hum... comment dire...
Oui, je sais ils ne m'appartiennet pas...
Voilà, j epublie mon troisième chapitre; J'espère qu'ils vous plaira...
Chapitre 3: Les fleurs ne saignent pas:
Britney Spears Toxic
-Tu vois Cameron, t'as même pas besoin de nous surveiller. On dirait presque qu'on nous attendait.
Forman souriait en regardant le string rouge sous la corbeille de fruit.
Cameron fit un geste agacé.
-Fouillez dans les chambres, marmonna-t-elle. Je me charge… Je me charge du… Truc.
Ils avaient tous compris de quoi elle parlait.
Chase ne répondit pas et traversa la pièce pour ouvrir la première porte.
-Oh merde! Ramène-toi Forman, je vais avoir besoin de toi.
La pièce était dans un bordel monstre. Les volets étaient fermés mais l'obscurité ne cachait pas le papier peint doré et noir, tigré. Une épaisse moquette blanc d'argent. Des rideaux en dentelles noires. Un grand lit à baldaquin avec des voiles identiques. Une couette rouge sang, assortie à la lampe halogène qui diffusait une lumière morbide sur la pièce. Une grande armoire en bois noire, ouverte, la moitié des vêtements qu'elle contenait par terre. Beaucoup de sous-vêtements, tous plus pervers les uns que les autres, jarretelles, soutiens-gorges à balconnets, corsets, strings en dentelle, en soie, en tulle, en coton, en cuir. Des magazines féminins et de mode étalés partout. Une table à maquillage débordant de gadgets inutiles et de bijoux. Un tas de CD d'Elvis Presley. Une patère auquel étaient accrochés une vingtaine de sacs. Sur un des murs, un poster du King.
Une table de nuit assortie à l'armoire. Dans un coin, un vivarium où dormait un python. Ils avaient pénétrés l'antre de la bête.
Ils eurent une hésitation.
-Ça doit être la chambre de la colloc'. C'est pas du tout le genre de la fille timide et effacée que j'ai croisé, marmonna Chase.
-Pas sûr, t'oublies la teinture qu'elle a sur la tête.
-House a dit qu'on devait absolument tout fouiller, leur rappela Cameron par l'entrebâillement.
-Allez mec, on y va.
Forman enjamba un tas de magazines. Ceux là n'étaient pas féminins. Il avisa l'énorme poitrine exhibée sur la couverture.
-A mon avis, elle craint la fille qui vit là.
Il jeta un œil dans l'armoire, vérifiant qu'il n'y avait pas autre chose que des vêtements.
-Olalah! Que des trucs hyper luxueux. Des marques pas possibles. Jean Paul Gautier, Chanel et tout le tralala…
Chase, qui retournai la table de maquillage lui jeta un regard avant de fouiller rapidement les sacs.
-C'est quand même bizarre tout ce luxe. Elle doit faire un boulot très rémunérateur. Même le salon est super chic.
-On dirait plutôt la chambre d'une pute, si tu veux mon avis.
Il n'y avait rien d'intéressant dans l'armoire, si ce n'était sur le plan hormonal.
Chase alla tapoter la vitre du serpent. Plus par curiosité que pour chercher un indice.
Forman jeta un coup d'œil dans la table de nuit. Il n'y avait aucuns préservatifs dedans, contrairement à ce qu'il avait imaginé. Juste deux gros sacs de bonbons, tous les deux entamés. Il prit deux sucettes.
-Et Chase!!
L'australien se retourna.
-Attrape ça.
Forman lui lança une des deux sucettes.
-Y'a rien d'intéressant ici! Allons voir à coté.
Chase, pour se donner bonne conscience, jeta un dernier coup d'œil sous le lit. Une nuisette en satin bleu nuit. Une paire de menottes. Bref.
La chambre de Lactae n'avait rien à voir. Le jour et la nuit.
Un papier d'un vert pomme très éclairci, avec motifs feuillages, des plinthes couleurs gris perles. Pas de tissus aux deux grandes fenêtres, des rideaux de perles argentées. Une grande table à tréteaux, légèrement inclinée. Des pots de peintures, des encres variées. Des plumes empreintes d'encres de chines. Des boîtes d'aquarelles. Des tubes de gouaches. Un ordinateur portable, encore branché. Un appareil photo numérique. Une camera.
Dans un coin, un support pour toile. Avec des toiles vierges, posées à cotés.
Des carnets de croquis, empilés.
Pas de lit. Juste un gros matelas posé sur le sol, recouvert d'une épaisse couette blanche. A coté, un saxophone, dans son étui.
Une armoire art nouveau, peinte en blanc (mélange de style?) avec une grande glace. Fermée. A coté, une étagère, croulant sous les livres, cd et dvd.
Par terre, du plancher en bois clair.
Une grande huile était accrochée au dessus du lit. Représentant un papillon de nuit aux ailes brunes, beiges avec des touches de blanc et de rose poudre, vu du dessus, les ailes écartées. La signature était celle de Lactae.
Au plafond, un mobile mettant en scène un vol d'oiseaux blancs fait en origami.
Une pile de BD servait de table de nuit. Dessus, un réveil en métal, vieillot, et des médicaments.
C'est la première chose qu'ils regardèrent.
-Des somnifères, murmura Chase. Et ils m'ont l'air bien costaud. Avec ça, t'es groggy pour un bon bout de temps.
Forman jeta un coup d'œil à l'armoire. Des vêtements. Beaucoup de jupes. Ni courtes, ni longues avec des volants.
Peu de couleurs sombres. Rien de noir.
Des boxers de cotons blancs avec des soutiens gorges assortis. Certains un peu plus travaillés que d'autres, donnant un effet de grosses dentelles, épaisses. Du plumetis blanc.
Beaucoup moins sensuel que sa colloc. Enfin, chacun ses goûts.
Chase feuilleta les carnets de croquis. Ils semblaient répartis en trois catégories. Les croquis végétaux. Les croquis d'insectes. Les croquis d'oiseaux. Pas une seule figure humaine. La jeune femme dessinait très bien. Mais un étrange malaise se dégageait des traits qu'elle esquissait. Surtout les insectes.
Forman regardai les tranches des bande-dessinées.
-Hé Chase!
Le blond se retourna.
-C'est tout en Français.
Chase se dirigea vers l'étagère.
-Là c'est pareil, murmura t-il. Les films aussi.
Des livres de philosophie. Des livres d'architectures. Des livres de peintures: Degas, Michel Ange, Renoir, Toulouse Lautrec, Monnet. Le surréalisme, l'art nouveau.
Des CD de musique: classique, Tchaïkovski, Chopin. Du jazz, du blues. Les Beatles, les Rolling Stones, Pink Floyd, Loreena Mac Kennith, Camille…
La collection complète des DVD de Dr. House. Bref.
Enfin, avec un peu d'appréhension, Chase alluma l'ordinateur. Par chance, elle n'avait pas de mot de passe. Pas très prudent. Presque étrange.
Rien de très intéressant sur son disque dur. Quelques jeux, de la musique encore.
Les images étaient les seules à présenter un intérêt. Presque que des photos.
Chase se sentait mal à l'aise. Il inséra sa clé et copia les fichiers. House en ferait ce qu'il en voudrait.
Nerveusement, ils éteignirent l'ordinateur, puis la lumière, et se dépêchèrent de rejoindre Cameron.
La jeune femme en avait finit avec les toilettes. Rien de ce coté-là: ni poubelle, ni placard où auraient pût être rangés tampons et serviettes.
La salle de bain était une véritable merveille. Une cabine de douche avec un siège pseudo poli. L'ensemble tout en carrelage mauve irisé rose transparent.
Deux lavabos côtes à côtes en émail rosé, un style art déco. Au plafond, une lampe Tiffany en vitraux roses et blanc, représentant des iris.
Des patères, deux gros peignoirs, un blanc, un violet. Des serviettes moelleuses.
Des savons aux odeurs d'herbes douces.
Sur la première tablette au dessus du premier lavabo: Un déodorant nature, un rouge à lèvres beige, un tube de dentifrice, un pot avec deux brosses à dents, des cotons tiges et enfin une bouteille de Fidji à trois quart pleine.
Sur la deuxième, far à paupières, khôl, démaquillant, trois bonbonnes de déodorants différents, plusieurs tubes de rouge à lèvres écarlates, trois quart finis, une boîte de coton, un autre tube de dentifrice. Vidée à moitié, une bouteille de Loulou de Cacharel.
Par terre, du carrelage blanc avec un tapis parme, épais, dans une substance semblable aux serviettes.
Un petit meuble de toilette: Des serviettes de bains, une boîte de médicaments banale, des ciseaux, du shampoing neuf, des bandes épilatoires. Pas une seule serviette hygiénique ou autre chose du genre à l'horizon.
Elle sortit et jeta un coup d'œil dans les placards de la cuisine. Rien. Dans les poubelles non plus. Ils faisaient fausse route. Quelque chose devait leur échapper.
Chase et Forman la rejoignirent dans le salon en haussant les épaules. Au moment où ils allaient dire quelque chose, un bruit se fit entendre qui les fit tous sursauter. Quelqu'un était en train d'ouvrir la porte.
Lulla était quelqu'un d'imprévisible et il était heureux qu'elle soit de si charmante humeur. Sinon, il n'aurait pas été sûr que Chase, Forman et Cameron s'en soient tirés vivants.
Au moment où elle les découvrit, presque tremblants d'avoir été pris sur le fait, rien ne passa sur son visage. Elle dût rester un certain temps comme ça parce que ce fût finalement Forman qui réagit.
- Excusez-moi! Nous pouvons tous expliquer!
-Qui êtes-vous?
-Je… Nous sommes…
Lulla s'avança, menaçante:
-Que voulez-vous? Que faites vous chez moi?
Cameron fit un pas en avant:
-Attendez, nous sommes ici parce que nous nous inquiétons pour votre colocataire.
Lulla resta muette de stupeur, et ne réagit pas plus quand les trois collègues lui montrèrent leurs cartes de médecin. Le puzzle se mettait tout doucement en place dans sa tête.
-Vous êtes les employés du Dr House? Demanda-t-elle abruptement.
Ils acquiescèrent, inquiets que la jeune femme connaisse le nom de leur patron.
Nerveusement, elle alla s'asseoir sur le canapé et mis sa tête entre ses mains.
-Vous avez pris quelque chose? Demanda-t-elle doucement.
-Non! S'écria Chase, on des pas des voleurs. On voulait juste voir le contenu du frigo, si il n'y avais pas des médicaments pour maigrir, ce genre de trucs.
-Y' a rien ici qui puisse vous intéresser! Cassez vous!!
Ils restèrent un instant coi.
-Allez! Cassez-vous avant que je ne change d'avis et que j'appelle la police! Je vous préviens…
Elle se retourna alors que les trois jeunes gens prenaient leurs jambes à leur cou.
Seule, elle ferma la porte violemment et s'appuya contre le mur blanc.
-Je vous préviens! Si jamais vous remettez les pieds chez nous… murmura-t-elle comme si ils pouvaient encore l'entendre.
Elle se rassit sur le canapé et tenta de réfléchir à ce qu'ils avaient pût trouver de compromettant.
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Never fall in love Emilie Simon
Lactae avait pris place sur une des tables de la cafétéria. Elle tripotait du bout des doigts le hamburger et les frites qui stagnaient dans son assiette. En face d'elle, Wilson mangeait d'un bel appétit.
Il lui avait parlé de lui, de son métier, de ses déboires sentimentaux avec ses trois femmes. Lactae le trouvait gentil, sans que son intérêt soit davantage éveillé.
Elle parlait peu d'elle, mais il trouvait les mots pour arriver à lui extirper quelques bribes de passé.
-Hum! J'ai grandit et j'ai fait mes études en France, répondit-elle à une des questions de l'oncologue. A Grenoble. Gre. Je ne pense pas que vous connaissiez.
C'est à ce moment précis qu'une main agrippa la chaise restée libre à leur table et que House s'assit dessus (House ne s'assoit pas sur la main. Il s'assoit sur la chaise! Mais la main est à lui!). Lactae sentit un grand frisson lui traverser le dos. Elle fit une telle grimace qu'elle réussit à faire sourire le praticien.
-Wilson! Tu t'ai encore déniché une nouvelle infirmière.
-Je ne suis pas infirmière! Riposta Lactae.
House lui lança un coup d'œil cynique:
-Désolé, je ne daigne retenir la profession que des gens qui ont de l'intérêt.
Il avait frappé dur et fort dans l'amour propre de son interlocutrice. La jeune femme enfla comme un crapaud buffle, sans pour autant réussir à faire rougir sa peau.
-Je pense que vous n'êtes qu'un individu infect et répugnant qui a réussit à garder son travail pour la seule raison qu'il a quelques neurones de plus que la majorité des mortels. Mais ce n'est pas parce que votre minable complexe cérébral est plus performant que votre réflexion est plus élevée. Arrogant! Vaniteux et vulgaire! Je préfèrerai avoir comme médecin les vers triploblastiques que je disséquais en troisième année!
C'était la première fois qu'il réussissait à la faire sortir de ces gonds. Il était assez fier de lui. Il se tourna vers Wilson qui observait la joute, hébété:
-Elle est charmante cette petite. Où l'as tu dénichée?
-J'aurais jamais accepté de manger avec lui si j'avais sût que vous vous connaissiez, ajouta la jeune femme, acide.
-Heuh… dit Wilson, lumineux, comme toujours.
-Allons, allons les enfants! Finissons de déjeuner tranquillement si vous le voulez bien. Alors, ainsi, vous avez été élevée en France?
-Je ne pense pas que ce sujet vous intéresse.
-Mais si! Beaucoup! Est-ce vrai que les Français ne se lavent jamais?
Wilson tenta de calmer les choses, il se tourna vers Lactae:
-Et comment l'idée vous est venue de vous installer aux États Unis?
Elle plissa les yeux, agressive:
-Je me douche tous les matins si vous voulez savoir! Quand à moi, je voulais vérifier si ce qu'on dit est vrai? Savoir si les hamburgers qu'engloutissent quotidiennement des milliers d'américains sont véritablement si dégelasses diététiquement que si on les remplaçait par du gras en conserve, la différence ne serai pas faite.
- Êtes-vous amatrice de gros rouge? Ou de saucisson?
-Sans parler de l'obésité croissante bien sûr.
L'affrontement semblait inévitable.
Provocateur, House saisit son propre hamburger et mordit dedans avec agressivité, déchiquetant le pauvre steak, faisant jaillir la sauce. Lactae fronça le nez et repoussa sa propre assiette. C'était répugnant.
Wilson avait un regard de chien battu. Ce n'étais pas la première fois que son meilleur ami lui gâchait un repas, mais à chaque fois c'était une mauvaise surprise.
-Fais pas cette tête Wilson, se moqua House. Celle-là est trop banale.
Il marqua une pause, détailla Lactae de la tête aux pieds. Elle serra les dents.
-Pamela avait des gros seins. Elle, au moins.
Lactae fit un sourire ironique:
-Oh, je suis sûre que Pamela était bien plus baisable que moi.
Elle se renversa sur sa chaise et passa ses doigts dans ces cheveux, rabattant sa frange vers l'avant:
-Vous êtes sans doute pire que tout ce que j'imaginais sur vous, House. Vous préférez tenter de m'humilier même si c'est au prix de la honte d'un de vos amis.
-Pire! Riposta le praticien. De mon seul et unique ami. Le seul qui soit assez vaillant pour supporter un individu infect et répugnant comme moi.
Lactae se tourna vers l'oncologue:
-Je vous plains sincèrement, Wilson, c'est un cas de crétinisme en phase terminale.
-C'est pas facile tous les jours, admit celui-ci.
-Arrêtez de parler de moi comme suis je n'étais pas là, protesta House. Quert, est ce que je vous traite de planche à pain insignifiante et anémique?
-Non, vous ne me traitez pas ainsi. Et cela pour une seule bonne raison: Je suis beaucoup moins insignifiante que vous vous plaisez à le croire!
Il lui répondit par un sourire goguenard:
-Ah oui?
-Oui! Et de plus, savez vous pourquoi je ne vous attaque pas en retour sur votre physique, Grégory House?
-Hum! Je sens que vous allez me le dire, Lactae Quert.
Elle s'approcha de son visage et siffla entre ses dents:
-Parce que c'est votre comportement puéril de connard de première qui vous donne cette séduction sans limite.
En apparence, il ne bougea pas. Mais de là où elle était, Lactae vit ses pupilles se dilater.
Lentement, il se rapprocha à son tour:
-Qu'est ce que vous croyez, Quert. Là où je passe, les femmes ne s'en remettent jamais.
-Bravo, quinze secondes de réflexion pour trouver une réplique médiocre.
Il fronça les sourcils, sentant qu'elle était en position de force. Elle enchaîna, imperturbable, se rapprochant encore plus:
-Ainsi sous votre belle carapace rodée et agressive se trouve un morceau de cœur écœurant de guimauve. Pathétique. Vous me décevez docteur.
Il reprit contenance:
-Heureusement que je suis bandant, ça rattrape un peu.
Il se mordit la lèvre, doucement. Elle ricana avec condescendance. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas craqué à ce point là. Mais ça lui faisait un bien fou.
-Heu, dites… Tout le monde vous regarde, marmonna Wilson, totalement impuissant.
C'est à ce moment là qu'ils se souvinrent qu'ils étaient dans une cafétéria, que leur visage étaient à dix centimètres l'un de l'autre, que House était connu comme le loup blanc et que la couleur de cheveux de Lactae était très facilement reconnaissable.
-Hum! Désolé, susurra Lactae, agressive. Un tel sexe à pile déchaîne en moi des vagues hormonales jusque là inconnues.
Ni l'un, ni l'autre n'acceptait de battre en retraite. Perdre une bataille, c'est perdre une bataille. Ça jouait dans le score final.
-J'ai l'habitude de plus sexy, mais bon… Répondit-il, moqueur.
-Mais c'est ma foi tout à fait réciproque! Vous connaissez cette théorie qui dit que les bas morceaux sont parfois les plus savoureux, car le dégoût qui les accompagne leur conserve un goût inoubliable.
Ils étaient maintenant si proches que la tension qui régnait dans la salle était palpable.
Il la regarda, de ces grands yeux bleus et froids:
-Chiche?
Ses yeux caramel lui renvoyaient l'image de son propre visage. Elle fit une moue. Il remarqua à quel point sa bouche, petite, charnue, sensuelle était proche. Elle l'entrouvrit, adorable et acide:
-Pari tenu.
Il était difficile de dire lequel des deux avait franchit les derniers centimètres.
Sous les yeux d'un Wilson abasourdit, la jeune femme et le praticien s'embrassaient à pleine bouche. Passionnés en apparence. Charnels en images. Amoureux en rêve!
Toute la cafète les regardait d'un air parfaitement crétin.
Au moment où elle se détachait des lèvres habiles, la main de l'homme attrapa sa nuque. Il murmura:
-Tu n'espères quand même pas t'en sortir comme ça?
Il la ramena à lui et l'embrassa avec plus de sensualité, plus de violence, plus profondément.
Alors qu'elle était parfaitement maîtresse d'elle même il y a quelques instants, elle sentie son cœur chavirer, la tête lui tourner. En l'espace d'une seconde, elle comprit que c'était ce qu'il attendait. Alors que sa main s'apprêtait à s'accrocher à lui pour reprendre ses esprits, elle se força à rester immobile. Hum, ce qu'il désirait, c'était… C'était… Un signe de malaise, un gémissement quelconque, un plaisir clairement avoué. Elle ne lui donnerait pas cette joie. Calculatrice, elle avait retrouvée toute sa lucidité. D'un geste de révolte, elle s'arracha des lèvres du médecin le plus chiant de toute l'histoire de l'hôpital sur plusieurs générations.
Il y eu un silence pesant.
Ils étaient haletants tous les deux. La violence du baiser leur ayant coupé le souffle.
Il y eu comme des exclamations étouffées. Il suffit d'un coup d'œil de House vers la porte pour apercevoir les trois faces blafardes de Cameron, Chase et Forman.
Pour eux, c'était la fin. Trop d'émotions pour la journée.
Alors qu'ils s'apprêtaient à faire leur compte rendu après avoir été pris la main dans le sac, ils retrouvaient leur patron en pleine séance de roulage de pelle avec la nouvelle patiente en date. Qui allait sans nul doute être très très en colère contre le dit patron.
Lactae se sentais légèrement hagarde.
-Tiens, c'est le retour de mes esclaves! Sourit House.
Il se pencha vers les deux autres et murmura, en haussant les sourcils:
-Ils étaient en mission ultrasecrète, j'attends leur rapport. Si vous voulez bien m'excuser.
Au moment où House se levait, un portable vibra. Avec insistance.
Lactae fouilla dans son sac et en retira son mobile. Elle regarda le nom affiché sur l'écran: Lulla.
Elle appuya sur le bouton "accepter l'appel":
-Hallo?
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Auf Der Maür
La tête entre les mains, House réfléchissait. Devant lui, Cameron, Chase, et Forman avaient l'air de bambins perdus.
-Bordel, marmonna t-il.
Demain matin, à la première heure, il aurait dans son bureau, frémissante de rage, une fille dont il avait encore le goût sur les lèvres.
Il enfourna dans sa bouche deux comprimés de vicodine. Bordel.
- Bon, racontez-moi ce que vous avez trouvé au moins, dit-il, amère. Notre chance de nous en sortir le mieux, c'est de trouver un bon moyen de la faire chanter.
C'était également une bonne excuse pour lui permettre de poursuivre sa petite enquête.
Les trois autres s'entre regardèrent.
- On n'a pas le sang, murmura Cameron. Il n'y avait rien chez elle, même pas des trucs propres en cas de besoin.
House releva la tête, il fronça les sourcils:
-ça épaissit le mystère. Toutes les femmes ont de ces trucs au cas où. Elle n'avait rien non plus dans la boîte à gant de sa voiture.
-Sauf si elles prennent la pilule et que leur cycles sont coordonnés, proposa Chase.
-Il n'y avait aucunes plaquettes de pilules, protesta Cameron.
-Et même pas de préservatifs dans la table de nuit de la colloc qui a l'air d'être une sacrée cocotte, l'appuya Forman.
-Pas de poubelle dans les toilettes, ni dans la salle de bain.
-Tout ça ne prouve rien! Enchaîna l'Australien, elles peuvent avoir leur plaquettes dans leur sac. Porter des patchs ou des stérilets. Et jeter leurs trucs usagés dans la poubelle de la cuisine.
House s'installa sur une chaise et se renversa en arrière, soupirant, faussement ironique:
-Oh, soyez un peu marrant, Chase. Cameron et Forman se prennent enfin au jeu. Ne leur gâchez pas leur plaisir. Vous deux, une hypothèse?
Il s'adressait à Forman et Cameron:
-Heuh, je…
-Rejeté, riposta House, d'humeur à rabaisser ses employés. Qu'est ce que vous avez découvert d'autre?
-Quert prend des somnifères pour dormir, précisa Forman. Et elle n'y va pas de main morte.
-Autres choses?
-Si le point de vue psychologique vous intéresse. La maison est très parlante. On peut vous décrire.
House haussa les épaules:
-Pourquoi pas? S'il n'y a rien d'autre.
Il s'ennuyait.
Forman ouvrit les hostilités:
-La première est une espèce d'obsédée sexuelle. Mi-pute, mi-sadique. Adepte de tape à l'œil et de luxe.
-Elle a un boa dans sa chambre, précisa Chase.
-ça ne veut rien dire, dit Cameron, désapprobatrice.
-T'as pas vu sa lingerie et ses magazines, ricana Forman.
House fit un geste agacé de la main:
-Et si on passait au suspect n°1?
C'était plus un ordre qu'une proposition.
Chase commença:
-Artiste, bohême, adepte d'art. Peinture en tout genre, photographies, vidéo.
Chambre dans les tons clairs. Poétique.
- Absolument rien de glauque, acquiesça Forman. Si ce n'est ses culottes.
Cameron fronça les sourcils, House haussa les siens:
-Ah tiens! Les culottes de Quert sont pire que ceux de sa colloc'?
Forman esquissa un sourire:
-C'est le premier tiroir de culottes de filles que je rencontre qui n'a que des sous vêtements en coton blancs.
Il réfléchit un instant:
-Nan. Ma petite sœur aussi. Quand elle avait quatre ans.
House fit une grimace:
-Bonne tentative Forman. Mais les culottes ne sont pas un assez bon motif pour la faire chanter. Au contraire, elle pourrait voir rouge (Je me comprends…).
-Les croquis d'insectes qu'elle gribouille partout n'étaient pas très sympa, marmonna Chase. ça ressemblait à un exutoire. J'avais comme un malaise en les regardant.
-J'ai une remarque à faire, intervint Cameron.
Son ton sérieux fit taire les autres, même House.
-Il y a quelque chose de très particulier dans cet appartement. Le salon est meublé avec goût, les chambres sont très représentatives de leurs occupantes. De leurs loisirs, de la musique qu'elles écoutent, de leur personnalité…
Elle fit une pause, s'assurant que son auditoire l'écoutait attentivement:
-… Mais on n'a vu aucunes photos. Aucunes lettres. Pas de carnet de téléphone. Aucuns liens à un passé quelconque. Toutes les jeunes femmes qui vivent en collocation ont des photos de leurs amis et de leur famille.
Elle avait réussit à capter l'attention de House.
-J'ai quelque chose dans ce sens, continua Chase. J'ai là une copie de son disque dur. Avec toutes les photos qu'elle a prises. On pourra aisément vérifier s'il y a des photos de familles.
House tendit la main:
-Faites voir ça. Vous êtes vaguement utile après tout.
Chase lui donna la clé. House la tourna dans tous les sens avec intérêt.
-C'est tout pour ce soir. Vous pouvez rentrer chez vous.
Il y eu un silence.
-A moins que vous ayez encore un fabuleux indice à me soumettre?
Il haussa encore les sourcils, de cette mimique si habituelle chez lui.
-Ouais, il y encore quelque chose, murmura Forman. Je pense que Quert n'est pas réglée.
-C'est ce que je pense aussi. Mais pourquoi est-ce que vous dites ça si soudainement?
-Parce qu'aucune fille ne fait l'impasse d'un bon jean pour les jours où elle risque d'avoir des… Fuites.
-C'est glauque comme discussion, grimaça Chase.
-Il n'y avait que des jupes blanches et de couleurs pâles dans son armoire. Faudrait être idiote.
Il y eu un silence de quelques secondes.
Cameron fit la moue:
-Peut-être qu'elle fait du sport à haut niveau?
House secoua la tête:
-Elle n'est pas très musclée et aucun entraîneur un peu nutritionniste n'accepterait une fille avec un teint aussi maladif.
-Où ménopausée avant l'âge? Ce n'est pas si rare.
Ils s'entre-regardèrent.
-Elle pourrait être stérile tout court. Marmonna Forman. Maladie gonosomique. TriploX?
Le cerveau de House tournait à toute vitesse. Ça devenait de plus en plus embrouillé. Il renvoya à nouveau les trois médecins.
Réfléchir à tout ça. Dans sa main, il faisait tourner la clé USB.
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