Voila le chapitre 2, j'espère qu'il vous plaira. Je pense publier un chapitre par semaine.

Je tiens à remercier mon bibou qui a gentiment corrigé mes fautes d'orthographe, que ferais-je sans toi?

N'hésitez pas à laisser des Reviews c'est toujours motivant (et ça peut aider Harry à battre tête de serpent!).

Enjoy it! =)


Chapitre deux: Un chat parmi les souris.

Harry dormait, ou tout du moins il s'y efforçait. Il savait qu'il devait se reposer mais ne parvenait pas à trouver mieux qu'un demi sommeil agité... Où était Morphée quand on avait besoin de lui? Il avait vaguement entendu Hermione se lever mais n'avait pas bougé. Si elle avait eu besoin de lui elle l'aurait réveillé. Il fut donc surpris de la voir à la porte de sa «chambre» - bout de tente serait plus approprié peut être – l'air totalement paniqué. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire il fut debout sa baguette à la main.

«Que se passe-t-il?» demanda-t-il anxieux.

Il ne compris pas un traître mot de la réponse, dire autant de mots en aussi peu de temps n'était définitivement pas humain, mais l'heure n'était pas à la plaisanterie. Hermione reprit son souffle et résuma à nouveau la situation. Pendant quelques instants il resta figé sans réaction. Malefoy manchot attaché contre un arbre près du lac. Son esprit encore ralenti par la fatigue mit un moment avant de comprendre ce que cela impliquait.

«Pardon? Que fait Malefoy ici?

– Il s'est enfui de chez lui. Elle grimaça devant son regard où se mêlait étonnement et suspicion.

– Et il t'a raconté cela?

– Plus ou moins.»

Il n'insista pas. Il aimait beaucoup Hermione mais il préférait ne pas être au courant de tout ce qu'elle était capable de faire. Il l'avait vu cette dernière année se plonger dans des livres qui n'auraient pas du se placer entre les mains d'une jeune fille. Ou de qui que ce soit d'autre. Il lui avait dit une fois ce qu'il en pensait. Elle l'avait regardé avec un air désolé mais déterminé et lui avait expliqué, d'une voix douce comme si elle s'adressait à un enfant, que cela ne le regardait pas, que c'était comme ça qu'elle pouvait être prête à se battre et qu'il n'avait pas à intervenir. Il ne voulait pas se disputer avec elle aussi n'avait-il plus rien dit, mais quelque part cela avait jeté un froid. Ils s'entendaient toujours à merveille, se comprenaient sans avoir besoin de parler, mais il savait qu'il y avait en elle une part sombre où seule régnait une rationalité cynique et impitoyable. Il avait du mal à l'admettre, mais cela l'effrayait. Il avait peur de cette Hermione qu'il ne connaissait pas, qui n'était pas son Hermione si pure et innocente. Il savait que c'était la faute de la guerre. De toute cette noirceur dans laquelle ils trempaient en permanence. Il savait que c'était sa faute. Et la culpabilité le rongeait. Une culpabilité teintée du désir d'en finir, d'accomplir cette foutue prophétie et de faire manger à ce putain de serpent les pissenlits par la racine. Mais tout ça ne résolvait pas le problème immédiat.

Il s'habilla en vitesse et rejoignit la jeune fille à l'entrée de la tente. Hermione l'escorta jusqu'au blondinet qui semblait particulièrement énervé, tant énervé même que Harry hésita un instant à s'approcher. D'autant plus que devant l'état du garçon et le bas de sa manche gauche qui pendait misérablement il ne savait pas s'il devait ressentir de la pitié ou la haine habituelle teintée de mépris que lui inspirait d'ordinaire en sa présence. Finalement il décida que la pitié l'énerverait plus. Le prisonnier le regarda d'un drôle d'air avant de murmurer quelque chose comme «je suis perdu» et la voix chargée de rage et de reproches de laisser libre cours à sa déception.

«Alors comme ça le Grand Saint Potter se cache dans la forêt au lieu de chercher à tuer le Lord? Je n'aurais jamais pensé que le côté de la lumière serait si pitoyable.»

Harry serra les dents se retenant de lancer un sort à la fouine qui se tenait devant lui, la main que Hermione posa prudemment sur son bras y étant pour beaucoup. Remarquant le geste Malefoy ne pu retenir une remarque comme quoi ils étaient là pour batifoler librement et ce fut au tour de Harry de calmer Hermione d'un regard. Il soupira.

«Malefoy... Que fais-tu ici?

– Question pertinente Potter. Ta petite amie sang-de-bourbe me l'a déjà posée et s'est débrouillée pour avoir une réponse de toute manière. Dit il en lançant un regard noir à la concernée.

– Tu es un Mangemort.

– Là encore tu as un train de retard Potty. Maintenant si vous voulez bien me détacher. Pas que je sois inconfortablement installé mais tu avoueras Granger que tu aurais pu trouver un meilleur arbre.

– Je ne crois pas que tu sois en mesure d'avoir des exigences.

– De tout façon que voulez vous que je fasse? Tu as ma baguette et j'ai un bras en moins. Sans compter votre surnombre évident...»

Harry et Hermione se concertèrent du regard. Ils n'allaient pas le laisser ici et elle savait que le noyer n'était plus une option, même si elle restait tentante. Ils ne pouvaient pas le laisser s'en aller non plus, pas alors qu'il avait vu Harry, cela aurait pu tout compromettre. Mais le surveiller en permanence demanderait trop d'énergie. La jeune femme se souvint alors d'un sort qu'elle avait lu dans un livre. Elle ne s'en souvenait pas mais était presque sûre qu'il était dans un des nombreux ouvrages qu'elle avait amené avec elle. Elle hocha la tête pour signaler à Harry que c'était bon et celui-ci se tourna vers le prisonnier.

«Écoute moi bien Malefoy, parce que je ne le répéterai pas. Nous allons te libérer à deux conditions. Premièrement je garde ta baguette et tu ne t'enfuis pas. Ensuite on a du t'inculquer quelques notions de politesse et je veux que tu les appliques. C'est à dire pas d'insultes, pas de bagarres, pas de réflexions désagréables. Comporte toi en homme civilisé pour une fois. On ne peut pas rester à trois en se disputant tout le temps – et on ne peut pas dire qu'on n'ait pas essayé -. Je ne t'aime pas. Hermione non plus et je pense pas que tu ne nous aimes mais va falloir faire avec étant donné le pétrin dans lequel tu t'es mis. Maintenant épargne nous tes commentaires désobligeants et hoche la tête si tu es d'accord.»

C'est ainsi que les trois sorciers se retrouvèrent autour d'une table. Le silence était pesant, presque palpable si bien que personne n'osait bouger, à croire que l'air était soudain devenu irrespirable. Dans les tasses, le thé avait refroidi depuis longtemps. Drago était toujours dans le même état déplorable. À la lumière des bougies ses traits ressortaient tirés et fatigués. La crasse qui le recouvrait était d'autant plus visible que sa peau était blanche. Ses habits, qui avaient du être à la fois seyants et coûteux n'étaient guerre plus que des haillons dont la couleur d'origine était mêlée à celle de la terre. Ses cheveux étaient emmêlés, plein de brindilles et il avait une barbe naissante. Si il n'avait eu ce port aristocratique et cette arrogance aux fonds des yeux il aurait était pris pour quelque miséreux. Mais le prince, même déguisé en clochard reste prince. Soudain un borborygme bruyant retentit. Deux paires d'yeux se fixèrent sur le blond qui eut un sourire ironique. Cela faisait plusieurs jours qu'il manquait de vivres. Harry se leva et se dirigea vers la cuisine sommaire intégrée à la tente.

Ce fut comme si le temps avait recommencé à s'écouler normalement. Hermione se leva et pris un livre et commença à chercher ce sort dont elle avait un vague souvenir. Harry prépara des pâtes, le serpentard n'était pas un ami mais il restait humain. Et puis quand il ne parlait pas il pouvait presque s'intégrer dans le paysage. L'idée de le soumettre à un «silencio» permanent traversa la tête du brun qui sourit à l'eau des pâtes. Peut être devrait-il demander à Hermione... Il lui jeta un regard. Il était tellement soulagé que la jeune fille soit là avec lui, soulagé d'avoir son soutien, de savoir qu'en cas de problème elle serait à ses côtés, et aurait des conseils avisés. Oui, cette fille était une bénédiction pensa-t-il avant de saler l'eau. Le repas se déroula en silence – vu le plat servi les compliments n'étaient pas vraiment nécessaires – mais celui ci était nettement plus supportable que le dernier. Quand ils eurent fini de manger ils s'installèrent sur les fauteuils, chacun perdu dans ses pensées.

Au bout d'un moment Malefoy déclara qu'il allait se laver dans le lac et sorti de la tente dans l'indifférence la plus totale. De toute façon il ne pouvait pas aller bien loin au vu du sortilège que lui avait lancé Harry sous les directives d'Hermione bien entendu. C'était comme ça entre eux, son potentiel magique et les connaissances poussées de la sorcière se complétaient à merveille. Ils formaient ensemble une redoutable équipe, d'autant plus redoutable que leur courage – ou stupidité – et leur détermination – entêtement – s'ajoutaient à l'équation.

«Que va-t-on faire de lui?

– Je ne sais pas.

– On ne peut pas le laisser partir. C'est trop dangereux, il pourrait parler. Peut être qu'avec un sortilège... ou un serment inviolable...

– Ou sinon il pourrait nous accompagner...»

Elle le regarda à la fois choquée et outrée. Malefoy les accompagner. Elle lâcha un rire méprisant. C'était une des pires idées que son meilleur ami avait eu, pire encore de d'aller sauver Sirius en cinquième année. Comment pouvait-il même oser songer à des choses comme ça? Lui! Après tout ce qu'il avait dit et fait? Certes elle n'avait pas été prête à le tuer ou à le laisser mourir – même si cela lui avait traversé l'esprit, tout de même elle avait un cœur – mais de là à vivre avec lui dans une tente, il y avait un gouffre, un abysse, l'univers tout entier.

Harry la regardait. Il aurait presque pu dire tout ce à quoi elle pensait juste en regardant ses expressions. Bon peut être aussi parce qu'il l'avait parfaitement anticipé, de même que tous les arguments qu'elle allait avancer et qu'il n'écouterait car il savait que sa solution était la plus sage. Oui sage, parce que même lui pouvait l'être. Certes, vivre avec Malefoy ne lui mettait pas la joie au cœur. Mais Hermione l'avait dit elle même, il n'y avait pas d'autre solutions outre lui effacer la mémoire (trop risqué, que faisait un Malefoy sans souvenirs au milieu de la forêt avec un bras en moins?) ou le serment inviolable or il savait qu'elle ne connaissait pas le sort nécessaire et lui non plus. De plus Malefoy semblait s'être coupé le bras de lui même, et Harry n'ignorait pas que c'était ce même bras qui portait la marque. Il avait abandonné le camp de sa famille, ce qui expliquait sa fuite. Donc c'était un allié potentiel. Harry avait beau ne pas vouloir gâcher d'autres vies avec la guerre il était un des mieux placés pour savoir qu'un allié supplémentaire pouvait changer la donne. Après tout, le destin du monde reposait sur les épaules d'un adolescent. Alors quitte à rester dans l'absurde une seule personne pouvait tout aussi bien faire la différence. Il ne se doutait pas, à ce moment là, de l'impact qu'aurait cette vérité.

«Il n'y a aucune chance que j'accepte cela.

– Je sais.

– Il m'énerve Harry! Cela fait sept ans qu'il me pourrit la vie et je n'ai aucune envie de VIVRE avec lui! J'ai envie de l'étriper quand il parle! Sa voix m'horripile! Sa présence m'énerve! Et c'est pas comme si on avait besoin de ça maintenant! Et puis on va faire quoi hein? Il va bien se rendre compte qu'on n'est pas là pour faire mumuse! Tu ne compte quand même pas lui dire pour les Horcruxes? Harry...

– On est pas obligé de tout lui expliquer Hermione. Et c'est la seule solution, nous le savons tous les deux. Au moins on garde un œil sur lui. Je sais que ça ne te réjouis pas, ça ne me plait pas non plus mais si on reste polis ça devrait aller.

– Tu ne changeras pas d'avis.

– Non.

– Je suis têtue.

– Je sais.

– Je peux être très énervante.

– Tu es très mature.

– Tu m'énerves.

– Oui.

– Je te déteste.»

Elle poussa un profond soupir et hocha la tête. Il ne servait à rien de discuter. Il avait raison. Elle le savait. Elle était juste passablement énervée. Elle regarda son ami, un sourire mauvais étirant ses lèvres.

«Où va-t-il dormir?»