Bonjour, tout d'abord merci à Bubulle pour sa correction, tu es trop adorable.

Voici le chapitre 3, du point de vue de Kelly !

Merci à toi qui a mis l'histoire en favori, à toi qui a cliqué pour suivre mon histoire et à toi qui l'a lu jusqu'à présent. J'espère que ça t'a plu et que tu passes de bons moments en compagnie de Kelly, Jasper et les autres.

Bonne lecture et n'hésites pas si tu as des remarques.

Je ne suis pas concentrée, je rate tous mes trois points, m'agace et la seule chose à laquelle mon cerveau s'autorise à penser, c'est à Jasper Hale. Pas évident dans ces cas-là de m'intéresser au jeu qui se déroule sur le terrain. Par chance, le calvaire prend fin rapidement. Toute la journée je me suis sentie comme une pile électrique. Plus je me rapproche de l'instant T, plus la pression se fait sentir.

Je file comme une fusée sous la douche. J'ai passé deux heures hier soir à réfléchir à ce que j'allais porter pour l'occasion. J'ai hésité entre une jupe ultra courte (ça faisait un peu fille de joie), une robe en soie (ça faisait nuisette) et un mini short en cuir (un rescapé d'un costume d'Halloween, de bavarois sado-maso) et je me suis rappelée qu'on se gelait les miches à Forks. J'ai donc choisit une tenue assez chaude et classique qui me fasse passer pour ce que je suis et non pas pour une trainée psychopathe. Résultat, attention roulement de tambour : une paire de jeans brut et une tunique noire effet satin à manches longues et évasées. Une ceinture marron large sur les hanches pour tenir la tunique, le vernis marron et une barrette assortie dans les cheveux. J'ai tout fait pour que ça fasse naturel mais que je me sente à l'aise dans mes vêtements. J'ai lissé mes cheveux comme jamais. Ils sont raides. Pour l'entraînement, j'ai mis un bandeau élastique seulement, contrairement à d'habitude où je les attache, Je ne voulais surtout pas qu'ils aient la trace de l'élastique au milieu qui fait onduler à un seul endroit la tignasse. Première sortie de la douche, je m'asperge de déodorant à la guimauve et je m'habille vite fait. En revanche, je me remaquille avec soin : fard à paupières marron métallisé, un coup de crayon, du mascara noir et un rouge à lèvres assortis. Selon le tube la couleur s'appelle « crucifix », tout un dans la glace. Parfait, comme d'habitude, mais un poil plus lumineuse. J'espère qu'il remarquera l'attention mais qu'il n'est pas trop flagrant que je me suis fait belle pour lui et que je suis raide dingue de ce type. Ça me gênerait vraiment qu'il le sache. Je range mes affaires rapidement en saluant les filles et je file comme le vent vers le parking... Et Jasper.

Il est là, tout seul, adossé à une grosse berline noire. Est-ce qu'il m'attend depuis longtemps ? Il ouvre la porte pour que je m'installe côté passager, la claque et fait le tour pour s'asseoir face au volant.

- Bonjour Kelly.

- Salut. C'est ta voiture ?

- Non, c'est celle de mon père. Il me l'a prêté contre bon soin.

- C'est gentil de sa part, tu le remercieras.

- C'est déjà fait. Je me suis dit que tu préférerais faire le trajet juste avec moi, plutôt qu'avec Rosalie et Emmett.

Oh, quelle charmante attention. Je dis quoi ? Allez, je change de sujet.

- Tu sais où j'habite ?

Je vois son profil sourire. On sort du parking.

- Tout se sait à Forks. Dès que la maison où tu vis a été acheté, toute la ville a su qu'une famille allait emménager, venant de Houston.

- C'est vrai que c'est impressionnant ici. A Houston, on est vraiment anonyme. Dans cette ville c'est tout l'inverse. Tout est petit.

- Surtout que, tu sais ce qu'on dit : Tout est plus grand au Texas.

Ah cette phrase, combien de fois l'avais-je entendu ?

- Ahah ! Oui c'est ce qu'on dit. Y a t-il un adage qui dit que tout est plus petit à Forks ?

- Je n'en ai jamais entendu parler. Tu veux qu'on lance la mode ?

- Ça pourrait fonctionner, d'autant plus que ta famille compte déjà pour la moitié des habitants de la ville.

Il rit. Son rire est grave et communicatif.

- C'est vrai que Carlisle aime récupérer tous les chats errants.

- Rosalie est ta jumelle ?

- C'est ça. Nous vivons avec Esmée, notre tante depuis que nous avons huit ans.

- Et les autres ?

- Emmett, Alice et Edward sont les neveux de Carlisle. Il les a recueillis aussi. Diego vient de Colombie. Ils sont nos parents. Nous avons été adoptés par eux. Tous. Esmée ne peut avoir d'enfants et elle a toujours rêvé d'une famille nombreuse.

Comment est-ce possible que les deux membres d'un même couple puisse se retrouver en charge de leurs neveux et nièces de chacun de leur côté ? Je ne vais pas lui demander comment ça se fait. On est plutôt en bon terme je trouve. Et puis j'arrive à parler facilement, étonnamment, je suis totalement apaisée, autant ne rien dire. Tiens, justement on arrive devant chez moi. Il se gare, je saute de voiture. J'ouvre la porte à la volée.

- Maman ! C'est moi, je suis avec Jasper Hale, on va bosser dans ma chambre.

Ma mère n'a pas encore trouvé de travail, elle est toujours à la maison. Surtout quand je reçois un super beau gosse chez moi. Il a été convenu hier soir, avec mon père, qu'elle resterait là pour nous surveiller. Génial. Elle sort justement la tête de la cuisine et vient m'embrasser sur la joue. Elle sert la main de Jasper qui ponctue sa poignée de main d'un « Enchanté de vous rencontrer Madame Cooper ». Au moment où j'esquisse un pas vers l'escalier, ma très chère mère, soucieuse de ma réputation me jette un regard contrarié.

- Je préfère que vous travailliez dans le salon. Où je pourrais garder un œil sur vous.

Ok, je suis foutue. Maman, tu m'as gâché le plus beau moment de toute ma vie. Je jette un regard mortifié vers Jasper qui lui adresse un sourire éclatant.

- Je comprends tout à fait votre position Madame Cooper. Rassurez-vous cependant, je vous assure que mes intentions envers votre fille sont purement professionnelles.

Un seau de glaçon renversé sur moi ne m'aurait pas plus refroidie. Voilà ma mère rassurée. Me voilà moi brisée. Il me suit vers le salon, on s'installe à la table et il commence à me parler de la Guerre de Sécession, puisque c'est le chapitre que l'on est en train d'étudier avec le vieux Grant. Il est impressionnant, il me parle comme s'il l'avait vraiment vécu. Il parle, je prends des notes. Je lui pose des questions auxquelles il répond patiemment, sans se moquer.

- Comment des hommes ont-ils pu s'engager d'eux-mêmes pour combattre contre l'esclavagisme ? Qui peut être assez con pour ça ?

Je vois un léger sourire se former sur les lèvres de Jasper, les yeux dans le vague, il me répond.

- Il faut que tu te mettes à leur place Kelly. Ce sont de jeunes hommes, qui aiment leur pays. Le Texas par exemple et ils veulent le défendre. Ils ont toujours connu les noirs esclaves, c'est quelque chose de tout à fait normale pour eux. Ils aiment leur mère, leur sœur, leur maison et refusent que tout change et que ce qu'ils aiment soit détruits. De plus, on leur promet un peu d'argent et que la guerre sera facile. Ils s'engagent dans le but de protéger. D'ailleurs, on y reviendra plus tard, mais les troupes se sont rebellées après le Général Lee lorsqu'il a voulu envahir d'autres états.

Je comprends enfin. Personne ne me l'a expliqué de cette manière. Je pense à mon frère Scott et à ma sœur Wendy, à mes parents. Au Texas. A ce que j'aime. Je rougis en regardant Jasper face à moi. Si quelqu'un menaçait de leur faire du mal, je pourrais partir combattre n'importe qui. Pour eux.

Jasper continue à parler de cet épisode majeur de l'histoire des Etat-Unis. Il me dessine rapidement une frise chronologique avec les dates importantes.

- C'est ce que tu dois retenir. Juste ça. Tu ne vas pas me dire que c'est difficile. Un enfant de six ans en serait capable.

Je jette un œil sur la feuille. Si Jasper veut que je le fasse, je le ferais. Pour lui. Ma mère arrive avec un plateau, suivie de Wendy.

- Je vous ai préparé des cookies. Et je vous ai pris du lait.

Wendy s'assoit à côté de Jasper et elle le regarde fixement pendant que ma mère nous sert. Je redoute le pire, Wendy ne sait pas se taire, ni se contrôler. Elle a huit ans et n'a pas sa langue dans sa poche. S'il se rend compte être au centre de l'attention de la petite fille, Jasper ne le montre pas. Il informe juste ma mère qu'il ne veut pas de lait, ni de cookies. Il n'a pas faim mais il la remercie tout de même. Ma mère pose sa main sur son cœur, émue par la politesse de notre hôte.

Elle s'éloigne. Je goûte un cookie. Mmmhhhh ! Chocolat blanc, noix de macadamia. Parfaits. Jasper me regarde manger, un regard bienveillant. J'en prends un deuxième.

- Pourquoi tu es pas comme nous?

Voila, ça commence.

- Wendy, tais-toi.

- Regarde Kelly, il est tout pâle.

- Ça suffit ! Jasper n'est quelqu'un de bronzé c'est tout. Est-ce que tu as vu quelqu'un de bronzé ici à part nous ?

- T'es malade?

Elle ne m'a pas écouté cette petite peste. J'hésite à me lever pour lui mettre une claque énorme mais Jasper lui répond gentiment.

- Je ne suis pas malade. Je ne vois pas beaucoup le soleil. C'est tout.

Wendy fronce les sourcils. Elle ne doit pas se contenter de cette explication. Elle pose sa petite main sur celle de Jasper. Elle sursaute.

- Tu es tout froid aussi. C'est bizarre. Regarde Kelly, touche-le !

Jasper se lève précipitamment, renversant au passage la main de ma petite sœur.

- Je dois y aller Kelly. Je te souhaite une bonne soirée et bonne chance pour le match de demain. Emmett viendra sûrement vous supporter.

Et il est parti. Je l'ai entendu dire au revoir à ma mère en sortant.

Je vais tuer Wendy ! Elle sent que ça va mal tourner pour elle puisqu'elle court se réfugier dans les jupons de ma mère qui prépare le repas pour ce soir.

- Maman ! Kelly va être méchante !

- Elle a fait fuir Jasper en lui posant des questions qui l'ont mis mal à l'aise.

- Ce n'est pas de ma faute si il est bizarre.

- C'est toi qui es une petite peste mal élevée

Ma mère me gronde et prend le parti de Wendy, le sale gremlins. Je monte dans ma chambre en colère. Il ne me reste plus qu'à apprendre mes dates d'histoire par cœur. J'en profite pour faire tous mes devoirs. Je pourrais aller manger un morceau avec les filles après le match et traîner un peu avec elle comme ça.