CHAPITRE 2
Il y eut d'abord une drôle de vibration puis trois petits claquements secs et plus rien pendant une demi-minute qui me sembla une éternité. Des frémissements de buissons se faisaient de plus en plus proches. J'avais déjà compris que les premiers bruits étaient ceux de la voiture mais le mouvement de branchages venait de derrière moi. Je n'osais pas me retourner. Lorsque j'eus enfin le courage d'esquisser un mouvement, je pivotais le plus lentement possible. Je me trouvais à quelques mètres à peine d'un cerf. Il me regardait avec une grande curiosité et je l'admirais, simplement. C'était la première fois que je voyais ce genre de bête d'aussi près hormis les animaux en cage au poil terne. Il était magnifique, majestueux.
Il tourna brusquement la tête vers la lisière de la forêt. Et s'enfuit à toutes jambes lorsque Emmett brisa ce moment si impressionnant en m'appelant de sa voix la plus furieuse. J'allais souffrir pendant toute la soirée. Comme s'il n'en avait pas assez fait. Je me remémorais l'épisode de la plage pour ne pas perdre mon objectif de vue et ne lui pardonner sous aucun prétexte. Je fermais mon livre sans même marquer la page et me dirigeais d'un pas déterminé vers la maison.
A ma grande surprise, c'était papa qui m'attendait devant la porte. Je n'y étais pas préparée et toute ma détermination retomba d'un seul coup, je me recroquevillais sur moi-même sentant la honte monter en moi. Je ne vais pas vous dire qu'il m'a appelé Isabella Marie Swan et que ça n'annonçait rien de bon parce qu'en réalité, il me hurla simplement Bella mais ce n'est pas pour ça que la suite fut moins inquiétante.
« -BELLA, RENTRE IMMEDIATEMENT. JE NE VEUX PAS ME DONNER EN PUBLIC POUR NOTRE PREMIER JOUR ICI !!! » Je vous laisse deviner le ton.
Je passais entre lui et la porte et ne manquais pas de me prendre une claque tant qu'il m'avait sous la main. Mon père ne nous frappait jamais. Pour qu'il le fasse ça devait être que, inconsciemment, ce que j'avais fait était plus grave que ce que je pensais. Emmett se trouvait à l'autre bout de la pièce. Lui aussi se tenait la joue et je me demandais si papa l'avait aussi punit pour sa remarque blessante. Ce dernier commença à me gronder et les seules choses que je distinguait tellement la colère l'empêchait d'articuler étaient : « TU N'AS PAS HONTE…FAIT FRAPPER A CAUSE DE TOI…RENTER SEUL…ROUTE DANGEUREUSE…UN MALADE…N'AURAIT PAS PUT SE DEFENDRE… HONTE »
Il s'arrêta et resta face à moi en me regardant comme s'il attendait quelque chose.
« Qu'est-ce que tu as à répondre ? Justifies toi. Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ? »
Me demanda-t-il après avoir repris son souffle voyant que je ne réagissais pas. Il y avait quelque chose qui clochait dans ce qu'il avait dit. Comment Emmett avait-il put se faire frapper par ma faute ? J'avais posé la question à voix haute sans même m'en rendre compte. Emmett avait baissé les yeux sans cesser de se tenir la pommette gauche. Papa m'avait expliqué qu'après que je sois parti, un baraqué était venu le voir et lui avait mis un croché du droit pour me venger. Il avait continué à me sermonné quelques minutes de plus, lassé d'attendre des explications, puis m'avait envoyé dans ma chambre le temps qu'il expose à ma mère qui était rentrée entre temps ce qui c'était passé. Je m'asseyais dans le coin où j'avais décidé que j'installerai mon rocking-chair et reprenais mon livre. J'étais toujours en train de chercher ma page quand Emmett ouvrit doucement la porte et demanda à me parler. Sa discrétion devait être due au fait que papa ne veuille pas qu'on soit ensemble jusqu'à ce qu'il se soit expliqué avec nous car ses yeux reflétaient la profonde colère qui l'habitait. Je lui lançais moi aussi un regard que je voulu rancunier et menaçant mais qui ne dût pas le tromper, ma colère s'était estompée au fil de la « discussion » que j'avais eut avec papa. Il s'assit dans le coin opposé de la chambre et attendit en me fixant. Il s'attendait à ce que je lui fasse des excuses. Et bien il pouvait attendre longtemps, je n'étais plus autant en colère mais j'estimais toujours qu'il avait mérité ce qui lui était arrivé. Je me forçais tout de même à briser le silence.
« -Alors, tu as trouvé plus fort que toi ? lui lançais-je avec un sourire mesquin
-C'était un petit rigolo, j'ai même pas eut le cœur de le corriger, il me faisait trop pitié.
-C'était pas ça qui te retenait avant. C'était même le contraire.
-Tu sais très bien que j'ai changé. » S'emporta-t-il.
Je souriais. Je savais que j'avais touché le point sensible. Il avait honte de l'époque où il s'attaquait à plus faible que lui et détestait qu'on la lui rappelle.
Il se rendit compte de ma manœuvre et se calma.
« -Je peux pas croire qu'on t'ait frappé pour prendre ma défense. C'est quoi la vrai raison ?
-C'est la vérité. Me dit-il mais ses yeux étaient allé au sol dès que j'avais posé ma question et l'avaient trahis.
-Menteur. J'allais insister jusqu'à ce qu'il crache le morceau
-Non.
-Si. T'es un menteur. Et un mauvais en plus. Pas de chance c'est de famille. Fallait y penser avant de te moquer de quand je mentais.
-Je rougis pas, moi, quand je mens.
-Peut-être mais t'es incapable de me regarder en face. Ose me dire en face, les yeux dans les yeux que le gars t'as frappé pour me défendre.
-Il m'a vraiment frappé pour ça. Me dit-il en faisant l'effort de me défier du regard
-C'est trop vague. Répète en me regardant dans les yeux : Ce type m'a frappé pour te venger. Ca devrait pas être si compliqué si c'est la vérité.
-C'est bon, il m'a pas vraiment cogné à cause de toi.
-Pas vraiment… c'est-à-dire ?
-c'étaitlebeaufrèredelablonde.
-Comment ? J'ai pas entendu. Lui demandais-je aux anges et ayant très bien entendu sa réponse.
-C'était-le-beau-frère-de-la-blonde…enfin en quelque sorte, ils ne sont pas mariés. Me répéta-t-il en détachant bien tous les mots pour ne pas avoir à recommencer.
-Son beau frère ? Donc le frère du copain de la blonde? demandais-je, hilare.
-Non, le frère de la copine du frère de la blonde. Et la blonde elle s'appelle Rosalie. Rétorqua-t-il avec un sourire.
-Tu te fous de moi là ? j'avais perdu tout mon humour, il osait se moquer de moi encore, après tout ce qu'il m'avait sorti tout à l'heure.
-Non, son frère s'appelle Jasper et il sort avec la sœur du type qui m'a frappé. C'est ce qu'elle me racontait quand il a débarqué.
-Et pourquoi il t'a frappé, il a des vues sur elle ?
-J'en sait rien moi, je lui ais pas demandé.
-Il était baraqué non ?
-Puisque je t'ais dit que non. Il était…normal. Un tout petit peu plus musclé que la moyenne. Mais pas autant que moi. Dit-il en pliant le bras avec fierté pour faire étalage de sa musculature.
-Pourquoi t'as pas riposté alors ? C'était lui qui avait commencé, t'avais le droit.
-J'ai pas envie de te faire un dessin alors je ne vais dire qu'un mot. Blonde.
-Oh… Tu voulais l'impressionner. Le beau brun plein de muscle qui ne réagit pas face à un petit maigrichon dégingandé par grande bonté. Ca te ressemble tellement. Lui répondis-je avec sarcasme.
-Oh c'est bon. On ne peut pas discuter avec toi.
-Parce que avec toi c'est plus facile peut-être ? »
Je fus interrompu par la voix de ma mère, un mélange de colère et de joie très étrange, qui nous demandait de descendre. Nous ne nous fîmes pas priés.
En bas, Suzy, papa et maman nous attendaient, ils avaient mis leur manteau. Ils nous apprîmes que le docteur qui s'occupait du service de maman nous avait invités à diner chez lui puisque nous n'avions pas de quoi faire un vrai repas. En voiture, maman nous fit sa description, insistant sur son côté généreux (il nous avait même invité à dormir chez eux mais maman avait trouvé que ce serait trop abuser de leur générosité que d'accepter) et sur le fait qu'elle allait vraiment se plaire à travailler avec lui. Papa lui jetait des regards quelque peu jaloux.
Nous faillîmes nous tromper de chemin, mais nous arrivâmes enfin chez le docteur.
Nous nous garâmes devant la grande villa moitié moderne, moitié ancienne, le tout équilibré magnifiquement. Elle s'élevait sur trois étages. Sa couleur blanche la détachait d'autant plus de toute la verdure environnante rendant son volume plus imposant qu'il ne l'était en réalité. Maman nous avait dit qu'il y vivait avec sa femme et ses deux neveux et je me demandais s'ils arrivaient à ne pas se sentir seuls dans cette maison trop grande pour quatre. Je ne crois pas qu'autant d'espace soit nécessaire pour se sentir à l'aise.
Un homme semblant sortir d'un film des années 50 sortit sur le perron pour nous acceuillir. Il avait la trentaine, les cheveux blonds tirés en arrière et plaqués avec de la gélatine (le détail années 50) et il portait un cardigan beige assorti à son pantalon d'un joli chamois clair. Sa femme le suivait, elle était aussi belle que lui. Des boucles brunes encadraient son visage pâle et reposaient sur son chemisier bleu marine. Elle avait accordé son pull et sa jupe beiges aux vêtements de son mari.
Ma mère et le médecin se serrèrent la main et elle nous présenta. Ils nous invitèrent à les suivre. L'intérieur était fait du même équilibre parfait entre l'ancien et le moderne que la façade. Les meubles design ne paraissaient pas décalés entre ces murs de brique et sous ces poutres apparentes. Un grand escalier blanc se détachait du mur en créant un espace pour des placards. Des photos trônaient sur la grande cheminée. Elles représentaient le couple avec deux enfants d'une dizaine d'année. Un garçon et une fille. Elle devait être la plus jeune vu leur différence de taille. Elle avait de longs cheveux très noirs alors que lui les avait châtains et très courts, à peine plus longs qu'un militaire. Ils avaient l'air heureux. Au bout de la cheminée, une autre photo se détachait. Il s'agissait d'un couple. La jeune femme ressemblait à la femme du médecin mais elle avait les yeux verts et portait les cheveux courts. L'homme avait des cheveux très noirs, plus noirs que la petite fille de tout à l'heure. Ils avaient l'air très heureux et je remarquais qu'ils tenaient dans leur bras deux bébés. Ils étaient en barboteuse blanche. Ce devait être une photo de leur baptême.
Je fus interrompu dans mon exploration par une porte claquée à l'étage. Je me retournais pour voir descendre la jeune fille aux cheveux noirs. Elle les avait coupé depuis la photo et ils encadraient sont visage en un carré court dont les pointes fuyaient dans tous les sens. Elle affichait un sourire radieux. Elle nous dit qu'elle s'appelait Alice et qu'elle irait dans le même lycée que nous, qu'elle espérait que Suzy et moi aimions le shopping, qu'on allait bien s'amuser ensemble et faire les boutiques, qu'elle nous invitait le lendemain à rencontrer ses amis… Elle était déjà très bavarde. Elle fut interrompue par nos parents qui sortirent pour aller s'installer dans le jardin et en profita pour appeler son frère, Edward. Elle nous dit que c'était son jumeau mais qu'ils ne se ressemblaient pas du tout autant physiquement que de caractère à son grand malheur. Elle s'excusa pour sa timidité en allant le chercher à l'étage.
Nous les entendîmes se disputer et la vîmes redescendre seule en nous assurant qu'il arrivait, qu'il n'était pas encore prêt. Elle nous invita à nous asseoir et nous attendîmes en silence, jusqu'à entendre une porte se refermer. Nous nous tournèrent vers les escaliers. Je me trouvais sur le canapé avec Suzy et Emmett était assis dans un grand fauteuil dos à l'escalier et ne voulu pas faire l'effort de se retourner. Le jeune qui apparu avait beaucoup changé en quelques années. Il avait laissé pousser ses cheveux ce qui faisait ressortir les reflets cuivrés, ses muscles s'étaient développés et sa mâchoire avait pris une forme plus carrée tout en ayant une courbe assez douce. Je ne pouvais détacher mon regard de lui. Lorsqu'il leva enfin les yeux, je fus frappée par leur vert magnifique. Ils étaient identiques à ceux de sa mère même s'ils contenaient plus de souffrance. Il détailla chaque personne présente sauf Emmett qui n'avait toujours pas daigné se retourner. Edward nous adressa un simple signe de tête en signe de salutation et se dirigeât vers Alice, il s'assit sur son accoudoir dans une posture nonchalante et lorsque Emmett releva enfin la tête vers lui, il se figeât et ses yeux s'assombrirent sous l'effet de la colère. Edward fit un allé retour entre Emmett et moi et se refixa sur Emmett, le défiant du regard. Personne ne comprenait ce qui se passait. Emmett se leva brusquement et sorti sur le porche. Je le suivais jetant un dernier coup d'œil à Edward qui fixait toujours la porte.
« -Emmett, est-ce que tu peux m'expliquer ce qui te prend.
-Rien, je vais rentrer à pieds, je veux pas rester.
-Si tu rentre tout seul et à pied, les parents vont encore croire que c'est de ma faute et vont me faire un scandale et tu sais qu'ils n'hésiteront pas à me mettre le honte devant tout le monde.
-Je peux pas rester.
-Pourquoi ? commençais-je à m'énerver, il recommençait avec ses cachoteries.
-C'est lui qui m'a frappé, et je crois que si je reste, je ne pourrais pas me retenir de lui en mettre une. Avec son petit air arrogant, sa belle-gueule. Je me ferais un plaisir de lui exploser son petit minois. La fureur commençait à monter en lui en je m'attendais à tout moment à le voir re-rentrer et faire un carnage.
-Je vais chercher les clés de la voiture et je te ramène. Je reviendrais après. Je le laissais seul devant la voiture et me dépêchais d'aller chercher le trousseau dans le sac de ma mère. »
Apparemment, Edward ne leur avait rien expliqué, les filles me regardèrent avec des yeux interrogateurs. Je ne dis pas un mot et jetais un regard rancunier à Edward. Je repartais en vitesse vers la porte suivie par Suzy qui croyait qu'on rentrait.
« -Reste là, je ramène Emmett et je reviens.
-Pourquoi il rentre ?
- On t'expliquera plus tard, maintenant rentre.
-plus tard, ça veut dire quand je serai plus grande encore?
-non ça veut dire soit ce soir après être rentrés soit demain matin. Maintenant rentre, on doit y aller. Je ne serai pas longue. »
Je démarrais et m'engageais sur la route. Je n'allais pas assez vite au gout d'Emmett mais ne cédais pas à ses exigences, je préférais jouer la carte de la prudence et surtout de pas retourner là-bas trop vite. Quand j'étais sans Em' j'étais encore plus timide que d'habitude. C'est aussi une des raisons qui ont fait que je n'avais pas d'amis à Phoenix. Et en plus ce serait à moi de gérer le départ soudain d'Emmett toute seule puisque Edward ne paraissait pas décidé à leur raconter ce qui s'était passé plus tôt. Je me garais de avant la maison et commençais à descendre quand Em' écourta mon délai en me disant qu'il pouvait retrouver le chemin de la maison tout seul et que devais y retourner. Sur le chemin du retour, je conduisais encore plus lentement qu'a l'aller. Lorsque je me garais, Edward m'attendait sur le porche, appuyé contre le pilier de l'avant-toit toujours aussi nonchalant.
« -Où sont les autres ? chuchotais-je, intimidée comme jamais.
-Dans le jardin, derrière.
-Et pourquoi tu n'y es pas ?
-Ben…Euh… Je t'attendais. C'était la première fois que je le voyais gêné.
-Et tu leur a dit pourquoi Em' était parti ou pas ?
-Et ben…non. J'ai pas trop osé.
- Et pourquoi t'a pas osé. Tu réussi à le frapper mais après t'arrive pas à l'avouer ? Je pensais que c'était le geste qui était plus dur qu'en parler.
-Ca doit être parce que tu n'as jamais frappé personne.
-J'ai déjà frappé quelqu'un. Me défendais-je.
-Je veux dire, quelqu'un d'autre que ton frère.
-J'ai déjà frappé quelqu'un autre que mon frère et ma sœur ainsi que qui que ce soit de ma famille. Criais-je, les larmes me venant aux yeux en repensant à ce qui s'était passé quelques mois auparavant.
-Hey pourquoi tu pleures, c'est rien, je te traite pas de menteuse t'inquiète. Il avait fait un pas vers moi alors que mes larmes me submergeaient et que l'état de choc dont j'avais enfin réussi à me sortir depuis le début du déménagement revint en force et mes jambes commencèrent à devenir faibles.
-Bella, ca va ? me demanda ma petite sœur qui était arrivée sans même que je m'en rende compte, il n'y avait qu'elle et moi dans l'allée. Je réussissais enfin à ravaler mes sanglots et me relevais. C'est à ce moment là que tout le monde surgit de la maison. Ma mère en tête. Elle vint me prendre dans ses bras et mes pleurs revinrent sans que je m'y attende et que j'ai le temps de me préparer. Tout le monde nous regardait et je me sentais gênée. Edward n'était pas ressorti. Ses parents et Alice avaient préféré rester en retrait. Mon père se tourna vers eux et s'excusa de partir si tôt sans même qu'on ait put diner mais nous devions rentrer. Et nous partîmes. Maman me garda dans la voiture le temps que papa installe mon lit dans ma chambre. Lorsque je me retrouvais seule, je me calmais enfin et sombrais dans le sommeil. Un sommeil lourd, long et plein de rêve ayant tous un point commun : Edward.
Je ne sais pas ce qui me prenait tout à coup. Chacun de mes rêves portaient sur lui mais chacun était complètement différent de l'autre. L'un me montrait sortant avec lui, l'autre me montrait le frappant, et l'autre le montrait frappant tout le monde. C'est au moment où son poing allait atteindre mon visage que je me réveillais en sursaut. Il était 4h du matin. Je me retournais et tentais de me rendormir. Lorsque mes rêves revinrent, ils n'étaient pas du tout comme avant. Enfin, pas comme ceux de la même nuit mais c'était le même cauchemar depuis quelques temps. Je me retrouvais à nouveau dans la ruelle. Comme avant, il faisait sombre même si la nuit n'était pas encore tombée. Et comme à chaque fois j'entendais les pas qui ce rapprochaient et je n'arrivais pas à avancer plus vite. Et comme à chaque fois je me réveillais en sueur en sentant sa main se poser sur mon épaule.
Je ne voulais pas me rendormir même si il était encore trop tôt pour que qui que ce soit ne soit réveillé. Je décidais de prendre une douche. L'eau était froide mais claire. Je me glissais sous le jet et me dépêchais de me laver avant de m'habiller.
Il faisait maintenant assez jour pour que je puisse lire mais pas assez pour que je reste à l'intérieur. Je retournais m'asseoir à l'écart sur mon tronc et ouvrais mon livre. Je réussis enfin à retrouver ma page et oubliais tout le reste pour me plonger dans l'histoire. Ca me faisait du bien de me glisser dans la peau du personnage. D'accaparer son passé, ses erreurs, ses peines, ses humiliations. Elle avait beau avoir une vie pas facile, elle avait un poids plus léger que le miens. Je fus ramenée à ma réalité par les appels de toute ma famille. Tout le monde était levé et tout le monde me cherchais en réveillant tout le quartier.
Je marquais ma page cette fois-ci et leur signaler ma présence en regagnant la maison.
En arrivant aux abords de la maison, j'eus la surprise de trouver Alice adossée à une Volvo grise. En pleine discussion avec Suzy, elle avait un air grave. Lorsqu'elle me vit, elle vint me serrer dans ses bras.
« -Je suis désolée pour hier. Le comportement d'Edward était inacceptable. On est tous profondément désolés, on ne savait pas que tu étais si sensible.
-Ca n'a rien à voir avec Edward. Je ne suis pas si sensible que ca. Vous croyez quoi ? m'emportais-je. Je détestais qu'on me considère faible.
-C'est rien Bella. On comprend qu'il y ait des gens plus… comment dire… à fleur de peau que d'autre.
-Mais je ne suis pas comme ca ! Je te répète que ce n'est pas à cause de ce qu'a dit Edward. C'est juste que ca m'a fait pensé à une partie de mon passé que je veux oublier. A chaque fois
que j'y repense…ça…fait mal.
-Euh…désolée. Nous n'avons qu'a ne plus en parler et Edward a promis de ne plus te provoqué. Il est dans la voiture mais ne veux pas sortir.
-Et il fait bien.
-Alors tu lui en veux quand même ?
-Non. Du moins pas pour hier soir. Mais il a quand même frappé Em' pour une raison que l'on n'explique pas et entre ça et hier soir, c'est de mon frère qu'il faut se méfier.
-Edward a frappé Emmett ? Mais pourquoi ?
-Je viens de te dire que seul lui le savais.
-Je le cuisinerai plus tard. Pour l'instant, on vous attend toi et Suzy. Elle est allée se préparer.
-Pourquoi vous nous attendez ?
-Je t'avais dit hier qu'on allait vous présenter à Rose et Jazz et qu'on allait faire un petit peu de shopping. Me répondit-elle ayant retrouvé son grand sourire et son impatience.
- Alice, je ne crois pas que ce soit le bon moment.
-Mais si !! Ca va te changer les idées. Ta mère est d'accord, elle m'a dit que c'était ce dont tu avais besoin, d'être entourée d'amis. Et à partir de maintenant, je suis ton amie et tu peux me faire confiance. De toute façon, je ne céderai pas avant que tu sois devant moi et habillée même s'il faut que je te force à monter dans ta chambre et te mette tes habits de force.
-D'accord, d'accord, j'y vais. Râlais-je faussement. J'avais enfin une amie. Je ne crois pas que ça va durer mais autant en profiter.»
Je redescendais une dizaine de minute plus tard et me retrouvais face à Edward qui s'apprêtait à frapper à la porte.
« -Salut…Bella je suis vraiment désolé pour hier. Je n'aurais pas dû te provoquer. Je suis tellement habitué à le faire avec Alice que j'oublie des fois qu'il y a des gens plus sensibles qu'elle. Me dit-il alors que je n'arrivais pas à bouger face à ses yeux verts.
-Euh c'est rien. Fut tout ce que j'arrivais à articuler sur le moment. Je ne pensais même pas à lui expliquer que ça n'avais rien à voir avec lui. On peut y aller, je suis prête. Ajoutais-je ensuite.
-Vous partez devant entre fille et je vous rejoins à la maison, je dois m'expliquer avec ton frère.
-Rassure-moi, sans les poings ?
-Bien entendu.
-Ok…mais il n'y a qu'une voiture.
-Un ami me prendra au passage.
-Ok. A tout à l'heure alors.
-C'est ça. Me dit-il en se décalant pour me laisser passer. »
Je faisais en sorte de le dépasser sans le frôler et je manquais de tomber. Je devrais me concentrer toute la journée pour mettre une certaine distance entre nous sans chuter. Mes rêves me donnaient des envies de l'embrasser que je ne pourrai jamais réaliser. J'espérais que Edward réussirais à convaincre Em' de nous rejoindre. Si mon grand frère était dans les parages, je réussirais mieux à contrôler mes impulsions. Je m'installais sur la banquette arrière de la Volvo, Suzy ayant déjà pris la place avant et Alice n'interrompis pas son grand discours et démarra.
