Remerciement : Deux personnes formidables m'ont aidées à rendre ce texte lisible. Je ne les remercierai jamais assez. Grâce à ChocOlive et Nathdawn, ce chapitre est parfaitement épuré de toutes fautes et de tout OOC.

Attention ! L'atmosphère de cette histoire est glauque, oppressante. Si vous n'aimez pas ce genre de récit... bye bye. Ne venez pas vous plaindre ensuite, je vous aurais prévenue.

Bonne lecture !


Chapitre 2

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La douleur explosa dans son crâne dès qu'il se réveilla. Son dos et son cou lui faisaient horriblement mal, mais cela restait supportable. Il perçut une pression légère sur son épaule, une petite secousse qui agitait son corps frissonnant de froid. Son souffle était haché. Il se souvenait avoir pris un manteau et il en nota l'absence alors que sa main tâtonnait fébrilement son bras. Le jeune homme entrouvrit les yeux mais sa mèche bloquait sa vue. Le sol était glacé, inconfortable. Du béton, à en juger l'aspect.

Il devait y avoir une source de lumière s'il arrivait à le voir.

― Putain Cook, si tu te réveilles pas maintenant, je vais le faire en quelques coups de poings.

Cette voix ronchonne, si mélodieuse, eut tôt fait de le ragaillardir. Il pensait ne pas avoir connu pire réveil que ces matins qu'il avait passés sur ce bout d'île aride avec le vieux schnock. Comme quoi, quand on pensait avoir connu le fond, on pouvait encore creuser. Bonne leçon de vie qu'on ne retient jamais.

Sanji tourna la tête avec précaution et croisa les prunelles émeraude de son camarade. Il avait l'impression d'être dans une scène de lendemain de cuite. Mal de crâne, endroit inconnu, personne qu'on voudrait ne plus jamais croiser. À son grand dam, il allait devoir le supporter.

― Si on m'avait dit qu'un jour je serais content de te voir, j'aurais défoncé la gueule de cette personne, lâcha le cuisinier. D'ailleurs, je crois qu'encore aujourd'hui, c'est ce que je ferais.

― Ah bah merde, tu vas mieux que ce que je ne croyais. Y 'avait pas lieu de s'inquiéter, j'avais raison.

C'est en apercevant la main du sabreur quitter son épaule que Sanji se rendit compte que c'était Zoro qui l'avait secoué pour tenter de le faire réagir. L'escrimeur alla se poser, un bon mètre plus loin. Sanji, lui, se redressa avec précaution et s'assit lentement. Avec une grimace de douleur plus parlante que n'importe quel mot, il avisa son manteau plié au sol et qui lui avait sans aucun doute servi de coussin. Ses vêtements étaient encore trempés, sa mâchoire et sa gorge lui faisaient un mal de chien dès qu'il prononçait un mot et, pour peaufiner le tout, il ne savait pas où il était, ni où se trouvaient ses affaires.

― Dis-moi marimo, articula-t-il péniblement, t'as pas vu mon sac ?

― T'en avais pas avec toi quand on t'a jeté ici.

― Où ça « ici »?

Ce mot lui rappelait le carnet, tombé avec sa lampe torche alors qu'il avait tenté de sauver sa peau. Encore des pertes qu'il déplorait déjà.

Zoro haussa les épaules, comme si la situation ne le concernait pas.

― J'en sais rien, en fait.

― Inutile comme toujours. Je suppose que tu ne sais pas non plus combien de temps j'ai dormi.

Le silence de son rival fut éloquent. Sanji leva la tête et fut un court instant ébloui par la lumière du vieux néon. Il se frictionna mais peine perdue, il était gelé. On les avait mis dans un congélateur ou quoi ? Les propriétaires n'avaient pas assez de sous pour chauffer cet endroit ?

Sanji était lucide. Ils étaient prisonniers. Qui prenait la peine de soigner ses détenus ? On les maintenait en vie le temps qu'il fallait et après on s'en débarrassait. Le cuisinier repéra deux lits crasseux, chacun dans un coin de la salle de 10 mètres carré.

Saisissant son manteau, il prit appui sur le mur, se leva avec précaution et enfila son vêtement. Il lui apportait un peu de chaleur, juste assez pour qu'il cesse de trembler avec autant de violence, son corps ne pouvait pas le supporter après ce qu'il avait enduré. Il posa sa joue endolorie contre le mur froid et fut soulagé un court moment.

― C'est pas bon, souffla-t-il en songeant à la situation, pas bon du tout.

Sanji venait seulement de remarquer que Zoro n'avait pas ses sabres avec lui. Question de logique, là aussi. Depuis quand laisse-t-on ses armes à un prisonnier ? Il se demanda comment le sabreur s'était fait attraper mais… non. Mieux valait ne pas savoir. Il se trouvait assez stupide de s'être fait avoir lui-même alors il ne voulait même pas en parler.

― En fait, je pense que nous sommes plutôt des pensionnaires.

Le jeune homme aux cheveux blonds fit pivoter sa tête vers son compagnon, étonné. Zoro nuança son propos.

― Je pense que nos hôtes nous considèrent comme des pensionnaires.

Mince, c'est qu'il devenait loquace, le con. Il devait être en train de mobiliser les seuls mots de vocabulaire qu'il connaissait dès qu'il sortait du champ lexical de la violence et du meurtre. Sanji fut un peu mesquin sur ce coup mais ça lui faisait un bien fou de songer un instant à autre chose… Bien qu'il avait conscience que ses pensées auraient dû voguer vers Nami et Robin.

― Ils sont plusieurs ?

Du pouce, il désigna la petite ouverture pratiquée sur la porte, grillagée pour les empêcher d'y passer le bras.

― Tête de noix de coco est passé plusieurs fois, poursuivit Zoro. Et un autre, je ne l'ai pas bien vu, il était trop grand.

― Tête de noix de coco ? répéta Sanji, amusé.

― Quand tu verras sa trombine, tu comprendras.

Le jeune homme s'efforça de ne pas sourire, il aurait encore plus mal. Toutefois, il fut intrigué par cet « autre » dont parlait Zoro.

― L'autre, il ne mesure pas genre deux mètres et demi ? Un souffle rauque, le pas lourd accompagné d'un bruit de chaînes ?

― Tu connais ?

Sanji ne voulait pas vraiment en parler. La situation était bien pire que ce qu'il avait imaginé au départ. Il se contenta d'opiner vaguement. Il cherchait déjà un moyen de se tirer d'ici. Pas de fenêtre. Et si Zoro était encore là, cela voulait dire que la porte ne pouvait pas être défoncée. Sanji pouvait toujours essayer d'y coller quelques coups de pied. Il abandonna cette idée. De toute façon, vu le boucan que cela allait faire, ceux qui les gardaient ici rappliqueraient aussitôt. Il n'avait pas très envie de revoir l'autre colosse.

Donc la question restait irrésolue.

Le jeune homme croisa les bras, continuant de se frictionner, et son dos glissa lentement contre le mur, jusqu'à atteindre le sol. Il se surprit à chercher quelques blessures sur Zoro puis se reprit. S'il était capable d'être aussi nonchalant, cela voulait dire qu'il pétait la forme. Pas de souci à se faire pour lui.

Pff ! Jamais cela ne lui serait venu à l'esprit de s'inquiéter pour ce chou farci ! C'était juste du sens pratique, voilà tout. Oui, voilà !

― Il y aurait un moyen, fit soudainement Zoro.

Sanji releva les yeux vers l'escrimeur, tentant de comprendre ce qu'il voulait dire. Le sabreur se releva et lui désigna un point trop haut sur le mur pour que le cuisinier puisse le voir en restant assis. Il dut s'écarter pour apercevoir ce que lui montrait Zoro.

― Le conduit d'aération ?

Son attention se reporta vers son compagnon qui l'observait avec insistance, croisant les bras sur son torse. Sanji se souvint de sa mésaventure avec l'autre dégénéré et mit immédiatement les points sur les i et les barres aux t.

― Hors de question !

― Je te le dis tout net, ça me fait chier de devoir confier ma liberté entre les mains d'un crétin comme toi mais on n'a pas le choix. Nous ne sommes pas seuls ici. Depuis que je suis là, Noix-de-coco et ses potes ont emmené cinq ou six personnes avec eux. On est sur la liste, c'est obligé. Faut qu'on se tire d'ici.

Zoro se tut un court instant, écoutant attentivement pour s'assurer que personne ne venait.

― Ces mecs qu'ils embarquaient avec eux… Difficile de croire qu'ils avaient encore une apparence humaine.

Cet argument fit mouche. Sanji voyait ce qu'il voulait dire. Et ce, rien qu'en se souvenant de la figure du colosse. Le frisson qu'il eut à ce moment précis fut autant d'appréhension que de froid. Il se plaça sous le conduit et joignit les mains devant lui.

― Je te fais la courte, grouille-toi.

Zoro ne se fit pas prier. Il posa un pied sur les mains jointes puis l'autre sur l'épaule. Il dut mobiliser toutes ses forces pour réussir à retirer la grille. Il redescendit et fit la courte échelle à Sanji pour qu'il passe. À regret, ce dernier dut enlever son manteau pour pouvoir entrer dans le conduit.

― Tu me le paieras marimo !

― Ouais, on verra, répondit Zoro peu convaincu. Dépêche-toi.

Pour la gratitude, on repassera. Sanji n'avait pas le choix, il voulait lui aussi sortir de cet endroit. Peu importait ce que c'était.

Le passage dans ce conduit fut interminable. Sanji se fit violence pour ignorer les toiles d'araignées, se concentrant pour faire un minimum de bruit et pour avancer le plus vite possible. La perspective que Zoro ait besoin de lui le réjouissait. Il ne pouvait rien faire sans lui, ce crétin de sabreur ! Lui qui se moquait de sa silhouette frêle, c'était elle qui allait leur permettre de se tirer de cet endroit. Ironique. Sanji comptait le lui rappeler très longtemps et ce, dès qu'ils seraient sortis de ce bâtiment.

Le cuisinier faillit se retrouver bloqué deux ou trois fois et l'avancée fut parfois laborieuse. Il fut à moitié soulagé lorsque la sortie lui tendit les bras. Il était bien là-dedans, si on exceptait la crasse. Le fou furieux avait peu de chance de lui sauter dessus. Il se fit une raison et poussa la grille pour sortir. Seuls les deux rivets du haut se détachèrent, ce qui était une bonne chose vu que le but était de rester silencieux.

Il s'agrippa au bord du conduit et réussit à s'en extirper. Il atterrit sur le sol, genoux pliés, prêt à décocher un kick au premier qui lui sauterait dessus. La douleur refluait doucement. Elle était là, bien présente, mais elle s'était enfin décidée à signer une petite trêve.

La priorité était de savoir où il avait atterri. Il savait peu de chose. Le conduit l'avait énormément éloigné de l'endroit où Zoro était enfermé. Vu la hauteur à laquelle se trouvait la bouche d'aération, il ne pourrait pas y retourner seul. Il devait y avoir des escaliers dans le coin, il ne se faisait pas trop de souci là-dessus.

Là, il devait trouver un moyen d'ouvrir la porte. Un pied-de-biche, ce serait le top. Une clé, ce serait parfait.

Il marcha prudemment sur le parquet, se crispant au moindre grincement. Il s'intéressa à la baie vitrée qui tenait lieu de rambarde pour s'éviter une chute mortelle et fut satisfait de constater qu'il pouvait avoir l'œil sur une bonne partie du rez-de-chaussée ainsi que sur tous les étages de la bâtisse d'ici. À l'inverse, on pouvait aussi le voir. Il arrivait à se faire une bonne idée de l'aspect rectangulaire de l'édifice, néanmoins il se doutait qu'il allait devoir explorer lui-même la majeure partie du bâtiment. En tout, il devait y avoir cinq étages. Merveilleux.

Petit point, il devait se familiariser avec la configuration. Il y avait un mur à sa droite, c'était de là qu'il venait grâce au conduit, plusieurs portes qu'il distinguait à peine. A sa gauche, une immense vitre qui clôturait l'autre côté du couloir. Grâce à elle, il avait une vue sur la majorité de l'intérieur du bâtiment. En gros, sans cette vitre, tous les couloirs étaient ouverts sur l'intérieur. Sur le rez-de-chaussée qui se trouvait au milieu, tout en bas, pour être précis.

Pour une raison qui lui échappait, il nota dans un coin de sa tête que les couloirs des autres étages étaient plongés dans une semi-obscurité, eux aussi, malgré la colonne de lumière qui provenait du rez-de-chaussée et du plafond. Il tordit son cou pour voir et pesta en voyant des projecteurs. Un très mauvais point. Il allait devoir trouver un moyen d'allumer la lumière. Il était au deuxième étage, selon toute logique, les clés devaient se trouver dans une pièce au rez-de-chaussée.

« Récapitulons, je dois trouver comment allumer la lumière, c'est facultatif mais cela peut être utile, descendre pour trouver la clé, remonter et libérer tête de gazon. Le tout en évitant une bande de cinglés. Ça devrait aller. C'est rapide. »

C'était de la théorie. Plus facile à dire qu'à faire. Il se mit en route, décidé à ne pas courir. Le moindre bruit se réverbérait dans un espace aussi grand. On devait l'entendre de loin. Il poussa la curiosité en allant jusqu'à ouvrir quelques portes. Apparemment, il était dans l'ancienne partie dédiée à l'administration et aux salles de jeux destinées aux pensionnaires.

Le bâtiment était en plusieurs fractions. Intéressant. Une pour les employés et l'autre pour ceux qui devaient « loger » là. Il en prit note. Il était certain, rien qu'en jetant un œil aux fenêtres grillagées, que le bâtiment était dans la forêt.

Il sentait son cœur cogner contre sa poitrine en songeant à la perspective de croiser l'autre colosse sur sa route. Il n'arrivait pas à digérer le fait qu'on puisse résister à ses coups de pieds. Ce genre de chose ne lui était jamais arrivé. Il ne lui demandait pas de s'affaler en hurlant de douleur, vu la montagne que c'était, mais une petite réaction… un « ouch » ou un « aïe ». Ce n'était pas de la peau qu'il avait le gars, mais du cuir épais. Style éléphant et encore.

Il ajouta, à sa liste de choses à récupérer, un objet qui lui serait utile : une carte. Une autre bonne raison pour descendre au rez-de-chaussée. S'il croisait le dégénéré, il allait devoir courir. Et savoir où il allait n'entrerait pas dans ses prérogatives.

Finalement, mieux valait que ce soit lui qui soit dehors que Zoro. Ce coup-là, il fallait la jouer en finesse et en discrétion. Deux mots qui ne faisaient pas partie du vocabulaire de son compagnon l'algue.

Il poursuivait sa progression tout en s'attendant à entendre des bruits de pas et de chaînes à chaque seconde qui passait. Il avait peur de le voir débouler à chaque instant, comme dans les bois. Il était rapide pour un colosse. Cette incroyable célérité était la cause de sa défaite.

Sanji avait parcouru près de la moitié de l'étage, ignorant les couloirs qui l'invitaient à aller toujours plus loin dans le bâtiment. Il préférait rester au centre. C'était une perte de temps d'explorer alors qu'il n'avait aucune carte, aucune indication. Tiens, en parlant de ça…

Sa main, constamment plaquée contre le mur pour se repérer, toucha la surface froide d'un panneau en PVC. Il dut plisser les yeux et attendre encore un peu que sa vision s'habitue totalement à l'obscurité pour s'apercevoir qu'il était dans la bonne direction. L'escalier ne devait pas être très loin.

De temps en temps, il entendait des hurlements. Pas ceux où la peur transparaissait, non. Ces cris-là sortaient directement des tripes, arrachaient la gorge, suintaient de douleur et de terreur. Ils étaient si lointains que Sanji parvenait à se tranquilliser. Du moment qu'ils ne se rapprochaient pas, il était serein. Il se mordit la lèvre, contrarié, en se retrouvant devant l'escalier. On avait osé mettre un verrou sur la grille qui permettait d'y accéder. Comment il faisait maintenant ?

Il sursauta lorsqu'une porte craqua, à quelques mètres sur sa droite, sous des coups brutaux. Sanji se recula et assena un coup de pied dans l'accès, sans succès. Il eut le temps de faire trois essais avant que la porte ne cède sous les assauts de son mystérieux agresseur. Le cuisinier se pétrifia en reconnaissant le colosse qui s'en était pris à lui. Les pas lourds, accompagnés de cliquetis de chaînes brisées à ses pieds.

Il faisait quoi à présent ? Il ne pouvait pas aller bien loin, le couloir était coupé en deux à partir de là. Un mur le bloquait, il n'avait pas beaucoup d'options. Le temps qu'il détruise le mur, le fou furieux lui aurait déjà fondu dessus. Il y avait des chances qu'il sache que Sanji était dans les parages, il avait fait un boucan de tous les diables.

Les dents serrées, maîtrisant sa respiration pour éviter de lui indiquer sa position, il tourna lentement la tête vers la baie vitrée. Il pria pour qu'elle ne soit pas renforcée et donna un coup de pied qui la fissura. Le colosse tourna la tête vers lui et, grâce à la faible luminosité, il reconnut ce sourire sans lèvres sadique.

― Tu t'es donc échappée ma jolie… murmura-t-il. Formidable…

Sanji mit un second coup qui brisa la vitre. Il glissa sur les bouts de verre et chuta par-dessus la vitre en évitant le poing du dégénéré. Il priait pour que l'atterrissage ne soit pas trop rude et qu'en bas, une agréable surprise l'attende. Une femme ou deux peut-être. Il préférait cette mort-là plutôt que de finir entre les mains de ce… cette chose. De dos, il ne pouvait pas savoir quand sa chute prendrait fin.

À son plus grand étonnement, elle ne fut pas mortelle. Il y avait eu un bruit écœurant à son arrivée, désagréable certes, mais il s'en sortait sans une fracture. Un petit mal de dos à noter, ses côtes protestaient encore du coup que leur avait porté le colosse.

Quelque chose de salvateur avait amorti le choc. Néanmoins, c'était pestilentiel. Sous ses doigts, c'était visqueux, gluant, collant, chaud et humide. Ce devait être dû à sa chute, il voyait des mouches danser devant ses yeux. Il ne se sentait pas très bien à vrai dire. Ce devait être l'odeur, insupportable. Il tanguait entre l'évanouissement et l'envie de rendre son dîner.

Sanji leva sa main devant ses yeux, espérant capter assez de lumière pour voir ce qui recouvrait ses doigts. Le constat fut rapide. Du sang. Il finit par se lever, la gorge nouée par l'appréhension. Son instinct lui soufflait d'oublier l'idée même de savoir où il avait atterri. La curiosité était trop forte, il se retourna et fut pris d'un haut-le-cœur. Il détourna le regard. Il n'avait pas imaginé les mouches.

Des tripes, des organes, un joyeux tas sanguinolent amassé là. Il reprit une seconde inspiration, encore plus profonde et ferma les yeux un instant. Il essayait de reprendre pied, de penser à son costume complètement fichu. Impossible. L'odeur restait imprégnée dans son nez et le resterait longtemps.

Il devait s'en aller. Le colosse allait venir, il connaissait l'endroit par cœur sans doute. Sanji tituba, luttant contre la sensation de vertige puis finit par courir vers la première porte qui se présenta à lui. C'était quoi cet endroit de tordus ? C'était l'autre taré qui avait fait ça, il n'aurait pas été étonné, mais il se souvint qu'ils étaient plusieurs à rôder dans les parages.

Le peu de chance qu'il avait était de son côté, la porte n'était pas fermée à clé. Le jeune homme se figea, avisant le bureau d'accueil à quelques mètres de lui. Il y accourut, ouvrant les tiroirs précipitamment et ignorant le cadavre installé sur son fauteuil en cuir. Il n'avait pas le temps ni l'envie de déplorer la mort d'un parfait inconnu. Il fouillait le bureau, jetant à terre la paperasse et se saisit d'un dépliant. Jackpot ! Il ressentit de la fierté en voyant ce simple mot. « Plan ». Sanji le prit du bout des doigts, se rappelant qu'ils étaient ensanglantés.

Il claqua la porte une fois dans la salle, tournant le verrou par précaution. Il fallait qu'il gagne du temps. Le cuisinier cherchait désespérément une solution. Il était au rez-de-chaussée, une bonne nouvelle.

Mais maintenant, où devait-il chercher ?

Sanji se sentait complètement paumé. Le cuisiner leva les yeux de sa trouvaille et réprima un sursaut.

Sa chance venait de tourner, il n'était pas seul dans cette pièce.

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à suivre...


Ouuuuups ! On dirait que je coupe encore juste là où il faut ! Il faudra si habituer, j'aime énormément faire ça. Mon petit amusement hebdomadaire. Et encore, là, je me trouve très gentille.

Alors... Une petite review pour me convaincre qu'il est trop cruel de vous laisser là-dessus trop longtemps ?

Sur ce, bonne journée !