Tout d'abord, je tiens à remercier touts ceux ou celles qui m'ont lu et qui ont aimé, c'est très gentil de votre part.
Et concernant le Kennett, vous verrez...Vous pourrez même êtres surpris...
■ CHAPTER 2 ■ CALL ME KLAUS, SWEETHEART...
Une colère insondable, indéchiffrable menue d'un mal de tête atroce s'était immiscée dans le corps de Caroline qui sortit fanatique de l'endroit où elle travaillait encore deux minutes plus tôt. Comment son oncle avait-il pu une seule seconde la renvoyer de l'unique boulot qu'elle avait trouvé ? Et par la même occasion, de l'endroit où elle résidait ? Si elle était la seule à habiter dans la salle derrière le bar, elle se serait simplement fâchée, voir même bouleversée mais vu sa situation initiale, le fait qu'elle ait un enfant de presque cinq ans à élever lui était carrément irréalisable, impossible, inconcevable. Elle s'engouffra d'un pas pressé dans la forêt qui se dressait à quelques mètres du bar, ne manquant guère de lancer une multitudes de reproches et de jurons à l'encontre de cet homme aux traits froids, glacials, distants et austères. Elle l'avait et pourtant connu lorsqu'elle n'avait que sept ans et il lui semblait à cette époque bien plus doux, plus attentionné et préoccupé de son avenir qu'il ne l'était désormais. En quelques années qu'elle résumait d'années complètement floues dont les souvenirs n'étaient que quelques bribes, elle l'avait vu se transformer en cet homme qu'elle avait presque commencé à ne plus aimer, à ne plus apprécier, voir même détester. Bien qu'il ne fût qu'un oncle éloigné, elle l'avait toujours auprès d'elle lorsqu'elle était jeune, c'était le membre de sa famille, le seul qui se préoccupait réellement de son sort, celui à qui elle s'était attachée d'une amitié presque aveugle.
Toujours dévastée par cette nouvelle et le fait qu'elle n'ait plus de domicile fixe, la jeune blonde se laissa glisser contre le chêne centenaire dont les branches avaient griffées quelques parties de ses jambes nues. Le désarroi qui la prenait de son élan faillit faire ressurgir un flot de larmes qu'elle aurait voulu refouler mais ce ne fut pas, elle resta là, plongée dans divers souvenirs qui remontaient certains passages assez douloureux de son enfance et maintenant, cette douleur, mélangée à une peur soudaine avait laissé place au mal qui s'était fait une bien grande place en elle : celle de devoir se voir, seule en compagnie de son fils, dehors, sans personne alors que le froid mordant s'emparait peu à peu de leurs deux âmes.
Ce qui allait lui arriver ? Elle ? Elle s'en fichait royalement. Mais voir son enfant de quatre ans et demi mourir sous ses yeux, voir son âme s'échapper peu à peu de son corps frêle, c'en était impossible à surmonter, à supporter pour une jeune femme de son âge, elle n'avait que vingt ans, pas une année de plus.
Elle se laissa submerger par sa mauvaise humeur, abattit son poing contre l'arbre sur lequel elle s'était adossée, ne manquant pas de se faire griffer la main. Elle ravala rapidement les larmes qui menaçaient de s'introduire en ce moment de faiblesse, peut-être par fierté ou par peur de se laisser aller jusqu'à conclure quelque chose de stupide, comme elle avait l'habitude de faire. Mais lorsqu'elle ferma les yeux avec la vaine intention de faire le vide dans son esprit passablement tordu, elle entendu un léger craquement parvenir des buissons qui la fit tressaillir. C'était sûrement eux. Les loups qui menaçaient depuis bien longtemps leur village, tuant touts ceux qu'ils trouvaient sur leur passage, réduisant leur courte vie, qu'ils soient enfants ou adultes, à néant. Rien ne pouvait revenir après les avoir rencontré. C'était un espoir qui n'en valait même pas le coup.
Chancelante, elle se leva, prit son courage à deux mains avant de s'emparer d'une branche qui trônait aux pieds du chêne centenaire, les mains tremblantes, la respiration de plus en plus saccadée, elle dirigea le bâtonnet vers la source de ce minuscule raffut alors que, doucement, une silhouette plutôt humaine que bestiale se dessinait derrière ces buissons.
- Vous êtes malade ! Hurla-t-elle de rage en relâchant brusquement le bout de bois rageusement sur le sol.
- Vous ai-je fais peur ? S'amusa le jeune blond qui se tenait en face d'elle, les mains innocemment levées au ciel.
Elle laissa transpercer un long soupir d'exaspération, de soulagement aussi avant de s'abandonner une fois de plus à l'encontre de l'arbre. Caroline le vit s'approcher doucement, réduisant quelque peu la distance qui les séparait et vint s'assoir à quelques centimètres d'elle. Et contrairement à ce qu'elle aurait pu faire en temps normale, elle resta là, figée, le regard pendu dans le vide, fixant inlassablement un point invisible au loin, à l'horizon.
- Vous êtes le frère de…Demanda-t-elle en laissant sa phrase en suspend, étant donné qu'elle n'ait pas réellement eu le nom du jeune homme qui essayait de la séduire quelques minutes plus tôt.
-…Kol ? Oui, approuva-t-il sans pour autant détourner son regard de son parfait profil.
Passablement troublée par le regard insistant qui la jaugeait bien trop à son goût, Caroline s'enfonça de plus en plus dans la terre, ne manquant pas de se salir l'arrière de sa robe de couleur beige de boue et différentes herbes.
Contre toute attente, elle finit par tourner la tête, hésitante, vers lui. Croisant son regard bleu clair, presque semblables à ceux d'un fauve. Ses yeux s'étaient plongés dans les siens et étaient désormais gravés et encrés dans sa mémoire pour ce qu'elle pourrait qualifier d'éternité. Comme si elle fut contrainte à ne plus les oublier. Jamais. Toutefois, elle détourna rapidement le regard, décontenancée, déstabilisée. Elle finit par se lever d'un bond énergétique, un bref moment pour effacer immédiatement le trouble qui s'était emparé d'elle avant de s'armer de son air détaché, froid et impassible qu'elle s'était apprit à forger depuis la mort de son mari. Comment pouvait-il détruire aussi facilement quelque chose qu'elle s'était mainte et mainte fois apprise à répéter pour tromper n'importe quelle personne ? Comment, dans un seul croisement, avait-il put comme lire en elle comme dans un livre ouvert ? Sondant son esprit, lisant ses pensées sans se retenir ?
Elle resta debout, raide comme un piquet alors que sa robe valsait au sens du vent, traçant ses formes généreuses. Niklaus finit par la rejoindre, sans un mot, il se planta face à elle, un sourire galant planant sur ses lèvres. Il prit doucement sa main fragile et l'amena à la proximité de ses lèvres finement tracées, les unissant à un baisemain qui arracha à la jeune femme un petit sourire amusé.
- Je me présente, Niklaus Mikaelson, se présenta-t-il d'une voix suave.
- Caroline Forbes, fit-elle dans une légère révérence.
- Enchanté, mademoiselle Forbes, dit-il en soulevant doucement la tête, plongeant une fois de plus son regard dans le sien.
- Tout le plaisir est pour moi Monsieur Mikaelson, murmura-t-elle dans un rire cristallin qui résonna dans toute la forêt.
Ce rire éthéré, frais et éclatant procura chez l'Originel un soudain bien-être en sa compagnie. Et même s'il tentait de se persuader le contraire, les faits étaient là, face à lui : ce même rire lui rappelait sans aucun doute le sien. Son rire. Ces lèvres légèrement pincées, creusant deux fossettes, lui rappelait ses lèvres, à elle. Ce regard franc, honnête, doux, empreint d'une légère maladresse qu'il n'avait vu que chez une seule femme pendant toute son existence se reproduisait à ce moment. C'était sa maladresse. Son honnêteté. Sa douceur. Il soupira longuement en attirant particulièrement l'attention de la jeune blonde aux boucles couleur or qui fronça un sourcil interrogateur, quoiqu'un peu gêné.
- Il y a un problème ? Lui demanda-t-elle dans un sourire lumineux qui eut pour effet de décontenancer l'Originel.
- Non, pas le moindre, répondit-il d'une voix égale.
Alors, il se rendit compte, pendant ces quelques minutes, il la voyait, elle. Pendant ces quelques minutes en sa compagnie, il s'était involontairement voilé la face : elle n'était pas elle. Pas seulement du côté physique, non, elle était différente. Elle n'était pas Tatia. Elle n'était pas celle qu'il avait autant aimé qu'haï, elle n'était pas la jeune femme débordante d'énergie, joyeuse, dont le sourire ne quittait jamais les fines formes de sa bouche, elle n'était pas la jeune femme de vingt trois ans à l'humeur conviviale, réservée et timide parfois. Non, elle ne lui ressemblait pas du tout. Il ne voyait même plus pourquoi avait-il si facilement fait un certain rapprochement entre ces deux femmes aussi différentes l'une que l'autre. Remarquant le désarroi du jeune homme, Caroline le dévisagea un bref moment, comme si elle était tout à fait capable de lire en lui comme dans un livre ouvert, comme si elle pouvait déchiffrer les expressions de son visage aisément.
- Je trouve que Niklaus est un peu trop long, Klaus vous vas tellement mieux, s'exclama-t-elle d'un air espiègle en le gratifiant d'un regard malicieux.
- Je n'y ai jamais vraiment réfléchis, avoua-t-il sur le même timbre de voix, comme pensif.
- Pensez-y, l'incita-t-elle.
Elle avait voulu lancer une discussion mais il semblait se refermer subitement, alors que quelques secondes plus tôt, il était venu lui adresser la parole en lui allouant un sourire enjôleur, charmeur qu'elle lui rendit presque aussitôt. En quelques brefs regards, c'était comme s'il avait peur de voir en elle ce qu'il ne voulait plus voir. C'était peut-être ça. Comme habituellement depuis que son mari était mort. Ils venaient tous nombreux l'amadouer, la charmer, lui sourire puis repartaient presque aussi tôt venus. Ils s'enfuyaient tous lentement pour ne faire qu'un point de poussière qui planait sur ses souvenirs.
Oui elle avait eu un enfant hors mariage. Oui elle était tombée amoureuse d'un autre homme que celui qu'on lui avait promis. Oui elle voulait goûter une énième fois au doux sentiment qu'était l'amour. Oui elle s'accrochait. Oui elle voulait y croire. Mais en valait-il la peine ? Dans quelques semaines, ses parents lui feront rencontrer un nouveau prétendant qu'elle ne devait refuser, elle allait fonder une toute nouvelle famille en sa compagnie, ainsi que celle de son enfant de quatre ans et demi qu'il allait forcément dénigrer. Elle allait passer à autre chose. Elle allait une fois de plus être confrontée à sa destinée et à celle de toutes ses sœurs : le mariage forcé. Elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas donner son avis, c'était le principe du mariage forcé, l'unir à « jamais » à un monstre impoli, arrogant et insolent, comme celui qu'elle avait épousé lors de ses dix huit ans puis, comme lui, il irait à la guerre et ne reviendra plus. Et après ? Elle allait encore s'enticher à un autre connard ?
- Comment allez-vous vous débrouiller avec votre enfant maintenant que vous n'avez plus de résidence, si je ne suis pas trop indiscret…? Lui demanda-t-il en brisant ce silence aussi gêné que pesant.
- Co…Comment avez-vous su ? S'indigna-t-elle en se levant brusquement, attirant au même temps la surprise du vampire.
- Disons juste que j'ai une oreille trainante, lâcha-t-il dans un sourire inattentif.
- Il faut avoir plus qu'une oreille qui traine pour le savoir, maugréa-t-elle en se rasseyant puisqu'il se tenait à côté d'elle.
- Peut-être bien deux en faite, admit-il en faisant une mine faussement dépitée.
Caroline se contenta de soupirer bruyamment. Comment un inconnu qui venait d'arriver avait-il pu en savoir autant sur elle rien qu'en une heure ? C'était un record que même touts ses prétendants n'avaient pu réaliser. Remarquant son trouble, Klaus ne manqua pas de lui asséner le coup de grâce dans sa magistrale et théâtrale réplique :
- Puis-je vous proposer de venir dans mon manoir, vous et votre fils le temps que vous trouviez un domicile fixe ? Dit-il, un sourire au coin.
Mais au lieu de la voir se lever d'un bond, les mains sur les hanches, s'indignant devant lui, lui lister plusieurs mots qu'il ne prendra même pas d'entendre avant de fondre sur son cou et la vider de son sang, elle se contenta de tourner lentement sa crinière blonde vers lui, l'examinant d'un regard perçant qui faillit le déstabiliser.
- ça vous arrive souvent de proposer à des femmes de venir cohabiter en votre compagnie et celle de votre frère ?
- Pas vraiment non, au risque de paraitre pervers, en faite, admit-il on ne peu plus surpris par le calme dont elle faisait preuve.
- Ou pire, sociopathe, psychopathe hors paire, s'en amusa-t-elle dans un sourire taquin.
Ah pour être un psychopathe hors paire, il l'était, il fallait tout de même l'admettre. Il lui sourit, un sourire qui n'aurait rien signifié de rassurant, ce que la blonde comprit aussitôt mais elle ne se déstabilisa pas. Ce regard de fauve, de prédateur ne l'inquiéta même pas, ce qui surprit une fois de plus le vampire Originel. Elle était tellement confiante, tellement espiègle, tellement imprévisible qu'il aurait presque cru qu'elle n'avait aucune faiblesse, il l'aurait cru si une petite fillette à la longue et sauvage chevelure rousse ne venue pas se terrer entre ses bras, enfouissant sa tête rouquine dans le ventre de Caroline, sous le regard attentif de Klaus.
- Mikael m'a encore fait tombée ! Se plaignit-elle en faisant une moue on ne peu plus irritée pour une jeune fille de son âge.
A la prononciation de ce nom qu'il essayait d'enfouir au plus profond de lui-même depuis déjà assez longtemps, Klaus ne put s'empêcher de se redresser vivement, les épaules bien droites, raid comme un piquet, prêt à recevoir les foudres ou encore pire, prêt à affronter la mort elle-même. Caroline, un peu perdue, n'y prêta pas attention et caressa lentement la chevelure de cette fillette, comme pour la rassurer, ce geste attendrissant faillit arracher au vampire un sourire mais il se ravisa. Pourquoi avait-elle un tel effet sur sa personne ?
- Je t'ai dit de ne plus jouer avec lui ! S'écria Caroline si soudainement que Klaus manqua de se frotter les yeux pour voir l'expression sur ce visage devenu si soudainement sévère.
- Ce n'est pas moi tante Caroline qui suis allée le voir ! Répliqua la petite en soutenant malgré tout le regard froid de sa tante.
- Que t'ai répété à son sujet Aj ? Lui ordonna-t-elle sur le même ton.
- De ne plus le fréquenter, que si je le voyais dans la rue, je changeais de direction immédiatement, de l'éviter, récita la fillette comme lassée par ce discours qu'elle se devait de répéter à chaque bêtise commise et qui impliquait cet idiot de voisin.
- Puis-je savoir alors pourquoi tu n'as pas fait ce que je t'ai demandé ? Répéta la blonde en s'attendrissant de nouveau.
- Il me suit où que je sois ! Il ne me laisse pas tranquille ! Riposta Aj en croisant enfantement ses mains autour de son ventre.
Sans s'en rendre compte, Klaus laissa échapper un petit rire qu'il dissimula derrière une fausse toux compte tenu du regard assassin que lui lançait la blonde.
- C'est qui lui ? Réclama la petite en le désignant du doigt nonchalamment.
- Appelle-moi Klaus mon cœur, répondit-il simplement ne manquant pas de jeter un regard par-dessus l'épaule de la fillette pour percevoir le petit sourire taquin qu'affichait Caroline.
Voilà, un chapitre plutôt court non? Juste histoire de bien commencer le Klaroline, je vous laisse la priorité de donner votre avis, ça vous a plu ?
