Chapitre 3 enfin ! Pour répondre à certains sur ma fréquence de publication, je crois que le temps que j'ai mis à poster ce chapitre parle de lui-même… Selon le temps et l'inspiration, ça peut varier bien sûr.

Je vous laisse découvrir ce que devient Tony. Bonne lecture !

Chapitre 3

Nouveau départ

Une main devant la bouche pour retenir son effroi, Elsa suivait avec horreur la chute de l'immeuble sur l'enfant innocente. C'était la troisième fois que les images repassaient et elle n'était toujours pas parvenue à quitter l'écran des yeux. Enfin, un changement de sujet de la part du journaliste mit fin à son calvaire. Elle resta un moment assise dans son fauteuil, à regarder la télévision sans voir ce qui s'y passait.

Je suis doué pour ça. Mettre les enfants en danger.

C'est donc ça qu'il voulait dire ? Qu'il était responsable de la mort de cette petite fille ? Non. Qu'il se sentait responsable de sa mort. Qu'il le soit ou non, cela n'avait pas d'importance pour elle. Tout ce qui comptait c'était cet homme brisé qui avait désespérément besoin d'aide.

Toujours un peu secouée par les images qu'elle venait de voir, Elsa se leva pour éteindre le poste de télévision avant de se diriger vers la chambre de sa petite fille, tout au fond du couloir. Elle entrouvrit doucement la porte comme elle le faisait presque tous les soirs et observa avec amour le visage paisible de Camille. Elle dormait la bouche ouverte, un bras au-dessus de sa tête et l'autre lancé en travers du torse de son grand frère. Harley avait l'habitude de dormir avec sa sœur. C'était vers lui qu'elle se tournait lorsqu'elle faisait des cauchemars et que sa mère travaillait tard. Le garçon avait donc tout naturellement proposé sa chambre au milliardaire. Elle était tellement fière du jeune homme que son petit garçon deviendrait. Bien trop tôt. Les parents ne se rendent compte de la chance qu'ils ont que lorsqu'ils s'aperçoivent que le temps file entre leurs doigts.

Elsa vérifia que la petite veilleuse était bien branchée et ferma doucement la porte.

Par réflexe elle ouvrit aussi la porte d'en face, ne réalisant qu'ensuite qu'elle venait juste de voir son fils dans la chambre de Camille. Le milliardaire était, comme les enfants, profondément endormi. La couette Avengers d'Harley était roulée en boule au pied du lit. Sur la table de chevet, des six figurines de super-héros, une seule tenait toujours son poste, les autres ayant très probablement disparues dans un tiroir. Le Hulk. Quel réconfort la créature de plastique verte pouvait-elle bien apporter à l'homme brisé qui marmonnait dans son sommeil ?

Enfin, toute aide était bonne à prendre. Même si elle venait d'un jouet et non du géant en chair et en os. Il allait pourtant falloir bien plus que cela pour remettre Tony Stark sur les rails, elle en avait peur.

Elsa referma la porte sur le héros torturé. Dans une heure ou deux il faudrait qu'elle vienne le réveiller pour surveiller les effets de sa commotion mais en attendant, il avait besoin de repos.

oOo

« Maman ?

« Oui Tony ? Tu as besoin de quelque chose ? »

Maria leva les yeux de son magasine pour les poser sur son garçon. Il regardait le sol et faisait rouler le bas de son t-shirt Star Wars entre ses doigts. Une habitude qu'il avait depuis ses huit ou neuf ans et qui lui revenait lorsqu'il se sentait mal à l'aise.

Le jeune garçon leva finalement la tête vers sa mère, écartant une mèche rebelle qui lui tombait devant les yeux.

« Je veux aller à l'école. »

« Oh, Tony. Tu sais que tu entres au lycée l'année prochaine. Et puis, ta dernière expérience ne s'est pas vraiment bien terminée. Tu te souviens ? »

« Non. Tu ne comprends pas. »

Tony agrippa son t-shirt, serrant le tissu noir entre ses doigts. « Je veux aller à l'école. Avec d'autres enfants de mon âge. »

Maria posa délicatement son magazine sur la table basse du petit salon et vint se mettre à hauteur de l'enfant de 10 ans. Elle rangea la mèche rebelle de son fils derrière son oreille et fut surprise par la détermination qui brillait dans le regard chocolat.

« Tu en as déjà parlé avec ton père. Tu sais très bien ce qu'il en pense. Ne va pas le mettre en colère pour si peu. Tu sais que tu n'es pas comme les autres enfants. Tu t'ennuierais en cours. Et c'est dangereux pour toi. »

Voyant que la détermination de son fils ne bronchait pas, Maria décida à contrecœur de jouer la corde sensible.

«Pense à moi, chéri. J'aurais tellement peur qu'il t'arrive quelque chose… »

« Mais je voulais… » La voix de Tony se brisa. « Des amis. » Murmura-t-il, refusant de laisser passer le sanglot qui était coincé dans sa gorge.

« Oh, mon bébé. » Le consola Maria en l'attirant contre elle. Il resta rigide dans ses bras. Cela faisait longtemps qu'il ne répondait plus aux actes de tendresse comme un enfant devrait le faire. Mais elle continuait d'essayer. D'espérer. « Je vais appeler Edith. Elle pourra amener Georges avec elle pour que tu puisses jouer avec lui. »

Edith, la femme hystérique qui s'occupait des œuvres de charité de Stark Industries. Et Georges, son gamin abruti.

Tony acquiesça. Il ne voulait pas faire plus de peine à sa mère.

oOo

Elsa avait cessé de réveiller Tony toutes les deux heures en début de matinée. Il ne montrait aucun signe de complication et le sommeil était sans doute ce dont il avait le plus besoin. Elle commençait à douter d'avoir fait le bon choix quand le génie émergea enfin, un peu après quinze heures.

Il était toujours habillé comme la veille mais semblait un peu plus alerte. Et méfiant.

« Les enfants ne sont pas là ? » Fut la première chose qu'il lui demanda après l'avoir salué.

Elle lui fit signe que non. « Nous sommes vendredi, ils ne devraient pas tarder à rentrer de l'école. Asseyez-vous et mangez quelque chose, je vais vous faire couler un bain, je suis sûre que vous en avez besoin. »

Tony ne fit pas mine de l'avoir comprise. Il la fixait d'une étrange manière et cela la mettait mal à l'aise. Jusqu'à ce qu'il murmure un bref « merci » et qu'il s'assoie devant le verre de jus d'orange qu'elle avait posé là à son intention. Ce n'est que là qu'elle comprit ce que cachait son regard. De la gratitude et de l'incompréhension.

Après avoir indiqué à son invité où se trouvaient céréales et pancakes, Elsa le laissa seul pour aller lui chercher des vêtements propres. Ceux de son mari devraient faire l'affaire. Elle ne savait pas pourquoi elle les gardait mais au moins ils allaient servir à quelque chose.

Comme prévu, Harley et Camille rentrèrent de l'école une vingtaine de minutes plus tard. Lorsque Tony sortit de la salle de bains, ils avaient déjà fini leur goûter et faisaient silencieusement leurs devoirs sous l'œil attentif de leur mère.

Elsa nota que le milliardaire s'était rasé, annihilant le bouc qui faisait partie intégrante de l'image publique de Tony Stark. Avec les cheveux blonds, cela le changeait de façon impressionnante. Il avait l'air plus jeune, moins sûr de lui. Une impression renforcée par le sweet-shirt à capuche bleu marine et le jean noir qu'il avait choisi parmi les vêtements laissés à son intention dans la salle de bains.

Il ne voulait pas être reconnu et cela donna une idée à la jeune mère.

« Hey, Tony ! » Le salua Harley d'un large sourire. « J'ai presque fini, on pourra jouer à la console après. Si tu veux. »

Tony acquiesça silencieusement. Ça ne lui ressemblait pas de ne pas parler mais il était encore très fatigué par les évènements de la veille. Il tira une chaise pour s'installer entre Harley et Camille. La petite rougit et se concentra de plus belle sur ses devoirs, faisant sourire Tony.

Il se pencha sur le cahier d'Harley, curieux de voir ce que les bambins pouvaient bien apprendre à l'école ces jours-ci. Une quinzaine d'opération mêlant additions, soustractions, multiplications et divisions se succédaient. Il ne lui fallut qu'un coup d'œil pour valider les réponses du garçon. Ennuyé par la facilité des exercices, il se tourna vers Camille. La langue sortie, elle s'appliquait à recopier avec application les phrases notées par son maître ou sa maîtresse. De jolies boucles, des traits légèrement tremblants, elle se débrouillait très bien pour son âge. Tony se souvenait qu'à sept ans, pour lui l'écriture était encore un véritable calvaire. Il savait lire depuis ses trois ans oui. Mais écrire s'était révélé bien plus compliqué.

« Tu sais faire ? » Lui demanda subitement la petite fille.

« Je ne sais pas si je peux faire aussi bien. » Répondit Tony.

A coté de lui, Harley laissa échapper un soupir moqueur mais le milliardaire l'ignora. Il prit le cahier et le crayon que lui tendait Camille et choisit une page vierge pour recopier l'une des phrases. « Le chien court après la balle jaune ». Il s'appliqua à ne pas former les lettres trop rapidement sous le regard admiratif de sa nouvelle fan.

Elle éclata soudainement de rire. « Tu as écrit « le chien jaune », tu t'es trompé. »

Tony se relit. « Ah, oui. Tu as raison. « Il faut croire que je ne suis pas très doué. » Camille acquiesça et reprit son cahier. « Attend, je vais te montrer comment on fait ».

Comment ne pas sourire à ça ?

oOo

Steve venait de finir son dîner, seul, et faisait sa vaisselle, ignorant la machine à laver délaissée, lorsqu'il entendit une musique résonner dans la salle commune. Il connaissait cette musique d'un dessin animé qu'il avait vu récemment avec l'équipe. Ils l'avaient regardé ensemble parce que lorsque le téléphone de Tony s'était mis à jouer ce thème, Steve avait demandé au génie le titre de la chanson et celui-ci lui avait promis de lui montrer le film d'où elle était tirée. « All Star » du film Shrek.

Le téléphone de Tony.

Steve coupa l'eau et essuya ses mains sur son pantalon, cherchant l'origine de la musique. Il trouva le téléphone entre deux coussins du canapé, le prit et resta figé. A l'écran, le Hulk lui souriait de toutes ses dents. Enfin, il souriait à celui qui avait pris la photo, au propriétaire du téléphone.

« C'est celui de Tony ? »

La voix de l'archer le fit sursauter et il fit tomber le portable qui s'arrêta de sonner. Il le ramassa, terrifié à l'idée d'avoir cassé la précieuse pièce de technologie et fut soulagé lorsque l'appareil se remit à sonner.

« Tu ne réponds pas ? »

Steve lança à Clint un regard dur et un tout petit peu effrayé.

« C'est Bruce. »

« Oh. »

oOo

« Wouhou ! Encore gagné ! Alors Tony ? On se fait vieux ? » En remuant sa manette de PlayStation 2 devant le nez de l'adulte pour l'agacer.

Tony écarta l'objet de son espace vital.

« Hey ! Commotion cérébrale ? Non ? Personne ? »

« Ne te cherche pas d'excuses... Mon vieux. »

Harley ne put pas éviter le coussin qui lui arriva en pleine figure.

« Monsieur… Tony ? »

Son invité lui avait demandé de l'appeler Eddy en public mais elle ne savait pas trop quoi en penser. Elle verrait bien quand l'opportunité se présenterait.

Elle s'assit sur l'accoudoir, près du milliardaire et ouvrit la petite boîte qu'elle avait apportée avec elle. Une boîte de maquillage. Pas des produits de beauté, non, plutôt du maquillage d'Halloween.

« J'ai utilisé ça pour Halloween dernier. Harley voulait un maquillage de zombie convainquant. Je me suis dit que comme vous voulez passer inaperçu ici, je pourrais vous aider un peu. Tournez la tête et ne bougez plus. »

Pas de place aux questions et à l'argumentation donc. Tony obtempéra. Vingt minutes et un miroir plus tard, Tony avait une balafre magnifiquement réaliste qui courrait le long de sa gorge.

Au regard interrogateur de Tony et de son fils, Elsa leur expliqua « Tous ceux qui parleront avec vous ne verrons que la cicatrice. Même s'ils essaient de ne pas le montrer, c'est tout ce qu'ils verront vraiment. »

« Ingénieux. » siffla Tony en admirant le travail d'Elsa.

« Trop cool ! » Surenchérit Harley. « T'es la meilleure, maman. »

A suivre.

Pour ceux qui ont lu Anthony Edward Stark, je pars un peu sur le même principe, avec en parallèle de l'histoire principale des flash-backs sur un moment marquant de l'enfance de Tony. J'espère que cela vous plaira.

Oh, Et Bruce ne va pas tarder à entrer vraiment en scène ^^