Bonjour tout le monde ! Prêts pour la suite ?
Un grand merci à Litany Riddle et marionpc84 d'être fidèles… J'espère ne pas vous décevoir.

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Chapitre 2

Soudain, l'ampoule de la veilleuse rendit l'âme et la chambre fut plongée dans une obscurité oppressante. Il voulut réveiller Kate. Il ne la trouva plus à ses côtés.

Il se redressa d'un bond et actionna l'interrupteur de sa table de nuit. Aucun résultat. Il se leva et se dirigea vers l'interrupteur principal de leur chambre. Plus rien ne fonctionnait.

- Kate ? Appela-t-il. Elle ne répondit pas.

Le disjoncteur avait dû sauter.

Il se dirigea à tâtons dans toute la maison.

Kate restait introuvable. Pourquoi diable ne répondait-elle pas ? Où pouvait-elle bien être ?

Il se dirigea vers la cuisine pour y chercher quelques bougies. Il entendit des grattements réguliers, comme si un petit animal courait sur le parquet. Il n'y voyait strictement rien et commença à se sentir étrangement angoissé. Kate ne répondait toujours pas à ses appels.

Il trouva les bougies et des allumettes. Bientôt, la faible clarté lui permit de distinguer à quelques mètres autour de lui. Il crut voir une silhouette. Était-ce Kate, là, près de la fenêtre? Il s'avança lentement, la main tendue, appela son nom. La silhouette ne réagit pas. Il sentit sa gorge se serrer et il lui fut soudain pénible de respirer. De plus près, la silhouette ne ressemblait pas du tout à Kate. Qui donc avait pu pénétrer dans la maison au beau milieu de la nuit ? Il faisait chaud, ils avaient laissé les fenêtres ouvertes. L'intrusion était aisée.

Quand il ne fut plus qu'à quelques pas, il s'aperçut qu'il s'agissait de Martha.

Elle se tenait raide, le visage impassible, les mains le long du corps, parfaitement immobile, comme prostrée. Castle s'approcha davantage, jusqu'à pouvoir tendre le bras et la toucher. Sa mère ouvrit la porte fenêtre en grand et s'élança précipitamment.

Rick entendit un cri, long et strident, puis le bruit morbide d'un corps qui s'écrase au sol. Impossible, pensa-t-il, nous sommes au rez-de-chaussée. Il courut vers la fenêtre. Se pencha. Recula vivement, écœuré par la vision qui s'offrait à lui.

A une distance qui semblait si lointaine mais dont, de manière paradoxale, il pouvait distinguer tous les détails, il vit le corps de sa mère plusieurs dizaines de mètres en contrebas, gisant sur un sol gris, pantin désarticulé. Il éprouva une violente envie de vomir. Il tenta de calmer les spasmes qui secouaient son corps et voulut appeler à l'aide. Aucun son ne put sortir de sa gorge. Comme si une force invisible tentait de l'étrangler de l'intérieur et qu'il épuisait ses dernières réserves d'oxygène.

Kate ? Où était Kate ?

- Castle ?

Kate ! Elle lui répondait enfin. Toutefois, il ne pouvait la voir.

- Castle, arrête !

Arrêter quoi ? De trembler, de crier, de vomir ? Kate, où es-tu, aide-moi, je t'en supplie !

Il sentit comme une gifle sur sa joue. Il regarda devant lui et réalisa… qu'il venait d'ouvrir les yeux.

Kate venait de le faire émerger de son cauchemar.

- Castle, ça va ?

Il la regarda, hébété.

- Oui, ça va aller, dit-il en reprenant sa respiration.

- Tu m'as fait peur. Tu étais si agité. Je ne t'avais jamais entendu gémir comme ça !

- Je… j'ai fait un cauchemar.

- Sans blague, dit-elle dans un souffle tout en posant un baiser sur ses lèvres et en dégageant avec tendresse une mèche de cheveux qui lui barraient le front.

- Il faisait nuit, les plombs avaient dû sauter. Je t'ai appelée mais tu ne répondais pas.

- Oh que si, je tentais désespérément de te réveiller, Castle.

- Et puis, j'ai vu ma mère.

- Ta mère ?

Castle respira profondément à plusieurs reprises avant de poursuivre.

- Elle se tenait près de la terrasse, la fenêtre était ouverte. Quand je me suis approché d'elle, elle a sauté dans le vide. Je me suis précipité, mais c'était trop tard, elle s'est écrasée … c'était comme si… comme si nous avions habité au dixième étage. Je n'y comprends rien.

- Chhhht. Tout va bien, à présent.

Kate s'était mise à genoux sur le lit et le tenait contre sa poitrine, tout en lui caressant les cheveux. Elle sentait encore son corps trembler de toute l'émotion qu'il avait ressentie.

- Kate, j'ai peur.

Elle se dégagea pour le regarder dans les yeux.

- Peur ? Mais de quoi ? Ce n'était qu'un cauchemar, Castle !

Il détourna un moment la tête avant de plonger à nouveau son regard dans le sien.

- Je fais le même cauchemar depuis quelques jours. Mais cette nuit était plus horrible que les autres. Cette fois, un de mes proches est mort.

- Castle, écoute-moi bien: ce n'était qu'un mauvais rêve, ok ? Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé avant?

- Je ne pensais pas que ça allait prendre de telles proportions. Tu sais comme j'aime monter en épingle des événements anodins. Je pensais que ce n'était qu'une phase, que cette sensation allait passer.

- Quelle sensation ?

- C'est plus comme un pressentiment. Depuis la semaine dernière, j'ai l'impression que quelque chose va arriver, quelque chose de dramatique.

Kate posa un doux baiser sur les lèvres de son amant.

- Castle, arrête ça tout de suite ! Je te jure, à force d'écrire des horreurs, tu finis par croire que tout ça va arriver.

- Mais ça arrive, dans la vraie vie, rétorqua-t-il sur un ton véhément.

- Oui, je sais, concéda-t-elle. Je te signale que je suis aux premières loges tous les jours. Mais là, tu exagères. Ce n'était qu'un cauchemar. Allez viens, rendors-toi, murmura-t-elle, en se rallongeant à ses côtés, serrant son corps contre le sien. Elle posa la main droite sur sa poitrine musclée et glissa l'autre entre leurs deux corps, prête à repartir à l'aventure, dès que Castle aurait retrouvé son calme.

Mais il se saisit de la main gauche de Kate et la tint contre lui.

- Je t'en prie, dit-il simplement, pas maintenant.

Elle comprit qu'il n'était plus d'humeur à « ça » dans l'immédiat. Elle se blottit contre lui, autant qu'elle le put, posa un baiser sur son épaule et ferma les yeux.

Il fallut à Castle une bonne heure avant qu'il ne parvienne à fermer les yeux à son tour et à sombrer dans un sommeil que, cette fois, il redoutait.

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Il s'éveilla le premier et fut soulagé de voir le corps de Kate lové contre le sien. Sa respiration était calme. Elle avait posé sa main sur son ventre et il sentait la douce chaleur qu'elle lui procurait.

Il avait terriblement envie d'un café mais n'osa pas bouger d'un pouce, de peur de la réveiller. Il pouvait tout à loisir la contempler : son visage affichait une sérénité telle qu'il ne l'avait jamais vue auparavant. Esposito et Ryan le lui avait confirmé lors d'une soirée où ils étaient restés entre hommes au poste : la jeune furie indomptable qui ne vivait que pour sa carrière, emprisonnée derrière un mur de souvenirs tellement douloureux que personne n'était parvenu à y faire une brèche, si minime soit-elle, avait bel et bien changé.

Et puis « le Chevalier Castle », comme l'avait gentiment surnommé Espo, avait débarqué, dans son habit de charme, le sourire ravageur aux lèvres et le café crème à la main. Oui, elle avait changé ! Elle se confiait davantage. Elle était là pour lui. Il était là pour elle. C'était ce dont il avait rêvé. Et ils y étaient enfin parvenus. Ils étaient ensemble. Ils faisaient des projets.

Il estimait avoir beaucoup de chance. Elle était la femme qu'il n'espérait plus avoir dans ses bras, dans son lit, mais surtout, dans sa vie.

Il poussa un profond soupir de bien-être et frissonna.

Kate dut le ressentir, car elle ouvrit les yeux et le regarda avec tendresse.

- Castle, murmura-t-elle. Tu vas bien ?

- Oui, ma Tendre. Je vais mieux.

Il n'osa pas lui avouer que les images de la nuit dernière hantaient encore son esprit. Mais, comme elle l'avait si bien dit à plusieurs reprises, ce n'était qu'un cauchemar.

Il l'embrassa tendrement et se leva.

- Je vais faire du café, dit-il.

- Bonne idée, ronronna Kate tout en s'étirant comme une chatte sous le soleil d'été.

Castle se dirigea vers la cuisine, vit le tiroir dans lequel il avait prélevé les bougies encore ouvert. Il soupira, le referma, tenta une fois de plus de chasser les images qui envahissaient son esprit et se concentra sur les préparatifs du petit-déjeuner.

Il servit la collation du matin sur un plateau qu'il présenta à Kate, sur leur lit.

- Merci, c'est tout mignon, dit-elle avec un sourire gourmand.

Lorsqu'ils eurent terminé de manger, il s'isola un moment dans la salle de bain, tandis que Kate alla s'allonger sur un transat pour profiter des premiers rayons du soleil de la journée, avant qu'il ne fasse trop chaud. Elle avait son portable à la main et appela ses coéquipiers. Rien de spécial au menu. Elle pouvait encore se permettre de rester un jour ou deux aux Hamptons, si bien sûr Gates donnait son accord, ce qui ne faisait aucun doute : toute l'équipe avait été mise à rude épreuve ces derniers temps et chacun, à tour de rôle, avait été autorisé à prendre quelques jours de détente pour recharger les batteries.

Lorsqu'elle raccrocha, elle tourna la tête vers l'intérieur et vit Castle, habillé, son portable à la main. Elle ne pouvait distinguer ce qu'il disait, mais son visage semblait détendu. Elle en fut heureuse.

Après avoir raccroché, il la rejoignit.

- Tout va bien, Rick ?

- Oui. Je viens d'avoir ma mère au téléphone. Alexis et elle sont encore à DC. Elles sont visité le Smithsonian durant des heures. Ça l'a épuisée.

- Et Alexis ?

- Elle s'éclate !

- Je la comprends… Et je compatis. C'est gigantesque ! Il faudrait des semaines pour tout voir.

- Ça te dirait d'y aller un jour ?

- Pourquoi pas ?

- Elles devraient rentrer demain soir. J'ai hâte qu'elles nous racontent tout ça par le menu.

Kate était soulagée : l'angoisse de la nuit semblait avoir disparu.

- J'ai eu les gars au 12ème. Apparemment, nous ne leur manquons pas tant que ça. Et si on prolongeait un petit peu ? Si je négocie bien, ça pourrait se faire, minauda Kate.

Toutefois, Castle ne sembla pas réagir à l'allusion. Il fronça les sourcils. Effectivement, il n'avait pas entendu la dernière partie de la phrase. Il était ailleurs.

- Je préfèrerais rentrer à New York, annonça-t-il.

- Quand ça?

- Ce soir.

Kate écarquilla les yeux.

- Déjà ? Mais pourquoi ? Pour une fois que je parviens à décompresser.

- Je… j'aimerais rentrer, c'est tout. Tu m'en veux ?

Kate regarda Castle et vit dans ses yeux une expression teintée à la fois de remord et aussi de quelque chose qu'elle n'eut aucune peine à deviner. L'inquiétude. La nuit l'avait marqué davantage qu'il ne voulait l'admettre. Elle se leva, prit son visage à deux mains et lui sourit.

- D'accord. Je fais les valises.

- Merci, murmura-t-il d'une voix étouffée.

Kate fut persuadée qu'une fois qu'ils seraient rentrés à New York, il n'aurait de cesse de vouloir revenir aux Hamptons, lorsqu'il aurait vérifié que tout allait bien.

Castle était persuadé que les ombres de la nuit s'étaient agrippées à son âme. Il était en proie à une angoisse telle qu'il n'en avait jamais vécue, et Dieu sait si les événements avaient parfois failli tourner au drame. Il respira très lentement et profondément et alla rejoindre Kate pour boucler les bagages au plus vite.

(À suivre…)