Disclaimer : Tout appartient à J.K.R, l'univers, les personnages.

Note : Je vous conseille d'écouter Life de Des'ree, l'album de Shakira, le dernier : Sale el sol et euh, plein d'autres morceaux ahah, du genre Shattered – Trading Yesterday, This Girl – Laza Morgan, toujours et encore du James Blunt et du Angus and Julia Stone, et puis peut-être si l'envie vous prend, à écouter également (et en plus ça va bien avec l'histoire, enfin je trouve) : Man Down -Rihanna.


Odalisque


PARTIE II


Je ne rêvais pas, il était bien devant moi, une ébauche de sourire sur son visage que je brûlais d'envie de lacérer avec mes ongles. Scorpius Hypérion Malefoy, le responsable de tous les malheurs que j'avais connu depuis cinq ans. Traître, menteur, manipulateur, vil personnage dont j'avais espéré – au fond, bien au fond- ne jamais recroiser la route. Le Chemin de Traverse était vraiment trop petit, ah ça oui.

-Lily petit amour, ça fait longtemps, murmura-t-il.

Et il osait, le sale impertinent. Il osait m'appeler de nouveau comme ça, le salaud, le salaud, … ô combien j'avais envie de l'étrangler, de le déchiqueter avec mes dents. Je fulminais et serrais des poings dans les poches de mon manteau. Le rouer de coups n'aurait pas été la solution idéale, et j'aurais pu me faire arrêter.

-Pas assez à mon goût, répliquai-je, acide avant de faire un pas en avant pour continuer ma route.

Pour laisser cet intermède derrière moi, le temps de recouvrir totalement mon esprit. Mais il ne m'en laissa pas l'occasion, attrapa fermement mon bras et m'obligea à agripper le gris argenté de ses yeux.

La seule chose que je souhaitais était de partir, pouvoir rejoindre mon lit sans attirer l'attention de mes parents -d'ailleurs, il fallait que je songe à me trouver un studio-, me rouler dans ma couette, et pleurer tout mon soûl. Voilà ce que déclenchait en moi le toucher de Drago Malefoy à présent, … mais je mentais. Je me mentais à moi-même en fait. Son seul toucher me brûlait la peau, me rappelait d'autre caresses, des baisers, des étreintes lointaines. Et c'était ça le pire, son toucher ne me dégoûtait pas autant qu'il le fallait, bien au contraire. Sa peau contre la mienne me soufflait des promesses passionnées.

-Lâche-moi Malefoy ou je hurle, lançai-je d'une voix rauque.

Je ne savais pas d'où m'était venue la force de parler, sûrement un instinct de survie enfoui qui avait agi pour mon bien. Je me devais de fuir, de remonter ma tête à la surface, et lui dans les parages, c'était impossible. Il prenait toute la place dans mon champ de vision, me bouchait la vue, altérait mon ouïe,... dingue le seul effet que cet homme pouvait me faire.

Effrayant.

Il eut un ricanement, et me lâcha le bras, restant néanmoins à une distance que je jugeais trop proche de moi. Et je pus le détailler dans son ensemble : il n'avait pas vraiment changé, s'affinant peut-être un peu. Je voyais sans efforts qu'il avait pris un peu de maturité dans le visage, dans la façon de se tenir, et puis il portait un costume hors de prix -évidemment- qui lui donnait un air adulte... Après tout, il n'avait plus vingt ans et ne devait plus être étudiant non plus. Oui, je me souviens maintenant qu'il faisait une double licence de droit et commerce magique, se destinant à une carrière brillante d'homme d'affaires à Gringotts. Il devait avoir réussi, il avait l'intelligence et les relations pour.

-Alors Lily petit amour, on a cherché à s'exiler après le scandale hein, on a pas pu faire face aux conséquences de ses actes, commenta Scorpius, mi-doux, mi-acide.

J'eus un sourire victorieux, à peine caché. Je savais que j'avais parlé bien trop tôt à ma cousine et il avait sûrement dû modifier ses plans pour détruire la famille Potter et Weasley. Me faire passer pour la méchante, rester innocent dans une certaine mesure. Mais lui aussi avait touché juste, tout comme Hugo un peu plus tôt. Je n'avais pu faire face et avait opté pour une fuite serpentardesque, digne de lui.

-Moi au moins, j'ai assumé ma culpabilité dans tout ça, Malefoy.

L'homme en face de moi haussa un sourcil et esquissa une moue contrariée avant de se reprendre. Visage insondable, impossible à déchiffrer. Enfin, presque. Je n'avais rien oublié des différentes expressions de son visage qu'il n'arrivait pas à camoufler, et même si il me semblait que ça faisait une éternité que je ne m'étais pas prêtée à ce petit jeu, j'essayais de comprendre quelles pensées l'agitaient... avant de laisser tomber, soufflée par la vérité qui s'énonçait brutalement à moi et que je n'avais jamais assimilée : j'avais cru comprendre Scorpius quand il trompait Rose avec moi, j'avais cru interpréter de l'affection pour moi dans les traits de son visage, … mais tout ça n'avait été qu'un vaste mensonge, une comédie grotesque.

Je suffoquais, et lui, bien plus que conscient du trouble qui m'envahissait, qui m'enveloppait toute entière, sut que c'était le bon moment pour s'attaquer à moi, je n'avais jamais été aussi vulnérable face à lui.

Il reprit possession de mon bras, m'entraîna discrètement dans une ruelle proche de l'endroit où nous nous étions bousculés, et affrontés comme deux bêtes de cirque, et transplana sans que je ne puisse me révolter. Et ce fut le trou noir.

:.:

Mes yeux papillonnèrent d'eux-mêmes, dérangés par une lumière trop vive. Que s'était-il passé ? … Je me levai en sursaut, me souvenant que la dernière personne que j'avais vu était Malefoy, Scorpius Malefoy.

D'ailleurs, il était là, en train de se servir du thé, le regard tranquille posé sur la Gazette d'aujourd'hui. Pas de panique, il t'a juste emmené dans un endroit que tu ne connais ni de Merlin, ni de Vivianne, mais tout va bien se passer. Si, en fait, panique, tu n'as pas été avec lui, seule, complètement seule, depuis des lustres et tu ne sais pas comment tu vas réagir.

-Ça y est ? Tu émerges ?

Il n'a même pas levé la tête, trop occupé à lire la Gazette. Sûrement ses précieux chiffres d'affaires. Connard.

-Où est ce que tu m'as emmené ? … Je veux rentrer chez mes parents, tout de suite.

En faisant mine de ne pas m'entendre, il fait apparaître une tasse d'un coup de baguette, et lève son visage vers moi, un sourire irrésistible aux lèvres, le type de sourire qui me faisait craquer et qui le faisait d'ailleurs toujours aussi bien. Malheureusement.

-Un thé, petit amour ? Propose-t-il.

Tel le parfait hôte.

-Je dois partir... Rose ne va sûrement pas tarder à rentrer, je rajoute, pétrie d'amertume.

Au fond, je lui en voulais toujours égoïstement certes, d'avoir préféré ma cousine à moi. Et très logiquement, je lui en voulais toujours pour tous les dégâts que son fichu beau sourire avait causé dans ma famille.

-Rose n'habite pas avec moi, … nous ne sommes plus fiancés depuis longtemps.

Cette révélation me heurte de plein fouet. Depuis mon arrivée, tout le monde n'avait cessé de me rabâcher que ma chère cousine et l'héritier Malefoy s'étaient fiancés, au plus grand dam de mon oncle. Quel mensonge encore allait-il me sortir, … encore ?

-Tu mens.

Je le vis passer sa langue sur ses lèvres pour l'humecter, comme quelqu'un qui se prépare à balancer la plus attrayante nouvelle de la décennie. Il se délectait à l'avance de mes réactions, le salaud. Mon air ébahi devait y être aussi pour quelque chose.

-Nous jouons la comédie pour sa famille, et pour la mienne également. Mais nous n'avons été fiancés que six mois avant que notre couple éclate. En partie grâce à toi, je dois avouer. Et ma très chère ex-fiancée veut tourner en bourrique sa famille, … et n'a jamais pu arrêter ce petit jeu malsain avec eux. Quant à moi, cette situation me convient donc je n'y mets pas fin.

Mensonges, me hurlait mon esprit. Ce mot lui était ancré à même la peau, je ne pouvais pas le croire, il mentait, comme toujours, comme il l'avait toujours fait avec moi, il se jouait de moi, utilisait ma naïveté, ma crédulité... Impossible, impossible, il mentait, Rose fiancée à Scorpius, tout le monde le disait, le clamait haut et fort, me le soufflait en permanence à l'oreille comme des condoléances, il mentait, ce n'était pas possible, mensonges, mensonges, ne le crois pas Lily, ne le crois pas.

-Arrête de me mentir, explosai-je. Arrête de jouer avec moi, tu es avec elle je le sais, et tu sais quoi ? Même si j'ai voulu à en crever que tu n'appartiennes qu'à moi, que tu n'aimes que moi, c'était il y a trois putains d'années et tout ça est loin derrière moi, Rose est ta fiancée, n'essaie pas de me rouler encore une fois, je sais démêler le vrai du faux avec toi maintenant... enfin je crois, je ne sais plus, tu es comme de la fumée, on croit t'attraper et l'instant d'après, tu disparais, tu vas ailleurs, tu mens... encore et toujours.

-Je comprends que tu préfères croire ta famille, après tout ce sont tous des saints n'est-ce pas ? Lâche Scorpius après un instant.

Mon ventre se tordit d'indignation, de peur de découvrir le sens caché de cette phrase. Pourquoi ? Pourquoi ne comprenais-je pas ce sous-entendu ? Ils n'étaient pas tous des saints, ça non, mais avaient tous été corrects dans tout ce qu'ils entreprenaient...

Et puis, je réalisais. Je n'avais pas vu ma famille depuis trois ans, et je n'avais pas eu non plus de nouvelles. Certains avaient ils pu changer radicalement ? Non non, impossible. Et puis je me souvins du regard d'Albus, de sa façon de m'accueillir, je me souviens de la méfiance d'Hugo, du regard inquiet et détermine de Mamie Molly, et je me demandais quels démons agitaient ma famille... Que s'était-il passé pendant mon absence ?

Mais ma loyauté envers ma famille -enfin envers ceux qui le méritaient- se réveilla et je pus m'empêcher de lever les sourcils, sardonique, tout en le détaillant du regard. Message : « En tout cas, plus que toi . »

Il fut agité d'un rire silencieux après ce regard, et prit délicatement une gorgée de thé.

-Lily, petite fleur, tu ne te rends pas compte, non, tu ne t'en rends pas du tout compte. J'ai réussi mon objectif : éclater ta famille en de petits morceaux insignifiants. Tes grands-parents se renferment, leurs petits enfants partent à la dérive chacun à leur tour, et leurs enfants n'arrivent pas à l'en empêcher. Dramatique, n'est ce pas ?

-Qu'est ce que tu racontes comme sottises ?

-J'ai réussi, petit amour, retiens juste ça. Tu peux partir, maintenant.

Il me congédia comme une petite fille impertinente et indésirable. Inadmissible.

-Dis moi tout ce que tu insinues par là ! Ou je ne bouge pas d'ici, assénai-je fermement.

Tout autant que je le pouvais face à lui, cela va sans dire.

-Tu es partie Lily, et même si ce n'était pas prévu, même si j'aurais préféré que tu attendes encore un peu avant de le dire à Rose, ça a servi mes plans. Tu as éclaté ta famille, et toi seule en fait aurait pu les ressouder. Mais tu es partie, et maintenant, il est trop tard.

J'eus un hoquet. Pourquoi croyaient-ils tous que je pouvais faire quelque chose pour ma famille ? Et que voulait dire Scorpius par tout ça ? Qu'avais-je raté... ?

Et en plantant ses yeux gris fumée dans les miens, Scorpius lâcha une dernière phrase. Sa raison, son alibi, le pourquoi du comment.

« Ta famille a détruit la mienne, petit amour. Il me semblait normal d'en faire de même. »


Bon, finalement comme j'avais bien avancé ce chapitre (très court, comme le précédent, et tous ceux qui vont suivre), je l'ai terminé vite fait aujourd'hui à une de mes pauses. Les idées sont déjà présentes dans mon esprit, et chose étrange, je sais à peu près quel chemin je veux suivre. Ô MIRACLE ! Bref, la première année de médecine (enfin PACES) c'est … dur. Mais bon, je ne désespère pas d'arriver, donc je m'arrache... les cheveux. Pour ça donc, je me répète ici (je l'avais déjà dit sur mon profil), les publications se feront RARES, voir inexistantes. (Quoique là, je viens de publier un truc, donc bon...)

En tout cas, j'espère que vous avez apprécié ce deuxième chapitre, le premier ayant reçu moins de succès évident par rapport au prologue. Enfin brefouille.

Gros bisous à tous, et merci de me suivre ! Ça fait super plaisir !;)

Valouw.