Disclamer : Les personnages sont la propriété de l'auteure originale (J. K. Rowling). Les autres noms et termes appartiennent aux maisons d'éditions de 'The Elder Scrolls', 'Warcraft' et 'Le Seigneur des Anneaux'.
Raited : T.
Couple : Severus et Lucius.
Genre : Fantasy/Supernaturel.
Pas de réponses aux reviews vu qu'on ne m'en laisse pas... Et moi qui croyais que cette fic allait être aimée...
Bonne lecture quand même aux quelques paumés qui lisent cette fic...
ACHTUNG ! CETTE FIC S'ADRESSE A UN PUBLIC AVERTI. HOMOPHOBES ET MINEURS S'ABSTENIR !
oOo
Chapitre 2, l'Oblivion
Malgré les protestations de certains, il fut convenu qu'Harry et Severus partiraient dans l'heure. La réunion avait certes été moins longue que prévue, mais l'aube se rapprochait dangereusement, et Severus préferait partir tant que la nuit pourrait les aider à passer inaperçu.
Harry partit donc en quatrième vitesse préparer un semblant de bagages. A part quelques vêtements et son Éclair de Feu, il ne possédait pas grand chose. Une fois son unique sac à dos prêt, balais en main, il rejoignit la tour d'astronomie, là où Snape et les autres l'attendaient.
A plusieurs reprises, il fut sur le point de changer d'avis. Mais il tenait peut-être là la seule occasion qu'il aurait d'apprendre quelque chose susceptible de l'aider face à Voldemort. Bien sûr, comme son parrain, il n'avait aucune confiance en Snape et, de son point de vue, la nouvelle apparence de celui-ci reflétait tout simplement le monstre qu'il était intérieurement. Le Daedra avait beau l'avoir regardé sans animosité pendant la réunion, Harry ne doutait pas un instant qu'il soit resté le même.
Le nœud dans son estomac ne se dissipa pas lorsqu'il atteignit le haut de la tour d'astronomie. Il était quatre heure du matin et l'air était glacé et chargé d'humidité. Snape était tout près du bord, soixante mètres au dessus du sol. Albus, près de lui mais gardant tout de même ses distances avec le vide vertigineux, lui parlait à voix basse ; ils semblaient discuter du petit objet rond que le Daedra venait de donner au vieux mage.
Lorsqu'ils l'aperçurent, ses amis se rapprochèrent et Dumbledore se tut. Molly sera Harry contre elle comme si elle craignait de ne jamais le revoir. Les autres Weasley, ainsi que Sirius, Remus et d'autres membres de l'Ordre, posaient leurs mains sur lui en signe de soutient, les uns après les autres.
- Ne te laisse pas faire par ces grosses brutes, souffla Molly à son oreille. Apprend bien et reviens nous vite.
Elle le lâche, comme à regret, les larmes aux yeux, en recula pour laisser Sirius le serrer contre lui. Ce dernier lui dit quelque chose d'assez semblable aux paroles de Molly, mais qui étaient néamoins beaucoup moins poli envers Snape, avant de s'écarter. Harry serra beaucoup de mains, beaucoup de gens et, après avoir serrer fort ses deux meilleurs amis contre lui, il se tourna vers Snape et Dumbledore, se contraignant à garder un air neutre malgré la boule dans sa gorge.
- Eh bien, il va être temps pour vous de partir, souffla Dumbledore.
Il attira Harry près de lui, à l'écart des autres et lui montra la petite sphère transparente qu'il avait dans la mains.
- C'est un diamant de Sanghine, expliqua-t-il. Les Daedras s'en servent pour communiquer à distance. Quand tu sera là-bas, Severus t'en donnera une, et tu pourra communiquer avec celle-ci. Autant que tu le voudra. Avec Ron, Hermione, moi... D'accord ?
C'est à cet instant qu'Harry compris que Dumbledore, s'il savait que c'était la meilleure chose à faire, était également triste de le voir partir. Le jeune homme acquiesça, touché par les yeux humides du vieil homme. Dumbledore, une main sur son épaule, le poussa doucement vers Snape, lequel n'avait rien dit pendant l'effusion générale. Contrairement à ce que Harry aurait imaginé, le Daedra ne fit pas de remarque et se contenta de le fixer sans animosité. Indécis, Harry tourna les yeux vers Dumbledore. Le vieux sorcier lui fit un signe de tête, désignant le ciel, et Harry compris que Snape attendait qu'il s'envole pour décoller derrière lui.
Il s'assura que son sac à dos était bien fixé sur ses épaules, jeta un dernier regard vers les personnes présentes et décolla. Lorsqu'il fut à une cinquantaine de mètres de la tour, il se retourna, juste à temps pour voir les immenses ailes noires se déployer. A travers les fines membranes, on apercevait la flamme des torches, allumées sur le muret de la tour. Le Daedra battit une seule fois des ailes. Voir cette créature noire et sang fondre silencieusement à cette vitesse était un spectacle aussi magnifique que terrifiant. Le Daedra passa comme une ombre au dessus de Harry. Pas un souffle d'air ne se fit sentir sur son passage, pas un son ne fut produit et, si Harry avait eu les yeux clos, il n'aurait pas su qu'il venait de passer si près de lui. Harry suivi l'ombre strillée de rouge, s'empêchant de regarder à nouveau en arrière, le remord aurait été trop grand.
Harry s'était vêtu chaudement en prévision de son voyage en haute altitude vers le nord. L'Islande était un pays couvert de glaciers. Comme prévu, Snape vola haut au dessus des nuages, là où personne ne pourrait le voir. Aucun avion ne volait plus dans ces région maintenant que l'Islande était une destination interdite, et aucun avion n'assurait de transport si loin au nord de l'Ecosse. Ils survolèrent l'est des Monts Grampians, passant au dessus de Fort William afin d'éviter le Ben Nevis, et traversèrent une partie des Highlands avant de bifurquer plus à l'est pour rejoindre le Minch, passant entre Ullapool et les Hébrides Extérieures avant d'atteindre enfin l'Océan Atlantique.
Une fois l'océan atteint, Snape piqua pour se rapprocher de la surface liquide. Harry le suivi, trop heureux de quitter les hauteurs glacées du ciel et observa le vol dangereusement gracieux de son compagnon de route. Le Daedra volait presque au ras de l'eau et, quand il donnait un coup d'aile, le bout de ses ailes touchait la surface, laissant des traînées d'écume sur les vagues.
Il se mit à pleuvoir, et Snape ralentit afin que le jeune homme ne puisse le perdre de vue. Plus ils s'éloignaient des côtes, plus la mer devenait violente et la pluie battante. Harry fut vite gelé et, malgré que Snape se soit mit à voler au dessus de lui pour lui épargner le gros de l'averse en le protégeant de ses ailes, il fut rapidement trempé jusqu'aux os.
L'orage gagnait en puissance et ils furent contraint de se déporter plus à l'est pour éviter la masse nuageuse. Harry se doutait bien que, si Snape avait été seul, il aurait traverser la tempête, mais sa présence l'obligeait au détour.
Après près de quatre heures de voyage, ils arrivèrent en vue des îles Féroé. L'orage semblait loin, maintenant et ils purent reprendre une ligne droite en direction de l'Islande. Harry était épuisé. Rester contracté sur un balais quatre heures durant, sous une pluie glacée au milieu des vagues sauvages et des rafales de vent hivenal était loin d'être une partie de plaisir. Le jeune homme se rendit compte que Snape le regardait de plus en plus souvent, apparemment inquiêt de son état, il s'était considérablement rapproché et semblait prêt à intervenir si jamais, n'en pouvant plus, Harry tombait de son Éclair de Feu. Une telle considération de sa part lui semblait incroyable mais il n'y avait personne pour le voir, et il n'aurait pas eu besoin de feindre l'inquiétude. Pourtant, Harry n'avait pas l'intention de montrer sa fatigue, il continuerait jusqu'au bout. Ils ne devaient plus être très loin.
Une autre heure passa. La surface de l'eau était recouverte de davantage de cendre à chaque minute qui les rapprochait de l'île et, bientôt, ils pénétrèrent dans le gigantesque nuage de cendre qui entourait l'Islande. Snape créa un sort semblable au sortilège de Têtenbulle autour d'Harry, afin d'empêcher ses poumons d'être tapissé de débris volcaniques, ce dont il lui fut silencieusement reconnaissant. Il volèrent encore près d'une heure dans cette purée de poix quand, lentement, les premiers éclats rouges devinrent visibles. Ils étaient encore à plusieurs kilomètres des côtes et pourtant, les rivières de laves étaient déjà parfaitement visibles. Et plus ils s'approchaient, plus Harry voyait de lave.
Ils laissèrent enfin l'eau derrière eux pour n'avoir sous leurs pieds que roche et magma. Les Daedras étaient le parfait reflet de leur nation : noir comme la nuit et rouge comme le feu, aussi beau que dangereux. Oui, ce peuple était décidément en parfaite harmonie avec son environnement naturel. Harry suivait le Daedra d'un œil distrait tant il avait du mal à détacher ses yeux du spectacle qui se jouait sous ses pieds. Voyant à quel point son invité semblait fasciné, Snape ralentit encore pour lui laisser le temps de voir ces terrifiantes merveilles. Les rivières de roche en fusion coulaient lentement, tel un gigantesque vers cherchant à rejoindre la mer. Des bulles éclataient mollement à la surface, libérant des gaz toxiques qui ne semblaient pas affecter Snape le moins du monde. La lave se reflétait sur ses écailles et lui donnait l'apparence d'un diable.
Ils survolèrent les quelques traces restantes de l'ancienne ville de Vik et atteignirent les mi-hauteurs des Myrdals jökull. Les glaciers, par un incroyable miracle, étaient encore blancs en grande partie. Ils sembleraient que les fumées des volcans ne retombent que rarement sur le sol islandais, formant une barrière toxique autour de l'île sans se déposer à l'intérieur des terres. La blancheur des glaciers, même atténuées par le manque de soleil, offrait un contraste saisissant après la vue apocalyptique des sols proches du niveau de la mer. L'air était calme et il ne semblait pas y avoir le moindre souffle de vent alentour. Pourtant, quand Harry dirigea son regard vers les hauteurs des Myrdals jökull, il semblait que de fortes rafales y sévissaient. Sur leur droite, des trous béants s'étaient ouverts, laissant échapper des vapeurs accompagnées de quelques cendres. Ces cheminées semblaient attendre les entrailles même de la Terre.
Finalement, ils laissèrent les Myrdals jökull derrière eux et, survolant la Markarfljot et les rivières magmatiques qui l'avoisinaient, ils arrivèrent en vue du Mont Hekla, le cratère dans lequel, si Harry avait bien compris, se dressait la nouvelle Minas Morgül, capitale des Daedras.
Lorsqu'Harry posa enfin les yeux sur Minas Morgül, il stoppa inconsciement son balais, et Snape s'immobilisa à quelques distances de lui, lui laissant un minimum d'intimité. Il n'ignorait pas, bien sûr, que tout ce qui touchait à son peuple était terrifiant pour un humain, qu'il s'agissent de leur apparence, de leurs vêtements, ou même de leur architecture. Il savait qu'Harry n'avait aucune confiance en lui, ce qui était justifié étant donné leur querelles antérieures. Il espérait juste que le jeune homme ne conclurait pas, en voyant Minas Morgül, que les Daedras était des créatures pires encore que les Mangemorts et leur Maître.
Minas Morgül n'était pas le genre de ville où un étranger avait envie de poser les pieds. Ses tours, du même métal que celui servant à la fabrication des armures daedras, et veinées du même rouge, se dressaient vers le ciel, postées autour du palais impérial. Les angles de chaque paroie étaient bardées de pointes meurtrières de plusieurs mètres et les murs eux-mêmes étaient sculptés d'étranges motifs. De grands espaces semblaient avoir un rôle de 'jardins' mais il était difficile d'apprécier la flore locale. Des groupes d'oiseaux, composés de plusieurs dizaines d'individus, voletaient entre les tours noires et nichaient dans des petits nids construits à l'embranchement de deux ou trois aiguilles. Le palais impérial dominait le reste de la ville de son immense stature. Le reste des constructions, moins haute mais faites dans les mêmes matériaux, entouraient la forteresse de ses rues bien découpées. D'autres tours se dressaient ça et là, qu'aucun humain dépourvu de balais n'aurait pu atteindre aussi naturellement que les autochtones. La plateforme sur laquelle la ville était construite surmontait une gigantesque toile d'araignée, dont le premier niveau touchait presque la masse visqueuse de lave en dessous.
Harry et Snape passèrent au dessus de ce qui s'apparentait à un marché vide. Il semblait n'y avoir personne. Un silence presque trop parfait régnait autour d'eux, seulement troublé par les grondements souterains et d'autres bruits qu'Harry espérait 'normaux' pour l'endroit. Il osa se rapprocher de Snape mais, après hésitation, il remit ses questions à plus tard. Il n'était pas rassuré de se trouver là, dans une terrifiante ville fantôme, au milieu d'un volcan actif, avec Snape pour toute compagnie.
Ils prirent de l'altitude et se posèrent sur une vaste terrasse, à mi-hauteur de la forteresse de l'Empreur. Harry, courbaturé après plus de six heures de voyage, prostré sur son balais, eu un mal fou à déplier les jambes. Snape attendit patiement qu'il se detende et s'étire. Le jeune homme sentait tous ses muscles souffrir, ankylosés après tant d'immobilité forcée. Après cinq minutes, Harry, balais en main, s'approcha de Snape en massant sa nuque douloureuse. Le Daedra le fixa intensément, cherchant à connaître son état de santé puis, il se détourna de son hôte et fit face à la porte, gardée par deux statues de dragons de métal noir piqueté des mêmes éléments blanc et translucibles que sur son armure. Leurs yeux étaient deux énormes rubis. Snape et l'un des deux dragons semblèrent se fixer un instant. Harry eut ensuite la très désagréable sensation que le dragon le regardait. Les portes s'ouvrirent et la sensation disparut.
Ils entrèrent dans un vaste hall au plafond haut. Le sol semblait fait de marbre et des colonnes aux motifs torsadés soutenaient le plafond. Sur les murs étaient accrochées de somptueuses tapisseries, aux représentations diverses. L'une d'entre elles représentait une cité daedra entourée de lave et d'eau, et Harry songea qu'il devait s'agir de l'Atlantide, la première Oblivion. Beaucoup représentaient des combat contres des créatures étranges. Peut-être des représentations de l'époque de Malog Bal et de sa campagne de domination. Ils longèrent un couloir et passèrent une grande porte apparement faite en bois. D'un bois rosâtre tel qu'Harry n'en avait jamais vu.
Ils pénétrèrent dans une autre pièce. En face d'eux, de vastes escaliers menaient à une gande porte à double battants sur la quelle était sculpté une tête de dragon. Deux étendards, chacun d'un côté de la porte, devaient représenter le drapeau de l'empire : un dragon, couleur acier, les ailes ouvertes, la tête courbée et la queue tordue jusqu'à créer une pointe ; le dragon semblait être un losange parfait. Le reste du drapeau était noir.
Sur les deux autres murs, parfaitement symétriques, partaient six autres escaliers, moins imposants et hauts que ceux d'en face, chacun menant à une porte surmontée d'un symbole. L'un d'entre eux représentait un crâne daedra, un autre représentait un arc et une flèche sur laquelle étaient plantés un étrange poisson et une sorte de fruit. Un autre montrait simplement un livre ouvert ; le suivant, une balance comme celle dont Harry s'était servie en cours de Potion, pendant sa scolarité ; cela lui semblait si loin...
Il suivi Snape, celui-ci ayant choisi la dernière volée de marche, celle conduisant à la porte surmontée de deux sabres croisés. En se rapprochant, Harry se rendit compte que la porte était différente de celles qu'il avait vu auparavant. Elle n'était pas faite de ce mystérieux métal noir veiné, ni de ce bois si particulier. La porte semblait être une masse vivante de tentacules refermés les uns contres les autres et, quand Snape s'approcha, les tentacules verdâtres s'éloignèrent dans un gargouillis écoeurant, se répendant sur le mur entourant le trou ainsi libéré. Snape entra, mais Harry n'avait pas la moindre envie de s'approcher de cette masse grouillante. Cependant, les tentacules semblaient se rapprocher à nouveau pour refermer l'ouverture, et Snape l'attendait. Harry retint une grimace dégoûtée et se hâta de passer l'ouverture. Il entendit un léger bruit de succion lorsque, dans son dos, la porte se referma.
Harry espéra vivement que le chemin à parcourir n'était plus très long. Le voyage l'avait épuisé et, bien qu'il n'ai aucune certitude quand à sa capacité à s'endormir dans un endroit aussi terrifiant, il aurait bien voulu s'arrêter un moment.
Aussi fut-il rassuré lorsqu'il aperçut que la pièce dans laquelle il se trouvait ressemblait à un luxueux salon. Ils étaient apparement arrivés dans les appartements privés de Snape. Le Daedra le fixait, jaugeant sa réaction.
Harry se racla la gorge, sentant qu'il devait parler. Il n'y avait pas eu de mots prononcé depuis des heures et les dernières paroles qu'Harry avait entendues, celles des membres de l'Ordre lui disant au revoir, semblaient remonter à une éternité.
- C'est chez vous ? demanda-t-il.
Le Daedra resta silencieux un instant avant de répondre :
- Oui.
- C'est... joli, commenta le Gryffondor en regardant le sol de marbre.
Snape eu un sourire amusé.
- Ce n'est pas ce que vous pensez de la porte, n'est-ce pas ?
Harry fut choqué. Premièrement parce que Snape avait sourit, ce qui était un exploit ; et deuxièmement parce qu'il n'avait pas été ironique ou méprisant, ce qui était également un exploit incontestable.
- Ah, euh... La porte... C'est quoi, au juste ?
- Un Supplice de Mora, sourit Snape. C'est effectivement assez... glauque... Mais vous vous y ferez...
Il y eu un long silence. Harry ignorait comment réagir face à un Severus Snape 'normal' et Snape, lui, semblait ne pas vraiment savoir comment se comporter face à un invité humain.
- Bon, finit-il par dire. Je penses que vous êtes fatigué par le voyage. Vous devriez manger et aller vous coucher. Demain, nous verons plus en détail l'organisation de votre entraînement. D'accord ?
Harry acquiesça. Il ne pensait pas être assez serein pour dormir, mais il n'allait pas non plus le faire remarquer à Snape.
- Venez, c'est par là, lui indiqua le Daedra en le conduisant dans une pièce voisine qui devait être la salle à manger.
Harry s'assit donc à la table dressée, couverte de toutes sortes de plats locaux. Snape s'assit en face de lui et le fixa intensément. Ce regard aux pupilles dilatées mettaient Harry très mal-à-l'aise.
- Quoi ? finit-il par demander.
- Qu'est-ce que vous en dites ? interrogea à son tour son hôte et désignant les mets présentés sur la table.
Harry jeta un regard suspicieux à la nourriture. Il ne reconnu rien.
- Qu'est-ce que c'est ?
- L'Empereur à fait en sorte que vous ayez à votre arrivée une grande diversité de notre alimentation. Il souhaite votre avis.
- Mon... avis ? Pour quoi faire ?
- Eh bien, commença Snape, se grattant distraitement le crâne, juste derrière une de ses cornes. Nous sommes encore un jeune peuple mais l'Empereur et nous-même sommes pressé de nous ouvrir au reste du monde pour le commerce. L'Empereur aimerait avoir l'avis d'un humain sur un maximum de choses. Pour savoir si nous pourrons vendre nos propres produits agricoles, par exemple... Nous imaginons que les touristes seront peu nombreux mais ça n'empêche pas le commerce.
Harry resta dubitatif un moment : les Daedras voulaient... commercer... avec le monde humain ?
- Mais votre île est recouverte de lave, de neige et de cendres. Rien ne poussera ici !
- Tout ce que vous avez sous les yeux vient de nos cultures. Une faune et une flore telle qu'il n'en existe nulle part ailleurs. Nous espérons que ces produits uniques pourront intéresser les humains. C'est pourquoi l'Empereur souhaite fortement votre avis.
Harry se mordit la lèvre. La perspective de goûter à tout un panel de produits provenant de sols toxiques n'était pas pour le ravir. Cependant, il n'avait pas vraiment le choix : il faudrait bien qu'il se nourrisse à un moment ou un autre... et il était déjà affamé. Il soupira, et se décida à goûter quelque chose.
Il se saisit d'un couvert, très semblable à ceux utilisés par les humains européens, et piqua dans un morceau de... viande, imagina-t-il, qu'il porta ensuite courageusement à sa bouche. Il fut surpris de trouver à cette chair un goût agréable, à mi-chemin entre du poulet et du homard. La sauce qui l'accompagnait ravivait le côté sucré de la viande et Harry estima que c'était tout simplement excellent. Il mâcha consciencieusement, sous le regard curieux de son hôte, avala et exprima son opinion :
- Je ne sais pas ce que c'est, mais c'est très bon, affirma-t-il en désignant le plat das lequel il s'était servi.
Snape poussa un soupir satisfait, apparemment rassuré.
- C'est du sautcendres.
- Mmm ? Du quoi ? demanda Harry, la bouche pleine car il venait de se resservir. Ça aussi c'est très bon.
Snape sourit, apparemment satisfait des réaction du jeune homme.
- Ne vous inquiétez pas : bientôt, vous visiterez un peu les alentours, et vous saurez alors d'où viennent ce que vous avez sur la table.
Harry acquiesça, et goûta à autre chose.
Au fur et à mesure qu'il goûtait à tout, Harry donnait son avis. Il aima particulièrement le sautcendres grillé et les pommes de cendres qui l'accompagnaient, nappé de cette sauce faite de gelée de netch et d'essence de choucard ; apprécia la viande de sangligore ; se tâcha copieusement en décortiquant ses pinces de vasards et se régala des œufs d'aigles osseux. La viande de salamandre lui mit le feu au gosier avant qu'il ai eu le temps d'apprécier son goût et il ne fit qu'accentuer la brûlure en voulant l'atténuer avec un verre de sujamma. Il vida donc une carafe entière d'une eau glacée provenant des glaciers avant de sentir sa gorge se rafraîchir délicieusement. Il goûta énormément de choses dont il ne retint pas les noms et but de nombreuses boissons toutes plus étranges les unes que les autres. Il revint une fois sur le sujamma afin de l'essayer sans avoir la bouche en feu au préalable, mais c'était vraiment trop fort et la seule odeur lui fit tourner la tête. Seul un alcoolique surentraîné pouvait toucher à une telle boisson. Et comme l'alcool se vendait toujours très facilement, Harry ne se faisait pas de soucis pour le commerce daedra.
Après une heure de dégustation, Harry parvint à la conclusion que la cuisine daedra valait le coup, mis à part quelques mets que seul un Daedra semblait pouvoir apprécier à sa juste valeur. Il en fit part à son hôte, qui fut ravi et impatient de raconter cela à Titus Mede II le lendemain.
Harry était épuisé, mais de nombreuses questions tourbillonnaient dans son esprit et il n'aurait pu se coucher sans quelques réponses.
- Où sont les autres ? Je n'ai vu personne.
- Ils sont du côté nord de la ville. Ils ont déjà commencé à s'entraîner.
- S'entraîner ?
- Pour la guerre. Aucun d'entre nous ne s'est jamais battu en tant que Daedra. Nous devons apprendre à nous battre pour rejoindre Albus plus tard et aider l'Ordre a repousser Voldemort. Les autre sont sous la ville, dans les écuries drémoras, pour entraîner les dragons.
- Les dragons ?
- Tous les Daedras sont des guerriers de nature. Mais il y a plusieurs sortes de soldats. Par exemples, il existe les Drémoras : se sont des soldats daedras montés sur des dragons.
- Comme on monte sur des hippogriffes ?
- Oui, se sont nos montures à tous. Mais certains soldats sont spécialisés dans les attaques aériennes. Ce sont les chevaucheurs drémoras.
- Mais... Je ne comprends pas, vous avez des ailes ? Alors pourquoi monter des dragons ?
- L'être humain a bien des jambes, ça ne l'a pas empêcher d'apprendre à monter un cheval se déplaçant également sur terre.
- Oui mais un cheval va plus vite et plus loin qu'un homme. C'est une histoire d'économie de temps et d'énergie.
Snape haussa un sourcil entendu.
- Oh, fit Harry.
- Je crois que tu as répondu tout seul à ta question.
Harry se rendit compte que Snape l'avait tutoyé. Depuis quand le faisait-il ? Il ne s'en souvenait pas.
- Alors vous ne souhaitez pas faire la guerre aux humains ?
- Pour quoi faire ? interrogea Snape avec un froncement de sourcils.
- Je ne sais pas moi... Comme pour toutes les guerres : le pouvoirs, les terres, les richesses...
- Sans être obligé de tuer pour cela, personne ne pourra nier que nous sommes les êtres les plus puissants de cette planète. Pour ce qui est des terres, nous sommes actuellement moins de deux cents et c'est une grande île. Nous n'auront certainement jamais de problèmes de manque de territoires...
- Oui mais vous allez... vous reproduire, non ? Peupler l'île ?
- Ce n'est pas... aussi facile...
- Ah.
Harry sentait bien que c'était un sujet sensible et il n'osa pas demander plus de détails pour l'instant.
- Pour ce qui est des richesses, continua Snape comme si de rien n'était. Je ne vois pas ce que nous pourrions demander de plus. Vvardnfeld nous fourni les pierres précieuses les plus pures et les plus grosses du monde. Et en quantité telles que même en un siècle, les plus gros extracteurs de diamants humains ne pourraient atteindre notre production annuelle.
- Vous comptez donc beaucoup sur l'industrie de la joaillerie ?
Snape sourit et tapota le gros triangle transparent qui trônait sous sa gorge, sur son armure.
- De quoi crois-tu qu'il s'agit ?
- Je ne sais pas, du... Non... Ce n'est pas un diamant, quand même ?
- Si. Le diamant de Sanghine que j'ai donné à Albus ne s'appelle pas non plus diamant pour rien. Et tout ces points blancs que tu vois ici (il désigna les points transparents présents au milieu du métal de son armure) sont aussi des diamants.
- Et... Votre armure, les murs, tout ça... c'est fait en quel métal, au juste ?
- C'est du morgüliaque.
- Un rapport avec le nom de la capitale ?
- Oui, à l'origine, Minas Morgülian signifiait 'la ville de morgüliaque'. Avec le temps, elle est devenue Minas Morgül.
- Ca sonne mieux, confirma Harry. Et d'où vient ce métal ?
- C'est le volcan-esprit qui nous accueil qui nous le procure. Les matériaux les plus denses présents sur Terre viennent des profondeurs. Plus tu descends profondément dans les croûtes terrestres, plus les matériaux sont denses et solides. Les humains parviennent à creuser profondément pour rapporter des matériaux, mais un volcan ramène du minerai de bien plus profond encore. Nos armures sont sculptés dans des blocs de morgüliaque, dans lesquels il y a aussi des pierres précieuses duent à la pression du sous-sol d'où elles proviennent. C'est avec ce morgüliaque 'impur' que l'on fabrique des armures d'apparat comme celle-ci.
- Ce n'est pas une armure de combat ?
- Non. Tu verras demain à quoi ressemble une véritable armure daedra.
- Et la peau ? Les plumes avec votre armure ?
- Ça, c'est du cuir de netch. Quand aux plumes, elles proviennent d'aigles osseux royaux.
- Ce ne sont pas ces oiseaux qui volaient autour des tours, quand nous sommes arrivés ?
- Ce sont des aigles osseux nains. C'est leurs œufs que nous récoltons et que tu as goûté, tout à l'heure.
- Ah... et les dragons à l'entrée ?
- Quels dragons ? Ah, eux ? Oui, ce sont des esprits de lave gardiens envoyés par Vvardnfeld. Ils servent de... portiers, en quelque sorte. Ils te reconnaîtrons, maintenant qu'ils ont mémorisé ton aura. Ils te laisseront passé même si tu arrive sous la forme d'un insecte. Ta signature magique est unique.
- Et toutes les portes, dehors ? Celle avec le crâne et les autres ?
- C'est la Haute-Autorité. C'est là que sont les appartements de l'Empereur et des six Ministres. Je suis moi-même Ministre de la Guerre et des relations diplomatiques avec l'extérieur.
- Et celle avec le crâne ? C'est le Ministre de quoi ?
- De la Santé.
Harry haussa un sourcil, il ne s'était pas attendu à cette réponse.
- Et les autres ?
- Il y a le Ministère du Commerce et de l'Economie, avec la balance. Le Ministère de la Culture et de l'Education...
- Ça, c'est le livre ouvert.
- Oui. Il y a le Ministère des Ressources, qui se charge de l'agriculture, la pêche et la chasse et...
- Severus ?
Harry se retourna et déglutit, il en avait presque oublier que Lucius Malefoy était aussi un Daedra, désormais.
Le voir avec des cornes, des ailes et une queue fut au moins aussi choquant que lorsqu'il avait vu Snape pour la première fois le matin même. Si Snape, déjà constamment vêtu de noir, portait très bien sa nouvelle apparence, il était étrange de voir un Daedra blond, quoique ses cheveux semblaient avoir pâlit.
- Lucius ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je... Je me suis permis de venir saluer notre invité. Tout va bien ?
Harry acquiesça. Etre transformé en Daedra semblait avoir profondément amélioré le caractère de Snape. Peut-être en était-il de même avec Malefoy ? Ce qui n'empêcherait pas Harry de se montrer prudent.
- Comment as-tu... trouvé le repas ?
- Vraiment bien, dans l'ensemble.
Severus sourit.
- Harry, Lucius est d'autant plus inquiet de tes impression qu'il est le Ministre du Commerce.
- Oh ! Je penses que de nombreux humains seraient prêt à mettre un peu de cuisine daedra chez eux, fit-il pour Malefoy.
Le blond sembla rassuré.
- Viens t'asseoir, Lucius. Même si je pense qu'Harry ait grand besoin se reposer, maintenant.
Le concerné ne répondit pas, il avait encore des questions à poser.
- Viens, l'appela Snape en se levant. Je vais te montrer ta chambre.
Le jeune homme se leva, résigné à l'idée de remettre ses questions à plus tard. Il suivi son hôte, qui le conduisit à une vaste chambre avec salle de bain individuelle.
- Bon, si tu as besoin de quoi que se soit, n'hésite pas. Bon repos.
- Attendez ! Quelle heure il est ? On ne peut pas savoir quand est le matin et l'après-midi, ici.
Snape réfléchit un instant.
- Il doit être environ quinze heures en Ecosse, maintenant. Quatorze heures ici.
- Ah, merci.
Snape sortit et Harry s'assit sur le vaste lit. Il imaginait qu'un Daedra avait besoin de plus de place pour dormir étant donné qu'il devait aussi parvenir à caser confortablement ses ailes et sa queue dans le lit, ce qui expliquerait la taille des couches daedras. Il régla sa montre afin d'avoir l'heure locale, bien qu'il n'y ai en fait qu'un décalage d'une heure.
Il s'allongea confortablement, savourant la douceur des couvertures, il demanderait demain avec quelle peau elles étaient faite. Les aventures de la nuit et de la matinée sur son balais l'avaient épuisé et il se rendit compte qu'il n'avait pas dormi depuis une éternité. Il eu une pensée pour ses amis, pour Dumbledore, Sirius, Remus et les autres membres de l'Ordre. Que faisaient-ils en cet instants ? Étaient-ils en train de risquer leur vie pour repousser une nouvelle attaque ? Ou étaient-ils comme lui, immobiles dans leurs lits et songeant à lui et à ce qui pouvait bien lui arriver sur cette île ?
Bien sûr, Oblivion était loin d'être un pays accueillant au sens ou un humain l'entendait. Mais maintenant qu'Harry était là, il devait avouer qu'il trouvait l'île un peu moins terrifiante que ce à quoi il s'attendait au départ. C'était juste... différent. Vivre dans un endroit où la nature était maître et laissait éclater sa puissance.
Harry soupira et, allongé dans son lit géant, dans les appartements de Severus Snape, au cœur du sombre palais daedra, niché au dessus du magma bouillonnant du volcan Hekla, lui-même entouré de nombreux volcans libérant laves et fumées, il s'endormit.
(à suivre (ff))
oOo
Pour les terres d'Oblivion : Pour ceux qui connaissent 'The Elder Scrolls V : Skyrim', pensez à l'extension sur Solstheim. Des terres de cendres et des montagnes glacées ! ^^ Et ceux qui connaissent 'The Elder Scrolls IV : Oblivion'... bah voilà, c'est Oblivion, quoi...
Pour Minas Morgül : Imaginez la vrai Minas Morgül telle qu'on la voit dans 'Le Seigneur des Anneaux', avec un côté forteresse de Cynder dans 'La légende de Spyro I : un nouveau départ'. Sinon, imaginez juste les bâtiments et tours qu'on voit dans 'Oblivion'.
Voilà, j'espère ramener quelques reviews pour cette fic mais je crois que je pers espoir... J'avais eu d'assez bons retours pour mes fics lors de leur première publications et là... Je viens de lire une dizaine de rev sur Dark Angel, Infiltration et 'Ist das möglich ?' qui m'ont sérieusement coupé mon optimisme... Le genre de reviews qui donnent pas envie de lire les fics en question... Bien sûr, ce sont des remarques pertinentes mais ça fait toujours mal au cœur quand on à que cinq reviews et que quatre sont comme ça... Alors que j'avais eu que des bonnes remarques la première fois... Enfin... J'espère avoir de meilleurs retours plus tard...
Emy.
