yup, je sais, ça fait plus qu'une semaine... mais c'est passé près de n'être jamais. (ouais, mon pc a trouvé drôle de s'éteindre en pleine maj et refuser de se rallumer... à jamais. J'avoue que je ne pense que j'aurais tout retraduit si je n'avais pas récupéré la mémoire mais on s'en fiche, j'ai mes fichiers à nouveau donc je peux continuer en vous disant : Merci pour les reviews ! a1b2c3d4e5f6g7h8i9j10, malilite , xxShimyxx , EwilanGil'Sayan , Arwina , Rosa020 , faby. fan, narcissia potter, LaSilvana , Catherine Broke , Caramelise

Bonne Lecture


Ne jamais le dire

L'été

Evans,
Tu vas bien ? Je voulais m'en assurer. Tu avais l'air un peu bizarre après qu'on, enfin, tu sais... Réponds-moi.
James

Evans
Je suis désolé si tu es fâchée. Mais vraiment, tout va bien ? On peut se voir et en parler si tu veux. Mais s'il te plait, réponds-moi. Je veux avoir de tes nouvelles. Je (
plusieurs mots rayés) m'inquiète. Tu (d'autres mots rayés) me manques.
James

Lily,
S'il te plait, s'il te plait parle-moi. J'ai
besoin d'avoir de tes nouvelles. J'ai besoin de te voir. Tu me manques. Alors s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait parle-moi. Écris-moi. Voyons-nous. S'il te plait.
James

Elle n'avait pas cherché à ignorer ses lettres. Elle avait voulu répondre à la première et n'avait réussi qu'à écrire une ligne avant de fondre en larmes et de détruire son parchemin. Le jour suivant, elle avait essayé d'écrire une autre lettre. A nouveau, les larmes avaient tout gâché. Décidant que ça n'en valait pas la peine, elle avait renoncé, se disant que James s'était juste montré courtois.

La seconde lettre lui avait montré qu'elle se trompait. Ce n'était pas de la simple politesse. Il semblait... se soucier d'elle ? Ca l'effrayait. Il n'était pas censé se soucier d'elle. Mais si elle y réfléchissait, elle non plus ne devrait pas s'inquiéter. Répondre à la seconde lettre était plus dur que pour la première. Elle n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle devait écrire. Elle était restée à fixer son parchemin vierge pendant presque une heure avant de décider que ça ne valait pas le coup qu'elle se prenne la tête à ce point.

La troisième fut de trop. Ce fut comme si les morceaux de son cœur avaient été ramassés et recollés ensemble afin de mieux pouvoir le détruire à nouveau, d'une manière différente. Elle ne pouvait pas ignorer celle-ci. Faisant face aux mêmes problèmes qu'avec les deux premières, il lui fallut un bon paquet de parchemins pour finalement arriver à gratter un simple mot avant que les larmes ne commencent à couler.

Okay.


Lily arriva au Chaudron Baveur à midi et demi exactement, juste comme ils l'avaient prévu. Elle était soulagée de voir le bar presque vide. En même temps, on était jeudi et la plupart des gens avaient un travail, des rendez-vous ou des enfants qui les gardaient occupés en dehors des bars au début de l'après-midi.

Elle trouva une place à une table proche de la cheminée et attendit. Le tenancier lui proposa à boire mais elle déclina poliment. Elle tapa du pied. L'horloge affichait 12h32. Elle se tourna les pouces. 12h33. Elle se passa la main dans les cheveux. 12h35. Il était en retard. Il ne viendrait pas. Son estomac se tordit. 12h37. Il ne lui poserait pas de lapin. Il ne la supplierait pas de la voir pour ne pas se montrer. 12h40. L'âtre devint verte et ses yeux se remplirent d'espoir. Une vieille sorcière sortit. 12h45. Elle vérifia son maquillage dans son miroir de poche. 12h48. Le feu prit à nouveau une couleur émeraude. Elle retint son souffle.

Elle soupira de soulagement. « Désolé, je suis en retard »

« C'est rien » Dit-elle froidement.

« Tu n'as pas attendu trop longtemps ? »

Dix-huit minutes. « Non, pas du tout »

« Tant mieux » Il secoua la tête « On y va ? »

« Ouais »

Ils sortirent dans le Londres Moldu et trouvèrent rapidement une glacerie dans laquelle ils entrèrent avant de réaliser le monde qui attendait déjà à l'intérieur. Beaucoup trop pour un jeudi midi. Ils traversèrent la foule pour trouver la fin de la file d'attente. Après une éternité à être poussé, pressé et renversé, ils arrivèrent enfin au comptoir et passèrent leur commande. A emporter.

« Je déteste les gens » Grommela Lily en fouillant dans son sac.

« Moi aussi » Il posa de l'argent moldu sur le comptoir et arrêta Lily quand elle voulut faire de même. « Pas besoin, je m'en charge »

« Tu n'es pas obligé » Elle pencha la tête sur le côté.

« Je sais » Il sourit « J'en ai envie »

Elle répondit à son sourire. « Merci »

« Aucun problème » Il prit la monnaie qu'on lui tendait et la plaça dans son portefeuille. « Maintenant, sortons d'ici »

Ils quittèrent le magasin et se promenèrent un moment à la recherche d'un endroit retiré. Ils n'en trouvèrent pas. Finalement, ils arrivèrent dans un parc où des enfants jouaient au football dans l'herbe. Les rires, les cris et les hurlements de joie les entouraient. Ils traversèrent de la pelouse en parlant de tout et de rien, du temps qu'il faisait et surtout pas de la raison pour laquelle ils étaient là.

Lily voulait en parler. Vraiment. Elle voulait parler à quelqu'un du vide, de la solitude, du froid qui la consumait. Mais elle ne voulait pas en parler avec lui. Seulement, c'était le seul avec qui elle pouvait. Elle ne parlait pas avec sa sœur. Sa mère aurait trop honte d'elle pour la regarder. Elle n'avait pas d'amie suffisamment proche et son meilleur ami, à qui elle aurait sûrement fini par l'avouer, pensait qu'elle était de la merde. Bien qu'en y pensant, Severus aurait tout aussi bien pu ne plus jamais lui adressé la parole s'il l'avait découvert. Et donc, James était sa seule option. Lui, qui était la cause de ce qu'elle ressentait, représentait aussi sa seule chance de gérer ça.

Ils passèrent devant un banc et Lily proposa qu'ils s'asseyent.

« Alors » Commença-t-il avant d'arrêter.

« Alors » Répéta-t-elle.

Ils restèrent en silence pendant un moment, avant qu'il ne s'exclame « Tu vas bien, hein ? Tu n'es pas » il baissa la voix et demanda nerveusement « enceinte ? »

« Non ! » Elle rigola malgré son bon sens. « Je- Je te l'aurais dit » Son regard se perdit sur le jeu devant ses yeux.

« Bien » Il acquiesça avec appréhension. « Alors, tout va bien ? » Elle hocha la tête en regardant intensément les enfants sur le terrain improvisé. Elle repéra vaguement un objet noir se diriger dans sa direction. « Tu es sûre ? »

« Je, je » James se pencha sur elle et attrapa le ballon de foot juste avant qu'il ne la frappe en pleine tête. « Je déteste vraiment les gens » James rit et renvoya la balle aux joueurs en herbe.

« Bel arrêt ! »

Il leur envoya une grimace suffisante et salua avant de se retourner vers Lily. « On peut aller chez moi » Proposa-t-il. Notant son regard effrayé et appréhensif, il ajouta « Mes parents sont absents et on pourra finir cette conversation là-bas »

Elle inspira profondément, considérant l'option, puis expira doucement et accepta. « Okay »

Ils marchèrent en silence. Leur conversation n'était pas de celle qu'on peut avoir en se promenant. A la place, ils avancèrent d'un pas résolu et restèrent étrangement calme. Un passant aurait très bien pu les prendre pour deux étrangers marchant côte à côte. Ils arrivèrent au Chaudron Baveur et prirent la cheminée en direction du Manoir Potter.

Lily fut abasourdie par la taille impressionnante du parloir dans lequel ils arrivèrent. James ricana un peu en apercevant son expression émerveillée. « Pas mal, hein ? »

Elle ne put qu'hocher la tête en regardant autour d'elle. « J'ai l'impression que je ne peux toucher à rien »

Il rit encore. « Tu peux prendre un siège si tu veux » Offrit-il puis, voyant qu'elle ne semblait pas à son aise du tout : « Ou on peut aller en haut... »

« Est-ce que ça ressemble moins à un musée en haut ? »

« Peut-être »

« Allons-y alors »

Il la guida vers les escaliers, à travers un immense couloir qui était décoré de magnifiques œuvres abstraites et de morceaux de vies figées. Elle admira le tout avec étonnement, essayant de ne rien rater alors qu'elle le suivant inconsciemment. Finalement, ils arrivèrent devant une grande porte en noyer.

Il l'ouvrit, révélant une pièce dans laquelle Lily se sentit tout de suite plus à son aise malgré l'évidente extravagance de l'endroit. C'était meublé de pièces d'un bleu roi et de bois de noix, accueillant, bien rangé et de bon goût. Les meubles entouraient un petit poêle en fonte et deux larges fenêtres éclairaient la pièce. Cela lui rappelait un petit peu la salle commune.

« Mieux ? » Demanda-t-il d'un air un peu moqueur.

« Beaucoup mieux » Assura-t-elle

Il fit signe qu'elle prenne place sur le canapé et s'installa à côté d'elle. « Alors » Démarra-t-il en gigotant pour s'installer confortablement. « De quoi parlait-on ? »

« De ta maison qui ressemble plus à un musée ? »

Il rit. « Avant ça »

« Ah, oui. Euh... » Elle rougit « Je ne m'en souviens plus ? »

« Ben » Il se redressa un peu « Tu n'es pas enceinte ? »

« Encore ça ? Non ! » Elle rit.

« Tu es sûre ? » Il se pencha vers elle, la regardant droit dans les yeux.

« Oui »

« Comment tu peux être si sûre ? » Il se passa la main dans les cheveux.

Elle haussa les sourcils. « Tu es sûr de vouloir connaitre les détails ? »

Il se rassit et son visage rougit. « Non »

« Bien, alors c'est réglé » Décida-t-elle en s'appuyant sur le dossier du canapé

Soudain, James se tourna vers elle, perplexe. Il posa ses yeux dans les siens. « Pourquoi tu n'as pas dit 'oui' ? » Elle le regarda avec confusion « Ce jour-là »

Ses yeux s'écarquillèrent et elle se mit en colère. « Pourquoi as-tu posé la question ? »

« Et pourquoi je l'aurais pas fait ? »

« Par décence ? Tu venais juste de torturer mon meilleur ami ! »

« Meilleur ami ? Meilleur ami ? C'est ça que tu appelles un ami ? Quelqu'un qui te considère comme de la merde ? »

« IL NE PENSE PAS CA » Cria-t-elle. Le froid, qui avait doucement commencé à fondre à son contact, la gela à nouveau de l'intérieur.

Il était proche maintenant, à quelques centimètres de son visage, et chuchotait rageusement « Alors pourquoi t'a-t-il appelé comme il l'a fait ? »

Elle ne répondit pas. Elle ne pouvait pas répondre. Si, en fait… Elle répondit comme elle avait appris à le faire au cours de l'année écoulée.

Elle l'embrassa. Durement. Passionnément. Agressivement, fougueusement, désespérément, tristement. Elle l'embrassa avec tout ce qu'elle avait et il l'embrassa avec autant d'enthousiasme. Leurs mains parcoururent l'autre, comme elles le faisaient toujours. Sentir, chercher, vouloir plus. Cheveux, dos, hanches, poitrine, ventre. Rapidement, il posa ses mains sur ses fesses, puis juste en dessous, la tirant doucement vers lui. Elle comprit son intention et sauta sur ses pieds avant d'entourer la taille du jeune homme de ses jambes, avec son aide.

Elle pouvait le sentir, le froid disparaissait. Quand il les conduisit dans un endroit que Lily ne pouvait que deviner, la sensation d'être complète commença à la remplir. Elle était désespérée de se sentir entière et elle savait que seul lui pouvait lui donner satisfaction. Aussi, quand il l'allongea sur un lit qui, elle supposait, était le sien, elle le laissa faire.

Elle lui retira sa blouse, la sienne ayant été perdue quelque part en chemin. Elle rit doucement devant ses lunettes de travers et lui sourit tendrement, sérieusement, en les lui retirant pour les poser sur la table de nuit.

oOoOoOoOo

Ce fut plus long cette fois. Quelques moments du plaisir étrange et bizarre qui la faisait se sentir complète puis la laissait déchirée en plusieurs morceaux. Elle était entière pendant ces courts instants, une personne qui ressemblait à celle qu'elle était avant, puis le vide la gagnait à nouveau.

Elle roula sur le côté, détournant son visage de James. Elle déglutit et quelques gouttes s'échappèrent de ses yeux. James roula et entoura ses bras autour de sa taille. Il sentit ses cheveux, inhalant profondément, puis embrassa doucement son épaule découverte. « Tu es magnifique » Murmura-t-il.

C'était plus que Lily pouvait en supporter. Elle sauta hors du lit et partit frénétiquement à la recherche de ses vêtements. Elle retrouva sa culotte et l'enfila. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Je dois partir » S'étrangla-t-elle. Elle trouva son soutien-gorge et le rattacha.

James se leva et l'encercla de ses bras. « Non, tu ne dois pas » Souffla-t-il dans son oreille.

Elle s'extirpa de ses bras et se tourna pour lui faire face. Il avait remis ses lunettes en place mais rien d'autre et elle se sentait assez troublée de sa nudité. « Je dois vraiment y aller »

« Pourquoi ? »

« Je dois, je dois juste partir »

« Reste »

« Je ne peux pas »

« Si tu peux ! » Il semblait désespéré maintenant, la suppliant de rester. « S'il te plait, Lily » Il prit sa main et la regarda dans les yeux. « S'il te plait, reste »

Elle prit une respiration. « Okay » Consentit-elle. Il la reconduisit dans le lit où il se coucha sur le dos, elle sur le côté. Elle posa sa tête contre l'épaule qu'il lui présentait. « Je me sens seule » Chuchota-t-elle, ayant besoin de laisser sortir ce qu'elle ressentait tout en espérant qu'il ne l'entendrait pas.

« Tu ne l'es pas » Chuchota-t-il en réponse. Il prit sa main qu'elle avait posée sur son torse et emmêla leurs doigts. Doucement, il posa un baiser sur son front. « Je suis juste là »


Ca la consumait encore, la glace. Elle s'était refermée sur elle-même et même entourée de sa famille, elle se sentait seule. Ils avaient commencé à remarquer son état. Ses parents lui demandaient sans cesse si quelque chose n'allait pas. Elle avait prit l'habitude de sourire continuellement et de mentir entre ses dents. Ce n'était pas comme si elle pouvait leur dire ce qui lui faisait si mal, ils ne comprendraient pas.

Elle voulait voir James. Il avait fait paraitre son monde un peu moins solitaire, il avait fait fondre la glace. Elle se sentait mieux quand elle était avec lui, cependant elle ne pouvait se laisser aller à lui dire ça. Lui écrire était absolument hors de question. En aucun cas, elle ne demanderait à lui parler, ou à le voir ou, ou, ou, ou autre chose. A la place, elle se résigna à taire sa souffrance.

Quand il lui écrivit à nouveau, quelques semaines plus tard, elle ne savait plus quoi penser. La lettre disait qu'il voulait qu'ils se voient à nouveau. La première fois, il se faisait vraiment du souci pour elle. Mais maintenant, elle ne savait plus très bien s'il se souciait d'elle ou de la mettre dans son lit.

Elle pesa le pour et le contre avant de lui répondre. Elle pouvait garder son intégrité et la souffrance qui allait avec ou elle pouvait la sacrifier pour un moment d'entièreté. Ou en tous cas, de moins de vide. Au final, elle savait qu'elle n'avait jamais eu le choix.

Son intégrité partit sous l'aile du hibou qui quitta sa chambre avec un pli disant à James qu'elle débarquerait dans sa cheminée le lendemain.

Il l'accueillit avec un sourire dans le même parloir-musée que la première fois. Sans hésiter, ils allèrent à l'étage dans ce que Lily supposait être le parloir privé de James.

« Comment tu vas ? » Demanda-t-il en s'asseyant.

Elle respira profondément. « Bien » Souffla-t-elle « Et toi ? »

« Je vais bien. Sirius a emménagé la semaine passée mais c'est pas très important. Je veux qu'on parle de toi »

« Ah bon ? Où est Sirius ? »

« Pourquoi me mens-tu ? »

« Je ne mens pas » Lily était pour le moins déconcertée.

« Si, tu mens. Tu ne vas pas bien, Lily. Je le vois »

« Et qui es-tu pour dire ça, James ? Je vais bien et je pense que je le sais mieux que toi » Elle avait parfaitement conscience de mentir comme une arracheuse de dents à cet instant précis. Ce qu'elle ne savait pas, c'est pourquoi elle le faisait. Elle s'était languie d'avoir quelqu'un à qui parler de ses sentiments et maintenant que quelqu'un demandait, quelqu'un qui était au courant de la situation, elle ne voulait plus parler.

« Tu ne souris plus aussi souvent qu'avant et tu parles à peine et tu es » Il marqua une pause « distante »

Elle ignora le fait qu'il l'avait parfaitement décrite. « Comment tu le saurais ? On s'est vu une fois cet été »

« Et tu tirais la tête, tu étais silencieuse et distante » Se froissa-t-il. Il passa ses doigts dans ses cheveux. « Lily, tu ne comprends pas ? » Il se leva et s'approcha de la fenêtre. « Je ne suis pas- » Il lui fit à nouveau face « Ce n'est pas que pour le sexe »

« Bien » Elle se leva aussi mais resta à distance de lui « Tu as raison. Je ne vais pas bien. Je me sens seule. Tout le temps. Même quand je suis au milieu des autres. Et il y a ce, ce... ce trou en moi, et il s'agrandit et ça me consume de l'intérieur. Et je n'ai personne à qui en parler ! » Elle se détourna de lui « Et Sev me manque »

Il la serra dans ses bras et, ne sachant pas quoi faire d'autre, elle répondit à son étreinte. Ses bras glissèrent autour de sa taille et il pressa sa tête contre son épaule. « Tu pourras toujours me parler » Murmura-t-il.

Elle sourit. « Merci »


Ca recommençait. Encore. Elle sentait qu'elle s'éloignait de sa famille et ça ne lui plaisait pas du tout. C'était comme si James pouvait la remplir et faire fondre la glace juste assez pour qu'elle puisse agir et se sentir normale pendant une semaine ou deux. Et puis, ça recommençait. La glace gelait, et le trou était plus profond encore.

Elle savait ce qui se passait. Elle ne pouvait pas se laisser replonger à nouveau. Alors, elle prit les choses en mains. Elle prit une plume et, bien qu'elle s'était jurée de ne jamais le faire, écrivit à James.

Potter,
Je suis seule chez moi cette semaine. Tu veux passer ?
Lily.

Bien sûr, il avait accepté. Qu'aurait-il pu dire d'autre ? Il était hors de question qu'il refuse, pas après lui avoir juré qu'elle pourrait toujours lui parler. Lui parler. Lily ne voulait pas lui parler. Pas cette fois.

Elle attendit devant la cheminée. Cinq minutes plus tard, il arriva. Elle se leva du canapé où elle était assise. Il enjamba la grille anti-projections. Elle planta ses lèvres sur les siennes.

« On parle pas ? »

« Non »

Il avança avec elle jusqu'à ce qu'ils rencontrent le canapé sur lequel ils se laissèrent tomber... avant que celui-ci ne se renverse et les fasse tomber. James descendit de Lily en riant. Finalement, quand ils se furent calmés et eurent repris une respiration plus normale, ils descendirent du canapé renversé et James le remit sur ses quatre pieds. Rigolant toujours, Lily l'embrassa doucement. Dès qu'il commença à répondre, elle s'écarta, prit sa main et l'entraina en haut vers sa chambre.

Ils avaient à peine atteint la porte, elle n'avait même pas pu l'ouvrir encore, que James la pressa contre celle-ci et partit à l'assaut de sa bouche. Tandis que les mains du jeune homme caressaient son corps, celles de Lily cherchaient la poignée. Elle la trouva, la tourna et ils passèrent à travers l'embrasure. James les tourna immédiatement et la pressa contre l'autre côté de la cloison. Il descendit sa bouche dans son cou. « James » Gémit-elle avant d'attraper son menton et de ramener ses lèvres sur les siennes.

Inspirée par lui, elle posa sa bouche dans son cou et commença à sucer, embrasser et parfois mordre sa peau. Elle comprit soudain pourquoi il l'aimait tant lui faire subir ça. Il gémit son nom et elle sentit les vibrations de son prénom sous ses lèvres, ce qui ne l'excita que davantage. Ses mains glissèrent sous son tee-shirt et elle commença à caresser les lignes légèrement saillantes de ses muscles. Elle retourna sur sa bouche et, souriant largement, le poussa en arrière vers son lit.

Il s'assit et Lily grimpa sur lui. Elle lui retira son tee-shirt et commença à embrasser son torse où une musculature fine se dessinait. Elle le poussa en arrière et s'installa à califourchon sur lui tout en continuant à le caresser. Il glissa ses mains sur ses cuisses puis sous son tee-shirt. Il tira sur son col et elle l'aida à le lui retirer. Elle lui retira ses lunettes pendant qu'il parcourait sa poitrine.

Les vêtements restant furent retirés, bien que Lily n'était pas très sûre de comment c'était arrivé. Ses mains étaient perdues dans ses cheveux indomptables alors qu'il dévorait chaque petite partie d'elle. Bouche, cou, seins. Elle gémit. Ses mains calleuses étaient perdues dans des régions plus intimes, merveilleusement agréables. Il provoquait tant de sensations différentes et tant de plaisirs, elle ne savait pas sur lequel se concentrer. Plutôt que de laisser la frustration la gagner, elle laissa sa tête partir vers l'arrière et s'autorisa à simplement sentir.

Après beaucoup, beaucoup de moments terriblement plaisant, elle sentit ce qu'elle avait prévu depuis le début arriver. Il alla doucement cette fois. Bougeant et faisant grandir quelque chose à l'intérieur d'elle. Elle le supplia d'accélérer mais il refusa d'obéir. A la place, il continua sur son rythme lent et régulier. Quelque chose gonflait en elle, grossissant dans son corps, elle en était sûre. Progressivement, il commença à bouger plus vite. Elle suivit ses mouvements. Ensemble, ils bougèrent, plus vite, encore plus vite, toujours plus vite. La chose qui grossissait en elle explosa, lui faisant ressentir des sensations incroyables. C'était l'extase. L'extase pure.

oOoOoOoOoOoOo

« Hé, Lily ? » Ils étaient allongés sur lit, son bras passé autour d'elle, sa tête contre son torse. Elle répondit d'un bruit sourd. « Je peux te poser une question ? »

« Bien sûr » Elle étira son cou pour le regarder

« Tu promets que tu répondras ? » Il baissa les yeux vers elle

« Oui »

« Tu promets que tu diras la vérité ? » Il chercha son regard. Elle n'était pas sûre de ce qu'il voyait ou pas sans ses lunettes.

« Oui »

Il prit une inspiration. « Pourquoi tu veux que personne ne sache ? »

Elle se détacha de lui et fixa le plafond. Elle inspira puis expira longuement. Il roula et la regarda. « C'est à cause de Rogue ? »

Elle tourna la tête et prit une autre respiration. « Ouais »

« Mais maintenant, il est sorti de ta vie, non ? »

« Ouais »

« Alors, on peut rendre ça officiel ? »

Une autre grande respiration. Elle lui rendit son regard. « Je, je ne sais pas »

Il retomba sur son dos, visiblement énervé. « Alors c'est non, c'est ça ? »

« James » Elle se tourna vers lui « Je suis désolée »

« Ne le sois pas »

Elle se positionna au dessus de lui et commença à couvrir son visage de baisers « Tu me pardonnes ? » Ses lèvres voyagèrent sur son front puis sa mâchoire, ses joues. Quand elle se dirigea vers ses lèvres,il bougea la tête pour lui échapper, elle se contenta d'embrasser le coin de sa bouche. « S'il te plait ? »

Il tourna le visage vers elle et l'autorisa à l'embrasser doucement. « D'accord » Se résigna-t-il.

« Bien » Ils s'embrassèrent pendant un moment puis se remirent dans leur position initiale.

« Tu sais ce que je viens juste de réaliser ? »

« Que je suis fabuleuse ? » Ils se regardaient dans les yeux.

« Non » Rit-il « Je ne le savais déjà, ça. Mais on est chez toi »

« Bien joué, Sherlock »

« Quoi ? »

« Rien, continue » Sourit-elle.

« Tu ne peux pas partir »

Elle rit. « Non » Elle l'embrassa sur la mâchoire « Je n'en ai pas envie »