvait pas s'empêcher de penser que Ginny refusait à son nouvel amant ce qu'elle lui avait donné à lui. Et il avait un plaisir malsain à faire remarquer à son vis-à-vis que, quoi qu'il fasse, James, Albus et Lily resteraient la chair de sa chair et qu'il ne pourrait jamais les lui prendre.

Leur duel silencieux suite à cette tirade prit fin quand une tête rousse vint se jeter dans les bras du survivant, scandant des « Papa ! » sonores.

« Ma Lily Jolie » s'émerveilla Harry en embrassant sa fille, toute mauvaise humeur oubliée.

Dans la seconde, celle-ci se mit à babiller sur toutes les choses extraordinaires qui lui était arrivées depuis trois jours, moment où Harry l'avait ramenée chez sa mère. En bon père, il tenta de démêler le papotage de sa fille pour retenir un maximum d'informations, précieuses et vitales, aux dires de la petite. Ils furent interrompus par la voix glaciale de Ginny.

« Que fais-tu ici ? Ce n'est pas ton tour de garde ».

« Gin » tenta-t-il, dans le but de désamorcer la bombe devant lui. « Tu ne vas pas m'empêcher de voir Albus le jour de sa rentrée tout de même ? ».

Malgré son air assuré, Harry s'attendait à une réponse négative, son ex-femme étant d'une rigueur de métronome quand on parlait de cette sacro-sainte garde alternée. Un duel silencieux s'installa entre eux. Ce fut Lily qui régla le conflit. La petite s'élança dans la maison en hurlant à tout va « James, Al, papa est là ».

Il ne fallut pas plus de cinq secondes pour que les deux garçons, suivis de leur lutin de petite sœur, déboulent dans le hall, souriant de toutes leurs dents à leur père.

Sous le regard heureux de ses enfants Ginny, bien qu'à contre cœur, céda.

« Bien, votre père peut nous accompagner, si c'est aussi important pour vous ».

Elle s'éloigna ensuite dans la cuisine, le dos raide, suivie d'Alderick.

Harry, de son côté tout sourire, embrassait ses enfants, écoutant un James enthousiaste parler pour la millième fois de sa volonté d'intégrer l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Comme à son habitude, il l'encouragea, en lui disant de faire tout son possible pour obtenir ce qu'il voulait, mais que s'il venait à échouer ça ne changerait rien à sa valeur.

Une fois le plus grand rassuré, Harry se dirigea vers le héros du jour, Albus. Son fils semblait paniqué par la perspective de sa rentrée dans l'illustre école.

« Prêt pour le départ, mon grand ? » lui demanda-t-il pour tenter de le rassurer.

« Pas vraiment » répondit le plus jeune. « Tu sais, je ne suis pas très doué avec les gens, j'ai peur de ne pas réussir à me faire d'ami » avoua-t-il piteusement.

« Tu n'as pas à t'inquiéter » intervint James. « Tu sais, Gryffondor, c'est un peu comme le dimanche chez mamie et papy, tous nos cousins y sont ».

« Oui, oui, je sais » répondit-il évasivement en regardant son père.

Harry connaissait parfaitement la peur qui paralysait son fils, il lui en avait parlé durant les vacances. Albus était pétrifié à l'idée de ne pas être réparti à Gryffondor. Et le Survivant devait admettre qu'il y avait de grande chance que ça ne soit pas le cas. Al n'avait pas du tout le profil d'un rouge et or. Il avait tenté de le rassurer, lui affirmant qu'il se moquait de la maison où l'enverrait le Choixpeau.

Tout cela était entièrement vrai, Harry se moquait comme une guigne que son fils aille chez les lions, il serait même ravi qu'il soit reparti chez les Serpentard, du moment qu'il y trouvait sa place.

Mais il savait que Ginny avait une toute autre opinion de la chose. Elle répétait sans cesse que tout descendant Weasley se devait d'être un bon Gryffondor. Et si cela n'avait posé aucun problème pour James, il en était tout autre pour Albus.

Cette rentrée promettait d'être palpitante.


To be continued