Point de vue Anna
J'avais déjà inventé toute une histoire dans ma tête, pour faire croire à tout mes camarades que je connaissais Jack depuis un moment. Dans un premier temps, j'avais pensé le faire passer pour un cousin, mais le problème était que Myriam et Loan allait se poser des questions. Et risquait d'en parler à mes parents par hasard. Enfin c'est ce qu'avait dit Jack, personnellement, l'idée du cousin me paraissait génial ! Lui trouvait ça ridicule...
-Pourquoi tiens tu absolument à prendre une place à trois aujourd'hui ?
-Je te l'ai dis, soupirais-je, un ami à moi va venir.
-Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de lui ? Souligna Myriam en serrant les dents.
-On s'est rencontré pendant les vacances d'été, et depuis je ne l'ai plus revu, ça ne me semblait pas tellement important... inventais-je.
Myriam me regarda attentivement avant de porter son attention sur la porte qui s'ouvrit doucement, laissant entré un jeune homme à la peau très clair, aux yeux d'un bleu océan extraordinaire accompagné de cheveux mi long en bataille presque blanc, et avec un sourire en coin irrésistible.
-Et ça, plaça-t-elle en ouvrant la bouche, c'est pas important ?!
Je fronçais les sourcils et finis par dévisager Jack, ce que je n'avais jamais vraiment pensé à faire puisque pour moi, c'était une sorte d'esprit. Il avait un visage pétillant de joie, des yeux emplit de malice et un sourire réel, un vrai. Il était joyeux, vivant, et surtout, il n'était pas faux. Il n'était pas moi.
-On dirait que tu viens juste de réaliser, commenta mon amie, à quel point il est beau.
Je grimaçais, et finis par acquiescer, Jack était tout simplement magnifique. Mais il est hors de question que je l'avoue à voix haute.
-Tu peux te présenter à la classe je pense.
Jack me sourit avant de commencer à parler, me fixant du coin de l'œil.
-Je m'appelle Jack Taylor, et je viens d'Angleterre.
Il m'attribua un clin d'œil discret, laissant les autres filles complètement déboussolées devant tant de charme.
-Tu vas avoir de nombreuses rivales, surtout celle que tu ne peux pas voir là, Mélanie. Mais bon, vu comment il te dévore du regard je pense que tu as une longueur d'avance, affirma ma meilleure amie.
-Oui, répondis-je simplement.
Puis elle me fixa de ses grands yeux bleu foncés avec une certaine lueur dans le regard. Et ce qu'elle venait de dire, commença seulement à être analyser par mon cerveau.
-Attends, quoi ?!
-Lapsus révélateur princesse, lapsus révélateur.
Je voulais répliquer quelque chose, mais Jack se posa à mes côtés et je me tus, lançant un regard noir à Myriam en lui montrant un bracelet, pour qu'elle se rappelle que je sortais avec Nathan.
-Il est moche ton bijoux de toute façon, marmonna-t-elle, il a pas de goût.
-Qu'est ce que c'est ? demanda Jack en souriant et en observant la chaînette.
-Son abrutit de copain, répondit Myriam en tendant la main vers lui, je suis enchantée de te connaître.
-Jack, répondit-il.
-Myriam.
Puis, l'esprit de l'hiver se mit à observer doucement mon poignet en grimaçant :
-Qu'est ce que vous avez tous contre ce bracelet ! M'exclamais-je soudainement en grognant.
Point de vue Jack
Son copain. Son copain. Pourquoi fallait-il que ses mots n'arrêtent pas de résonner dans ma tête ? Je commençais à fixer le bijoux qu'elle portait et sentit un tiraillement douloureux dans le creux de mon estomac.
-Qu'est ce que vous avez tous contre ce bracelet !
Son bijoux en question,était plaqué or, possédait une grande largeur, des strass de couleurs rouges et vertes ainsi que d'énormes fleurs. Il était hideux, mais là n'était pas réellement le problème... Je la regardais droit dans les yeux en soupirant.
-C'est trop flash, on dirait les truc pour les filles plutôt superficielles, pour les garces, plaça sèchement Myriam.
Anna allait répliquer mais je la coupais :
-Je pense qu'un petit bracelet en argent t'irait mieux, c'est plus discret et c'est plus... toi.
Elle ne répondit pas, se décidant de ne plus adresser la parole, ni à moi, ni à sa meilleure amie, se logeant dans un grand silence pendant les deux heures de littératures.
Et puis quand la sonnerie retentit, elle partit, sans plus attendre, et je ne comprenais vraiment rien à ce qui venait de se passer. Je m'apprêtais à la suivre, mais une fille me barra la route.
-Salut je m'appelle Mélanie.
-Jack, répondis-je en souriant.
C'était une adolescente aux cheveux blonds platines, aux yeux noisettes fortement maquillés et aux lèvres rouges sangs. Elle n'était pas très grande, mais elle devait avoir quelques centimètres de plus qu'Anna, maintenant que j'y pense, c'est vrai qu'elle est vraiment petite Anna. Je souris intérieurement en revoyant son visage terrorisée quand je l'avais emmené dans les airs.
-Tu veux venir avec nous dehors ? On va faire un tour en ville vu qu'on a perm, on pourrait te montrer les environs.
-Désolée ! Plaça soudainement Myriam en agrippant mon bras, mais il doit absolument retrouver Anna, alors une autre fois.
Sur ceux elle me tira rapidement et un peu plus loin, nous rejoignis une pièce appelé foyer et elle se posa à la table d'un jeune homme aux yeux bridés du nom de Loan, un paquet de cartes à la main.
-Ne t'approches pas de Mélanie et de ses potes, râla la jeune femme en attachant ses cheveux bruns dans un chignon, ce sont des garces, tout ce qu'elles veulent c'est ruiner la vie des autres.
Le visage du garçon, Loan se ferma et je fronçais les sourcils en m'asseyant :
-Comment ça ?
-Elles ont fait croire à tout le monde que j'étais une prostituée, en quelque sorte. Et que Loan était gay.
-Et Anna ? Demandais-je rapidement.
-Ne t'inquiètes pas pour elle, rigola-t-elle alors que je tournais la tête en rougissant, tu sais, avant on était pas dans le même lycée, elle a fait sa seconde général ailleurs. Et quand elle est arrivée, elle a fait taire toutes ses rumeurs, et elle a fait face à Mélanie. Elle lui a gueulé dessus devant tout le monde !
Je souris en imaginant Anna s'énerver, alors que Myriam me racontait en détail tout ce qu'il s'était passé.
Point de vue Myriam
Flash back
-Pourquoi tout le monde nous dévisage ?
Je regardais doucement Anna et baissais la tête, les larmes aux yeux déjà.
-Ce n'est pas toi, c'est moi.
Elle me fixa avec incompréhension et je lui expliquais rapidement la situation alors qu'on se rangeait devant notre classe, tout les élèves étaient déjà réuni, et Mélanie draguait ouvertement le copain d'une fille qui était juste derrière nous et qui elle aussi, commençait à pleurer.
-Je vais me la faire, plaça-t-elle soudainement en observant la fille derrière moi.
Elle plaça sa main sur l'épaule de l'adolescente et sur la mienne et nous attribua un clin d'œil :
-Observez.
Le garçon aux cheveux bruns essayait désespérément de se débarrasser de cette garce, mais elle restait accrochée à lui tel un tube de colle, et c'est là qu'Anna est intervenu et que j'ai regardé la scène.
-Tu ne vois pas que tu l'emmerdes ?! S'était-elle écriée.
La glus finit par le relâcher et le jeune homme s'enfuit pour s'expliquer avec sa copine qui le fit taire pour observer ce qui se passait.
-Qu'est ce que tu dis ?
-Tu ne vois pas que t'emmerdes tout le monde ici ?
-De quoi je me mêle ! Avait-elle rétorqué.
-Tu trouves ça marrant de faire courir des rumeurs sur les gens ? De voler les copains des autres ? De parler bêtes et de te moquer ouvertement des gens ?
Il y eut un silence, et Mélanie commença à rire nerveusement :
-Mais ta gueule, avait-elle fini par dire.
-C'est tout ce que tu sais dire ? Tu n'as pas d'autres arguments ? Plaça sèchement Anna, tu n'as pas d'amis ici, et personne ne t'aime pauvre conne. Même tes sous fifres là, ne te supportes pas. Et si j'étais toi j'arrêtais tout de suite de raconter des conneries sur mes amis, et sur tout les gens qui sont ici, parce que je te jure que...
-Que quoi, l'avait-elle couper, tu vas me frapper ?
-Ah ça non, sourit Anna, je vais te détruire. Faire courir des rumeurs, monter les gens contre les autres, tu n'es pas la seule à savoir faire ça, et crois moi, je suis très douée là dedans.
Anna ne mentait pas quand elle disait ça. Elle avait déjà plusieurs fois, au collège, briser des filles comme Mélanie, et parfois j'avoue que ça m'effrayait plus qu'autre chose.
-Approches toi une seule fois de mes amis, d'une seule personne qui est dans cette classe, et tu es morte Mélanie Morel.
La peste face à Anna avait finit par craqué, elle avait levé la main pour gifler Anna, mais je ne sais pas comment elle a fait, et elle non plus d'ailleurs ne le sait toujours pas, mais elle a arrêté son geste et la repoussé au loin. Assez fort pour que la fille en question tombe sur le sol.
Et puis je me suis mis à applaudir, suivit de la fille à mes côtés et de toute la classe. Et depuis, plus personne n'a cru les conneries qu'on disait sur moi, et surtout, plus personne n'a eut peur de défier Mélanie.
Fin du Flash Back.
Point de vue Jack
-Elle est juste incroyable, avais-je fini par dire.
-Qui est incroyable ?
Je me retournais pour faire face à un jeune homme qui était totalement l'opposé de moi. Des cheveux bruns foncés, une peau bronzé, des yeux sombres... Et malheureusement je le reconnaissais très bien.
-Qui est ce qui est incroyable ? Rajouta la fille blonde à ses côtés.
Et je venais de comprendre un truc très simple, mais la fille que j'avais fais tombé au sol, était enfaîte Mélanie.
-Ta merveilleuse petite amie, pesta soudainement Myriam.
-Ah, oui, répondit le brun en se posant à notre table.
-Je vais restée, il ne fait pas beau dehors, sourit la blondasse en s'asseyant à son tour.
-Il neige, commentais-je en fronçant les sourcils.
-Je déteste la neige, soupira-t-elle, le soleil c'est mieux.
Vas te brûler avec ton soleil !
-Où est Anna ? Demanda Nathan.
-Là.
Je me retournais pour apercevoir la jeune femme avec les yeux pleins de colère et le visage complètement fermé. Le brun se leva pour l'embrasser mais elle l'évita habillement.
-Qu'est ce qu'elle fait là ?
-C'est mon amie, pesta-t-il.
-Elle a fait du mal à Loan et à Myriam, je m'en fiche qu'elle te tourne autour mais je refuse qu'elle se pose à leur table comme si de rien était. Alors si tu veux rester avec elle, tu l'embarques et tu t'en vas.
-Tu n'es pas obligée de faire la porte parole, Loan et Myriam ne se sont même pas plaint, rétorqua Nathan.
-On ne se plaint pas par respect pour Anna, souligna Loan, parce qu'on ne veut pas que vous vous disputiez.
-C'est toi qui n'a pas de respect pour eux ! Vociféra Anna.
Et puis Mélanie commença à répandre de fausses larmes salées sur ses joues :
-Je pensais... que vous pourriez me pardonner.
Point de vue Anna
-Bravo, rouspéta mon petit ami.
Je levais les yeux au ciel, il faudrait un jour qu'il sache faire la différence entre le vrai et le faux.
Au final, il l'entraîna au loin, et je piquais sa place :
-Un jeu de carte ?
-Ouais ! S'exclamèrent mes deux meilleurs amis en parfaite harmonie.
-Tu étais partit où, murmura Jack à mon oreille.
Je lui lançais un regard noir, et ne lui répondis pas.
-Qu'est ce que j'ai fais ?
-On en a pour deux minutes, déclarais-je en lui agrippant le bras.
Je le tirais jusque dans une cour extérieur, là où je pourrais trouver le moins de monde possible.
-Pourquoi tu ne m'as pas dis ?
-Dis quoi ? Répéta-t-il hébétée.
-Que je suis une fille adoptée.
Le garçon face à moi se figea brusquement :
-Comment tu...
-Pourquoi ! Hurlais-je.
Après un long silence à chercher ses mots, il passa la main dans ses cheveux et finit tout de même par me répondre.
-Parce que tu ne devais pas savoir.
-Tu aurais du me le dire ! Tu aurais du me dire toute la vérité ! Tu te rends compte de ce que tout ça représente pour moi ?!
-Bien sur que non ! Pesta-t-il en élevant la voix, comment veux tu que je le sache alors que tu caches toutes tes émotions ? Alors que tu refuses qu'on t'atteigne ?!
-C'est une chose que tu aurais du voir, soulignais-je plus bas cette fois, c'est une chose que toi, surtout toi, tu devrais comprendre.
Point de vue Jack
-J'ai temps de fois voulu savoir ce que je faisais là, et ce que tu m'as caché, c'était la vérité sur moi.
Je me raidis en comprenant maintenant à quel point c'était important pour elle, elle voulait comprendre pourquoi elle existait, pourquoi était-elle ici, quel était son destin. Et je lui avais caché. Moi, alors que je savais à quel point ça faisait mal de ne pas comprendre ce pourquoi on était là.
-C'était dans ton intérêt, essayais-je.
-Laisses tombé, soupira Anna, c'est impossible de faire confiance à quelqu'un de toute façon.
-Anna...
-Ça se trouve enfaîte tout ça c'est juste mon imagination.
Je ne répondis pas, la regardant de travers.
-Enfaîte, rien n'est vrai. Rien n'est réel.
Mon cœur se serra déjà, alors que j'essayais d'encaisser les mots.
-Et tu n'existes pas.
Je baissais la tête et la laissais s'en aller, me posant au sol quelque instant encore étourdit par tout ça, mon cœur était entrain de se compresser sur lui même, et mes poumons s'autodétruisaient jusqu'à m'empêcher de respirer.
-Notre petit Jack est entrain de tomber amoureux...
Je levais rapidement les yeux pour observer un visage que je connaissais par cœur maintenant.
-Toi... marmonnais-je en serrant les dents.
Point de vue Anna
-Je pense qu'un petit bracelet en argent t'irait mieux, c'est plus discret et c'est plus... toi.
Je laissais tomber ma tête contre le mur et grognais, il me connaissait déjà trop, alors que cela ne faisait même pas deux jours. Un week-end enfaîte. Je revoyais juste quelque scène dans ma tête, les moments où je les avaient aidé à emménager dans leur grande maison, à tout installer, tout ranger, et à repeindre les murs. Jack et moi avions fini par faire une bataille de peinture, et étant donné qu'il n'avait pas de pouvoir côté couleurs, j'avais été largement avantagé, et je l'avais battu.
-C'est dangereux de trop s'attacher, tu sais.
Je me redressais rapidement et observais un grand homme face à moi que je n'avais pas du tout entendu arrivé. Il portait un pantalon noir et un sweater de cette même couleur dont la capuche cachait le visage.
-Vous êtes...
-Un ami, répondit-il.
Je fronçais les sourcils et cherchais un moyen de m'enfuir sans trop me faire remarquer.
-Tiens.
Il me tendit un collier argenté en forme de croissant de Lune, et l'ouvrit doucement, laissant paraître une photographie pliée en deux.
Je l'as pris avec méfiance et la dépliais pouvant ainsi observer une femme magnifique, avec de longs cheveux châtains, de grands yeux verts et un sourire sublime.
-C'est ta mère...
Je lâchais la photo et il l'a rattrapa rapidement avant qu'elle ne touche le sol :
-Les Gardiens ne t'ont rien dit, parce qu'ils ne veulent pas que tu apprennes qui tu es réellement.
-Qui je suis ? Répétais-je.
-Toutes les réponses à tes questions, tout ce dont tu as le plus peur, tout est là. Dans cette photo.
-Il y a forcément une raison pour que Jack ne me l'ait pas dis.
-Parce que tu as une puissance qui pourrait les nuire. Jack surtout. Il n'aime pas perdre, et je pense que tu l'as remarqué, il ne supporterait pas que tu sois plus forte que lui.
-Il n'est pas comme ça, affirmais-je sur de moi.
-Vraiment ?
L'inconnu plaça dans ma main le médaillon de Lune et la jolie photo, disparaissant rapidement. Il avait réussi à me mettre le doute dans mon esprit. Et rien que pour cela, je le haïssais.
Point de vue Jack
-Pitch ! J'aurais du me douter que c'était toi !
Je me levais pour me jeter sur lui, mais il disparu et réapparu juste derrière moi, m'envoyant au sol.
-Quel dommage, que tu sois beaucoup plus faible sans ton bâton.
Je serrais les points en me relevant, alors qu'il souriait prêt à me réduire en bouillis.
Le croque mitaine balança une fumée noire, que j'évitais en sautant sur le côté avant d'essayer de l'atteindre et de lui balancer mon point dans la figure, mais il m'évita et me renvoya au loin laissant ma tête cogner durement contre le béton.
Point de vue Anna
-Où est Jack ?
Je ne répondis pas, me contentant de regarder mes cartes.
Jack est en danger.
Jack a des pouvoirs, pensais-je intérieurement, il n'a en aucun cas besoin de moi.
Jack est en danger de mort.
J'essayais d'ignorer ce message, mais le mot mort résonnait tellement fort dans ma tête que je ne pu l'empêcher de sonner comme une affreuse mélodie. Rapidement, je posais mes cartes sur la table et commençais à courir vers la cour extérieur, sentant mon cœur battre à tout rompre.
-Jack ! M'écriais-je en le voyant au sol.
Je courais vers lui et secouais son corps dans tout les sens.
-Jack, Jack !
Je plaçais ma main tremblante contre sa nuque, essayant de trouver un battement, mais je n'entendis rien, c'était le calme mort.
-Non, non, non... T'es immortel.
Mais il ne réagit pas, ne bougeant pas un seul membre de son corps.
-Bordel t'es immortel ! M'écriais-je en le giflant.
Et puis j'entendis un toussotement agréable et toute souffrance en moi se stoppa net quand il se redressa. Je lui sautais directement au cou, laissant mes yeux verts s'humidifier alors qu'il encerclait ma taille de ses mains.
-Je suis désolée, souriais-je en m'écartant.
Il me fixa droit dans les yeux, une lueur d'inquiétude dans son regard.
-Qu'est ce qui s'est passé ? Le questionnais-je.
-Pitch, répondit-il, la même personne qui est venu te parler pour t'avouer tes origines.
-Ce n'était pas Pitch.
-Quoi ? S'exclama-t-il en se relevant avec mon aide.
-Je connais sa voix et je peux t'assurer que ce n'était pas la sienne.
Point de vue Jack
-Combien de temps ?
-Jack ! Riposta-t-elle, tu m'as demandé ça il y a seulement une minute, l'heure ne va pas si vite que ça !
-Combien de temps ? Répétais-je.
-Il reste encore 48 minutes, nous ne sommes ici que depuis 7 minutes.
-Qu'est ce que c'est long ! Murmurais-je.
Je laissais tomber ma tête contre la table qui me servait de pupitre, fermant les yeux pendant environs dix minutes, au moins.
-Combien de temps ?
-47 minutes Jack.
-ARG.
-Ouvrez vos livre page 112, récita le professeur tel un automate.
Anna s'exécutait et je la regardais, avant d'avoir une soudaine illumination :
-Tu as passé dix-sept ans là dedans !
-Quatorze ans, corrigea-t-elle, et ce n'est pas fini. Après il faut faire des études supérieurs, et ensuite boulot.
-Boulot et efficacité... grognais-je, moi c'est plutôt boule de neige et liberté.
-On a pas tous la chance d'être immortel et détaché de la société.
Je haussais les épaules, rien n'était facile, immortel ou pas.
-Qu'est ce que vous étudiez là ? Demandais-je.
-La monté du nazisme en Allemagne.
-Oh Lune toute puissante, m'exclamais-je en laissant ma tête s'écraser une nouvelle fois sur le pupitre.
-C'est important de connaître les erreurs du passé, essaya-t-elle pour m'encourager, on évite de les refaire ensuite.
-Je ne pense pas, répondis-je, cela permet à certains de s'inspirer, et à d'autres de vouer une haine contre certaine personne comme les allemands.
Elle secoua la tête de gauche à droite :
-Il ne faut pas enterrer le passé.
Un silence s'installa avant que je ne le coupe rapidement :
-Combien de temps ?
-44 minutes.
-Laissez moi partir... marmonnais-je.
-On s'y habitue, rigola-t-elle.
-Je veux voler.
-Oh non, répliqua-t-elle.
-On s'y habitue, répondis-je ironiquement.
Elle me lança un coup de coude et puis le professeur commença à perdre patience :
-Si mon cour ne vous intéresse pas, vous pouvez sortir !
-Sérieux ?! M'exclamais-je en me levant.
Anna m'agrippa par le bras, mais c'était déjà trop tard :
-Deux heures de colles.
Point de vue Anna
-Encore, racontes à nouveau !
-Bunny ! M'indignais-je, ça doit faire trois fois que je te le dis maintenant.
-Une dernière, s'il te plais ! Juste une.
Je levais les yeux aux ciel et commençais à lui raconter une quatrième fois, avec beaucoup moins d'enthousiasme qu'avant :
-Et là, le prof a dit : Deux heures de colles.
L'ancien Lapin se mit à partir dans un nouveau fou rire incontrôlable, alors que Jack avait les bras croisés et se retenait de lui sauter à la gorge.
-J'aurais donné n'importe quoi pour voir ta tête !
-Ne rigoles pas ! Je dois venir samedi aussi ! Comme si tout le reste des jours ne suffisaient pas !
Mais ça ne fut qu'amplifier le fou rire du Lapin de pâque et Jack finit par craquer, lui envoyant un jet de glace pour lui coller les lèvres.
-Nord je t'en supplie ! S'exclama le garçon, laisses moi rester là.
-Quelqu'un doit veiller sur Anna.
-Mais elle peut rester ici !
-Non, je ne peux pas, répondis-je, mes parents me tueraient.
-On a juste a les endormir pendant deux, trois... ans, proposa l'esprit de l'hiver.
-Jack, c'est ignoble de faire ça ! Gémit Fée.
-Parce que m'obliger à rester enfermer dans une prison c'est pas ignoble ! Siffla le garçon.
J'enfilais ma veste et attrapais mon sac avant de me diriger vers la porte.
-Anna, où...
-Je ne t'oblige pas à venir avec moi au lycée, le coupais-je en me retournant, je suis parfaitement capable de me défendre seule. Si ça t'ennuie reste ici, je ne t'en voudrais pas, je comprend parfaitement. Tu es libre, et c'est normal que tu veuilles le rester.
Je lui attribuais un sourire avant de continuer :
-Mes parents vont s'inquiéter, et j'ai encore des devoirs à faire. A plus !
Et je sortis, sentant un liquide froid s'écouler le long de mes joues, il était libre. C'était égoïste de ma part de le retenir pour ma propre protection. Égoïste de le garder parce qu'il me faisait me sentir vivante.
Point de vue Jack
-Anna !
Je m'apprêtais à courir la rejoindre, mais Nord me barra soudainement la route.
-Jack il faut qu'on parle.
-On parlera après, pestais-je.
-Jack, ajouta Fée en se posant à côté du grand barbu, Anna doit parler avec ses parents.
-Justement, soupirais-je, elle a besoin de moi.
-Non, Jack, elle a besoin d'être seule.
-Personne n'a besoin d'être seule, rétorquais-je sèchement.
-Jack, s'indigna Bunny, il faut qu'on parle d'un ennemi autre que Pitch.
Je me retournais pour lui faire face, les yeux légèrement stupéfait et serrais les points. C'était probablement l'idiot qui avait monté Anna contre moi...
-Faites vites alors.
