Mini-fiction en trois chapitres, celui-ci a été écrit par moi.
Pour une fois la rue était plutôt calme, deux-trois couples marchant mains dans la mains, une bande d'amis se rendant au bar le plus proche et quelques personnes seules. Rien ne pouvait mettre Peggy plus sur les nerfs qu'elle ne l'était déjà. Du moins c'était naïvement ce qu'elle croyait. Parce qu'entre l'autre débile de Bucky qui ne foutait rien de ses journées et Angie malade comme un chien qui ne se soignait pas correctement, elle avait de quoi se mettre en colère. Deux gros immatures. Et le pire c'est qu'elle devait elle-même aller chercher les médicaments d'Angie, parce que ce n'était pas à Bucky de le faire, « ce n'était pas sa petite-amie » avait-il dit. Bon après tout il était inutile pour ce genre de commissions et Peggy préférait le faire elle-même pour être sûre d'avoir exactement tout ce qu'il fallait. Mais pour le moment Peggy n'était pas plus énervée qu'elle ne l'avait été plus tôt dans la journée. La nouvelle de Steve qui se décidait enfin à avoir rencard avec ce type - Stark quelque chose ou quelque chose Stark - qui lui avait quelque peu tapé dans l'œil ne l'avait fait que se sentir mieux, surtout pour Steve en réalité. Lui qui était si timide, le voilà qui allait sortir avec quelqu'un. Et c'est sur cette pensée qu'elle entra dans la pharmacie.
En sortant, sa poche en plastique pleine dans la main, elle regarda sa montre. « Huit heures dix ». Ça lui avait prit plus de temps que prévu, mais Angie n'allait pas en souffrir plus que cela, et si c'était le cas elle aurait reçu plusieurs appels venant autant de sa petite-amie que de Bucky qui se serait plaint des plaintes d'Angie. Peggy prit une démarche rapide pour rentrer, il commençait à faire froid et elle n'avait pas de manteau, mais un visage familier attira son œil. C'était Quelque Chose Stark. Mais il n'était pas avec Steve. Non, il était avec un type qu'elle ne connaissait ni d'Adam, ni d'Ève. Bien sûr, elle avait eu vent de la réputation de ce mec, mais elle ne le pensait pas capable d'annuler un rendez-vous avec quelqu'un pour une autre personne. Ses sourcils se froncèrent plus quand elle l'entendit rigoler qu'il devrait actuellement « être avec un mec trop coincé pour lui et qu'il n'avait pas pris la peine de le prévenir de ne pas aller au restaurant ». Le sang de Peggy ne fit qu'un tour, mais sa civilité l'empêcha d'aller le tuer avec son sac plein de médicaments. A la place elle courut jusqu'à son appartement, ce qui n'était pas vraiment facile avec ses haut talons mais elle fit avec, jeta le sac sur la table de la cuisine, attrapa le costume de Bucky qui traînait toujours dans l'entrée et alla se poster, les mains sur les hanches, entre le téléviseur et Bucky qui était affalé comme un flan sur le canapé.
- Mais bouge ! s'écria-t-il. C'est débile mais au moins ça me fait rire. Pas comme ta veine temporale qui risque d'exploser à tout moment.
- Il faut que tu t'habilles, c'est urgent ! (Elle lui jeta le costume dessus.) Et dépêche-toi ou je ne te rends pas la télécommande.
- Je savais que tu l'avais !
Elle le regarda se lever et se diriger vers sa chambre en quatrième vitesse. En vérité elle n'avait pas la télécommande, et n'avait réellement aucune idée d'où elle pouvait se trouver mais elle savait que ça faisait au moins deux jours qu'elle avait disparue. Peggy se posta devant la porte de son colocataire pour lui résumer la situation.
- En fait Steve avait un rencard ce soir. Je n'ai pas retenu le nom de la personne, ça ne m'intéressait pas, je ne l'aime pas. (Elle n'avait retenu qu'une partie en vérité mais ne jugeait pas utile de le dire à Bucky.) Sauf que je l'ai vu dans la rue avec un autre type, donc Steve est seul au restaurant actuellement. Je veux que tu y ailles et que tu le sauves de la honte qu'il peut ressentir en ce moment même.
- Steve... Rogers ? Le petit Stevie ?
« Le petit Stevie » ? Peggy fronça légèrement les sourcils, Bucky n'était pas totalement à jour mais elle le laissa dans le faux. Ça lui ferait une surprise et elle ça la ferait rire. Et comme il prenait trop de temps, elle tapa contre la porte pour le presser.
- Aller dépêche toi, il avait rendez-vous à huit heures, il est déjà et quart !
Elle l'entendit marmonner quelque chose sans comprendre mais ne releva pas. Enfin, elle n'en eût pas le temps.
- Pourquoi tu n'y vas pas toi ?
Il savait très bien pourquoi elle n'y allait pas mais il fallait quand même qu'il pose la question. Il voulait faire exploser sa veine probablement, comme à chaque fois. Elle le massacrerait une fois qu'il serait revenu, en même temps que Quelque Chose Stark, ou après, elle restait indécise.
- Parce qu'Angie est malade comme un chien et que tu es inutile en ce qui concerne les maladies.
Et il marmonna une nouvelle fois. Peggy roula des yeux. Il aurait pu rester pendant qu'elle aidait son ami, mais il fallait que cet abruti ne fasse pas la différence entre un Spasfon et un Doliprane ou encore entre celui anti-vomitif et celui pour la diarrhée. Elle savait que Bucky n'allait jamais chez le médecin, sauf dans les cas extrêmes ou pour les visites médicales dues à son travail, mais en général il se contentait de maugréer dans un coin avec son verre d'eau. Combien de fois elle avait pu lui hurler dessus à cause de ça... Elle fut tirée de ses réflexions quand il sorti enfin de la chambre. Il était certes bien habillé mais il manquait la cravate. La jeune femme ouvrit grand les yeux et sentit sa veine temporale battre plus fort.
- Et la cravate ?
- Mais ça me serre...
- Je te pends avec si tu ne la mets pas !
Et Bucky s'empressa de la mettre, mais sa panique ne l'aida pas, alors au bout d'un court instant - il ne fallait pas non plus faire trop attendre Steve - elle entreprit de la lui faire, tout en serrant un peu plus fort pour se venger. Peggy le regarda sous toutes les coutures, et quand elle le jugea enfin présentable le mit à la porte en lui donnant l'adresse. Il n'avait certainement pas intérêt à être trop en retard, sinon pour sûr elle le tuerait. Et à main nue.
- Bon à l'autre maintenant..., soupira la jeune femme.
Elle se dirigea alors vers la chambre d'Angie, qui toussait comme un phoque. Elle commençait à en avoir marre de jouer les mamans pour tout le monde, mais il fallait bien quelqu'un de mature dans ce monde d'immature.
J'espère que ça vous a plu, en tout cas moi je me suis amusée à l'écrire.
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