Aro avait passé une excellente nuit avec sa femme. Il l'aimait et était heureux qu'elle ait accepté de rester à ses côtés pour l'éternité. Cela faisait plusieurs millénaires qu'ils étaient ensemble et pourtant, il parvenait encore à surprendre Sulpicia tout comme elle parvenait à le surprendre. Un extraterrestre... Vraiment ? Il ne put s'empêcher de rire, ce qui fit hausser un des sourcils de sa femme. Pour toute réponse, il l'embrassa passionnément et elle ne chercha pas plus loin. Il était vraiment irrésistible et de toute façon, elle n'avait jamais vraiment chercher à lui résister. A quoi cela aurait-il servi ?

Bien qu'appréciant particulièrement ce baiser, Aro y mis fin pour se concentrer sur la troisième chose à faire avant ses trois mille ans, ce qui fit frissonner Sulpicia. Parce qu'elle était la Reine, elle se sentait concernée par le bien être de ses sujets et voulait les protéger des idées un peu farfelues de son mari. Aro sembla vexé et elle se rendit compte qu'il lisait dans ses pensées. Oups... D'un autre côté, il était vraiment adorable à faire la moue. Immédiatement, Aro se mit à sourire : il aimait que sa femme le trouve adorable. Elle lui balança gentiment un coussin à la figure, qu'il ne chercha même pas à esquiver. Alors qu'il remettait un peu d'ordre dans ses cheveux, elle lui demanda ce qu'il avait prévu comme troisième chose à faire.

- Je veux voir l'avenir !

- Tu vas enlever Alice Cullen ?

- Non, je ne veux plus d'interactions avec les Cullen. Je vais partir à la recherche d'une voyante et je vais en devenir une.

A ces mots, Sulpicia imagina son mari avec une robe longue et fleurie, des créoles et les cheveux cachés dans une espèce de turban. Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire, tout comme Aro qui lisait ses pensées.

- Non, mon amour. Je vais me faire prédire l'avenir en me faisant lire les lignes de la main. De cette manière, je verrai ce que la voyante voit !

- Bonne idée, mon coeur. Mais où vas-tu trouver une voyante ?

- Je vais demander à Démétri.

- Tu es merveilleux ! Dans ce cas, je te souhaite bonne chance !

- Merci mon trésor.

A ces mots, il l'embrassa mais s'écarta rapidement car il sentait qu'il ne pourrait jamais s'éloigner de Sulpicia et chercher sa voyante s'il continuait ainsi. Il s'habilla donc, sous l'air moqueur de sa femme qui repensait à son image d'Aro en voyante. Puis, il appela Démétri et lui expliqua sa mission. Par chance, il y avait justement un salon de la voyance à Volterra. Aro n'eut donc pas besoin de Démétri très longtemps et attendit 17h30 avant de s'y rendre, afin qu'il fasse nuit.

Arrivé au salon, il se rendit à chaque stand et serra la main de chaque soi-disant voyant, comme pour les saluer. En réalité, Aro vérifiait leur don et fut extrêmement déçu de constater que la plupart des intervenants n'étaient que des arnaqueurs qui abusaient de la confiance et de la naïveté des gens. Toutefois, lorsqu'il parvint au dernier stand, il se rendit compte immédiatement du pouvoir de la voyante en face de lui, sans même avoir à la toucher. En effet, il y avait une liste de rendez-vous affichée sur le devant de son stand et il vit son nom écrit pour 18h. Or, il était exactement 18h. Heureux, Aro s'assit sur la chaise qu'elle lui offrit. Tout d'abord, elle commença par les tarots. Elle demanda à Aro de choisir des cartes mais les signes ne furent pas très bons. Ils annonçaient une catastrophe imminente, une famille déchirée et un amour trahi. Aro se sentit mal. Ce n'était pas possible : elle... elle avait dû se tromper ! Une catastrophe imminente... donc une attaque ? Etait-ce les Roumains qui remettaient ça ? Une famille déchirée : sa famille ? Cette voyante lui annonçait-elle la fin des Volturi ?Quant à l'amour trahi... Non, pas Sulpi ! C'était impossible ! Il y a quelques heures encore, il était dans ses bras. Doutant de la véracité des dires de la voyante, il lui prit la main pour vérifier mais il se rendit compte qu'elle n'avait pas menti. Toutefois, il ne voyait pas clairement les faits, uniquement les significations des cartes. Il lui demanda donc davantage de précisions.

Elle lui prit alors sa deuxième main et se concentra. Malheureusement, le bruit des visiteurs dans le salon l'empêchait de voir quelque chose. Aro se leva alors et ordonna aux gens de se taire. Ses 3000 ans de règne eurent immédiatement un impact considérable sur les pauvres humains présents puisqu'ils se mirent tous à trembler et n'osèrent plus respirer tant l'ordre les avait effrayé. Aro les regarda dédaigneusement et se rassit puis tendit ses mains à la voyante. Elle se concentra à nouveau et eut un flash : un jeune garçon hurlait et détruisait une cage avec une planche à clous, puis se mettait au coin et se tenait les genoux avec les mains, il semblait pleurer...

Aro n'eut pas le temps de remercier la voyante parce qu'il s'était immédiatement précipité au magasin de bricolage. Quel imbécile il avait été ! Effectivement, tout était vrai : une catastrophe imminente, une famille déchirée et un amour trahi ! Tout cela à cause de lui ! Mais il pouvait encore empêcher tout cela.

Oui, il était encore temps... de redécorer la chambre d'Alec pour qu'il ne soit pas jaloux de sa soeur, ne se sente pas trahi et ne détruise pas tout !


Pour celles et ceux qui se demandent, les humains présents, qui ont fait de l'apnée dans le salon, sont restés en vie : seulement une minute s'écoula entre l'ordre et la disparition d'Aro !