Yo, yo, yo !
Un mini-OS, cette fois-ci, pour contrebalancer le précédent vachement long. Merci à ceux qui ont commenté !
Bonne lecture !
5 Sens, OS 3 : Le toucher
Si c'est de la viande froide
.
Ton corps chaud contre le mien. T'avoir aimé.
Notre amour était brûlant, je crois.
C'était l'histoire du papillon et de la flamme.
L'histoire du serpent qui croque la pomme. Mais tu sais bien.
Le serpent est un animal à sang froid.
Je crois que c'est toi qui m'as dévoré. Qui m'a vidé les sangs. Tu étais la flamme. Tu étais le serpent.
Maintenant je suis fini, Vanitas, je suis fichu.
J'ai toujours cru qu'il faisait chaud en enfer.
Qu'on se sentait brûler, cramer, que notre peau fondait, que nos cheveux puaient le porc, que nos pieds braisés nous faisaient hurler de douleur et maintenant je vois. Je me suis trompé.
L'enfer est glacé.
Le feu, c'était presque bon, c'était enivrant de douleur, toi autour de moi, toi à l'intérieur de moi, toi qui me dévore de ton corps, toi la torche sombre, toi et ton odeur de caramel écœurant, toi et ton goût de poison, toi et tes yeux de feu, toi et tes cris déchirants comme une sorcière au bûcher, toi et ta peau, toi et ton corps.
Ton corps.
Ton corps.
Oui, notre amour était brûlant. Parce que c'était bien de l'amour, n'est-ce pas ? C'est comme ça que cela s'appelle quand on se laisse blesser à mort et torturer, par plaisir.
Le soleil ne s'éteint pas quand il descend dans l'océan.
C'est lui qui gagne, Vanitas, c'est toi qui as gagné, d'accord ? Alors rends-moi ce que tu m'as pris.
Rends-moi tes yeux.
Rends-moi tes mots de presqu'amour.
Rends-moi mes pensées.
Rends-moi ta chaleur.
Tu me les as donnés, tu ne peux pas les reprendre comme ça.
Pourquoi, dis-moi, pourquoi tu m'as montré comme tout était beau ? Pourquoi tu m'as montré que c'est bien le paradis, cette douleur calcinante, si c'est pour me tout me reprendre, si c'est pour me réexpédier dans un enfer où on se pèle les couilles, si c'est de la viande froide, tout ce qui me reste.
De toi.
Vanitas, Vanitas, tu es une lumière qui a besoin de beaucoup d'ombre pour briller, tu dois être en infrarouge parce que ta chaleur était bien plus forte. J'étais parfait pour toi, j'étais glacé dans le noir, entre deux mondes, et comme la chaleur monte toi tu m'as entraîné vers le haut en me fichant au feu.
Et voilà ce qu'on est. Maintenant, glacés.
Soudain, pour toujours.
Le froid de cette chambre qui n'a plus d'amour d'où ta chaleur s'est enfuie.
Il n'y a plus que moi, je ne peux plus brûler tout seul, alors je m'éteins, je me fige, je me gèle.
Et j'ai peur, tu sais ?
De ce que ça va être, depuis que tu as repris ta chaleur.
De cette chambre où tes jurons disparaissent, où ton orgueil ne m'emmerde plus, de cette chambre où il fait soudain froid, comme pour rappeler combien tout a changé.
Tout ce que je touche se glace. Ou était-ce déjà glacé avant, et c'était toi qui réchauffais tout ? Sûrement.
J'ai froid.
Merde, Van, Van, Van, Van, Van.
Van, Vanitas, réchauffe-moi, tu l'as toujours si bien fait. Me laisse pas tout seul avec le froid et l'ombre. Ça se fait pas, tu n'as jamais été si déloyal.
C'est humide.
Je veux que tu me rendes ton corps, Van, que tu te le rendes.
Que tu te rendes.
Parce que je n'en veux plus, de cela, je n'en veux pas, de cette main glacée que je tiens dans la mienne, tu disais que tout ce que je voulais c'était ton corps, c'est un peu vrai sans doute mais pas comme ça, pas si c'est de la viande froide.
Alors me laisse pas dans cette chambre funèbre, funéraire, aves les regards pleins de pitié froide, pleins de peine givrée, pleins de vide de toi et de ton feux.
Tu peux pas nous laisser là.
Et quitte à partir tu aurais dû prendre ça avec toi, j'aurais pu me dire le feu brûle bien quelque part, mais tu nous a laissés, et tu nous a laissé cette enveloppe glacée et glaçante, cette matière de boucher qui ne vaut rien, puisqu'elle n'a ni flamme ni utilité. On la fera pas cuire, ta putain de viande froide, on va la descendre sous la terre où il fait encore plus froid, et ta viande se pèlera les couilles pour l'éternité. T'aurais pas voulu ça, hein ?
Toi, tu aurais dû redevenir flamme.
Dans un incinérateur grande capacité, au milieu des tiens. Tu aurais été sublime.
Peut-être, même, je me serais glissé à tes côtés, j'aurais senti ta peau se réchauffer à nouveau contre mon corps, je me serais senti brûler à nouveau, j'aurais hurlé à nouveau, et après ?
Et après des cendres. Froides. Un petit tas puant, comme tes fonds de cendriers. Quelque chose de nous.
Je crois que ç'aurait été mieux que ça. Je pose la main sur mon bras. Il est froid. Presque autant que le tien. J'effleure tes cils. J'ai peur de les casser comme des fils de glace. Il y a un froid entre nous, maintenant.
Ton corps chaud contre le mien. T'avoir aimé.
La mémoire du corps disparaît.
Puisque c'est de la viande froide.
Terminaisons nerveuse dysfonctionnelles,
Zéro sensibilité,
Muscles inutilisables,
Cordes vocales foutues,
Pompe à sang finie,
Proche de la température du steak au frigo.
Puisque c'est de la viande froide.
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Voilà, c'est pas jojo, mais c'est comme ça. J'avais envie. Pardon.
Laissez un p'tit commentaire tout d'même, desfois que !
